Tag: Nicolas Isnard

  • 117 communes reconnues en catastrophe naturelle

    117 communes reconnues en catastrophe naturelle

    Par un arrêté publié ce jeudi au Journal officiel, un total de 184 communes, dans le quart Sud-Est de la France, ont été reconnues en état de catastrophe naturelle « pour les dommages causés par les inondations et coulées de boue », dix jours après les orages meurtriers qui ont frappé la région, les 19 et 20 octobre. Parmi elles, 117 communes de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, dont 72 dans les Bouches-du-Rhône, 19 dans le Var et 26 en Vaucluse. Aucune demande de reconnaissance n’a été refusée.

    À l’échelle régionale, il faut remonter aux inondations du 23 novembre 2019, qui avaient fait six morts dans le Var et les Alpes-Maritimes, pour dépasser ce nombre, avec 169 municipalités reconnues en catastrophe naturelle. Dans les Bouches-du-Rhône, il faut remonter au mois de décembre 2003 (84 communes reconnues), lorsque les digues du Rhône avaient cédé. Sept personnes avaient alors perdu la vie.

    Cette fois, la publication s’est faite « dans des délais record », apprécie le maire (DVD) de Saint-Mitre-les-Remparts, Vincent Goyet. Lors de son déplacement dans le département le 23 octobre, le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, avait promis une procédure accélérée pour ouvrir la voie aux indemnisations, face aux inondations qui ont fait trois morts dans les Bouches-du-Rhône. Désormais, les sinistrés disposent de trente jours pour déclarer les dégâts à leur compagnie d’assurance.

    La longue marche

    de l’indemnisation

    Cette indemnisation est en effet obligatoire pour les personnes qui possèdent une assurance de dommages, dès lors que les sinistres déclarés sont la conséquence directe de la catastrophe naturelle. Elle comprend les frais de pompage, de nettoyage, de désinfection. Après la déclaration de sinistre, les assureurs disposent d’un délai d’un mois pour saisir un expert, puis lorsque le rapport d’expertise est rendu, d’un mois supplémentaire pour faire une proposition d’indemnisation. Lorsqu’elle est acceptée, elle doit être versée dans un délai de 21 jours.

    « L’État devait concrétiser ses engagements sans perdre de temps. Nous avons été entendus », apprécie désormais le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille, Nicolas Isnard. Mais alors que le ministre s’était heurté à la défiance des maires lors de sa visite, l’institution avertit : « L’accompagnement doit se poursuivre avec la même intensité. » « Les moyens financiers qui seront obtenus permettront de panser les trop nombreuses plaies que l’orage a laissées sur notre ville », souligne aussi le maire (PCF) de Port-de-Bouc, Laurent Belsola, en remerciant les habitants pour leur mobilisation qui a permis cette reconnaissance : « La force du nombre a, une nouvelle fois, permis de faire avancer les choses. » Désormais, ses services municipaux, comme dans de nombreuses autres villes touchées, restent mobilisés pour aider les habitants à accéder à leurs droits. Tandis que la Région et le Département ont déjà débloqué des aides exceptionnelles, le ministre Mathieu Lefèvre promettait, mercredi à l’Assemblée, que « l’État est mobilisé », avec des reports de charges pour les agriculteurs qui s’ajoutent aux dispositifs de calamité agricole et dotations de solidarité pour les communes.

    Reste désormais à faire face aux conséquences de long terme. Si les circulations ferroviaires ont pu reprendre en mode dégradé, « des travaux complémentaires se poursuivront pendant plusieurs semaines », avertit SNCF Réseau, « compte tenu de l’ampleur des dégâts constatés ». à Saint-Mitre, plusieurs dizaines d’arrêtés de mise en sécurité sont en cours d’envoi aux propriétaires « dont les ouvrages demeurent menaçants ». à Carry, le sentier du Lézard est fermé depuis lundi face aux effondrements et glissements de terrain. à Saint-Chamas, une étude globale doit être menée pour sécuriser les collines « encore gorgées d’eau et fragilisées », indiquait, mardi, la maire Magali Ramos. Certaines maisons ne peuvent toujours pas être habitées. De quoi illustrer l’ampleur des chantiers qui s’ouvrent, alors que le dérèglement climatique accroît les dangers : le coût des inondations devrait s’élever à 50 milliards d’euros entre 2020 et 2050, contre 18 milliards entre 1989 et 2019.

