Tag: Martigues

  • La protection de l’enfance, un enjeu de politique publique

    La protection de l’enfance, un enjeu de politique publique

    Le cerveau de l’enfant est vulnérable et malléable, il se façonne dans la relation à l’adulte », rappelle Vincent Théron dans son intervention au conseil de canton de Martigues mardi soir, salle Dufy. Cette idée tirée de l’œuvre de la pédiatre Catherine Gueguen résume l’enjeu de la protection de l’enfance, qui fait l’objet d’assises obtenues par le groupe communiste au Département les 18 et 19 novembre.

    Comme à Gardanne à la mi-octobre, les témoignages en attestent. « J’ai été victime d’inceste il y a plus de 20 ans. Ça a déclenché des handicaps chez moi » illustre cette jeune femme, « les enfants victimes de violences se construisent de manière bancale et les rendent plus vulnérables à l’âge adulte, par exemple aux violences conjugales ». Cette autre jeune femme membre du Mouvement des jeunes communistes rebondit : « L’Éducation nationale a mis en place un questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles. Mais quel est le suivi ? » pose-t-elle. « Il faut donner les outils aux jeunes pour s’exprimer, au travers de l’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité », affirme-t-elle.

    Former à détecter

    Victime devenue travailleuse sociale, l’adjointe Marceline Zéphir considère que « la politique de la Ville permet de prévenir ces problèmes quand elle met en place des activités gratuites et des accompagnements financiers, psychologiques ou sociaux ». Le maire (PCF) Gaby Charroux complète : « Cela nécessite une vigilance permanente » des agents, « nous avons eu des expériences où il nous est arrivé de prendre des mesures d’éloignement contre des adultes ». « Nous formons l’ensemble de nos animateurs et de nos structures comme les CIS ou centres aérés qui sont un pilier préventif », poursuit cette agente de la Ville, « dès qu’on a un doute, nous faisons des informations préoccupantes », le dispositif de signalement des mineurs en danger.

    Mais au-delà de la Ville, Marceline Zéphir insiste sur le besoin « de développer les mesures d’Action éducatives en milieu ouvert », pour maintenir les mineurs en famille, « parfois mieux que d’être placé loin ». Mais aussi, l’élue appuie « le suivi des enfants jusqu’à 21 ans dans le cadre du contrat jeunes majeurs », contrairement à certains départements où « quand t’es majeur, tu te démerdes ».

    La conseillère départementale (PCF) Magali Giorgetti rappelle que « le service public et le tissu associatif ne sont pas des chances mais des choix politiques ». Son binôme Gérard Frau affirme dans ce sens que ces témoignages et propositions « doivent créer l’exigence que nous allons porter » lors des assises de la protection de l’enfance. Le prochain rendez-vous est à Arles, samedi 7 novembre à 17h en la Bourse du Travail.

  • Face aux baisses de dotations, la Mission locale du pays de Martigues s’inquiète pour son avenir

    Face aux baisses de dotations, la Mission locale du pays de Martigues s’inquiète pour son avenir

    La mission locale du Pays de Martigues tire la sonnette d’alarme. Alors que les baisses de dotations se succèdent année après année, « les nouvelles économies qui pourraient nous être demandées auraient désormais des conséquences radicales et impacteraient la pérennité de notre association », écrit le conseil d’administration dans une résolution.

    La principale ressource de la structure, qui couvre six communes de l’ouest du département (Martigues, Port-de-Bouc, Sausset-les-Pins, Carry-le-Rouet, Ensuès-la-Redonne et Saint-Mitre-les-Remparts), est « la subvention versée par l’État », explique Pierre Dharréville, le président de la structure. En 2023, elle s’établissait à environ 1 million d’euros. Après des réductions de 16%, de 6% puis de 8%, « on nous annonce pour 2027 une diminution de 5,55% », sans compter une éventuelle baisse de dotation de 6% du côté de la Métropole. Au total, l’antenne perdrait plus de 80 000 euros.

    Capacité d’accueil restreinte

    Depuis 2023, la Mission locale du Pays de Martigues Côte Bleue a déjà vu son budget amputé de 353 000 euros. « La pyramide des âges a permis de contenir la charge de personnel, donc l’hémorragie », et de continuer d’accompagner 1 800 jeunes à l’année, détaille son directeur Fayçal Abed. « Aujourd’hui, on n’est plus en mesure de supporter ces baisses de dotations », assure-t-il. Des effets directs commencent à se faire ressentir, avec le non-remplacement d’une chargée d’entreprise. Deux autres équivalents temps plein sont menacés pour l’exercice 2027, avec, à la clef, une « capacité et une qualité d’accueil restreintes ».

