Tag: Avignon

  • [Entretien] Edwy Plenel : « Nous jouons notre avenir à la roulette russe présidentielle »

    [Entretien] Edwy Plenel : « Nous jouons notre avenir à la roulette russe présidentielle »

    La Marseillaise : Quel est le sens de votre venue en Vaucluse, territoire où l’extrême droite est ancrée depuis longtemps ?

    Edwy Plenel : Le thème, c’est la question démocratique face à la montée non seulement en France, mais aujourd’hui à l’échelle du monde entier, de l’extrême droite. Mon premier livre, j’avais 32 ans, c’était en 1984, ça s’appelait L’effet Le Pen. J’ai une constance dans la prise de conscience du fait qu’il y avait un retour en force, progressif, d’abord à l’échelle de la France et avant même l’ébranlement du paysage mondial qui fait qu’aujourd’hui, l’extrême droite a aussi le visage de Donald Trump, de Vladimir Poutine, de Benyamin Netanyahou et de beaucoup d’autres. Je pense qu’il faut dans ce contexte-là comprendre ce qui nous arrive, mettre cela en perspective et surtout se retrouver autour de cette question : « qu’est-ce que c’est qu’un idéal démocratique ? » Je pense qu’on ne peut répondre à la montée de l’extrême droite qu’en ayant un imaginaire alternatif qui donne une force à notre riposte. Toutes les extrêmes droites, où qu’elles soient, veulent rétablir la hiérarchie des origines, en clair, l’inégalité naturelle, qu’il y ait des civilisations supérieures à d’autres, des origines, des couleurs de peau, des religions, des sexes supérieurs à d’autres. Dans un moment comme celui-là, il faut bien prendre conscience que l’essentiel est en jeu.

    Vous estimez que l’élection n’est pas le seul levier démocratique. Qu’entendez-vous par là ?

    E.P. : La démocratie, ce n’est pas simplement voter, c’est des contre-pouvoirs, une justice indépendante, une presse libre, c’est le droit de manifester, le droit de protester, le droit de se syndiquer, le droit de s’organiser, le droit de ne pas penser pareil, de contester, c’est le droit des minorités et pas seulement le droit de la majorité. Tout cela, il faut le défendre et ça dépend de nous toutes et nous tous, et pas seulement d’un bulletin de vote.

    Vous plaidez pour un changement de système ?

    E.P. : La France est un pays très fragile, car nous sommes une démocratie de basse intensité depuis très longtemps, à cause du présidentialisme. Nous n’avons pas le bouclier d’une culture parlementaire, d’une culture décentralisée. Nous voyons bien que nous jouons notre avenir à chaque fois à la roulette russe présidentielle, où la volonté d’un seul confisque le pouvoir de tous. Donc, c’est le défi que nous avons à nouveau dans six mois, avec une élection présidentielle où, encore plus que jamais, l’extrême droite peut rafler tous les leviers du pouvoir, simplement en gagnant l’Élysée et en obtenant l’élection de sa candidate à la présidence de la République.

    Suite aux révélations sur Jordan Bardella, Marine Le Pen a parlé de « costard en Kevlar » pour les journalistes. Qu’en pensez-vous ?

    E.P. : Ces déclarations montrent une culture non démocratique, de non-respect de la presse et une culture de violence, puisque ce sont presque des menaces physiques à l’égard de Mediapart et ses journalistes. Nous faisons notre travail en publiant des informations vérifiées, recoupées, d’intérêts publics, en l’occurrence nos révélations. Tout l’embarras du RN montre que la dédiabolisation est une légende et qu’en fait, c’était de la dissimulation. Qu’au cœur de ce mouvement, il y a son ADN historique au cœur de la culture de l’extrême droite française. Derrière la xénophobie, le racisme, il y a cette longue durée de l’antisémitisme français.

  • À Avignon, les jeunes entendus « mais pas écoutés »

    À Avignon, les jeunes entendus « mais pas écoutés »

    Ce mardi 13 octobre était à nouveau une belle journée de mobilisation pour les étudiants, les lycéens, mais aussi le personnel et les syndicats. S’il n’y avait pas moins d’un millier de personnes dans les rues d’Avignon en début d’après-midi, le temps fort était sans doute l’échange entre le président de l’université, George Linarès, et les étudiants qui avaient tenté de bloquer l’établissement en début de matinée.

