« Non, à la maltraitance administrative. » Tel était le mot d’ordre des associations, élus de gauche et syndicats réunis à l’entrée des Allées Provençales, ce mercredi. À l’appel du Collectif BougeTaPréf, composé d’un groupe d’associations humanistes, dont la Cimade, Amnesty et le Planning familial, mais aussi d’Aix Solidarité, une petite centaine de personnes s’est réunie pour dénoncer des « blocages » dans les procédures administratives des personnes étrangères. Pour illustrer ces faits, d’ailleurs régulièrement dénoncés par les associations, (une manifestation, organisée par la Cimade, s’était déjà tenue en octobre 2025), un mur de témoignages a été monté au centre du rassemblement. Pertes de travail, de logements, d’aides sociales, risques d’expulsion… Autant de situations causées, selon les associations, par d’importants dysfonctionnements qui jalonnent les parcours de droit au séjour. « Les dossiers de renouvellement mettent un temps fou à venir, jusqu’à 15, 18 mois, voire 2 ans, sans explications données. La plupart du temps, ce sont des dossiers traités via la plateforme Anef [numérique pour les étrangers en France], s’indigne Marie-Françoise Huez-Robert, pour la Cimade. Les récépissés ou attestations d’instructions n’arrivent donc pas dans les temps. » Aussi, « on demande déjà à ce que la Préfecture ne soit pas bouclée en permanence, qu’il y ait un droit d’accès à la sous-préfecture et la préfecture, avec un accueil digne », poursuit cette bénévole. La Cimade espère prochainement avoir un rendez-vous en sous-préfecture.
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À Aix, parents et opposition municipale montent au créneau pour l’école Campra
Les parents d’élèves de l’école maternelle Campra comptent bien mener leur bataille jusqu’au bout. Voilà plusieurs mois qu’ils enchaînent mobilisations, pétitions et réunions pour alerter l’opinion publique d’une fermeture « officieuse » de classe à la rentrée 2026. Une fermeture qui pourrait mener à la disparition totale de l’une des « dernières écoles intra-muros », précise l’une des mamans.
Ce jeudi, une poignée de parents du collectif constitué pour sauver l’école a été rejointe par les élus de l’opposition de gauche (Aix Avenir) ainsi que par la représentante, pour Aix, de la Fédération des parents d’élèves (FCPE), Habiba Zemouli. « On nous a annoncé, deux jours avant les élections, de la fermeture de la classe, rappelle Amandine Molla, représentante du Collectif. Avec nos cerveaux de parents, on a fait l’équation. Dans une école où il y a deux classes, déjà avec des effectifs un peu réduits, vous supprimez une classe, vous enlevez les inscriptions des petites sections, forcément, ça va mener à la fermeture d’école. Pour l’instant, nous n’avons aucun démenti. » Elle estime qu’« on va casser quelque chose qui fonctionne ».
Pour Marc Pena (PS), à la tête du groupe Aix Avenir et député de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône, cette situation est symptomatique d’un désordre national : « On est dans un contexte où des moyens sont enlevés à l’école, sous prétexte que la démographie serait tassée, qu’il y aurait moins d’élèves (…). Nous pensons qu’à l’occasion d’une démographie qui se tasse, c’est le moment, au contraire, d’avoir moins d’élèves par classe. C’est le moment de repenser des aspects de l’école, pédagogiques, et d’innover. »
Pourtant, enchaîne Habiba Zemouli, « c’est le choix inverse qui a été fait. Cette logique comptable nous conduit à une réalité que nous dénonçons avec force à la FCPE ». Soit des « déserts éducatifs publics », une désorganisation dans la vie familiale et dans le temps de transport scolaire.
« Un projet de société »« Les élus que nous sommes, de gauche et écologistes, disons que l’école de la République n’est pas qu’un service public. C’est un projet de société, la logique comptable au national, on la refuse à Aix, résume le conseiller d’opposition David Tessier (PCF). à Aix, on nous explique que, lorsque l’on fait le bilan des ouvertures et des fermetures tel que l’académie nous le présente, la situation ne serait pas si mauvaise, puisqu’on ne serait pas à moins douze, mais à moins sept classes, en comptant cinq ouvertures dans le même temps. Nous contestons de façon absolue cette logique. Parce que, dans les écoles, on ferme des classes (…) et cela dégrade le service public (…). Nous appelons à intensifier la mobilisation de tous les acteurs de l’école publique et à soutenir les parents d’élèves dans leur mobilisation. »
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Le collectif du lycée Nelson Mandela reçu en mairie
« On demande au maire de Marseille de faire en sorte que ça ne soit pas une saignée pour les lycées de la ville. » Ce mercredi, devant la mairie de Marseille, les représentants du collectif qui rassemble une myriade d’organisations syndicales d’enseignants (CGT, FO, Sud et Snes-FSU) et d’associations de parents d’élèves (FCPE, PEEP et PER) du lycée Nelson Mandela sortent satisfaits de l’Hôtel de ville.
