Tag: Marseille

  • [Procès rue d’Aubagne] Les débats entrent dans le vif et la polémique

    [Procès rue d’Aubagne] Les débats entrent dans le vif et la polémique

    Après une journée à débattre d’incidents de nullité, le président de la cour Fabrice Naudé a invité les prévenus à « jeter les bases de leur ligne de défense ».

    Premier à s’exprimer, Xavier Cachard, avocat du syndic de copropriété et propriétaire au numéro 65 rue d’Aubagne. Il s’en est d’abord pris à la « presse qui titrait lundi “le procès de la cupidité et du mépris” ». « Je ne peux pas entendre que j’étais indifférent aux parties civiles ni que j’ai tout fait pour retarder les travaux et que je me suis enrichi sur la misère ! Il n’y a ni cupidité ni enrichissement », a clamé M. Cachard qui a réfuté aussi que son appartement fut un taudis. Sa maladresse éclate pour expliquer qu’il n’a jamais empêché la prise d’un arrêté de péril. « Je tutoie Julien Ruas. Si je veux empêcher un arrêté, je l’appelle, mais ça n’existe pas, je ne le ferai jamais. » On a vu meilleure entrée en matière.

    « Je veux démontrer que je n’ai commis aucune faute pénale », susurre l’architecte Richard Carta qui a constaté le péril grave imminent mais a abandonné les habitants dans l’immeuble, pour vite aller dans un avion pour Copenhague. « Le 18 octobre, il ne m’est apparu aucun élément me permettant d’envisager un effondrement pour décider l’évacuation des habitants. »

    Julien Ruas se livre tout en douceur à ses juges. L’ancien adjoint en charge de la gestion des risques s’incline sur les huit morts. « Je ne peux pas venir devant vous sans une pensée pour les victimes de la rue d’Aubagne et le fait que j’ai fait appel n’y enlève rien. » Il souligne à la cour qu’il a été relaxé en première instance sur quatre manquements mais condamné pour n’avoir pas lancé de travaux d’office. « Mais nous ne pouvions pas mobiliser les fonds disponibles sur le 65 », assure-t-il.

    En marge du procès, le maire de Marseille a répondu lundi soir au Collectif du 5 novembre et aux autres associations qui dans une tribune parue le 8 octobre dans La Marseillaise, lui demandaient d’encadrer la protection fonctionnelle accordée à Julien Ruas. Selon nos informations, la Ville a versé plus d’un demi-million d’euros à la défense de M. Ruas : 209 000 euros partagés entre les trois premiers avocats de M. Ruas au cours des quatre années de la phase d’information judiciaire. Puis la Ville s’est acquittée de 156 000 euros d’honoraires pour les deux avocats du procès de première instance. Le même montant a été versé pour le procès en appel, ce qui porte à ce jour l’ardoise totale de cette protection fonctionnelle décriée à plus de 521 000 euros.

    « Je partage votre colère face à l’indécence des sommes en jeu », reconnaît le maire qui dit ne pas se résoudre « à ce que l’argent des Marseillaises et des Marseillais doive financer les sommes exorbitantes destinées à la défense de celles et ceux qui, par le passé, n’ont pas été à la hauteur de leur mission ». Le maire dit s’être employé à « limiter autant que possible les frais pris en charge en écartant plusieurs factures d’honoraires présentés par l’ancien élu qui étaient manifestement excessives ». Selon nos informations, la Ville a réduit non pas d’un tiers, mais de la moitié les montants des factures initialement présentées.

    Benoît Payan s’en remet au garde des Sceaux, Gérald Darmanin, pour réformer par décret le régime de la protection fonctionnelle en fixant un « plafond national » et pour que ne soient pris en charge que des « montants strictement nécessaires et proportionnés à l’exercice effectif des droits de la défense ».

