Tag: victime

  • À Marseille soutien unanime à Aurore, factrice menacée de licenciement

    À Marseille soutien unanime à Aurore, factrice menacée de licenciement

    « On convoque une victime de harcèlement pour la traduire devant une commission disciplinaire ! » Devant le Village La Poste, siège marseillais de l’entreprise postale, Karim Bouzana, délégué syndical de la CGT, hausse le ton ce mercredi matin. Micro à la main et sono derrière lui, le syndicaliste entend envoyer un message à sa direction : « On n’acceptera pas l’inacceptable, on ne laissera pas faire ! » S’il est aussi remonté, c’est parce qu’une factrice du 7e arrondissement de Marseille, Aurore, est convoquée pour une commission consultative paritaire, une instance disciplinaire pouvant déboucher sur une sanction allant jusqu’au licenciement. Aux côtés de Karim Bouzana et devant une ligne de drapeaux rouges portés par les soutiens présents, elle a les larmes aux yeux.

    La Poste ne commente pas

    Et pour cause : si cette dernière est visée par cette procédure, elle est aussi à l’origine d’une dénonciation « de comportements sexistes et sexuels » sur fond de harcèlement de la part d’un de ses cadres (lire notre article du 26/08). Une dénonciation liée à cette menace de sanctions à son encontre. « Ceux qui ont monté le dossier contre sont les supposés harceleurs. L’agent est victime de violences sexistes et sexuelles, c’est le terme approprié. Les faits sont graves et avérés, on a plusieurs témoignages », assure Karim Bouzana. Autour de lui, les plusieurs dizaines de militants CGT venus en soutien opinent du chef et dénoncent logiquement cette situation pour le moins lunaire. Les cadres en question auraient été mutés suite à une enquête interne de l’entreprise mais la procédure à l’encontre d’Aurore persiste. « La Poste reconnaît les faits dans son protocole de harcèlement, constate qu’il y a une atteinte à la dignité des personnes et une répétition des faits. Mais malgré tout ça, La Poste ne veut pas reconnaître le statut de victime, elle ne prend aucune mesure ! », développe le syndicaliste. Contactée à plusieurs reprises, La Poste « ne souhaite pas s’exprimer » sur ce dossier qui en dit pourtant long sur sa politique interne. « Il y a le goût du harcèlement, son odeur, l’image aussi mais pour la direction, ce n’est pas du harcèlement », dénonce Karim Bouzana.

  • Marseille : un ex boxeur blessé par balles à Bel Horizon

    Marseille : un ex boxeur blessé par balles à Bel Horizon

    Depuis leur scooter, deux hommes casqués ont tiré des rafales au bas de la tour Bel Horizon, qui abrite un important point de deal, dans le quartier de Saint-Lazare vers 22h30 ce mardi 25 août a-t-on appris de source policière. Un homme de 51 ans est tombé. Pris en charge par les marins-pompiers, son pronostic vital était engagé.

    Selon une autre source, la victime serait très probablement le boxeur Badara M’Baye, condamné en 2020 à dix ans d’emprisonnement. Deux ans plus tôt dans un bar à Noailles, visiblement sous l’emprise de l’alcool, il avait décoché une série de coups de poings fatale à un homme de 56 ans. L’ex sportif était en liberté conditionnelle il y a peu.

    Une enquête a été ouverte et confiée à la Direction de la criminalité organisée et spécialisée.

  • À Marseille, la CGT soutient une factrice menacée de sanctions

    À Marseille, la CGT soutient une factrice menacée de sanctions

    C’est « un dossier sensible » qui arrive sur la table de la direction locale de La Poste, ce mercredi. La CGT de l’entreprise appelle à un rassemblement devant son siège marseillais pour soutenir Aurore, une factrice du 7e arrondissement, qui est convoquée pour un entretien potentiellement préalable à sanctions dans le cadre d’une instance, la commission consultative paritaire. Mais on ne parle pas ici d’une simple mobilisation en soutien à une militante syndicale qui aurait trop élevé la voix à l’encontre de sa direction. Car selon le syndicat, la factrice en question a en effet dénoncé un ensemble de « comportements à caractère sexiste et sexuel » de la part d’encadrants qui officiaient sur son site, ceux-ci étant liés à cette procédure engagée à son encontre…