    LES VILLES CONCERNÉES

    Bouches-du-Rhône

    Aix-en-Provence ; Alleins ; Arles ; Aureille ; Aurons ; La Barben ; Beaurecueil ; Belcodène ; Berre-l’Étang ; Bouc-Bel-Air ; Cabriès ; Carnoux-en-Provence ; Carry-le-Rouet ; Ceyreste ; Charleval ; Châteauneuf-les-Martigues ; La Ciotat ; Cornillon-Confoux ; Éguilles ; Ensuès-la-Redonne ; Eyguières ; La Fare-les-Oliviers ; Fontvieille ; Fos-sur-Mer ; Fuveau ; Gignac-la-Nerthe ; Grans ; Gréasque ; Istres ; Jouques ; Lamanon ; Lambesc ; Lançon-Provence ; Mallemort ; Marignane ; Marseille ; Martigues ; Meyrargues ; Meyreuil ; Mimet ; Miramas ; Mouriès ; Noves ; Paradou ; Pélissanne ; Les Pennes-Mirabeau ; Peyrolles-en-Provence ; Port-Saint-Louis-du-Rhône ; Port-de-Bouc ; Le Puy-Sainte-Réparade ; Puyloubier ; Rognac ; Le Rove ; Saint-Andiol ; Saint-Cannat ; Saint-Chamas ; Saint-Étienne-du-Grès ; Saint-Marc-Jaumegarde ; Saint-Martin-de-Crau ; Saint-Mitre-les-Remparts ; Saint-Rémy-de-Provence ; Saint-Victoret ; Salon-de-Provence ; Sausset-les-Pins ; Sénas ; Septèmes-les-Vallons ; Simiane-Collongue ; Tarascon ; Velaux ; Venelles ; Ventabren ; Vitrolles.

    Var

    Les Arcs ; Bandol ; Cabasse ; Le Castellet ; Claviers ; Correns ; Gonfaron ; Grimaud ; Lorgues ; Montfort-sur-Argens ; Le Plan-de-la-Tour ; Roquebrune-sur-Argens ; Saint-Antonin-du-Var ; Saint-Cyr-sur-Mer ; Saint-Tropez ; Sainte-Maxime ; La Seyne-sur-Mer ; Le Thoronet ; Vidauban.

    Vaucluse

    Apt ; Caromb ; Carpentras ; Caumont-sur-Durance ; Cheval-Blanc ; Courthézon ; Entraigues-sur-la-Sorgue ; Lourmarin ; Mazan ; Ménerbes ; Mérindol ; Monteux ; Mormoiron ; Murs ; Oppède ; Pernes-les-Fontaines ; Pertuis ; Puget ; Puyméras ; Robion ; La Roque-sur-Pernes ; Saint-Saturnin-lès-Avignon ; Uchaux ; Vacqueyras ; Vedène ; Visan.

  • La RTM risque de payer pour transférer son patrimoine

    La RTM risque de payer pour transférer son patrimoine

    Dans chaque organisation syndicale, l’expression revient : « La RTM n’est pas la banque de la Métropole ! » à l’issue de conseil d’administration du 14 octobre dernier, la sidération le partage à l’indignation, pour les syndicats de la Régie des transports métropolitains (RTM). Depuis le début de l’année, celle-ci est reliée à la Métropole Aix-Marseille par un nouveau contrat d’obligation de service public, qui prévoit le transfert de l’ensemble de son patrimoine à l’intercommunalité d’ici la fin de l’année. Avec une valeur nette comptable de 150 millions d’euros, que la Métropole déjà lourdement endettée doit payer.

    Postes menacés ?

    « Lors du conseil d’administration du 14 octobre, un montage financier inquiétant a été évoqué : la RTM pourrait devoir emprunter pour permettre à la Métropole de racheter ses biens ! » alerte l’intersyndicale qui réunit la CGT, FO, la CFDT et la CFE-CGC à travers un communiqué publié ce lundi. Une proposition qui a suscité des oppositions jusqu’au plus haut niveau, assurent des participants. Alors collectivement les quatre organisations interpellent « d’urgence » la présidente (DVG) de la RTM, Samia Ghali, « afin d’empêcher cette opération et de soumettre au prochain conseil d’administration un avenant au contrat pour maintenir notre fonctionnement sans aucun changement ». L’indignation est d’autant plus forte que la RTM – qui avait reversé en juin 5,7 millions d’excédents à la Métropole par solidarité – doit continuer à porter les investissements déjà lancés, avec 213 millions d’euros d’opérations en cours, avant de les transférer à l’intercommunalité. Celle-ci prend aussi la main sur les futurs investissements, une disposition qui alerte aussi l’intersyndicale face à la crainte d’une perte de maîtrise des chantiers ainsi que des personnels qui les portaient. Un syndicaliste évoque ainsi une centaine de postes menacés entre la direction des installations fixes et la direction du matériel roulant.

