Tag: Aix-en-Provence

  • À Marseille, plus de 300 salariés du médico-social mobilisés

    À Marseille, plus de 300 salariés du médico-social mobilisés

    Cette journée s’inscrit dans un contexte social fortement tendu », ont précisé les syndicats qui s’élèvent contre les coupes budgétaires en cours. Fortement mobilisés les salariés de Sauvegarde 13 en proie à des difficultés financières refusent que le plan de retour à l’équilibre se fasse sur le dos des salariés et du public accueilli et accompagné. Ils ont exigé un réexamen de la situation.

  • à Aix, plusieurs tentatives de blocus

    à Aix, plusieurs tentatives de blocus

    L’important aujourd’hui, c’est moins le nombre que de montrer que les revendications ne sont pas éteintes. Le mouvement s’est un peu essoufflé localement ce début de semaine mais il va revenir de plus belle », prévient Samir*. Comme une cinquantaine d’autres étudiants, ce jeune répond à l’appel à manifester lancé la veille. Rendez-vous était donné à 11h, sur la Rotonde. Un petit nombre de lycéens et d’étudiants a tenté de former un cortège, avant d’être rapidement délocalisé par les forces de l’ordre, sous peine « d’être verbalisés », rapportaient plusieurs d’entre eux.

    Dans la foulée, le groupe s’est dirigé d’un commun accord, vers le commissariat pour demander la « libération » de camarades interpellés en début de matinée : un peu partout en ville, des tentatives de blocus sont survenues dans les lycées. Selon la police, trois lycées « ont été bloqués ou partiellement bloqués » à Aix. À cela s’ajoute un blocage de Sciences Po et une action devant la fac de lettres. Toujours selon la police, deux personnes ont été interpellées pour « respectivement, jets de projectiles et feu de mobilier urbain ».

    En revanche, si Sciences Po a été bloquée, dans les lycées, les élèves ont eux pu se rendre en cours. « S’ils sont maintenus, alors les élèves se sentent obligés d’y aller, sinon ils sont notés absents. Entre pression des profs et des parents, je comprends qu’ils choisissent d’entrer dans le lycée. C’est pour cette raison qu’il faut qu’on remotive tout le monde ! », expliquait Lina*, devant le lycée Vauvenargues. La faculté de lettres a également vu une mobilisation tenue devant ses grilles, sans annulation de cours. « Il y a énormément d’universités bloquées aujourd’hui. Cela montre que le gouvernement est en perdition : il n’arrive pas à éteindre le mouvement. Ça n’augure que de bonnes choses pour le 5 novembre », avait estimé Younes Dufrenes pour l’Union Étudiante.

    Réfléchir le mouvement

    Sur tous les lieux de mobilisation, les revendications restent les mêmes : abrogation de Parcoursup et du programme Bienvenue en France, précarisation de la jeunesse, conditions d’études et climat. « Mais ça reste difficile de se positionner sur : est-ce qu’on fait les cours en distanciel, pour valider notre licence et avoir une chance d’avoir un master ? Où est-ce qu’on va se battre pour nos droits, pour ceux qui arrivent derrière ? », pose Luna, étudiante. « Pourtant on ne veut pas que ça lâche, on a envie que ça marche, qu’il y ait des réponses et des avancées. » Toutes ces questions ont été redébattues au cours d’une assemblée générale, tenue à l’appel de l’interlycéenne, dans des locaux prêtés par la MJC Prévert. Étudiants et lycéens présents restent déterminés pour « convaincre à venir manifester » et se réorganiser.

    * Le prénom a été modifié.

  • À Aix-en-Provence, les salariés toujours inquiets de la vente de SFR

    À Aix-en-Provence, les salariés toujours inquiets de la vente de SFR

    Finalisée en juin dernier, la vente de l’opérateur télécom SFR par Altice, son propriétaire, à Orange, Bouygues et Free avait suscité angoisses et incompréhension chez ses salariés.

    Déjà en septembre, plusieurs dizaines de salariés étaient descendus au pied du siège aixois de SFR, déplorant un flou quant à leur avenir au sein de la boîte où autour des conditions de départ proposées. Rebelote, ils sont une soixantaine à avoir fait grève ce mardi 3 novembre au matin.

