Cette journée s’inscrit dans un contexte social fortement tendu », ont précisé les syndicats qui s’élèvent contre les coupes budgétaires en cours. Fortement mobilisés les salariés de Sauvegarde 13 en proie à des difficultés financières refusent que le plan de retour à l’équilibre se fasse sur le dos des salariés et du public accueilli et accompagné. Ils ont exigé un réexamen de la situation.
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Aux assises, le deuil des mères débloque de premiers aveux
Elles sont trois femmes qui ont pour point commun la perte brutale de leurs fils, assassinés il y a six ans sur fond de règlement de compte. Trois corps retrouvés en deux temps, carbonisés, dont l’un était démembré.
Parmi les victimes, Brahim Chabane, le grand frère d’Amine Kessaci, voix de la lutte contre le narcotrafic. Depuis l’ouverture de ce procès le 19 octobre, les débats suivaient un cours relativement fluide, jusqu’à l’arrivée de ces mères endeuillées. Face aux cinq accusés dans le box, qui jusqu’ici niaient les faits, toutes, exigent que le voile sur les dernières heures de leur enfant soit levé. Et après des récits de douleur, des accusés jusqu’ici mutiques ont livré de premières explications aux mères, mais aussi à un père, à des fratries. « Pour la première fois, dans cette audience, on a un peu réhumanisé les choses », estimait Pierre-Olivier Sûr, avocat d’Amine Kessaci.
« Pourquoi cette brutalité ? »Le récit parfois coupé d’un sanglot, la mère de Nassim Loubani est la première à s’avancer pour décrire un fils aimant, travailleur. « Il me manque terriblement. » « Pourquoi cette brutalité ? », implorait à la barre la mère de Brahim Chabane, aussi mère d’Amine Kessaci, qui revient sur le choc de cette information, l’incompréhension mais aussi le combat incessant pour « sortir » son fils de mauvaises fréquentations jusqu’à se faire braquer sur un point de deal. Claire, cette mère invoque aussi la peine d’une petite-fille qui n’a plus de père. Puis, inévitablement, le deuxième coup, celui de la mort de Mehdi Kessaci, abattu en plein jour, en novembre 2025. « Dans ma tête, j’ai deux morts. J’ai Brahim, j’ai Mehdi… Ils ont menacé mon fils (Amine) ! Ils ont fait l’impossible pour nous détruire », pleure-t-elle, rappelant que Medhi « était un innocent ». Puis arrive la mère de Réda Khaldi. « Je n’ai pas pu voir mon fils, je n’ai vu que son cercueil », déroule cette maman, qui a aussi perdu un mari, mort de « chagrin ». Les parties civiles ont toutes pu choisir une photo de leur proche à diffuser dans la salle d’audience. Ont défilé des selfies tout sourire, des extraits de vie quotidienne. C’est la tombe de son fils que la mère de Réda a choisi : « Voilà ce qu’il me reste de lui ».
Dans une salle étouffante, Malik Kariba, accusé d’avoir découpé le corps de Nassim Loubani, fend le silence. « J’ai énormément de regrets ». Zakaria Bensaci enchaîne, « s’excuse d’avoir été là quand vos enfants ont perdu la vie […] Les trois ont perdu la vie au même moment ». Amine Oualane, accusé dans ce dossier d’être le relais sur le terrain de Karim Harrat et baron présumé de la DZ Mafia donne lui aussi un faisceau de réponses. Nassim Loubani ? « C’est une victime collatérale », estime l’accusé, qui apprendra aux familles que « personne n’a été torturé […] Comptez sur moi pour vous dire la vérité. Par Allah ». Quand Karim Harrat, commanditaire présumé de cet assassinat promet aux familles :« Je n’ai rien à voir ni de près ni de loin ».