    « On veut que vous nous souteniez. Que vous soyez avec nous devant l’établissement. Que vous vous mouilliez », intime un manifestant à l’administrateur. « Je travaille pour l’université, donc pour vous. Je fais ce que je dois faire en tant que président », rétorque George Linarès. Un échange qui finira par quelques tensions, un étudiant lui reprochant de « se faire rouler dessus par l’Histoire », ce qui sera jugé comme un commentaire irrespectueux. Un soutien qui « nous aurait tellement aidés à faire valoir notre cause, car aucun président d’université n’est allé aussi loin », estime Anouar Bendahmane, étudiant et membre du mouvement Nouvel espoir citoyen.

    Réforme structurelle

    Des interrogations se posent évidemment sur la suite du mouvement, la journée du samedi 17 octobre étant évoquée par certains. Pour la plupart, le mouvement doit se poursuivre. Une assemblée générale s’est tenue dans les locaux de l’université pour réfléchir à la suite, avec déjà de nouvelles actions prévues au cours de la semaine. « On n’est pas écoutés. Il faut poursuivre pour ne pas avoir fait tout cela pour rien. Notre voix ne doit pas s’éteindre », clame au micro Nino, lycéen à Mistral.

    En soutien aux étudiants, Christèle Lagier, maîtresse de conférences en science politique à Avignon Université, s’interroge. « La question est de savoir ce qu’il faut annoncer pour que cela s’arrête. Car les réformes demandées sont structurelles et prennent beaucoup de temps, comme supprimer Parcoursup, ce qui ne se fait pas en un jour. Il y a une réflexion à engager sur ce que l’on veut pour nos enfants. D’autant qu’à Avignon, ville pauvre dans un département pauvre, on cumule pas mal de handicaps », expose-t-elle.

  • [En direct] Les lycéens descendent dans la rue pour l’acte V

    [En direct] Les lycéens descendent dans la rue pour l’acte V

    Après deux manifestations ayant réuni près de 50 000 personnes, le rendez-vous s’annonce encore très suivi ce mardi.

    7h33 : À Toulon, les lycéens sont prêts devant le lycée Bonaparte. Bonne ambiance et détermination ce matin. Malgré les tentatives de dissuasion les lycéens sont parvenus à se poster devant la porte du lycée Bonaparte.

    7h45 : Devant le lycée Langevin de Martigues, un groupe d’une vingtaine lycéens tente un nouveau blocage. À peine quelques barrières et poubelles posées contre l’entrée que le Groupe de sécurité de proximité de la police nationale intervient pour débloquer, peu avant 8h.

    8h15 : Une centaine de lycéens sont mobilisés dans le calme ce matin devant le lycée Mistral à Avignon. L’établissement n’est pas bloqué. Les jeunes ont pour projet de rejoindre les étudiants qui bloquent la fac.

    8h55 : Ça y est, la manifestation vient de partir, le cortège est à présent sur le boulevard de Strasbourg à Toulon

    9h : Environ 130 personnes, dont beaucoup d’adultes, syndicalistes, professeurs et parents d’élèves, sont rassemblés devant le lycée Alexandra David Néel à Digne-les-Bains. « Sortez, sortez ! » « ne nous regardez pas, rejoignez- nous », interpellent les manifestants devant le lycée, alors que la mobilisation est affaiblie.

    9h01: À Avignon, les lycéens arrivent devant l’Université en chantant «Plus de places à la fac pour pas finir à la bac.» Face à face tendu devant une seconde entrée de la fac d’Avignon où étudiants et forces de l’ordre se font faces.

    9h10 : Le cortège composé de l’intersyndicale, les professeurs, les lycéens et les étudiants arrive à présent à la hauteur de la symbolique, place de la liberté à Toulon. Il se dirige vers le lycée Dumont d’Urville.

    Les lycéens manifestent dans la bonne humeur, sur la musique des gilets jaunes, devant le lycée Alexandra David Néel à Digne.

    9h13 : Sciences Po Aix de nouveau bloquée ce matin. Les étudiants se préparent pour la mobilisation de 11h.

    Une soixantaine de personnes mobilisées à Gap devant le lycée Aristide Briand, dont beaucoup d’adultes. Pas de blocage, pas de pancarte. Le cortège va bientôt partir vers le centre-ville.