    « Elle a dénoncé une situation de harcèlement sexiste et sexuel vis-à-vis de deux de ses cadres : remarques sur son physique, blagues graveleuses, atteintes à la dignité… », relate Karim Bouzana, délégué syndical. Avant de développer : « La convocation à un entretien est basée sur un dossier monté par les cadres qu’elle a dénoncés ! ». Notons tout de même que la procédure à l’encontre d’Aurore a débuté avant qu’elle ne monte au créneau.

    Une victime sanctionnée ?

    « Elle avait déjà été convoquée à un entretien préalable à sanction en mai, il n’y avait pas eu de suite. Mais elle a finalement reçu une nouvelle convocation », explique le syndicaliste. En clair, si la direction lui reprocherait officiellement ses états de service, cette situation serait bien en lien avec la dénonciation des comportements desdits cadres. En tout cas, la CGT est sûre d’elle et ne compte « pas lâcher Aurore ». « On a 3 témoignages d’agents du même site qui relatent ces propos sexistes et graves. Il y a eu une enquête interne de La Poste qui reconnaît les faits mais en les minimisant. Pour la direction, ce n’est pas officiellement du harcèlement mais pour nous c’est bien une victime », martèle Karim Bouzana. Avant de rappeler que la factrice reçoit un soutien qui dépasse le cadre de la CGT : « Ce lundi, il y a eu une délibération votée en CSE extraordinaire et adoptée à 30 votes favorables sur 31 pour la reconnaître comme lanceuse d’alerte ».

  • Marseille, avec les Terre-neuve sauveteurs aquatiques

    Marseille, avec les Terre-neuve sauveteurs aquatiques

    Comme chaque dimanche matin, dix chiens sauveteurs aquatiques de l’association Terre-neuve 13 s’entraînent avec leur maître dans la base nautique de Corbières. « Ils nagent la brasse avec leurs quatre pattes palmées comme des canards. Leur musculature est puissante, leur poil est huilé de sebum, c’est leur combinaison. »

    Etrangement, ce chien qui a un instinct de sauvetage très développé n’est intégré à aucune équipe de secours en France, alors que les noyades explosent. On est à l’opposé du Saint-Bernard en montagne. « On aimerait aider les maîtres-nageurs à surveiller les plages. En Italie, ils le font depuis 40 ans, c’est très efficace et en plus on est des bénévoles, mais en France, ça ne semble pas intéresser. On fait des démonstrations, de la surveillance de course de natation à l’occasion de la fête de la mer. Tout le monde nous félicite, dit que ce sont des chiens extraordinaires, mais ça s’arrête là », s’étonne avec regret Michelle Salel, la présidente de cette association qui forme au secourisme canin.

    Un nageur déjà palmé

    Équipés d’un harnais de sauvetage, Cara, Enjoy, Mikki, Ronan, Alba, Vick, Agathe et les autres aboient gaiement, impatients de bondir dans l’eau. Mais avant, Patrick, éducateur canin, les sociabilise, les fait s’exercer avec leur maître pour reproduire dans l’eau les ordres appris à terre. « Assis, pas bouger, suite au pied. »

    « Le Terre-neuve est un chien très têtu qu’il faut canaliser, lui apprendre des codes de sauvetage. C’est une éducation ferme mais douce qui commence à partir de trois mois », explique-t-il en tenant Ronan, un mâle de 6 ans qui pèse déjà 70 kilos. Dans le groupe, une chienne semble jouir d’un statut particulier. « C’est Cara la mamie, elle a 9 ans, elle est à la retraite. »

    En mer, le chien apprend à saisir un manchon, tirer une bouée. Il paraît lourd mais flotte sur l’eau. Sa nage ne consiste pas à battre frénétiquement des pattes avant mais à équilibrer sa brasse. « On fait toujours attention qu’avec ses griffes, il ne blesse pas la victime en s’approchant. » Avec une forte capacité pulmonaire, il peut tenir deux heures dans l’eau sans se fatiguer. Leurs pattes ont des membranes très développées qui relient les doigts jusqu’à la base des griffes. Le Terre-neuve est comme un nageur déjà palmé.

