Tag: policier

  • Une plongée abrupte parmi les « barbares » de notre temps

    Une plongée abrupte parmi les « barbares » de notre temps

    « Patron, un employé municipal a découvert un corps ce matin sur le site de Tholon, entre le lycée Langevin et le centre des impôts. Tu sais Lopez ça n’a rien d’insolite que l’on exhume un corps ou ce qu’il en reste sur un site archéologique. » La réplique de l’inspecteur-narrateur de Fortune Barbare fait sourire, juste avant de plonger dans le noir du premier polar de Vladimir Biaggi, rencontré mardi 19 mai. L’écrivain martégal, connu pour sa carrière de professeur de philosophie au lycée Langevin et ses nombreux autres écrits, sert ici une soupe de doigts écrasés et d’oreilles coupées, en entrée d’un menu comprenant une folle quête aux lingots d’or et autres sources de richesses, saupoudrés de bonne chère.

    L’auteur s’est emprunt à dépeindre une Venise provençale dans ce qu’elle pourrait montrer de pire, décrivant parfois des actes sordides. « Depuis toujours le monde a été cruel violent et sanglant, c’est commun » selon Vladimir Biaggi, « dans une page un mec est égorgé et la suivante le commissaire est au resto avec ses potes pour manger un plat vénitien », illustre-t-il. « C’est un jouisseur » reprend l’auteur quant à son personnage, et dans la réalité comme dans la fiction, ce sont les plaisirs de la vie qui « atténuent ce monde ce monde de crimes, de sang et de cris ».

    Une ode au goût de la vie

    Il y a du vécu dans cette vision. Comment garder goût à la vie, de nourrir des espoirs, même dans le malheur ? Vladimir Biaggi va à l’essentiel. « J’ai des emmerdes de santé, j’ai fait un AVC, mais j’ai des raisons d’être heureux. J’aime voir des films, lire des romans, écouter de la musique, mes amis et ma famille sont fidèles et tout ça me donne des raisons solides de garder espoir », développe l’auteur.

    C’est à une main qu’a été écrit Fortune Barbare. Le nom est inspiré d’un groupe de polyphonie Corse, Barbara Furtuna, ou Cruelle destinée. Une évocation du « destin du peuple corse qui n’a connu que misère, famine, et invasions… Et ils ont mis tout le monde à la flotte ! » fait remarquer l’auteur, Corse du côté paternel. Le titre du roman est à prendre « dans le sens de l’or qui rend fou, qui fait tuer, c’est l’appât et l’accumulation de la fortune qui rend barbare ».

    Le fond de l’affaire est assumé. « Les riches de ce monde sont des barbares, Bolloré et sa troupe le sont à l’état pur », ose l’auteur, affirmant que « la barbarie, on peut en sortir : ça s’appelle résister ». Résister au « projet névrotique » de « la classe dominante », en bon marxiste de conviction.

    Comme un mode d’emploi de la vie.

    Fortune Barbare, de Vladimir Biaggi, édition Dandelion 2026, 12 €, disponible à l’Alinéa.

  • Cinq ans après, un nouvel hommage à Éric Masson

    Cinq ans après, un nouvel hommage à Éric Masson

    Le 5 mai 2021, Éric Masson, brigadier de police de 36 ans, était tué lors d’une opération de contrôle sur un point de deal, rue Râteau, dans le centre-ville d’Avignon. Depuis, chaque année, sa mémoire est honorée. Cinq ans après, une cérémonie était donc organisée, ce mardi en fin de matinée, sur le parvis du commissariat d’Avignon, où travaillait ce père de deux petites filles.

    L’une d’entre elles était présente, aux côtés de sa veuve et de son père, lui aussi ex-policier. Une cérémonie sans discours, avec passage en revue des troupes et Marseillaise a cappella, mais pas sans émotion. « On n’oublie jamais nos morts, son décès a marqué la police nationale, on accompagne sa famille et ses collègues », confie Virginie Brunner, directrice générale adjointe de la police nationale, qui avait le déplacement depuis Paris. Éric Masson figure parmi les 8 « victimes du devoir » recensées à Avignon. « C’est important de garder sa mémoire, cela rappelle que les policiers risquent leur vie », souligne le préfet Thierry Suquet, qui a déposé une gerbe.

    Comme Cécile Helle avant lui, Olivier Galzi était aussi de la cérémonie. « C’est très symbolique que mon premier dépôt de gerbe se fasse à sa mémoire », note le nouveau maire (DVD) qui s’est dit « triste et inquiet » lorsque le drame est survenu en 2021, d’autant que lors de l’assassinat d’Éric Masson, « son épouse travaillait chez Edeis quand j’en étais le vice-président ». « Sa mort est le symbole d’une police dédiée à la sécurité de notre ville, mais aussi celui d’un narcotrafic qui a commencé à gangrener notre ville », estime Olivier Galzi alors que, ce lundi soir, un mineur de 17 ans a été abattu à Monclar sur fond présumé de trafic de drogue (lire page suivante).

    Il y a cinq ans, Éric Masson, pensant intervenir pour une bagarre, était tombé sur une transaction de drogue. Au moment du contrôle, Ilias Akoudad avait alors tiré par deux fois mortellement sur le policier. En mars 2024, il avait été reconnu coupable de meurtre sur une personne dépositaire de l’ordre public, et condamné à 30 ans de prison dont 20 ans avec sûreté. L’an dernier, la Ville d’Avignon avait inauguré un square à la mémoire du policier, rue Râteau. Sa mémoire est également honorée cette année puisque les promotions d’écoles de gardien de la paix portent son nom. En juin prochain, le nouveau bateau de l’unité nautique de la police de Marseille sera également baptisé du nom d’Éric-Masson.