    « Que l’on arrête de nous balader avec des éléments de langage compassionnel et onctueux, et que l’on mette en place les outils réels et la transparence de l’administration pour rétablir un peu d’équité devant la justice », lui ont répondu lundi les associations. « Un plafonnement sur simple décision du conseil municipal peut suffire. »

  • [Justice] À Marseille, un voyou des déchets à la barre

    [Justice] À Marseille, un voyou des déchets à la barre

    Mickael Mira, 36 ans, s’est vu requérir 30 mois ferme avec mandat de dépôt pour s’être inscrit durablement dans la délinquance environnementale. Avec 15 mentions à son casier judiciaire, ce professionnel dont la mauvaise foi est soulignée dans l’ordonnance de renvoi, a exploité en 2021 et 2022 jusqu’à saturation et sans autorisation une décharge de 43 439m3 de déchets du BTP à Peypin avec des norias de camions de 32 tonnes. On y a trouvé aussi des batteries, des bouteilles de gaz, de l’huile de moteur, de l’amiante, des pneus et des ordures ménagères. Il a été placé en détention provisoire plus de trois mois dans cette procédure.

    Les montages de déchets répandus sur 1,75 hectare s’élevaient jusqu’à 7 mètres de hauteur après avoir défriché à blanc une zone forestière protégée. « 45 000m3, c’est pas vrai, ça représente une montagne. C’est tout dans la démesure ! (…) Je ne suis pas un saint, mais pas non plus un criminel », s’est-il défendu. Il facturait 240 euros la benne de 7m3. Ses gains sont estimés à 1,5 million d’euros.

    M. Mira a laissé le souvenir à Marseille d’une colline de déchets stockés en 2022 sur un terrain de 3 200m2 loué au 47 route d’Allauch, 10e, à Marseille par sa société Eco Bennes, administrée par sa compagne pour contourner une interdiction de gérer. L’Ademe avait dû engager 1,2 million d’euros pour traiter 8 000 tonnes de déchets parfois dangereux. La commune de Peypin a réclamé 1,9 million d’euros de dommages et intérêts pour réparer l’environnement.

    La 6e chambre a mis en délibéré sa décision au 1er décembre.

  • Les militants de la CGT 13 à la rencontre des travailleurs

    Les militants de la CGT 13 à la rencontre des travailleurs

    Tous à l’arrêt, jeudi ! Pour les salaires, pour de meilleures conditions de vie ! Tous dans la rue, jeudi », clame Sabrina Manca, postière et secrétaire de l’UD CGT 13 depuis un an. À la gare Saint-Charles, l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône prépare la mobilisation nationale de jeudi. « L’électricité augmente, pas mon salaire », peut-on lire sur l’affiche placardée au mur, juste à côté. Installés à un point stratégique entre les quais des trains et la station de métro, les cégétistes profitent de ce passage très fréquenté pour distribuer leurs tracts au flux ininterrompu de voyageurs.

    Le tractage de ce lundi matin cherche à visibiliser et détailler les motivations de la mobilisation de jeudi. « Aujourd’hui, on a trois points de distribution dans tout Marseille, un à Gèze, un à la Blancarde et un ici à Saint-Charles. Le but, c’est vraiment de faire connaître au plus possible l’action de grève, et expliquer aux travailleurs en général, pourquoi on se bat et pourquoi ça va être important de sortir dans la rue ce jour-là », précise Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13.

    Rapidement, des dizaines de tracts transitent des mains des militants CGT à celles des passants. « C’est une heure de pointe, donc ça va très vite avec tout ce monde. L’objectif, c’était de viser les travailleurs. C’est pour ça qu’on est venu aussi tôt », confie Sabrina Manca, qui milite « depuis toujours ».

    Une journée

    d’une importance capitale

    Marc Pietrosino insiste sur le caractère décisif de la mobilisation de jeudi : « C’est le début de quelque chose. Là, on a un budget qui se prépare, qui est un budget de guerre sociale. Il y a des mobilisations un peu partout : citoyennes, lycéennes, étudiantes… Pour l’instant, elles n’obtiennent que la répression comme seule réponse. Donc, nous, en tant qu’organisation du travail, il faut qu’on réussisse à mettre le pays à l’arrêt, qu’on fasse un véritable bouclage de l’économie afin de se faire entendre, puisque visiblement le gouvernement ne comprend que ça ».