« La personne qui… »Une suspension d’audience, puis le premier coup de tonnerre. Zakaria Bensaci, pâle, raconte un passage dans une cité du 3e pour récupérer un « boîtier électronique », puis une rencontre avec les victimes, en vue d’une mission de vol de Mégane jusqu’à un arrêt sur Châteauneuf-lès-Martigues, première scène de crime. Alors qu’il était sur le siège passager, Nassim Loubani au volant, Réda Khaldi et Brahim Chabane dans un véhicule qui les suivait, « j’ai entendu tirer derrière moi, les portières s’ouvrir et se refermer », apercevoir un individu tirer puis ouvrir le feu sur lui et Nassim. Il prend une balle dans le bras, tente de fuir, assure qu’un individu le rattrape, l’assure qu’il ne veut pas le tuer. S’ensuit le récit d’incendie de voiture, d’une opération clandestine sur son bras blessé…« Je peux vous dire que la personne qui a tiré [sur les victimes] c’est Amine Oualane, le commanditaire c’est Karim Harrat, la personne qui a donné le boîtier c’est [Nadjim Ahamada] Mbae. La personne qui a découpé le corps, Malik Kariba », énumère Bensaci. « Merci pour sa sincérité, c’est la moindre des choses », souffle le père de Nassim Loubani. Poussé par le président, Malik Kariba admettra dans un récit long et confus s’être chargé du corps de Nassim Loubani. « Je suis pas décideur, je suis exécutant. On m’aurait dit coupe-toi le bras, j’aurais coupé, obligé monsieur », lance-t-il en expliquant avoir agi sous la peur. Lui, dira ne pas connaître ses coaccusés, ou à peine, et taira tout nom.
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Le boxeur Souleimane Mohammedi est prêt pour le rebond
Quatre mois. C’est le temps qu’il a fallu à Souleimane Mohammedi pour digérer son échec du 25 avril. « Cette période, elle a été celle d’une grosse, grosse, grosse remise en question », confesse-t-il. Une séquence qui lui a permis d’analyser ce qui n’a pas fonctionné ce soir-là. « J’ai commis une erreur, à savoir tout miser sur ce combat. » Comme rien ne s’est passé comme prévu, « j’ai dû chercher pour comprendre ce qui avait cloché », poursuit-il.
Ce combat face à Uisma Lima, il l’a vu et revu. Une sorte de psychanalyse « qui m’a fait comprendre beaucoup de choses. Notamment que j’ai sans doute fait preuve d’un trop-plein d’orgueil. Au final, j’ai surtout compris que j’avais eu tout faux sur la préparation ! »
Renfort dans le staffLa boxe est une discipline exigeante. Un art qui nécessite patience, humilité et abnégation. Où la moindre erreur se paie cash. Dans les deux mois qui ont suivi sa recherche, Souleimane Mohammedi s’est lancé dans une remise en question complète. « J’ai compris qu’il me fallait retrouver les fondamentaux. Retrouver la patience. Car la boxe, c’est ma vie ! »
Comprenant ainsi que « Rome ne s’est pas faite en un jour », le kid du Jas-de-Bouffan a décidé de suivre le conseil de Nicolas Boileau : « Hâte-toi lentement et sans perdre courage. » C’est pourquoi il a décidé de changer sa façon de se préparer. « Prendre mon temps pour devenir la personne que je veux être. »
Pour y parvenir, il a ainsi décidé d’étoffer son staff. Si les historiques du Team Larbi Mohammedi sont toujours là, ils ont été rejoints par Nadir Benazza. « Nous avons beaucoup échangé en amont, avant que je vienne le rejoindre », confie le coach. Avec sa vision extérieure, « nous avons pu repenser sa façon de boxer, en conservant sa tonicité tout en y ajoutant un peu plus de science du mouvement. Lui faire comprendre que dans un combat, il y a d’autres combats qu’il faut savoir maîtriser. L’objectif étant de lui faire trouver l’étincelle qui lui permettra d’aller chercher le haut niveau. »
En vue de son prochain duel, le 12 novembre au Pasino d’Aix-en-Provence, Souleimane Mohammedi a varié les exercices et multiplié les sparring-partners. Samedi, il s’est mesuré à Elies Abdelali, classé au plus haut niveau mondial en boxe pieds-poings du One championship. « Je sais que Souleimane a un rendez-vous important qui l’attend. Je suis content de pouvoir l’aider à le réussir et pour qu’il engrange de la confiance », confie le champion. Le compte à rebours est en route. « J’ai hâte de voir si j’ai appris de mes erreurs », souligne Souleimane Mohammedi.
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Le minutieux façonnage du calisson d’Aix-en-Provence
En ce début de matinée, ils sont une soixantaine à avoir enfilé leur blouse blanche avant de prendre leur poste en fabrique de la confiserie du Roy René. En fond sonore, le vrombissement des machines et le cliquetis des lignes de production sur lesquelles prennent forme les célèbres petits losanges d’amandes et de fruits confits, plus connus sous le nom de calissons.