    Fayçal Abed s’inquiète : « Moins on a d’agent pour recevoir les jeunes, moins on sera en mesure de satisfaire les besoins, d’autant que les besoins se complexifient. Le traitement ne se fait pas uniquement sur l’emploi, il se fait aussi sur la santé, la formation, le logement, la mobilité… Les situations que rencontrent les jeunes sont multi-factorielles et nécessitent plus de temps et d’engagement de nos conseillers ». Pierre Dharréville s’agace : « Ce serait quand même hallucinant qu’avec le mouvement de la jeunesse que nous avons dans tout le pays on s’attaque à un des outils qui permet de l’accompagner ». Le conseil d’administration appelle l’État à renoncer aux baisses annoncées, et la Région et la Métropole à revenir à la subvention initiale.

  • [Entretien] « L’Aide sociale à l’enfance ne tue pas, c’est le manque de moyen »

    [Entretien] « L’Aide sociale à l’enfance ne tue pas, c’est le manque de moyen »

    La Marseillaise : Comment analysez-vous la crise que traverse la protection de l’enfance ?

    Véronique Sanchez : C’est structurel. Toutes les strates qui gravitent autour du secteur sont touchées : le médico-social, la santé, l’école, mais aussi la police, la justice… À Grenoble, là où je travaille, la vice-procureure qui s’occupe des mineurs a un service de deux personnes. L’Aide sociale à l’enfance (ASE) n’intervient que quand il y a une mesure de justice. Mais ces mesures mettent parfois des mois à être exécutées parce qu’il manque des places dans les familles d’accueil, dans les foyers. C’est pareil pour la prévention. Quand on fait un signalement et qu’il y a des actions éducatives en milieu ouvert, les délais peuvent atteindre plus d’un an. C’est intenable. L’État joue un jeu très dangereux par rapport à ça, qui est celui de la culpabilisation individuelle : pour Lyhanna c’est le procureur d’Auch qui avait mal fait son boulot. On pointe toujours un maillon, mais si on ne sécurise pas tous les maillons de la chaîne, ça ne peut pas fonctionner.

    Sentez-vous aujourd’hui une prise de conscience, notamment après l’affaire Lyhanna ?

    V.S. : Je vois un gros accélérateur avec l’affaire Lyhanna, qui a suscité une vive émotion. Les citoyens s’emparent de plus en plus de la question de l’enfance. On peut se réjouir du parcours de la loi intégrale. Notre rôle est de transformer l’émotion en politique. Au PCF, ce qu’on propose pour qu’on arrête d’égrainer des prénoms, c’est une véritable politique de la protection de l’enfance avec un ministère de plein exercice pour plus d’équilibre entre les territoires et un volet de la prévention fort. On ne peut pas faire l’économie des moyens. Je rappelle que le budget de l’armée augmente chaque année. De l’argent il y en a, il faut la volonté politique pour aller le chercher. L’évasion fiscale représente entre 80 et 100 milliards d’euros par an.

    Comment résoudre la pénurie de travailleurs et travailleuses dans le social ?

    V.S. : 30 000 postes sont vacants dans le secteur. Il faut un plan national d’embauches, avec une revalorisation salariale. C’est une façon de reconnaître le travail qu’on fait. Aujourd’hui, dans les foyers départementaux, on constate qu’il y a un turn-over terrible. Mes stagiaires assistantes sociales, dans les 5 ans qui suivent l’obtention de leur diplôme, elles pensent à une réorientation. On en est à un tel stade qu’au lieu d’éducateurs formés on a des jeunes gens qui ont juste le Bafa. Je ne veux pas faire une généralité, mais quand même. Il y a une vraie perte de sens dans nos métiers : on nous demande de gérer des situations qui impliquent des enfants sans moyen. L’ASE ne tue pas, c’est le manque de moyen.

  • Les élus PCF des Bouches-du-Rhône tendent le micro sur l’enfance

    Les élus PCF des Bouches-du-Rhône tendent le micro sur l’enfance

    Notre objectif premier est d’écouter. C’est pour ça que c’est ouvert à tous, car tout le monde à quelque chose à dire. » C’est ainsi que le conseiller départemental (PCF) Gérard Frau présente le conseil de canton organisé par le groupe communiste du Département, mardi à 18h.

    Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la préparation des Assises départementales de la protection de l’enfance, prévues les 18 et 19 novembre. Un rendez-vous « que nous avons obtenu », souligne l’élu, président du groupe communiste au Département.

    « Notre enjeu est de rencontrer le maximum de monde possible, de recueillir les témoignages, questionnements, propositions et exigences que nous porterons lors des Assises. » D’autant que, rappelle-t-il, « ces Assises prépareront le schéma départemental de protection de l’enfance pour les années à venir ».

    « Une volonté politique »

    Pour l’élu, l’enjeu dépasse le seul cadre départemental : « C’est une compétence compliquée qui est déléguée par l’État, mais sans les moyens qui vont avec. Le projet de loi en discussion au Sénat n’en rajoute pas. » « C’est une question de volonté politique » estime Gérard Frau, surtout quand « on a des enfants en danger, qu’on pourrait parfois croire de seconde zone, pas accompagnés par la République, et c’est inacceptable ».

    Cette réunion revêt une résonance particulière à Martigues, un des exemples du communisme municipal français. « Avec onze maisons de quartier, les services municipaux, les moyens mis dans les écoles, nous avons un panel de travailleurs et d’enseignants qui peuvent repérer au plus tôt les problématiques, troubles et souffrances. »

    Le rendez-vous est donné mardi, à 18h, salle Raoul-Dufy.

  • La tortue Caouanne s’installe sur la côte Bleue

    La tortue Caouanne s’installe sur la côte Bleue

    C’est un carnet rose inattendu pour la côte Bleue, à Martigues. Le 13 octobre dernier, des coquilles d’œufs sont retrouvées sur la plage de Sainte-Croix, deux semaines après un signalement de promeneurs ayant aperçu un bébé tortue marine sur le sable.

    La soixantaine de membranes d’œufs vides retrouvées dans le nid ne laisse aucun doute sur ce qu’il s’est passé. Pour les équipes de l’Office français de la biodiversité, du Parc marin de la Côte Bleue et de l’association Émergence chargée du suivi de l’espèce. Il s’agit du premier nid de tortue Caouanne (Caretta caretta) découvert dans l’emprise du Parc marin de la Côte Bleue et le neuvième recensé sur le littoral méditerranéen français, sur les 11 ayant été découverts jusqu’à fin octobre.

    Cette découverte tend à renforcer l’idée selon laquelle le comportement de l’espèce change. « La Caouanne se reproduit plutôt vers la Turquie, Chypre et la Grèce », indique Sidonie Catteau, déléguée générale de l’association Émergence et cheffe de projets relatifs aux tortues marines. « Nos côtes méditerranéennes n’étaient pas jusqu’alors un site de ponte, mais d’alimentation, principalement fréquenté par des juvéniles et des subadultes, rarement des adultes », précise la déléguée.

    Le climat pourrait changer le comportement

    Plusieurs pontes ont été observées sur les littoraux méditerranéens français, italiens et espagnols depuis 2023, dont une quinzaine en 2025 dans chaque pays. La tortue Caouanne étant une espèce protégée et surveillée, le défi qui se présente pour Émergence est d’avoir « une vision sur l’ensemble du bassin méditerranéen », dans l’idée de Sidonie Catteau, en pleine création des groupes de travail avec la Turquie et la Grèce en ce sens.

    La question de fond reste de savoir ce qui provoque ce changement de comportement. Certains individus balisés ont été suivis dans leur déplacement entre les eaux françaises où les Caouannes s’accouplent et pondent, et repartir jusqu’en Turquie. « On pense qu’il y a un lien avec le dérèglement climatique, mais il faudra du temps pour le confirmer », explique la déléguée d’Émergence, rappelant que « la température d’incubation détermine le sexe » des tortillons. Parmi les hypothèses, « soit les femelles explorent de nouveaux sites pour échapper aux températures à l’est, soit c’est une expansion ou un déplacement de la zone de ponte ». Dans une dynamique comparable à celle des oiseaux migrateurs. « Peut-être y a-t-il un groupe qui fait tout son cycle de vie par chez nous ? », s’interroge Sidonie Catteau.

