Tag: RTM

  • La RTM risque de payer pour transférer son patrimoine

    La RTM risque de payer pour transférer son patrimoine

    Dans chaque organisation syndicale, l’expression revient : « La RTM n’est pas la banque de la Métropole ! » à l’issue de conseil d’administration du 14 octobre dernier, la sidération le partage à l’indignation, pour les syndicats de la Régie des transports métropolitains (RTM). Depuis le début de l’année, celle-ci est reliée à la Métropole Aix-Marseille par un nouveau contrat d’obligation de service public, qui prévoit le transfert de l’ensemble de son patrimoine à l’intercommunalité d’ici la fin de l’année. Avec une valeur nette comptable de 150 millions d’euros, que la Métropole déjà lourdement endettée doit payer.

    Postes menacés ?

    « Lors du conseil d’administration du 14 octobre, un montage financier inquiétant a été évoqué : la RTM pourrait devoir emprunter pour permettre à la Métropole de racheter ses biens ! » alerte l’intersyndicale qui réunit la CGT, FO, la CFDT et la CFE-CGC à travers un communiqué publié ce lundi. Une proposition qui a suscité des oppositions jusqu’au plus haut niveau, assurent des participants. Alors collectivement les quatre organisations interpellent « d’urgence » la présidente (DVG) de la RTM, Samia Ghali, « afin d’empêcher cette opération et de soumettre au prochain conseil d’administration un avenant au contrat pour maintenir notre fonctionnement sans aucun changement ». L’indignation est d’autant plus forte que la RTM – qui avait reversé en juin 5,7 millions d’excédents à la Métropole par solidarité – doit continuer à porter les investissements déjà lancés, avec 213 millions d’euros d’opérations en cours, avant de les transférer à l’intercommunalité. Celle-ci prend aussi la main sur les futurs investissements, une disposition qui alerte aussi l’intersyndicale face à la crainte d’une perte de maîtrise des chantiers ainsi que des personnels qui les portaient. Un syndicaliste évoque ainsi une centaine de postes menacés entre la direction des installations fixes et la direction du matériel roulant.

    Pour les syndicats, ce transfert ravive aussi les inquiétudes d’une possible privatisation à terme. « Le transfert des biens à la RTM pourrait-il faciliter l’ouverture de notre réseau à la concurrence ? » interrogent-ils dans leur communiqué commun. « Il n’est pas question de modifier le statut de la RTM », assurait le 13 octobre Samia Ghali. « Nous sommes dans la mise en œuvre du contrat signé », répond pour sa part la Métropole qui réaffirme « qu’il n’y a aucune volonté de privatisation ». Quant aux services techniques et fonctions support, l’intercommunalité souligne la « technicité de la RTM » et assure : « Nous allons nous appuyer sur toutes les compétences pour mettre en œuvre les nombreux projets en cours ».

  • Aucune voix contre la hausse des tarifs de la RTM

    Aucune voix contre la hausse des tarifs de la RTM

    La présentation des augmentations de tarifs de la RTM pour la plupart des usagers, en amont du conseil métropolitain, a déclenché un tourbillon de colère sur les réseaux sociaux. Une floraison de pétitions a recueilli des signatures par centaines en moins d’une journée, après la mobilisation déjà lancée, cet été, par l’Union syndicale des retraités CGT.

    Mais l’indignation a été bien plus mesurée dans l’hémicycle, au moment de voter la grille tarifaire qui tourne la page de la gratuité, un vote qui n’a recueilli aucune opposition. La plupart des élus du pays d’Aubagne ont fait le choix de s’abstenir, leur gratuité étant pour l’instant maintenue. L’ancienne présidente (DVD) de la Métropole, Martine Vassal, a fait le même choix, elle qui avait étendu le dispositif à davantage de bénéficiaires. Ainsi que l’extrême droite, qui prône coupes dans le fonctionnement et chasse à la fraude.