    Pas de visibilité

    Pour rappel en septembre, la mesure prévoyait de passer 2 500 salariés, au total, chez les trois acheteurs : dont environ 2 300 vers Bouygues Telecom. Une SA SFR avait également été créée comme passerelle pour alléger cette refonte. « Sauf qu’au cours des négociations avec le consortium [composé d’Orange, Free et Bouygues, Ndlr.], on découvre qu’une seule offre nous sera proposée », déplore Jonathan Fulpin pour la CFTC. En cas de refus, c’est « le minimum sur un licenciement économique ». Seconde option proposée aux salariés : « Lever la main pour partir, poursuit Jonathan Fulpin. On négocie donc les départs volontaires mais ils restent bien moins avantageux que ceux proposés en 2017. »

    Qui plus est, le syndicaliste indique, entre autres, l’absence de mise en place d’un « plan sénior ». Les discussions sociales devraient reprendre dès vendredi, entre salariés SFR qui promettent d’être « très attentifs à ce qu’on leur propose » et le dit consortium.

  • Aux assises, le deuil des mères débloque de premiers aveux

    Aux assises, le deuil des mères débloque de premiers aveux

    Elles sont trois femmes qui ont pour point commun la perte brutale de leurs fils, assassinés il y a six ans sur fond de règlement de compte. Trois corps retrouvés en deux temps, carbonisés, dont l’un était démembré.

    Parmi les victimes, Brahim Chabane, le grand frère d’Amine Kessaci, voix de la lutte contre le narcotrafic. Depuis l’ouverture de ce procès le 19 octobre, les débats suivaient un cours relativement fluide, jusqu’à l’arrivée de ces mères endeuillées. Face aux cinq accusés dans le box, qui jusqu’ici niaient les faits, toutes, exigent que le voile sur les dernières heures de leur enfant soit levé. Et après des récits de douleur, des accusés jusqu’ici mutiques ont livré de premières explications aux mères, mais aussi à un père, à des fratries. « Pour la première fois, dans cette audience, on a un peu réhumanisé les choses », estimait Pierre-Olivier Sûr, avocat d’Amine Kessaci.

    « Pourquoi cette brutalité ? »

    Le récit parfois coupé d’un sanglot, la mère de Nassim Loubani est la première à s’avancer pour décrire un fils aimant, travailleur. « Il me manque terriblement. » « Pourquoi cette brutalité ? », implorait à la barre la mère de Brahim Chabane, aussi mère d’Amine Kessaci, qui revient sur le choc de cette information, l’incompréhension mais aussi le combat incessant pour « sortir » son fils de mauvaises fréquentations jusqu’à se faire braquer sur un point de deal. Claire, cette mère invoque aussi la peine d’une petite-fille qui n’a plus de père. Puis, inévitablement, le deuxième coup, celui de la mort de Mehdi Kessaci, abattu en plein jour, en novembre 2025. « Dans ma tête, j’ai deux morts. J’ai Brahim, j’ai Mehdi… Ils ont menacé mon fils (Amine) ! Ils ont fait l’impossible pour nous détruire », pleure-t-elle, rappelant que Medhi « était un innocent ». Puis arrive la mère de Réda Khaldi. « Je n’ai pas pu voir mon fils, je n’ai vu que son cercueil », déroule cette maman, qui a aussi perdu un mari, mort de « chagrin ». Les parties civiles ont toutes pu choisir une photo de leur proche à diffuser dans la salle d’audience. Ont défilé des selfies tout sourire, des extraits de vie quotidienne. C’est la tombe de son fils que la mère de Réda a choisi : « Voilà ce qu’il me reste de lui ».

    Dans une salle étouffante, Malik Kariba, accusé d’avoir découpé le corps de Nassim Loubani, fend le silence. « J’ai énormément de regrets ». Zakaria Bensaci enchaîne, « s’excuse d’avoir été là quand vos enfants ont perdu la vie […] Les trois ont perdu la vie au même moment ». Amine Oualane, accusé dans ce dossier d’être le relais sur le terrain de Karim Harrat et baron présumé de la DZ Mafia donne lui aussi un faisceau de réponses. Nassim Loubani ? « C’est une victime collatérale », estime l’accusé, qui apprendra aux familles que « personne n’a été torturé […] Comptez sur moi pour vous dire la vérité. Par Allah ». Quand Karim Harrat, commanditaire présumé de cet assassinat promet aux familles :« Je n’ai rien à voir ni de près ni de loin ».