    En attendant, face à ce nouveau phénomène, la spécialiste insiste sur « le défi de la cohabitation » sur nos plages. En cas de découverte d’œufs ou de tortillons, surtout : « On n’intervient pas ! », prévient la déléguée. Il faut noter la date, localiser au mieux l’endroit de la découverte et contacter le Réseau tortues marines de Méditerranée française (RTMMF) coordonné par l’association Émergence au 06.16.86.26.86. Les photos sont possibles, à distance, et sans flash puisque les tortillons se guident avec la lumière et reflets de l’eau.

  • À Martigues, la mairie accompagne les sinistrés dans leurs démarches

    À Martigues, la mairie accompagne les sinistrés dans leurs démarches

    L’imprimante aura sorti le document des dizaines de fois, ce jeudi. À peine dix jours après les intempéries qui ont ravagé le territoire, la commission interministérielle a publié l’arrêté portant reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle dans 72 communes des Bouches-du-Rhône pour les dommages causés par les inondations et coulées de boue. À ce jour, à Martigues, plus de 1 800 administrés se sont manifestés auprès du service juridique de la Ville. À la mairie annexe de La Couronne, les habitants se succèdent pour se procurer le papier. Martin fait partie de ceux-là.

    « J’ai cru comprendre que ça pourrait m’aider dans mes démarches avec les assurances », commence-t-il. Ça tombe bien, l’expert passe l’après-midi même constater les dégâts dans sa maison, située dans le vallon de l’Eurre. « On est dans une zone classée inondable, mais il y a des constructions pluviales pour absorber le débit. À mon sens, elles étaient bouchées plus bas, ou en tout cas sous-dimensionnées pour évacuer l’eau qui venait des collines. » Résultat : sa maison a été ensevelie sous 40 cm.

    Depuis mardi dernier, le père de famille, sa compagne et ses deux fils vivent à quatre dans une pièce située à l’étage. Ils ont pu « tout vider » pour faire sécher leurs affaires. « J’ai dû prendre deux semaines de congés pour gérer la situation », confie-t-il en ironisant : « Il n’y a pas d’aide de l’employeur. C’est normal, c’est pas leur responsabilité. Mais bon, super les vacances… » Pour la suite, c’est le grand saut dans l’inconnu. « On verra avec l’assurance comment ça se passe, c’est une découverte, c’est la première fois qu’il nous arrive ça. »

    Au-delà de sa situation individuelle, Martin veut alerter la collectivité pour faire évoluer le réseau d’évacuation des eaux pluviales. « C’est aussi pour ça que je suis venu en mairie, ce genre d’événement va arriver de plus en plus souvent, plus tôt dans l’année avec le réchauffement climatique, il faut prévoir les travaux nécessaires. » Avant de le recevoir dans son bureau, Odile Teyssier-Vaïsse, l’adjointe de quartier, confirme : « On a beaucoup de personnes qui viennent pour ces problèmes d’écoulement, dans les secteurs de la route des Bastides, le vallon de l’Eurre, la Saulce… Tous ces points bas qui accumulent la pluie. Un travail partenarial est déjà en cours avec le Département, la Métropole au titre de la compétence Gemapi, la Régie des eaux et la Ville sur l’entretien des caniveaux, le dimensionnement des buses, les roubines… »

    Une cellule d’aide psychologique

    Installée dans une salle voisine, Michèle* est venue en mairie pour prendre contact avec l’une des assistantes sociales de la Ville qui animent une permanence à destination des sinistrés. Depuis les intempéries, la retraitée n’est pas rentrée chez elle, par peur de constater les dégâts. « L’eau est montée de 70 cm. Là, c’est dans le jus, je ne veux pas y retourner car je suis pas bien. »

    L’événement lui a causé « beaucoup de stress », livre-t-elle : perte de cheveux, plaques de boutons, le « cœur qui s’emballe »… Une cellule d’aide psychologique a été mise en place par la Ville, en lien avec l’Apers et la Croix Rouge. Michèle s’est inscrite. « On verra bien », glisse-t-elle, pas vraiment convaincue. La reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle n’est pas particulièrement un soulagement pour elle. « Je ne sais même pas ce que ça veut dire… », avoue-t-elle, démunie. « Je suis seule, mon fils a un travail très prenant et lui aussi a été inondé. »

    Pour accompagner les administrés dans leurs démarches administratives, une permanence est ouverte, à l’hôtel de ville, de 8h30 à 12h et de 13h30 à 17h30. Des rendez-vous sont aussi proposés via Allô Martigues au 0 800 15 05 35, du lundi au vendredi. « Il ne faut pas oublier que certaines personnes ne sont pas à l’aise avec l’outil numérique, c’est notre devoir de les accompagner », affirme Odile Teyssier-Vaïsse.

