Tag: étudiants

  • En coulisses, lycéens et étudiants planchent sur leur organisation

    En coulisses, lycéens et étudiants planchent sur leur organisation

    Avant qu’un quelconque blocus ne soit décidé, qu’une mobilisation ne soit organisée ou qu’une communication ne soit publiée, un vote doit avoir lieu. Ce fonctionnement démocratique est désormais bien installé chez les lycéens et les étudiants qui, en coulisses des cortèges, se réunissent en assemblées générales. Celles-ci peuvent être interlycéennes, réservées aux étudiants d’un même campus ou encore ouvertes au plus grand nombre.

    « Élever » les voix

    À l’image de l’assemblée générale tenue, mardi après-midi, sur les marches d’un parc de la ville. La plupart des lycées et des sites universitaires étant fermés, une mesure largement contestée par les étudiants mobilisés, les participants se replient sur des lieux publics pour se rencontrer. Parmi la soixantaine de personnes présentes figuraient des lycéens, des étudiants, mais aussi plusieurs enseignants et représentants de syndicats de l’éducation.

    Un peu plus tôt dans la matinée, alors qu’un cortège de 1 200 personnes, selon la police, battait le pavé aixois pour soutenir les revendications lycéennes, un tract circulait dans la foule. Le dépliant indiquait : « AG interprofessionnelle, ouvertes à tous. Élèves, étudiants, enseignants, parents, gestionnaires, éboueurs, maçons… tous sont conviés pour faire des blocus lycéens un mouvement encore plus grand ! ». Suivaient un rappel des revendications et une conclusion : « Cette assemblée générale est aussi organisée pour nous permettre à tous d’élever nos voix ».

    « Il y a des assemblées une à plusieurs fois par jour. Ça nous permet de maintenir une feuille de route, de structurer notre mouvement pour qu’il dure dans le temps », confie une étudiante. Pendant une heure et demie, des temps de parole sont accordés à chacun : propositions d’actions, évaluation du taux de mobilisation dans les lycées, encouragements mutuels, solutions pour communiquer d’un établissement à l’autre, élection de porte-parole, conditions d’enseignement… Pêle-mêle, revendications, ressentis et retours d’expérience s’enchaînent, tandis que les représentants syndicaux prennent des notes.

    « Un des problèmes centraux que nous avons, aujourd’hui, est la structuration et la centralisation des informations », estime, par exemple, l’un des étudiants prenant la parole. À l’issue des débats, les votes sont lancés. La suite des actions se déroulera en fonction.

  • En déplacement à Toulon, Sophie Binet invite travailleurs, retraités et étudiants à descendre dans la rue le 5 novembre

    En déplacement à Toulon, Sophie Binet invite travailleurs, retraités et étudiants à descendre dans la rue le 5 novembre

    Si la venue de Sophie Binet dans le Var était programmée depuis plusieurs mois, elle s’est avérée plus à propos que prévue : « On ne pensait pas se retrouver dans cette situation », a-t-elle confié lors d’un meeting toulonnais suivi par de nombreux syndiqués de toutes les congrégations du département, mercredi.

    Un moment que Richard Roméo-Giberti, le secrétaire général de l’UD CGT du Var, a introduit, au vu du contexte, par un rappel historique : « Nous ne sommes pas dans la Bourse du travail historique, dont nous avons été exclus par l’extrême droite en 1995. Mais partout où cela arrivera, nous résisterons. » À travers ses mots, la volonté de « riposte », dans un des départements les plus marqués par le fer du RN. Cette résistance se construit aussi dans l’avenir, tel que l’ont montré Camille, César et Denis, trois des leaders du mouvement lycéen toulonnais, venus apporter un vent de fraîcheur salué par les vivats des travailleurs.