    Il souligne, par ailleurs, le bon accueil reçu de la part des salariés, dont l’implication est nécessaire afin de donner plus de poids au mouvement : « Il y a des signes qui sont très positifs. De manière générale, on a pas mal d’arrêts de travail qui tombent. Donc, on a des raisons de croire que ça peut être une journée assez énorme ».

    Les militants ont parfaitement conscience de la nécessité, pour eux, de faire le lien entre les travailleurs. « Dans leur vie de tous les jours, les gens se concentrent sur la façon dont ils vont payer leurs factures. Mais les salaires et les conditions de travail sont déplorables et ne s’améliorent pas. Dans le même temps, le Rassemblement National vote contre l’augmentation du Smic. C’est donc important de leur rappeler pourquoi on fait ça, ils ont besoin de l’entendre », affirme Sabrina Manca.

    Les cégétistes mobilisés se réjouissent des réactions des passants, qu’ils espèrent voir venir grossir les rangs de la manifestation de jeudi. « Je trouve les gens vachement réceptifs, c’est pas toujours comme ça. J’ai croisé plusieurs personnes qui m’ont dit : “on est avec vous, on sera dans la rue jeudi“. Le tractage fait son effet, on ressent une vraie volonté des travailleurs de répondre à l’appel du 5 », poursuit la postière, alors qu’une dame souhaite « bon courage » aux militants, au moment de saisir son tract.

  • Sur le terrain, les communistes tractent pour inciter à la participation

    Sur le terrain, les communistes tractent pour inciter à la participation

    On se retrouve tous ensemble jeudi pour la grève contre la vie chère ! Ça concerne tout le monde ! » Devant les portes de la station de métro de Sainte-Marguerite Dromel, dans les quartiers sud de Marseille, plusieurs militants communistes donnent de la voix pour la distribution de tracts du jour. « La colère est légitime, la réponse doit être sociale », est imprimé sur les plusieurs centaines de feuilles qui partent en quelques dizaines de minutes. À la criée, Selma, militante du 10e arrondissement, donne le lieu et l’heure de la manifestation marseillaise à venir. « La vie chère, on est tous concernés par le problème. Le mouvement de grève est pour les retraites, pour des conditions de travail dignes et des études dignes », lance-t-elle à tire-larigot. D’un sourire ou d’un signe de tête, les passants prennent volontiers le tract estampillé PCF.

    Dans la plupart des cas, l’échange ne dure que quelques secondes mais certains curieux s’arrêtent et échangent avec les militants. Un jeune qui est au lycée professionnel César Baldaccini lit le tract avec attention après qu’Erwan, militant du 9e arrondissement, lui a confirmé le soutien du PCF au mouvement lycéen. « Fallait bien qu’on se fasse entendre mais c’est pas encore assez », juge le jeune. Avant de développer : « Les horaires, c’est impossible. On n’a pas de vie. » « On veut aussi supprimer la réforme Blanquer et Parcoursup », répond Erwan. Mais le sujet du jour est bien l’invitation à la manifestation de ce jeudi. « Ma mère ne voudra pas que j’y aille mais je vais venir quand même », poursuit le lycéen. « La manif va être sécurisée avec les syndicats », rassure Erwan. L’échange continue quelques minutes, le premier appelant à « arrêter de consommer » quand le militant communiste fait de la pédagogie : « C’est justement l’objet de la grève, arrêter l’économie. » Véronique, la secrétaire de la section du 10e arrondissement, confirme le bon accueil global du jour : « Aujourd’hui, les gens prennent les tracts assez volontiers. On sent un soutien, on sent que ça leur parle. »

    Des milliers

    de tracts distribués

    Même ceux qui refusent les tracts d’un geste de la main restent cordiaux. « Les refus vont rarement jusqu’aux insultes », confirme Florian Le Pape, militant de la section du 10e. Manque de chance, quelques instants après, un retraité refuse avec véhémence et lance « Si j’étais flic… » en mimant des tirs de fusil avec ses mains. Le militant communiste ne désarme pas : « C’est grâce aux communistes que vous avez une retraite ! » Le belliqueux repartira en baissant la tête et en marmonnant dans sa barbe. Pas de quoi enrayer l’ambiance bon enfant de la distribution ni son efficacité : les 500 tracts du soir sont partis comme des petits pains. L’initiative s’inscrit d’ailleurs dans un déploiement plus global de maintes sections communistes cette semaine : la veille, les militants du 8e arrondissement de la ville, ont fait de même du côté du Prado et ont distribué « 1 500 tracts ». Le matin même, c’était ceux du 2e arrondissement qui étaient sur le pont de l’autre côté de la ville.