    * Le prénom a été modifié

  • Martigues : au chevet des commerces et entreprises touchées par les inondations

    Martigues : au chevet des commerces et entreprises touchées par les inondations

    Placardée sur la vitrine, une affiche signale : « Fermés pour cause d’inondations ». Dans la rue Lamartine, les commerces rouvrent au compte-goutte, mais l’ambiance est morose. Des cartons posés à même les pavés témoignent des pertes dans les magasins.

    Chantal a été plutôt épargnée, bien que l’eau soit montée d’une quinzaine de centimètres dans sa boutique Génération junior, pourtant surélevée. « On habite au-dessus, donc on a pu réagir vite et aller mettre notre stock en hauteur », explique-t-elle. Sa fille, en revanche, a eu moins de chance. Ouvert il y a peu, son magasin « est foutu ».

    Désormais, les commerçants attendent le passage de l’expert en assurance. Magalie, propriétaire du magasin de prêt-à-porter La Cigale, n’a pas encore de date précise. « Ils sont sous l’eau, même s’ils donnent la priorité aux professionnels. » Si la Ville de Martigues ne peut pas encore précisément chiffrer le nombre de sinistrés, près de 800 demandes de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle ont déjà été formulées. Un record. Les maires ont obtenu une procédure accélérée auprès du Préfet pour obtenir cet arrêté qui facilitera toutes les démarches. La commission interministérielle doit se tenir le 27 octobre. En rendez-vous avec Jacques Witkowski jeudi, Gaby Charroux (PCF) a également plaidé pour obtenir un bureau d’experts des assurances centralisé pour dépêcher le retour à la normale.

    En attendant, une permanence de la Chambre de commerce et d’industrie est ouverte aux commerçants et aux entrepreneurs au sein de l’hôtel de ville. L’élu de l’organisme Philippe Berutti détaille : « On va recueillir leurs doléances et faire un état des lieux pour leur apporter des solutions, soit de financement, soit aller pousser auprès des collectivités pour obtenir des aides. L’idée, c’est de leur montrer qu’ils ne sont pas seuls. »

  • L’eau du robinet déconseillée dans une partie du Pays de Martigues

    L’eau du robinet déconseillée dans une partie du Pays de Martigues

    Dans cette grande surface du nord de Martigues, il a fallu sortir des palettes de bouteilles d’eau de la réserve face à l’affluence, jeudi soir, et ce jusqu’à la fermeture. Même constat dans cette autre grande surface de Port-de-Bouc, où les clients sortaient avec leurs packs à la main. La raison de cette ruée tient dans l’annonce faite, jeudi, par la Ville de Martigues. « Suite aux fortes intempéries de ces derniers jours, la Durance, qui alimente notre commune en eau brute, a subi des variations importantes de turbidité », autrement dit une eau trouble. « Par mesure préventive, la Ville de Martigues conseille de ne pas consommer l’eau du robinet jusqu’à un retour normal de la situation. »

    Interrogé jeudi lors d’un point d’étape à Jonquières sur la gestion de crise, le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, indiquait avoir constaté « par nos propres moyens qu’il pouvait y avoir un risque. Alors nous avons recommandé la précaution ».

    Sollicitée, la Métropole, en charge de la Régie, confirme l’origine du trouble. Toutefois « les analyses confirment que l’eau distribuée reste conforme aux critères de potabilité sur le réseau de distribution ». La Métropole : « Par mesure de précaution, et en concertation avec l’ARS, le dosage de chlore a été temporairement renforcé afin d’optimiser la désinfection de l’eau et de garantir le maintien d’une qualité sanitaire optimale ».

    À qui la compétence ?

    La collectivité recommande aussi « de ne pas consommer l’eau du robinet pour la boisson ou la préparation des aliments, jusqu’à nouvel avis ». La Ville de Martigues indique à ce propos que le retour à la normale est envisagé lundi et que Lavéra, Saint-Pierre, Saint-Julien et La Couronne-Carro ne sont pas concernés, car alimentés par une autre source.