Le temps de fabrication de cette douceur provençale ? « À peu près cinq jours de travail », estime Alexis Bertucat, directeur du tourisme et de la communication de Territoires de Provence, groupe propriétaire de la confiserie. Un travail « minutieux », à chaque étape de la fabrication, de la réception des matières premières à l’empaquetage, qui se situe entre savoir-faire artisanal et production à plus grande échelle. Dans ces ateliers, « chaque poste est très spécifique », afin de fabriquer aussi bien des calissons destinés à la grande distribution que ceux qui rejoindront la gamme « traditionnelle » de la Confiserie du Roy René, entreprise locale qui produit cette spécialité depuis 1920. Cette même gamme propose des produits désormais certifiés « 100% amandes de Provence ».
Renforcer le localPour rappel, avant le vaste plan de relance de l’amande lancé en 2014 à l’initiative du groupe Territoires de Provence, qui visait à redynamiser la culture de l’amandier en Provence et à développer une production locale capable de répondre aux besoins des confiseurs tout en réduisant leur dépendance aux importations, seul un « pourcentage infime » d’amandes provençales entrait dans la composition des calissons.
La recette traditionnelle de la confiserie est composée à parts égales d’un tiers d’amandes, d’un tiers de melon confit et d’un tiers de sucre. « Petit à petit, on est passés de 0% à 30%, puis à 50% d’amandes de Provence pour notre gamme traditionnelle, jusqu’à 100% », déroule Alexis Bertucat. « Cela nous permet de faire une différence entre ce que l’on peut trouver en grandes et moyennes surfaces et dans nos magasins », précise Cyril Derycke, directeur industriel. Pour les produits dits de marque distributeur (MDD), les amandes sont, pour la plupart, originaires de l’Espagne. Les recettes diffèrent aussi en fonction des commandes.
Quoi qu’il en soit, les calissons passent entre les mains de dizaines de salariés répartis sur des postes de travail très spécialisés. « Il n’y a pas de formation de calissonier, tout s’apprend en atelier », estime Alexis Bertucat. « C’est un boulot appris sur le tas, poursuit Romain, l’un des plus anciens de la fabrique, en ce moment en charge de la glace royale. En vingt-deux ans ici, je pense que c’est l’un des postes que je préfère ! »
Avant d’arborer sa forme définitive de losange, le calisson n’est encore qu’un mélange brut de ses ingrédients. Première étape : la pesée des amandes, associées à du melon confit auxquels peuvent s’ajouter des écorces d’oranges confites. La mixture est ensuite envoyée au broyage d’où sort le « broyat », première version d’une pâte de calisson qui restera trois jours au repos. Un peu plus loin dans la chaîne de fabrication, deux sœurs exécutent un ballet bien rodé autour d’une « calissoneuse » à trois moules. L’une positionne la feuille azyme, tandis que l’autre presse la pâte pour en retirer le surplus, avant de passer au glaçage. Un four à 160 degrés permet de « durcir » le glaçage du calisson, à base de jaune d’œuf. Puis direction l’empaquetage, où plusieurs boîtes arborent déjà les couleurs des fêtes de fin d’année.
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Aux assises, les messages cryptés au cœur des débats du triple narchomicide
à charge ! ça me démange ! », s’écrie soudainement Karim Harrat depuis le box vitré. « Vous ne pouvez pas prendre la parole de façon intempestive », tonne, dans la foulée, le président. Depuis quelques minutes, l’accusé s’agite, conteste dans sa barbe les faits déroulés à la barre par le commandant de police et estime que cette partie du dossier est délibérément montée contre lui. Dans le cadre du triple narchomicide jugé depuis le 19 octobre aux assises, à Aix, l’officier de police judiciaire retrace, dans les grandes lignes, comment les enquêteurs ont remonté la piste de plusieurs utilisateurs de Sky ECC. Développée par la société Sky Global, cette messagerie cryptée, notamment utilisée par les réseaux criminels, a été infiltrée pour la première fois en 2021 par les services de police.
