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  • [Quoi de neuf] « Tout le monde a envie d’entrer dans le bal de la lutte »

    [Quoi de neuf] « Tout le monde a envie d’entrer dans le bal de la lutte »

    Rémy Cougnenc : D’ordinaire le mouvement social est calme avant la Présidentielle. Qu’est-ce qui fait que c’est différent cette fois ?

    Mathieu Guy : Habituellement en effet les mois qui précédent une échéance électorale sont plutôt calmes. Cette année ça ne l’est déjà pas. Le contexte s’est dégradé ces dernières années. Ce qui a mis le feu aux poudres c’est l’annonce des économies dans la prochaine loi de finances. Le mouvement a débuté le 29 septembre avec la fonction publique avec toutes les difficultés rencontrées par les fonctionnaires avec le gel du point d’indice et les missions qu’ils n’arrivent plus à mener à bien à cause du manque de moyens. Cette dynamique de diminution d’effectifs est engagée depuis trop longtemps dans les services publics et les gels de salaires qui font qu’on a de moins en moins de candidats, notamment chez les enseignants. On a un ras-le-bol général. Tout le monde a envie d’entrer dans le bal de la lutte. On pense qu’il peut y avoir une convergence qui mènerait vers des victoires le plus rapidement possible.

    Rémy Cougnenc : En 2023 sur les retraites, la mobilisation était massive mais le gouvernement avait fait la sourde oreille. Est-ce que le vent de fraîcheur de la jeunesse peut aider à la convergence des luttes qui a pu faire défaut par le passé ?

    Mathieu Guy : Je pense qu’il a manqué des ingrédients en 2023. On a pris la rue avec d’énormes mobilisations. Mais ce qui a été difficile c’est de mettre l’économie à l’arrêt. On avait travaillé à la CGT pour intégrer la notion de grève reconductible. Malheureusement c’est resté trop à la marge pour porter un coup d’arrêt. Ceci étant, on ne peut pas dire que 2023 a été un échec de la mobilisation. Il y a eu énormément de monde et les salariés ont retrouvé la confiance envers les syndicats qui avait peut-être été un peu perdue les années précédentes. Derrière cela a permis à la CGT de se renforcer en terme d’adhérents.

    Olivier Nottale : N’oublions pas que faire grève coûte de l’argent aux salariés qui ont déjà des problèmes de pouvoir d’achat…

    Arnaud Jean : Je voudrais rajouter que la lutte paye. Pour les retraites, dans les endroits où la grève reconductible a tenu, par exemple à la SNCF avec 59 jours de grève, on sort avec un accord de cessation progressive d’activité de 18 mois. C’est-à-dire que ce que le gouvernement nous a enlevés d’un côté, on l’a gagné par les négociations de l’autre côté avec la SNCF. Comme quoi quand on se mobilise, que les salariés sont unis notamment par la grève, au bout on arrive à obtenir des choses du patronat. La grève générale est un grand mot. La grève se décrète par les salariés entreprise par entreprise, chantier par chantier. Ça passe par des assemblées générales chaque jour sur les lieux de travail.

    Rémy Cougnenc : Quels sont les mots d’ordre de l’intersyndicale ?

    Mathieu Guy : Déjà le combat contre la vie chère. On la combat ainsi que l’inflation par des augmentations des salaires. Les primes existent de plus en plus. Un tiers de nos revenus dans la fonction publique sont des primes. C’est assez dramatique parce qu’elles ne sont pas comptabilisées dans les cotisations et ne financent pas nos systèmes de retraites. On demande une augmentation générale des salaires et des pensions, ce qui permettrait de redonner du pouvoir d’achat aux salariés, retraités et des recettes pour l’État pour mieux redistribuer à travers la Sécurité sociale notamment. Je crois que l’inflation est à 15% donc il faut 15% de hausse des salaires. C’est la base minimale pour sortir la tête de l’ornière et faire en sorte que les travailleurs puissent vivre dignement de leur travail.

    Olivier Nottale : Et aussi puissent aller travailler car certains sont pris à la gorge…

    Mathieu Guy : Vu le prix de l’immobilier à Montpellier, Sète ou Lunel, bref sur l’arc littoral, on constate que les travailleurs ne vivent plus sur leur lieu de travail, ils en sont de plus en plus éloignés. Avec le prix de l’essence, un salarié qui se déplace pour travailler ça lui coûte de l’argent.

    Rémy Cougnenc : Le patronat vous rit au nez quand on parle d’augmenter les salaires. Soi disant qu’il n’y a plus d’argent !

    Mathieu Guy : Un rapport a rappelé que 211 milliards d’euros sont donnés chaque année aux entreprises sans contrepartie. Les grands groupes du CAC 40 ont versé 61 milliards d’euros de dividendes au premier semestre 2026. On voit bien que de l’argent il y en a. Sauf qu’il va vers ceux qui en ont le plus. D’où des inégalités de plus en plus grandes et un monde du travail qui souffre.