    Pour les syndicats, ce transfert ravive aussi les inquiétudes d’une possible privatisation à terme. « Le transfert des biens à la RTM pourrait-il faciliter l’ouverture de notre réseau à la concurrence ? » interrogent-ils dans leur communiqué commun. « Il n’est pas question de modifier le statut de la RTM », assurait le 13 octobre Samia Ghali. « Nous sommes dans la mise en œuvre du contrat signé », répond pour sa part la Métropole qui réaffirme « qu’il n’y a aucune volonté de privatisation ». Quant aux services techniques et fonctions support, l’intercommunalité souligne la « technicité de la RTM » et assure : « Nous allons nous appuyer sur toutes les compétences pour mettre en œuvre les nombreux projets en cours ».

  • À Marseille, l’union sacrée des maires de Provence

    À Marseille, l’union sacrée des maires de Provence

    Le symbole était recherché. Ce lundi soir, c’est une policière municipale et un marin-pompier qui apportent le nouveau buste de Marianne dans la salle des délibérations de l’hôtel de ville de Marseille. Deux jours après l’envahissement du bâtiment qui a vu l’emblème de la République jeté au sol, au milieu des mobilisations du 17 octobre, les maires du territoire sont venus offrir à la municipalité marseillaise un nouveau buste de Marianne. En choisissant le modèle Mauger de la République radicale du début du XXe siècle, avec son bonnet phrygien retrouvé.

    « Tous nous sommes venus vous témoigner notre solidarité », partageait le président (LR) de la Métropole, Nicolas Isnard, à l’origine de l’initiative, après cette « journée noire » du samedi. En insistant sur le symbole « intolérable » de cette Marianne jetée au sol. « Elle montrera qu’à Marseille comme partout en France, nul ne peut s’en prendre à la République, et que tant que nous serons ensemble pour la défendre, elle restera éternelle. »

    Face aux nombreux élus présents, le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan dénonce les « hordes de vandales qui s’en sont pris à l’idée même du contrat social ». Des « semeurs de trouble et de chaos » qui ont « sali les revendications légitimes de ceux qui ont constitutionnellement le droit de manifester ». En réponse, il insiste sur l’unité républicaine, qui dépasse les opinions politiques. « Quand la France a traversé des crises à travers les siècles, ce n’est que par l’unité de ceux qui pensaient différemment », rappelle-t-il. Et de s’en prendre à ceux qui voudraient retirer leurs moyens aux communes. « C’est grâce à nous que la France tient », défend-il.

    Dans la foule, la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal, salue elle aussi la cohésion des élus. « Il faut de l’ordre en premier », assure-t-elle. « La façon de lutter contre cette racaille n’est pas la bonne, ils nous font la guerre alors il faut leur faire la guerre », lâche-t-elle, après avoir réclamé un état d’urgence.

    À l’extérieur, les gyrophares des camions de CRS illuminent d’une lueur bleue les rives du Vieux-Port. Et veillent désormais au respect des interdictions de manifester.

    « C’est grâce aux communes que la France tient. »

  • À la Métropole, deux motions face à l’Etat

    À la Métropole, deux motions face à l’Etat

    Après six mois de psychodrames, le conseil métropolitain qui se tient ce jeudi doit enfin tourner une page. D’abord en adoptant enfin un budget à l’équilibre avec la présentation d’une deuxième décision modificative. Un mois après le blocage politique, l’exécutif métropolitain a trouvé une issue comptable, au prix d’un endettement supplémentaire (notre édition du 08/10).

    Ensuite en mettant fin aux gratuités dans les transports en commun. L’hémicycle doit approuver la nouvelle grille tarifaire, applicable dès le 1er novembre prochain, avec une augmentation du prix des tickets et abonnements conjuguée à une tarification sociale pour 20% des usagers, en particulier pour les moins de 26 ans (notre édition du 14/10). Après la mobilisation du pays d’Aubagne, l’annexe jointe à la délibération, consultée par La Marseillaise, précise bien que le document y est « non applicable au 1er novembre 2026 ». De quoi y préserver pour l’instant la gratuité mise en place depuis dix-sept ans. « Rien ne se fait en 2026, rien ne se fera en 2027 », réitérait la présidente (DVG) de la RTM, Samia Ghali, face à la presse ce mardi. Mais elle déplorait : « à Aubagne, il y a des gens qui ont besoin d’être accompagnés parce qu’ils sont dans une situation de précarité, d’autres ne le sont pas et profitent de la gratuité ».

