Tag: mobilisations

  • Les militants de la CGT 13 à la rencontre des travailleurs

    Les militants de la CGT 13 à la rencontre des travailleurs

    Tous à l’arrêt, jeudi ! Pour les salaires, pour de meilleures conditions de vie ! Tous dans la rue, jeudi », clame Sabrina Manca, postière et secrétaire de l’UD CGT 13 depuis un an. À la gare Saint-Charles, l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône prépare la mobilisation nationale de jeudi. « L’électricité augmente, pas mon salaire », peut-on lire sur l’affiche placardée au mur, juste à côté. Installés à un point stratégique entre les quais des trains et la station de métro, les cégétistes profitent de ce passage très fréquenté pour distribuer leurs tracts au flux ininterrompu de voyageurs.

    Le tractage de ce lundi matin cherche à visibiliser et détailler les motivations de la mobilisation de jeudi. « Aujourd’hui, on a trois points de distribution dans tout Marseille, un à Gèze, un à la Blancarde et un ici à Saint-Charles. Le but, c’est vraiment de faire connaître au plus possible l’action de grève, et expliquer aux travailleurs en général, pourquoi on se bat et pourquoi ça va être important de sortir dans la rue ce jour-là », précise Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13.

    Rapidement, des dizaines de tracts transitent des mains des militants CGT à celles des passants. « C’est une heure de pointe, donc ça va très vite avec tout ce monde. L’objectif, c’était de viser les travailleurs. C’est pour ça qu’on est venu aussi tôt », confie Sabrina Manca, qui milite « depuis toujours ».

    Une journée

    d’une importance capitale

    Marc Pietrosino insiste sur le caractère décisif de la mobilisation de jeudi : « C’est le début de quelque chose. Là, on a un budget qui se prépare, qui est un budget de guerre sociale. Il y a des mobilisations un peu partout : citoyennes, lycéennes, étudiantes… Pour l’instant, elles n’obtiennent que la répression comme seule réponse. Donc, nous, en tant qu’organisation du travail, il faut qu’on réussisse à mettre le pays à l’arrêt, qu’on fasse un véritable bouclage de l’économie afin de se faire entendre, puisque visiblement le gouvernement ne comprend que ça ».

    Il souligne, par ailleurs, le bon accueil reçu de la part des salariés, dont l’implication est nécessaire afin de donner plus de poids au mouvement : « Il y a des signes qui sont très positifs. De manière générale, on a pas mal d’arrêts de travail qui tombent. Donc, on a des raisons de croire que ça peut être une journée assez énorme ».

    Les militants ont parfaitement conscience de la nécessité, pour eux, de faire le lien entre les travailleurs. « Dans leur vie de tous les jours, les gens se concentrent sur la façon dont ils vont payer leurs factures. Mais les salaires et les conditions de travail sont déplorables et ne s’améliorent pas. Dans le même temps, le Rassemblement National vote contre l’augmentation du Smic. C’est donc important de leur rappeler pourquoi on fait ça, ils ont besoin de l’entendre », affirme Sabrina Manca.

    Les cégétistes mobilisés se réjouissent des réactions des passants, qu’ils espèrent voir venir grossir les rangs de la manifestation de jeudi. « Je trouve les gens vachement réceptifs, c’est pas toujours comme ça. J’ai croisé plusieurs personnes qui m’ont dit : “on est avec vous, on sera dans la rue jeudi“. Le tractage fait son effet, on ressent une vraie volonté des travailleurs de répondre à l’appel du 5 », poursuit la postière, alors qu’une dame souhaite « bon courage » aux militants, au moment de saisir son tract.

  • Fabien Roussel appelle à amplifier les mobilisations

    Fabien Roussel appelle à amplifier les mobilisations

    La rue n’a pas dit son dernier mot ». Au siège du Parti communiste français, ce mardi, Fabien Roussel « appelle les Français à se saisir du 5 novembre » et à faire grossir les rangs des manifestants à l’occasion de la journée de mobilisation de l’intersyndicale.

    « Il faut que chacun prenne bien conscience de l’ampleur exceptionnelle du mouvement social auquel nous assistons. Exceptionnel par son ampleur et sa durée, par la convergence de toutes celles et ceux qui se rassemblent », entame le candidat à l’élection présidentielle. Et s’il loue ce mouvement social, c’est notamment car « cette mobilisation oblige le pays tout entier à regarder notre jeunesse et les conditions indignes dans lesquelles elle accède aux connaissances ». De quoi faire le lien avec les positions communistes sur les services publics : « Je dis aux lycéens et étudiants que nous ne les remercierons jamais assez de leur mobilisation. Nous qui dénonçons les politiques d’austérité depuis des années qui frappent les écoles, les lycées et les universités ». Et plus qu’un lien, le maire de Saint-Amand-les-Eaux voit dans la lutte de la jeunesse un « écho aux difficultés que vivent des millions de familles, de travailleurs et de retraités, dans le public comme dans le privé ».

    « Il faut une perspective politique »

    « Tout le monde subit les conséquences de 10 années de macronisme avec violence et brutalité », dénonce Fabien Roussel. Avant d’énumérer : « C’est la hausse des prix, des factures, des salaires en baisse, c’est la smicardisation du monde du travail, c’est l’accès à des services publics dégradés… ». Et de qualifier la crise politique actuelle : « une République qui connaît une régression sociale aussi inédite qu’insupportable ».

