Tag: menaces

  • Le quartier des Heures Claires évacué à Istres

    Le quartier des Heures Claires évacué à Istres

    La cellule de crise est activée, au sein de la Ville d’Istres. Suites aux intempéries, et face à la situation critique dans le secteur des Heures Claires, les services de secours procèdent actuellement à l’évacuation des populations vivant chemin du Mas des 4 Vents, chemin de Saint-Pierre et chemin du Port. Les habitants sont dirigés vers les gymnases de la commune.

    Le maire d’Istres Robin Prétot (LR) explique avoir pris cette décision au regard du “principe de précaution”. “Il y a une fragilisation du bâti, quelques glissements de terrain, le quartier est très en pente, et au bord de l’étang le sol est friable, donc il y a de vrais risques”, poursuit-il, précisant que “certains jardins se sont déjà effondrés”. Des expertises seront mandatées dans les prochains jours.

    Dans cette commune, 145 mm de pluie sont tombés ces dernières 24 heures. D’autres quartiers ont été inondés, sans connaitre de menace de péril.

  • Aux prud’hommes, les salariés de Pamar continuent la lutte

    Aux prud’hommes, les salariés de Pamar continuent la lutte

    « Vous allez examiner le record du droit de retrait en France ! ». Au conseil de prud’hommes de Marseille, ce jeudi, l’avocat Steve Doudet, qui représente une dizaine de salariés de la blanchisserie Pamar, rappelle l’aspect inédit du dossier qui est sur la table du juge départiteur.

    Inédit car voilà depuis le 19 décembre 2023 que ces salariés sont en droit de retrait, suite à des menaces de mort émises par des proches de leur cheffe d’équipe dont ils dénonçaient le « management toxique ». Inédit aussi car après une précédente audience, en juillet, les voilà de retour pour une audience de « départage ». Un dispositif peu anodin qui arrive lorsque les juges salariés et patronaux qui composent le conseil des prud’hommes ne se sont pas mis d’accord pour une décision, et font donc appel à un magistrat professionnel pour trancher.

    Autant dire que l’enjeu est grand pour les petites mains du linge des hôpitaux marseillais en lutte avec la CGT depuis plus de 1 000 jours pour leur réintégration dans la société en toute sécurité. « Il n’y a pas de débat sur ce qu’il s’est passé : pour asseoir son management agressif, la cheffe d’équipe a fait appel à son mari et son beau-frère qui ont menacé tout le monde sur le parking […] les salariés sont toujours en droit de retrait car aucune mesure n’a été prise pour garantir leur sécurité depuis », rappelle Steve Doudet. Il cite notamment plusieurs « mises en demeure » de l’inspection du travail à l’égard de la direction de Pamar donnant raison aux salariés.

    « Pas de contact hiérarchique »

    « Aucun salarié ne demande le licenciement de la cheffe d’équipe, mais qu’il n’y ait pas de contact hiérarchique. Les salariés veulent travailler en sécurité », martèle Steve Doudet. Du côté du conseil de la direction de Pamar, on dénonce une « procédure abusive » même si l’on reconnaît « un certain nombre d’accords avec la partie adverse ». « Les salariés ne veulent pas reprendre le travail, on leur a offert un protocole de reprise sur un plateau », a plaidé l’avocate. Car le GIE Pamar est en effet passé sous le pavillon du groupe Almaviva qui a racheté, début 2026, le groupe Sainte-Marguerite. L’avocate assure donc que la nouvelle direction de Pamar « fait les choses sérieusement » avec des plans d’action et autres médiations. Et le nouveau directeur, présent à l’audience, promet d’être « là pour organiser le dialogue ». Pas de quoi convaincre les salariés, puisque la cheffe d’équipe est toujours en poste… Décision attendue pour le 5 novembre prochain.