    Le débat budgétaire

    dans le viseur

    Après les multiples mobilisations de la rentrée (contre les violences sexuelles, grèves des pompiers, du secteur de l’énergie, de la fonction publique…), la secrétaire générale de la CGT voit dans celle des jeunes « la cerise sur le gâteau ». Et son succès un enjeu politique qui « lancera une dynamique et mettra l’extrême droite en difficulté pour l’échéance électorale à venir. Ils portent des revendications précises, mais aussi un message plus large : quel avenir nous préparez-vous ? »

    Cet avenir, les retraités, mobilisés mercredi, ont un rôle à y jouer : « Le gouvernement oppose les générations en faisant croire que, pour améliorer la situation des jeunes, il faut prendre aux retraités, alors qu’ils prennent aux deux pour donner au capital. Il faut montrer que retraités, jeunes et actifs sont main dans la main ! »

    C’est à ce titre que Sophie Binet appelle travailleurs du privé, fonctionnaires, retraités et jeunes à se rassembler le jeudi 5 novembre, après des vacances qui vont « ralentir les mobilisations étudiantes ». Pour peser, aussi, sur un débat budgétaire qui fait craindre des coupes drastiques dans les dépenses publiques. « Il faut battre le fer tant qu’il est chaud », clame Sophie Binet, rappelant par ailleurs que le RN, veut, quant à lui, « procéder à 150 milliards d’euros de coupe ». Une idée loin de déplaire au Medef, selon elle : « Ils font beaucoup de politique. Patrick Martin [président du Medef, Ndlr.] a dit qu’il serait le premier à fuir si LFI arrivait au pouvoir. On ne le retient pas ! »

    Autre échéance à venir en décembre : les élections professionnelles dans la fonction publique, motif initial de sa venue dans le Var. « Voter CGT, c’est protéger le statut de la fonction publique, mais certainement pas le statu quo. ça commence par régulariser l’ensemble des contractuels et des précaires », soutient la secrétaire générale de la CGT.

  • Un appel à manifester au début des vacances, samedi

    Un appel à manifester au début des vacances, samedi

    Le mouvement lycéen tient la dragée haute au gouvernement. 480 000 jeunes (selon l’intersyndicale de la jeunesse) ont manifesté dans toute la France, alors que la précédente journée avait mobilisé entre 266 000 et 450 000 personnes mardi dernier. À Paris, où deux cortèges ont réuni 41 500 personnes selon l’Intérieur, quelques heurts se sont produits entre manifestants et forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène.

    Parents, professeurs, syndicalistes

    Brandissant des pancartes « sans éducation, pas de nation » ou « on veut un parcours sûr, par Parcoursup », un premier cortège est parti dans le calme de la place d’Italie. « J’ai le bac cette année et toujours pas de prof d’anglais et physique-chimie », témoigne Lise, en terminale au Kremlin-Bicêtre, dans cette manifestation où de nombreux parents, professeurs et syndicalistes étaient également présents. D’autres manifestations ont eu lieu à Nantes, Lens, Lyon, Strasbourg, Bordeaux ou encore Marseille. À l’origine de ce mouvement parti mi-septembre d’un lycée de banlieue parisienne, à Créteil, pour s’étendre un peu partout en France, l’Union syndicale lycéenne (USL) demande la suppression de la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur Parcoursup et un plan de 10 milliards d’euros pour les lycées. Côté enseignement supérieur, 90% des quelque 70 universités françaises étaient « bloquées » ou « fermées » ce mardi, selon l’organisation Union étudiante.

    La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, présente à la manifestation parisienne, a assuré que « tant qu’il n’y a pas de réponse aux revendications, la mobilisation va continuer », avec en ligne de mire les multiples rassemblements prévus samedi 17 octobre sur le pouvoir d’achat.

  • Pour mobiliser à Aix, les jeunes « innovent »

    Pour mobiliser à Aix, les jeunes « innovent »

    « J’avais peur qu’on soit un peu moins que la semaine dernière, mais finalement, il y a toujours autant de jeunes mobilisés. En même temps, on avait dit acte cinq, pas acte final ! », se félicite, parmi la foule, Lisa. Selon les chiffres de la police, ils étaient 1 200 à battre le pavé depuis la Rotonde hier matin. Et un peu plus que mardi dernier, selon les organisations syndicales et étudiantes qui comptent « environ 2 000 personnes » dans le cortège, incluant parents, syndicats et travailleurs, qui ont encadré la déambulation.