    « Casse généralisée »

    Mais tandis qu’ont été entamés le 15 septembre dernier les travaux sur la trajectoire financière de la Métropole pour les années à venir, la présentation du projet de loi de finances pour 2027 a fait l’effet d’une douche froide, avec 138 millions de coupes prévues sur le territoire. Alors comme l’a réclamé la dernière conférence des maires, une motion sera présentée au vote par le président (LR) Nicolas Isnard lui-même, pour dénoncer un effort « injuste, insoutenable et dangereux ». « Nous sommes conscients de l’impérieuse nécessité de redresser les finances publiques, mais ça ne saurait se faire au prix d’une casse généralisée pour les collectivités territoriales », déplore le document. Et d’alerter sur un projet qui pourrait plonger de nombreuses communes et intercommunalités « dans une crise financière très dangereuse pour le pays ». La motion demande donc un effort « ramené à un niveau soutenable », limité à 2% des recettes réelles de fonctionnement. En réclamant de débloquer le versement mobilité payé par les entreprises.

    « Au cours des dernières années, les collectivités territoriales et l’État ont engagé un effort sans précédent pour moderniser les transports publics », rappelle ainsi une deuxième motion présentée par la présidente (DVG) de la RTM, Samia Ghali. Qui ajoute donc qu’il « convient désormais de garantir, dans la durée, les ressources nécessaires à la poursuite des investissements et à l’exploitation des futurs équipements ». Et donc débloquer dans le projet de loi de finances le plafond de ce versement limité à 2% de la masse salariale pour s’aligner sur le Grand Paris. Sans monter jusqu’aux 3,2% appliqués par la capitale, la Métropole imaginant déjà une évolution « de manière différenciée selon les territoires, en tenant compte de la densité et de l’importance des réseaux ». Une possibilité qui tombe à l’eau si le budget est adopté par ordonnances.

  • Les nouveaux tarifs de la Métropole Aix-Marseille enterrent la gratuité pour la RTM

    Les nouveaux tarifs de la Métropole Aix-Marseille enterrent la gratuité pour la RTM

    Trois semaines après les premières annonces, c’est depuis la tour La Marseillaise que la Métropole Aix-Marseille a présenté à la presse ce mardi après-midi la nouvelle grille des tarifs de la RTM. Une grille qui vient enterrer définitivement les gratuités dans les transports en commun étendues le 1er septembre 2025, et qui s’appliquera à compter du 1er novembre prochain si elle est approuvée en conseil métropolitain ce jeudi.

    « Demain, si chacun contribuera au financement des transports, chacun le fera aussi en fonction de sa situation », résume ainsi le président (LR) de la Métropole Nicolas Isnard, en défendant une évolution « courageuse ». « Quelque chose de rouillé, il fallait le dérouiller, il fallait en avoir le courage politique », insiste aussi la présidente (DVG) de la RTM, Samia Ghali.

    2 euros le ticket

    À Marseille, Allauch, Plan-de-Cuques et Septèmes, le ticket prend 20 centimes et passe à 2 euros, comme le révélait La Marseillaise ce mardi. Pour ceux qui l’achètent auprès des conducteurs de bus, il coûtera désormais 2,50 euros. à Aix, Aubagne, à l’est de l’étang de Berre, Vitrolles et Marignane, il s’élèvera à 1,40 euro. Pour les zones les moins desservies, il passe à 1,20 euro. De la même manière, les abonnements augmentent de 14%,pour s’établir à 56,50 euros le pass mensuel à Marseille. Les prix restent inchangés pour les lignes interurbaines.

