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  • [Quoi de neuf] « Tout le monde a envie d’entrer dans le bal de la lutte »

    [Quoi de neuf] « Tout le monde a envie d’entrer dans le bal de la lutte »

    Rémy Cougnenc : D’ordinaire le mouvement social est calme avant la Présidentielle. Qu’est-ce qui fait que c’est différent cette fois ?

    Mathieu Guy : Habituellement en effet les mois qui précédent une échéance électorale sont plutôt calmes. Cette année ça ne l’est déjà pas. Le contexte s’est dégradé ces dernières années. Ce qui a mis le feu aux poudres c’est l’annonce des économies dans la prochaine loi de finances. Le mouvement a débuté le 29 septembre avec la fonction publique avec toutes les difficultés rencontrées par les fonctionnaires avec le gel du point d’indice et les missions qu’ils n’arrivent plus à mener à bien à cause du manque de moyens. Cette dynamique de diminution d’effectifs est engagée depuis trop longtemps dans les services publics et les gels de salaires qui font qu’on a de moins en moins de candidats, notamment chez les enseignants. On a un ras-le-bol général. Tout le monde a envie d’entrer dans le bal de la lutte. On pense qu’il peut y avoir une convergence qui mènerait vers des victoires le plus rapidement possible.

    Rémy Cougnenc : En 2023 sur les retraites, la mobilisation était massive mais le gouvernement avait fait la sourde oreille. Est-ce que le vent de fraîcheur de la jeunesse peut aider à la convergence des luttes qui a pu faire défaut par le passé ?

    Mathieu Guy : Je pense qu’il a manqué des ingrédients en 2023. On a pris la rue avec d’énormes mobilisations. Mais ce qui a été difficile c’est de mettre l’économie à l’arrêt. On avait travaillé à la CGT pour intégrer la notion de grève reconductible. Malheureusement c’est resté trop à la marge pour porter un coup d’arrêt. Ceci étant, on ne peut pas dire que 2023 a été un échec de la mobilisation. Il y a eu énormément de monde et les salariés ont retrouvé la confiance envers les syndicats qui avait peut-être été un peu perdue les années précédentes. Derrière cela a permis à la CGT de se renforcer en terme d’adhérents.

    Olivier Nottale : N’oublions pas que faire grève coûte de l’argent aux salariés qui ont déjà des problèmes de pouvoir d’achat…

    Arnaud Jean : Je voudrais rajouter que la lutte paye. Pour les retraites, dans les endroits où la grève reconductible a tenu, par exemple à la SNCF avec 59 jours de grève, on sort avec un accord de cessation progressive d’activité de 18 mois. C’est-à-dire que ce que le gouvernement nous a enlevés d’un côté, on l’a gagné par les négociations de l’autre côté avec la SNCF. Comme quoi quand on se mobilise, que les salariés sont unis notamment par la grève, au bout on arrive à obtenir des choses du patronat. La grève générale est un grand mot. La grève se décrète par les salariés entreprise par entreprise, chantier par chantier. Ça passe par des assemblées générales chaque jour sur les lieux de travail.

    Rémy Cougnenc : Quels sont les mots d’ordre de l’intersyndicale ?

    Mathieu Guy : Déjà le combat contre la vie chère. On la combat ainsi que l’inflation par des augmentations des salaires. Les primes existent de plus en plus. Un tiers de nos revenus dans la fonction publique sont des primes. C’est assez dramatique parce qu’elles ne sont pas comptabilisées dans les cotisations et ne financent pas nos systèmes de retraites. On demande une augmentation générale des salaires et des pensions, ce qui permettrait de redonner du pouvoir d’achat aux salariés, retraités et des recettes pour l’État pour mieux redistribuer à travers la Sécurité sociale notamment. Je crois que l’inflation est à 15% donc il faut 15% de hausse des salaires. C’est la base minimale pour sortir la tête de l’ornière et faire en sorte que les travailleurs puissent vivre dignement de leur travail.

    Olivier Nottale : Et aussi puissent aller travailler car certains sont pris à la gorge…

    Mathieu Guy : Vu le prix de l’immobilier à Montpellier, Sète ou Lunel, bref sur l’arc littoral, on constate que les travailleurs ne vivent plus sur leur lieu de travail, ils en sont de plus en plus éloignés. Avec le prix de l’essence, un salarié qui se déplace pour travailler ça lui coûte de l’argent.

    Rémy Cougnenc : Le patronat vous rit au nez quand on parle d’augmenter les salaires. Soi disant qu’il n’y a plus d’argent !

    Mathieu Guy : Un rapport a rappelé que 211 milliards d’euros sont donnés chaque année aux entreprises sans contrepartie. Les grands groupes du CAC 40 ont versé 61 milliards d’euros de dividendes au premier semestre 2026. On voit bien que de l’argent il y en a. Sauf qu’il va vers ceux qui en ont le plus. D’où des inégalités de plus en plus grandes et un monde du travail qui souffre.