    9H35 : À Martigues, la police municipale a bouclé l’avenue du docteur Fleming, aux abords du lycée Paul Langevin

    9h30 : Au siège du journal La Marseillaise, une classe de seconde est accueillie pour la conférence de rédaction quotidienne dans le cadre de son projet « d’éducation aux médias». Les élèves sont accompagnés par Nadia Spire, professeur documentaliste et Evelyne Brunet-Berger, leur professeur d’ Histoire Géo EMC.

    9h50 : Ambiance DJ, petit déjeuner, jeux devant l’IEP d’Aix . Une AG rassemblant plus de 150 personnes, tenue hier sur le parvis de Sciences Po, a permis d’établir ce nouveau format de mobilisation. «On a voulu changer nos modes de mobilisations pour plaire a un plus grand nombre», rapporte Gabriel, pour le Collectif Sciences Po Aix en Lutte. Un panneau «Solidarité» est affiché sur la porte de l’IEP. Le soutien aux mobilisations lycéennes sont toujours au cœur du mouvement.

    10h : À Gap, les lycéens appellent les élèves du lycée Dominique Villars à les rejoindre. «C’est un peu un flop aujourd’hui», admet un lycéen.

    10h35 : À Marseille une battle d’aura s’est organisée sur le square des Réformés avant le départ de la manifestation. Le cortège va s’élancer sur la Canebière en direction de la Porte d’Aix. Déjà beaucoup de monde sur place.

    « C’est la place des parents d’élèves d’être dans les manifestations. On est là pour encadrer, accompagner. On soutient les revendications des lycéens car on les a aussi : Si aujourd’hui on en est là, c’est que quelque chose cloche », explique Christophe Merlino, président de la FCPE 13. Son organisation est présente dans le cortège marseillais avec une banderole

    10h54 À Marseille, le cortège s’élance sur la Canebière.

    10h57 : À Martigues, le cortège de lycéens s’élance du lycée Jean Lurçat vers la place Jean Jaurès. India, une élève en bac pro, témoigne : « Il faut nous écouter, c’est notre santé mentale qui est en jeu. »

    Le cortège vient d’arriver devant le lycée du Parc St Jean, à Toulon.

    11h : Changement de programme à Martigues : le cortège remonte finalement en direction du lycée Jean Lurçat pour aller chercher leurs camarades qui bloquent l’établissement

    11h25 : À Aix, une dense foule se rassemble sur le parvis de la Rotonde, en attendant le départ.

    11h27 : Parmi la foule, Nao, lycéen, fait tourner une cagnotte. «Il y a une coordination nationale lycéenne qui a été crée. Le 18 octobre, une délégation sera envoyée sur Paris pour continuer la mobilisation, pendant les vacances, pour que la lutte ne s’essouffle pas». Les fonds récoltés permettront notamment de financer les billets de train.

    11h36 : Le président de l’université d’Avignon George Linarès est allé à la rencontre des étudiants. « Soutenez nous et venez avec nous. Vous ne vous mouillez pas » lance un étudiant. « Chacun a son rôle et moi je porte votre parole » répond le président sans convaincre la centaine de manifestants toujours présents.

    11h39 : À Manosque, des lycéens doivent rencontrer le maire, Camille Galtier (DVD), en mairie, après des échanges tendus et les annonces de sanctions de l’édile.

    11h43 : À Marseille, un énorme cortège qui rassemble lycéens, étudiants et travailleurs à Marseille avec plusieurs dizaines de milliers de manifestants selon les premiers calculs des syndicats.

    « Le sens de notre présence aujourd’hui c’est de permettre à la jeunesse de s’exprimer et de porter des revendications que l’on trouve juste. Pas besoin d’être syndicaliste pour être contre Parcourssup : c’est une usine à inégalité, c’est du stress pour les enfants comme les parents », explique Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13, alors qu’il bat le pavé marseillais avec les lycéens ce mardi.

    Un minot largement applaudi par les manifestants sur le boulevard des dames à Marseille.

    12h27 : A ce stade de la mobilisation, la police annonce 1200 manifestants à Aix-en-Provence.

