Tag: CGT

  • À Tarascon, l’usine de Fibre Excellence toujours protégée par ses salariés

    À Tarascon, l’usine de Fibre Excellence toujours protégée par ses salariés

    La garantie de sécurité du site dépend des salariés ! » Ce dimanche, Jean-Michel Bulinge, délégué syndical CGT du site, réaffirme la volonté des travailleurs de Fibre Excellence de poursuivre la mise sous protection du site le temps nécessaire à sa sécurisation complète.

    Pour rappel, après sa liquidation judiciaire c’est un mandataire judiciaire qui a pris la main sur la gestion de l’usine de pâte à papier, et le site devait officiellement fermer, vendredi 28 août, avec la fin du contrat de travail des salariés. Mais nombreux sont les travailleurs qui s’inquiétaient de la manière dont la transition allait se faire et pointaient des risques industriels (lire nos articles du 29/08 et du 27/08) pour le site classé Seveso. « On veut tout faire pour éviter un déversement accidentel de produits chimiques dans le Rhône, un incendie ou autre… Il faut donc que les mesures nécessaires pour maintenir l’intégrité du site soient prises avec les concernés », rappelle Jean-Michel Bulinge.

    D’où des tensions avec le mandataire judiciaire la semaine passée, jusqu’à un gros coup de chaud le jour de la fermeture où la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) est venue constater la situation. « On connaît le site comme personne. Il y a de l’acide, de la soude, des produits alcalins, des bactéries, de l’acide phosphorique pour le traitement des eaux dans les bassins d’aération… On leur demande le temps de sécuriser avec notre expertise », expliquait, ce vendredi, Yohan, opérateur aux 24 ans d’usine.

    « L’arrêté préfectoral

    nous donne raison »

    Et visiblement, les travailleurs n’étaient pas dans le faux puisque la préfecture des Bouches-du-Rhône s’est fendue d’un arrêté inédit dans la foulée de la visite des services de l’État. Cet arrêté prescrit « des mesures d’urgence » à l’adresse du mandataire-liquidateur. Ce dernier, que La Marseillaise a pu consulter, constate que « la mise en sécurité du site n’a pas été initiée » par ledit mandataire et « qu’il convient de maintenir au-delà du 28 août 2026 une présence humaine adaptée sur site ».

    Plus que ça, la préfecture va dans le sens de la CGT et tacle l’action du mandataire : « Le liquidateur est mis en demeure d’assurer la surveillance du site et le maintien des dispositifs de sécurité […] sur la base d’une organisation comprenant […] l’équipe proposée par la CGT. » En clair, les salariés ont pu rester tout le week-end sur l’usine, comme le préconisait l’organisation syndicale. « Cet arrêté est une victoire. Il nous donne raison, on voit bien que l’action du mandataire ne tient pas la route », réagit Jean-Michel Bulinge. « Fermer sans plus de sécurité c’est de l’inconscience… L’arrêt, ça ne se fait pas en un claquement de doigts. On n’arrête pas une usine à papier comme une boulangerie », abonde Jaïr Flor-Pachi, délégué FO et mécanicien atelier qui est entré à Fibre Excellence en 2003 en intérim puis salarié en 2012.

    « Jusqu’au bout

    des opérations »

    D’où un week-end apaisé avant une nouvelle semaine qui s’annonce chargée pour les travailleurs papetiers. « On a une réunion ce lundi avec le secrétaire général de la préfecture et les représentants des différents services de l’État concerné par le dossier », développe le syndicaliste. Une rencontre où les enjeux sont grands pour l’avenir du site : « Nous allons demander le maintien des salariés sur site, a minima pour les postes nécessaires pour qu’il y ait une garantie environnementale et sécuritaire. » Cette revendication concerne une quarantaine de salariés. Reste à savoir combien de temps cette situation de mise en sécurité va durer et si la préfecture accède aux demandes des travailleurs. « Dans tous les cas, il faut le maintien des travailleurs jusqu’au bout des opérations », conclut Jean-Michel Bulinge.