    « La personne qui… »

    Une suspension d’audience, puis le premier coup de tonnerre. Zakaria Bensaci, pâle, raconte un passage dans une cité du 3e pour récupérer un « boîtier électronique », puis une rencontre avec les victimes, en vue d’une mission de vol de Mégane jusqu’à un arrêt sur Châteauneuf-lès-Martigues, première scène de crime. Alors qu’il était sur le siège passager, Nassim Loubani au volant, Réda Khaldi et Brahim Chabane dans un véhicule qui les suivait, « j’ai entendu tirer derrière moi, les portières s’ouvrir et se refermer », apercevoir un individu tirer puis ouvrir le feu sur lui et Nassim. Il prend une balle dans le bras, tente de fuir, assure qu’un individu le rattrape, l’assure qu’il ne veut pas le tuer. S’ensuit le récit d’incendie de voiture, d’une opération clandestine sur son bras blessé…« Je peux vous dire que la personne qui a tiré [sur les victimes] c’est Amine Oualane, le commanditaire c’est Karim Harrat, la personne qui a donné le boîtier c’est [Nadjim Ahamada] Mbae. La personne qui a découpé le corps, Malik Kariba », énumère Bensaci. « Merci pour sa sincérité, c’est la moindre des choses », souffle le père de Nassim Loubani. Poussé par le président, Malik Kariba admettra dans un récit long et confus s’être chargé du corps de Nassim Loubani. « Je suis pas décideur, je suis exécutant. On m’aurait dit coupe-toi le bras, j’aurais coupé, obligé monsieur », lance-t-il en expliquant avoir agi sous la peur. Lui, dira ne pas connaître ses coaccusés, ou à peine, et taira tout nom.

  • Le boxeur Souleimane Mohammedi est prêt pour le rebond

    Le boxeur Souleimane Mohammedi est prêt pour le rebond

    Quatre mois. C’est le temps qu’il a fallu à Souleimane Mohammedi pour digérer son échec du 25 avril. « Cette période, elle a été celle d’une grosse, grosse, grosse remise en question », confesse-t-il. Une séquence qui lui a permis d’analyser ce qui n’a pas fonctionné ce soir-là. « J’ai commis une erreur, à savoir tout miser sur ce combat. » Comme rien ne s’est passé comme prévu, « j’ai dû chercher pour comprendre ce qui avait cloché », poursuit-il.

    Ce combat face à Uisma Lima, il l’a vu et revu. Une sorte de psychanalyse « qui m’a fait comprendre beaucoup de choses. Notamment que j’ai sans doute fait preuve d’un trop-plein d’orgueil. Au final, j’ai surtout compris que j’avais eu tout faux sur la préparation ! »

    Renfort dans le staff

    La boxe est une discipline exigeante. Un art qui nécessite patience, humilité et abnégation. Où la moindre erreur se paie cash. Dans les deux mois qui ont suivi sa recherche, Souleimane Mohammedi s’est lancé dans une remise en question complète. « J’ai compris qu’il me fallait retrouver les fondamentaux. Retrouver la patience. Car la boxe, c’est ma vie ! »

    Comprenant ainsi que « Rome ne s’est pas faite en un jour », le kid du Jas-de-Bouffan a décidé de suivre le conseil de Nicolas Boileau : « Hâte-toi lentement et sans perdre courage. » C’est pourquoi il a décidé de changer sa façon de se préparer. « Prendre mon temps pour devenir la personne que je veux être. »

    Pour y parvenir, il a ainsi décidé d’étoffer son staff. Si les historiques du Team Larbi Mohammedi sont toujours là, ils ont été rejoints par Nadir Benazza. « Nous avons beaucoup échangé en amont, avant que je vienne le rejoindre », confie le coach. Avec sa vision extérieure, « nous avons pu repenser sa façon de boxer, en conservant sa tonicité tout en y ajoutant un peu plus de science du mouvement. Lui faire comprendre que dans un combat, il y a d’autres combats qu’il faut savoir maîtriser. L’objectif étant de lui faire trouver l’étincelle qui lui permettra d’aller chercher le haut niveau. »

    En vue de son prochain duel, le 12 novembre au Pasino d’Aix-en-Provence, Souleimane Mohammedi a varié les exercices et multiplié les sparring-partners. Samedi, il s’est mesuré à Elies Abdelali, classé au plus haut niveau mondial en boxe pieds-poings du One championship. « Je sais que Souleimane a un rendez-vous important qui l’attend. Je suis content de pouvoir l’aider à le réussir et pour qu’il engrange de la confiance », confie le champion. Le compte à rebours est en route. « J’ai hâte de voir si j’ai appris de mes erreurs », souligne Souleimane Mohammedi.