  • Descente de forces mobiles dans des cités à Marseille

    Descente de forces mobiles dans des cités à Marseille

    « On est dans un marathon. Il faut pouvoir courir, tenir la distance et de temps en temps accélérer. C’est ce que nous faisons depuis trois semaines avec l’opération Octopus », explique le préfet de région, Jacques Witkowski, devant la presse convoquée sur un parking entre les cités du Mail et de la Busserine (14e), ce mardi.

    « Tous les jours, jusqu’à 300 policiers sont engagés sur le pilonnage des points de deal, des opérations judiciaires de fond et des opérations sur des commerces que nous visons. Ce matin, 900 policiers se sont engagés. Neuf personnes ont été mises en garde à vue pour un trafic de stupéfiants dans une opération conduite par l’Ofast. Un important trafic de voitures volées à destination des pays du Maghreb a été démantelé », détaille le préfet dans ce qui est aussi une opération de communication.

    Signe d’une « accélération concrète » à ses yeux, 660 personnes ont été mises en garde à vue à Marseille depuis le début de l’année, pour 1 370 sur l’ensemble de l’année 2025. « C’est 8 personnes par jour pour trafic de stupéfiants. 500 000 euros de liquidités ont déjà été saisis en trois mois dans les poches des trafiquants et plus de 50 millions d’euros d’avoirs criminels saisis uniquement sur le trafic de stupéfiants. Il faut ajouter 42 millions de marchandises contrefaites sur le Marché du Soleil. C’est du concret. On oppose aux trafics la férocité républicaine et nous continuons, non pas pour faire du spectaculaire, mais pour rendre la ville aux habitants et faire place nette. Il y avait 180 points de deal à Marseille il y a trois ans, nous en avons 80 aujourd’hui », souligne le préfet ravi.

    Sous les yeux d’habitants qui peuvent être choqués par ce safari policiaro-médiatique, deux boulangeries sont investies par des brigades spécialisées sous les caméras et micros tendus. « Le but, c’est de contrôler si les gens sont déclarés socialement, fiscalement. On checke les documents du gérant, son Kbis, si les règles d’hygiène, d’affichage, etc. sont respectées », explique un brigadier, tandis que l’employé farfouille dans ses tiroirs à la recherche d’un tampon. « Aucun policier ne peut être filmé ! », tonne une gradée moquée par les jeunes pour son chapeau. « Eh bien nous aussi on a un droit à l’image ! », réplique une habitante refoulée du magasin. « Bonjour. Bon, tout est carré là derrière ? » sourit le préfet au boulanger, d’abord ébahi d’avoir un si haut représentant de l’État dans son échoppe, avant de se ressaisir : « Oui oui, mais bon, pendant ce temps-là, on vend pas. »

    « Ce n’est pas que du pilonnage de points de deal. On regarde aussi les commerces, le travail dissimulé, s’il n’y a pas de protoxyde d’azote, de vente illégale d’alcool, de tabac », explique Cédric Esson, patron interdépartemental de la police nationale. Le primeur a disparu après avoir baissé le rideau. « Il m’a dit de garder les légumes » bafouille un mineur. À côté, ça se passe mal pour l’autre boulanger et sa femme, qui tient la caisse. « J’ai signé un compromis de vente il y a douze jours, mais je vais créer la société », blêmit le boulanger. « Il y a un truc qui ne va pas. Qui a les clés ? Qui vous dit quoi faire ? Qui a acheté le matériel ? Aujourd’hui, vous n’êtes pas déclarés », bondit un inspecteur du travail. Le préfet découvre, horrifié, les sacs de farine stockés devant les WC au milieu de dizaines de cafards morts.

    « Je suis une habitante du Mail. J’ai trois enfants. Ici, c’est beaucoup dégradé, insalubre. Il y a des fuites de partout. La plupart des appartements sont sans courant », intervient une mère de 35 ans. « Les enfants, ils n’ont pas un endroit où jouer, pas une aire de jeux, parce que voilà, c’est tout le temps pourri. Personne respecte personne. Le gardien, il nettoie, mais il n’y arrive pas tout seul. Moi, je vous dis la vérité, je vois même plus le narcotrafic, je vois plus rien de tout ça. Moi, je vois l’état des appartements. »

  • Réservistes, des policiers à part entière

    Réservistes, des policiers à part entière

    Livreur, policier municipal ou policier administratif, ils ont choisi de donner de leur temps pour renforcer les effectifs de policiers notamment sur la voie publique mais pas que… Mise en place en 2003 au départ pour les policiers nationaux à la retraite, la réserve s’est ouverte aux civils 8 ans plus tard puis aux anciens adjoints de sécurité en 2016. « Une force supplétive » qui devrait passer de 2 500 sur la zone sud aujourd’hui à 8 000 en 2030 précisait dans nos colonnes Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale 13 en décembre dernier.

    Pour Jean-Claude, 55 ans, livreur de colis à Marseille, c’était comme une évidence. Passé à côté du métier de ses rêves après avoir échoué au concours de la police municipale, il a vu là l’opportunité de se réaliser. « Mon ami d’enfance fait partie de la BAC de Vitrolles, il m’a dit que je pouvais rentrer dans la police en étant réserviste. Je me croyais trop vieux, j’ai toujours voulu faire ce métier », nous raconte-t-il. Sportif, il passe haut la main les tests d’aptitude, se familiarise avec le port de l’arme après une formation d’un mois en tout à Fos-sur-Mer et à Marseille. « L’arme, c’est le plus important, je n’en avais jamais touché et en plus je suis gaucher ! » rigole-t-il ajoutant que les patrouilles se font toujours encadrer par des titulaires.