    Mais c’est la nouvelle tarification sociale que mettent davantage en avant les élus. Les enfants de moins de 11 ans pourront encore accéder sans payer au réseau de transports en commun. Les jeunes de moins de 26 ans, qu’ils soient boursiers ou bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, ainsi que les plus de 65 ans non imposables pourront bénéficier d’un nouveau pass au tarif symbolique de 20 euros par an. Un tarif qui profitera aussi aux bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH). « C’était une vraie demande de leur part, et c’est une première », souligne Samia Ghali, rappelant le retard pris dans l’accessibilité. Tandis que le Printemps marseillais promettait la gratuité des transports pour les moins de 26 ans, les étudiants non boursiers ne profiteront pour l’instant que d’une baisse de 20 euros par an sur leur abonnement, avec un pass à 200 euros sur la zone marseillaise. Les lycéens en revanche sont exclus de ce dispositif. Quant aux plus de 65 ans imposables, ils bénéficieront pour leur part d’une réduction de moitié sur leur abonnement. Enfin, une tarification solidaire est mise en place pour les plus précaires, de -80% pour ceux dont le quotient familial est inférieur à 500 euros par mois, de -50% en dessous d’un quotient de 650 euros, et de -20% pour un quotient inférieur à 810 euros par mois. Dans l’immédiat, ces gratuités bénéficieront à 100 000 usagers environ, estime la Métropole, pour deux tiers aux jeunes du territoire. « L’histoire nous donne raison, le pouvoir d’achat des jeunes, c’est le pouvoir d’achat des familles », souligne Samia Ghali, évoquant le mouvement lycéen. Le bouclier tarifaire mis en avant concerne donc environ 20% des usagers seulement, tandis que la nouvelle grille doit rapporter 21,6 millions d’euros par an à la RTM à partir de 2028. « Nous essayons d’améliorer le réseau, justifie le vice-président (DVG) aux transports, Frédéric Vigouroux. Mais ce ne sont pas les recettes de la tarification qui vont le permettre, nous avons besoin d’augmenter le versement mobilité. » Lequel n’est pas inscrit dans le projet de loi de finances.

  • Vers une tarification sociale et un ticket à deux euros pour la RTM

    Vers une tarification sociale et un ticket à deux euros pour la RTM

    Trois semaines après l’annonce, par le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille, Nicolas Isnard, de l’abandon des différents dispositifs de gratuité des transports, la présidente (DVG) de la RTM Samia Ghali doit dévoiler ce mardi les nouvelles grilles tarifaires de la régie. Des tarifs qui ont déjà été présentés lors de la conférence métropolitaine des maires qui s’est tenue le 8 octobre, et qui seront soumis au vote de l’hémicycle ce jeudi. Pour entrer en application dès le 1er novembre.

    « Nous allons repenser les tarifs de nos transports, qui n’ont pas bougé depuis 2017, annonçait ainsi depuis son fief salonais Nicolas Isnard, à la veille du salon des maires des Bouches-du-Rhône . Nous allons passer à une tarification sociale, au détriment de la gratuité, ce qui laissera la place à un système plus juste. » De quoi tourner la page de ces gratuités étendues par sa prédécesseure, Martine Vassal (DVD), aux moins de 11 ans et au plus de 65 ans imposables, le 1er septembre 2025. Le président de la Métropole reconnaissait une position de principe : « Il est inacceptable que des populations ne participent pas à un service public qui est rendu. Vous avez des retraités aisés qui ne paient pas alors que des salariés au Smic paient plein pot ! » En reconnaissant que les difficultés budgétaires métropolitaines avaient accéléré l’application d’une nouvelle grille tarifaire. « Si nous n’avions pas été pris à la gorge, nous aurions décalé dans le temps cette mise en œuvre », expliquait alors l’édile salonais.

    « Tout ce que je peux dire, c’est qu’il y aura un bouclier mobilité pour les jeunes en précarité », expliquait Samia Ghali à la sortie de la conférence des maires jeudi 8 octobre. Un « bouclier » que le président de la Métropole a présenté le même jour au Forum des entrepreneurs. Ainsi les collégiens, lycéens, étudiants et apprentis pourront bénéficier d’un pass annuel à 20 euros, « au prix de fabrication du badge », pour tous les transports en commun sur l’ensemble du territoire métropolitain, avec une tarification sociale pour les boursiers non imposables et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire. La gratuité doit également être maintenue, pour les enfants âgés de moins de 11 ans.

    Au-delà de cette annonce, d’autres pistes sont évoquées en coulisses. Les personnes âgées de plus de 65 ans non imposables, qui bénéficiaient déjà de la gratuité avant le 1er septembre 2025, pourraient bénéficier du même tarif à 20 euros, tandis que les autres auraient une réduction de moitié sur leur abonnement. Les personnes percevant l’allocation adulte handicapé (AAH) auraient droit à la gratuité, tandis que les familles bénéficieraient d’un quotient familial.

    « Une régression sociale »

    Mais revers de la médaille, une augmentation de 14% sur l’abonnement est évoquée pour les salariés. Et le ticket à l’unité doit augmenter de vingt centimes, pour passer à 2 euros. Si elles sont confirmées ce mardi, ces pistes apporteraient à la RTM environ 20 millions de recettes supplémentaires sur une année pleine.