  • Le minutieux façonnage du calisson d’Aix-en-Provence

    Le minutieux façonnage du calisson d’Aix-en-Provence

    En ce début de matinée, ils sont une soixantaine à avoir enfilé leur blouse blanche avant de prendre leur poste en fabrique de la confiserie du Roy René. En fond sonore, le vrombissement des machines et le cliquetis des lignes de production sur lesquelles prennent forme les célèbres petits losanges d’amandes et de fruits confits, plus connus sous le nom de calissons.

    Le temps de fabrication de cette douceur provençale ? « À peu près cinq jours de travail », estime Alexis Bertucat, directeur du tourisme et de la communication de Territoires de Provence, groupe propriétaire de la confiserie. Un travail « minutieux », à chaque étape de la fabrication, de la réception des matières premières à l’empaquetage, qui se situe entre savoir-faire artisanal et production à plus grande échelle. Dans ces ateliers, « chaque poste est très spécifique », afin de fabriquer aussi bien des calissons destinés à la grande distribution que ceux qui rejoindront la gamme « traditionnelle » de la Confiserie du Roy René, entreprise locale qui produit cette spécialité depuis 1920. Cette même gamme propose des produits désormais certifiés « 100% amandes de Provence ».

    Renforcer le local

    Pour rappel, avant le vaste plan de relance de l’amande lancé en 2014 à l’initiative du groupe Territoires de Provence, qui visait à redynamiser la culture de l’amandier en Provence et à développer une production locale capable de répondre aux besoins des confiseurs tout en réduisant leur dépendance aux importations, seul un « pourcentage infime » d’amandes provençales entrait dans la composition des calissons.

    La recette traditionnelle de la confiserie est composée à parts égales d’un tiers d’amandes, d’un tiers de melon confit et d’un tiers de sucre. « Petit à petit, on est passés de 0% à 30%, puis à 50% d’amandes de Provence pour notre gamme traditionnelle, jusqu’à 100% », déroule Alexis Bertucat. « Cela nous permet de faire une différence entre ce que l’on peut trouver en grandes et moyennes surfaces et dans nos magasins », précise Cyril Derycke, directeur industriel. Pour les produits dits de marque distributeur (MDD), les amandes sont, pour la plupart, originaires de l’Espagne. Les recettes diffèrent aussi en fonction des commandes.

    Quoi qu’il en soit, les calissons passent entre les mains de dizaines de salariés répartis sur des postes de travail très spécialisés. « Il n’y a pas de formation de calissonier, tout s’apprend en atelier », estime Alexis Bertucat. « C’est un boulot appris sur le tas, poursuit Romain, l’un des plus anciens de la fabrique, en ce moment en charge de la glace royale. En vingt-deux ans ici, je pense que c’est l’un des postes que je préfère ! »

    Avant d’arborer sa forme définitive de losange, le calisson n’est encore qu’un mélange brut de ses ingrédients. Première étape : la pesée des amandes, associées à du melon confit auxquels peuvent s’ajouter des écorces d’oranges confites. La mixture est ensuite envoyée au broyage d’où sort le « broyat », première version d’une pâte de calisson qui restera trois jours au repos. Un peu plus loin dans la chaîne de fabrication, deux sœurs exécutent un ballet bien rodé autour d’une « calissoneuse » à trois moules. L’une positionne la feuille azyme, tandis que l’autre presse la pâte pour en retirer le surplus, avant de passer au glaçage. Un four à 160 degrés permet de « durcir » le glaçage du calisson, à base de jaune d’œuf. Puis direction l’empaquetage, où plusieurs boîtes arborent déjà les couleurs des fêtes de fin d’année.

  • À Aix, la jeunesse maintient la pression dans la rue

    À Aix, la jeunesse maintient la pression dans la rue

    Travailleurs, étudiants, lycéens, retraités et familles se sont rassemblés au pied de la Rotonde pour cet « acte III » de la mobilisation, samedi. Cette manifestation, qui n’avait pas été déclarée, a tout de même réuni « 800 personnes », selon un syndicat étudiant, « 700 au plus fort », selon les chiffres de la police. Un peu moins que les semaines précédentes, « mais n’oublions pas les vacances : les étudiants, qui pour beaucoup, rentrent pour les vacances, manifestent dans leurs villes natales et les lycéens habitent loin, n’ont pas le permis… Aix est une ville étudiante et se vide rapidement pendant les congés », analyse Lina, étudiante.