    Quelques notions de Code pénal plus tard, le voilà sur la voie publique. Palais de justice, matches de foot… Il se « régale », s’applique à « rester calme », à surtout ne « pas se prendre pour un autre parce qu’on a un uniforme ». Pas un « cow-boy » mais plutôt un bon samaritain qui ne fait pas ça non plus pour l’argent quand la vacation est à 74 euros net. « J’ai toujours aidé tout le monde. C’est le contact avec la population qui m’intéresse c’est pour ça que je suis livreur aussi », témoigne-t-il.

    Même son de cloche chez Amandine* 34 ans, réserviste depuis 2 ans. Policière depuis 12 ans dans un service administratif à Marseille, celui « qui sanctionne les fautes des policiers », elle a besoin elle aussi de rencontrer du public mais y voit aussi une occasion de découvrir « l’envers du décor ».

    Des missions très variées

    « J’ai un peu tout fait : police secours, BST (Brigade spécialisée de terrain), GSP (groupes de sécurité de proximité), SIC avec les appels 17, du tribunal judiciaire… Je préfère le côté terrain, ce que je n’ai pas tous les jours », explique-t-elle. Pour élever son enfant, elle a fait le choix d’horaires de bureau mais passer de l’autre côté l’a déjà effleurée : « Ça reste dans un coin de ma tête. J’y pense parfois, est-ce que je ne plaquerai pas tout ? »

    Karim, 37 ans, policier municipal responsable d’un service de nuit, nous explique avoir lui trouvé son équilibre avec la réserve. Avec un père dans la BAC centre de Marseille, « policier chez nous c’est de père en fils », nous confie-t-il fièrement. « Le terrain c’est mon truc, j’ai trouvé là un métier complémentaire », précise-t-il, « c’est varié, on peut verbaliser pour un feu rouge puis partir sur un cambriolage, une tentative d’homicide ».

    Au sein de police secours la nuit à La Ciotat, il est aussi souvent mobilisé au tribunal. Au fil des audiences, « je vois comment ça marche après pour les gens qu’on interpelle, et je me suis rendu compte du travail méticuleux des enquêteurs dont les délinquants n’ont sûrement pas conscience ». Il s’est formé aussi à l’identité judiciaire. Dédié à la prise d’empreinte, d’ADN, de traces, « le service est ouvert à la réserve » s’enthousiasme-t-il, et il attend de voir pour celui des « transports en commun ». Il participe aussi à des missions à Dunkerque où il acquiert de « nouvelles façons de travailler ». Passionné, il ne compte pas lâcher de si tôt la réserve. « Mon père est à la retraite, il en fait partie. Comme pour lui, ce métier c’est ma vie. »

    *Le prénom a été changé

    « Quand je suis avec la police,
    je me régale »

  • Gaby Charroux face à la presse

    Gaby Charroux face à la presse

    La candidaturE

    Norhène Ouerfelli : C’est une liste citoyenne, avec 50% de renouvellement, que vous proposez ?

    Gaby Charroux : La liste est diverse, citoyenne, comme elle l’a toujours été. C’est drôle d’entendre le contraire, alors Paul Lombard avait décidé, en 1989, que la majorité communiste et socialiste allait s’ouvrir aux citoyens, dont je faisais partie par mes engagements professionnels et associatifs sportifs. C’est une liste citoyenne avec des gens du PCF, du PS, de Génération écologie et de Place publique, et des gens sans engagement politique. Ils sont à mon image : ils n’ont pas de dogme et prennent des décisions dans l’intérêt des Martégaux. Par exemple, je défends dans le même temps la clinique privée et l’hôpital, car on a besoin de ces médecins et chirurgiens dans ces deux pôles, avec les deux maisons de santé.

    Norhène Ouerfelli : Vous parlez souvent du bouclier martégal. De quoi s’agit-il concrètement ?

    G.C. : Ce sont toutes les actions sociales portées par la municipalité, comme le maintien à domicile avec portage de repas, ou le développement des foyers avec un cinquième ouvert au début du mandat, par exemple. Ce sont toutes les crèches municipales. C’est les gratuités, le prix du repas à la cantine de 2,30 euros, les colonies de vacances… Nous avons calculé une moyenne 400 euros de dépenses en moins par mois et par famille. Les centres d’initiation sportive, gratuits, permettent aux plus jeunes de découvrir le sport, dès 2 ans avec des activités adaptées, sans oublier l’inclusion des enfants handicapés. L’accès à la culture aussi, au conservatoire Picasso, où l’on peut apprendre un instrument jusqu’à 12 ans gratuitement.

    Philippe Boccara : Quelle est votre stratégie de succession ?

    G.C. : Ma seule stratégie est d’être au service de l’intérêt général des habitants de ma ville. Vous me voyez me présenter aux électeurs pour passer la main dans six mois, un an ? Les accidents de la vie, Il y en a pour tout le monde, tout peut arriver. Moi, j’ai la forme et la santé. On verra la suite en avançant. Ça fait 10 ans que je regarde autour de moi pour savoir qui pourra être là 24h sur 24, comme moi, et j’ai des idées. Des échéances électorales vont venir, comme les législatives au moins dans 2 ans, Pierre [Dharréville] sera notre candidat sans aucun doute et j’espère qu’on regagnera cette circonscription.