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino. La grande colère des travailleurs

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino. La grande colère des travailleurs

    En conseil des ministres, le sinistre Jules Moch plaida pour une politique plus autoritaire et fit alors parler les matraques et organisa les arrestations. Pourtant, ces grèves étaient revendicatives et les complots dénoncés par Jules Moch n’étaient que dans sa tête ou celles de Ramadier et Léon Blum qui obéissaient aux injonctions américaines. L’aide du plan Marshall était accordée à la France à condition que des mesures soient prises contre le Parti communiste et la CGT. Ils ont obéi. Ils ont sur la conscience des morts comme Voulant et Bettini abattu à l’Estaque par un policier, des poursuites contre les travailleurs et leurs dirigeants. Moi-même, sur les ordres du préfet Beylot, je fus poursuivi pour une affiche diffamatoire accusant le gouvernement : « les chiens aboient, la caravane passe ».

    La mise à sac de l’Alcazar

    Je me souviens aussi de la venue à Marseille, à la préfecture, de Daniel Mayer, ministre du travail, socialiste. Les raffineries de sucre de Saint-Louis étaient alors en grève pour les salaires et les conditions de travail, contre les licenciements. Il accepta une rencontre avec une délégation du bureau syndical que je conduisais. Je lui présentai la délégation en lui faisant connaître les raisons de la grève. Il m’écouta, puis, s’adressant en particulier aux membres de la délégation, il s’exprima en ces termes : « Savez-vous que les ordres de grève viennent du comité central du Parti dont Molino est le représentant à Marseille. Je n’accepte pas vos revendications et votre grève est politique et vous demande de quitter le bureau immédiatement ». Mécontente et en colère, la délégation décida de faire une assemblée générale des travailleurs de raffineries de sucre en grève à 100%.

    Je leur suggérai : «Daniel Mayer et Gaston Defferre organisent un meeting ce soir à 18 heures à l’Alcazar, je vous propose d’occuper la salle une heure avant et j’apporterai la contradiction. » Le soir, la salle de l’Alcazar était pleine à craquer. Des milliers de personnes se trouvaient à l’extérieur. Le premier orateur fut Gaston Defferre qui fut accueilli par 40 000 travailleurs mains en l’air. Elles font les « petites marionnettes » ne pouvant s’expliquer ! Daniel Mayer s’avança rageusement vers le micro des travailleurs qui scandaient « Molino ! ». J’attendais le moment, étant présent au bar de l’Alcazar où nous avions décidé que je porterai la contradiction à Daniel Mayer. Arrivé dans la salle, je fus propulsé sur la tribune pour prendre la parole, les socialistes m’agressèrent ce qui déchaîna la colère des travailleurs.

    Daniel Mayer, ministre du travail, et Gaston Defferre ne durent leur salut qu’à une fuite par la porte de secours entourés de policiers. Quant aux travailleurs des raffineries, déchaînés par l’attitude de ces deux dirigeants socialistes, ils s’en prirent au matériel, arrachant les fauteuils, brisant les glaces, etc. et ils mirent l’Alcazar à sac. Le directeur engagea des poursuites qui se retournèrent contre les organisateurs du meeting, c’est-à-dire le Parti socialiste.

    à suivre la semaine prochaine…

  • Les dossiers de rentrée sur le bureau du préfet des Bouches-du-Rhône

    Les dossiers de rentrée sur le bureau du préfet des Bouches-du-Rhône

    Une saison des incendies pour le moment maîtrisée

    La saison n’est pas terminée, le front des incendies est resté stable dans le département, note Jacques Witkowski avec 512 feux recensés depuis le 1er juin, soit 67 de plus qu’en 2025, une augmentation de 15%. S’il y a eu « beaucoup de départs de feux », ils ont été « éteints très vite », mis à part celui de Rognac et de Lançon-de-Provence. Outre la prévention, la préfecture mise aussi sur le répressif avec le respect des obligations légales de débroussaillement. Des communes ont été mises en
    demeure, un camping à Beaurecueil fermé le temps d’agir. Les gendarmes missionnés dans les massifs ont interpellé 350 personnes pour comportements dangereux. Le représentant de l’État se prépare désormais aux épisodes cévenols qu’il appréhende.