    Depuis, les « formes » de manifestations ont changé. Exemple, devant Sciences Po ce matin, une ambiance DJ, ateliers pancartes et petit-déjeuner ont remplacé les slogans scandés en boucle. « On a voulu changer notre mode de mobilisation pour convaincre le plus large nombre, que chacun se sente à sa place, puisse venir montrer son soutien aux lycéens », rapporte Julie, étudiante à Sciences Po. La décision a été prise lors d’une assemblée générale tenue lundi soir, sur le parvis de l’établissement. 150 jeunes y auraient participé.

    Côté lycéens, de nouvelles idées fusent aussi. Dans la foule rassemblée depuis la Rotonde, Nao, alors que les vacances approchent, présente une « caisse de soutien aux lycéens mobilisés ». « On organise une coordination nationale lycéenne. L’objectif est d’envoyer pour le 18 octobre une délégation à Paris, pour continuer d’organiser le mouvement pendant les vacances. Les lycéens doivent pouvoir s’organiser d’eux-mêmes », explique l’élève de terminale. L’argent permettra notamment de payer les billets de train des élèves désignés pour partir vers la capitale. « Il faut qu’on discute de nouveaux modes d’actions, les blocus c’est bien, mais il faut faire attention à ne pas oppresser une partie d’entre nous qui galère chez elle, qui ne peut pas travailler à distance », explique Nina, lycéenne mobilisée depuis le début du mouvement. Selon elle, le mouvement « grossit ».

    « Ne rien lâcher »

    Valentin, élève en première année de fac, qui « s’identifie au mouvement lycéen », compte sur le « non-essoufflement de la cause, le fait qu’on soit de plus en plus nombreux et que le paroxysme va être atteint après les vacances de la Toussaint. La CGT prévoit de continuer la grève après les vacances, on compte sur ça pour alimenter les blocus. » Pour le jeune homme, le mouvement va continuer jusqu’à ce que les revendications soient entendues, à l’image « de précédentes luttes dans l’histoire ». « Il ne faut rien lâcher, appelle de son côté Céline Peccini, représentant la FSU-SNUipp. Quand on voit les convergences des revendications, on a de quoi faire et de quoi remplir les rues jusqu’à ce que Macron entende. C’est bien installé. C’est ça qui me donne espoir. »

  • À Martigues, les lycéens manifestent « à leur échelle »

    À Martigues, les lycéens manifestent « à leur échelle »

    Imprévisibles, les lycéens ? À Martigues, le plan d’action de l’acte 5 de la mobilisation a changé « toutes les 30 secondes », reconnaît Mevann, l’un des jeunes organisateurs. À l’origine, une marche devait partir de l’établissement Paul-Langevin à 10h en direction de la place Jean-Jaurès. Finalement, le départ a été décalé à 11h, et les manifestants se sont dirigés vers Jean-Lurçat pour y récupérer d’autres élèves, avant de se rendre en centre-ville. « On vit au jour le jour, à la minute la minute », plaisante l’élève. La police municipale et les syndicats (CGT, SUD, Snes-FSU) ont joué le jeu de l’improvisation, sécurisant le joyeux cortège le long de son périple. Une centaine de personnes y ont participé, d’après les chiffres de la préfecture.

    Pour Mevann, la mobilisation est un franc succès : « Marseille, Aix-en-Provence, Arles… ce sont des villes étudiantes. À Martigues, on n’a pas de fac au-dessus du lycée, donc on ne peut pas se rattacher aux étudiants et à leurs organisations. Mais c’est important quand même de se faire entendre dans les petites villes où on subit le plus le manque de moyens. Heureusement, on est très suivis et soutenus par nos professeurs et les syndicats. À notre échelle c’est très bien ce qu’on fait. »

    Lou*, lycéen de terminale à Jean-Lurçat, explique que de nombreux camarades sont allés grossir les rangs de la manifestation à Marseille. Lui a préféré rester à Martigues. « Il y a de bons arguments de chaque côté. Certains préfèrent s’unir, et donc vont dans les grandes villes. D’autres plaident pour une action au niveau local, en disant que les lycées périurbains sont encore plus délaissés que dans les métropoles… J’ai pas la réponse, les deux choix sont corrects tant qu’on se bat. » Pour lui, tout l’enjeu est de ne pas laisser tomber le mouvement, que le gouvernement « tente d’étouffer », ou qu’il « déraille dans une lutte sans idée ». « On espère qu’après les vacances on aura des réponses ou des pistes de réponses, parce que là c’est plus possible. »