    La Sémivim

    Philippe Boccara : L’affaire de la Sémivim (Société d’économie mixte immobilière de la Ville de Martigues) a empoisonné votre mandat. Aujourd’hui, vous êtes encore mis en examen ?

    G.C. : Je rappelle qu’il s’agit d’une mise en examen seulement au motif de favoritisme. La corruption, l’enrichissement ou tout autre sujet ont été éliminés. Je remarque aussi qu’on parle de l’affaire Sémivim, alors que la victime, c’est la Sémivim ! Car des personnes ont considéré qu’elles pouvaient détourner de l’argent par le lien établi entre des agents et des entreprises, auxquelles elles ont fait croire que, pour bénéficier de marchés, il fallait les intéresser. La mise en examen repose essentiellement sur les fonctions occupées alors par quelques élus, membres de la CAO [commission d’appel d’offres], et moi en tant que président directeur général, à ce moment-là. Et aucun élu, ni moi, sommes concernés par la corruption ou la prise illégale d’intérêts. Nous sommes aujourd’hui partie civile. Nous avons été reconnus comme victime, également la Ville et la Sémivim.

    Léo Purguette : Est-ce que cela a abîmé le lien de confiance avec la population ?

    G.C. : J’ai chaque jour des preuves de la confiance que m’accorde la population. Elle a compris la réalité de cette affaire. Les entreprises ont reconnu leurs fautes et ont versé des indemnités à la Sémivim et la Ville. Le procès traitera de la corruption et je n’ai aucun lien avec ça. Sur la question qui me concerne, oui, j’étais PDG de la société, mais complètement étranger à ces agissements et je n’ai rien à me reprocher.

    La Santé

    Norhène Ouerfelli : Il est parfois difficile de trouver un médecin spécialiste aujourd’hui. Quelles mesures pour y arriver ?

    G.C. : L’accès à la santé n’est pas égalitaire pour tous aujourd’hui. J’ai l’exemple de quelqu’un qui s’est fait opérer de la cataracte par un ophtalmo à Châteauneuf, il a payé 400 euros de dépassement d’honoraires. Il peut payer, il le fait. Mais combien d’autres renoncent aux soins ? Mon obsession, c’est l’accès au droit à la santé égal pour tous.

    Thierry Bezer : Martigues est parfois vue comme un désert médical…

    G.C. : Au contraire ! Quand je vois des villes comme la nôtre et non loin sans les mêmes moyens… On a une perspective, pour l’hôpital, de mettre à disposition le foyer de l’Adret. La Chrysalide va déménager et les internes seront à 100 mètres de l’hôpital. Nous avons une politique d’acquisition de locaux commerçants pour les mettre à disposition des cabinets à loyer très bas, pas comme le privé. Il y a deux cas : un en centre-ville avec des médecins généralistes, l’autre à Croix-Sainte avec le cabinet dentaire.

    La sécurité

    Philippe Boccara : Vous proposez une brigade de police de centre-ville dans votre programme. Dans quel but ?

    G.C. : La brigade de centre-ville a pour but de remplacer la police de proximité. Les gens sont contents, même dans les quartiers, car ça vient contrecarrer les dealers. On a perdu 50 policiers nationaux depuis 15 ans. Je l’ai dit au ministre de l’Intérieur Laurent Nunez : je veux plus de police. L’Assemblée nationale travaille un projet de loi qui donnera plus de compétences à la police municipale. Ça veut dire plus de moyens humains à la charge des communes et moins pour la police nationale ? Ça donne une sécurité à deux vitesses : les villes qui peuvent donner des moyens et celles qui ne peuvent pas.

    Philippe Boccara : Et les caméras, elles fonctionnent toutes ?

    G.C. : On a 180 caméras de surveillance et 18 lectures automatiques de plaques d’immatriculation, qui ont permis de résoudre beaucoup d’affaires, et elles marchent toutes. On a des agents au central devant les caméras de 6h à 1h du matin. On est aussi exemplaires sur la prévention que sur la répression.

    Le Logement

    Norhène Ouerfelli : Martigues est au-delà du seuil légal de logements sociaux. Est-ce qu’il faut arrêter d’en construire ?

    G.C. : Nous avons 28% de logements sociaux, soit 6 000 sur les 25 000 de Martigues. Il y a 12 000 demandes, car 72% des Français sont éligibles au logement social. Sur les 12 000 demandes, 5 000 concernent des Martégaux. Faut-il arrêter de construire ? Au domaine de Manon, il y 250 logements sociaux, mélangés avec de l’accession à la propriété, du locatif à coût maîtrisé, et vous ne faites pas la différence quand vous passez devant. C’est fini les cités de 745 logements comme avant.

    Philippe Boccara : Est-ce que ça marche, les contrôles sur les ventes pour garantir que ce sont des martégaux qui achètent ?

    G.C. : Oui ça marche, on contrôle, les promoteurs doivent nous dire à qui ils vont vendre et on vérifie que ce soient des Martégaux. C’est un accord avec le promoteur. Cette préférence n’est pas contre ceux qui viennent d’ailleurs, mais contre les autres maires qui ne construisent pas les logements ! Ça explique aussi les 12 000 demandes, car les gens savent où chercher. Pas comme sur le reste la Côte bleue…

    L’industrie

    Léo Purguette : Martigues est un territoire industriel historique concerné par les projets de décarbonation. Comment faire pour accueillir les 10 000 nouveaux travailleurs qu’on nous promet ?