  • Ces étudiants en renfort des lycéens

    Ces étudiants en renfort des lycéens

    Depuis plusieurs semaines, les entrées de l’Université d’Avignon sont bloquées au moins en partie par des étudiants pour réclamer de meilleures conditions pour étudier. S’ils ont d’abord rejoint le mouvement des lycéens, les étudiants portent eux aussi, devant l’université, des revendications communes aux deux mobilisations.

    Devant une entrée annexe de l’établissement, passage Maréchal-Brune, ce jeudi, une centaine de personnes étaient mobilisées, des jeunes et des représentants syndicaux. Un blocage a été tenté, mais il a été levé en force par la police. Lors de cette intervention, un représentant de la CGT des établissements d’enseignement supérieur (Ferc Sup) a été blessé (lire ci-dessous). Transporté à l’hôpital, il en est ressorti en fin de matinée avec trois points de suture et deux jours d’arrêt de travail.

    « Poursuivre le combat »

    Les lycéens du centre-ville, de Mistral et Aubanel, ont tenté de mettre en place des actions, dans la matinée, devant leurs établissements. « Mais on n’était vraiment pas assez », regrette Nino, terminale mobilisé depuis plus de trois semaines. À un camarade, il confie s’interroger sur sa capacité à poursuivre le mouvement après les vacances qui débutent ce vendredi soir : « J’ai déjà raté 70 heures de cours sur un peu plus de 300 dans le trimestre. » « On sent un peu un essoufflement. On est encore quelques-uns, mais l’approche des vacances diminue un peu la motivation de certains », ajoute Mila, du lycée Aubanel. Même constat à Carpentras, où peu de lycéens étaient mobilisés.

    Du côté des étudiants, les rangs ne faiblissent pas malgré l’adversité. Ils ne seront en vacances que la semaine suivante. « Il faut poursuivre le combat, donc on reste. On essaye de renvoyer une bonne image en restant assis. L’idéal serait de banaliser une semaine pour pouvoir tous se mobiliser », pointe Anouar Bendahmane, étudiant. « On reste mobilisés tant qu’on n’est pas suffisamment entendus. Entre fuites et insalubrité, ce sont des conditions inacceptables », poursuit Hélio Dessinge, étudiant en histoire et membre des Jeunes communistes.

    Parmi les enseignants, la blessure de leur collègue suscite une vive émotion. Sur une vidéo tournée par un manifestant, on voit des policiers s’approcher d’une chaîne humaine formée par des syndicalistes, positionnés entre les forces de l’ordre et les étudiants. Un représentant de la CGT Ferc Sup, qui ne faisait pas partie de cette chaîne, se trouvait à proximité. Un policier l’aurait alors agrippé avant qu’il ne chute et ne se cogne la tête contre une grosse pierre.

    « L’agression de notre collègue était totalement injustifiée. Ce n’est absolument pas normal. Il faut se réunir et discuter quand un collègue est victime de répression de ses libertés », lance, lors d’une assemblée du personnel, Jessica Sainty, enseignante-chercheuse à l’université. « Nous vivons un moment dramatique d’atteintes portées aux libertés publiques, de menaces directes exercées par des personnes dépositaires de l’autorité publique sur la jeunesse et sur le personnel universitaire », confiait la veille Christèle Lagier, enseignante-chercheuse. « La violence de ce matin est inacceptable », affirme lors de l’assemblée George Linarès, président d’Avignon Université, qui assure ne pas avoir demandé l’intervention des forces de l’ordre. La matinée de ce vendredi est banalisée par la présidence et des temps d’échanges vont être organisés dans un amphithéâtre « pour toute la communauté universitaire ».

    ET AUSSI

    Rassemblement de la CGT devant la préfecture de Vaucluse à 17h30

    L’UD CGT de Vaucluse appelle au rassemblement, ce vendredi 16 octobre, devant la préfecture de Vaucluse. Le syndicat dénonce le fait qu’un « camarade ait été violenté par les forces de l’ordre alors qu’il tentait de protéger les étudiants et leurs banderoles », tôt dans la matinée du 15 octobre, devant l’université d’Avignon. Le syndicaliste a reçu trois points de suture après avoir été projeté contre le sol et percuté une pierre.