    Rémy Cougnenc : Si on touche au capital, il y aurait des délocalisations. C’est l’éternel chantage à l’emploi…

    Mathieu Guy : Les patrons n’ont pas attendu qu’on gagne des hausses de salaires ou plus de justice fiscale pour délocaliser, supprimer de l’emploi, fermer les industries, démanteler tout ce qui peut l’être à leur bénéfice. Seconde revendication : c’est la question des services publics à l’abandon. Sans les pompiers, l’hôpital,… on aurait vécu des choses encore plus dramatiques (…) [Écouter la suite de l’émission avec la question de la liberté de manifester et les violences d’extrême droite].

  • Route du Rhum : Mathieu Claveau face à la dépression des Açores

    Route du Rhum : Mathieu Claveau face à la dépression des Açores

    «Les premières heures et la nuit de dimanche à lundi ont été ultra intenses et je n’ai pas eu beaucoup de repos» indique Mathieu Claveau. Ce n’est que mardi que le Marseillais a pu souffler un peu, «mais c’était un calme relatif», reconnaît-il. Mercredi, les choses sérieuses ont repris le dessus, avec un changement de voile pour préparer son bateau à affronter la dépression des Açores qui s’annonce.

    Avec des vents annoncés à 50, voire 55 nœuds, il a fait le choix de la contourner par le nord. «Cela fait un petit détour, mais cette route est plus «safe». «Cette option va me permettre d’aller chercher les vents portants», détaille-t-il. Mathieu Claveau joue donc la carte de la sécurité, sachant que la Guadeloupe est encore loin. Il a aussi pris connaissance des mésaventures de certains concurrents, contraints à l’abandon pour cause de casse ou de chavirage, notamment chez les Ultim.

    Lui poursuit son bonhomme de chemin. «Le bateau répond bien, et ce que je vis est plutôt cool», confie-t-il. Même s’il a repéré une petite avarie sur le spy, «mais ce n’est pas grave». Son objectif est de sortir au mieux de la dépression afin d’aborder le week-end dans de bonnes conditions.

  • [Portraits] Ils seront dans la rue le 5 novembre

    [Portraits] Ils seront dans la rue le 5 novembre

    Nathalie Cuzin, Cadre de santé au Centre hospitalier Buech Durance (05) et représentante CGT

    Je suis en colère pour beaucoup de choses », lance Nathalie Cuzin, qui se mobilise depuis la rentrée. Elle était déjà en grève le 29 septembre, et sera à nouveau dans la rue jeudi 5 novembre. « Je suis personnel soignant et fonctionnaire, et moi, mon point d’indice n’a pas bougé. Avec l’inflation, je perds de l’argent pour aller travailler : il faut que je mette de l’essence dans la voiture ! Parce qu’on est un territoire rural, les transports en commun ne sont pas à la hauteur, et on habite tous dans des petits villages car en ville, tout coûte une blinde. » Elle travaille dans un établissement « à taille humaine », mais où le personnel « doit faire plus avec moins » : « On est arrivé à un seuil qui est ingérable, alarme-t-elle. En psychiatrie, on doit refuser des personnes avec des idées suicidaires. Pour les soignants, c’est insupportable, car on a l’impression de ne pas faire du bon travail. Et c’est vrai, on ne fait pas du bon travail. Mais c’est ce que l’on nous impose. »

    La syndicaliste se mobilise avant tout pour une cause globale : pour la défense des services publics, pour de meilleures conditions de travail, et pour l’éducation. « Moi, mon salaire est correct, je me bats aussi pour les autres. L’avenir, il est sombre, les gens dans tous les secteurs n’en peuvent plus, physiquement et psychiquement. Le monde devient fou, et on n’est pas entendus ». D’où l’importance, pour elle, de se rassembler en intersyndicale ce jeudi.

    Guillaume Sierra, Secrétaire du CSE Eurenco, à Sorgues (84)

    Manutentionnaire cariste à l’usine Eurenco de Sorgues, Guillaume Sierra œuvre actuellement au sein d’une industrie florissante. Le groupe, basé dans le Vaucluse et à Bergerac (Dordogne) fabrique des explosifs et a triplé sa taille en 5 ans, visant le milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2028. « Par la situation géopolitique, les carnets de commandes sont pleins, les effectifs ont doublé en deux ans », constate le secrétaire CGT du CSE, présent samedi dernier dans le rassemblement toléré malgré l’interdiction de la préfecture. « C’est bien, mais le samedi en général on ne travaille pas donc cela impacte moins l’économie qu’une mobilisation de grève en semaine », souligne-t-il.

    Pour autant, l’excellente santé financière d’Eurenco ne se traduit pas assez sur la fiche de paye des salariés. Depuis fin 2025, la CGT a lancé un préavis de grève illimité réclamant davantage que « les 30 euros d’augmentation de salaires » quand la direction fonctionne avec des primes d’intéressement. « S’il n’y avait que les salariés d’Eurenco mécontents, ce serait moins grave mais le problème est généralisé depuis une dizaine d’années », note Guillaume Sierra qui pointe le problème du « partage des richesses ». « Le problème de ne pas augmenter les salaires, c’est que cela engendre moins de cotisations et en bout de chaîne, moins de moyens pour les services publics », expose-t-il. Face « au ras-le-bol généralisé qui s’exprime mais qui se fait matraquer », Guillaume Sierra mise « sur une démonstration de force le 5 novembre par la grève ».