    G.C. : Depuis 100 ans, Martigues a une zone industrielle pétrochimique à Lavéra. Nous en sommes fiers et nous voulons préserver ce qui existe. Soit des milliers d’emplois, avec de bons salaires car les syndicats luttent. On y est attaché. La décarbonation pourra peut-être enfin réconcilier l’industrie et l’environnement. J’ai proposé une organisation de la gouvernance au Président de la République, à territoire d’exception, loi d’exception. Il l’avait acté. Même si la gouvernance n’est pas encore mise en place.

    Léo Purguette : Pour décarboner, il faut de l’électricité. Pour ou contre la ligne à très haute tension ?

    G.C. : Je suis pour, y compris pour préserver l’environnement. On peut enterrer tout ou partie, c’est toujours une question d’argent. Il faut préserver la Camargue, mais aussi la richesse du territoire.

    Léo Purguette : Martigues est aussi une terre de cinéma…

    G.C. : Le cinéma offre une opportunité extraordinaire, avec les studios d’Olivier Marchetti. Il y a un projet d’hôtel 4 étoiles de 80 chambres en cours, sur le boulevard maritime, au bord du canal, c’est acté. Accor est dessus, mais je voudrais mieux, on discute pour augmenter d’un cran.

    La Métropole

    Norhène Ouerfelli : Jusqu’où êtes-vous prêt à aller dans le bras de fer que vous avez engagé avec la Métropole ?

    G.C. : Le sujet qui fâche, c’est les ordures ménagères : c’est catastrophique. Quand on était en responsabilité, on gérait Port-de-Bouc, Saint-Mitre et Martigues, ça marchait parfaitement. Avec la Métropole, on éloigne les décideurs de la population et ça produit le résultat qu’on avait prédit. À l’automne, sur 24 bennes dédiées aux trois communes, 20 avaient besoin de réparations et ne sont pas envoyées au garage. J’en veux aux services de Martine Vassal qui ne nous entendent pas quand ça va mal. On a dû suppléer et engager de nouvelles équipes à la propreté urbaine de Martigues. C’est la multi-peine ! J’ai demandé qu’on nous rende la compétence, les trois communes sont d’accord. La réponse, c’est « on peut pas c’est la loi ». Il y a une autre solution, nous rendre seulement l’organisation locale. Peut-être peut-on arriver à faire changer la loi avec la grande ville centrale, Marseille.

    Léo Purguette : Vous avez été candidat à la présidence de la Métropole. Le serez-vous encore ?

    G.C. : Je ne crois pas que je serai candidat. On n’en est pas là, on prépare des municipales, on verra ce qui en ressort, car la seule Ville de Marseille n’a pas la majorité à la Métropole. C’est un enjeu très important sur l’eau et l’assainissement, aujourd’hui, on voit l’alignement du prix alors qu’on avait les plus bas du département et tout le bénéfice était réinvesti. Les partages de subventions devraient être équitables pour tous. Ça n’est pas le cas.

    L’étang de Berre

    Antonin Maja : Vous avez soutenu le classement de l’étang de Berre à l’Unesco. Quelle est la suite ?

    Gaby Charroux : L’étang de Berre est le cœur de notre métropole et de notre département. La candidature à l’Unesco a réveillé tout le monde. On n’a pas réussi, mais l’essentiel est de sauver l’étang et poursuivre sa réhabilitation, pour la pêche ou le tourisme. On a besoin de rouvrir le tunnel du Rove, mais surtout de la dérivation de l’eau de la Durance, qui ne va pas coûter 16 millions, mais 2 milliards d’euros. Il faut que la Région aide quand elle aura fini de financer les JO. Je suis pour, en tant que passionné de sport.

    La presse

    Léo Purguette, président et directeur éditorial – La Marseillaise

    Norhène Ouerfelli, journaliste – Maritima

    Philippe Boccara, grand reporter – Ici Provence

    Thierry Bezer, journaliste – France 3

    Antonin Maja, journaliste – La Marseillaise

  • Rémi Esnault présente liste et programme à Fos-sur-Mer

    Rémi Esnault présente liste et programme à Fos-sur-Mer

    C’est faire d’une pierre deux coups. Mardi soir, le théâtre Jean-Hetsch de Fos-sur-Mer s’est rempli pour l’annonce du programme et de la liste de Rémi Esnault (DVG), candidat présenté comme le successeur du maire René Raimondi. Près de 80 mesures en 12 points sont avancées par le chef de file de la liste « Notre Fos », accompagné de 34 colistiers, avec un fort renouvellement par rapport à 2020.

    De nouveaux visages à l’image de Romain Trolliet, connu pour son engagement à la CGT sur le golfe de Fos. « Le renouveau de l’équipe donne un nouvel élan, avec des jeunes comme moi au sens politique », estime le candidat, soulignant tout de même qu’« on ne pourrait pas avancer sans le socle solide laissé par les élus d’avant, qui savent comment gérer la ville et honorer nos engagements ».

    Les engagements seront nombreux. Les trois priorités de Rémi Esnault sont la sécurité, la santé et le pouvoir d’achat. « Nous avons un policier pour 380 habitants, mais il nous faut une police municipale plus forte. Nous créerons un nouveau central de police municipale et un poste mobile sur les événements et les plages pour assurer la sécurité au plus près », annonce le candidat.