    Rémy Cougnenc : Si on touche au capital, il y aurait des délocalisations. C’est l’éternel chantage à l’emploi…

    Mathieu Guy : Les patrons n’ont pas attendu qu’on gagne des hausses de salaires ou plus de justice fiscale pour délocaliser, supprimer de l’emploi, fermer les industries, démanteler tout ce qui peut l’être à leur bénéfice. Seconde revendication : c’est la question des services publics à l’abandon. Sans les pompiers, l’hôpital,… on aurait vécu des choses encore plus dramatiques (…) [Écouter la suite de l’émission avec la question de la liberté de manifester et les violences d’extrême droite].

  • À Marseille, plus de 300 salariés du médico-social mobilisés

    À Marseille, plus de 300 salariés du médico-social mobilisés

    Cette journée s’inscrit dans un contexte social fortement tendu », ont précisé les syndicats qui s’élèvent contre les coupes budgétaires en cours. Fortement mobilisés les salariés de Sauvegarde 13 en proie à des difficultés financières refusent que le plan de retour à l’équilibre se fasse sur le dos des salariés et du public accueilli et accompagné. Ils ont exigé un réexamen de la situation.

  • Débouché politique

    Débouché politique

    Depuis la Charte d’Amiens de 1906, en France le mouvement social et le monde politique marchent séparément mais en parallèle pour ce qui concerne la gauche et le mouvement progressiste. Soutenir sans interférer, travailler chacun dans son domaine mais avec toujours pour objectif le progrès social et l’amélioration de vie de l’immense majorité du peuple.

    Alors que ce peuple gronde de nouveau dans les pas de sa jeunesse révoltée par le présent qu’on lui fait et le futur qu’on lui promet, le rendez-vous du jeudi 5 novembre apparaît déjà comme capital : celui de la jonction du mouvement syndical aux revendications sociales et salariales et de la colère sourde qui monte partout unissant depuis plus de deux semaines toutes les générations.

    Un « pour »

    Le rôle des mouvements progressistes dans leur diversité est aujourd’hui d’offrir un débouché politique à ces protestations qui vont crescendo, proposer un « pour » à l’ensemble de ces « contre ». Tout en respectant bien entendu l’autonomie de ces mouvements divers.

    À six mois d’une élection présidentielle qui est loin d’être jouée malgré ce qu’en disent les perroquets de l’ultralibéralisme qui trouveraient dans le fascisme le seul moyen de faire perdurer leur système mortifère pour l’humanité et la planète, l’occasion est là pour les mouvements politiques de renouer le lien avec leur électorat naturel. Et de briser le mur de méfiance qui s’est progressivement construit ces dernières années. Tous ensemble dans la rue avec le mouvement progressiste au service des aspirations et des exigences de manifestants. La clé pour renvoyer l’extrême droite à sa place naturelle qu’elle arrive à masquer pour l’heure, celle du rempart des possédants contre le peuple.

  • Des syndicats de Vaucluse unis face aux « intimidations »

    Des syndicats de Vaucluse unis face aux « intimidations »

    Ce jeudi 5 novembre, l’intersyndicale de Vaucluse sera dans la rue avec une manifestation prévue au départ de la cité administrative d’Avignon à 10h30. Avec un mot d’ordre commun, ils seront là « malgré les intimidations ».

    Ils évoquent tous les interdictions de se rassembler prononcées dans le centre-ville d’Avignon et autour des remparts lors des journées de mobilisation lancées par les lycéens et étudiants et des mouvements contre la vie chère des samedis 24 et 31 octobre. Deux journées pendant lesquelles des dizaines de manifestants ont été verbalisées, voire parfois arrêtés et placés en garde à vue. Aucune interdiction n’a été prononcée concernant ce jeudi. « Un arrêté d’interdiction ne nous fera pas taire. Et la jeunesse est la première à s’y opposer », lance en préambule Laurence de Villèle, secrétaire générale de la CGT de Vaucluse.

    Avant que chacun des représentants syndicaux n’abonde dans ce sens. « Alors que les rassemblements du 24 et du 31 octobre étaient pacifiques et festifs, le pouvoir cherche la provocation. Le 5, nous ne nous laisserons pas intimider et nous ferons entendre nos revendications. Ces politiques mortifères ne font que faire monter l’extrême droite, qui cherche à diviser le mouvement social et à récupérer les colères pour se renforcer. Nous refusons les discours de haine et les divisions entre jeunes, retraités, salariés, chômeurs ou immigrés », ajoute Alice Raimundo, secrétaire départementale de la FSU.

    Privé comme public

    « Une interdiction serait malvenue sachant qu’il n’y a jamais eu de problèmes aux manifestations syndicales en centre-ville. Le gouvernement tente de manœuvrer une sortie de crise à moindres frais. Mais la majorité des annonces sont des changements prévus pour 2028, quand le gouvernement sera parti. Ce que la jeunesse a très bien compris », poursuit Etienne Raoul, secrétaire départemental de FO. Tandis que pour Pascale Battaglia, trésorière de l’Unsa, il est « hors de question de laisser passer ces décisions liberticides ».