    Après Langevin, le lycée Lurçat ferme à Martigues

    À Martigues, où le lycée Paul-Langevin était déjà fermé jusqu’aux vacances, la mobilisation s’est déplacée au lycée Jean-Lurçat, le second établissement public de la ville. En fin de matinée, la direction a décidé de fermer l’établissement.

    Cours alternatif à Aix-en-Provence

    Dans le cadre du blocus de Sciences Po Aix qui se poursuit depuis le 5 octobre, les étudiants ont organisé, ce jeudi matin, un « cours alternatif » sur le parvis de l’établissement sur le thème « auto-médiatisation des mobilisations ».

    28 saisines du défenseur des droits

    Le Défenseur des droits, autorité administrative indépendante chargée notamment de veiller au respect de la déontologie par les forces de l’ordre, a annoncé avoir reçu 28 saisines individuelles depuis le début du mouvement lycéen.

  • Désinvestissement de l’état : Jean-Louis Masson voit rouge

    Désinvestissement de l’état : Jean-Louis Masson voit rouge

    « Les Départements ne peuvent plus être la variable d’ajustement de l’État », s’insurge dans un communiqué le président (LR) du Département, Jean-Louis Masson. C’est toujours d’une extrême saveur lorsque les élus de droite tapent sur l’austérité budgétaire dont ils sont pourtant les gardiens acharnés. Des contradictions qu’ils sont bien obligés de gérer lorsqu’ils en font eux-mêmes les frais à la tête de collectivités. En tout cas, les nouvelles annonces du gouvernement concernant le budget 2027 ne passent pas du tout.

    « Alors que les Départements sont confrontés à une progression continue de leurs dépenses sociales, notamment en matière de protection de l’enfance, de RSA et d’accompagnement du vieillissement, il leur est une nouvelle fois demandé de participer à l’effort de redressement des comptes publics. Cela ne peut plus durer », poursuit le patron du conseil départemental.

    Et de préciser : « Le prélèvement annoncé de 551 millions d’euros sur les recettes des Départements, dont une part importante sera supportée par les collectivités les plus fragiles, s’ajoute à des années de contraintes financières et de transferts de charges insuffisamment compensés. »

    Une situation qui intervient, insiste-t-il, alors que les collectivités doivent continuer à investir dans leurs collèges, leurs routes, leurs services de secours, leurs politiques sociales et la protection de l’enfance. Et de mettre donc en évidence l’impossibilité à laquelle sont depuis longtemps confrontés les agents des services publics, c’est-à-dire « de faire davantage avec moins de moyens ».

    Révolté, Jean-Louis Masson réclame donc que l’État laisse aux collectivités les moyens nécessaires pour exercer les compétences qui leur ont été confiées.

  • Affaire Bardella : la Macronie découvre que le RN n’a pas changé

    Affaire Bardella : la Macronie découvre que le RN n’a pas changé

    Depuis Madrid, lors d’une conférence de presse commune avec le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez, le chef de l’État a dénoncé des propos « rapportés évidemment gravissimes et inacceptables ». Il a intimé aux « responsables politiques » du RN de « clarifier la ligne, les mots et les gens qui, dans leur parti, peuvent prononcer de telles choses ». Immédiatement, l’intéressé a répliqué. « Après le 7 octobre 2023, j’ai marché dans les rues de Paris, et me suis rendu en Israël. Pas lui », a cinglé Jordan Bardella sur X.

    Emmanuel Macron s’était rendu à Jérusalem et en Cisjordanie le 24 octobre 2023, 17 jours après les attaques du Hamas contre Israël qui ont fait 1 221 morts. Il n’avait, en revanche, pas pris part à la marche contre l’antisémitisme organisée le 12 novembre 2023 à Paris par les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat, arguant que son « rôle » était « de continuer à préserver dans cette période l’unité du pays et de ne jamais renvoyer dos à dos les uns et les autres ». Jordan Bardella s’est de son côté rendu en Israël en mars 2025, à l’invitation du gouvernement d’extrême droite israélien, pour participer à une conférence contre l’antisémitisme.