    Sur le fond, le candidat explique surtout qu’il « faut une perspective politique » à la colère qui s’exprime. « Il faut montrer qu’il y a des partis politiques qui relaient leurs propositions, c’est ce que nous faisons », explique-t-il. Et somme le gouvernement de « répondre aux revendications : C’est maintenant que nous voulons que les salaires augmentent. […] On ne peut pas attendre les élections présidentielles ! ». Il rappelle également la proposition du PCF d’une nationalisation de Total au regard du coût de l’essence : « Le coût d’une baisse de TVA sur l’essence ne représente qu’un trimestre de ses bénéfices annuels ». D’où son insistance à amplifier « le rapport de force entre le pouvoir et le peuple ». « C’est par le rapport de force qu’on pourra les faire plier. Emmanuel Macron a semé la misère, il récolte la colère, c’est l’heure de la moisson », martèle le communiste.

  • Nouveau samedi de colère sociale en vue

    Nouveau samedi de colère sociale en vue

    Une nouvelle fois, Marseille s’annonce comme être l’épicentre de la colère sociale, dans la région, pour ce samedi et « l’acte III » du mouvement social de la jeunesse. De nombreux appels à la manifestation sont relayés sur les réseaux sociaux et font état de plusieurs rendez-vous dans la cité phocéenne, notamment à 14h aux Réformés. Le comité de lutte des étudiants d’Aix-Marseille université, tout comme l’assemblée générale des étudiants ou encore la coordination des Gilets jaunes, partagent le rendez-vous. La fédération des Bouches-du-Rhône du PCF donne rendez-vous à 14h sur les escaliers de la gare Saint-Charles et appelle « les communistes à se retrouver pour un rassemblement en point fixe, dans une zone non concernée par l’interdiction préfectorale ».

    Halloween oblige, certains mots d’ordre tournent autour des déguisements et autres appels nocturnes comme à la Plaine… De quoi faire craindre le pire du côté des forces de l’ordre (lire article ci-contre).

    À la différence du samedi précédent, cette fois, les syndicats locaux ne sont pas organisateurs de la manifestation marseillaise et n’ont pas non plus attaqué l’arrêté préfectoral devant la justice. L’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône ne communique pas sur l’événement. Mais plusieurs organisations de la CGT, comme les Unions locales Marseille Sud, de la Joliette ou encore celle du centre-ville appellent tout de même à la mobilisation. Quand la FSU 13 dénonce un « arrêté liberticide » et appelle à « poursuivre et amplifier les mobilisations », notamment en vue de la grève interprofessionnelle et intersyndicale du 5 novembre. Le syndicat Solidaires 13 adopte la même position que la semaine passée, « en grève et dans la rue », pour cette date.

    Les syndicats présents

    en Vaucluse et dans le Var

    Notons enfin qu’un autre appel à la manifestation est relayé par plusieurs organisations syndicales et progressistes, dont le PCF, pour Aix-en-Provence.

    Dans le Var comme en Vaucluse, les syndicats sont à l’initiative des mobilisations du samedi. Pour le premier département, c’est une intersyndicale CGT, FSU et Solidaires qui a déposé un parcours de manifestation, validé en préfecture et qui s’élancera depuis la Bourse du travail de Toulon (notre article du 30/10). L’intersyndicale étant soucieuse « de ne pas reproduire » la situation de la semaine précédente où la mobilisation avait été ballottée entre interdiction préfectorale et autorisation à la dernière minute après une contestation en justice. Cette fois, et malgré les arrêtés d’interdiction, les Varois pourront bien battre le pavé sereinement.

    En Vaucluse, l’Union départementale CGT, avec Solidaires et FO, appelle à la mobilisation à Avignon, notamment pour faire « face à la criminalisation du mouvement social ». Sur fond de bras de fer avec la préfecture puisque cette dernière juge « cette manifestation illégale » à la suite de la prise d’arrêtés d’interdiction. Et ce malgré la déclaration de la manifestation et des discussions qui n’ont pas pu aboutir à un compromis sur le trajet. « Aucun accord sur un parcours alternatif n’a pu être trouvé », justifie la préfecture. Pas de quoi refroidir les représentants du monde du travail, qui maintiennent bien l’appel à la mobilisation devant la préfecture à 10h et déposent un recours contre ledit arrêté. Plus que ça : une large intersyndicale, avec l’Unsa, la CFDT, la FSU et la LDH dénonce la situation dans un communiqué commun, ce vendredi. Rappelons que la manifestation du 24 octobre s’était globalement déroulée dans le calme pour la Cité des Papes.

    Multiples rassemblements dans les Alpes du Sud

    Du côté des départements des Alpes-de-Haute-Provence et Hautes-Alpes, pas de gros point de rendez-vous, mais une multiplication de mobilisations et pas d’interdiction de manifester. On recense au moins quatre appels aux rassemblements pour le premier département, mais une seule manifestation est déclarée : à Barcelonnette par la CGT, FSU et Solidaires. Plusieurs ronds-points sont ciblés comme à Digne-les-Bains et Forcalquier ou la place de la République de Sisteron, dès le matin. Principe similaire pour les Hautes-Alpes avec deux appels à la mobilisation, à Gap et Briançon, à 14h.

  • Les syndicats aixois appellent à la grève le 5 novembre

    Les syndicats aixois appellent à la grève le 5 novembre

    Après une heure de réunion, la décision semble faire consensus au sein de l’intersyndicale (CGT, FO, FSU et UE). « Pour le 5 novembre, on appelle à la grève, sans écarter l’idée qu’elle puisse être reconductible », avance Aurélie Zanutto, secrétaire de l’Union locale CGT. Devant elle, les tracts distribués plus tôt dans la matinée, aux Milles, rappellent les principales revendications des organisations syndicales. Parmi elles : l’augmentation des salaires, l’amélioration des services publics et la défense de l’emploi et de l’industrie.