    Les revendications, elles, ne bougent pas. Eric Bultel, représentant de la CFDT de Vaucluse, illustre l’absence de réponse en sortant un communiqué de son syndicat émis au début du mois d’octobre dernier. « Je peux reprendre ce papier et le signer. Rien n’a bougé. On veut simplement vivre de notre travail », explique-t-il. Dans le public, la revalorisation du point d’indice est ainsi demandée. « Pour les agents publics, au 1er juin 2026, on a eu 862 000 agents publics bénéficiaires de l’indemnité différentielle. Donc les bénéficiaires de l’indemnité différentielle, c’est que leur salaire est inférieur au Smic. Donc ça, c’est quand même une donnée importante à prendre. Sachant qu’au 1er janvier 2026, ils n’étaient que 356 000. Donc là, on commence à se rapprocher assez fort du million. C’est assez inquiétant », pointe Etienne Raoul. Alors que les débats autour du budget 2027 sont en cours à l’Assemblée nationale, Alice Raimundo exige des moyens « permettant d’assurer la rénovation du bâti scolaire », mais aussi « des créations [de postes d’enseignant] en nombre suffisant pour diminuer le nombre d’élèves par classe, d’étudiants et d’étudiantes par groupe de TD et assurer la présence d’équipes pluridisciplinaires au complet ». Dans le privé, la fin de l’année civile rime aussi avec le début des négociations annuelles obligatoires. « C’est le moment que le patronat donne un signe fort. Il y a des choix politiques, il y a des choix patronaux qui sont aussi des choix politiques. Et répondre aux demandes d’augmentation de salaire par le biais des NAO, c’est pas donner 15 centimes d’euros d’augmentation », pointe Laurence de Villèle.

  • [Mobilisation] Les salaires au centre de l’appel du 5 novembre

    [Mobilisation] Les salaires au centre de l’appel du 5 novembre

    Manger ou faire le plein ? » À l’approche du 5 novembre, la question placardée par la CGT mines-énergie de l’Hérault donne le ton. Après la grève des services publics le 29 septembre et les mobilisations lycéennes qui ont secoué le pays en octobre, les syndicats appellent à élargir la contestation. Dans le Gard comme dans l’Hérault, salariés du public et du privé, jeunes et retraités sont invités à battre ensemble le pavé pour les salaires, les services publics et les libertés.

    « Quand on travaille, on ne devrait pas avoir à choisir entre se nourrir, se loger, se chauffer ou se soigner », dénonce Sylvie Da Costa, de la CFDT du Gard. Elle réclame notamment 100 euros nets de plus pour le Smic, des négociations salariales dans toutes les branches et une revalorisation des agents publics. À l’hôpital, à l’école ou dans les collectivités, « le dévouement ne paie pas les factures », insiste-t-elle, tandis que les effectifs manquent et que les conditions de travail se dégradent.

    Même constat dans l’énergie. Selon la CGT mines-énergie de l’Hérault, le salaire national de base n’a progressé que de 7,7% en dix ans, contre 20,8% d’inflation cumulée. « Jamais la précarité n’a été aussi forte, même dans nos entreprises », s’indigne le syndicat, qui dénonce le refus des directions d’accorder un rattrapage salarial. « Des agents sautent des repas, ne peuvent plus faire leur plein, se saignent pour payer les études de leurs enfants », alerte la CGT, qui appelle à la grève.

    Pour Pascale Thoirey, de la FSU Gard, l’enjeu dépasse le seul pouvoir d’achat. « C’est juste des êtres humains qui voudraient pouvoir vivre comme des êtres humains de leur travail », résume-t-elle. Elle dénonce le gel du point d’indice et réclame une révision des grilles salariales. Dans l’Éducation nationale, elle décrit des accompagnantes d’élèves en situation de handicap (AESH) soumises à la précarité : « Certaines ont 18 ans d’ancienneté et arrivent péniblement à 1 000 euros par mois. »

    La jeunesse, moteur

    de la contestation

    La colère sociale rejoint celle des lycéens, mobilisés depuis plusieurs semaines contre le manque de moyens et la sélection dans les études supérieures. Dans l’Hérault, FO réclame « l’abrogation immédiate de Parcoursup », des recrutements massifs d’enseignants et des moyens supplémentaires pour la médecine scolaire. « Les lycéens d’aujourd’hui sont les salariés de demain », souligne l’organisation.

    Les annonces gouvernementales du 26 octobre n’ont pas convaincu. Plafonnement progressif de certaines classes de seconde à 28 élèves, annulation annoncée de 836 suppressions de postes dans le secondaire, pistes d’aménagement de Parcoursup : pour FO, le gouvernement « manœuvre et lâche des miettes ». Pascale Thoirey est plus cinglante : « Ce ne sont pas des avancées. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. » Elle reproche à l’exécutif de reporter une partie des mesures après 2027, alors que les besoins sont immédiats : moins d’élèves par classe, des enseignants formés et remplacés, un véritable statut pour les AESH. La bataille se joue également autour du budget 2027. L’intersyndicale héraultaise exige des hausses de salaires et de pensions, la défense de la Sécurité sociale et une politique industrielle tournée vers l’emploi et la transition écologique.