    Simon, étudiant à Aix-en-Provence (13)

    Simon est l’un des jeunes visages de la mobilisation à Aix. Ce membre de l’Union Étudiante estime que ces dernières semaines, il assiste au « plus gros mouvement que j’ai jamais vu depuis que je suis venu étudier ici. Alors que Aix n’est pas une ville qui pourrait se prêter au mouvement social :le contexte national, est vraiment très lourd. » Il fera partie des étudiants mobilisés depuis plusieurs semaines à rejoindre les cortèges de l’intersyndicale à Aix, ce jeudi 5 novembre. « Je pense qu’il faut saisir l’importance du moment […] je suis très heureux et j’espère sincèrement que au plus la mobilisation avancera, au plus les modalités de mobilisation seront claires pour tout le monde, que les points de rencontre seront réguliers et permanents. Le but, c’est que ce mouvement se régularise. Pour le moment, c’est un peu mi-figue, mi-raisin, mais on a envie de se saisir de ces moments pour que les gens puissent exprimer leur colère, mais pacifiquement », résume cet étudiant en archéologie, qui déplore une trop faible couverture médiatique des mouvements pacifiques, « dans plusieurs villes ». « N’oublions pas qu’à Aix, cela s’est toujours très bien passé », tient à rajouter Simon. L’étudiant se dit « très fier » d’être soutenu par l’intersyndicale et les travailleurs. « Il y a un slogan que je trouve très beau : La lutte, la lutte jusqu’à la victoire. La première victoire que l’on peut s’attribuer, c’est notre mobilisation. Et au plus on sera nombreux, au plus on se fera entendre. »

    Karl Antier, professeur de mathématiques contractuel au collège de Château-Arnoux-Saint-Auban (04).

    S’il est difficile pour lui de sacrifier une partie de son maigre salaire de professeur contractuel pour manifester le 5, Karl Antier reste pleinement mobilisé aux côtés de ses collègues et de ses élèves depuis la rentrée. Présent sur les ronds-points aux côtés des gilets jaunes, devant les lycées et la DSDEN à chaque manifestation, l’enseignant dénonce la situation précaire des contractuels et les conditions d’études des élèves. « Je m’étais reconverti en tant que prof pour la stabilité professionnelle et financière, mais ma situation n’a jamais été aussi mauvaise financièrement et en termes de stabilité que depuis que je suis dans l’Éducation nationale », regrette celui qui ne gagne que 950 euros par mois avec son temps partiel. Sa situation est devenue encore plus précaire avec l’augmentation des prix des carburants, alors qu’il habite à Manosque et travaille à Château-Arnoux-Saint-Auban.

    « Pour les filières générales, les classes ne sont généralement pas surchargées. Par contre, sur des filières spécifiques, technologiques, on ne va pas hésiter à surcharger. On sacrifie ceux qui sont en difficulté, parce qu’on n’a pas suffisamment de budget pour donner les mêmes conditions d’éducation à tout le monde », déplore le professeur de mathématiques, qui réclame des éducateurs spécialisés et des assistants sanitaires dans les établissements. Dans le collège du Mont d’Or à Manosque où est scolarisée sa fille, les élèves avaient encore récemment « des toilettes turques qui ne fermaient pas ».

    Julien Granato, élu CGT au CSE de Total La Mède (13)

    « Le 5 novembre on lèvera la tête comme tout le monde », lance Julien Granato. D’autant que cette date « tombe pile poil dans le calendrier des actions des industries », note le secrétaire adjoint CGT du CSE de Total la Mède. Sur le site de Châteaneuf-les-Martigues, comme sur tous les sites français du Groupe, les travailleurs avaient déjà débrayé le 8 octobre en prévision des NAO.

    Alors que Total engendre des profits historiques, avec 7,45 milliards d’euros de résultat net sur le troisième trimestre, et que ses bénéfices ne font qu’augmenter depuis le début du conflit au Moyen-Orient, Julien Granato affirme : « Il faut qu’on puisse influer pour que cet argent-là soit discuté sur plan fiscal », alors que le géant pétrolier ne paie pas d’impôt sur les sociétés en France, « mais aussi qu’on pose la question de la responsabilité en termes de maintenance et de garanties de sécurité de nos installations ». « Pendant l’épisode méditerranéen, on a été inondé, on a déversé des produits dans l’étang parce qu’on n’a pas réussi à canaliser cet afflux d’eau », témoigne-t-il, assurant : « On n’est pas prêts face aux événements exceptionnels. » La CGT a déclenché un CSE extraordinaire suite aux intempéries. « On a des solutions, il faut juste mettre de l’argent là où il faut, en termes d’environnement mais aussi de santé au travail, poursuit-il. On accompagne des camarades malades au quotidien. » La CGT tente de « bousculer le patronat » sur tous les plans : en alertant la DREAL, au pénal, aux prud’hommes… Et le 5, dans la rue.