    Des revendications qui font écho à celles portées par les étudiants et lycéens. Le syndicat Union étudiante (UE), était également représenté lors de cette réunion. Son secrétaire général à Aix-Marseille, Younes Dufresnes, dénonce des « réponses insuffisantes » de la part du gouvernement. Parmi elles, la création de 10 000 places dans l’enseignement supérieur, contre les 30 000 réclamées initialement. Si ces réponses restent insatisfaisantes à ses yeux, Younes Dufresnes estime que les annonces répétées du président de la République, à quelques mois de l’élection présidentielle, démontrent « un gouvernement qui tremble face à ces mobilisations ».

    Pour Aïsha, représentante de Force ouvrière (FO), « les revendications entre travailleurs, citoyens et étudiants ont de nombreux points en commun […]. C’est pour ça qu’on accorde un soutien inconditionnel aux étudiants ». Céline, membre de la Fédération syndicale unitaire (FSU), complète : « L’idée, c’est de sortir de là avec des mesures concrètes. » « On ne veut pas de réforme, on est dans l’urgence là », conclut Aïsha.

    « Restructuration

    des dépenses du budget »

    Alors que le débat budgétaire national se poursuit à l’Assemblée, les syndicats réclament une « restructuration des dépenses et de la répartition du budget national ». Aurélie Zanutto dénonce notamment « les exonérations de charges des entreprises qui sont un scandale ». Au nom de la CGT, elle plaide pour « un budget socialement plus juste et compatible avec nos revendications ». Pour elle, « de l’argent, il y en a ! » . Mais « il faut déplacer les dépenses et les mettre au bon endroit », précise la secrétaire de l’union locale CGT.

    Le rassemblement du 5 novembre, prévu à 10h30 à la Rotonde, devrait ensuite se diriger vers la sous-préfecture, puis le rectorat, avant de remonter par la gare TER et revenir à son point de départ. Pour cette journée de mobilisation, le mot d’ordre commun est clair : « Tout le monde est invité à descendre dans les rues. »

  • À Marseille, Emmanuel Macron veut se poser en garant de l’ordre

    À Marseille, Emmanuel Macron veut se poser en garant de l’ordre

    Après avoir échangé dimanche avec le maire (DVG) Benoît Payan, le président de la République s’est rendu ce lundi matin à Marseille, pour une brève visite improvisée, une semaine après les violences qui ont marqué la journée de mobilisation du 17 octobre. Il a pu en constater les stigmates dans la salle Bailli de Suffren de l’hôtel de ville, et s’arrêter devant le buste de Marianne renversé au sol lors de l’envahissement du bâtiment par des individus masqués.

    «C’est tout à fait vrai qu’à Marseille comme ailleurs, il n’y avait pas assez de forces le 17 octobre», a reconnu Emmanuel Macron devant la presse à l’issue d’un bref échange privé avec le maire de Marseille. «Samedi [24 octobre, ndlr], les manifestations se sont tenues dans tout le pays et l’ordre aussi a été tenu», a-t-il cependant rappelé en promettant d’améliorer encore le dispositif pour le week-end à venir. «Le droit de manifesté a été préservé», défend-il, malgré les interdictions et changements de dernière minute qui ont imposé des circuits loin des commerces de centre-ville.

    «Répondre aux demandes»

    «Nous continuerons d’avoir des tracés de mobilisations déclarées, qui sont demandés par les syndicats représentatifs, qui se feront en dehors des centre-villes», annonce le résident de l’Élysée. «On tient la République aujourd’hui sans l’état d’urgence, cela ne veut pas dire que si les choses devaient se dégrader c’est un interdit ou un tabou», précise-t-il.

    Avant de rencontrer les représentants des commerçants à la préfecture, Emmanuel Macron a rappelé que l’Etat avait mis en place un fonds abondé par les collectivités locales et qu’il comptait poursuivre dans cette voie, mettant à contribution les assureurs. «Nous allons évidemment accompagner les collectivités les plus touchées, comme la mairie de Marseille», promet aussi le président de la République alors que Benoît Payan réclamait la semaine précédente d’être remboursé au centime près.

    «J’ai demandé au gouvernement de répondre aux demandes légitimes qui sont à la racines de ce mouvement social», lâche aussi Emmanuel Macron, un mois après le début de ces mobilisations. En promettant «des annonces fortes et des avancées pour changer les choses et enclencher des chantiers à très court terme».

  • La paix au cœur de la mobilisation aixoise

    La paix au cœur de la mobilisation aixoise

    Celle qu’on surnomme la « belle endormie » a été particulièrement animée ce samedi 24 octobre pour l’Acte II des mobilisations. À Aix-en-Provence, plusieurs centaines de manifestants se sont réunis pour faire entendre d’une voix commune leurs revendications plurielles. Malgré l’« interdiction temporaire des manifestations » imposée par le préfet du département deux jours plus tôt, les Aixois étaient nombreux dans les rues de la ville.

    Pour Sabine, aixoise et membre de la CGT « c’était inconcevable de laisser la jeunesse se battre seule pour des droits qui nous concernent tous ». Accompagnée de son fils Louis, élève de Seconde, elle poursuit « le gouvernement ne nous écoute pas alors pourquoi nous devrions, nous, respecter ces interdictions […] c’est donnant-donnant ». Dans le cortège, beaucoup de jeunes sont présents, parmi lesquels Achille, étudiant en master à Sciences Po Aix. Également membre du collectif Sciences Po Aix en lutte, il se dit « en colère contre l’État et sa politique de répression ». Selon lui, cette situation témoigne d’« un durcissement des moyens démocratiques […] qui nous pousse à être dans l’illégalité avec le maintien de cette manifestation ».