    La récompense pour un exercice réussi, ce sont toujours des félicitations du maître, beaucoup de câlins et parfois des friandises pour ces ours de mer totalement affectueux. « Ce sont des chiens puissants qui fonctionnent toujours en binôme de soutien avec leur maître. Le sauveteur va sécuriser la personne en détresse qui peut avoir des gestes de panique. Le chien lui s’occupe du paddle puis quand la victime est sécurisée, qu’elle tient bien le “rescue tube” ou les sangles de prise du harnais, le chien remorque tout le monde jusqu’au bord. Ils peuvent tracter une tonne en mer. » En plus du harnais de sauvetage, certains chiens sont équipés autour du cou d’un airbag. « C’est une sécurité ultime pour nos chiens qu’on déclencherait en cas d’urgence. C’est arrivé une fois pour un chien qui comme un humain a fait un malaise. Il a eu une hydrocution. L’airbag gonfle une bouée qui tient émerger la tête du chien hors de l’eau », explique Martine, la coordinatrice.

  • [Quoi de neuf] « Le parcours judiciaire, c’est le parcours du combattant »

    [Quoi de neuf] « Le parcours judiciaire, c’est le parcours du combattant »

    Oriane Castan : France Victimes 34 est une association d’information et d’aide aux personnes victimes. Dans quel domaine se situent ces personnes victimes et comment se traduisent ces deux pôles, informer et accompagner ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : L’information est destinée au grand public mais aussi à tous les professionnels avec qui nous travaillons et qui ne sont pas forcément du milieu judiciaire. Nous travaillons bien évidemment de façon très étroite avec les représentants du Parquet, les avocats, tous les services qui interviennent dans le cadre des procédures judiciaires mais aussi les hôpitaux, les autres associations et avec tous ceux qui peuvent nous aider à être en bonne connaissance des difficultés que rencontrent les victimes.

    Olivier Nottale : Des psychologues aussi ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : Oui, des psychologues, des travailleurs sociaux. C’est toujours très compliqué de parler d’une association qui intervient dans des procédures judiciaires, des parcours judiciaires. J’utilise un langage qui n’est pas toujours compris du grand public. Je discutais récemment avec quelqu’un et on parlait des classements sans suite. Moi je sais précisément de quoi il retourne mais dans le grand public, à moins d’avoir été soi-même concerné, on ne connaît pas les définitions.

    Oriane Castan : Pour bien comprendre, concrètement, c’est quoi le parcours « type » d’une personne victime ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : Vous êtes, Madame, Monsieur, victime d’un vol de carte bleue, d’une agression ou d’insultes dans les transports, de harcèlement sur la voie publique ou, plus grave, d’une atteinte à la personne. En principe, on intervient à partir de la plainte et le temps de la procédure judiciaire.

    Oriane Castan : Votre accompagnement se fait de manière automatique ou la personne doit en faire la demande ?

    Roselyne Leplant-Duplouy :

    On ne travaille jamais sans que la personne victime nous donne son accord, évidemment. Il nous arrive d’aller au devant, d’être proactifs. Les services de police et de gendarmerie ont tout un protocole qui induit une orientation vers France Victimes pour toutes les plaintes, quelle qu’en soit la nature. Dans ce cas de figure là, quand on a la saisine, c’est-à-dire le signalement par les services de police, de gendarmerie, voire les juges d’instruction, on contacte la personne victime et on lui propose nos services. Il n’y a pas de contraintes. La justice ne contraint pas à être accompagné par France Victimes. Il faut vraiment qu’il y ait une adhésion. Cela ne pose aucun problème dans 90% des cas.

