Depuis plusieurs semaines, les entrées de l’Université d’Avignon sont bloquées au moins en partie par des étudiants pour réclamer de meilleures conditions pour étudier. S’ils ont d’abord rejoint le mouvement des lycéens, les étudiants portent eux aussi, devant l’université, des revendications communes aux deux mobilisations.
Devant une entrée annexe de l’établissement, passage Maréchal-Brune, ce jeudi, une centaine de personnes étaient mobilisées, des jeunes et des représentants syndicaux. Un blocage a été tenté, mais il a été levé en force par la police. Lors de cette intervention, un représentant de la CGT des établissements d’enseignement supérieur (Ferc Sup) a été blessé (lire ci-dessous). Transporté à l’hôpital, il en est ressorti en fin de matinée avec trois points de suture et deux jours d’arrêt de travail.
Les lycéens du centre-ville, de Mistral et Aubanel, ont tenté de mettre en place des actions, dans la matinée, devant leurs établissements. « Mais on n’était vraiment pas assez », regrette Nino, terminale mobilisé depuis plus de trois semaines. À un camarade, il confie s’interroger sur sa capacité à poursuivre le mouvement après les vacances qui débutent ce vendredi soir : « J’ai déjà raté 70 heures de cours sur un peu plus de 300 dans le trimestre. » « On sent un peu un essoufflement. On est encore quelques-uns, mais l’approche des vacances diminue un peu la motivation de certains », ajoute Mila, du lycée Aubanel. Même constat à Carpentras, où peu de lycéens étaient mobilisés.
Du côté des étudiants, les rangs ne faiblissent pas malgré l’adversité. Ils ne seront en vacances que la semaine suivante. « Il faut poursuivre le combat, donc on reste. On essaye de renvoyer une bonne image en restant assis. L’idéal serait de banaliser une semaine pour pouvoir tous se mobiliser », pointe Anouar Bendahmane, étudiant. « On reste mobilisés tant qu’on n’est pas suffisamment entendus. Entre fuites et insalubrité, ce sont des conditions inacceptables », poursuit Hélio Dessinge, étudiant en histoire et membre des Jeunes communistes.
Parmi les enseignants, la blessure de leur collègue suscite une vive émotion. Sur une vidéo tournée par un manifestant, on voit des policiers s’approcher d’une chaîne humaine formée par des syndicalistes, positionnés entre les forces de l’ordre et les étudiants. Un représentant de la CGT Ferc Sup, qui ne faisait pas partie de cette chaîne, se trouvait à proximité. Un policier l’aurait alors agrippé avant qu’il ne chute et ne se cogne la tête contre une grosse pierre.
« L’agression de notre collègue était totalement injustifiée. Ce n’est absolument pas normal. Il faut se réunir et discuter quand un collègue est victime de répression de ses libertés », lance, lors d’une assemblée du personnel, Jessica Sainty, enseignante-chercheuse à l’université. « Nous vivons un moment dramatique d’atteintes portées aux libertés publiques, de menaces directes exercées par des personnes dépositaires de l’autorité publique sur la jeunesse et sur le personnel universitaire », confiait la veille Christèle Lagier, enseignante-chercheuse. « La violence de ce matin est inacceptable », affirme lors de l’assemblée George Linarès, président d’Avignon Université, qui assure ne pas avoir demandé l’intervention des forces de l’ordre. La matinée de ce vendredi est banalisée par la présidence et des temps d’échanges vont être organisés dans un amphithéâtre « pour toute la communauté universitaire ».
ET AUSSI
Rassemblement de la CGT devant la préfecture de Vaucluse à 17h30
L’UD CGT de Vaucluse appelle au rassemblement, ce vendredi 16 octobre, devant la préfecture de Vaucluse. Le syndicat dénonce le fait qu’un « camarade ait été violenté par les forces de l’ordre alors qu’il tentait de protéger les étudiants et leurs banderoles », tôt dans la matinée du 15 octobre, devant l’université d’Avignon. Le syndicaliste a reçu trois points de suture après avoir été projeté contre le sol et percuté une pierre.
Après Langevin, le lycée Lurçat ferme à Martigues
À Martigues, où le lycée Paul-Langevin était déjà fermé jusqu’aux vacances, la mobilisation s’est déplacée au lycée Jean-Lurçat, le second établissement public de la ville. En fin de matinée, la direction a décidé de fermer l’établissement.
Cours alternatif à Aix-en-Provence
Dans le cadre du blocus de Sciences Po Aix qui se poursuit depuis le 5 octobre, les étudiants ont organisé, ce jeudi matin, un « cours alternatif » sur le parvis de l’établissement sur le thème « auto-médiatisation des mobilisations ».
28 saisines du défenseur des droits
Le Défenseur des droits, autorité administrative indépendante chargée notamment de veiller au respect de la déontologie par les forces de l’ordre, a annoncé avoir reçu 28 saisines individuelles depuis le début du mouvement lycéen.

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