    À l’approche du rendez-vous, P. Thoirey espère voir « des gens qui n’ont pas l’habitude de venir manifester ». « Les services publics concernent tout le monde », rappelle-t-elle. « Tous les gens qui seront dans la rue le 5 le font dans l’intérêt collectif pour que les générations suivantes puissent vivre mieux que nous. » Quant à la suite, rien n’est écrit : « Le mouvement social ne se décrète pas. » Le 5 novembre devra dire si cette convergence peut prendre de l’ampleur.

    Dans le Gard : à Alès à 10h devant la sous-préfecture et à Nîmes à 14h, en bas de l’avenue Jean-Jaurès. Dans l’Hérault : à Montpellier (14h, place Albert-Ier), Béziers (10h30, Bourse du travail), Lunel (11h30, place de la République), et Sète (10h30, place de la Mairie).

  • À Forcalquier, le mouvement mise sur l’intersyndicale

    À Forcalquier, le mouvement mise sur l’intersyndicale

    Mobilisés sur le rond-point d’Intermarché samedi, de nombreux manifestants se réjouissaient de l’appel à la mobilisation intersyndicale du 5 novembre, espérant qu’il donne davantage de puissance à leur mouvement, plutôt affaibli dans les Alpes-de-Haute-Provence, où environ 80 personnes ont manifesté à Forcalquier et une petite centaine à Digne.

    Lucie, 16 ans, présente à toutes les manifestations lycéennes, était à Forcalquier. « C’est super important d’être là pour le 5 novembre. Cela va être une énorme grève. Avec mes potes, on est toujours prêts, on se met au courant de toutes les manifestations. On voudrait que le mouvement continue et ne s’essouffle pas », explique celle qui est scolarisée au lycée Esclangon, à Manosque.

    Une centaine à Digne

    L’adolescente se réjouit de la présence des syndicats : « Ils ont de l’expérience, ils savent les risques, ce qu’il faut faire si on se retrouve en garde à vue. On se sent protégés quand ils sont là ». « L’intersyndicale, c’est hyper important. Cela nous donnera plus de puissance, c’est évident », abonde Cécile Ahmed Abdi, enseignante à Sainte-Tulle et militante féministe engagée dans diverses associations. Elle sera mobilisée jeudi. « Jeudi, le monde du travail vient s’intégrer dans le mouvement », se réjouit Dylan, militant LFI.

    Lou Terrasson, 27 ans, intermittente du spectacle habitant Forcalquier, manifestait « pour la culture et contre les coupes budgétaires ». « Les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres et je suis dans la catégorie des moins riches », regrette celle qui est particulièrement impactée par la hausse des prix du carburant, travaillant pour une compagnie de théâtre marseillaise, Peanuts. « Tout le monde est d’accord pour faire grève à la compagnie. » « Dès le 5, on ne consomme pas ! », lance Nelly, Gilet jaune de Forcalquier.

  • François de Canson : « Tout ce que l’État ne prendra pas à la Région, je le mettrai dans les lycées »

    François de Canson : « Tout ce que l’État ne prendra pas à la Région, je le mettrai dans les lycées »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque samedi à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    Le nouveau président de région

    Didier Gesualdi : Vous avez pris la tête de la Région le 12 octobre. Depuis, il y a eu les catastrophes naturelles, les manifestations lycéennes, les émeutes du 17 octobre, le mouvement social qui est à son plus haut… Allez-vous arriver à dégager des priorités ?

    Quand on accède à la présidence de la Région, il faut être prêt, prêt à toutes les situations. Je suis avant tout un élu de terrain, j’ai l’habitude des crises. C’est vrai que j’ai été bien servi depuis mon arrivée. Les lycéens d’abord, le chaos dans la rue, les inondations…

    Didier Gesualdi : Vous passez derrière Renaud Muselier, une personnalité nationale avec une façon bien à lui de faire de la politique. Quelle sera la vôtre ?

    D’abord, c’est un Marseillais, moi, je suis un Toulonnais, donc on n’a pas peut-être pas les mêmes gènes. J’ai beaucoup d’admiration pour Renaud Muselier. C’est quelqu’un qui a su transmettre et de nos jours, en politique, c’est extrêmement rare. Moi, je suis un élu de terrain, maire depuis 18 ans. Je connais les gens, j’aime les gens, le contact. J’aime sentir les choses avant de prendre des décisions. Ma caractéristique, c’est que je suis un gros travailleur, j’ai une grande capacité d’écoute et je prends des décisions. Ça va être le nouveau style que je vais imposer à la Région. Une Région pour tous, un territoire que je vais parcourir en permanence pour aller écouter les maires. Je sais ce que c’est, être maire, je connais leurs priorités, je sais que ce n’est pas facile. Notre région est immense, c’est un territoire béni des dieux comme j’aime à le dire. J’espère que dans cette belle région, comme savait le faire si bien M. Muselier, l’optimisme sera de rigueur.