    Nicolas Thibault, représentant CGT Brico Dépôt Toulon (83)

    Depuis le début de l’année, la colère sociale a gagné le groupe Brico Dépôt, au sein duquel un mouvement national de grève a éclaté. Inédit dans l’histoire de l’enseigne. « On a fait deux journées de grève, jeudi sera la troisième. On n’a pas été entendu sur les deux premières, on a donc décidé de se faire voir car on est un peu caché en restant au magasin », explique Nicolas Thibault, représentant CGT de Brico Dépôt Toulon. Seuls les responsables seront au magasin. « On est déjà trop peu pour le faire tourner en temps normal, ça va être un jour noir pour eux », prévoit-il. Parmi les doléances, le sous-effectif, donc, empiré par le retrait récent des intérimaires : « Ils ont basculé en CDD, mais cela n’a duré que quelques semaines. » Une des conséquences du gel des budgets imposé par l’enseigne, qui connaît une baisse de chiffre d’affaires de l’ordre de 30%, pour réduire les dépenses, comme les coûts énergétiques, avec « une lumière sur quatre allumée au magasin. Les clients sont dans le noir », décrit le syndicaliste.

    Mais au sommet des priorités, des salaires qui n’augmentent pas : « On est rattrapé par le Smic, les nouveaux venus sont au même niveau de salaires que des personnes avec cinq ans d’ancienneté. Le taux de prime est de 0% cette année, c’est une première », appuie Nicolas Thibault, qui décrit « un épuisement total des équipes », renforcé par des plannings « aléatoires, faits par IA, qui ne cessent de changer ». La seule certitude pour eux : jeudi, c’est manif !

    Nicolas Davan, secrétaire général du syndicat CGT Energie Provence

    « On a toujours été là. Des deux côtés, parce qu’on intervient avec les pompiers pour sécuriser les sites d’intervention ». Pour Nicolas Davan, c’est une évidence : « Jeudi, on y sera encore ».

    Depuis deux ans, les gaziers et les électriciens sont déjà régulièrement dans la rue « contre la vie chère ». Ils nous ont surpris avec des actions coup de poing quand les tarifs de l’énergie ont flambé avec ceux du logement. « On est parti en grève pour aller chercher une majoration résidentielle. Car avec les astreintes, des collègues sont obligés de vivre dans des villes chères et ils n’arrivaient pas à se loger », rappelle le syndicalite. Et leur attachement au service public les a encore poussés à agir sur des grosses installations comme les casernes de pompiers, les hôpitaux ou les Crous : « on les passait en service réduit ». Puis les soldes se sont élargies. C’est en Robins des bois qu’on les a retrouvés, stoppant les compteurs des quartiers populaires tout en maintenant leur alimentation en énergie.

    La colère des énergéticiens est à la fois jubilatoire, généreuse et contagieuse. Dans les manifestations contre la réforme des retraites, l’énergie de leur « martyr » enchaîné, perché sur le toit de la camionnette bleue leur a attiré toute la sympathie d’une jeunesse bien vivante. Depuis la rentrée ils sont présents auprès des lycéens. « Ils sont nos enfants, moins organisés, alors nous assurons un service d’ordre. Logement, alimentation, carburants et études, ils sont déjà touchés de plein fouet ».

    Laurent Guilloteau, sapeur-pompier des Bouches-du-Rhône, délégué CGT

    Laurent Guilloteau est sous-officier du Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône (Sdis 13). Par ailleurs secrétaire général de la CGT Sdis 13, il déplore des services de secours « sous-financés » : « On subit de plein fouet les politiques d’austérité macronistes, en témoignent les agents non remplacés ». Il attend du gouvernement qu’il « mette la main au portefeuille », afin de « mieux financer les services départementaux ». Le pompier syndiqué parle au nom de la sécurité civile : « Tous les Sdis présentent la même souffrance, ces revendications sont nationales ». Depuis le 8 septembre, celle-ci réclame plus de moyens et d’effectifs, après un été marqué par des incendies d’une virulence inédite aux conséquences nocives sur la santé des pompiers, en première ligne. « Nombre de nos collègues ont été victimes d’intoxications, liées aux substances toxiques qu’on retrouve dans la fumée. Aujourd’hui, on ne peut pas leur garantir un suivi de santé individuel jusqu’à leur départ à la retraite. »

    Avec émotion, Laurent Guilloteau annonce que la mobilisation des agents du Sdis ce jeudi sera aussi motivée par une colère générale, qui fait suite à l’attaque par arme à feu ayant blessé leur collègue des Pennes Mirabeau, ce dimanche 1er novembre. « Les carences des autres services publics en France placent les sapeurs pompiers en dernier rempart », regrette-t-il, en soulignant « les risques que prennent les agents en intervenant parfois avant les forces de l’ordre ».

  • Agora des savoirs à Montpellier : une saison pour comprendre

    Agora des savoirs à Montpellier : une saison pour comprendre

    Depuis 2009, l’Agora des savoirs s’attache à rapprocher le monde de la recherche et le grand public. Conférences, échanges et débats permettent d’explorer les dernières avancées scientifiques, mais aussi d’éclairer les grandes questions historiques et sociales. « Alors que ne cesse de progresser dans nos sociétés un régime de post-vérité qui tend à nous faire préférer mensonges, idées reçues et opinions personnelles à l’objectivité des faits, il nous paraît essentiel de préserver et multiplier ces moments de rencontre et de discussions entre les scientifiques et les citoyens », souligne Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole. Avant de rappeler que « le savoir est une arme puissante contre toutes les formes d’obscurantisme et de haine de l’autre ».