    12h45 : Prise de parole à la porte d’Aix à Marseille pour la fin de la manifestation. « On est au début de quelque chose de grand. Le mouvement ne s’essouffle pas, on est plus nombreux que la dernière fois », lance Eustache pour l’organisation le poing levé.

    15h10 : À Avignon, le cortège des lycéens, étudiants et de l’intersyndicale s’élance vers la direction académique. Un millier de personnes défilent.

  • [#DisMoiPourquoi] je la retiens mieux quand je raconte une histoire à quelqu’un ?

    [#DisMoiPourquoi] je la retiens mieux quand je raconte une histoire à quelqu’un ?

    Jade, 8 ans en CE2 à l’école Jean Henri Fabre d’Avignon

    On retient mieux quelque chose quand on fait l’effort de l’expliquer à quelqu’un. Car, pour l’expliquer à un autre, tu dois d’abord l’avoir compris. Mais en plus, une histoire, c’est une construction, avec un début, un milieu et une fin. Ce qu’on appelle un récit, qui donne du sens à tous les détails. C’est pour cela que le philosophe Paul Ricoeur a fait un lien entre le récit et l’Histoire ; un événement historique, c’est un événement qu’on a raconté d’une certaine façon, pour lui donner du sens. Donc, avant de raconter une histoire à quelqu’un, tu dois d’abord la retenir, et ensuite retrouver l’ordre du récit. Si on élargit encore la réponse à ta question, les humains ont toujours inventé des histoires. Avant l’invention de l’écriture, la transmission de ces histoires était toujours orale. Les conteurs, les aèdes, connaissaient par cœur la structure et des formules qui les aidaient à avancer, comme des étapes pour ne pas perdre le fil. Ils inventaient les détails, ce qu’on appelle « étoffer ». Le fil, l’étoffe, le textile, tu vois que le mot « texte » est lié au tissage ? comme quand tu déroules un fil, avec une idée précise du résultat. »

    Caroline Antherieu-Yagbasan. Chercheure en philosophie AMUau Centre Gilles-Gaston-Grange.

  • À Med’Agri, la sortie de crise par l’innovation

    À Med’Agri, la sortie de crise par l’innovation

    Innover pour avancer, tel semble être le credo de la Chambre d’Agriculture de la région Paca pour cette édition 2026 du salon Med’Agri des professionnels de l’agriculture méditerranéenne, qui se tient du mardi 13 au jeudi 15 octobre au parc des expositions d’Avignon.

    « Un rendez-vous au cœur des transformations », comme veulent le rappeler les organisateurs de la cinquième édition de l’événement, qui se tient tous les deux ans. Trois axes sont privilégiés pour ce rendez-vous. De son côté, Sandrine Faucou-Bourne, vice-présidente de la Chambre régionale d’Agriculture Provence-Alpes-Côte d’Azur et présidente du salon Med’Agri, assure que « l’ADN de ce salon est d’accompagner et de pérenniser nos activités et nos métiers ». Et que « dans un contexte de profondes mutations économiques, climatiques et sociétales, Med’Agri offre aux professionnels un espace d’échange, de découverte et d’innovation au plus près des réalités du terrain ».

    On y retrouve ainsi une grande exposition avec pas moins de 350 exposants de matériel et de services dédiés. Mais aussi des pôles thématiques entre machinisme, innovation, nouvelles technologies, énergies renouvelables, formation ou encore Tech & Bio. Ainsi qu’un cycle complet de conférences et d’ateliers.

    Territoire large

    Dans un dossier de presse, la Chambre d’Agriculture rappelle les enjeux du réchauffement climatique, avec des températures de 2 à 4 degrés plus élevées d’ici 2100. Un réchauffement qui signifie aussi que l’agriculture dite méditerranéenne « s’étend progressivement vers les régions septentrionales françaises ». Et prend en exemple la venue de conseillers en irrigation et gestion de l’eau du bassin Adour-Garonne, en Nouvelle-Aquitaine. « Preuve s’il en est que l’agriculture méditerranéenne devient une source d’inspiration pour d’autres territoires », se targue Med’Agri.

    Outre les grandes machines pour les productions de masse, le salon assure qu’il « consacrera aussi une large place à l’agriculture biologique, à l’agroécologie et aux biosolutions, avec un focus sur les innovations techniques au service de la performance durable ». Avec des rencontres et des stands dédiés.