    « Avancée à reconnaître »

    « Cette réforme essaie d’apporter de la justice dans les transports, elle permet de protéger le pouvoir d’achat des plus modestes », défendait la présidente (DVG) de la RTM, Samia Ghali. Elle insiste sur le « bouclier social » inscrit dans ces mesures, avec la gratuité maintenue pour les moins de 11 ans, un abonnement annuel à 20 euros pour les lycéens et étudiants boursiers, les bénéficiaires de l’Allocation aux adultes handicapés (AAH), les retraités non imposables, et les rabais à venir en fonction du quotient familial. « Bien sûr que nous aurions aimé garder une gratuité, mais il faut un peu de cohérence, pour la dignité même de la personne, il est important de dire qu’elle contribue, même si la somme est modique. » L’adjoint marseillais (EELV) à la jeunesse, Amine Kessaci, vient à sa rescousse : « Vous portez quelque chose d’un courage absolu, mettre des réponses politiques à un cri, celui de la jeunesse mobilisée. »

    Peu importe que l’élu d’opposition (Ren.) Romain Simmarano rappelle la promesse de campagne d’une gratuité pour les moins de 26 ans. « La gratuité est difficile à tenir lorsqu’elle est appliquée trop largement », expose plus crûment le maire (DVD) de Saint-Mître-les-Remparts, Vincent Goyet.

    Le vice-président (PCF) du groupe de la gauche métropolitaine, Laurent Belsola, doit lui adopter une position d’équilibriste. « La mise en place d’une tarification solidaire constitue une avancée qu’il faut savoir reconnaître : celle de faire en sorte que le prix des transports ne soit pas un obstacle à la mobilité », estime-t-il. Il salue le moratoire obtenu par le pays d’Aubagne, où les transports sont gratuits depuis 2009. « Nous devons nous donner les moyens d’aller plus loin, notre ambition doit être de lever tous les freins à la mobilité », ajoute l’édile de Port-de-Bouc.

    De quoi rappeler la motion présentée par la présidente de la RTM pour demander au gouvernement le déplafonnement du versement mobilité payé par les employeurs. Une demande qui était aussi inscrite dans la motion présentée par le président (LR), Nicolas Isnard, dénonçant les coupes du projet de loi de finances, mais qui a été retirée pour recueillir l’assentiment de l’extrême droite.

    Le maire (DVG) d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari, remercie de son côté le président de la Métropole, avec un moratoire qui « évite une rupture brutale », le fruit de la mobilisation des habitants, rappelle-t-il. « Partout en France, la gratuité n’est plus regardée comme une anomalie, mais comme la réponse la plus moderne, la plus juste face à la crise du pouvoir d’achat et le dérèglement climatique », défend-il. Pourtant concerné par cette même gratuité, le maire (DVD) de Roquevaire, Eric Bouillé, accepte de l’abandonner, « une question d’équité, d’équilibre et de solidarité », assure-t-il. Le vice-président (DVG) aux transports Frédéric Vigouroux alerte de son côté : « Le modèle économique des transports n’est plus assuré. »

    Une crainte d’autant plus forte pour l’intercommunalité qui, enfin, a adopté un budget à l’équilibre. Mais qui regarde avec inquiétude l’année qui arrive. « Nos travaux démontrent que nous sommes face à un Himalaya », alerte le vice-président aux finances, David Ytier.

  • Les retraités défendent la gratuité des transports

    Les retraités défendent la gratuité des transports

    « Nous continuons de porter la gratuité pour les usagers », défend Jean Pugens, membre du bureau de l’USR. Tandis que les militants syndicaux ont déjà obtenu plus de 1 100 signatures, « nous n’allons pas nous arrêter là », assure-t-il. « Nous ne sommes pas confrontés à un problème de dette, c’est une position dogmatique », défend la co-animatrice du groupe d’action LFI d’Aubagne, Mireille Fouqueau, face à l’érosion des dotations aux collectivités, tandis qu’à ses côtés, Cédric Garcia, militant du collectif Résistance Handi droit, salue les avancées tarifaires. « Mais ça ne concerne pas toutes les personnes en handicap », déplore-t-il, rappelant les infrastructures inadaptées.