    Olivier Nottale : La personne est rassurée de trouver une oreille attentive ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : Oui, une oreille attentive et des professionnels qui vont lui expliquer quel va être son parcours. Car le parcours judiciaire, c’est le parcours du combattant.

    Oriane Castan : Comment
    ce parcours se traduit-il
     ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : La plupart des associations du réseau national de France Victimes – nous sommes 130 associations sur le territoire, en métropole et outremer – nous avons des juristes formés en droit pénal et des psychologues formés en victimologie. C’est l’équipe de base. Après, il y a le volet social dont on s’occupe avec notre partenaire, le Département [de l’Hérault] qui depuis de nombreuses a engagé des fonds pour mettre à disposition des commissariats et des gendarmeries des assistants du service social. Ils sont spécifiquement là pour compléter notre travail.

    Oriane Castan : Si vous n’intervenez pas pour accompagner ces personnes victimes qui le fait ?

    Roselyne Leplant-Duplouy : Personne. Les avocats font leur travail. Après on a tout un réseau d’associations partenaires et de services qui nous connaissent. On peut venir taper à notre porte quelle que soit l’étape du parcours judiciaire.

    Olivier Nottale : Les personnes victimes se trouvent confronter à un mur, celui de la justice…

    Roselyne Leplant-Duplouy : Oui, vous avez complètement raison. On n’est pas là pour minimiser la nature de l’infraction. Un vol de carte bleue, par exemple, je vais savoir quoi faire. Mais un vol de carte bleue chez une personne qui est fragilisée sur le plan social, psychologique ou voire en situation de handicap ou âgée, peut représenter un traumatisme. Tout le monde peut être victime à un moment de sa vie, potentiellement.

    Olivier Nottale : Il y a la question du temps de la justice, des moyens mis à disposition…

    Roselyne Leplant-Duplouy : La France a un des dispositifs sociaux, dans son ensemble, qui ne ressemble à aucun autre pays en Europe. On a des choses très structurées depuis des lustres qui ont besoin d’être mises au goût du jour. On a un système judiciaire très structuré et, en même temps, ces rouages font que, lorsque l’on fait remonter, cela prend du temps.

    Les choses sont faîtes très sérieusement en matière judiciaire, je le dis haut et fort parce qu’il y a des discours en ce moment. Il faut avoir les moyens et se focaliser sur ce que l’on peut améliorer.

  • Aurore Bergé et le Centre hospitalier de Toulon signent une convention pour faciliter les dépôts de plainte des femmes victimes de violences

    Aurore Bergé et le Centre hospitalier de Toulon signent une convention pour faciliter les dépôts de plainte des femmes victimes de violences

    Aurore Bergé poursuit son tour de la région. En visite à Avignon, pour l’inauguration des nouveaux locaux dédiés à l’accueil des femmes victimes de violences, puis à Briançon, pour celle d’un banc symbolique contre les violences faites aux femmes, jeudi, la ministre déléguée à l’Égalité homme-femme était à Toulon, vendredi après-midi. Plus précisément à l’hôpital Sainte-Musse, pour découvrir le parcours patients dédié aux violences intrafamiliales.

    Première étape : la Maison des femmes. Depuis sa création en 2024, ce dispositif dédié à l’accueil, l’évaluation des besoins et l’orientation des victimes de violence, a déjà accueilli plus de 330 patientes. Il participe aussi à la diffusion des bonnes pratiques en milieu hospitalier, avec plus de 300 membres du personnel – médical comme administratif – formés, et mène son action en lien avec d’autres structures, telles que le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles du Var (CIDFF 83), qui apporte un soutien juridique.

    Il sera possible de déposer plainte à l’hôpital

    Sur l’aspect médical, les services d’urgences gynécologiques et obstétricales incarnent un lieu déterminant pour les cas de violences sexuelles. Là aussi, le personnel est formé pour repérer et prendre en charge les victimes, reçues ensuite par un référent violence.