  • Avignon : le foyer pour enfants Le Regain va rester définitivement fermé

    Avignon : le foyer pour enfants Le Regain va rester définitivement fermé

    Il n’y aura pas eu de regain de confiance entre, d’un côté le conseil départemental et la préfecture, et, de l’autre, l’association Coallia. Alors que tout le monde s’accorde sur le fait que la protection de l’enfance traverse une situation préoccupante en Vaucluse (notre édition de jeudi), le département perd une structure d’accueil. Un arrêté en date du 8 octobre, cosigné par Dominique Santoni, présidente LR du Département, et Thierry Suquet, préfet de Vaucluse, acte la « cessation définitive de la totalité des activités de la Mecs [maison d’enfants à caractère social] Le Regain ». La structure accueillait 29 jeunes, dont 12 en internat rue de l’Arousaire à Avignon, et 17 en semi-autonomie, dans des logements diffus.

    En avril, les mêmes autorités de tutelle avaient pris une décision similaire, mais provisoire pour six mois (notre édition du 14/04). Plusieurs inspections accablantes avaient constaté l’absence totale d’encadrement, des activités éducatives inexistantes, des locaux dégradés ou la présence d’alcool et de produits stupéfiants. Ainsi, malgré plusieurs rencontres et deux visites en juin et le 6 octobre, mais aussi la « transmission par Coallia de 184 pièces depuis le 30 mars en réponse aux injonctions formulées », Département et préfecture jugent que les conditions ne sont pas réunies pour rouvrir et rétablir le fonctionnement normal du foyer.

    Coallia prêt à se défendre devant la justice

    L’arrêté relève que la dernière visite du 6 octobre « permet d’identifier des manquements persistants, présentant un risque pour les mineurs et une impossibilité de reprise de l’activité en sécurité ». En creux, les autorités de tutelle dénoncent un décalage entre le discours de son gestionnaire et la réalité : « Les écarts concernent plusieurs composantes essentielles du fonctionnement de l’établissement : la constitution et la stabilité des équipes, l’organisation et la gouvernance de l’encadrement de proximité, la traduction opérationnelle du projet d’établissement et le contenu concret de l’action éducative. »

    Par conséquent, « la persistance, la nature et le cumul des difficultés qui perdurent après les six mois, période laissée au gestionnaire pour y remédier, remettent en cause la capacité même de celui-ci à garantir l’exercice de la mission autorisée », juge l’arrêté. Celui-ci précise que « des mesures nécessaires ont été prises » pour assurer le placement des mineurs de la Mecs. Contacté, le Département n’a pas souhaité communiquer davantage, notamment sur le devenir en lui-même du site.

    Comme en avril, où Coallia dénonçait « un contrôle à charge », le gestionnaire n’entend pas se laisser faire. Sollicité, ce géant associatif créé en 1962 (5 000 salariés, plus de 700 établissements), spécialisé dans l’accompagnement de publics fragilisés, « exprime sa profonde incompréhension et sa vive préoccupation face à cette décision radicale ». Sans entrer dans le détail des manquements reprochés, Coallia les réfute : « La protection des jeunes accompagnés demeure notre priorité. L’association a engagé des mesures d’amélioration et en a présenté l’état d’avancement aux autorités. Au vu des éléments dont elle dispose et des actions correctives engagées, elle ne partage pas l’analyse selon laquelle les jeunes auraient été exposés à un risque justifiant une décision de cette nature. » Coallia se réserve même le droit de contester l’arrêté et « étudie les voies de recours ouvertes, y compris juridictionnelles ». Un recours peut être déposé sous deux mois.

  • Le centre hospitalier d’Avignon retrouve finalement sa certification

    Le centre hospitalier d’Avignon retrouve finalement sa certification

    Après deux ans sans être certifié par la Haute Autorité de santé (HAS), le centre hospitalier Henri-Duffaut d’Avignon retrouve sa certification, assortie d’une mention « Haute qualité des soins », pour une durée de quatre ans.