    En raison de son interdiction, aucun parti ou syndicat ne s’est revendiqué de l’organisation de cette journée. Comme Hakim, ils sont alors plusieurs aixois, de tout âge et tous horizons à donner de la voix pour guider, animer et sécuriser le cortège. Également présent lors de la mobilisation du 17 octobre, ce père de famille estime qu’« il en va de l’avenir de [ses] enfants ». Il dénonce « les factures qui augmentent mais un salaire qui ne bouge pas d’un centime ». Tout autour du cortège plusieurs voitures de police et de nombreuses forces de l’ordre, un dispositif qu’il juge « démesuré et honteux ». Entre deux slogans, Hakim conclut « en manifestant calmement, on va leur montrer à ces CRS qu’on peut très bien se mobiliser sans qu’ils soient obligés d’utiliser leur gaz lacrymo et leur bouclier ».

    Pour sécuriser le cortège, les « brassards blancs », couleur symbolisant la paix, guident également les manifestants. Dominique et Fred, tous deux membres de La France Insoumise (LFI), en font partie. Ancienne directrice d’école, Dominique insiste sur sa présence à titre individuel et ses motivations personnelles qui justifient sa présence dans le peloton. Elle explique se mobiliser « en soutien pour toute cette jeunesse » et notamment pour sa fille, actuellement résidente à Berlin et n’ayant pu se déplacer pour participer à la marche de ce 24 octobre.

    A51 bloquée,

    les CRS interviennent

    Toujours pacifique et rythmé par la musique, le groupe de manifestants se dirige lentement vers le Jas de Bouffan. Son but : rejoindre l’autoroute. Sur son chemin pour la rejoindre, une minute de silence est organisée devant le stade Maurice-David, en hommage à l’attentat de Trappes et La Verrière, dans le département des Yvelines. L’événement survenu la veille, a fait un mort et cinq blessés. Le groupe a ensuite repris sa marche vers la route de Galice pour tenter de bloquer l’entrée de l’autoroute A51. Alors qu’un sit-in est en train de s’organiser, les manifestants sont rapidement délogés par les forces de l’ordre. Ils décident alors de contourner les dispositifs policiers en passant par le quartier de Corsy, leur permettant ainsi d’arriver au-dessus de l’autoroute. En quelques minutes les deux voies de l’A51 sont bloquées. Face à la situation, les CRS décident d’intervenir et de repousser les manifestants vers les voies d’insertion. Malgré l’élan de panique à la vue des CRS et la crainte d’un nassage, les manifestants sont finalement remontés sans égratignures vers l’entrée de l’autoroute. Le cortège prend finalement fin là où il a commencé quatre heures plus tôt, à la Rotonde. Comme pour traduire une forme de soulagement, la fontaine est investie par les manifestants qui chantent et clament à tue-tête. L’ambiance légère et festive de cette fin de mobilisation est cependant perturbée après l’arrestation d’un jeune homme par les CRS provoquant ainsi un élan de mécontentement chez les Aixois. Tandis que la mobilisation touchait à sa fin, un groupe de manifestants décide alors de rejoindre le commissariat pour demander la libération du jeune homme. Mais les choses dégénèrent lorsqu’après une sommation, un élan de foule se crée. Un homme alors âgé d’une soixantaine d’années trébuche et finit au sol, la tête ensanglantée. Une infirmière en civil s’occupe de lui en attendant l’intervention des secours quelques minutes plus tard. Cet événement sonne alors le glas pour cette mobilisation du 24 octobre dont les manifestants se félicitent toutefois du pacifisme général.

  • [Quoi de neuf] « La mobilisation est vouée à continuer car la colère est là »

    [Quoi de neuf] « La mobilisation est vouée à continuer car la colère est là »

    Émission exceptionnelle de « Quoi de neuf » qui est à écouter en intégralité en podcast sur Divergence. Au moment où le pays vit un mouvement social inédit, historique, trois témoins relatent comment ils vivent les manifestations. Une étudiante engagée dans un syndicat et deux journalistes.

    Françoise Verna : Comment envisagez-vous la suite de la mobilisation ? Je pense au 5 novembre, journée interprofessionnelle de grève et de mobilisation, dans lesquelles les revendications de la jeunesse seront centrales.

    Enola Kraemer : Avec le SCUM, nous participons à l’appel du 5 novembre, en tant que syndicat, parce qu’on n’a pas obtenu satisfaction. Quand Macron a pris la parole à 20h, sa seule réponse est d’appeler au calme. On ne peut pas dire qu’il ait compris que les étudiants et les lycéens se mobilisent, qu’on est en colère. Donc, c’est une mobilisation qui est vouée à continuer. Aujourd’hui, on a à nouveau bloqué l’université Paul-Valéry à l’initiative des étudiants et étudiantes. Il y a également la faculté des sciences qui continue son occupation depuis deux semaines. Et ce matin, on a également bloqué la faculté d’économie, mais le président de l’université de Montpellier a décidé d’envoyer les CRS, donc le site a été débloqué.

    Françoise Verna : Vous avez des points de convergence avec les lycéens ?