    Le cortège a emprunté le boulevard Victor-Hugo avant de bifurquer vers le boulevard Carnot. Encadrés par les forces de l’ordre, les manifestants ont finalement été contraints de revenir vers le centre-ville. La mobilisation s’est déroulée

    Les revendications demeurent intactes et la détermination ne faiblit pas. « On se sent encore plus obligés d’être là alors qu’on nous interdit de manifester », déroule une étudiante de Sciences Po. « On a une répression assez ferme, avec ce couvre-feu pour les mineurs, cette interdiction de manifester, alors qu’à Aix-en-Provence, les manifestations se sont toujours très bien passées », estime Paul Maille, pour Génération.s et Jeunes Génération.s, lui aussi étudiant. Une mobilisation moins importante en nombre, certes, mais que Léonard, étudiant ayant participé aux premiers blocus avant de rejoindre différents cortèges, juge désormais mieux ancrée.

    « à fond »

    « Aujourd’hui, on est un peu au pic de la mobilisation, j’espère qu’on sera encore plus nombreux, notamment le 5 novembre. Le 17 octobre à bien aidé, on a récupéré beaucoup de personnes, notamment issu du monde professionnel. En tant qu’étudiant, on a commencé depuis longtemps et on espère que ça va s’amplifier. C’est le cas au niveau national, international… Avec l’intersyndicale qui va nous suivre, ça va être encore plus important, analyse Léonard. On espère qu’il y aura de réelles décisions. On a eu des réponses, mais ce ne sont pas celles qui étaient attendues. »

    Au-delà des revendications de la jeunesse, très majoritaire dans le cortège ce samedi, des manifestants de tous âges et issus de divers secteurs professionnels tenaient aussi à faire entendre leur voix. « Je suis AESH et je suis à fond dans cette cause. J’ai 63 ans, bientôt à la retraite, mais je me sens complètement impliquée dans ce mouvement qui est un regroupement des forces, sourit Muriel, qui tient une pancarte indiquant “je ne lâche rien”. Ce n’est pas fini. Je ferais partie des gens dans la rue le 5 novembre, quitte à perdre de mon tout petit salaire. Il y a même des syndicats de mon établissement qui font des cagnottes pour donner à celles qui, comme nous, perdent de leur salaire. »

    Un peu plus loin dans le cortège, une infirmière, accompagnée de sa fille, ne se dit pas surprise par la poursuite du mouvement.« Demandez aux gens, à tous ceux qui font les métiers de première ligne. Demandez-leur s’ils arrivent à vivre, à nourrir leurs gosses, à se projeter. Ils vous répondront sûrement que c’est difficile. Tous ces gens vont se retrouver dans la rue jeudi. » Avant cette date, rumeurs de blocus lycéens et étudiants courent déjà le cortège.

  • Aux assises, les messages cryptés au cœur des débats du triple narchomicide

    Aux assises, les messages cryptés au cœur des débats du triple narchomicide

    à charge ! ça me démange ! », s’écrie soudainement Karim Harrat depuis le box vitré. « Vous ne pouvez pas prendre la parole de façon intempestive », tonne, dans la foulée, le président. Depuis quelques minutes, l’accusé s’agite, conteste dans sa barbe les faits déroulés à la barre par le commandant de police et estime que cette partie du dossier est délibérément montée contre lui. Dans le cadre du triple narchomicide jugé depuis le 19 octobre aux assises, à Aix, l’officier de police judiciaire retrace, dans les grandes lignes, comment les enquêteurs ont remonté la piste de plusieurs utilisateurs de Sky ECC. Développée par la société Sky Global, cette messagerie cryptée, notamment utilisée par les réseaux criminels, a été infiltrée pour la première fois en 2021 par les services de police.