    Le volet juridique, lui, est assuré par l’Unité d’accueil médico-judiciaire (UAMJ) et l’Unité d’accueil pédiatrique enfants en danger (Uaped). Lancées en 2023, elles accueillent des victimes de violences mineures et majeures engagées dans une procédure judiciaire à travers une prise en charge globale (médico-psychologique, médico-légale et judiciaire), en regroupant tous les acteurs concernés (médical, police, gendarmerie, justice, services sociaux).

    Tout l’esprit de la nouvelle convention signée, ce vendredi, par la ministre, la direction du centre hospitalier de Toulon-La Seyne (CHITS) et les services de police et de gendarmerie. Celle-ci va plus loin puisqu’elle permettra désormais les prises de plaintes de femmes victimes de violences au sein des hôpitaux de Toulon, La Seyne et de Hyères. Celles-ci n’auront plus à se déplacer : c’est un agent qui viendra directement à l’hôpital.

    Une avancée qui a pour but « d’éviter que la victime ne revienne en arrière sur la décision courageuse de déposer plainte et donc de quitter de manière définitive le conjoint violent », affirme Aurore Bergé. Mais il ne s’agit pas pour autant d’un couteau sous la gorge. La convention permet désormais aux victimes de conserver les procès-verbaux de leurs examens médicaux pendant trois ans. « C’est important parce que la parole met parfois du temps à se libérer », appuie Aurore Bergé.

    Sur la formation des policiers et gendarmes, et alors que le principal suspect du meurtre de la jeune Lyhanna, ciblé par une plainte pour viol sur mineur en août 2025, n’avait jamais été interrogé dans ce dossier par les enquêteurs (lire page 20), la ministre assure que « celle-ci existe, avec un guide d’entretien pour prendre la plainte », celles pour violences sexuelles demeurant « prioritaires sur tout autre motif quand on vient au commissariat ». Mais il faudra aller plus loin eu égard à l’évolution de la « définition pénale du viol, avec l’intégration de la notion de non-consentement, la question de la soumission chimique… »

    L’objectif est désormais d’étendre ce type de convention à « 100% des hôpitaux », indique Aurore Bergé. Avec, espère-t-on, un effet rapide. Rappelons que moins d’une femme sur cinq ose déposer plainte pour violence conjugale, et que 63 ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint depuis le début de l’année.

  • Un réquisitoire tout politique pour l’avocat de Félix Bingui

    Un réquisitoire tout politique pour l’avocat de Félix Bingui

    « Seize ans, c’est une peine d’assises qui est requise », a dénoncé Philippe Ohayon, avocat de Félix Bingui, dirigeant présumé du clan Yoda, en charge notamment du point de deal de la Paternelle selon les enquêteurs. Enquêteurs dont la défense n’a eu de cesse de mettre le travail en doute tout au long des plaidoiries de ce mercredi 3 juin, au tribunal correctionnel de Marseille. Car il n’a pas échappé aux avocats que les trois policiers en charge de la vidéosurveillance et des écoutes du dossier Bingui sont mis en examen dans le cadre de l’affaire Trident dont les dessous ont été révélés en octobre 2025 par Libération et Mediapart. Avec des « sonorisations illégales » rappelle maître Ohayon, « ils ont pris des risques déontologiques incroyables pour faire tomber un dénommé “Mimo”, [ce] qui a raté ».

    « La procédure est construite sur une pyramide à la gloire de Monsieur Bingui dont on se demande si elle n’est pas un hologramme, et dont tous les éléments ont pour but de le mettre en cause », poursuit l’avocat qui martèle : « Les constatations policières en matière délictuelle ne valent qu’information. » Pour lui, dans ce dossier basé sur une « quinzaine de déclarations éparses », issues de « centaines d’heures d’écoutes », il n’y a « rien de précis sur le trafic de stupéfiants. Même pas des éléments déductifs. Moins il y a de preuves, plus [Bingui] est coupable ».

    Un procès sous pression gouvernementale

    Il enchaîne : « Ce que nous savons c’est qu’il y a des parties de cartes, de barboute [jeu de dés, Ndlr] ou je ne sais pas quoi » dans un local attenant à une alimentation rue Thubaneau, « un sac plastique donné devant cette épicerie et c’est le trafic de drogue. C’est le sac plastique conspiratif… ».