    À cette situation déjà confuse s’ajoute la confusion sur les lieux de distribution et sur les responsabilités. De nombreux habitants se sont plaints, notamment sur les réseaux sociaux, d’informations divergentes concernant les points de distribution et leurs responsables, Métropole ou Ville. Si la distribution a depuis été prise en charge par les communes, le sujet n’est pas évacué pour autant aux yeux de Gaby Charroux, qui réagissait à ce propos jeudi soir : « Il serait infiniment plus simple que les communes aient la compétence opérationnelle de la Métropole, comme on le faisait il y a dix ans. » S’il ne remet pas en cause « les grandes compétences comme l’industrie ou l’aménagement du territoire », le maire de Martigues plaide en revanche pour le retour à l’échelon communal de services tels que « la régie des eaux, l’assainissement ou les déchets ».

    La mission gouvernementale d’analyse de la Métropole, lancée cet été, a matière à débat sur cette question.

  • [Intempéries] À Martigues, Jonquières en première ligne

    [Intempéries] À Martigues, Jonquières en première ligne

    Les nuages ont laissé place au soleil, mais au réveil, Martigues porte encore les stigmates de l’épisode orageux de la veille. Comme de nombreux habitants qui arpentent les rues, Marine a enfilé des bottes en caoutchouc sur les pieds de sa fille pour aller constater « l’étendue des dégâts ».

    À Ferrières, en milieu de matinée, ne restaient que quelques traces de boue. À bord de mini-pelleteuses, les services municipaux avaient déjà dégagé le gros des gravats. Sur l’Île, le quartier le plus touché par les inondations d’habitude, peu de traces des pluies torrentielles. Seul le niveau du canal central, à fleur de quai, donne un indice des pluies torrentielles de mardi. Dans son salon de toilettage, Raphaëlla confie : « J’ai rien eu pour une fois. Je pensais vraiment qu’on allait être dans la merde, et finalement ça va. Je suis contente ».

    Son fils en revanche, qui habite du côté de Jonquières, n’a pas été épargné. « Il venait d’emménager. Ses meubles étaient neufs… Je lui garde son chien le temps qu’il vide l’eau de son appartement. »

    Dans le centre, Jonquières est de loin le quartier le plus sinistré. Entre la rue Lamartine et le quai Général-Leclerc, la boue et l’eau recouvrent encore les pavés. Les habitants pataugent. Les commerçants vident leur boutique pour nettoyer leurs murs tant bien que mal. La porte d’entrée ouverte, une quinquagénaire passe un jet d’eau dans le rez-de-chaussée de son père.

    « On va payer le réchauffement climatique »

    « Il a 90 ans et il est aveugle, explique-t-elle. Hier, aucune aide à domicile n’a pu lui rendre visite. Heureusement, on n’est pas loin. L’eau est montée de 60 cm. Les murs sont ruinés. On sait qu’à Martigues, ça arrive une fois tous les 20 ans, et bien c’était hier. De toute façon, on va payer le réchauffement climatique. » Dans la rue concomitante, une mère et sa fille portent deux sacs de courses. « C’est tout ce qu’il me reste », lâche la plus âgée. « Je déménage chez mon fils, j’ai pas le choix, mon logement n’est plus habitable. »

    Le maire (PCF), Gaby Charroux, est allé à la rencontre des sinistrés dans la matinée. Face au risque de chutes d’arbres, la Ville de Martigues prolonge la fermeture préventive du grand parc de Figuerolles – Paul Lombard, ce jeudi.

  • Le lourd bilan d’intempéries dévastatrices

    Le lourd bilan d’intempéries dévastatrices

    Les villes de l’étang de Berre sont méconnaissables. Les pluies torrentielles laissent derrière elles un lourd bilan. Dans la nuit de lundi à mardi, puis dans la soirée de mardi, un épisode méditerranéen a donné des cumuls records sur l’ouest et le nord de l’étang de Berre : de 150 à 300mm sont tombés en 24h, soit près de la moitié des précipitations annuelles habituelles. « Du jamais vu », confie une Port-de-Boucaine.

    À Saint-Mitre-les-Rempart, située à l’épicentre du phénomène, un homme de 75 ans est mort. Malgré une importante opération de recherche, mobilisant notamment l’hélicoptère Dragon 131, la victime a été retrouvée décédée par les services de secours, en milieu de matinée, après avoir été emportée par les eaux jusqu’à Istres. « La personne qui l’accompagnait a pu être sauvée », précise le préfet des Bouches-du-Rhône.