    Rembobinons. En décembre 2021, les enquêteurs versent au dossier des échanges Sky ECC interceptés dans une autre procédure de la Junalco (Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée), devenue Pnaco (Parquet national anticriminalité organisée) : deux utilisateurs, W7 et D2, échangent au sujet d’un « véhicule de location taché de sang », qui « semble faire état d’un corps découpé en plusieurs morceaux dans un véhicule », ainsi que d’un paiement de « 50 000 euros », résume le dossier. En croisant ces messages avec d’autres conversations liées à un point de vente de stupéfiants, ils tentent de relier des identifiants numériques aux personnes qui les utilisent. Le compte W7, utilisé sous les pseudos de « Diego Costa » et le « Rant 2 » pourrait appartenir à Karim Harrat, selon ce commandant de police. Tandis que le compte D2, utilisé sous le nom de « Keizo » pourrait être utilisé par Mahdi Z, présenté, dans d’autres affaires, comme un membre présumé de la DZ Mafia.

    « Faisceau d’indices »

    Ces rapprochements reposent sur le croisement des conversations, des pseudonymes et d’autres indices, dont une photographie de billets de train réservés au nom de Mahdi Z. Mais l’utilisateur derrière D2 reste difficile à identifier avec certitude. L’analyse des échanges conduit également les enquêteurs à soupçonner Karim Harrat d’avoir utilisé plusieurs téléphones et comptes successifs. « Ces membres [et d’autres, Ndlr.] échangeaient sur la gestion d’un point de vente de produits stupéfiants et les conversations positionnaient W7 comme le grand patron et D2 comme un exécutant missionné dans différentes tâches aux fins d’assurer le bon fonctionnement du point de vente », indique noir sur blanc le dossier. à la barre, l’officier de police judiciaire indique disposer d’un « faisceau d’indices » ayant permis aux enquêteurs d’attribuer la ligne W7 à Karim Harrat. « Dans le milieu policier, mais aussi le milieu du narcotrafic, on sait que le surnom “le Rant”, c’était Karim Harrat (…). Pour moi, mes collègues, ça ne fait aucun doute que “le Rant” et “Le Rant 2″ sont rattachés à Karim Harrat », poursuit l’officier.

    « Une question, trente secondes ! S’il vous plaît, Monsieur le président », tente d’interrompre Karim Harrat. « Défends-toi ! », entend-on depuis le banc du public. « C’est un acharnement ! Par Allah (…), c’est ma vie ! Eux, ils rentrent chez eux le soir », se défend Karim Harrat. L’un des proches de Nassim Loubani (une des trois victimes), assis sur le banc des parties civiles, se lève alors et quitte la salle en claquant la porte.

    C’est ensuite au tour des trois conseils de Karim Harrat de bondir pour enchaîner les questions. « S’agissant de l’utilisateur du pseudo “Rant 2” (…), on peut aussi mettre un autre pseudo, non ? Avez-vous d’autres éléments ? », enchaîne l’un de ses avocats, Me Hugues Vigier. Celui-ci interroge la crédibilité de l’hypothèse selon laquelle son client aurait utilisé plusieurs téléphones alors que Sky ECC était réputée être une messagerie « ultra-crypté ».

  • Le patrimoine Vasarely restauré

    Le patrimoine Vasarely restauré

    La Fondation Vasarely poursuit la reconstitution de son patrimoine. Le 8 octobre, la Commission scientifique régionale des acquisitions a rendu un avis favorable unanime à la réintégration de 26 œuvres dans sa collection « Musée de France ».

    Ces pièces figurent parmi les 421 œuvres dispersées entre 1995 et 1997. Parmi elles, 24 étaient détenues par Yann Streiff, « un ancien avocat parisien (depuis radié) impliqué dans la procédure d’arbitrage à l’origine de la dissipation des œuvres de la Fondation », précise cette dernière, dans un communiqué. Saisies par la justice, elles lui ont été restituées en pleine propriété le 26 janvier 2026. Deux autres œuvres ont été rendues spontanément par des collectionneurs, informés de leur provenance.

    Après la restitution de 37 œuvres par André Vasarely, fils de l’artiste, ce retour marque « une avancée déterminante pour reconstituer l’ensemble imaginé par le père de l’art optico-cinétique et son épouse Claire », souligne la Fondation Vasarely.

    111 œuvres toujours attendues

    La reconstitution du fonds historique reste toutefois inachevée. La Fondation attend encore le rapatriement de 111 œuvres saisies par la justice, le 11 avril 2023 à Porto Rico, au domicile de Michèle Taburno (ex-ancienne belle-fille du peintre Victor Vasarely, également impliquée dans la procédure d’arbitrage à l’origine de la dispersion des collections. Leur retour sur le territoire français n’a, à ce jour, pas encore eu lieu.