    Pour rappel, celle-ci avait été perdue en 2024, la HAS ayant jugé à l’époque « la qualité des soins insuffisante ». Contactée par La Marseillaise, la direction de l’hôpital n’a pas donné suite. Mais sur son site internet, il est précisé que le rapport est issu de l’analyse de huit experts-visiteurs mandatés par la HAS. Ceux-ci ont conduit 76 évaluations de terrain pendant lesquelles ils ont rencontré des patients, analysé 22 prises en charge, suivi 15 parcours de soins, évalué 24 pratiques à risque et échangé avec 15 équipes de professionnels, ainsi qu’avec la gouvernance de l’établissement, l’encadrement et les représentants des usagers.

    Trois axes sont ainsi examinés par l’organisme. En premier lieu, le patient et sa prise en charge obtiennent une note de 94/100. La HAS cherchait là à voir si les « droits sont respectés, son engagement recherché, ses besoins, attentes et préférences pris en compte ». Est souligné, par exemple, que « les patients soulignent l’attention portée par les professionnels pour assurer le respect de leur intimité et dignité ». Concernant les équipes de soins, sujet épineux au vu des mobilisations du corps médical de l’établissement ces dernières années, notamment au bloc opératoire, la note obtenue est de 96/100. La HAS estimant, par exemple, que « la culture de la pertinence et de l’évaluation est diffusée au sein des équipes ». Enfin, le dernier axe évalue l’établissement lui-même et sa gouvernance, à savoir la direction et la conférence médicale d’établissement. Ce chapitre obtient également la note de 96/100.

    Reconnaissance du travail

    Sur son site, le CH d’Avignon se réjouit ainsi d’avoir « su répondre collectivement aux exigences renforcées du nouveau référentiel et obtenir le niveau “Qualité des soins confirmée“ ». Et assure que « ce résultat témoigne de l’engagement constant de l’ensemble des professionnels et de la mobilisation collective en faveur de la qualité et de la sécurité des soins. Il vient reconnaître le travail engagé au cours des dernières années et confirme la volonté de l’établissement de poursuivre durablement sa démarche d’amélioration continue, au service des patients et de la qualité des prises en charge ».

    Contactée, la CGT de l’hôpital, par le biais de son secrétaire Patrick Bourdillon, se félicite de cette certification. Mais regrette que la direction « n’ait pas tenu ses promesses de faire des efforts et de maintenir ses effectifs suite au passage de la HAS ». « Au lieu d’une prime pour récompenser les agents après des mois d’efforts, elle préfère supprimer des postes et mutualiser des brancards », poursuit le syndicat, évoquant une externalisation du nettoyage.

  • Les maires ne veulent pas voir filer leur urbanisme au Grand Avignon

    Les maires ne veulent pas voir filer leur urbanisme au Grand Avignon

    De PLU à PLUi ? Dans la jungle des acronymes administratifs, la loi a posé le principe, depuis 2014, que le plan local d’urbanisme propre à chaque commune soit désormais régi à l’échelle intercommunale (PLUi). En clair, que les communes membres de l’Agglomération disposent de règles similaires en matière d’aménagement et d’urbanisation. Aujourd’hui, le Grand Avignon ne dispose d’aucun PLUi et la situation devrait rester inchangée.

    Pourtant, comme nous le précise l’Agglo, « lorsque ce transfert n’est pas déjà intervenu, la loi prévoit qu’il devient effectif le 1er juillet de l’année suivant le renouvellement général des conseils municipaux et communautaires, soit, au regard du calendrier électoral actuel, le 1er juillet 2027 ». Mais les maires peuvent s’y opposer. Pas tous seuls, mais à plusieurs. Deux conditions sont nécessaires pour bloquer l’élaboration du PLUi : « L’opposition doit être exprimée par au moins 25% des communes membres représentant au moins 20% de la population de l’intercommunalité », expose le Grand Avignon. Soit ici, a minima quatre communes totalisant 40 000 habitants.

    Les communes doivent se positionner avant janvier. « Cela ne se fera pas, je ne connais aucune commune qui est favorable », indique Joël Guin. Le maire (DVD) de Vedène et son conseil municipal ont voté à l’unanimité, le 24 septembre dernier, pour s’opposer au transfert de la compétence urbanisme. « Le cadre sera trop rigide et pas assez réactif », juge Joël Guin. Deux jours plus tôt, la commune gardoise de Pujaut avait aussi délibéré en ce sens, alors qu’elle doit adopter son premier propre PLU d’ici à la fin de l’année. « On souhaite garder notre indépendance et avoir la main sur le développement urbanistique de nos villages qui reste particulier à chaque territoire », estime la maire Sandrine Soulier (SE), qui ferraille contre la « loi SRU qui ne peut pas s’appliquer partout ». Pujaut ne compte même pas 2% de logements sociaux et, début 2025, le préfet du Gard avait même pris le stylo à la place du maire pour délivrer la construction de 18 logements sociaux.