    L’Histoire pour comprendre les résistances

    Ce premier cycle, constitué de 7 rencontres suivies de débats, accorde une place particulière à l’Histoire, aux luttes politiques et aux conquêtes de droits. La saison s’ouvrira le 4 novembre avec une conférence de Yann Potin consacrée à Marc Bloch (1886-1944), qui fut enseignant à Montpellier. Historien, combattant des deux guerres mondiales, résistant, celui qui fut assassiné par les nazis en 1944 incarne « une figure majeure de l’intellectuel engagé ». Son entrée au Panthéon en juin dernier offre l’occasion de revenir sur une œuvre « qui a profondément renouvelé les études historiques » et sur « l’inextricable alliance savante, politique et morale qu’incarne son parcours ».

    Le 18 novembre, l’historienne Éliane Viennot, autrice de La Forteresse assiégée. La France, les femmes et le pouvoir, 1860-2000 (CNRS éditions, 2026), s’intéressera à la conquête du pouvoir par les femmes en France. De l’accès aux études supérieures à la représentation politique, elle retracera les étapes de la progression vers l’égalité, mais aussi les résistances, les stratégies et les violences qui ont longtemps entretenu la domination masculine. Une conférence qui interroge les acquis et les obstacles persistants dans la société contemporaine.

    Du vivant aux crises géopolitiques

    La programmation fera également la part belle aux sciences du vivant. Le 25 novembre, une projection du documentaire Tardigrade, l’animal indestructible, suivie d’un échange avec les scientifiques Simon Galas et Myriam Richaud, permettra de découvrir ces animaux microscopiques capables de survivre à des conditions extrêmes (températures de -270 à plus de 100°C, rayons X, vide spatial, déshydratation…). Leurs étonnantes propriétés nourrissent les recherches de certains scientifiques, qui s’intéressent « à leur mode de vie et aux mystères de leur génétique, au cœur d’innovations prometteuses en médecine, pharmacie, cosmétique ou astrobiologie… qui pourraient bien révolutionner notre futur. »

    Le 9 décembre, l’historien François Godicheau proposera de « nouveaux regards sur la guerre d’Espagne (1936-1939) » : « Aujourd’hui, de nombreuses recherches et archives, mais aussi des témoignages, permettent d’écrire une nouvelle histoire de la guerre d’Espagne. Cette histoire dévoile le long travail de sape de la démocratie par les forces réactionnaires et l’extrême droite espagnole, bien avant 1936. Elle montre les mécanismes profonds de la dictature franquiste et se penche enfin sur l’expérience au jour le jour des acteurs de cet épisode majeur du XXe siècle européen. »

    Le 16 décembre, Grégoire Mettra remontera, lui, aux années 1970 pour éclairer les racines de certaines tensions actuelles au Moyen-Orient et dans la Corne de l’Afrique, à travers la politique étrangère américaine et les rivalités régionales.

    Le procès de Mazan vu
    par des anthropologues

    Après les fêtes, le 6 janvier, les paléontologues Pierre-Olivier Antoine et Lionel Hautier retraceront près de 300 millions d’années d’évolution des mammifères. Une plongée dans une histoire peuplée d’espèces disparues, des premiers mammaliaformes aux géants qui ont précédé ou côtoyé les humains. Enfin, le 20 janvier, les anthropologues Perrine Lachenal et Céline Lesourd reviendront sur le procès des viols de Mazan à travers l‘ouvrage collectif Mazan, anthropologie d’un procès pour viols (Le Bruit du monde, 2025), auquel elles ont participé. « Depuis la salle d’audience jusque dans les rues d’Avignon et de Mazan, des anthropologues ont voulu suivre ce procès. L’enquête de ces quatorze chercheurs en sciences sociales, spécialistes en études de genre, a permis de recueillir des centaines de témoignages – de journalistes, avocates, membres de collectifs féministes, étudiantes, personnels de santé, commerçantes… – offrant un point de vue inédit sur cet événement. Elle donne à entendre les échos d’un procès de société et ce qu’ils révèlent des rapports de pouvoir et des relations entre les femmes et les hommes. »

    * Les conférences ont lieu le mercredi à 19 h au centre Rabelais, 27 boulevard Sarrail, à Montpellier. Entrée libre et gratuite, dans la limite des places disponibles. Les rencontres sont retransmises en direct et en différé sur la chaîne YouTube de l’Agora des savoirs, ainsi que sur Divergence, en radio numérique terrestre et via son application.

  • [Maj] Les principaux rendez-vous pour le 5 novembre

    [Maj] Les principaux rendez-vous pour le 5 novembre

    Marseille. Rendez-vous à 10h30 aux Réformés.

    Aix-en-Provence. Rendez-vous à 10h30 à la Rotonde.

    Martigues. Rendez-vous à 10h30 place Jean-Jaurès.

    Arles. Rendez-vous au kiosque à musique à 10h.

    Salon-de-Provence. Rendez-vous à 10h30 devant la mairie.

    Toulon. Rendez-vous à 9h30 place d’Armes.

    Brignoles. Rendez-vous à 14h devant la sous-préfecture.

    Draguignan. Rendez-vous à 10h30 devant la sous-préfecture.

    Saint-Raphaël. Rendez-vous au rond-point Kennedy à 10h30.