    Enola Kraemer : On doit permettre fin à la sélection, à Parcoursup, à Mon master, parce qu’on devrait tous pouvoir étudier dans les filières de son choix. C’est 250 000 places qui devraient être ouvertes dans l’enseignement supérieur pour pouvoir garantir une possibilité aux étudiants et étudiantes de pouvoir étudier dans les études de leur choix. L’université Paul-Valéry de Montpellier est assez emblématique des universités françaises les moins bien dotées. Comment on peut justifier cet état de fait ? Actuellement, à Paul-Valéry, il nous manque 17 millions d’euros pour fonctionner correctement. L’État ne nous donne pas assez d’argent pour fonctionner correctement. Il ne veut pas financer des sciences sociales, des sciences humaines.

    Françoise Verna : Yann Castanier, depuis 2016 jusqu’à aujourd’hui, vous avez été le témoin, en tant que photo-journaliste, des mouvements sociaux. Est-ce que vous avez pu constater une évolution de la réponse répressive policière ?

    Yann Castanier : Ce qui va advenir, c’est qu’au fur et à mesure il y a de plus en plus de revendications face à un État qui ne répond pas. Et ensuite, ce qui va arriver, c’est les gilets jaunes. Il va y avoir un glissement qui va mener à la répression de manifestations par le LBD. La BRAV-M (Brigade de répression de l’action violente motorisée) est créée [unité spécialisée de la Police nationale. Créée en 2019, Ndlr.]. Du coup, ça fonce dans le tas, en permanence, pour pouvoir disperser, y compris quand il ne se passe rien. Je me rappelle les manifestations contre les retraites de 2022 ou 2023. Là, c’est l’incompréhension totale. On les voit charger même sur le cortège de la CGT et sur le service d’ordre de la CGT. Et puis, il va y avoir la logique des nasses qui se mettent en place, qui sont interdites, il faut préciser. Oui, elles sont interdites, mais elles sont utilisées en permanence. Cela consiste à isoler des personnes, à encercler des personnes par des CRS ou des gendarmes mobiles, et faire en sorte qu’elles ne puissent plus bouger, ni sortir pendant des heures.

    Françoise Verna : Louis Laratte, vous avez couvert en tant que journaliste la manifestation parisienne, le 17 octobre. Avez-vous été surpris de la tournure de la journée ?

    Louis Laratte : Ce qui a été vraiment inédit, c’est ce qui s’est passé bien avant que le rassemblement ait lieu et que les gens convergent vers la place de la République. En fait, la répression était déjà en marche. Alors que les personnes n’avaient pas encore débuté leur manifestation. Je pense que cela a surpris beaucoup de gens et surtout, ça a énervé pas mal de gens parce que la répression en manifestation, c’est un fait avéré.

    Je pense que la majorité des gens qui viennent en manifestation sont au courant de comment ça se passe, que la répression, elle est là et que c’est quelque chose avec lequel il faut faire.

    Là, je pense que beaucoup de gens étaient pris au dépourvu et ça a énervé beaucoup parce qu’au-delà de cette répression, c’est vraiment le droit de rassemblement et le droit de manifestation qui ont été entravés avant même que la manifestation ait lieu.

    Françoise Verna : Peut-on dire que les manifestants étaient sidérés ?

    Louis Laratte : Il y a beaucoup d’incompréhension, je pense, par rapport à la stratégie qui a été adoptée. Et en fait, la situation s’est tendue à un tel point qu’en fait, les CRS se sont eux-mêmes embourbés sur la place de la République, parce que les gens n’ont pas spécialement voulu en partir.

    Les affrontements ont duré assez longtemps. Ça a commencé sur la place à peu près à midi et ça a duré avec une vraie intensité jusqu’à, je pense, 16-17 heures. C’était vraiment très, très violent. Ensuite jusqu’à tard dans la nuit, en parallèle, pas de police pour empêcher les magasins d’être pillés. Et j’en ai fait des kilomètres dans Paris.

  • [Revivez le direct] Samedi 24 octobre, journée de mobilisation nationale

    [Revivez le direct] Samedi 24 octobre, journée de mobilisation nationale

    Bouches-du-Rhône

    À Marseille

    10h50 Le kiosque à journaux de la Joliette a dû fermer sur injonction de la police. « On ne comprend pas, samedi c’est notre meilleur jour », déplore Sylvie la responsable du point de vente. Sans compter l’importance de la presse pour la démocratie.

    13h40 Plusieurs centaines de manifestants sont déjà rassemblés aux Réformés. Alia et Ludivine, mère et fille, sont venues de Carpentras « déterminées à manifester dans une grande ville » avec leurs pancartes : «Tout nous motive : le pouvoir d’achat, les services publics, l’interdiction du voile.»

    13h42 Les manifestants arrivent à Réformés. Les forces de l’ordre ont déployé un important dispositif de sécurité sur la Canebière, dont un engin lanceur d’eau.

    13h45 Eugène, 19 ans, en banane et tutu rose, étudiant en cybersécurité, a tenté un selfie avec les policiers. « Ils ont refusé mais franchement ils étaient très corrects, pourvu que ça dure. Je suis là pour l’amélioration des conditions matérielles d’études. »

    13h45 Des forces de l’ordre avec gros engins sont prépositionnées à hauteur du cinéma Artplex sur la Canebière et filtrent les piétons.

    14h Oscar jeune chômeur : «Franchement tout me motive depuis ces 10 dernières années, le gouvernement Macron, la gestion de la crise Covid, les gilets jaunes et l’ignorance des cahiers de doléance, le pouvoir d’achat, tout ! »

    14h05 Ce sont déjà plusieurs milliers de manifestants qui sont rassemblés aux Réformés. Le début du cortège encore statique est conduit par Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13 avec des centaines de militants et un service d’ordre.