Et pour cause, ils ont été reçus par un conseiller de l’adjointe en charge de l’éducation, Pascaline Lecorché (Place Publique), dans le cadre de leur combat au long cours contre la baisse d’heures à venir pour leur établissement. « On s’est adressés à la mairie de Marseille car ce sont les lycées marseillais qui sont ciblés. Dans le cadre des suppressions de moyens décidées au niveau national, l’académie perd 900 heures et sur celles-ci, 740 sont perdues dans les lycées marseillais », explique Alexis Avril, professeur de philosophie au lycée Nelson Mandela, qui s’exprime en tant que militant de Sud Éducation.
Concrètement, dans le cadre d’une baisse des dotations horaires qui touchent les lycées pour la prochaine rentrée scolaire, leur établissement perdrait « 80 heures ». « 80 heures en moins, ça peut paraître abstrait mais concrètement c’est la fin des cours en demi-groupes pour les cours de français en 1ère, de philosophie en terminale et pour l’anglais en 1ère et terminale… Ce sont des années où il y a le bac, où ces heures comptent pour ce dernier. Ça veut dire faire des cours d’anglais à 30 cette année-là », poursuit Alexis Avril. Sébastien, professeur de philosophie et syndiqué au Snes-FSU abonde : « On a besoin de ces heures, c’est un moment de travail approfondi : elles servent à faire de la méthodologie, à aider les élèves en difficulté… »
Un soutien de la mairieD’où la demande de soutien auprès de la mairie : « On les a sentis impliqués, à l’écoute. Et normalement, un courrier de la mairie devrait être envoyé en ce sens-là au rectorat », relate Nassima Cuvillier, pour la FCPE 13. Et justement, ils espèrent « que ça bouge » du côté du rectorat : « On devrait recevoir, début juin, une visite de personnels du rectorat pour une rencontre sur nos revendications. » Selon le collectif, la « décision définitive » à propos de la réduction d’heures serait prise le 19 juin prochain. Il reste donc du temps, et de l’espoir, pour faire infléchir la décision. « On a même écrit à Brigitte Macron qui nous a répondu ! », se félicite Vanessa Dorival, pour la PEEP (Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public). Avant d’exhiber la réponse imprimée du directeur de cabinet de l’épouse d’Emmanuel Macron. De quoi faire revenir le rectorat à la raison ?
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L’action du réseau Universités sans frontières devantle rectorat à Aix
Les membres du réseau Universités sans frontières a mené une action pour s’opposer au décret Baptiste, relatif aux frais différenciés pour les étudiants hors union européenne. Si un étudiant européen paie 178 euros pour une licence et 254 euros pour un master, un étudiant hors Union se verrait, lui, payer 2 895 euros pour une licence, et 3 941 euros pour un Master. Le RUSF 13 indique qu’il sera reçu prochainement par le rectorat, à la suite de cette mobilisation.
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À Aix, des parents mobilisés contre la fermeture d’une classe
À la sortie de l’école, dans la vieille ville d’Aix, les parents réunis distribuent des masques et des ballons colorés à leurs enfants. Mais l’heure n’est pas à la fête. « On manifeste contre la décision de la mairie et du rectorat de fermer la classe de petite section dès la rentrée, qui va naturellement entraîner la fermeture totale de l’école d’ici deux ans », explique Amandine, principale figure du collectif des parents de l’école Campra.
Certains parents ont découvert cette situation en mars, comme l’explique Alice, maman de la petite Elora, 3 ans, qui aurait dû faire sa rentrée en septembre à l’école Campra, en petite section : « J’ai reçu un mail de l’école Grassi [située en dehors du Vieux Aix, Ndlr] m’indiquant que ma fille était inscrite pour l’année prochaine. Or, elle devait être scolarisée à Campra, notre école de secteur. » C’est par ce mail que des parents, stupéfaits, comprennent que la classe pourrait fermer. « La mairie ne nous a jamais envoyé de communiqué officiel. C’est en insistant auprès de la directrice de l’école, qui était défendue d’en parler, que nous avons eu des réponses à nos questions », complète Amandine.
Un mouvement pour « l’école publique »Le cortège déambule jusqu’à la mairie, ce mardi, pour espérer faire pression sur les élus. Plusieurs policiers les escortent. Les enfants récitent avec émotion une version modifiée de « La Marseillaise ». « Fermer l’école, c’est fermer nos cœurs (…) C’est notre refuge, notre maison… »
Parmi les manifestants, d’anciens élèves, mais aussi des enfants et parents d’élèves d’écoles alentour. « Ce mouvement, c’est celui de l’école publique », explique Habiba Zemouli, déléguée locale de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) : « Campra est la dernière école publique située dans le Vieux Aix. Le reste, ce sont des écoles privées. (…) L’école n’est pas un produit. » Elle ajoute : « Maintenant, les classes des autres écoles vont être en sureffectifs. »
Le mouvement reçoit le soutien d’élus de l’opposition municipale à Aix, comme Clément Frel-Cazenave (écologiste). Selon lui, la situation peut encore évoluer : « On espère que le poids des parents d’élèves va faire annuler la décision. » Une pétition contre la fermeture a déjà recueilli plus de mille signatures. Une journée « portes ouvertes » contre la fermeture est prévue dans deux semaines à l’école, pour sensibiliser le plus grand nombre.
![[Droits des étrangers] Les Aixois militent pour un accueil digne](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/06/0adc4dc8a108dc8a5209c55a0a78dc73.jpg)




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