    Avant même les annonces, l’union syndicale des retraités CGT dénonçait l’abandon de la gratuité pour les seniors, « une régression sociale et environnementale inacceptable » alors que la mesure « a fait la preuve de son efficacité ». Les retraités CGT rejettent ainsi la tarification sociale, « car elle est discriminatoire et stigmatise les retraités les plus démunis qui devront sans cesse se justifier ». Et prévoient de se rassembler jeudi devant l’hémicycle métropolitain.

  • Tirs dans un collège : Aubagne sous le choc

    Tirs dans un collège : Aubagne sous le choc

    « On a entendu deux coups de feu. Juste après, l’alarme incendie a sonné et les profs nous ont expliqué que ce n’était pas un exercice. On est sortis, on a vu l’élève et il a tiré en l’air ». Devant les grilles du collège Lakanal d’Aubagne, Adrien, élève de 3e raconte avec effroi la scène qui s’est déroulée plus tôt dans la matinée. Une scène dont l’horreur se passe de commentaires : Un élève de 3e, âgé de 14 ans, a ouvert le feu à plusieurs reprises au sein de l’établissement, blessant le proviseur et une enseignante et provoquant une onde de choc qui a largement dépassé le pays d’Aubagne.

    « L’élève est entré, aux alentours de 9h25, avec un étui à guitare dont il a manifestement sorti une arme, un long fusil de chasse. Il est monté au 1er étage de l’établissement, pour ensuite tirer en direction de deux personnes, le proviseur de l’établissement et un professeur qui était présent. Elles ont été blessées au niveau des membres inférieurs », relate Audrey Jouaneton, procureure adjointe de Marseille. Elle raconte un vrai périple qui aurait pu finir dans un bain de sang : « L’élève a ensuite continué sa progression vers le deuxième étage où il y a eu deux autres séquences de tirs. Une première à côté d’un professeur, en direction du sol, un impact a été identifié en bas d’un mur. Ensuite, il est arrivé au niveau d’une salle de classe, qui était occupée par les élèves et un professeur. Il a tiré en direction du tableau de la salle, là encore un impact a été identifié ». Par chance, les deux seules victimes ont été « rapidement prises en charge » par les pompiers et hospitalisées dans la foulée, leur pronostic vital n’étant pas engagé. Mais surtout « l’élève a été maîtrisé et désarmé par un personnel de l’établissement qui a arrêté sa progression » avant qu’il ne soit interpellé puis placé en garde à vue. « C’est le CPE qui l’a maîtrisé », confirme Jean-Pierre Squillari, maire d’Aubagne qui cite un acte « d’un courage exceptionnel ».

    Comme lui, c’est tout Aubagne qui a retenu son souffle le temps que les collégiens soient tous dans les bras de leurs parents et que la situation s’apaise.

    Enquête ouverte pour tentatives d’assassinat

    Car l’établissement a logiquement été placé sous bonne garde des forces de l’ordre et le rond-point attenant au collège a été plein de monde une bonne partie de la journée. Des parents aux visages angoissés font le pied de grue en attendant de récupérer leurs minots. Derrière les rubalises, certains crient le nom de leur enfant qui accourt et se jette dans leurs bras. « C’est un sentiment de sidération qui prédomine, on est sous le choc. C’est un super collège avec des dispositifs contre le harcèlement qui fonctionnent. Il y a une proximité avec les élèves, les profs sont super investis… », témoigne Julien Coclet, représentant de parents d’élèves. Comme d’autres, il attend avec impatience de pouvoir récupérer ses enfants sains et saufs : « On pense au pire dans ces moments-là ». Christophe, un professeur d’espagnol qui a « eu des coups de feu » devant la porte de sa classe se dit aussi « profondément choqué ». « On ne voit pas ça tous les jours. On pense à Samuel Paty et d’autres mais ici c’est un collège tranquille… C’est quand je suis descendu et que j’ai vu le principal à terre en sang que j’ai compris », explique-t-il, sa voix empreinte d’émotion. Plusieurs élèves font part d’un « cauchemar » ou s’exclament : « D’habitude, ça arrive au Texas, pas à Aubagne ! ». Une chose est sûre : cet acte n’a aucun lien avec le mouvement des lycéens, un temps évoqué par certains médias. Car dans le flou de la journée, certains affirment que le suspect aurait été harcelé, d’autres que son acte serait en lien avec une rupture… Tout et son contraire. Laurent Nunez, le ministre de l’Intérieur, appelle justement à la retenue : « Il faut rester prudent sur les mobiles ». Notons que les parents du suspect ont également été placés en garde à vue et que le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour « tentatives d’assassinat ».