Rembobinons. En décembre 2021, les enquêteurs versent au dossier des échanges Sky ECC interceptés dans une autre procédure de la Junalco (Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée), devenue Pnaco (Parquet national anticriminalité organisée) : deux utilisateurs, W7 et D2, échangent au sujet d’un « véhicule de location taché de sang », qui « semble faire état d’un corps découpé en plusieurs morceaux dans un véhicule », ainsi que d’un paiement de « 50 000 euros », résume le dossier. En croisant ces messages avec d’autres conversations liées à un point de vente de stupéfiants, ils tentent de relier des identifiants numériques aux personnes qui les utilisent. Le compte W7, utilisé sous les pseudos de « Diego Costa » et le « Rant 2 » pourrait appartenir à Karim Harrat, selon ce commandant de police. Tandis que le compte D2, utilisé sous le nom de « Keizo » pourrait être utilisé par Mahdi Z, présenté, dans d’autres affaires, comme un membre présumé de la DZ Mafia.
« Faisceau d’indices »Ces rapprochements reposent sur le croisement des conversations, des pseudonymes et d’autres indices, dont une photographie de billets de train réservés au nom de Mahdi Z. Mais l’utilisateur derrière D2 reste difficile à identifier avec certitude. L’analyse des échanges conduit également les enquêteurs à soupçonner Karim Harrat d’avoir utilisé plusieurs téléphones et comptes successifs. « Ces membres [et d’autres, Ndlr.] échangeaient sur la gestion d’un point de vente de produits stupéfiants et les conversations positionnaient W7 comme le grand patron et D2 comme un exécutant missionné dans différentes tâches aux fins d’assurer le bon fonctionnement du point de vente », indique noir sur blanc le dossier. à la barre, l’officier de police judiciaire indique disposer d’un « faisceau d’indices » ayant permis aux enquêteurs d’attribuer la ligne W7 à Karim Harrat. « Dans le milieu policier, mais aussi le milieu du narcotrafic, on sait que le surnom “le Rant”, c’était Karim Harrat (…). Pour moi, mes collègues, ça ne fait aucun doute que “le Rant” et “Le Rant 2″ sont rattachés à Karim Harrat », poursuit l’officier.
« Une question, trente secondes ! S’il vous plaît, Monsieur le président », tente d’interrompre Karim Harrat. « Défends-toi ! », entend-on depuis le banc du public. « C’est un acharnement ! Par Allah (…), c’est ma vie ! Eux, ils rentrent chez eux le soir », se défend Karim Harrat. L’un des proches de Nassim Loubani (une des trois victimes), assis sur le banc des parties civiles, se lève alors et quitte la salle en claquant la porte.
C’est ensuite au tour des trois conseils de Karim Harrat de bondir pour enchaîner les questions. « S’agissant de l’utilisateur du pseudo “Rant 2” (…), on peut aussi mettre un autre pseudo, non ? Avez-vous d’autres éléments ? », enchaîne l’un de ses avocats, Me Hugues Vigier. Celui-ci interroge la crédibilité de l’hypothèse selon laquelle son client aurait utilisé plusieurs téléphones alors que Sky ECC était réputée être une messagerie « ultra-crypté ».
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Le patrimoine Vasarely restauré
La Fondation Vasarely poursuit la reconstitution de son patrimoine. Le 8 octobre, la Commission scientifique régionale des acquisitions a rendu un avis favorable unanime à la réintégration de 26 œuvres dans sa collection « Musée de France ».
Ces pièces figurent parmi les 421 œuvres dispersées entre 1995 et 1997. Parmi elles, 24 étaient détenues par Yann Streiff, « un ancien avocat parisien (depuis radié) impliqué dans la procédure d’arbitrage à l’origine de la dissipation des œuvres de la Fondation », précise cette dernière, dans un communiqué. Saisies par la justice, elles lui ont été restituées en pleine propriété le 26 janvier 2026. Deux autres œuvres ont été rendues spontanément par des collectionneurs, informés de leur provenance.
Après la restitution de 37 œuvres par André Vasarely, fils de l’artiste, ce retour marque « une avancée déterminante pour reconstituer l’ensemble imaginé par le père de l’art optico-cinétique et son épouse Claire », souligne la Fondation Vasarely.
111 œuvres toujours attenduesLa reconstitution du fonds historique reste toutefois inachevée. La Fondation attend encore le rapatriement de 111 œuvres saisies par la justice, le 11 avril 2023 à Porto Rico, au domicile de Michèle Taburno (ex-ancienne belle-fille du peintre Victor Vasarely, également impliquée dans la procédure d’arbitrage à l’origine de la dispersion des collections. Leur retour sur le territoire français n’a, à ce jour, pas encore eu lieu.