    Un complexe médical

    « Il n’y a pas une ville où on n’en parle pas, mais nous, on peut le faire », assure Rémi Esnault au sujet de son projet de complexe médial pluridisciplinaire aux Vallins. Le projet serait même « déjà entamé ». Dans la même thématique, Monique Potin, cheffe d’entreprise, défend la création d’une plateforme de répit pour les aidants : « Pour les patients d’Alzheimer ou de maladies chroniques qui veulent rester chez eux, la plateforme permet de donner du répit à l’aidant. On prend en charge le malade la journée pour que l’aidant puissent avoir des loisirs. »

    Concernant le pouvoir d’achat, le candidat Cédric Carian, commerçant, revient sur les chèques proposés par la Ville : « Pour aider le porte-monnaie des familles et dynamiser le commerce local, on veut aller plus loin avec deux nouveaux chèques de 100 euros, un pour le sport car les clubs coûtent vite cher, et un pour la culture, le cinéma ou le théâtre. » Rémi Esnault complète ce volet en mentionnant une autre mesure phare : « Notre cantine de qualité, déjà accompagnée par le pass restauration, passera à 0,50 euro pour tous les enfants, quels que soient les revenus des parents, et le prix du temps périscolaire sera réduit de moitié. »

    Sur le terrain social, Rachel Tarantino annonce l’implantation d’une ressourcerie à la Mériquette. « Un lieu de rencontre et d’échanges qui permet de donner », afin de favoriser « une économie circulaire et la réinsertion de personnes éloignées de l’emploi depuis longtemps », complète-t-elle.

    Parmi les autres annonces figurent un complexe aqualudique, un lycée industriel, trois nouvelles plages, un festival de musique et de nouveaux loisirs à Parsemain. Un programme « budgétisé et planifié », affirme le candidat au fauteuil de maire.

  • Une réforme de la police au cœur du scrutin

    Une réforme de la police au cœur du scrutin

    Une procédure accélérée pour une adoption avant les municipales, afin de permettre aux futurs maires de disposer d’une toute nouvelle « boîte à outils ». Voilà comment le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a vendu le projet de loi sur la réforme de la police municipale dont l’examen a démarré le 3 février au Sénat, le vote devant avoir lieu ce mardi 10 février. En fait d’outil, c’est la boîte de Pandore qui a été ouverte, renforçant une « municipalisation de la sécurité », au détriment de l’État de droit, analyse dans une note circonstanciée la CGT Intérieur Police.

    Concrètement, le texte soumis au Parlement s’appuie sur une mission d’information de la commission des lois, pilotée en 2024 par le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur d’alors, François-Noël Buffet (LR), en parallèle d’un « Beauvau de la police municipale ». Dont les syndicats ont dénoncé au passage l’absence de mesures sociales… Mais, au nom du fameux « continuum de sécurité », policiers municipaux et gardes champêtres se verraient attribuer des compétences judiciaires élargies. Outre la possibilité de relever une identité, ils seraient à même de dresser des amendes forfaitaires délictuelles (AFD) – dont le taux de recouvrement atteint péniblement les 31% – pour au moins neuf délits « de l’insécurité du quotidien ». Les membres de la majorité de droite, pris dans un enthousiasme tout sécuritaire, en ont rajouté. Sous certaines conditions, les agents pourraient procéder à des fouilles, utiliser des drones « à titre expérimental », auraient accès à de nouveaux fichiers. Tout ça restant au bon vouloir des maires, se prévaut le gouvernement.

    Pas de doctrine nationale

    « C’est tout simplement une atteinte à la démocratie », résume Anthony Caillé, secrétaire général de la CGT-Intérieur Police. Avec ce « ballon d’essai » de transfert d’une compétence régalienne au local, il estime le risque constitutionnel « sérieux » et alerte sur l’absence de doctrine nationale sur la municipale. « Comment on les arme ? Comment doivent-ils rendre des comptes ? À qui ? Quelles sont leurs missions ? » interroge-t-il. Pour lui, la mise en place d’une mission de contrôle des polices municipales, commune aux inspections générales du ministère de l’Intérieur prévue dans le texte, reste insuffisante. Au nom de la libre administration territoriale, le droit des citoyens est mis à mal, dans un contexte de « montée des discriminations », estime la CGT. Sur les AFD, le syndicaliste rappelle que le droit est déjà bafoué, le policier se faisant juge : « C’est une inscription au casier, direct, alors qu’un délit, c’est une enquête à charge et à décharge, un droit à la défense… »

    La CGT craint une « pénalisation territorialisée », avec un maire qui peut utiliser sa police sur des zones « à forte mobilisation électorale ». À l’inverse, le pouvoir de la police municipale sur l’édile s’en trouverait renforcé. « On l’a vu à Bordeaux, où le maire écologiste ne voulait pas les armer », illustre-t-il. Résultat : une police municipale équipée de semi-automatique, cet été, « après trois semaines de grève ».

    Sans attendre la fin de la navette parlementaire, la CGT a fait parvenir sa note « à tous les députés et sénateurs, sauf le RN ».

    Repères

    Des prérogatives élargies

    Vente à la sauvette, vol, usage de stupéfiants, occupation illicite de halls d’immeuble, vente d’alcool aux mineurs… Au moins neuf nouveaux délits pourraient être sanctionnés par la police municipale d’une amende forfaitaire délictuelle. Les sénateurs ont déjà proposé d’ajouter la conduite sans permis, sans assurance ou encore le port d’armes blanches.

    45%

    de hausse. Le nombre de policiers municipaux est passé de 19 405 en 2012 à 28161 en 2023. En 2026, 11000 agents devaient être recrutés, selon le Centre national de la fonction publique territoriale.

    Drones et caméras embarquées

    La police municipale pourrait être autorisée à utiliser des drones à titre expérimental durant 5 ans sur cinq segments précis, des grands rassemblements à la protection des bâtiments communaux.

    Sur 5 ans aussi, des caméras embarquées équiperaient les véhicules.