    Mediapart a publié lundi des messages antisémites datant de 2013 qu’il attribue à Jordan Bardella, alors jeune militant du parti. « Les banques sont toutes détenues par des Juifs » ; « Le juif doit dominé (sic) les autres peuples, les écraser et les voler, un sioniste est forcément juif, et en profondeur », aurait notamment écrit le futur président du RN qui conteste « formellement » en être l’auteur. Emmanuel Macron a également déploré « la violence langagière » de la candidate d’extrême droite Marine Le Pen à l’encontre de Mediapart. Une telle violence « conduit toujours après à une escalade et, même quand c’est métaphorique, ce qui doit accompagner un débat démocratique, c’est le respect », a réagi Emmanuel Macron. La veille Marine Le Pen a conseillé au site d’investigation de revêtir son « costard en Kevlar », la matière utilisée pour les gilets pare-balles. Une référence d’une « violence sidérante », a dénoncé Mediapart.

    Mais la macronie depuis son accession au pouvoir a contribué à l’intensification de ces attaques envers les médias. N’est-ce pas Emmanuel Macron lui-même qui en 2018, après les révélations autour de l’affaire Benalla, chargeait « une presse qui ne cherche plus la vérité ». Des médias qui, selon le chef de l’État chercheraient à se substituer au « pouvoir judiciaire » ? Une rhétorique reprise par la droite en la personne de Nicolas Sarkozy – pour ne citer que lui – à l’extrême droite.

    Philippe et Braun-Pivet

    se réveillent

    Il s’agit d’une crise de campagne majeure pour la candidate qui survole les sondages, dans laquelle d’autres candidats se sont également engouffrés mercredi. « Le RN prétend avoir changé mais, à intervalles réguliers, ses candidats et ses cadres expriment des opinions scandaleuses », a jugé Édouard Philippe (Horizons) dans le Parisien, en référence aux « brebis galeuses » que le RN se félicite d’exclure au premier signalement, lors de chaque séquence électorale (lire ci-dessous). Chez Les Républicains en revanche, le candidat à la présidentielle Bruno Retailleau a refusé à ce stade de réagir.

    Autre figure à s’insurger, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet (Renaissance) qui a assuré mercredi n’avoir « jamais cru » que le RN soit devenu, comme il s’en enorgueillit, « le bouclier de la communauté juive ». Rappelant que le Front national a été fondé par Jean-Marie Le Pen, multicondamné pour négationnisme, elle a évoqué « les accointances de ce parti pendant des années avec toute la sphère antisémite et complotiste ».

    Et pourtant, c’est bien à l’issue d’un arrangement tacite avec le RN que le bloc central a pu faire réélire Yaël Braun-Pivet à la tête de l’hémicycle. En échange, les élus d’extrême droite ont obtenu des postes clés au palais Bourbon, dont deux vice-présidences. Réagissant à l’affaire, le sénateur communiste Ian Brossat insiste sur X : « tous les imbéciles qui ont donné des brevets de respectabilité au RN devraient mourir de honte ». Ils sont nombreux.

  • Quatre ans de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité contre Erwan Davoux

    Quatre ans de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité contre Erwan Davoux

    « Il y a suffisamment d’éléments qui caractérisent les faits », a énoncé la présidente de la 5e chambre correctionnelle, ce mercredi, face à un prévenu dégoulinant d’angoisse, avant de lui annoncer sa condamnation à quatre ans d’emprisonnement avec sursis probatoire. Le double de ce qui était requis par le parquet.