    L’avocat déplore également que dans ses réquisitions « le ministère public ait si peu évoqué les débats » de ces trois semaines d’audience, comme s’il y avait « un mur de culpabilités, de certitudes, de convictions ». Il s’inquiète du contexte de « guerre » contre le narcotrafic, « une pression gouvernementale » qui pèse lourd dans la balance de la justice estime-t-il, « alors qu’à Marseille il y a de vrais sujets, que nous parlons plus en France de trafic que d’éducation, de progrès ». Il n’ose imaginer qu’il s’agit dans ce procès de « faire de la politique ».

    Puis de nuancer : « Nous ne sommes pas là pour faire passer Monsieur Bingui pour une victime, il y a 35 éléments à charge. » Abordant son train de vie, qui pour le procureur « ne correspond pas à une activité légale », Philippe Ohayon admet que « la non-justification de ressources » est « possible ». « Nous ne nions pas que ces dépenses soient liées à d’autres activités délictuelles, mais quel lien avec la Paternelle ? » interroge-t-il. Sur son patrimoine immobilier dont un appartement à Dubaï dont il serait propriétaire, « nous avons fait la demande. Les Émirats arabes unis n’ont toujours pas répondu », assure l’avocat.

    Philippe Ohayon en rajoute une louche sur la sévérité de la peine d’emprisonnement requise. « Seize ans pour trafic de cannabis est-ce bien sérieux ? Nous sommes dans l’inversion des valeurs » s’indigne-t-il, où « la tête de Félix Bingui sur une pique, c’est le sort qu’on réserve à tous les trafiquants de drogue, voilà le message de la justice ». Citant des vers d’Aragon, « rien n’est jamais acquis à l’homme. Ni sa force. Ni sa faiblesse, ni son cœur », il assène : « Félix Bingui a un avenir. » Reste à savoir lequel. Délibéré ce vendredi 5 juin.

  • Gisèle Pelicot « l’éveilleuse » de retour à Avignon

    Gisèle Pelicot « l’éveilleuse » de retour à Avignon

    De retour pour la première fois à Avignon depuis le procès qui l’opposait à 51 hommes reconnus coupables de l’avoir violée, Gisèle Pelicot a été accueillie en véritable héroïne par des centaines de personnes, en très grande majorité des femmes, à la Fabrica d’Avignon, ce lundi 1er juin.

    Venue présenter son livre Et la joie de vivre, en compagnie de la coécrivaine Judith Perrignon, c’est sous une pluie d’applaudissements, quelques larmes et avec une longue banderole « Merci Gisèle » qu’elle a été accueillie dans l’enceinte de 600 places.

    « Ouvert une brèche »

    C’est avant tout cette admiration envers celle qui a osé refuser le huis clos lors du procès « pour que la honte change de camp » qui est ressortie de cette rencontre. Durant plus d’une heure et demie, après des questions d’Aurélien Ficot, libraire à Youpi, et de Muriel Trichet, membre du collectif féministe NousToutes 84, ce fut au tour du public de pouvoir échanger avec Gisèle Pelicot. Suite à une question sur toutes les qualifications et superlatifs qui ont fleuri à son égard, la qualifiant de symbole ou d’icône, elle a rappelé qu’elle préfère le mot « éveilleuse » : « Car j’ai en quelque sorte, par mon action, éveillé la conscience collective. Je ne suis ni une icône, ni un symbole, mais une femme comme toutes les femmes. » Et de se réjouir d’avoir pu en inspirer d’autres, en écho à l’histoire de Laëtitia, victime d’actes de torture, de barbarie et de proxénétisme par son ex-mari, Guillaume Bucci, condamné à 25 ans de réclusion criminelle, à Digne. « Je n’ai pas énormément suivi l’affaire, mais je lui dis bravo. Ce fléau doit s’arrêter, je pense qu’on est sur la bonne voie », confie-t-elle. Puis ce fut à une dame dans le public de témoigner que cette histoire « a ouvert une brèche » en elle et a pu libérer la parole sur les viols conjugaux qu’elle a subis. « Je suis venue avec mon fils de 13 ans pour qu’il voie qu’on peut s’en sortir. Il s’est changé pour venir car vous êtes une star pour lui », a-t-elle lancé avec émotion.