    14h05 Les totally spies font partie du cortège marseillais.

    14h05 Le cortège marseillais se forme avec l’intersyndicale en tête et de nombreux élus communistes.

    14h08 «Marseille, Marseille antifas ! Tutti antifascisti !» crient les jeunes juchés sur la fontaine repris par la foule.

    14h10 Le parcours de la manifestations marseillaise n’empruntera pas la Canebière.

    14h12 Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13 en tête de cortège !

    14h15 360 parents des lycées de Marseille ont créé leur groupe.

    14h19 Émilie et son père Pierre sont venus manifester en famille. « La répression policière fait peur, mais ça fait longtemps qu’on a pas ressenti des émotions aussi fortes en manif, témoignent-ils. Ça redonne de l’espoir d’être tous ensemble. »

    14h20 Un jeune poing levé sur le monument des Mobiles.

    14h25 Jessie, une mère venue de Vitrolles avec ses trois enfants « vraiment pour exprimer le droit de manifester après la répression des jeunes samedi dernier. La justice est vraiment à deux vitesses. »

    14h30 Les communistes qui avaient déposé un référé liberté contre l’interdiction de manifester sont présents en nombre à Marseille.

    14h30 Céline, éducatrice spécialisée : « Je suis là pour soutenir les lycéens mais aussi tout le manque de moyens que nous subissons dans notre secteur. Non, je n’ai pas peur de manifester. Nous sommes tous ensemble. »

    14h40 Le cortège arrive au pied des escaliers de la gare Saint Charles. Pas d’écho d’incidents.

    14h55 Eva et son ami sont venus d’Aix-en-Provence pour manifester à Marseille. Ils dénoncent leurs conditions d’apprentissage à la faculté de droit Schuman, où « il n’y avait pas de clim à la rentrée alors qu’ils faisaient 40 degrés », racontent-ils. « On n’arrive pas à joindre les deux bouts en étant étudiants, on a peur de l’avenir », ajoutent-ils.

    15h « Manu, Manu, jusqu’à la victoire ! » entonnent les militants CGT avant d’amorcer l’avenue du général Leclerc.

    15h10 Les Scop-TI (ex Fralib) sont dans la manifestation marseillaise.

    15h20 Ça défile en bon ordre boulevard Camille Pelletan.

    15h30 Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13 : « On ne va pas crier victoire tout de suite mais c’est une manifestation réussie. On a réuni 100 000 personnes. C’est un grand ouf de soulagement pour la CGT d’avoir emmené cette manifestation pour exprimer nos revendications.»

    15h40 Encore énormément de monde aux escaliers de la gare Saint-Charles et sur tout le boulevard d’Athènes.

    16h Encore beaucoup de monde dans les rues dans une ambiance joyeuse.

    16h25 Les manifestants se sont engagés boulevard des Dames avant de reculer face aux forces de l’ordre qui ont fait usage de lacrymogènes.

    16h38 Premières tensions à Porte d’Aix.

    17h La porte d’Aix, devenue blanche sous les lacrymogènes, se vide.

    À Aix-en-Provence

    11h20 La ligne 50 reliant Aix- Marseille a été suspendue sur décision préfectorale ce samedi 24 octobre

    11h40 Le marché du cours Mirabeau, situé juste en face de la Rotonde, reste maintenu. Les commerçants y sont installés depuis 6h pour les plus matinaux et les Aixois sont bien au rendez vous.

    12h Pour le moment, seulement quelques voitures de police ont été déployées à la Rotonde, lieu d’où était partie la manifestation samedi dernier.

    14h55 L’interdiction de manifester est contestée en actes.

    15h Pourtant interdite par la Préfecture, un groupe de manifestants commence à se créer. Entre sittings et chants, le cortège se déplace actuellement vers la gare routière.

    15h La manifestation poursuit son chemin toujours animée par les chants et colorée par les centaines de pancartes. Le cortège pourtant pacifique reste cependant très encadré par les forces de l’ordre.

    15h30 Les manifestants tentent de bloquer la route de Galice, départementale qui permet de rejoindre l’autoroute A51 en direction de Gap.

    16h45 Finalement délogés de l’autoroute A51 par les forces de l’ordre, le cortège a perdu quelques manifestants en cours de route. Mais ceux encore présents dans les rues aixoises maintiennent malgré tout leur énergie et leur ferveur.

    17h Les manifestants font une nouvelle minute de silence en hommage aux victimes de l’attentat de Trappes.

    17h10 La manifestation poursuit sa marche pacifique. Elle se dirige peu à peu vers la Rotonde, point de départ du cortège.

    Après presque 4h de marche à travers les rues, le cortège des manifestants prend fin à la Rotonde.

    Après l’arrestation d’un jeune homme par les forces de l’ordre pour un motif inconnu, les Aixois haussent le ton.

    18h C’est la fin de la manifestation. Les participants s’éparpillent pour regagner le centre-ville.

    Vaucluse

    À Avignon

    9h45 À Avignon, la Sud PTT a décidé de maintenir son rassemblement contre la fermeture du bureau de poste de la place Pie, prévu depuis plusieurs semaines, malgré l’interdiction de manifester en centre-ville. « On est pacifiques donc il ne devrait pas y avoir de soucis ni d’amendes. Les luttes se rejoignent », confie Bruno Verdi , secrétaire du syndicat. Il est prévu qu’ils se joignent à la manifestation devant la préfecture entre 10 et 11 heures.