    Accompagner les consommateurs de crack

    Face à l’augmentation de la consommation de crack dans le centre-ville qu’il juge « préoccupante », le préfet a mis en place des actions. D’abord répressives pour éviter « les enkystements » mais il mise aussi sur la prise en charge médicale des consommateurs. « Co-porté » avec la Ville, un site d’accueil de 17 places a ouvert mi-août, un autre de 10 places va suivre. Soit 500 000 euros investis par l’État pour leur fonctionnement. Un coordinateur médical a été mis en place. Le développement des centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues, deux seulement à Marseille, est souhaité, et à long terme, l’installation d’une halte soins addictions plus que soutenue. Reste à trouver le site…

    Métropole : la balle renvoyée aux politiques

    Prévu le 10 septembre, le vote de la décision modificative du budget métropolitain marque une nouvelle étape. Pour le préfet, « budgétairement, l’affaire est réglée ». Et de réaffirmer le strict rôle de conseil et de contrôle de la légalité de l’État. « Je souhaite que la Métropole sorte de cette ornière », assure-t-il. La mission Bussereau-Debat devant permettre d’entamer des « discussions politiques » sur ses compétences ou limites géographiques.

    Vigilance sur Fibre excellence

    Alors qu’à Tarascon les salariés de l’usine de pâte à papier restent mobilisés après la fermeture du site ce vendredi 28 août (lire aussi page 5), le préfet indique avoir saisi le liquidateur pour s’assurer de sa mise en sécurité. Et si les lieux doivent être dépollués, ils le seront par le repreneur, ou, à défaut, par le propriétaire actuel, assure-t-il. Mais pas question pour autant de laisser la CGT le bloquer, s’il le faut, « on interviendra par contrainte », promet-il.

    Des économies sur l’hébergement d’urgence

    Une « dépense de 117 millions d’euros dans le département », permet de financer 6 000 places dans deux types d’hébergement d’urgence, l’un dans le diffus, l’autre provisoire à l’hôtel rappelle le préfet. Sur ce dernier, 1 562 places, « on a décidé de reprendre en main budgétairement les choses », indique-t-il, avec un nouveau contrat au 1er octobre avec des hôteliers. Et la réalisation d’un « état zéro », le préfet dénonçant « des situations irrégulières », avec « des gens à l’hôtel depuis 6 ans » Et de marteler : « Je suis comptable des deniers publics, je ne peux pas engager ce que le Parlement n’a pas voté. » Or au 1er janvier, le dépassement « était de 8 millions, là encore à 3 millions », déplore-t-il.

    Parallèlement en 2025, 1 400 logements ont été récupérés auprès des bailleurs, 991 cette année. « Presque 2 500 places, un effort notable », estime-t-il.

  • [Week-end] Le Secours populaire fête 90 ans de congés payés

    [Week-end] Le Secours populaire fête 90 ans de congés payés

    Pour célébrer les 90 ans des congés payés, mais aussi tous les autres acquis sociaux obtenus de haute-lutte par le Front Populaire et ses mobilisations sociales en 1936, les comités du Secours Populaire des Écrins proposent une série de réjouissances ce samedi. À partir de 14h au parc de la Schappe de Briançon, sont prévues des animations pour les enfants. Rien de moins qu’une maquilleuse, un magicien, des contes, un jongleur, et un jeu de bulles géantes viendront divertir les petits (et aussi les grands qui le souhaitent).

    La fanfare invisible et Jean-Christophe Keck, accordéoniste, saupoudreront le tout d’un style guinguette qui donnera le rythme aux réjouissances, tandis que La chorale des tournesols, entonnera les airs en vogue parmi les grévistes de 1936, comme Tout va bien Madame la marquise ou Le temps des cerises. Le but est d’évoquer l’imagerie de 1936. Pour cela, un espace « déco 1936 » sera aménagé avec des objets d’époque, vélos ou parasols, tirés des brocantes locales et qui rappellent cette époque des premières vacances de la classe ouvrière.