    Supprimer Parcoursup

    et la réforme Blanquer

    Pour Lou, le plus urgent est de « supprimer Parcoursup et la réforme Blanquer ». « Ça changerait beaucoup de choses, au niveau emploi du temps, santé mentale des jeunes… Même si ça ne réglerait pas tout, ça montrerait qu’on est écoutés et qu’on est dans la bonne direction. »

    Derrière une banderole, dans le cortège, Carla témoigne : « On veut pouvoir avoir une vie en dehors du lycée, voir nos amis, notre famille, faire du sport… C’est compliqué de gérer devoirs et extrascolaire. Et à vouloir tout faire, on fait tout mal. » À ses côtés, India acquiesce : « Notre santé mentale est en danger, on nous écoute pas, on se prend des réflexions et des reproches à longueur de temps alors qu’on va mal et qu’on fait notre maximum. » Carla dit être tombée en dépression « à cause de la pression de l’école » l’an dernier. « J’ai arrêté de venir, du coup j’ai dû redoubler. Maintenant j’essaye de faire de mon mieux. » Les deux amies demandent de meilleures conditions d’apprentissage, mais surtout une véritable écoute de la part du gouvernement pour « retrouver confiance en l’avenir ».

    *Le prénom a été modifié.

  • À Avignon, les jeunes entendus « mais pas écoutés »

    À Avignon, les jeunes entendus « mais pas écoutés »

    Ce mardi 13 octobre était à nouveau une belle journée de mobilisation pour les étudiants, les lycéens, mais aussi le personnel et les syndicats. S’il n’y avait pas moins d’un millier de personnes dans les rues d’Avignon en début d’après-midi, le temps fort était sans doute l’échange entre le président de l’université, George Linarès, et les étudiants qui avaient tenté de bloquer l’établissement en début de matinée.

    « On veut que vous nous souteniez. Que vous soyez avec nous devant l’établissement. Que vous vous mouilliez », intime un manifestant à l’administrateur. « Je travaille pour l’université, donc pour vous. Je fais ce que je dois faire en tant que président », rétorque George Linarès. Un échange qui finira par quelques tensions, un étudiant lui reprochant de « se faire rouler dessus par l’Histoire », ce qui sera jugé comme un commentaire irrespectueux. Un soutien qui « nous aurait tellement aidés à faire valoir notre cause, car aucun président d’université n’est allé aussi loin », estime Anouar Bendahmane, étudiant et membre du mouvement Nouvel espoir citoyen.

    Réforme structurelle

    Des interrogations se posent évidemment sur la suite du mouvement, la journée du samedi 17 octobre étant évoquée par certains. Pour la plupart, le mouvement doit se poursuivre. Une assemblée générale s’est tenue dans les locaux de l’université pour réfléchir à la suite, avec déjà de nouvelles actions prévues au cours de la semaine. « On n’est pas écoutés. Il faut poursuivre pour ne pas avoir fait tout cela pour rien. Notre voix ne doit pas s’éteindre », clame au micro Nino, lycéen à Mistral.

    En soutien aux étudiants, Christèle Lagier, maîtresse de conférences en science politique à Avignon Université, s’interroge. « La question est de savoir ce qu’il faut annoncer pour que cela s’arrête. Car les réformes demandées sont structurelles et prennent beaucoup de temps, comme supprimer Parcoursup, ce qui ne se fait pas en un jour. Il y a une réflexion à engager sur ce que l’on veut pour nos enfants. D’autant qu’à Avignon, ville pauvre dans un département pauvre, on cumule pas mal de handicaps », expose-t-elle.

  • À Marseille, les lycéens focus sur leurs revendications

    À Marseille, les lycéens focus sur leurs revendications

    Après trois semaines intenses de mobilisation, les lycéens ont de nouveau fait entendre leur voix dans les rues de Marseille. Avec une énergie intacte. Ils étaient 35 000 selon l’interlycéenne, 3 800 selon la préfecture de police, à réclamer mardi des moyens pour l’éducation, bien encadrés par les forces syndicales et soutenus par de nombreux enseignants et parents. 5 000 de plus qu’il y a une semaine. Signe de cette forte participation, c’est le trajet long de la manifestation qui a été retenu entre les Réformés et la porte d’Aix.