    À deux pas de là, Jacques Demanse, maire (PCF) de Sauveterre, se dit aussi « contre » ce transfert, mais n’a pas encore délibéré. Pas de position arrêtée pour l’heure à Velleron, où « le sujet n’a pas encore été abordé au sein de la majorité », glisse le maire Philippe Armengol (DVG).

    Olivier Galzi n’en fera pas un casus belli

    Quant à la ville-centre, Avignon, on sait le projet déjà mort-né. « Le quota d’opposition sera là, je me serai posé la question si ma position pouvait faire basculer le choix », répond Olivier Galzi (DVD), maire et aussi président du Grand Avignon. « Cela aurait pu avoir du sens, mais déjà que les maires redoutent d’avoir moins de pouvoir, alors si on leur enlève l’urbanisme, ce serait encore plus compliqué », analyse-t-il.

    L’Agglo se pliera donc aux choix des communes et « arrêtera sa position une fois les communes consultées et leurs orientations connues, en conséquence, aucune démarche d’élaboration d’un PLUi n’est engagée à ce jour », assure la collectivité. Olivier Galzi n’en fera pas un casus belli, « il y a assez d’autres sujets », importants à traiter. Notons tout de même que le Grand Avignon dispose d’un programme local de l’habitat avec des objectifs partagés de construction de logements. Dont le bilan est famélique, notamment dans la réalisation de logements sociaux qui a atteint, en 2024, seulement un quart de l’objectif.

  • Universités d’Oser la France à Avignon : nouveau lieu et soutien appuyé du préfet

    Universités d’Oser la France à Avignon : nouveau lieu et soutien appuyé du préfet

    Après le refus du Rouge Gorge, salle de spectacle avignonnaise, d’accueillir les universités de rentrée du mouvement politique de Julien Aubert (LR), Oser la France, prévues le 17 octobre, le responsable politique a annoncé, ce samedi 10 octobre, avoir « trouvé un nouveau lieu », sans en révéler l’emplacement.

    À la suite de la mobilisation d’un collectif d’associations vauclusiennes, dont NousToutes 84, la direction de l’établissement avait annoncé, vendredi, mettre fin au contrat de location.

    À Avignon, le Rouge Gorge renonce à accueillir Oser la France

    Les universités de rentrée du mouvement Oser la France doivent accueillir notamment Sarah Knafo (Reconquête), François Fillon, Natacha Polony, Valérie Boyer (LR), François-Xavier Bellamy (LR) ou encore Jean Branco.

    Sur les réseaux sociaux, samedi, Julien Aubert a estimé que « sous la pression d’une nébuleuse de collectifs et groupuscules locaux émargeant à l’extrême-gauche, un théâtre privé qui accueillait depuis 3 ans nos événements a dû se rétracter. Campagne d’intimidation sur sa façade, appels aux boycotts, tentative de déstabilisation économique : nos opposants n’ont pas attaqué l’organisateur de la manifestation, ni ses invités mais le lieu. Alors que le secteur de la culture souffre des coupes budgétaires, être prêt à tuer un lieu de culture au nom de son Idéologie, c’est extrêmement grave. C’est une censure qui ne dit pas son nom. Ces méthodes rappellent les heures les plus sombres de notre histoire. »

    L’ex-député ajoute avoir lancé une pétition pour « défendre la démocratie et la liberté d’expression contre l’intimidation ».