    Au-delà de l’émoi, tous se projettent déjà sur la suite : soutien psychologique via une cellule aux élèves, enseignants et personnels de l’établissement. Ce mardi, l’établissement n’ouvre ses portes que pour les enseignants. La Ville appelle à un rassemblement, ce mardi à 18h au Cours Foch.

    RÉACTIONS

    Jérémy Bacchi, sénateur communiste

    « Je tiens à saluer le sang-froid de l’équipe pédagogique qui n’a pas hésité à s’interposer. On leur doit que ce drame ne soit pas plus terrible. Une pensée également aux personnels éducatifs qui ont été blessés. Aujourd’hui, l’heure est au soutien des élèves et des enseignants, et à créer du lien. »

    Nicolas Isnard, Président de la métropole Aix Marseille

    « Face à cette violence inacceptable, c’est toute notre communauté et nos institutions qui doivent faire bloc pour défendre et protéger l’école et ceux qui la font vivre. »

    FO, syndicat

    La FNEC FP-FO des Bouches-du-Rhône affirme son « soutien total à [ses] deux collègues blessés ». Le syndicat a également salué « la vigilance et le sang-froid de ceux qui sont parvenus à désarmer l’agresseur ». Face à cette violence, il rappelle que la sécurité dans les établissements passe « par la satisfaction des revendications portées par la jeunesse et les collègues », en appelant le Premier ministre et le gouvernement à « répondre immédiatement aux revendications ».

    FSU, syndicat

    « Cet acte terrible ne doit en aucun cas faire l’objet d’une récupération politique. (…) le tout sécuritaire n’est pas la réponse à une jeunesse qui va mal ». La FSU souligne que « l’heure est à la prise en charge du traumatisme vécu par les élèves et les personnels » et à un « travail en toute indépendance de la justice ».

  • La Métropole trouve une issue de secours pour son budget

    La Métropole trouve une issue de secours pour son budget

    C’est un tour de passe-passe financier que la Métropole sort de son chapeau pour sortir de sa crise budgétaire. Près d’un mois après le séisme qui a secoué l’institution avec l’échec de son président à faire passer en force pour faire porter à Marseille l’essentiel des coupes dans les dotations aux communes, les maires se réunissent de nouveau, ce jeudi matin dans l’hémicycle du Pharo, pour un point d’étape, avant le prochain conseil métropolitain du 15 octobre.

    Pour la première fois depuis le début de l’année, son exécutif pourra présenter un budget à l’équilibre. Sans couper dans les dotations aux communes. « Il y avait une solution technique qui n’était pas vue jusque-là comme une solution », explique le vice-président (LR) aux finances, David Ytier. Une solution comptable, validée auprès des services de l’État du trésor public, qui consiste à retirer les 53 millions qui manquaient encore dans les amortissements des investissements métropolitains, qui seront donc financés par l’emprunt. Sans ajouter, dans l’immédiat, aux 91 millions de coupes claires dans les dépenses de l’institution. « Mais cela va dégrader les ratios financiers de la Métropole qui sont scrutés par les marchés, les banques », pointe l’argentier de l’intercommunalité. Avec en bout de course une épargne nette négative. Une façon de reculer avant de sauter dans l’année 2027, où la trajectoire financière anticipe un trou plus important encore, auquel s’ajoutent les nouvelles coupes de l’État, que la Métropole espère chiffrer d’ici la fin de la semaine.

  • À Aubagne, on ne lâche rien pour défendre la gratuité

    À Aubagne, on ne lâche rien pour défendre la gratuité

    « Une première victoire, la suite au prochain numéro… » C’est devant une salle tout acquise à la défense de la gratuité des transports que le maire d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari (DVG), a fait un point de situation après l’annonce, le 24 septembre, de la suppression de cette dernière par le président de la Métropole Aix-Marseille Provence, Nicolas Isnard (LR). Avant de suspendre sa décision, ce lundi, avec un moratoire .

    Pas question de revenir sur un acquis vieux de dix-sept ans. « Il m’a parlé d’un moratoire “indéterminé”, qu’il dure encore en 2027, 2028 et au-delà ! » s’enflamme l’élu. Il prévient, fort « de la déferlante populaire » matérialisée par les 14 000 signatures recueillies sur une pétition : « On n’a pas gagné la bataille, il faut rester mobilisés, ne pas baisser la garde. » Et de craindre le « piège tactique ». Le maire d’Aubagne espère aussi que le « front républicain va tenir », affichant le soutien de ses homologues de La Penne-sur-Huveaune, La Destrousse, Belcodène, Saint-Zacharie et Peypin. Une représentante de la France insoumise apporte aussi son soutien. Dans la salle, Jadran Svrdlin au nom de l’Union locale CGT, rappelle que la gratuité n’est pas un coût, mais un choix politique, celui de « financer collectivement » les modes de déplacement.

