Dans chaque organisation syndicale, l’expression revient : « La RTM n’est pas la banque de la Métropole ! » à l’issue de conseil d’administration du 14 octobre dernier, la sidération le partage à l’indignation, pour les syndicats de la Régie des transports métropolitains (RTM). Depuis le début de l’année, celle-ci est reliée à la Métropole Aix-Marseille par un nouveau contrat d’obligation de service public, qui prévoit le transfert de l’ensemble de son patrimoine à l’intercommunalité d’ici la fin de l’année. Avec une valeur nette comptable de 150 millions d’euros, que la Métropole déjà lourdement endettée doit payer.
« Lors du conseil d’administration du 14 octobre, un montage financier inquiétant a été évoqué : la RTM pourrait devoir emprunter pour permettre à la Métropole de racheter ses biens ! » alerte l’intersyndicale qui réunit la CGT, FO, la CFDT et la CFE-CGC à travers un communiqué publié ce lundi. Une proposition qui a suscité des oppositions jusqu’au plus haut niveau, assurent des participants. Alors collectivement les quatre organisations interpellent « d’urgence » la présidente (DVG) de la RTM, Samia Ghali, « afin d’empêcher cette opération et de soumettre au prochain conseil d’administration un avenant au contrat pour maintenir notre fonctionnement sans aucun changement ». L’indignation est d’autant plus forte que la RTM – qui avait reversé en juin 5,7 millions d’excédents à la Métropole par solidarité – doit continuer à porter les investissements déjà lancés, avec 213 millions d’euros d’opérations en cours, avant de les transférer à l’intercommunalité. Celle-ci prend aussi la main sur les futurs investissements, une disposition qui alerte aussi l’intersyndicale face à la crainte d’une perte de maîtrise des chantiers ainsi que des personnels qui les portaient. Un syndicaliste évoque ainsi une centaine de postes menacés entre la direction des installations fixes et la direction du matériel roulant.
Pour les syndicats, ce transfert ravive aussi les inquiétudes d’une possible privatisation à terme. « Le transfert des biens à la RTM pourrait-il faciliter l’ouverture de notre réseau à la concurrence ? » interrogent-ils dans leur communiqué commun. « Il n’est pas question de modifier le statut de la RTM », assurait le 13 octobre Samia Ghali. « Nous sommes dans la mise en œuvre du contrat signé », répond pour sa part la Métropole qui réaffirme « qu’il n’y a aucune volonté de privatisation ». Quant aux services techniques et fonctions support, l’intercommunalité souligne la « technicité de la RTM » et assure : « Nous allons nous appuyer sur toutes les compétences pour mettre en œuvre les nombreux projets en cours ».

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