  • Un mort et un blessé à La Cayolle

    Un mort et un blessé à La Cayolle

    Un homme de 33 ans a été tué et un autre, âgé de 32 ans, blessé lundi 2 novembre au soir dans une fusillade près de la cité de la Cayolle dans le sud de Marseille (9e), indique le bataillon des marins-pompiers (BMPM).

    Si les détails de ce qui s’est passé n’ont pas encore été communiqués, les marins-pompiers ont été appelés « vers 21h20 », indique le BMPM.

    Un clip qui a mal tourné ?

    « Le corps d’un homme de 33 ans en arrêt cardiorespiratoire a été retrouvé chemin de Sormiou, et un deuxième homme, de 32 ans, a été découvert portant plusieurs impacts de balles », non loin, avenue de Colgate, précise-t-il par ailleurs.

    « Ce soir, à La Cayolle, dans les quartiers sud de Marseille, un homme de 33 ans a été tué. Un autre est grièvement blessé. Une nouvelle fois, notre ville est frappée par la violence », a réagi sur les réseaux sociaux Amine Kessaci (EELV), adjoint au maire délégué à la jeunesse et figure de la lutte contre le narcotrafic à Marseille. « Du nord au sud de Marseille, nous devons poursuivre sans relâche notre engagement pour que chaque habitant puisse vivre en paix et en sécurité », a-t-il déclaré. Le procès des tueurs présumés de son frère Brahim se tenant actuellement à Aix-en-Provence.

    Selon nos sources, les deux hommes auraient été en train de tourner un clip de rap avant d’être pris pour cibles par des tueurs.

  • À Marseille, les lycéens et étudiants toujours aussi déterminés

    À Marseille, les lycéens et étudiants toujours aussi déterminés

    La colère, elle restera là tant qu’il y aura pas de réponse ». Pour Luc Bensa, délégué fédéral du Mouvement National Lycéen (MNL) dans le département des Bouches-du-Rhône, scolarisé au lycée Saint-Charles de Marseille, pas question de lâcher quand le gouvernement n’a octroyé aux manifestants « que des miettes ». Eux veulent tout le gâteau et surtout qu’on les écoute. Après avoir bloqué Thiers, Victor Hugo ou encore Marseilleveyre face aux CRS, les lycéens se sont donné rendez-vous en fin de matinée aux Réformés.

    « On fait des manifestations, des blocus, des regroupements, des lâchés de banderoles, on essaie de parler à la préfecture, à la mairie, on envoie des lettres, des messages, on fait tout notre possible », explique Alice, elle aussi élève de Première à Saint-Charles. Si dans son établissement, « on est bien moins en difficulté que dans beaucoup de lycées excentrés », reconnaît la jeune fille, « on a tout de même des classes surchargées, beaucoup de profs absents, les bâtiments qui ne sont pas adaptés à la crise climatique », décrit-elle.

    Dans le cortège qui défile en chantant sur la Canebière, on retrouve des étudiants de la faculté de droit qui ont bloqué eux aussi l’entrée de l’université avec des poubelles depuis 6h30, ne laissant passer que les administratifs. « D’abord nous sommes aux côtés des lycéens avant tout » expliquent Pierre*, Sasha* et Shérine, « on réclame de vraies avancées budgétaires notamment, des économistes ont évalué les besoins à 10 milliards et là on nous a lâché peut-être 530 millions ».