  • Les nouveaux tarifs de la Métropole Aix-Marseille enterrent la gratuité pour la RTM

    Les nouveaux tarifs de la Métropole Aix-Marseille enterrent la gratuité pour la RTM

    Trois semaines après les premières annonces, c’est depuis la tour La Marseillaise que la Métropole Aix-Marseille a présenté à la presse ce mardi après-midi la nouvelle grille des tarifs de la RTM. Une grille qui vient enterrer définitivement les gratuités dans les transports en commun étendues le 1er septembre 2025, et qui s’appliquera à compter du 1er novembre prochain si elle est approuvée en conseil métropolitain ce jeudi.

    « Demain, si chacun contribuera au financement des transports, chacun le fera aussi en fonction de sa situation », résume ainsi le président (LR) de la Métropole Nicolas Isnard, en défendant une évolution « courageuse ». « Quelque chose de rouillé, il fallait le dérouiller, il fallait en avoir le courage politique », insiste aussi la présidente (DVG) de la RTM, Samia Ghali.

    2 euros le ticket

    À Marseille, Allauch, Plan-de-Cuques et Septèmes, le ticket prend 20 centimes et passe à 2 euros, comme le révélait La Marseillaise ce mardi. Pour ceux qui l’achètent auprès des conducteurs de bus, il coûtera désormais 2,50 euros. à Aix, Aubagne, à l’est de l’étang de Berre, Vitrolles et Marignane, il s’élèvera à 1,40 euro. Pour les zones les moins desservies, il passe à 1,20 euro. De la même manière, les abonnements augmentent de 14%,pour s’établir à 56,50 euros le pass mensuel à Marseille. Les prix restent inchangés pour les lignes interurbaines.

    Mais c’est la nouvelle tarification sociale que mettent davantage en avant les élus. Les enfants de moins de 11 ans pourront encore accéder sans payer au réseau de transports en commun. Les jeunes de moins de 26 ans, qu’ils soient boursiers ou bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, ainsi que les plus de 65 ans non imposables pourront bénéficier d’un nouveau pass au tarif symbolique de 20 euros par an. Un tarif qui profitera aussi aux bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH). « C’était une vraie demande de leur part, et c’est une première », souligne Samia Ghali, rappelant le retard pris dans l’accessibilité. Tandis que le Printemps marseillais promettait la gratuité des transports pour les moins de 26 ans, les étudiants non boursiers ne profiteront pour l’instant que d’une baisse de 20 euros par an sur leur abonnement, avec un pass à 200 euros sur la zone marseillaise. Les lycéens en revanche sont exclus de ce dispositif. Quant aux plus de 65 ans imposables, ils bénéficieront pour leur part d’une réduction de moitié sur leur abonnement. Enfin, une tarification solidaire est mise en place pour les plus précaires, de -80% pour ceux dont le quotient familial est inférieur à 500 euros par mois, de -50% en dessous d’un quotient de 650 euros, et de -20% pour un quotient inférieur à 810 euros par mois. Dans l’immédiat, ces gratuités bénéficieront à 100 000 usagers environ, estime la Métropole, pour deux tiers aux jeunes du territoire. « L’histoire nous donne raison, le pouvoir d’achat des jeunes, c’est le pouvoir d’achat des familles », souligne Samia Ghali, évoquant le mouvement lycéen. Le bouclier tarifaire mis en avant concerne donc environ 20% des usagers seulement, tandis que la nouvelle grille doit rapporter 21,6 millions d’euros par an à la RTM à partir de 2028. « Nous essayons d’améliorer le réseau, justifie le vice-président (DVG) aux transports, Frédéric Vigouroux. Mais ce ne sont pas les recettes de la tarification qui vont le permettre, nous avons besoin d’augmenter le versement mobilité. » Lequel n’est pas inscrit dans le projet de loi de finances.