    Un évènement « revendicatif »

    « On axe bien sûr sur les 90 ans des congés payés mais le Front Populaire, c’est aussi les conventions collectives dans les entreprises, la semaine de 40 heures et tout plein de droits obtenus, affirme Josiane Pinault, trésorière du comité du pays des Écrins. Même si le Secours Populaire prône son indépendance totale des partis politiques, dans un contexte actuel où on essaye bien souvent de nous grignoter nos droits, on ne cache pas que cet évènement est franchement revendicatif. Le Secours Populaire a quand même été créé en 1945 par des communistes qui faisaient partie de la Résistance. » Sur place, sont invités les historiens et professeurs d’histoire de l’Institut d’Histoire Sociale de la CGT, pour apporter du contexte et historique et aider les familles qui se verront distribuer des petits quiz et questionnaires sur l’histoire du Front Populaire.

    La semaine suivante, à l’Argentière-la-Bessée, ouvre une exposition qui documente les grèves de 1936 dans la ville, qui a longtemps vécu au rythme de l’usine d’aluminium de Pechiney, aujourd’hui en friche. Le 7 novembre sera aussi diffusé au cinéma local l’Eau vive de l’Argentière le film La rage au cœur, de Pierre Verquin, qui revient sur les grèves de 1936.

  • Fibre Excellence, la fermeture sous tension d’un site Seveso

    Fibre Excellence, la fermeture sous tension d’un site Seveso

    « Ce sont 11 000 m3 de produits dangereux qui se déverseront dans le Rhône si on coupe l’électricité comme l’a envisagé le mandataire ». C’est, au bas mot et résumé par François Batista, responsable UD CGT 13, ce qui inquiète les salariés alarmés par la fermeture précipitée du site.

    Ce vendredi à 23h, leur contrat de travail prend fin. Dans la matinée, le mandataire, qui balaie d’un revers les alertes des travailleurs de l’usine à papier de Tarascon, avait missionné des techniciens pour couper l’électricité conformément à ce qu’il avait annoncé la veille. Il estimait être « sur une simple mise en sécurité du site » avec « une coupure maîtrisée » et quatre personnes pour veiller à la sécurité d’un site de 45 hectares où sont encore stockées des tonnes de produits chimiques dangereux.

    Les CRS en stand-by

    Un document interne que La Marseillaise a pu consulter, indique que la situation est beaucoup plus complexe : « une vidange des capacités en six mois exige 5 personnes et durant les six mois, il faut l’effectif pour garantir la protection de ce site Seveso, sans compter les congés : 34 personnes ». Car, précise Jean-Michel Bulinge, DS CGT Fibre Excellence, « les bacs de liqueurs sont pleins alors que le mandataire avait avancé qu’elles étaient figées, cristallisées », dans les cuves. « La Dreal a pu le constater avec nous ce soir ». Une visite de l’usine permet en effet de comprendre le process de fabrication de la pâte à papier.

    Des tas de copeaux sont massés au sol. « C’est très inflammable, on a déjà eu 4 incendies en 18 ans », se souvient Jhonatan, opérateur au parc à bois. Au-dessus d’une cuve à liqueur un panneau avertit « atmosphère explosive ». Frédéric, autre « castor » du site et par ailleurs pompier volontaire, assure devant un autre silo : « L’eau qu’on pompe du Rhône est plus sale que celle qu’on rejette, mais si les pompes sont désactivées, la fosse se remplit et il n’y aura plus de traitement des eaux. Et je suis doublement inquiet car en cas d’incendie, si on essaie d’éteindre certains produits chimiques avec de l’eau on peut aggraver la situation ». Plus loin, Julien, responsable opérationnel, ouvre la vanne d’un autre gigantesque bac à liqueur blanche au pied de la grande chaudière surnommée « la cocotte-minute ». Et un flot de liquide s’écoule. Sur le site, les salariés tiennent bon et demandent « le maintien de l’activité industrielle, tout en garantissant la sécurité des populations, la protection de l’environnement ». Vendredi, l’administrateur n’était pas sur place. Les forces de l’ordre se tenaient prêtes à évacuer l’usine en fin de journée. Mais « après le constat de la Dreal, rien ne bouge, a indiqué Jean-Michel Bulinge, surtout pas nous ».