    10h10 Les représentants de la CGT sont allés échanger avec les forces de l’ordre, en nombre, postées devant la préfecture. Le représentant de la police nationale qui rappelle l’interdiction, tout en affirmant qu’il laissera passer le cortège, peut recevoir des ordres de faire évacuer la place.

    10h50 Un millier de personnes sont rassemblées devant la porte Saint Lazare. La CGT a décidé de ne pas aller devant la préfecture, à une centaine de mètres, pour l’heure. « On fait valoir nos droits et on nous arrête. Je ne comprends pas », confie Marie, étudiante à l’université locale.

    11h15 Faute de pouvoir aller devant la préfecture, les manifestants ont organisé une chenille « contre l’extrême droite » dans une ambiance festive.

    13h10 Manif sauvage en cours à Avignon sans but précis. D’après des manifestants, le but est de rentrer en centre-ville alors que les forces de l’ordre bloquent toutes les entrées. « C’était un peu une idée de merde. Ça sent mauvais » glisse un étudiant.

    13h12 Des policiers casqués et équipés de boucliers suivent de près et empêchent les manifestants de passer.

    14h25 Alors que quelque dizaines de manifestants tentent de se rassembler sur place de l’horloge malgré l’interdiction du préfet, les forces de l’ordre commencent à contrôler les personnes devant l’hôtel de ville. Tandis que le maire Olivier Galzi (DVD) boit un café au restaurant en face.

    15h25 Empêchés de passer sur la rue de la République, le cortège s’engouffre rue de la Bonneterie. « On nous fait passer dans les rues avec toutes les boutiques, ça ne va pas avec tous les discours qu’on a entendus cette semaine », réagit Anne-Marie, aide soignante. Tout en pointant « que la vraie casse, elle est dans nos lycées où les plafonds s’effondrent. »

    Var

    À Toulon

    11h15 L’audience du référé liberté déposé par l’Union syndicale Solidaires.s du Var et l’association Résistance Handi Droits devant le tribunal administratif de concernant le droit de manifester s’est achevée il y a quelques instants. Le verdict est attendu dans les prochaines minutes.

    13h20 40 minutes avant le début du rassemblement auquel ont appelé plusieurs organisations ce samedi (14h place de la Gare), le tribunal administratif de Toulon n’a toujours pas rendu sa décision concernant le référé liberté déposé par l’Union syndicale Solidaires.s du Var et l’association Résistance Handi Droits.

    14h Une cinquantaine de vigiles ont été déployés par la CCI du Var à proximité des commerces du centre ville de Toulon, et des centres commerciaux Avenue 83 et Grand Var, pour prévenir de potentielles violences et rassurer les commerçants.

    14h20 Suite au référé liberté déposé par l’Union syndicale Solidaires du Var et l’association Résistance Handi Droits, le Tribunal administratif de Toulon lève l’interdiction totale de manifester, mais maintient l’interdiction concernant le centre-ville. Un cortège se dirige de la Bourse du travail vers la place Martin Bidoure, d’où la manifestation va officiellement s’élancer.

    14h30 Plusieurs centaines de manifestants arrivent place Martin Bidoure, dans le quartier du Pont du Las à Toulon.

    14h40 Olivier Rosay, secrétaire départemental Solidaire.s du Var, qui a porté le référé liberté devant le tribunal administratif concernant l’interdiction de manifester, sa suspension partielle et l’autorisation d’un parcours alternatif « n’est pas une vraie victoire car on souhaitait manifester en centre ville. Même si on avait proposé ce parcours au préfet hier, ce n’était pas ce qu’on voulait obtenir.» Il se réjouit tout de même de voir «qu’il y a quand même du monde» malgré un verdict rendu tardivement, «mais le déferlement médiatique a dissuadé quelques collègues et manifestants, le gouvernement a réussi ce qu’il voulait en montrant en boucle des images de violence. On continue notre mobilisation, qu’on appellera à amplifier davantage car il y a une profonde colère sociale dans le pays, des salariés et couches populaires qui n’arrivent pas à joindre les deux bouts. »

    14h55 Le cortège s’élance dans les rues du Pont du Las. Des dizaines de personnes le rejoignent en route.

    15h50 1200 personnes traversent actuellement, dans le calme, le quartier du Pont du Las à Toulon, en se dirigeant vers la porte Castigneau. Les syndicalistes, parmi lesquels la CGT et Solidaire.s, sont nombreux à avoir revêtu leurs chasubles, contrairement à la semaine dernière.

    16h Plusieurs soignantes, qui composent l’équipe de street medics bénévoles de la manifestation, affirment que « certains policiers ont emmené des collègues dans les camions, et leur ont enlevé leur matériel », car celui-ci était composé de masques, contraires à l’arrêté préfectoral interdisant le port d’objets pouvant dissimuler le visage. « D’autres sont plus compréhensifs et nous ont laissé passer », précisent-elles, tandis qu’une responsable négocie actuellement avec des membres de forces de l’ordre pour récupérer ce qui a été intercepté.

    16h05 Stoppé par les forces de l’ordre à la sortie du pont du Las, le cortège se disperse. Certains manifestants ont regagné la place Martin Bidoure, quand d’autres s’engagent par petit groupe dans des rues attenantes.

    16h20 Plusieurs centaines de manifestants se sont dirigés vers le boulevard Lazare Carnot, bloqués par des policiers. Ils repartent en direction du Pont du Las.

    Finalement les manifestants s’engagent sur le Boulevard de Strasbourg, en direction de la place Liberté, et donc du périmètre interdit par la Préfecture.

    16h30 Arrivés à hauteur du lycée Bonaparte, les manifestants sont repoussés par de premiers tirs de grenades lacrymogènes des policiers.