    « Comme des bêtes »

    Les témoignages affluent. « Ma mère a 73 ans. Elle était en dépression, mais depuis qu’on habite Aubagne, elle reprend du poids, elle sort », raconte un jeune homme. Sans ça, « on ne mange plus, comme des bêtes », s’emballe une retraitée. Le syndicat lycéen, de retour de manifestation, en rajoute une couche.

    Pour Maurice Marsiglia, président de l’association Se déplacer en liberté (Asdel), c’est « la mobilisation qui a fait que M. Isnard a reculé ». Il annonce que l’Asdel prépare un argumentaire à destination des associations et des élus, propose de regrouper les associations en collectif et s’indigne de la mise en place de la tarification sociale. Une manière de « montrer du doigt les pauvres », estime-t-il, quand « 30 à 40% des ayants droit n’y ont pas recours ». Il explique que dans la Métropole, le versement mobilité, source de financement des transports, s’élève à « 2% de la masse salariale des entreprises de plus de onze salariés ». L’Asdel réclame « depuis très longtemps un alignement sur celui de la région parisienne à 3,2%, soit 220 millions d’euros ». De quoi renflouer les caisses. Revenir sur la gratuité, c’est « aller contre le sens de l’histoire », estime Roland Bourglan, qui a rejoint l’Asdel, précisant que « 47 réseaux sont dans la gratuité en France, soit un tiers des réseaux urbains de taille comparable ».

    Le maire d’Aubagne appellera au final à un pacte territorial pour la défense de la gratuité, comme bouclier non négociable, proposant aux habitants de s’en faire les ambassadeurs.

  • Marseille : les patrons se réunissent pour discuter de leur avenir

    Marseille : les patrons se réunissent pour discuter de leur avenir

    Le thème du 26e forum des entrepreneurs organisé par l’UPE 13, qui se tiendra le jeudi 8 octobre au stade Vélodrome, est Future(s). Les débats tourneront autour des grandes transformations de l’époque qui redessinent l’économie. L’IA et les nouvelles technologies, la souveraineté économique ou la réindustrialisation font partie des questions qui seront couvertes dans les différentes interventions.

    Le but de l’évènement est de multiplier les espaces de dialogue sous différents formats afin de permettre aux entreprises de continuer à se développer dans un environnement en mouvement. « Les acteurs du monde économique sont en attente de prises de parole dans ce contexte compliqué. Nous cherchons à actionner des leviers pour trouver des solutions et ainsi bâtir l’avenir que nous voulons pour nos territoires, nos entreprises et aussi nos enfants », développe Jean-Christophe Amarantinis, élu président de l’UPE 13 en mai 2026. Il insiste également sur la nécessité de rendre hommage aux chefs d’entreprise. « L’objectif est de leur donner des perspectives, des voies de passage et de participer à élargir leur réseau », poursuit celui pour qui ce sera la première édition en tant que président.

    « Des entrepreneurs

    en grande difficulté »

    Parmi les intervenants notables prévus au programme, Aurore Bergé, ministre chargée de l’égalité femme-homme et de la lutte contre les discriminations participera à une table ronde sur la féminisation du milieu de l’entreprise, Nicolas Isnard, président de la Métropole abordera la fiscalité et les difficultés budgétaires des entreprises, ou encore Dimitri Payet qui évoquera la performance et la capacité à durer.

    « Le choix de ne pas avoir de grands patrons nationaux au forum cette année est volontaire afin d’orienter le contenu des discussions sur les talents et les forces vives du territoire », ajoute Catherine Vales, directrice générale de l’UPE 13, malgré la présence d’Isabelle Patrier, directrice France de Total Énergies, au centre de l’actualité actuellement avec l’explosion des tarifs du carburant.

    Le président de l’UPE 13 dénonce par ailleurs « le climat anxiogène » pour les entrepreneurs : « Ces derniers temps, c’est compliqué de s’engager, de se projeter et d’investir. Ils font face à des dangers multiples comme l’instabilité politique en France , les conflits internationaux et la hausse des prix du carburant ».

    Infos à retrouver sur : forum-des-entrepreneurs.com/page/accueil