  • [Entretien] Daniel Bretonès, CGT : « L’industrie est menacée par la crise et la financiarisation »

    [Entretien] Daniel Bretonès, CGT : « L’industrie est menacée par la crise et la financiarisation »

    La Marseillaise : La rentrée sociale va être dense. Quelles sont les dates à ne pas manquer ?

    D.B. : Il va y avoir pas mal de journées d’action : le 15 septembre dans la santé et l’énergie, puis le 29 septembre dans la fonction publique. Dans notre périmètre, on a l’industrie qui est menacée par la crise mais aussi par la financiarisation. Avec la Fédération de la Chimie et la Ville, on organise des assises de l’industrie à Martigues le 1er octobre, parce que Kem One est très menacé.

    Quelle est la problématique ?

    D.B. : C’est une entreprise qui est en difficultés financières seulement à cause de son montage financier. C’est une LBO, donc un système où l’entreprise qui reprend fait payer le crédit qu’elle a elle-même engendré par le site lui-même. Kem One a été rachetée en 2021 par le fonds de pension américain Apollo quasiment sans dette. Pourtant, on parle aujourd’hui de 700 millions d’euros de dette, et ce sont les salariés qui remboursent. Kem One fait plus de 60 millions de bénéfices mais a un budget de fonctionnement (hors salaire et maintenance) qui est au-delà de ce qu’elle gagne. C’est une gestion purement financière de l’économie. La LBO mise en place par Maastricht sert juste à engraisser la finance et à détruire notre industrie.

    Aujourd’hui on craint une revente de Monarch Alternative Capital, qui a pris le contrôle de l’entreprise en juin après qu’Apollo lui a cédé. Le groupe Apollo accepte de s’asseoir sur une partie de la dette, mais demande à l’État de compenser. Il y a une menace sur l’emploi, il y a quand même plus de 1 300 salariés concernés. C’est un groupe qui a un impact important sur la France et qui est primordial pour l’industrie. Il fait du PVC, du chlore et de la soude, qui est utilisée dans les centrales nucléaires et dont la production doit être locale parce qu’elle ne peut pas être transportée. Si Kem One tombe, aucun acteur en France ne sera capable de prendre le relais. C’est aussi un des premiers clients de Naphta Chimie, de LyondellBasel à Berre…

    Pour nous, il y a urgence de dénoncer ce genre de choses mais aussi proposer des solutions comme la nationalisation, ou un principe qui permet à l’État de devenir actionnaire quand il met de l’argent. Quand Kem One était en redressement, l’État a investi 300 millions d’euros. Aujourd’hui, il aurait pu être gestionnaire de cette boîte.

    Quel regard portez-vous sur
    la décarbonation après que
    le Carbon, qui était présenté comme l’une des locomotives,
    a finalement été abandonné ?

    D.B. : On met la lumière sur des projets qui n’arrivent jamais. Tout tombe à l’eau pour la simple et bonne raison que l’État français est créditeur et dépendant des banques. À l’époque, on empruntait à la banque de France avec un taux d’intérêt de 0, donc on ne payait pas de dette. Aujourd’hui, si on veut une vraie planification écologique ou industrielle, il faut sortir de la loi Pompidou-Giscard-Rothschild de 1973.

    Comment va se poursuivre la lutte pour le redimensionnement de l’hôpital ?

    D.B. : On est très inquiets, avec toutes les maladies professionnelles et les expositions, de savoir l’état de l’hôpital de Martigues. On se dit qu’en cas d’incident majeur, il n’y aura pas de service de santé puisqu’on est même pas capables de gérer des épidémies saisonnières. Les soignants sont maltraités par l’État, par leur direction, qui leur demande de travailler plus pour compenser le manque de personnel, mais aussi par les patients, qui sont en colère. Et puis, on a un gros souci au niveau du respect du droit de grève, avec des soignants qui sont systématiquement assignés. On a déjà interpellé la direction, les salariés en ont marre, ils peuvent même plus s’exprimer. Jeudi prochain il y aura une assemblée générale pour coordonner des journées de grève, mais aussi pour interpeller la population, parce que c’est notre hôpital à tous en tant que citoyens. C’est un bien commun.