    Léo Purguette : Renaud Muselier a été élu au Sénat, mais il est toujours membre de votre majorité. Comment allez-vous articuler vos interventions ?

    Ce n’est pas toujours facile d’avoir le prédécesseur dans ses troupes.J’ai beaucoup de chance. Renaud Muselier m’a laissé les clefs du camion avec le plein. On a une Région en bonne santé. C’est quelqu’un qui observe, qui connaît particulièrement bien les rouages de cette région, ses conseils seront utiles.

    Les Lycéens

    Didier Gesualdi : Estimez-vous qu’on a répondu convenablement aux revendications des lycéens ?

    D’abord, les revendications sont normales. On a le droit dans ce pays de revendiquer, de manifester, mais pas de casser. C’est ce que j’ai dit immédiatement aux lycéens. Je peux tout entendre, mais tout doit se faire dans le calme et la démocratie. Je me suis rendu, ce vendredi, dans un lycée à Salon-de-Provence. Un lycée qui a été détérioré. En quinze jours, on a fait tous les travaux et tout doit recommencer dans des conditions optimales. J’ai rencontré les jeunes, vu le parlement régional de la jeunesse, déclenché un audit. On a fait le tour des 174 lycées. On est en train de me faire remonter l’ensemble des demandes des proviseurs sur la plateforme Allo lycées. Quand on a récupéré l’héritage de Vauzelle, il y avait un gros retard dans les lycées. 2 milliards ont été mis dans lycées depuis 10 ans. Je vais injecter encore 2 milliards pour les 10 ans à venir. J’ai sanctuarisé 300 millions pour l’année prochaine pour les travaux dans les lycées. On a déjà mis 6 millions pour les travaux d’urgence, on va rajouter 10 millions avant la fin de l’année par rapport au changement climatique. On est très actifs, très présents. Je vais écouter les revendications et donner des réponses concrètes. Vous verrez que, très vite, on va retrouver le calme.

    Léo Purguette : Les syndicats enseignants ne sont pas d’accord avec ce que vous dites. Ils indiquent que la majorité de M. Vauzelle a plus investi que vous et disent que notre Région est en bas du classement des Régions sur les investissements dans les lycées.

    Il y a eu des regroupements de Régions, donc ça fait des chiffres plus gros, mais au niveau global beaucoup d’argent a été mis dans les lycées. On a tous été lycéens. Combien on était par classe ? Il faisait chaud. Les sanitaires, ce n’était pas toujours parfait. Il y a eu une montée en gamme. Il faut encore monter en gamme.

    Le rapport avec l’État

    Léo Purguette : Vous êtes tributaire des annonces du gouvernement. Votre vice-présidente s’étonnait, dans les colonnes de La Marseillaise, du seuil de 28 élèves par classe, difficile à traduire vite au niveau du bâti. Est-ce que ce sont des promesses en l’air ?

    J’ai été très étonné des réponses du gouvernement. Quand il me dit qu’il va me donner des facilités pour emprunter pour financer les travaux dans les lycées… J’ai envie de dire qu’en tant que maire, président d’intercommunalité et maintenant président de Région, que j’ai toujours su emprunter. Mais emprunter quand les taux sont à 5%, est-ce que c’est une bonne chose ? Je ne pense pas. De ce côté-là, je dis au gouvernement : « Laissez-moi agir, je sais faire, je connais, faut pas m’expliquer. » En deux ans, l’État a pris 170 millions à notre Région. Et l’année prochaine, il veut nous prendre 50 millions. Je veux partager l’effort même si c’est un peu facile de mettre les collectivités à l’os quand on n’arrive pas à équilibrer le budget. Sur les 50 millions qu’on veut me prendre, prenez en 20 et laissez-m’en 30 pour mettre dans les lycées. J’ai dit au président de la République quand il est venu ici : « Tout ce que l’État ne prendra pas à la Région, je le mettrai dans les lycées. » J’espère que cette proposition sera entendue.

    Le Rassemblement national

    Léo Purguette : Qui peut battre le RN selon vous ?

    On n’en est pas au choix. Aujourd’hui, il y a beaucoup de candidats, on sait que tout va se jouer début janvier. Je suis contre les extrêmes. Chez moi, il n’y a pas de porosité avec le RN. J’ai toujours eu des candidats d’extrême droite contre moi, je les ai toujours battus.

    Didier Gesualdi : Allez-vous pouvoir résister à une vague RN aux prochaines régionales ?

    Je ne suis pas là pour faire l’intérim. Je suis là pour bâtir une équipe pour garder cette Région. Elle est bien gérée, elle fonctionne bien, elle a de bons résultats. Je crois que les gens le voient. M. Allisio nous disait qu’il avait déjà gagné Toulon et Marseille, ils ont perdu les deux. En politique, rien n’est joué.

    Léo Purguette : La Marseillaise révèle que son collaborateur, pointé pour ses écrits haineux, est toujours salarié. Ça vous choque ?

    Si M. Allisio ne veut pas balayer devant sa porte, à un moment, il va prendre la porte dans la tête. En tout cas, on va être extrême vigilant.