  • Nouveau samedi de colère sociale en vue

    Nouveau samedi de colère sociale en vue

    Une nouvelle fois, Marseille s’annonce comme être l’épicentre de la colère sociale, dans la région, pour ce samedi et « l’acte III » du mouvement social de la jeunesse. De nombreux appels à la manifestation sont relayés sur les réseaux sociaux et font état de plusieurs rendez-vous dans la cité phocéenne, notamment à 14h aux Réformés. Le comité de lutte des étudiants d’Aix-Marseille université, tout comme l’assemblée générale des étudiants ou encore la coordination des Gilets jaunes, partagent le rendez-vous. La fédération des Bouches-du-Rhône du PCF donne rendez-vous à 14h sur les escaliers de la gare Saint-Charles et appelle « les communistes à se retrouver pour un rassemblement en point fixe, dans une zone non concernée par l’interdiction préfectorale ».

    Halloween oblige, certains mots d’ordre tournent autour des déguisements et autres appels nocturnes comme à la Plaine… De quoi faire craindre le pire du côté des forces de l’ordre (lire article ci-contre).

    À la différence du samedi précédent, cette fois, les syndicats locaux ne sont pas organisateurs de la manifestation marseillaise et n’ont pas non plus attaqué l’arrêté préfectoral devant la justice. L’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône ne communique pas sur l’événement. Mais plusieurs organisations de la CGT, comme les Unions locales Marseille Sud, de la Joliette ou encore celle du centre-ville appellent tout de même à la mobilisation. Quand la FSU 13 dénonce un « arrêté liberticide » et appelle à « poursuivre et amplifier les mobilisations », notamment en vue de la grève interprofessionnelle et intersyndicale du 5 novembre. Le syndicat Solidaires 13 adopte la même position que la semaine passée, « en grève et dans la rue », pour cette date.

    Les syndicats présents

    en Vaucluse et dans le Var

    Notons enfin qu’un autre appel à la manifestation est relayé par plusieurs organisations syndicales et progressistes, dont le PCF, pour Aix-en-Provence.

    Dans le Var comme en Vaucluse, les syndicats sont à l’initiative des mobilisations du samedi. Pour le premier département, c’est une intersyndicale CGT, FSU et Solidaires qui a déposé un parcours de manifestation, validé en préfecture et qui s’élancera depuis la Bourse du travail de Toulon (notre article du 30/10). L’intersyndicale étant soucieuse « de ne pas reproduire » la situation de la semaine précédente où la mobilisation avait été ballottée entre interdiction préfectorale et autorisation à la dernière minute après une contestation en justice. Cette fois, et malgré les arrêtés d’interdiction, les Varois pourront bien battre le pavé sereinement.

    En Vaucluse, l’Union départementale CGT, avec Solidaires et FO, appelle à la mobilisation à Avignon, notamment pour faire « face à la criminalisation du mouvement social ». Sur fond de bras de fer avec la préfecture puisque cette dernière juge « cette manifestation illégale » à la suite de la prise d’arrêtés d’interdiction. Et ce malgré la déclaration de la manifestation et des discussions qui n’ont pas pu aboutir à un compromis sur le trajet. « Aucun accord sur un parcours alternatif n’a pu être trouvé », justifie la préfecture. Pas de quoi refroidir les représentants du monde du travail, qui maintiennent bien l’appel à la mobilisation devant la préfecture à 10h et déposent un recours contre ledit arrêté. Plus que ça : une large intersyndicale, avec l’Unsa, la CFDT, la FSU et la LDH dénonce la situation dans un communiqué commun, ce vendredi. Rappelons que la manifestation du 24 octobre s’était globalement déroulée dans le calme pour la Cité des Papes.

    Multiples rassemblements dans les Alpes du Sud

    Du côté des départements des Alpes-de-Haute-Provence et Hautes-Alpes, pas de gros point de rendez-vous, mais une multiplication de mobilisations et pas d’interdiction de manifester. On recense au moins quatre appels aux rassemblements pour le premier département, mais une seule manifestation est déclarée : à Barcelonnette par la CGT, FSU et Solidaires. Plusieurs ronds-points sont ciblés comme à Digne-les-Bains et Forcalquier ou la place de la République de Sisteron, dès le matin. Principe similaire pour les Hautes-Alpes avec deux appels à la mobilisation, à Gap et Briançon, à 14h.