    La campagne pour l’élection présidentielle va aussi rythmer l’année. Comment préparez-vous cette échéance ?

    D.B. : On a une réflexion pour rentrer dans une campagne contre les idées d’extrême droite, que même les politiques libéraux récupèrent. Pour nous, le gros combat à mener c’est de faire comprendre que le RN ne s’attaque pas qu’aux étrangers mais aussi aux personnes handicapées, aux services publics, à l’écologie, aux salariés… Les premières lois que passe l’extrême droite au pouvoir c’est pour réformer le droit du travail pour asservir les travailleurs. Parce que l’extrême droite travaille pour le grand capital.

  • L’UL CGT rappelle son rôle dans la Libération d’Arles

    L’UL CGT rappelle son rôle dans la Libération d’Arles

    C’est une première. Ce mercredi 26 août, l’Union locale CGT s’est réunie devant la stèle de la place Lamartine pour souligner la contribution du monde ouvrier, et en particulier son organisation syndicale, dans la Libération de la ville d’Arles.

    Le secrétaire général Nicolas Bourcy explique : « Nous avons retrouvé dans les archives une déclaration du Comité local de la Libération, chargé de gérer la ville en attendant les élections municipales au printemps 1945, datant du 26 août 1944.» Y sont cités les membres représentant « les divers mouvements de libération, c’est-à-dire : Mouvements unis de la résistance, CGT, Parti communiste, et Front national de lutte pour l’indépendance de la France ».

    Le syndicat est « ainsi reconnu comme tenant une place singulière dans l’histoire résistante de la ville », souligne Nicolas Bourcy. « Son occupation depuis 126 ans de ses locaux historiques dans la Bourse du travail, sa visibilité, avec son signe au fronton, en constituent une reconnaissance matérielle autant que morale. Ceux qui s’y attaquent aujourd’hui n’ont d’autre volonté que de chercher (…) à affaiblir, à nier cette histoire (…).»

    Un moratoire à l’expulsion

    En juillet, le tribunal administratif de Marseille a validé l’expulsion de l’UL de ses locaux, au motif de l’échéance de la convention d’occupation des lieux, en 2023, que le maire (Horizons) Patrick de Carolis a refusé de renouveler. Le syndicat a annoncé faire appel, ce qui ne suspend ni l’expulsion ni l’astreinte financière de 50 euros par jour, qui s’appliquera à compter de la mi-septembre. « Nous demandons un moratoire au préfet, en attendant les conclusions de la mission interministérielle lancée en juillet pour réfléchir à l’avenir des Bourses du travail », précise Nicolas Bourcy.

  • À Marseille soutien unanime à Aurore, factrice menacée de licenciement

    À Marseille soutien unanime à Aurore, factrice menacée de licenciement

    « On convoque une victime de harcèlement pour la traduire devant une commission disciplinaire ! » Devant le Village La Poste, siège marseillais de l’entreprise postale, Karim Bouzana, délégué syndical de la CGT, hausse le ton ce mercredi matin. Micro à la main et sono derrière lui, le syndicaliste entend envoyer un message à sa direction : « On n’acceptera pas l’inacceptable, on ne laissera pas faire ! » S’il est aussi remonté, c’est parce qu’une factrice du 7e arrondissement de Marseille, Aurore, est convoquée pour une commission consultative paritaire, une instance disciplinaire pouvant déboucher sur une sanction allant jusqu’au licenciement. Aux côtés de Karim Bouzana et devant une ligne de drapeaux rouges portés par les soutiens présents, elle a les larmes aux yeux.