    Le préfet de Vaucluse a également choisi de prendre position dans ce dossier. Dans un communiqué, publié ce samedi, Thierry Suquet « regrette qu’un climat de pression conduise à l’annulation d’un événement politique et fasse peser le risque d’une restriction de fait du débat public. Agiter le spectre de la violence pour empêcher une réunion politique est inacceptable, et constitue une vraie menace pour la démocratie. La confrontation des idées doit relever du débat, non de l’intimidation ou de la censure des idées divergentes. »

    Contestant « tout risque avéré pour l’ordre public et toute incapacité des forces de police à faire face aux éventuelles manifestations », le préfet « appelle à faire vivre, par le dialogue et la contradiction, une vie publique ouverte à la diversité des opinions. »

  • Une ultime séance en mode tapis rouge pour Dominique Santoni

    Une ultime séance en mode tapis rouge pour Dominique Santoni

    Dans un petit mois, Max Raspail rependra le flambeau de Dominique Santoni dans l’hémicycle. Non pas que le maire (DVG) de Blauvac ambitionne – a priori – de devenir président du Département mais, c’est lui, en tant que doyen des élus qui sera chargé de présider la séance d’installation du nouveau président, consécutive à l’élection de Dominique Santoni au Sénat. Une séance qui devrait intervenir début novembre.

    En attendant, ce vendredi, c’est bien dans le fauteuil de présidente que s’est assise une dernière fois Dominique Santoni. Un ultime round qui s’est déroulé à l’inverse d’un train de sénateur : 50 minutes pour 40 délibérations, adoptées sans presque une intervention. Tout juste le partenariat avec la mutuelle sociale agricole (MSA) pour accompagner les agriculteurs au RSA a suscité quelques questions à gauche. Alexandre Roux (DVG), lui-même agriculteur, a demandé si la profession devait se soumettre aux 15 heures d’activité d’insertion par semaine [réponse, non], quand Rémy Blanc (PCF) en a profité pour évoquer la décision du Conseil d’État de rétablir dans ses droits une allocataire suspendue (notre édition de vendredi).

    Les séances du Conseil départemental ne donnent jamais lieu à de vifs asticotages, celle de ce vendredi en a été l’illustration criante. « Personne ne peut contester le bilan, tout au long des 5 années, il y a quand même eu beaucoup de votes unanimes ou des abstentions », analyse Dominique Santoni, estimant que sa méthode de « consensus, consultations et concessions » contribue à ce résultat. « Gardons-nous du bruit inutile et des querelles, gardons le sens de l’intérêt général », enjoint-elle pour la suite.

    En ouverture de l’ordre du jour, la présidente a évidemment dressé son bilan et s’est fait applaudir dans tous les rangs. Sans que personne, aussi bien dans sa majorité, que dans les oppositions de gauche ou d’extrême droite, ne vienne abonder, nuancer ou critiquer. Même le préfet, présent pour présenter le rapport d’activité des services de l’État en Vaucluse, a salué « l’engagement pour le territoire » de Dominique Santoni.

    Cette dernière a pu livrer un plaidoyer pro domo sur une demi-décennie à la tête de Vaucluse. « Nous pouvons regarder le travail accompli avec fierté, nous avons fait 95% de ce qu’on avait promis », dit-elle. Le tout en investissant 175 millions d’euros par an et en conservant un faible taux d’endettement. Et de balayer les différents champs d’interventions du Conseil départemental : aménagements et routes (chantier de Bonpas, déviation d’Orange dont l’ouverture est une question de jours), financement au Sdis, états généraux de l’eau, appui d’ingénierie aux 151 communes, modernisation des collèges, insertion (dispositifs d’accompagnement du RSA) et même santé avec le recrutement de médecins salariés. Rien, en revanche dans son propos, sur la protection de l’enfance ou les personnes âgées et handicapées, compétences majeures des Départements.

    Pas de confirmation

    pour sa succession

    « Je quitte la fonction de présidente, pas la maison du département », martèle Dominique Santoni, qui reste conseillère départementale mais abandonne son mandat d’élue municipale à Apt. Et se défend d’avoir choisi le confort du Sénat plutôt que livrer une périlleuse bataille aux départementales de 2028. « Je n’ai pas choisi la facilité, les sénatoriales ont été une élection compliquée », soutient-elle. Hervé de Lépinau (RN) s’est aventuré à poser la question de sa succession. « On a évoqué dans la majorité la personne qui va me succéder », répond-elle sans livrer de nom, bien que tous les regards se soient portés sur Christian Mounier, vice-président en charge de l’eau et de l’agriculture, et qui est ensuite resté auprès de Dominique Santoni devant la presse. La présidente a toutefois esquivé toutes les questions autour du nom de son successeur.