    Les inondations

    Didier Gesualdi : Comment faire face aux conséquences du changement climatique et aider les sinistrés ?

    Spontanément, je suis allé aux côtés des inondés. J’ai débloqué 5 millions d’euros pour les aider. C’est une problématique que je connais bien. En 2014, deux fois ma ville a été touchée. J’ai porté un projet de loi à travers un député varois à l’époque. Il faut simplifier les procédures des services de l’État pour que les collectivités puissent aider. On meurt de l’administration. Aujourd’hui, dans la présidentielle, grand nombre de candidats veulent des simplifications administratives. Le 17 novembre, je recevrai pour le congrès régional des maires Jean-Louis Borloo, qui a une vision très forte du changement nécessaire pour l’État.

    Léo Purguette : Les mairies sont très en colère, ils menacent de ne pas organiser la présidentielle…

    Ce n’est pas possible. Mais ça montre le ras-le-bol. On demande aux collectivités, qui sont déjà en difficulté, d’abonder le budget de l’État. Je souhaite que tout parte du terrain.

    Le climat social

    Didier Gesualdi : Est-ce qu’on va vers une radicalité encore plus importante du mouvement social ?

    Je n’ai pas de boule de cristal. Je ne sais pas comment ça va évoluer, personne ne le sait. Par contre, j’ai été choqué par la violence, notamment à Marseille. J’étais là dès le dimanche 18 octobre au matin. J’ai vu des gens qui avaient tout perdu, des commerçants pleurer, des magasins pillés… Que ce soit le Département, la mairie, la Région. Tout le monde est choqué. Comme l’avait fait Renaud Muselier en 2023, on a activé le fonds d’urgence. On va être capable dans les 15 jours qui viennent de donner 10 000 euros aux commerçants touchés pour leur redonner du souffle. L’initiative est portée par la Région, qui a la compétence économique. On a été rejoint spontanément par le Département qui met 5 millions, par la Métropole qui va nous aider, si d’autres collectivités veulent venir au lieu de faire du bruit…

    Léo Purguette : Même la Ville ?!

    Ça avait été contesté jusqu’en justice par la Région la dernière fois… Parce qu’ils l’avaient fait directement. Si la Ville vient rejoindre le fonds ouvert par la Région, tout se passe bien. Chacun a sa légitimité, on doit travailler ensemble, chacun doit être un maillon de la chaîne. Le leader dans ce cas-là c’est la Région, on est là pour aider. Plus il y aura d’argent, plus on pourra aider les commerçants. Là aussi, il ne faut pas que l’État se trompe, il doit se caler sur la Région parce qu’on a un guichet unique, que ça va vite. C’est ce que j’ai dit au ministre Papin.

    Didier Gesualdi : Quelles réponses à tous ceux qui ne cassent pas, mais qui vivent dans des conditions de vie très difficiles ?

    Je suis extrêmement sensible au pouvoir d’achat. En tant que maire, je touche ça du doigt tous les jours. À la Région, le président Muselier avait largement commencé. Il a fait en sorte que chaque étudiant puisse avoir une économie de 2 500 euros par an à travers les différents pass mis en place. Chaque fois qu’on peut aider nos concitoyens avec les pass transports, santé, loisirs etc. Il faut le faire. Et chaque euro investi doit avoir un sens. Il faut être respectueux de l’argent public et transparent sur son utilisation.

    Léo Purguette : Une des racines principales de cette crise, c’est l’explosion du coût des carburants. Le gouvernement doit-il baisser les taxes ? Nationaliser les compagnies qui affichent des profits indécents au regard des souffrances du monde du travail ?

    Je suis président de Région, je ne suis pas parlementaire. Chacun son niveau de compétence. Bien évidemment, je souhaite qu’on aide les Français. Quand la France souffre, il faut donner des moyens pour permettre aux gens de vivre dignement.

    Léo Purguette : Au-delà du climat social, il y a ce fond de l’air délétère avec cet attentat raciste à Trappes. Est-on face à un glissement ?

    Il y a un glissement, il faut le contrôler. Une dérive. Je crois que l’extrême gauche y est pour beaucoup…

    Léo Purguette : Ce n’est pas l’extrême gauche qui a tué à Trappes !

    Non, mais c’est toujours un extrême. On est toujours dans l’extrême. Face à cela, dans les élections, chaque fois qu’on est uni, on n’a jamais perdu. Soyons unis pour la présidentielle, les législatives, les régionales. Et vous verrez, on n’a pas grand-chose à craindre.

    La République c’est quoi ?

    François de Canson : « Ce n’est pas ce qu’il se passe en ce moment. La République, ce n’est pas le chaos, ce n’est pas casser. La République c’est le respect, c’est Liberté, Égalité, Fraternité. La Liberté, c’est de pouvoir exprimer ce que l’on veut de manière démocratique. Quand on va voter, ce qui me plaît beaucoup, c’est que dans l’isoloir, tout le monde est égalitaire devant le bulletin de vote. Je dis aux citoyens : allez voter, faites en sorte qu’il y ait une vraie majorité pour que ce pays puisse fonctionner de la façon la plus démocratique possible. »

    La question des lecteurs : Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Marie : Qu’est-ce qui va changer avec un président

    de la Région qui vient du Var ?