  • Vers une tarification sociale et un ticket à deux euros pour la RTM

    Vers une tarification sociale et un ticket à deux euros pour la RTM

    Trois semaines après l’annonce, par le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille, Nicolas Isnard, de l’abandon des différents dispositifs de gratuité des transports, la présidente (DVG) de la RTM Samia Ghali doit dévoiler ce mardi les nouvelles grilles tarifaires de la régie. Des tarifs qui ont déjà été présentés lors de la conférence métropolitaine des maires qui s’est tenue le 8 octobre, et qui seront soumis au vote de l’hémicycle ce jeudi. Pour entrer en application dès le 1er novembre.

    « Nous allons repenser les tarifs de nos transports, qui n’ont pas bougé depuis 2017, annonçait ainsi depuis son fief salonais Nicolas Isnard, à la veille du salon des maires des Bouches-du-Rhône . Nous allons passer à une tarification sociale, au détriment de la gratuité, ce qui laissera la place à un système plus juste. » De quoi tourner la page de ces gratuités étendues par sa prédécesseure, Martine Vassal (DVD), aux moins de 11 ans et au plus de 65 ans imposables, le 1er septembre 2025. Le président de la Métropole reconnaissait une position de principe : « Il est inacceptable que des populations ne participent pas à un service public qui est rendu. Vous avez des retraités aisés qui ne paient pas alors que des salariés au Smic paient plein pot ! » En reconnaissant que les difficultés budgétaires métropolitaines avaient accéléré l’application d’une nouvelle grille tarifaire. « Si nous n’avions pas été pris à la gorge, nous aurions décalé dans le temps cette mise en œuvre », expliquait alors l’édile salonais.

    « Tout ce que je peux dire, c’est qu’il y aura un bouclier mobilité pour les jeunes en précarité », expliquait Samia Ghali à la sortie de la conférence des maires jeudi 8 octobre. Un « bouclier » que le président de la Métropole a présenté le même jour au Forum des entrepreneurs. Ainsi les collégiens, lycéens, étudiants et apprentis pourront bénéficier d’un pass annuel à 20 euros, « au prix de fabrication du badge », pour tous les transports en commun sur l’ensemble du territoire métropolitain, avec une tarification sociale pour les boursiers non imposables et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire. La gratuité doit également être maintenue, pour les enfants âgés de moins de 11 ans.

    Au-delà de cette annonce, d’autres pistes sont évoquées en coulisses. Les personnes âgées de plus de 65 ans non imposables, qui bénéficiaient déjà de la gratuité avant le 1er septembre 2025, pourraient bénéficier du même tarif à 20 euros, tandis que les autres auraient une réduction de moitié sur leur abonnement. Les personnes percevant l’allocation adulte handicapé (AAH) auraient droit à la gratuité, tandis que les familles bénéficieraient d’un quotient familial.

    « Une régression sociale »

    Mais revers de la médaille, une augmentation de 14% sur l’abonnement est évoquée pour les salariés. Et le ticket à l’unité doit augmenter de vingt centimes, pour passer à 2 euros. Si elles sont confirmées ce mardi, ces pistes apporteraient à la RTM environ 20 millions de recettes supplémentaires sur une année pleine.

    Avant même les annonces, l’union syndicale des retraités CGT dénonçait l’abandon de la gratuité pour les seniors, « une régression sociale et environnementale inacceptable » alors que la mesure « a fait la preuve de son efficacité ». Les retraités CGT rejettent ainsi la tarification sociale, « car elle est discriminatoire et stigmatise les retraités les plus démunis qui devront sans cesse se justifier ». Et prévoient de se rassembler jeudi devant l’hémicycle métropolitain.