    Un cortège joyeux et pacifique, improvisant une « battle d’aura » et s’ambiançant sur des morceaux de Jul avant le départ. Le rappeur marseillais a apporté jeudi « La force à la jeunesse de France » dans un massage ponctué d’un poing levé sur les réseaux. De la force les lycéens n’en manquent pas malgré la fatigue qui s’accumule. Certains après la dispersion de la manifestation, repartiront d’ailleurs encore marcher dans les rues de la ville tout l’après-midi, jouant au chat et à la souris avec les CRS.

    « Le mouvement ne s’arrêtera pas tant qu’on n’aura pas ce qu’on veut : dix milliards pour l’éducation », martèle Malo en tête de cortège. Consciente que les vacances peuvent « pauser la mobilisation », elle y voit aussi une opportunité de souffler. « Ça nous laissera du temps pour s’organiser », reprend l’élève en terminale à Montgrand (1er) où mardi les élèves ont fait une chaîne humaine pour garder leur lycée fermé. « Ça fait trois semaines qu’on est mobilisé, on est dehors toute la journée, il y a les manifs, les AG, les réunions dans les lycées, à la préfecture, la mairie… »

    « Les vacances peuvent calmer le mouvement, il n’y a aura pas de blocus, sans doute pas de manif même si on ne sait pas ce qui peut se passer avec les gilets jaunes, mais on a espoir que ça reparte après », abonde Ange, en terminale au lycée Périer, après avoir posé le mégaphone.

    Si une AG de l’interlycéenne doit fixer la suite du mouvement, la plupart ont en tête la date de samedi 17 octobre, « avec les gilets jaunes », et celle du 5 novembre, journée de grève nationale interprofessionnelle lancée par les syndicats pour la rentrée. D’ici là de nouveau blocus sont prévus.

    « On a créé un lien »

    « Vu qu’il n’y a eu aucune réponse du gouvernement si ce n’est la répression, ça peut repartir », estime Eustache, élève au lycée Montgrand où une mobilisation au printemps, déjà, s’était essoufflée avec les vacances. « Contrairement à la dernière fois, nous sommes en train de créer un lien avec les professeurs, les personnels de l’éducation et le monde du travail. On a leur soutien. »

    « Il y a l’appel à la grève le 5 novembre, la jeunesse est encore en colère, on n’a obtenu aucune revendication, 1 500 postes profs vont être supprimés, je ne pense pas que ça s’arrête », enchaîne Ange. Lui est étudiant. À l’université, les vacances ne dureront qu’une semaine. « C’est intense, ça fatigue, il y a beaucoup de réveils à 5h pour les blocus. Mais si les établissements sont ouverts, on sera là pour les banaliser, on veut mettre fin au distanciel, on se bat pour tout le monde », assure Emre, étudiant en fac de droit à Canebière.

    Plus loin dans le cortège, Gauthier et ses amis ont aussi en tête la date du 31 octobre. Mercredi passé, au lendemain d’une première mobilisation massive, le Premier ministre, avait promis des décisions pour la fin du mois. Ces réponses, ils ne les attendent pas forcément pour leur quotidien mais pour « les lycées les plus précaires, de manière solidaire », expliquent ces élèves aux Remparts. « Si on arrête, les gens vont nous voir comme des branleurs qui ne voulaient juste pas aller en cours. Mais on se bat pour notre avenir », estime de son côté Adame, lycéenne en classe de terminale à la cité Jacques Chirac (2e).

    Parcoursup, pression scolaire, revalorisation du métier de professeur et d’AESH, Gillian, élève en terminale au lycée Saint-Vincent de Paul, se sent, elle aussi, concernée. Elle a participé à beaucoup de blocus et de manifestations, avec ce trait d’union qui réunit cette jeunesse : le refus de la violente réponse policière faite à leurs revendications.