    Une violence d’État

    Ce qui a déclenché leur mobilisation, c’est aussi la loi « bienvenue en France » de 2019, qui a instauré des frais d’inscription différenciés, plus élevés pour les étudiants extracommunautaires. Une mesure « raciste et anticonstitutionnelle, c’est de la préférence nationale » taclent-ils. Ils racontent aussi les files d’attente de plus d’une heure au restaurant du Crous faute de personnel, la bibliothèque universitaire dont le 2e étage est en travaux depuis 2020, les logements universitaires bondés, « quand on arrive à en avoir un ».

    Et encore, « nous, on a la chance de pouvoir être à la fac », le but c’est « de montrer aussi qu’on est aux côtés des travailleurs qui n’ont pas les moyens de vivre dignement » ajoute Pierre. Pour tous, la question est réglée : la violence vient d’abord de l’État. « Évidemment quand tu vois ton père et ta mère galérer, se priver pour te nourrir, tu es en colère » analyse une de ses camarades. Shérine refuse pour cette raison de dissocier casseurs et manifestants, « ils font partie du mouvement, c’est sociologique ». Pour Sasha, « on fait même preuve de retenue ».

    Des drapeaux FSU et CGT se mêlent aux pancartes. « On est là pour accompagner » précise Marion Chopinet, prof d’histoire-géo et secrétaire académique du Snes-FSU de l’académie d’Aix-Marseille. Pour elle aussi, une certitude : « les réponses du gouvernement sont très en dessous de tout ce qu’on attend, ce sont des mesures à la marge en fait, qui ne remettent pas du tout en cause la structure même de ce qui pose problème. On ne s’arrêtera pas là, c’est clair ». Aurélien David, prof d’espagnol au lycée Saint-Exupéry y voit même « une opportunité historique » rappelant que les revendications des jeunes recoupent celles de leurs enseignants et des travailleurs de l’Éducation. À ses côtés, Martine retraitée CGT de l’UL Saint-Lazare embraye. « Ces jeunes c’est notre avenir » martèle-t-elle.

    Tous ont en ligne de mire la grande journée de mobilisation interprofessionnelle du 5 novembre. Et celle d’encore après préviennent les manifestants avant de se disperser sans heurts place Castellane.

    * Les prénoms ont été changés

  • Rémi Parra de retour à « sa » Nuit des Champions

    Rémi Parra de retour à « sa » Nuit des Champions

    Le tatami rouge des locaux de la Full Contact Academy (4e) n’attendait que lui. Pour la seconde année consécutive, Rémi Parra est la tête d’affiche de la Nuit des Champions (NDC), événement référence dans le microcosme du kickboxing. Le rendez-vous marseillais est un incontournable de la saison de pieds-poings et réalise sa 33e réunion annuelle le 28 novembre prochain, au Palais des Sports.

    Ce mardi 3 novembre, Parra a rendu visite à la famille Roméas, organisateur historique de la NDC, pour passer du temps avec des jeunes du club. Avant ce moment d’échange, le Catalan a évoqué le combat prévu dans trois semaines. Il se sent simplement prêt, « au top » mentalement et physiquement. « Je suis dans de très bonnes conditions, avec un entraîneur qui prend soin de moi. J’ai juste hâte d’être au 28 novembre », répète-t-il. Rémi Parra possède un lien particulier avec la Nuit des Champions. L’événement est comme une seconde maison pour celui qui s’est imposé lors du tournoi en 2024 et qui a remporté la ceinture l’an passé, face à Fabio Loisi.

    Ce coup de poing retourné adressé dès la 2e reprise à son adversaire est encore bien ancré dans la mémoire des spectateurs présents ce soir-là. L’homme de 25 ans porte particulièrement l’organisation dans son cœur : « En France, on ne peut pas avoir une meilleure échéance que celle de la Nuit des Champions, il n’y a que des très bons boxeurs, à chaque fois. La famille Roméas respecte les boxeurs et ça c’est un point que je souligne et je suis heureux de pouvoir faire partie de cette équipe-là. Ils me respectent et je me sens très bien quand je boxe à Marseille. À force, j’ai un peu l’impression de boxer chez moi », explique le boxeur désormais basé à Toulouse, où il alterne entre son travail chez Metal Boxe, un équipementier, et sa carrière sur les rings.