  • Narcotrafic : les consommateurs dans la ligne de mire à Marseille

    Narcotrafic : les consommateurs dans la ligne de mire à Marseille

    Pas question de « culpabiliser » le consommateur, mais de lui « faire prendre conscience » qu’en prenant des stupéfiants, il contribue au narcotrafic. Corinne Simon, préfète de police déléguée, accompagnée de Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale, et de Pierre Baillargeat, commandant du groupement de gendarmerie départementale des Bouches-du-Rhône, a lancé officiellement, ce mercredi 28 janvier une vaste opération de contrôle de trois jours dans 23 villes du département, engageant 1 200 agents.

    « Nous avons eu, en 2025, de bons résultats sur les stupéfiants », se félicite Corine Simon au préalable, du pilonnage des points de deal, dont le nombre a été divisé par deux en deux ans, en passant par l’application de la loi sur le narcotrafic avec des interdictions administratives de paraître et autres fermetures de commerce. Un nouveau volet s’ouvre désormais, « la lutte contre les consommateurs ». Et la préfète de dérouler son équation : plus de consommateurs sur les points de deal égal assèchement, égal fermeture du point de deal. « Mon objectif n’est pas de piéger les gens, mais d’avertir », insiste Corinne Simon.

    Sur instruction du ministre de l’Intérieur, policiers et gendarmes sont déployés pour 159 contrôles dans « tous les quartiers sans distinction » prévient Cédric Esson, aux abords des collèges, lycées, facultés, dans les gares, dans les trains, trams, métro ou sur la route, mais aussi la nuit, à la sortie des discothèques.

    Des amendes jusqu’alors inutiles ?

    Les contrevenants écoperont d’une AFD (amende forfaitaire délictuelle) de 200 euros, que le « président de la République souhaite monter à 500 euros », ajoute la préfète. Une des seules « annonces » faites par Emmanuel Macron sur la lutte contre le narcotrafic lors de sa venue à Marseille, le 16 décembre. Près de 14 000 AFD ont été dressées l’an dernier sur le département en zone police. Des amendes dont le taux de recouvrement atteindrait à peine les 20%, estimait le sénateur socialiste Jérôme Durain, qui a fait une proposition de loi pour les réformer. La réponse de Corine Simon : une possible inscription au casier judiciaire en cas de récidive. « Nous allons travailler avec le parquet », promet-elle.

    Si cette opération est une première a priori en France, elle a vocation « à se reproduire tout au long de l’année, régulièrement », prévient Corine Simon, partie en « guerre » contre le trafic. Une guerre « qu’on gagnera d’autant plus vite que les consommateurs seront prévenus », estime-t-elle.

    « En zone gendarmerie, on s’aperçoit que nous sommes clairement sous l’influence de Marseille, voire d’Avignon, dans d’autres parties du département, le narco se développe, nous sommes sur une posture dynamique », ajoute le commandant Pierre Baillargeat, précisant que pour le seul mois de janvier, le stup’ a augmenté de 25% dans l’activité des gendarmes. Ce dernier misant également sur 22 équipes cynophiles, dont quatre des douanes, qui permettent de détecter la drogue de façon plus certaine.

    À l’arrêt de tram des Réformés, pas de policier canin, mais des humains qui ont engagé des séries de « palpations » sur des voyageurs se demandant bien ce qui leur arrive. Si les agents assurent sélectionner leurs cibles au hasard, la majorité des personnes contrôlées ce jour-là sont des jeunes. Certains se disant un peu découragés voire agacés de se voir contrôlés « tout le temps ».

    Et quand on demande justement à la préfète si des actions vont être menées en matière de prévention auprès de la jeunesse, elle affirme lancer des assises sur le sujet en février.

  • Déchetterie de la Capelette : pourboires ou corruption ?

    Déchetterie de la Capelette : pourboires ou corruption ?

    Cinq agents de la Métropole, formant alors l’équipe de la déchetterie du boulevard Bonnefoy (10e) à la Capelette, ont comparu ce lundi pour corruption passive et vols aggravés de 2019 à 2021. Suspendus 18 mois et à demi-traitement, 4 ont été réintégrés dans d’autres services.

    « À un moment donné, ça suffit ! La corruption, c’est la rupture d’égalité. C’est faire sa loi pour arrondir ses fins de mois », a fustigé la procureure Anne-Sophie Larrouy. L’affaire fait suite aux plaintes d’usagers ayant dû s’acquitter de 5 à 20 euros, un droit de péage à la barrière, pour un service public gratuit aux particuliers.

    En mars 2019, l’un d’eux s’était plaint de s’être vu refuser l’accès tout en voyant trois individus déverser après avoir glissé des billets. « Entre nous, cette fois je te laisse, mais si tu veux revenir c’est 200 euros la journée ou sinon tu vas dans une autre déchetterie », dira un agent à un usager qui était un policier en civil. « Si on ne donne pas les sous, on ne rentre pas », témoigne un autre usager.

    Des professionnels du BTP pas autorisés à déposer, y trouvaient leur compte pour déverser incognito et à peu de frais. Veolia s’était plaint à la Métropole de ce que depuis 2 ans les professionnels jetaient de plus en plus à Bonnefoy. « Ton gardien a pris 300 euros ce matin. Ils attendent que les agents de maîtrise partent et ils font rentrer les camions », avait dit un agent de Veolia. « C’est tellement devenu une habitude que les gâcheurs ont déjà le billet en main en arrivant », témoignait un autre. Contre un billet, des particuliers pouvaient même récupérer une porte, un frigo. Ce qui est interdit. Les agents ont admis revendre des déchets valorisables, un « chiffonnage » qui contourne un marché de récupération.