  • À Gèze, un nouveau campus de l’IA à l’horizon 2029

    À Gèze, un nouveau campus de l’IA à l’horizon 2029

    Aujourd’hui, à l’angle du boulevard du Capitaine-Gèze et de l’avenue des Aygalades, le site n’est encore qu’une friche. Mais d’ici au troisième trimestre 2029, un mégacampus dédié à l’intelligence artificielle (IA) doit voir le jour sur ce terrain de deux hectares.

    Tel est le projet porté par Unitel Group et son président, l’entrepreneur Kevin Polizzi. Baptisé Théodora, ce « village de l’IA appliquée », implanté au cœur des quartiers nord, accueillera plusieurs bâtiments dédiés aux entreprises et à la formation, ainsi que plus de 4 600m² d’hébergements.

    Avec plus de 110 millions d’euros d’investissements privés, dont 7% consacrés à la recherche et développement, le projet se veut davantage tourné vers l’innovation que vers l’immobilier. Unitel finalise d’ailleurs l’acquisition d’autres parcelles et prévoit de publier la méthode de construction du campus dans un livret en « open source ». « On ne fait pas de l’immobilier, l’objectif est de construire un kit pour permettre à un territoire de se transformer et rester dans la course », confie Kevin Polizzi.

    Pour justifier son ambition, le chef d’entreprise rappelle que « d’ici 2030, les projections indiquent que le marché de l’IA représentera plus de 1 800 milliards de dollars de chiffre d’affaires à l’échelle mondiale ». Des travaux doivent également être réalisés afin de relier le campus aux câbles sous-marins qui arrivent à Marseille, faisant de la cité phocéenne le sixième hub numérique mondial. Une situation stratégique encore largement sous-exploitée, selon l’entrepreneur.

    « Il faut réinventer

    le lieu de travail »

    Avec ce projet, Kevin Polizzi entend également « réinventer le lieu de travail » à travers plusieurs axes. Évidemment, l’IA occupera une place centrale, autant en ce qui concerne la formation proposée sur le campus que les emplois et entreprises qui y seront implantés. « Théodora » mise aussi sur l’accessibilité sans voiture, avec la proximité du tramway, du métro et de plusieurs lignes de bus. « Les transports ne doivent pas être une contrainte, mais un accompagnement pour les étudiants », souligne Samia Ghali, présidente de la RTM, lors de son discours. La forte modularité des bâtiments doit également permettre de « faire face à n’importe quelle crise sans avoir à repartir de zéro avec un nouveau projet », complète le président d’Unitel.

    Le projet « Théodora » s’articule autour de quatre pôles : les bâtiments A, B et C, qui regrouperont près de 20 000m² de bureaux ; le bâtiment D, dédié « à l’incubation et à la formation autour de l’IA » sur 5 500m² ; la Tour Signal, qui concentrera 4 600m² de logements et différents services ; enfin, un pavillon central accueillera des espaces dédiés à la recherche, au développement et à l’événementiel, au cœur d’un parc de 6 000m². Au total, le campus représentera 35 000m² de surface de plancher.

    Un projet salué par les élus

    Pour Samia Ghali, représentante de la Métropole et présidente de la RTM, « ce projet dispose d’une situation géographique idéale dans les quartiers nord, au sein d’un pôle de transports multimodale important ». Un sentiment partagé par Julien Harounyan, adjoint au maire chargé de l’attractivité économique et du tourisme durable : « C’est un moment symbolique qui dit quelque chose de la confiance que l’on place dans ce territoire. »

    Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Aix-Marseille-Provence, s’est quant à lui réjoui de « voir l’offre de formation s’étoffer de manière immédiate et concrète à Marseille. C’est une étape importante pour la ville et pour sa jeunesse, surtout celle des quartiers nord ». Isabelle Campagnola-Savon, présidente d’Euroméditerranée, s’est pour sa part intéressée à « ce qu’on va pouvoir construire autour de ce projet », en affirmant que « c’est à Gèze que se joue une partie de l’avenir de la ville ».