    Avignon. Rendez-vous à 10h30 sur le cours Jean-Jaurès.

    Digne-les-Bains. Rendez-vous à 11h place du Général-de-Gaulle.

    Manosque. Rendez-vous à 14h rue Rossini devant le cinéma.

    Gap. Rendez-vous à 10h devant le lycée Aristide-Briand.

  • Occitanie : ces particules dans l’air qui ne sentent pas bon

    Occitanie : ces particules dans l’air qui ne sentent pas bon

    On en boit, on en mange et désormais grâce à cette étude, on sait qu’on en respire. » On s’en doutait fortement et c’est maintenant avéré. En plus d’être présents dans l’eau et les sols, les pesticides, perturbateurs endocriniens et Pfas sont massivement présents dans l’air en Occitanie comme ailleurs.

    Menée en 2024-2025, une étude nationale de l’agence Atmo vient de révéler ses résultats qui pour le moins interrogent. Selon les prélèvements effectués dans 10 sites d’Occitanie représentatifs des différentes structures de territoires (grandes cultures, polyculture, viticulture, urbain…), notre « multi-exposition saisonnière » est avérée, résume Émilie Dalix, présidente d’Atmo Occitanie, structure indépendante qui se définit comme un tiers de confiance pour les citoyens, garant de l’intérêt général.

    Sur les 191 molécules recherchées dans l’air, la présence de 103 d’entre elles est avérée. Dans le détail, on trouve la trace dans tout ou partie des sites de 42 pesticides sur 87, 48 perturbateurs endocriniens sur 53 et 13 substances per et polyfluoroalkylées sur 51 plus connues sous le nom de « Pfas ou polluants éternels ». Il peut par exemple s’agir de fongicides, herbicides, insecticides, dégradés de combustion, de composés plastiques, répulsifs utilisés dans les produits d’hygiène…

    À noter que les perturbateurs endocriniens et les Pfas se retrouvent dans la totalité des sites testés en France, ce qui laisse penser que « ces molécules sont présentes dans l’environnement », résume Dominique Tilac, directrice générale d’Atmo Occitanie.

    Des cancers du poumon chez des non-fumeurs

    Que signifient ces résultats ? Eh bien c’est désormais aux scientifiques de s’en saisir et de le dire. Le but du lanceur d’alerte étant d’alerter les pouvoirs publics, pas d’affoler la population. « C’est une démarche scientifique, on doit passer du questionnement à la connaissance », insiste Émilie Dalix. Elle rappelle qu’« un adulte respire 15 litres d’air par jour ». Et que la loi LAURE (1996) garantit que « chacun a le droit de respirer un air qui ne nuise pas à sa santé ».

    Au cœur du projet Paddle soutenu par l’Anses, Health data hub et coordonné par le CHU de Toulouse, le Pr Valentin Héluain tente d’établir précisément les liens entre pollution de l’air et cancer du poumon dont 20 à 25% proviennent chez des non-fumeurs, insiste-t-il. « On recherche les liens épidémiologiques de cause à effet entre une exposition environnementale et une maladie », résume le pneumologue et oncologue.

    Quand bien même certaines molécules se retrouvent loin des champs ou des usines, les secteurs agricole et industriel sont aussi invités à se saisir des résultats, comme pour les fumées par le passé. « Avant il y avait dans l’air du plomb et le souffre des carburants. On a moins de particules fines aujourd’hui. On peut agir sur la qualité de l’air », positive Dominique Tilac. Comme souvent tout est question de volonté politique. La santé publique doit primer sur l’économie.

  • [Procès rue d’Aubagne] Les débats entrent dans le vif et la polémique

    [Procès rue d’Aubagne] Les débats entrent dans le vif et la polémique

    Après une journée à débattre d’incidents de nullité, le président de la cour Fabrice Naudé a invité les prévenus à « jeter les bases de leur ligne de défense ».

    Premier à s’exprimer, Xavier Cachard, avocat du syndic de copropriété et propriétaire au numéro 65 rue d’Aubagne. Il s’en est d’abord pris à la « presse qui titrait lundi “le procès de la cupidité et du mépris” ». « Je ne peux pas entendre que j’étais indifférent aux parties civiles ni que j’ai tout fait pour retarder les travaux et que je me suis enrichi sur la misère ! Il n’y a ni cupidité ni enrichissement », a clamé M. Cachard qui a réfuté aussi que son appartement fut un taudis. Sa maladresse éclate pour expliquer qu’il n’a jamais empêché la prise d’un arrêté de péril. « Je tutoie Julien Ruas. Si je veux empêcher un arrêté, je l’appelle, mais ça n’existe pas, je ne le ferai jamais. » On a vu meilleure entrée en matière.

    « Je veux démontrer que je n’ai commis aucune faute pénale », susurre l’architecte Richard Carta qui a constaté le péril grave imminent mais a abandonné les habitants dans l’immeuble, pour vite aller dans un avion pour Copenhague. « Le 18 octobre, il ne m’est apparu aucun élément me permettant d’envisager un effondrement pour décider l’évacuation des habitants. »

    Julien Ruas se livre tout en douceur à ses juges. L’ancien adjoint en charge de la gestion des risques s’incline sur les huit morts. « Je ne peux pas venir devant vous sans une pensée pour les victimes de la rue d’Aubagne et le fait que j’ai fait appel n’y enlève rien. » Il souligne à la cour qu’il a été relaxé en première instance sur quatre manquements mais condamné pour n’avoir pas lancé de travaux d’office. « Mais nous ne pouvions pas mobiliser les fonds disponibles sur le 65 », assure-t-il.