    La Poste ne commente pas

    Et pour cause : si cette dernière est visée par cette procédure, elle est aussi à l’origine d’une dénonciation « de comportements sexistes et sexuels » sur fond de harcèlement de la part d’un de ses cadres (lire notre article du 26/08). Une dénonciation liée à cette menace de sanctions à son encontre. « Ceux qui ont monté le dossier contre sont les supposés harceleurs. L’agent est victime de violences sexistes et sexuelles, c’est le terme approprié. Les faits sont graves et avérés, on a plusieurs témoignages », assure Karim Bouzana. Autour de lui, les plusieurs dizaines de militants CGT venus en soutien opinent du chef et dénoncent logiquement cette situation pour le moins lunaire. Les cadres en question auraient été mutés suite à une enquête interne de l’entreprise mais la procédure à l’encontre d’Aurore persiste. « La Poste reconnaît les faits dans son protocole de harcèlement, constate qu’il y a une atteinte à la dignité des personnes et une répétition des faits. Mais malgré tout ça, La Poste ne veut pas reconnaître le statut de victime, elle ne prend aucune mesure ! », développe le syndicaliste. Contactée à plusieurs reprises, La Poste « ne souhaite pas s’exprimer » sur ce dossier qui en dit pourtant long sur sa politique interne. « Il y a le goût du harcèlement, son odeur, l’image aussi mais pour la direction, ce n’est pas du harcèlement », dénonce Karim Bouzana.

  • Haribo : les communistes du 14e remettent un chèque de soutien aux grévistes

    Haribo : les communistes du 14e remettent un chèque de soutien aux grévistes

    « On est venu leur redire qu’on se tenait à leur disposition selon leurs besoins et que nous sommes attachés à la préservation de ce site historique de notre secteur », relate Marion Honde, secrétaire de la section. Les militants ont ainsi remis un chèque de 300 euros à la CGT de l’usine. Pour rappel, les salariés d’Haribo ont réalisé plus de 7 semaines de grève cet été pour une augmentation de salaire. « Nous sommes passés à de nombreuses reprises sur le piquet de grève, nous avons écrit une lettre à la direction d’Haribo, et nous les soutenons toujours », martèle Marion Honde.

  • À Marseille, la CGT soutient une factrice menacée de sanctions

    À Marseille, la CGT soutient une factrice menacée de sanctions

    C’est « un dossier sensible » qui arrive sur la table de la direction locale de La Poste, ce mercredi. La CGT de l’entreprise appelle à un rassemblement devant son siège marseillais pour soutenir Aurore, une factrice du 7e arrondissement, qui est convoquée pour un entretien potentiellement préalable à sanctions dans le cadre d’une instance, la commission consultative paritaire. Mais on ne parle pas ici d’une simple mobilisation en soutien à une militante syndicale qui aurait trop élevé la voix à l’encontre de sa direction. Car selon le syndicat, la factrice en question a en effet dénoncé un ensemble de « comportements à caractère sexiste et sexuel » de la part d’encadrants qui officiaient sur son site, ceux-ci étant liés à cette procédure engagée à son encontre…

    « Elle a dénoncé une situation de harcèlement sexiste et sexuel vis-à-vis de deux de ses cadres : remarques sur son physique, blagues graveleuses, atteintes à la dignité… », relate Karim Bouzana, délégué syndical. Avant de développer : « La convocation à un entretien est basée sur un dossier monté par les cadres qu’elle a dénoncés ! ». Notons tout de même que la procédure à l’encontre d’Aurore a débuté avant qu’elle ne monte au créneau.

    Une victime sanctionnée ?

    « Elle avait déjà été convoquée à un entretien préalable à sanction en mai, il n’y avait pas eu de suite. Mais elle a finalement reçu une nouvelle convocation », explique le syndicaliste. En clair, si la direction lui reprocherait officiellement ses états de service, cette situation serait bien en lien avec la dénonciation des comportements desdits cadres. En tout cas, la CGT est sûre d’elle et ne compte « pas lâcher Aurore ». « On a 3 témoignages d’agents du même site qui relatent ces propos sexistes et graves. Il y a eu une enquête interne de La Poste qui reconnaît les faits mais en les minimisant. Pour la direction, ce n’est pas officiellement du harcèlement mais pour nous c’est bien une victime », martèle Karim Bouzana. Avant de rappeler que la factrice reçoit un soutien qui dépasse le cadre de la CGT : « Ce lundi, il y a eu une délibération votée en CSE extraordinaire et adoptée à 30 votes favorables sur 31 pour la reconnaître comme lanceuse d’alerte ».