    Rei Nakajima, des poings redoutables

    Un an après le Provençal Rémi Loisi, Rémi Parra fera face à un tout autre combattant lors du main event de cette Nuit des Champions. Un combat contre le Japonais Rei Nakajima a été monté pour lui. Nakajima, 28 ans, 1 m 67, vient de la boxe anglaise et a même détenu le titre de champion du Japon par intérim. Passé au pieds-poings, ce dernier est toujours aussi féroce. « Je pense qu’il a une très bonne boxe anglaise, il a déjà boxé dans de belles organisations. On l’a très bien étudié et, tous les jours, on continue de le regarder pour pouvoir faire la meilleure prestation possible le 28 novembre », détaille son adversaire français.

    Après la Nuit des Champions, Parra s’envolera pour l’Indonésie. Là-bas, en Asie du Sud-Est, il combattra trois fois dans la même soirée pour tenter de remporter un prestigieux tournoi. À la clé : 60 000 dollars de prime. Mais avant son long périple oriental, le bon déroulement de sa carrière passe par le Palais des Sports de Marseille.

  • Himad Abdelli, un talent olympien encore à polir

    Himad Abdelli, un talent olympien encore à polir

    Le mal-aimé de la saison passée a peu à peu redoré son image. En difficulté, avec des prestations souvent moyennes, voire ternes, jusqu’à la première trêve internationale, Himad Abdelli semble depuis avoir trouvé sa place dans le onze olympien. Sous les ordres de Bruno Genesio, le milieu offensif de 26 ans retrouve progressivement le niveau qui avait fait sa réputation et lui avait valu de nombreux éloges lors de son passage au SCO d’Angers. « C’est un technicien altruiste, qui met son talent au service du collectif et privilégie le jeu de l’équipe à sa réussite personnelle », souligne Gérald Baticle, son premier entraîneur en Maine-et-Loire, où il l’avait accueilli en juin 2022. Le Normand venait alors de quitter Le Havre, son club formateur, où il avait évolué durant quatre saisons en Ligue 2.

    « C’est un garçon qui bosse beaucoup, qui est à l’écoute et qui cherche toujours à progresser. Et ça se voit. Il évolue d’année en année, voire même de match en match », ajoute l’actuel sélectionneur de l’équipe de France Espoirs. Il avait rapidement identifié chez lui un véritable passionné de football, mais surtout de l’OM, un club qui a toujours occupé une place particulière dans son cœur. « Alors qu’il était encore joueur d’Angers, on s’est croisé dans le Vélodrome il y a deux ans, où j’étais venu observer Quentin Merlin. Il m’avait déjà confié son amour pour l’OM. C’est beau de le voir aujourd’hui porter les couleurs d’un club qui lui tenait tant à cœur », se réjouit Baticle.

    Les qualités doivent

    se traduire en actes

    Mais ceux qui ont suivi de près son parcours sont convaincus qu’il a encore une marge de progression. « C’est un joueur plein de potentiel, mais qui n’en exprime pas encore toutes les qualités. À l’OM, il doit franchir un cap en gagnant en régularité et en continuité dans son jeu pour enfin confirmer les attentes placées en lui », estime Paolo Rongoni, ancien directeur de la performance de l’équipe nationale d’Algérie. Il a côtoyé Himad Abdelli avec les Fennecs, sous les ordres de Vladimir Petkovic, de mars 2024 à juillet 2026. Le technicien italien connaît bien l’environnement olympien, pour avoir également été directeur de la performance au sein du staff de Rudi Garcia (entre octobre 2016 et juin 2019). « À l’OM, les qualités ne suffisent pas. Il faut les traduire en actes. »

    Selon lui, le milieu offensif international algérien dispose d’une puissance physique supérieure à la moyenne, mais manque d’endurance. Une lacune qui pourrait expliquer son irrégularité sur le terrain. Rongoni estime que cette faiblesse le pénalise particulièrement à Marseille, où l’OM attend davantage de créativité de son numéro 10. « S’il parvient à comprendre que son meilleur positionnement se situe un peu plus bas, dans l’entrejeu, Himad pourrait devenir un joueur vraiment intéressant », avance son ancien préparateur physique, qui le rapproche du profil d’un compatriote, l’Arlésien Ismaël Bennacer.