    En marge du procès, le maire de Marseille a répondu lundi soir au Collectif du 5 novembre et aux autres associations qui dans une tribune parue le 8 octobre dans La Marseillaise, lui demandaient d’encadrer la protection fonctionnelle accordée à Julien Ruas. Selon nos informations, la Ville a versé plus d’un demi-million d’euros à la défense de M. Ruas : 209 000 euros partagés entre les trois premiers avocats de M. Ruas au cours des quatre années de la phase d’information judiciaire. Puis la Ville s’est acquittée de 156 000 euros d’honoraires pour les deux avocats du procès de première instance. Le même montant a été versé pour le procès en appel, ce qui porte à ce jour l’ardoise totale de cette protection fonctionnelle décriée à plus de 521 000 euros.

    « Je partage votre colère face à l’indécence des sommes en jeu », reconnaît le maire qui dit ne pas se résoudre « à ce que l’argent des Marseillaises et des Marseillais doive financer les sommes exorbitantes destinées à la défense de celles et ceux qui, par le passé, n’ont pas été à la hauteur de leur mission ». Le maire dit s’être employé à « limiter autant que possible les frais pris en charge en écartant plusieurs factures d’honoraires présentés par l’ancien élu qui étaient manifestement excessives ». Selon nos informations, la Ville a réduit non pas d’un tiers, mais de la moitié les montants des factures initialement présentées.

    Benoît Payan s’en remet au garde des Sceaux, Gérald Darmanin, pour réformer par décret le régime de la protection fonctionnelle en fixant un « plafond national » et pour que ne soient pris en charge que des « montants strictement nécessaires et proportionnés à l’exercice effectif des droits de la défense ».

    « Que l’on arrête de nous balader avec des éléments de langage compassionnel et onctueux, et que l’on mette en place les outils réels et la transparence de l’administration pour rétablir un peu d’équité devant la justice », lui ont répondu lundi les associations. « Un plafonnement sur simple décision du conseil municipal peut suffire. »

  • À Montpellier, le Pacte du pouvoir de vivre dénonce le budget 2027

    À Montpellier, le Pacte du pouvoir de vivre dénonce le budget 2027

    Le Pacte du pouvoir de vivre regroupe au plan national une soixantaine d’organisations syndicales, associatives et citoyennes engagées pour la justice sociale, écologique et démocratique. À Montpellier son groupe local dénonce « la déconnexion croissante entre l’action gouvernementale et les réalités sociales, économiques et environnementales vécues par la population », explique Bernard Morin, un de ses animateurs. « Les mobilisations actuelles des lycéens, des étudiants, des salariés et des retraités traduisent des préoccupations légitimes qui nécessitent écoute, dialogue et réponses concrètes », explique le militant.

    Tout « en condamnant absolument les violences, les dégradations et les pillages, elles invitent à s’interroger sur leurs causes sociétales et demandent au gouvernement d’assurer la sécurité publique et, tout autant, d’apporter des réponses concrètes et ambitieuses aux revendications exprimées ». Et d’ajouter : « La déconnexion gouvernementale se manifeste également dans un projet de budget 2027 injuste, susceptible d’appauvrir la grande majorité de la population face à la hausse du coût de la vie et des dépenses énergétiques et de santé, tout en épargnant largement les plus hauts revenus. » Le Pacte du pouvoir de vivre critique notamment le gel ou la réduction des retraites, de certaines aides sociales, la stagnation des rémunérations, l’augmentation du reste à charge des patients et la diminution des moyens consacrés à la transition écologique, à la rénovation énergétique et à la protection de la biodiversité.

    Et d’appeler « à des politiques publiques ambitieuses, fondées sur la justice sociale, la réduction des inégalités et de la pauvreté, l’anticipation des crises. Il souligne, pour y parvenir, l’importance d’associer bien davantage les citoyens, les syndicats, les associations et les acteurs de terrain à l’élaboration des solutions ».

  • Midterms : Les démocrates prennent le contrôle du Congrès des États-Unis

    Midterms : Les démocrates prennent le contrôle du Congrès des États-Unis

    C’est un tsunami pour le Parti démocrate, qui, à l’issue de ces élections de mi-mandat prennent le contrôle du Congrès des États-Unis. Selon les derniers résultats communiqués ce mercredi matin, les démocrates ont remporté 226 sièges à la Chambre des représentants contre 139 pour les républicains. Au Sénat, les démocrates sont crédités, à cette heure, de 54 sièges contre 44 pour le camp conservateur. Dans ces deux chambres, le Parti démocrate a désormais la majorité.

    Donald Trump a assuré dans la nuit qu’il «acceptait» le résultat du scrutin. «Je suis tout à fait disposé à accepter ces résultats», a-t-il déclaré au New York Times.