    « J’arrive plus facilement à accepter des égarements de lycéens encore en apprentissage dans leur parcours éducatif ou citoyen, que de policiers censés être formés à ce genre de choses et à faire moins d’écarts que nous », juge la jeune fille. « C’est mal dit et mal organisé par le gouvernement. Le mouvement continue parce qu’ils ne nous écoutent pas. Ça renforce notre détermination et ça durera tant que notre parole ne sera pas prise en compte. »

  • Parents d’élèves, enseignants et travailleurs aux côtés des jeunes

    Parents d’élèves, enseignants et travailleurs aux côtés des jeunes

    « Ils nous donnent une belle leçon. Quand je vois les lycéens, les étudiants et les adultes qui sont là aujourd’hui, ça promet des jours heureux ». Gilet blanc de la Ligue des Droits de l’Homme sur le dos, Bernard Eynaud, co-président de l’organisation pour les Bouches-du-Rhône a plus que l’habitude de battre le pavé et en a vu des défilés sur la Canebière. Pourtant, ce mardi, il a des étoiles dans les yeux devant la fougue et la ténacité de la jeunesse : « Ils portent des revendications importantes qu’il faut prendre au sérieux. Si j’étais jeune aujourd’hui, je serais également très inquiet ». Leurs revendications le concernent malgré l’écart générationnel : « Au-delà des questions factuelles, comme l’état des établissements, c’est l’inquiétude autour du dérèglement climatique, c’est le fascisme qui n’est pas loin ».

    Avis partagé par Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union Départementale CGT 13 qui juge le soutien des travailleurs au mouvement lycéen plus que nécessaire : « On doit leur permettre de porter leurs revendications qu’on trouve justes ». Et sur le fond, il juge que les syndicats des travailleurs « ont les mêmes revendications » que la jeunesse. « Pas besoin d’être syndicaliste pour vouloir la fin de Parcoursup : c’est une usine à inégalités, c’est du stress pour les enfants comme pour les parents », martèle-t-il. Justement, les syndicats d’enseignants étaient encore de la partie ce mardi avec des appels à la grève. « La FSU appelle à la grève car les revendications des lycéens et étudiants sont également celles que nous portons : rénovation du bâti scolaire, des moyens humains en nombre dans tous les métiers, fin de Parcoursup… », développe Virginie Akliouat, secrétaire générale de la FSU 13.

    « C’est notre place »

    Plus que les enseignants, c’est tout un pan du monde du travail qui a défilé aux côtés de la jeunesse, à l’image de plusieurs agents hospitaliers marseillais aux blouses blanches colorées d’un badge rouge de la CGT AP-HM et aux pancartes limpides : « Arrêtez de mutiler les enfants, on a déjà assez de travail ! ». Même des élus locaux ont apporté leur pierre à l’édifice, à l’image de Marie Batoux (DVG), adjointe au maire de Marseille (DVG) en charge de la lutte contre les discriminations : « Je défends le service public comme projet de société fondamental. On doit converger largement dans cet objectif-là ». Et certains travailleurs viennent aussi, et surtout, avec la casquette de parent. « C’est évidemment notre place d’être dans les manifs ! On soutient les revendications des lycéens car on les porte depuis des années », conclut Christophe Merlino, président de la FCPE 13.

  • [En direct] Les lycéens descendent dans la rue pour l’acte V

    [En direct] Les lycéens descendent dans la rue pour l’acte V

    Après deux manifestations ayant réuni près de 50 000 personnes, le rendez-vous s’annonce encore très suivi ce mardi.

    7h33 : À Toulon, les lycéens sont prêts devant le lycée Bonaparte. Bonne ambiance et détermination ce matin. Malgré les tentatives de dissuasion les lycéens sont parvenus à se poster devant la porte du lycée Bonaparte.

    7h45 : Devant le lycée Langevin de Martigues, un groupe d’une vingtaine lycéens tente un nouveau blocage. À peine quelques barrières et poubelles posées contre l’entrée que le Groupe de sécurité de proximité de la police nationale intervient pour débloquer, peu avant 8h.

    8h15 : Une centaine de lycéens sont mobilisés dans le calme ce matin devant le lycée Mistral à Avignon. L’établissement n’est pas bloqué. Les jeunes ont pour projet de rejoindre les étudiants qui bloquent la fac.