    16h38 Une vingtaine de policiers bloquent le boulevard de Strasbourg, porte d’entrée du centre-ville, et ont procédé à une dizaine de tirs de grenades lacrymogènes. Un manifestant a été arrêté.

    17h «Vous avez des salaires de misère. Vous êtes des travailleurs comme nous. Rejoignez-nous ! », crie une manifestante à l’attention des policiers.

    17h40 Les manifestants, jeunes pour la plupart, sont repoussés vers la porte Castigneau, à l’entrée de la ville. Plusieurs d’entre eux ont été interpellés.

    18h Une jeune manifestante toulonnaise demande aux auteurs de jetés de pierres « d’arrêter de donner des images pour la télé », alors que les affrontements avec les forces de l’ordre se poursuivent. La BAC a effectué des tirs de LBD dont certains semblaient tendus.

    18h30 La centaine de manifestants toujours présente à Toulon a été repoussée jusqu’à son point de départ, au Pont du Las.

    18h35 Les forces de l’ordre ont encerclé le quartier du Pont du Las en s’établissant dans les rues parallèles et pris les manifestants par surprise. Plusieurs d’entre eux ont été interpellés.

    19h Les quelques manifestants restants ont été dispersés dans le quartier du Pont du Las, à Toulon. Les forces de l’ordre restent positionnées sur l’avenue du 15e Corps.

    Alpes-de-Haute-Provence

    À Manosque

    10h20 Environ 70 personnes sont pour l’instant réunies sur le rond-point de l’A51, où une cyclo-chorale militante et itinérante est arrivée à vélo et apprend des chants aux manifestants. Plusieurs jeunes rejoignent le mouvement ce samedi.

    10h30 Alors que les manifestants chantent calmement, les policiers viennent à leur rencontre pour les informer que la préfète est en train de prendre un arrêté d’interdiction et leur ordonner de se disperser, sous les protestations des manifestants, qui n’avaient pas déclaré le rassemblement.

    La préfecture vient de confirmer un arrêté d’interdiction de manifester à Manosque à partir de 12h.

    Hautes-Alpes

    À Gap

    9h25 À Gap, une cinquantaine de personnes sont rassemblées, pour le moment, place Desmichels.

    10h10 De nombreux manifestants trouvent l’interdiction de manifester au centre ville « disproportionnée ». « On vient à chaque manif depuis des années à Gap et il n’y a jamais eu de violences, ce sont des mobilisations familiales. Tous ces policiers et un drone pour nous surveiller, c’est n’importe quoi », déplore Léa, une manifestante.

    10h20 La nouvelle est tombée : la manifestation est finalement autorisée dans le centre ville. Les manifestants ont donc annoncé un cortège vers le centre ville.

    10h45 Même si l’interdiction a été levée, la manifestation n’est pas déclarée. La police ne laisse pas passer le cortège rue Carnot dans le centre-ville. Il y a environ 200 personnes dans le cortège.

    11h10 Le cortège défile calmement entre les allées du marché sous les regards étonnés des commerçants et clients.

    12h45 La manifestation touche à sa fin, il y a eu jusqu’à environ 380 personnes. Quelques manifestants restent pique-niquer sur un rond point.

  • [La jeunesse européenne se révolte] En Espagne, « le reflet de la crise du logement »

    [La jeunesse européenne se révolte] En Espagne, « le reflet de la crise du logement »

    Maricarmen est décédée le 7 octobre, mais la contestation ne faiblit pas. Minoritaire, dans l’incapacité de prendre des mesures urgentes, le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a convoqué des élections anticipées le 29 novembre. Les syndicats espagnols appellent à la grève générale le 11 novembre prochain.

    Jesús Perez, membre de l’Union des jeunesses communistes d’Espagne (UJCE), stagiaire

    « Le mouvement a commencé à la suite de l’expulsion de Maricarmen, cette vieille dame qui a d’ailleurs fini par mourir. La jeunesse ouvrière a décidé, avec les syndicats des locataires, d’occuper Madrid. Le mouvement s’est étendu en Espagne, en particulier dans les grandes villes comme Séville ou Barcelone. C’était le reflet de la crise du logement que nous connaissons en Espagne. Le marché est parasité par les intérêts privés, la touristification, la gentrification de nos villes et de nos quartiers, ainsi que par la hausse du coût de la vie. Ces trois facteurs nous empêchent de mener une vie normale. Nous en avons assez d’être les victimes du système. Après le rejet au Parlement des textes sur le logement, les syndicats ont obtenu la grève générale. La gauche doit remporter les élections législatives à venir. Pour la classe ouvrière, ce serait un désastre si un gouvernement conservateur, soutenu par l’extrême droite, venait à voir le jour. »

  • La manifestation finalement autorisée à Toulon samedi

    La manifestation finalement autorisée à Toulon samedi

    Il sera finalement possible de manifester légalement ce samedi à Toulon. Alors qu’il a interdit toute manifestation dans le centre-ville de Toulon, le préfet du Var a finalement autorisé un rassemblement ce samedi, à 14h, devant la gare de Toulon. Si le parcours reste encore à confirmer, celui-ci ne devrait pas prendre la direction du centre-ville, suite à un premier refus du préfet concernant le parcours initial déposé par l’Union syndicale Solidaires du Var et le Collectif « Résistance Handi Droits ». Un trajet alternatif, évitant le centre-ville, a depuis été négocié. Il devrait passer, entre autres, devant le Palais de Justice, l’ancienne corderie et par l’avenue de la République.