    «Nous travaillerons avec les démocrates ; nous nous réjouissons, vous savez, de collaborer avec eux. Nous parviendrons probablement à trouver un terrain d’entente». À noter que l’article 1, section 7 de la Constitution américaine donne un droit de veto au président, lui permettant de rejeter une loi votée par le Congrès.

    Cette vague bleue s’accompagne de victoires hautement symboliques pour les minorités aux États-Unis. Parmi lesquelles, celle d’Abdul El-Sayed, issu de l’aile gauche du parti, qui a remporté l’élection sénatoriale dans l’État du Michigan. Il devient ainsi le premier musulman au Sénat et le premier médecin démocrate à siéger dans cette chambre depuis 1969. Dans le New Hampshire, Chris Pappas, devient le premier sénateur ouvertement gay. Adam Hamilton devient le premier sénateur démocrate du Kansas depuis 1932. James Talarico, fait basculer le Texas côté démocrate pour la première depuis 1988 de même qu’Annie Andrews en Caroline du Sud.

    En ce qui concerne les gouverneurs, 24 démocrates et 18 républicains ont été élus à ce stade. En Géorgie, État marqué par son histoire ségrégationniste, Keisha Lance Bottoms a été élue gouverneure, devenant la première femme noire à occuper ce poste à l’échelle des États-Unis. Dans le Nouveau-Mexique, Deb Haaland, membre de la tribu Laguna Pueblo, est devenue la première femme amérindienne à se hisser à la fonction de gouverneure.

    Enfin, l’actuel chef des députés démocrates, Hakeem Jeffries, pourrait devenir le premier homme noir à présider la Chambre des représentants.

  • À Digne-les-Bains, FO alerte sur les réductions d’effectifs à Sanofi et à l’hôpital

    À Digne-les-Bains, FO alerte sur les réductions d’effectifs à Sanofi et à l’hôpital

    Réductions d’effectifs » à Sanofi Sisteron, « maltraitances » à Coallia, suppressions de lits à l’hôpital… Le syndicat FO a tiré la sonnette d’alarme lundi, lors d’une conférence de presse balayant de nombreux sujets. « On ne renouvelle pas les départs à la retraite, on prend des CDD à la place », a déploré Patrice Richaud, secrétaire de FO au centre hospitalier de Manosque. Selon lui, certains salariés sont en CDD depuis trois ou quatre ans. « Depuis le 1er septembre, il y a eu une forte augmentation d’activité au bloc, et dans le même temps ils veulent passer de 30 à 24 lits en chirurgie », a-t-il par ailleurs regretté, alors que la direction de l’hôpital est en train de préparer un plan d’efficience prévoyant des réductions d’effectifs. « Pourquoi supprimer que des soignants et pas des directeurs, alors qu’on en a 17 ou 18 ? », a questionné Patrice Richaud. « On ne peut pas diriger l’hôpital public comme une entreprise », a ajouté Kevin Martin, secrétaire de FO santé 04 à l’hôpital de Digne.

    Contactée, la direction du centre hospitalier reconnaît des réductions d’effectifs, mais refuse toujours de parler de suppressions de postes. Elle renvoie à son dernier communiqué de septembre, depuis lequel « rien n’a changé ». « Les mesures peuvent évoluer en fonction des retours des médecins », précise-t-elle.

    Suppressions de postes

    Du côté de Sanofi, Samuel Bertorello et Philippe Ghizzardi, délégué syndical central d’activité chimie, ont déploré un « désengagement industriel » et une « baisse d’activité de 30% de la production annoncée ». Selon FO, 30 postes de techniciens auraient été supprimés sur une période d’un an à Sisteron. « Les 30 collaborateurs ont déjà été repositionnés entre 2024 et 2026, dont certains en interne », affirme de son côté la direction.

    « Les baisses d’effectifs concernent exclusivement des suppressions de postes sans licenciement direct », précise Philippe Ghizzardi. Selon lui, « plus d’une quarantaine de postes ont été classés sensibles pour permettre au site de se séparer de ces fonctions », ce que conteste Sanofi. « Nous n’avons pas de projet en cours sur le site de Sisteron. Concernant les équipes de production, ces évolutions relèvent d’un projet déjà annoncé en 2023, lors de la fermeture d’un bâtiment du site dédié au développement de médicaments matures, qui n’était plus adapté à la stratégie d’innovation. »

    FO est le troisième syndicat de Sanofi Sisteron, derrière la CFE-CGC et la CGT qui a la majorité absolue.

    Jessica Pichotin, secrétaire du syndicat départemental de l’action sociale, a ensuite évoqué la situation de Coallia, association qui accueille notamment des enfants placés, et dont elle est la déléguée syndicale FO. « Nous faisons face à des fermetures de services dans le domaine de la protection de l’enfance sur toute la région », a-t-elle regretté. Selon elle, « une vingtaine de postes ont déjà fermé depuis le début de l’année sur Digne suite à des pertes d’agréments ». Contacté, Coallia n’a pas pu être joint dans l’immédiat. « Les collègues qui ont perdu leur poste, ça fait plus de huit mois qu’ils sont chez eux, on attend soit qu’ils démissionnent tout seuls, soit qu’ils demandent une rupture conventionnelle, alors que nous réclamons un PSE », a avancé la déléguée syndicale.