    « Je ne pensais pas commettre quelque chose d’illégal » explique Yves, 60 ans, qui comme ses autres collègues, admet « 100 euros par mois de pourboire » ajoutant que si la Métropole ne voulait pas que cela se produise « il faudrait mettre des agents manchots et aveugles ». André, 72 ans, soutient qu’il « aidait les clients ». Le mot d’« usager » ne lui vient pas. « On était sympathiques alors ils nous donnaient, ça servait pour déjeuner. » Quant au « chiffonnage » proscrit, « pour moi c’était naturel et logique comme dans toutes les déchetteries ».

    Pour Cédric, 43 ans, « c’était des pourboires pas systématiques pour l’équipe pour manger, boire, acheter des produits d’hygiène car on travaille au milieu des rats ». Il nie toute forme de racket. « Il y a 10 caméras en permanence et des contremaîtres avec nous toute la journée. » La présidente lui fait remarquer que les caméras étaient souvent débranchées et quand elles fonctionnent, « on ne voit jamais les agents aider à décharger et pourtant il y a des remises d’argent dès l’entrée à la barrière ».

    « Qu’on me présente une seule personne à qui j’ai demandé un centime ! » peste Marc « en colère » car pour lui, cette affaire est « une blague pour que la déchetterie passe au privé en disant c’est notre faute ». « On voit un fourgon à l’entrée vous tendre un billet que vous mettez dans votre poche. Eux disent que c’était la contrepartie sans quoi ils ne pouvaient pas décharger », oppose la juge. « On a pu me remettre mais c’est sans condition… » Tony, 37 ans, qui dit avoir été embauché après avoir « posé mon CV à un élu » admet « des pièces, quelques fois 5 euros ». « C’est un acte de gentillesse de gens qui sont contents, ça change de ceux qui vous prennent de haut. »

    « Un modus operandi a été instauré avec un petit manège en place à l’entrée » dénonce l’avocat de la Métropole qui après avoir estimé son préjudice à 527 701,14 euros, a réduit ses prétentions à 20 872 euros de préjudice économique et 10 000 euros de préjudice moral. De quoi outrer les avocats de la défense qui dénoncent « un dossier monté de toutes pièces ». Ils n’ont pas manqué de citer l’ordonnance de renvoi qui pointe « des glissements de pratiques professionnelles pour certaines manifestement tolérées et non explicitement dénoncées en interne (…) au sein de cette déchetterie au climat de travail délétère où les consignes fixées par la Métropole étaient floues, parfois contradictoires et sans cohérence entre les différents responsables d’équipes ».

    Délibéré le 10 février.

  • Les policiers jouent les pères Noël à l’hôpital Saint-Joseph

    Les policiers jouent les pères Noël à l’hôpital Saint-Joseph

    « Merciiiiiiii père Noël ! » Dans les couloirs de l’hôpital Saint-Joseph en cette veille de week-end c’est un peu les festivités avant l’heure. Avec Minnie, Léo le lion policier et le bonhomme Noël, les membres de l’association Partenaires police 13 assurent la distribution de cadeaux aux enfants malades du service pédiatrie.

    « On fait ça chaque année depuis 5 ans, on a fait appel à une collecte nationale avec une autre association parisienne qui s’appelle Fraternité police », explique Cyrille Faure, président fondateur de l’association. L’idée : « Apporter des cœurs dans les yeux des enfants », ajoute-t-il, mais aussi donner une autre image des gardiens de la paix, montrer que derrière l’uniforme, « il y a des papas Noël, des mamans Noël ». Un moment également « solennel, fraternel qui rapproche tout le monde ». Et d’en profiter pour rappeler que « les parents sont là pour éduquer les enfants, nous, on est là pour les protéger ».

    Coiffés d’un bonnet, on retrouve là des personnels du Raid, de la BRI (brigade de recherche et d’intervention), de la Sûreté urbaine ou de la Bac (brigade anti-criminalité) qui se relaient pour remettre les puzzles, jeux de société, poupées et autres petites voitures aux petits malades. Parmi eux, Alain, la cinquantaine, membre de la brigade motocycliste qui insiste sur le côté humain de son métier. Pour lui, « donner de la joie aux enfants cela n’a pas de prix ». Dans une des salles d’attente, Ranya, bout de chou de 3 ans, n’en croit pas ses yeux, ravie. « Franchement c’est très sympa, car ici ce n’est pas très gai », commente sa maman. Au fil des chambres, l’accueil est chaleureux.

    Bouffée d’air frais

    pour les parents aussi

    Depuis son lit à barreau, Soan, 2 ans et demi, qui bataille avec son asthme, n’est pas franchement rassuré mais un check avec Léo le lion le convainc, il finira par un petit sourire. Une bouffée d’air frais pour son papa, « les journées sont interminables, on espère en sortir très bientôt » nous confie-t-il. Plus loin cette petite-fille raconte : « Quand j’ai vu les policiers tous en rond par la fenêtre de la chambre de mon petit frère, j’ai cru qu’il y avait un problème. Il a l’appendicite mon petit frère ». Impressionnée, sa grand-mère envoie : « Eh bien c’est toute la brigade qui s’est déplacée, et pour une fois en douceur ». Alain encaisse la pique : « Vous savez pour nous c’est chaud quand c’est chaud en face ». Un petit tour en néonatologie et il est temps de prendre la pose avec les soignants, tout aussi emballés par la présence des policiers qui promettent évidemment de revenir l’année prochaine.