  • Soupçon de féminicide à Martigues après la mort d’une femme de 25 ans

    Soupçon de féminicide à Martigues après la mort d’une femme de 25 ans

    Mardi matin, la rue Paul-Baptistin Lombard s’éveille. Les volets métalliques des commerces se relèvent, les habitants claquent leur porte d’entrée pour filer au boulot. Tout semble ordinaire. Pourtant, la veille, des équipes de la police scientifique s’affairaient dans un appartement du deuxième étage, situé à deux pas du cours du 4-Septembre, jusque tard dans la soirée. « Il y avait des rubalises pour bloquer la rue et énormément de forces de l’ordre », témoigne une voisine, encore sous le choc.

    Lundi, aux alentours de 16h, les pompiers ont été appelés pour secourir une jeune femme de 25 ans. Ils ont trouvé la victime en arrêt cardiorespiratoire dans son appartement du deuxième étage. Lardée de « plaies transperçantes », elle n’a pas pu être réanimée. Son compagnon, qui avait donné l’alerte affirmant l’avoir retrouvée dans cet état en rentrant du travail, a été placé en garde à vue. L’homme, âgé de 39 ans et au casier judiciaire vierge, s’y trouve toujours. Le procureur d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon, précise néanmoins : « À cette heure, je ne peux pas dire que nous avons des éléments suffisants pour affirmer qu’il s’agit d’un homicide conjugal. »

    La Ville appelle

    à la retenue

    Walid, jeune vendeur de la supérette située au rez-de-chaussée du bâtiment, ne comprend pas ce qu’il a pu se passer, mais il veut rendre hommage à la victime. « On entend plein de rumeurs. Moi, je verrai plus ma voisine et ça me déchire. Je l’aimais beaucoup, c’était une femme pleine de vie, souriante, toujours en train de passer la tête pour dire bonjour. »

    Dans ces « circonstances douloureuses », le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, appelle à « la retenue », « au recueillement et à la solidarité ». « Alors que de nombreuses informations, commentaires et interprétations circulent déjà sur les réseaux sociaux et dans certains médias, nous nous refusons à toute spéculation, écrit-il. Contrairement à ceux qui se précipitent pour tirer des conclusions ou attribuer des responsabilités, nous considérons qu’il est de notre devoir de respecter le travail des enquêteurs et de la justice. »

    S’agissant de la détection des situations de violences, Éric Florentino, directeur adjoint de Solidarité Femmes 13, souligne : « On est dans un département plutôt bien doté en termes de structures de proximité de soutien social, psychologique ou juridique. La Ville de Martigues est très impliquée sur le sujet, il y a beaucoup de permanences sur le territoire. L’Apers et notre association sont, par exemple, à la Maison de la justice et du droit, l’hôpital a développé un service spécifique qui s’appelle Sofa, le commissariat de Martigues est très sensibilisé. On comprend la mécanique la peur, mais il y a des interlocuteurs pour recevoir la parole et organiser une prise en charge. »

  • Une femme meurt poignardée à Martigues

    Une femme meurt poignardée à Martigues

    Les faits se sont produits ce lundi 1er juin en milieu d’après-midi, rue Paul-Baptistin-Lombard, à Martigues, à proximité du cours du 4-Septembre.

    Alertés pour une femme de 25 ans en arrêt cardio-respiratoire, les sapeurs-pompiers sont rapidement intervenus sur les lieux. La victime, grièvement blessée par plusieurs coups de couteau, n’a pas pu être réanimée et a été déclarée décédée.

    Selon les informations de La Provence, le conjoint de la jeune femme aurait été interpellé par les forces de l’ordre puis placé en garde à vue.