    D’abord, c’est une première et je crois que c’est une bonne chose. On a eu des présidents de Région qui venaient d’Arles, de Marseille, de Nice. Aujourd’hui, on a un président de Région qui vient de La Londe-les-Maures, dans le Var. C’est peut-être un style différent, c’est peut-être aussi rétablir un équilibre entre l’ensemble des territoires. Aujourd’hui on le voit, le département du Var ne cesse de grandir et est en train de trouver sa place sur l’échiquier régional. Moi, je suis là pour que le Var émerge, bien évidemment, mais pour qu’il y ait un équilibre entre tous les territoires. Je suis un homme d’équilibre, de dialogue. Comptez sur moi. Les Varois, c’est solide et ça sait partager.

  • Les dockers à l’avant-garde de l’internationale pacifiste

    Les dockers à l’avant-garde de l’internationale pacifiste

    Non à la guerre, non à la militarisation des ports. » La banderole déployée par les ouvriers dockers et portuaires de Fos-sur-Mer résume le mot d’ordre de cette journée internationale de grève du 30 octobre. La totalité des salariés du port a cessé le travail avec pour consigne de mettre l’activité à l’arrêt : aucun chargement ni déchargement n’était assuré. 95% des ports français étaient également mobilisés. L’appel international a réuni des ouvriers dockers des cinq continents, dans 111 pays différents. Porté en Europe par l’European Dockworkers Council (EDC), le mouvement a touché la Turquie, l’Inde et même les États-Unis.

    C’est pas l’arme qui prend la mer

    Les dockers CGT de Fos-sur-Mer s’étaient illustrés pour leur refus de charger plusieurs conteneurs d’armes à destination d’Israël, en juin 2025. Un acte qui s’inscrit dans « les valeurs de paix et d’internationalisme » citées par le secrétaire général adjoint de la fédération CGT, Serge Coutouris, dans notre édition de ce vendredi, dans la même lignée des refus de chargement de matériel militaire durant les guerres d’Indochine ou d’Algérie.

    Au-delà de la question des livraisons d’armes, la CGT et l’EDC dénoncent la militarisation croissante des infrastructures portuaires européennes. Ils pointent l’adoption d’un plan de mobilité « Schengen militaire » en 2025 pour accélérer le déplacement de troupes et d’équipement dans le contexte de guerre en Ukraine. 17 milliards d’euros sont prévus par l’UE pour la mobilité militaire dans son budget 2028-2034.

    La fédération CGT appelle également à rejoindre l’appel à la grève du 5 novembre prochain.

  • Un robot pour inspecter le réseau d’eau potable à Robion

    Un robot pour inspecter le réseau d’eau potable à Robion

    Au bout de l’impasse Isidore-Lazare à Robion, un attroupement se forme autour d’un chantier qui débute tout juste. En cause, un petit robot et son concentré de technologies qui va, d’ici quelques minutes, inspecter l’état du réseau d’eau potable de la commune qui commence à vieillir.

    La scène est en effet intrigante lorsque deux employés de l’entreprise Acwa introduisent, deux mètres sous terre, un engin d’une quarantaine de centimètres et équipé de câbles multicolores dans un large tuyau. Le robot est alors déposé, à l’aide de gants désinfectés pour respecter les règles pour s’introduire dans un réseau d’eau potable, dans un sas « comme les sous-marins », glisse l’un des employés . Le tout est relié à une camionnette dans laquelle sont branchés des écrans qui retransmettent en temps réel ce qui fait face au robot.

    Un concentré de technologie qui n’utilise pas que l’image pour faire son diagnostic. Toutes sortes de capteurs permettent de détecter les fuites ou autres dégâts et impuretés éventuelles à l’intérieur du réseau. Telle que l’utilisation d’ultrasons pour mesurer l’écho des différentes couches des conduits. Devant des élus locaux et des membres de plusieurs syndicats d’eau, un commercial montre des images tournées la veille sous le sol de Robion. « On voit que c’est en bon état », lance-t-il fièrement.

    Travaux éventuels

    Avec quelques contraintes tout de même. Tenue par un fil, la machine se déplace grâce au courant. Mais elle ne peut pas dépasser un certain nombre de virages, car à partir d’une certaine addition d’angles, elle ne pourrait plus ressortir.