    Il est fait interdiction durant deux ans à ce haut fonctionnaire, passé par la DGSE, d’entrer en contact avec son ex-épouse et ses deux enfants, de se présenter sur son lieu de travail et dans les écoles des enfants. « Au vu de la gravité des faits », le tribunal prononce avec exécution provisoire le retrait de l’autorité parentale et lui enjoint de suivre un stage de sensibilisation aux violences conjugales. La peine complémentaire d’inéligibilité est prononcée pour une durée de cinq ans. En réparation du préjudice moral, le père devra verser 2 000 euros à chaque enfant et 4 000 euros à son ex-compagne.

    L’ancien directeur des affaires internationales au Département des Bouches-du-Rhône, formé dans les cabinets ministériels de Jean-François Copé et de Valérie Pécresse, s’était présenté aux municipales, en mars dernier, avec Nora Preziosi (1,85% des suffrages), tout en dénonçant un système mis en place par Martine Vassal, laquelle le poursuit en diffamation.

    Erwan Davoux avait comparu le 9 septembre pour avoir régulièrement giflé et frappé, depuis 2023, son ex-épouse de 37 ans, qu’il aurait projetée au sol, traînée par les cheveux, insultée. « Je vais prendre le couteau et te couper la gorge », l’aurait terrorisée le haut fonctionnaire, le 31 mai dernier.

    « Je fais appel, je suis tombé dans un guet-apens, dans une manipulation » réagit Erwan Davoux, interrogé par La Marseillaise à la sortie du tribunal. « Je considère que c’est un déni de justice. Ce jugement est totalement inéquitable. Dans cette affaire, il y a eu des violations caractérisées du droit de la défense. Mon combat ne fait que commencer. Je fais appel et j’emploierai tous les recours. Et si ça ne suffit pas, j’irai devant la Cour européenne des droits de l’homme. Le retrait de l’autorité parentale est un pur scandale. C’est moi qui ai élevé mes enfants. Cela va freiner leur développement. » Et d’accuser leur mère d’avoir « fait la comédie et dupé les psychiatres ». « Elle vient la nuit sans raison griffer le visage. J’ai dû retoucher mon affiche de campagne électorale, parce que sur l’original, il y a la marque des griffes de cette femme », lâche-t-il.

  • La présidente de la Libre pensée menacée de mort par courrier

    La présidente de la Libre pensée menacée de mort par courrier

    « VIEILLE SALOPE ON VA TE CREVER ». Voici le message, accompagné de multiples croix, reçu par courrier fin août par la présidente de la fédération vauclusienne de la Libre pensée. Une menace de mort qui a aussitôt fait l’objet d’un dépôt de plainte annonce, dans un communiqué ce jeudi, l’association.

    Un courrier qui ne tombe pas du ciel et fait suite à la polémique née lors du 15 août. La Libre pensée, mais aussi la Ligue des droits de l’homme, avaient saisi le préfet pour atteinte à la laïcité suite à la publication sur les réseaux sociaux de messages prosélytes des maires RN d’Orange et Bédarrides à l’occasion de l’Assomption. Depuis, le parti d’extrême droite à coups de communiqué ou réactions des maires de Bédarrides ou Monteux – ce dernier intimant la Libre pensée à « rentrer chez vous et fuir la Provence » – a jeté l’anathème sur ces associations (notre édition du 2 septembre).

    Les associations visées s’étaient déjà défendues avec des mises au point historiques étayées. Mais là, « un nouveau cap est franchi, il est plus que temps que les autorités de l’État prennent la mesure du climat de violence qui se développe dans notre département à l’encontre des défenseurs de la loi de 1905 », dénonce la Libre pensée, espérant que l’auteur du courrier « soit poursuivi sous peine que passent à l’acte ceux qui menacent de mort les défenseurs de la liberté de conscience ».

    Mais la Libre pensée en veut surtout au « silence assourdissant du Préfet, représentant de l’État et du gouvernement, chargé de veiller à l’application des lois qui ne saurait être à géométrie variable ». La préfecture avait répondu à La Marseillaise ne pas vouloir s’exprimer sur le sujet. « Pourquoi aucune réaction aux propos séparatistes et identitaires… ? », questionne l’association.