    8h55 : Ça y est, la manifestation vient de partir, le cortège est à présent sur le boulevard de Strasbourg à Toulon

    9h : Environ 130 personnes, dont beaucoup d’adultes, syndicalistes, professeurs et parents d’élèves, sont rassemblés devant le lycée Alexandra David Néel à Digne-les-Bains. « Sortez, sortez ! » « ne nous regardez pas, rejoignez- nous », interpellent les manifestants devant le lycée, alors que la mobilisation est affaiblie.

    9h01: À Avignon, les lycéens arrivent devant l’Université en chantant «Plus de places à la fac pour pas finir à la bac.» Face à face tendu devant une seconde entrée de la fac d’Avignon où étudiants et forces de l’ordre se font faces.

    9h10 : Le cortège composé de l’intersyndicale, les professeurs, les lycéens et les étudiants arrive à présent à la hauteur de la symbolique, place de la liberté à Toulon. Il se dirige vers le lycée Dumont d’Urville.

    Les lycéens manifestent dans la bonne humeur, sur la musique des gilets jaunes, devant le lycée Alexandra David Néel à Digne.

    9h13 : Sciences Po Aix de nouveau bloquée ce matin. Les étudiants se préparent pour la mobilisation de 11h.

    Une soixantaine de personnes mobilisées à Gap devant le lycée Aristide Briand, dont beaucoup d’adultes. Pas de blocage, pas de pancarte. Le cortège va bientôt partir vers le centre-ville.

    9H35 : À Martigues, la police municipale a bouclé l’avenue du docteur Fleming, aux abords du lycée Paul Langevin

    9h30 : Au siège du journal La Marseillaise, une classe de seconde est accueillie pour la conférence de rédaction quotidienne dans le cadre de son projet « d’éducation aux médias». Les élèves sont accompagnés par Nadia Spire, professeur documentaliste et Evelyne Brunet-Berger, leur professeur d’ Histoire Géo EMC.

    9h50 : Ambiance DJ, petit déjeuner, jeux devant l’IEP d’Aix . Une AG rassemblant plus de 150 personnes, tenue hier sur le parvis de Sciences Po, a permis d’établir ce nouveau format de mobilisation. «On a voulu changer nos modes de mobilisations pour plaire a un plus grand nombre», rapporte Gabriel, pour le Collectif Sciences Po Aix en Lutte. Un panneau «Solidarité» est affiché sur la porte de l’IEP. Le soutien aux mobilisations lycéennes sont toujours au cœur du mouvement.

    10h : À Gap, les lycéens appellent les élèves du lycée Dominique Villars à les rejoindre. «C’est un peu un flop aujourd’hui», admet un lycéen.

    10h35 : À Marseille une battle d’aura s’est organisée sur le square des Réformés avant le départ de la manifestation. Le cortège va s’élancer sur la Canebière en direction de la Porte d’Aix. Déjà beaucoup de monde sur place.

    « C’est la place des parents d’élèves d’être dans les manifestations. On est là pour encadrer, accompagner. On soutient les revendications des lycéens car on les a aussi : Si aujourd’hui on en est là, c’est que quelque chose cloche », explique Christophe Merlino, président de la FCPE 13. Son organisation est présente dans le cortège marseillais avec une banderole

    10h54 À Marseille, le cortège s’élance sur la Canebière.

    10h57 : À Martigues, le cortège de lycéens s’élance du lycée Jean Lurçat vers la place Jean Jaurès. India, une élève en bac pro, témoigne : « Il faut nous écouter, c’est notre santé mentale qui est en jeu. »

    Le cortège vient d’arriver devant le lycée du Parc St Jean, à Toulon.

    11h : Changement de programme à Martigues : le cortège remonte finalement en direction du lycée Jean Lurçat pour aller chercher leurs camarades qui bloquent l’établissement

    11h25 : À Aix, une dense foule se rassemble sur le parvis de la Rotonde, en attendant le départ.

    11h27 : Parmi la foule, Nao, lycéen, fait tourner une cagnotte. «Il y a une coordination nationale lycéenne qui a été crée. Le 18 octobre, une délégation sera envoyée sur Paris pour continuer la mobilisation, pendant les vacances, pour que la lutte ne s’essouffle pas». Les fonds récoltés permettront notamment de financer les billets de train.