    Ce genre de possibilité, le syndicat Durance Ventoux ne l’avait pas auparavant. Pour vérifier l’état des canalisations, il fallait tout déterrer. « On est tombés dessus à un salon et cela nous a tout de suite intéressés », confie sur place Luc Dubet, responsable de la maîtrise d’ouvrage de l’organisation. À ses côtés, Frédéric Maurel, directeur général des services du syndicat, explique le choix de ce service qui aura coûté au total 80 000 euros, dont 40 000 ont été financés par l’Agence de l’eau. « La plupart des syndicats de l’eau ont été lancés après-guerre, et avec eux les grands réseaux d’eau. On arrive aujourd’hui à un moment où les structures deviennent vieillissantes, dont celle-ci. Ce diagnostic permet de savoir assez rapidement s’il faut changer ou non cette portion du réseau plutôt importante. On parle tout de même de deux millions d’euros d’investissement si c’est le cas. Si cela peut être décalé, on n’est pas contre. » Et à Patrick Sintes, maire (DVD) de Robion, d’évoquer l’enjeu de la route au-dessus du réseau. « L’enjeu est de savoir s’ils refont toute la voirie. On ne sait pas si on peut tenir », glisse-t-il.

  • Nouveau samedi de colère sociale en vue

    Nouveau samedi de colère sociale en vue

    Une nouvelle fois, Marseille s’annonce comme être l’épicentre de la colère sociale, dans la région, pour ce samedi et « l’acte III » du mouvement social de la jeunesse. De nombreux appels à la manifestation sont relayés sur les réseaux sociaux et font état de plusieurs rendez-vous dans la cité phocéenne, notamment à 14h aux Réformés. Le comité de lutte des étudiants d’Aix-Marseille université, tout comme l’assemblée générale des étudiants ou encore la coordination des Gilets jaunes, partagent le rendez-vous. La fédération des Bouches-du-Rhône du PCF donne rendez-vous à 14h sur les escaliers de la gare Saint-Charles et appelle « les communistes à se retrouver pour un rassemblement en point fixe, dans une zone non concernée par l’interdiction préfectorale ».

    Halloween oblige, certains mots d’ordre tournent autour des déguisements et autres appels nocturnes comme à la Plaine… De quoi faire craindre le pire du côté des forces de l’ordre (lire article ci-contre).

    À la différence du samedi précédent, cette fois, les syndicats locaux ne sont pas organisateurs de la manifestation marseillaise et n’ont pas non plus attaqué l’arrêté préfectoral devant la justice. L’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône ne communique pas sur l’événement. Mais plusieurs organisations de la CGT, comme les Unions locales Marseille Sud, de la Joliette ou encore celle du centre-ville appellent tout de même à la mobilisation. Quand la FSU 13 dénonce un « arrêté liberticide » et appelle à « poursuivre et amplifier les mobilisations », notamment en vue de la grève interprofessionnelle et intersyndicale du 5 novembre. Le syndicat Solidaires 13 adopte la même position que la semaine passée, « en grève et dans la rue », pour cette date.

    Les syndicats présents

    en Vaucluse et dans le Var

    Notons enfin qu’un autre appel à la manifestation est relayé par plusieurs organisations syndicales et progressistes, dont le PCF, pour Aix-en-Provence.

    Dans le Var comme en Vaucluse, les syndicats sont à l’initiative des mobilisations du samedi. Pour le premier département, c’est une intersyndicale CGT, FSU et Solidaires qui a déposé un parcours de manifestation, validé en préfecture et qui s’élancera depuis la Bourse du travail de Toulon (notre article du 30/10). L’intersyndicale étant soucieuse « de ne pas reproduire » la situation de la semaine précédente où la mobilisation avait été ballottée entre interdiction préfectorale et autorisation à la dernière minute après une contestation en justice. Cette fois, et malgré les arrêtés d’interdiction, les Varois pourront bien battre le pavé sereinement.

    En Vaucluse, l’Union départementale CGT, avec Solidaires et FO, appelle à la mobilisation à Avignon, notamment pour faire « face à la criminalisation du mouvement social ». Sur fond de bras de fer avec la préfecture puisque cette dernière juge « cette manifestation illégale » à la suite de la prise d’arrêtés d’interdiction. Et ce malgré la déclaration de la manifestation et des discussions qui n’ont pas pu aboutir à un compromis sur le trajet. « Aucun accord sur un parcours alternatif n’a pu être trouvé », justifie la préfecture. Pas de quoi refroidir les représentants du monde du travail, qui maintiennent bien l’appel à la mobilisation devant la préfecture à 10h et déposent un recours contre ledit arrêté. Plus que ça : une large intersyndicale, avec l’Unsa, la CFDT, la FSU et la LDH dénonce la situation dans un communiqué commun, ce vendredi. Rappelons que la manifestation du 24 octobre s’était globalement déroulée dans le calme pour la Cité des Papes.

    Multiples rassemblements dans les Alpes du Sud

    Du côté des départements des Alpes-de-Haute-Provence et Hautes-Alpes, pas de gros point de rendez-vous, mais une multiplication de mobilisations et pas d’interdiction de manifester. On recense au moins quatre appels aux rassemblements pour le premier département, mais une seule manifestation est déclarée : à Barcelonnette par la CGT, FSU et Solidaires. Plusieurs ronds-points sont ciblés comme à Digne-les-Bains et Forcalquier ou la place de la République de Sisteron, dès le matin. Principe similaire pour les Hautes-Alpes avec deux appels à la mobilisation, à Gap et Briançon, à 14h.