  • Des réfugiés pris pour cible en Méditerranée

    Des réfugiés pris pour cible en Méditerranée

    L’ONG SOS Méditerranée a déploré ce lundi 24 août dans un communiqué une « intensification des menaces » en Méditerranée centrale, pointant des interceptions « de plus en plus violentes » d’embarcations de « personnes en détresse » et des poursuites des navires de sauvetage, qu’elle attribue à des « acteurs libyens » et des « groupes armés ».

    Voilà un an, son bateau l’Ocean Viking avait essuyé « des tirs des garde-côtes libyens » assure-t-elle alors qu’il transportait 87 personnes rescapées même si « les responsables de l’attaque n’ont pas été identifiés », convient l’ONG.

    SOS Méditerranée estime que « cet environnement opérationnel, de plus en plus hostile en Méditerranée centrale, n’aurait pas pu perdurer sans l’élargissement de la coopération européenne avec les acteurs libyens en matière de dissuasion migratoire ». « Un phénomène nouveau et préoccupant » a également été recensé par l’ONG entre juin et juillet. Cette dernière affirmant qu’à sept reprises au moins, des navires « liés à des acteurs libyens », certains « non identifiés », se sont approchés « à grande vitesse » de bateaux de sauvetage, ou les ont suivis des heures durant – des « poursuites » jusque dans les eaux internationales.

    Un premier trimestre meurtrier

    Elle souligne également une « augmentation significative de la présence de vedettes rapides non identifiées, liées à différents groupes armés en Libye ». Des embarcations qui « ont été observées (…) percutant délibérément des embarcations transportant des personnes en détresse et en effectuant des manœuvres mettant leur vie en danger », poursuit SOS Méditerranée.

    Pour Soazic Dupuy, directrice des opérations au sein de l’ONG, « cette attaque aurait dû marquer un tournant ». Mais avec ce harcèlement, « le message envoyé est dangereux : la violence en mer peut se poursuivre en toute impunité », alerte-t-elle.

    SOS Méditerranée réitère également un appel pour « une enquête complète et indépendante afin d’établir les responsabilités autour de cette attaque ». Et Soazic Dupuy réaffirme son intention de continuer à « sauver des vies, documenter les violations et veiller à ce que la Méditerranée demeure un espace où s’applique le droit international, la transparence et les principes les plus élémentaires d’humanité ».

    Dans le bilan de ses dix ans d’activité publié en juin, l’ONG s’inquiétait déjà d’un premier trimestre 2026, « le plus meurtrier jamais enregistré », la Méditerranée centrale étant « devenue un cimetière à ciel ouvert non par fatalité, mais du fait de choix politiques de non-assistance à personne en danger ».

    REPÈRES

    821

    C’est le nombre de personnes disparues ou décédées en Méditerranée centrale au cours des quatre premiers mois de 2026, selon l’Organisation internationale pour les migrations, soit une augmentation de 111 % par rapport à 2025.

    43 485

    C’est le nombre de personnes auxquelles SOS Méditerranée a porté secours depuis le 7 mars 2016. Un quart d’entre elles étaient mineures, dont 80 % non accompagnées. Dans le même temps, entre janvier et juin 2026, 35 000 personnes ont disparu en mer.

    27 116

    C’est le nombre de personnes qui ont été interceptées par les gardes-côtes libyens en 2025, d’après l’organisation internationale pour les migrations. Ramenés en Libye, les migrants font face à un système d’exploitation décrit par l’ONU comme brutal et profondément enraciné.

    75,7 %

    C’est la part des décès en Méditerranée qui ont eu lieu en Méditerranée centrale, sur cette route migratoire entre la Libye et l’Italie, une des plus mortelles au monde, du fait, notamment, de la très grande distance qui sépare les côtes des deux pays.