  • Débouché politique

    Débouché politique

    Depuis la Charte d’Amiens de 1906, en France le mouvement social et le monde politique marchent séparément mais en parallèle pour ce qui concerne la gauche et le mouvement progressiste. Soutenir sans interférer, travailler chacun dans son domaine mais avec toujours pour objectif le progrès social et l’amélioration de vie de l’immense majorité du peuple.

    Alors que ce peuple gronde de nouveau dans les pas de sa jeunesse révoltée par le présent qu’on lui fait et le futur qu’on lui promet, le rendez-vous du jeudi 5 novembre apparaît déjà comme capital : celui de la jonction du mouvement syndical aux revendications sociales et salariales et de la colère sourde qui monte partout unissant depuis plus de deux semaines toutes les générations.

    Un « pour »

    Le rôle des mouvements progressistes dans leur diversité est aujourd’hui d’offrir un débouché politique à ces protestations qui vont crescendo, proposer un « pour » à l’ensemble de ces « contre ». Tout en respectant bien entendu l’autonomie de ces mouvements divers.

    À six mois d’une élection présidentielle qui est loin d’être jouée malgré ce qu’en disent les perroquets de l’ultralibéralisme qui trouveraient dans le fascisme le seul moyen de faire perdurer leur système mortifère pour l’humanité et la planète, l’occasion est là pour les mouvements politiques de renouer le lien avec leur électorat naturel. Et de briser le mur de méfiance qui s’est progressivement construit ces dernières années. Tous ensemble dans la rue avec le mouvement progressiste au service des aspirations et des exigences de manifestants. La clé pour renvoyer l’extrême droite à sa place naturelle qu’elle arrive à masquer pour l’heure, celle du rempart des possédants contre le peuple.

  • En grève, les agents du Mucem guettent Costa

    En grève, les agents du Mucem guettent Costa

    Suspendu de ses fonctions de président du Mucem le 30 juin pour quatre mois par le ministère de la Culture, Pierre-Olivier Costa a annoncé dimanche qu’il allait de nouveau occuper son siège. De quoi rendre les salariés du musée marseillais furieux et déclencher une grève mardi. « Ne voyant rien venir avant, on a alerté le ministère de la Culture pour savoir ce qu’il se passerait le 1er novembre. Mais silence radio. Puis, on a appris par voie de presse qu’il comptait reprendre », rappelle en ce 3 novembre un représentant du personnel Sud Culture du Mucem, sur le piquet de grève. Une grève votée par « 85% » d’une centaine de salariés présents lors d’une assemblée générale, sur les 125 employés du musée. Mardi après-midi, la reprise du travail pour mercredi a été approuvée. Mais un préavis court jusqu’à la fin de semaine prochaine.

    Sur le qui-vive

    Organisé par Sud Culture et la FSU, ce mouvement vise au départ définitif de Pierre-Olivier Costa qui a fait l’objet d’une enquête menée par l’Inspection générale des affaires culturelles (Igac) pour des « faits de mal-être » au Mucem et un management toxique. Sans compter l’ouverture d’une enquête pour harcèlement moral et sexuel. Malgré ses annonces dans la presse et un mail adressé aux agents du Mucem duquel ne ressort aucun mea-culpa, nulle trace de Pierre-Olivier Costa sur le site. « Aucun gréviste n’a envie de le revoir revenir. Même des gens du comité de direction sont en grève. D’autres le sont aussi pour la première fois de leur vie alors qu’ils travaillent dans la fonction publique depuis 30 ans », indique sur place une autre représentante syndicale Sud Culture qui s’étonne que le ministère n’officialise rien au sujet de cet ancien directeur de cabinet et proche de Brigitte Macron. « Mais si d’aventure, il était quand même confirmé, on se mettra encore en grève dès qu’on le reverra au Mucem », prévient-elle.