    Au total, 700 pompiers du Sdis 13 sont intervenus plus de 1 000 fois pour des sauvetages ou des opérations de pompage. Des renforts extra-départementaux de l’Aude et de la Haute-Garonne étaient en transit, mardi soir.

    Des centres d’accueil municipaux

    Martigues, Port-de-Bouc, Saint-Mitre-les-Remparts, Salon-de-Provence et Saint-Chamas signent la journée la plus pluvieuse de leur histoire. De nombreuses routes ont été coupées, ainsi que la ligne ferroviaire entre Marseille et Miramas via Rognac.

    À Saint-Mitre-les-Remparts, où des dizaines d’habitations et de commerces ont été touchés par les inondations et où d’importants phénomènes de ruissellement ont affecté notamment le vallon de Massane, le littoral et la ZAC des Étangs, un centre d’hébergement d’urgence a été déployé au gymnase René-Jauras. Le camping Neptune y a été évacué. À Saint-Chamas, plus de 150 sinistres ont été recensés, entre inondations, glissements de terrain, chutes d’arbres et effondrements de murs. Un centre d’accueil a été ouvert à la cantine Gabriel-Péri.

    À Martigues, des coulées de boue, des chutes d’arbres et de rochers ont impacté Touret de Vallier, Boudème, l’ancienne route de Marseille, la route de Ponteau et l’hypercentre de Jonquières. La Ville a ouvert le gymnase Aldéric Chave pour y accueillir les personnes en difficulté. Le maire (PCF) Gaby Charroux « salue avec force l’engagement et le professionnalisme de l’ensemble des équipes mobilisées et leur dévouement exemplaire ».

    À Port-de-Bouc, plus d’une cinquantaine de foyers ont été touchés, principalement dans les quartiers de la Bergerie, dans les Résidences de la paix et la Gafette. Les Arcades ont été évacuées en fin d’après-midi, en raison de « forts ruissellements » et d’une « importante concentration d’eau de pluie dans les bassins de rétention », expliquent les services de la Ville. La municipalité a mis à disposition la salle Gagarine, où le Secours populaire a tenu un stand solidaire pour les sinistrés. Concernant les équipements publics, un bilan global est en cours, « mais nous pouvons d’ores et déjà certifier que nous avons eu des dégâts importants dans la crèche Rambaldi, à l’école Marcel Pagnol et au centre de loisirs Lucie Aubrac », affirme la majorité, qui espère qu’un état de catastrophe naturelle sera décrété.

    Des services hospitaliers les pieds dans l’eau

    Les services de l’hôpital de Martigues ont été aussi été affectés. Aux urgences, dans le bâtiment situé en contrebas d’une pente, « l’eau rentrait jusqu’à la salle d’attente des patients », témoigne une soignante. Et la situation est récurrente. « Quand il y a de grosses pluies qui durent longtemps, tu sais que t’es inondé à tous les coups », assure-t-elle, préférant garder l’anonymat. « Il faut racler l’eau, faire attention au matériel, tout en prenant les patients en charge en sécurité. » Face à l’urgence de la situation, un plan de mobilisation interne a été activé dès 7h par la direction, en lien avec l’Agence régionale de santé et le Samu. « Grâce à la mobilisation, à l’engagement et la disponibilité des professionnels, l’ensemble des prises en charge a pu être maintenu », salue Loïc Mondoloni, le directeur de l’établissement.

    Dans la journée, la dialyse et le laboratoire ont aussi été inondés. « Les personnels ont clairement peur que les murs leur tombent dessus », confie encore la soignante. Des vidéos montrent en effet de l’eau qui tombe des parois, et des soignants pataugeant dans les couloirs. La direction parle « d’infiltrations » et « d’écoulements ponctuels », assurant que « la situation est sans commune mesure avec celle qui aurait pu être rencontrée il y a quelques années grâce aux importants travaux de réhabilitation et d’étanchéité déjà réalisés ». La CGT demande des travaux urgents pour accueillir dignement la population.

    Alors que le centre hospitalier conduit un programme de modernisation de son patrimoine, Loïc Mondoloni affirme : « Cet épisode confirme la nécessité de poursuivre ces investissements afin de renforcer la résilience de nos infrastructures face à des phénomènes climatiques dont la fréquence et l’intensité tendent à augmenter. » La preuve en images.