  • Ciblé par Stéphane Ravier, Théo Challande réagit

    Ciblé par Stéphane Ravier, Théo Challande réagit

    Dix jours après avoir été pris pour cible par le sénateur (ex-RN) Stéphane Ravier, l’ancien adjoint (EELV) à la lutte contre les discriminations Théo Challande Névoret indique ce dimanche à La Marseillaise qu’il va porter plainte face aux menaces reçues. En se filmant au volant de son véhicule, le parlementaire l’accuse de « christianophobie » pour avoir organisé dans le bar LGBT le Boum, (6e) une « fête de la v(i)erge » le jour de l’Assomption. « C’est dégueulasse, c’est ignoble » lâche le sénateur qui désigne l’ex-adjoint comme un « artisan assumé de l’islamisation de la ville », tandis qu’en réponse des commentaires appellent à « réorganiser les croisades et les milices » ou estiment que « la peur doit changer de camp ».

    « Quand cela s’est passé, j’étais très en colère, cela nous prend du temps, de la santé mentale, reconnaît Théo Challande Névoret. Mais nous nous sommes rendu compte qu’il valait mieux en rire, retourner la situation en continuant à caricaturer, à être drôles, à dénoncer un utilisant un langage non violent, artistique plutôt que de propager des haines ». Face aux menaces, la publication a été immédiatement signalée sur la plateforme du ministère de l’Intérieur Pharos, et une plainte devrait être déposée cette semaine face aux propos tenus en commentaire. « Nous nous réservons le droit de déposer une plainte si le sénateur à un comportement délictuel à mon encontre », précise l’ancien adjoint. Il dénonce surtout le procédé employé par le parlementaire : « Ce qu’il fait, c’est désigner une cible et sans le dire il ouvre la voie aux violences. L’extrême droite montre de manière franche qu’elle veut nous censurer, que l’on n’a pas le droit d‘avoir une pensée laïque, de caricaturer, que l’on n’a pas le droit à la liberté artistique ».

  • À Alès, Darmanin entre soutien et promesses

    À Alès, Darmanin entre soutien et promesses

    À quelques mètres de l’hôtel de ville, les mots se veulent fermes. Jeudi 13 août, Gérald Darmanin est venu à Alès apporter son soutien à Christophe Rivenq, maire LR placé sous protection policière depuis les graves menaces reçues en juillet : deux balles de 9 mm dans une enveloppe, et des inscriptions signées « DZ NG ».

    Après quarante-cinq minutes d’entretien à huis clos, le garde des Sceaux salue « un maire courageux » et assure que « l’enquête progresse grâce aux policiers de la police judiciaire ». Le Parquet national anticriminalité organisée est désormais saisi. Sans confirmer l’implication de la DZ Mafia, revendication d’ailleurs démentie par des hommes se présentant comme membres du groupe criminel, Gérald Darmanin dit espérer que les investigations permettront, « dans les prochaines semaines », de mettre fin aux menaces.

    Un tribunal pour enfants dès 2027

    Mais derrière la démonstration de soutien, le déplacement devait aussi apporter du concret. Gérald Darmanin a confirmé la création, début 2027, d’un tribunal pour enfants à Alès, revendication ancienne du monde judiciaire. Un juge des enfants, un parquetier spécialisé et des greffiers doivent renforcer une justice des mineurs jusqu’ici largement organisée depuis Nîmes. La Ville fournira les locaux.

    Le ministre a également évoqué un possible déménagement du Service pénitentiaire d’insertion et de probation, aujourd’hui à l’étroit. Neuf policiers supplémentaires doivent par ailleurs rejoindre Alès en septembre, renfort décidé avant les menaces contre le maire. Dans une ville gagnée par le narcotrafic, l’État promet policiers et magistrats. Reste à espérer qu’après les effets d’annonce, les moyens suivront. Et que la réponse ne s’arrêtera pas au tout-sécuritaire.