    11h36 : Le président de l’université d’Avignon George Linarès est allé à la rencontre des étudiants. « Soutenez nous et venez avec nous. Vous ne vous mouillez pas » lance un étudiant. « Chacun a son rôle et moi je porte votre parole » répond le président sans convaincre la centaine de manifestants toujours présents.

    11h39 : À Manosque, des lycéens doivent rencontrer le maire, Camille Galtier (DVD), en mairie, après des échanges tendus et les annonces de sanctions de l’édile.

    11h43 : À Marseille, un énorme cortège qui rassemble lycéens, étudiants et travailleurs à Marseille avec plusieurs dizaines de milliers de manifestants selon les premiers calculs des syndicats.

    « Le sens de notre présence aujourd’hui c’est de permettre à la jeunesse de s’exprimer et de porter des revendications que l’on trouve juste. Pas besoin d’être syndicaliste pour être contre Parcourssup : c’est une usine à inégalité, c’est du stress pour les enfants comme les parents », explique Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13, alors qu’il bat le pavé marseillais avec les lycéens ce mardi.

    Un minot largement applaudi par les manifestants sur le boulevard des dames à Marseille.

    12h27 : A ce stade de la mobilisation, la police annonce 1200 manifestants à Aix-en-Provence.

    12h45 : Prise de parole à la porte d’Aix à Marseille pour la fin de la manifestation. « On est au début de quelque chose de grand. Le mouvement ne s’essouffle pas, on est plus nombreux que la dernière fois », lance Eustache pour l’organisation le poing levé.

    15h10 : À Avignon, le cortège des lycéens, étudiants et de l’intersyndicale s’élance vers la direction académique. Un millier de personnes défilent.

  • À Aix, des interpellations provoquent la colère

    À Aix, des interpellations provoquent la colère

    Alors que le blocus lycéen se disperse devant le lycée Cezanne, aux alentours de 9h, un appel est lancé : « Qui veut aller soutenir les camarades qui se sont fait arrêter ? » Plusieurs lycéens rapportent avoir été témoins d’interpellations survenues plus tôt dans la matinée, pendant leur action sur le parvis de l’établissement. Plus tard dans la matinée, c’est au cours d’un rassemblement au lycée Célony qu’une autre interpellation a eu lieu. En fin de journée, la police fait état de 11 interpellations.

    Direction le commissariat donc, proche de la gare routière. Le groupe doit d’abord passer par une fouille de sacs mise en place par les forces de l’ordre, aux abords de la rue Thomas de Villeneuve, avant de passer par le centre-ville où un arrêt est effectué sur la Rotonde, puis de déambuler vers le commissariat. « Libérez nos camarades ! » scande, en boucle la foule de lycéens, rejointe par les étudiants. « On soutient les lycéens et on sait que les gardés à vue entendent de l’intérieur. On vient aussi faire du bruit pour qu’ils sachent qu’on les soutient. Cela fait plusieurs semaines qu’on est confrontés aux forces de l’ordre en nombre excessif », détaille une étudiante pour la Fédération syndicale étudiante (FSE). En milieu d’après-midi, plusieurs jeunes étaient toujours assis devant le poste de police. « On est beaucoup, ça galère à nous faire entrer en cellule. Ils sont sous l’eau », rapporte un étudiant, qui sort d’une courte garde à vue.

    Nombreux classements sans suite

    Interpellé plus tôt dans la matinée, « au motif de rébellion » selon lui, le jeune indique que son cas a été « classé sans suite, comme beaucoup j’ai l’impression ». Me Louana Palo, avocate et membre du SAF (syndicat des avocats de France) accompagne bénévolement plusieurs lycéens et étudiants interpellés ce jour. « Pour les deux personnes que j’ai assistées, pas de retour du parquet. J’ai entendu que pour beaucoup d’autres, la garde à vue avait été levée au motif du classement 21, soit une infraction insuffisamment caractérisée. »

    Le député (PS) Marc Pena, a également écrit à la préfète de police des Bouches-du-Rhône et la commissaire divisionnaire d’Aix-en-Provence pour faire part de sa « vive inquiétude » concernant les gardes à vue des manifestants et « exige donc que soient clarifiés sans délai les motifs précis » de leur placement.