    Un projet largement salué par les élus locaux, mais qui ne fait pas pour autant disparaître les interrogations liées à l’impact environnemental de l’intelligence artificielle et des data centers nécessaires à son fonctionnement, à l’image du méga data center envisagé sur l’ancienne friche industrielle Saint-Louis Sucre, dans le 15e arrondissement.

  • La convergence vers le mouvement lycéen

    La convergence vers le mouvement lycéen

    En tête du cortège, une pancarte ironise : « Vous voulez des élèves motivés, voilà notre motivation ! » Ce lundi après-midi une nouvelle fois, plusieurs centaines de lycéens (230 selon la préfecture de police) ont défilé dans les rues de Marseille pour continuer à dénoncer leurs conditions d’éducation et réclamer davantage de moyens pour leurs établissements. À la veille d’une journée de mobilisation lycéenne soutenue par toutes les grandes centrales syndicales à l’échelle nationale, les étudiants marseillais ont commencé à se joindre au mouvement, comme c’était le cas plus tôt dans la matinée, à Aix-en-Provence (lire par ailleurs).

    Lock-out éducatif

    « Partout en France, il y a des appels à la mobilisation pour essayer de faire converger nos luttes et d’arriver encore plus forts pour mettre encore plus de pression sur le gouvernement dans les journées à venir », se réjouissait Luc, élève au lycée Saint-Charles (1er arr.) et militant au Mouvement national lycéen (MNL). Les revendications restent les mêmes, de la fin de Parcoursup à la restitution des moyens supprimés au sein de l’éducation nationale, mais déjà s’ajoutent celles des étudiants face notamment à l’annonce du gel, en 2027, des aides personnalisés au logement (APL). « Nous, on sera là dehors le temps qu’il le faudra, le temps que le gouvernement nous entende », complète Emré, membre de l’Union étudiante et en première année de licence de droit à Marseille.

    Dans la matinée, la préfecture de police comptabilisait dans les Bouches-du-Rhône quelque 300 participants à des actions de blocage devant treize établissements. Cela malgré la fermeture d’une soixantaine de lycées dans l’académie (70 dans l’après-midi), tandis que l’université fermait aussi la plupart de ses sites et que la RTM déviait ses lignes pour ne pas desservir certains lycées. La préfecture de police, de son côté, a reconduit jusqu’à ce mardi ses arrêtés d’interdiction de manifestations non déclarées et de surveillance des environs des établissements du secondaire par drone. Un lock-out inédit des autorités, qui devrait se poursuivre demain, même si le rectorat refuse toute communication à ce sujet. « Ça ne marche pas, nous nous mobilisons encore, sourit May Lan, élève au lycée Montgrand (6e arr.). Nous boycottons les cours en distanciel, parce que ce n’est pas comme ça qu’on répond à nos revendications. Mais nous ne sommes pas seuls, des professeurs aussi les boycottent. »

    Huit personnes ont été interpellées, lundi matin dans les Bouches-du-Rhône, qui rejoignent les 5 060 personnes placées en garde à vue depuis le début du mouvement, dont 87% de mineurs, selon le décompte du ministère de la Justice. Des chiffres inédits depuis les Gilets jaunes. Parmi eux, 1 802 personnes font l’objet de poursuites, 14 ont été écroués. Mais ce lundi, c’est la mutilation d’un lycéen à Lens, dont la main a été arrachée par une grenade de désencerclement, qui a suscité une vive émotion. « Cette surenchère de la violence est irresponsable », a réagi le sénateur PCF des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, appelant à écouter les revendications de la jeunesse.

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille, 10h. 7h devant les lycées et manifestation depuis les Réformés.

    Aix, 11h. La Rotonde.

    Arles, 10h. Kiosque à musique.

    Toulon, 7h30. Lycée Bonaparte.

    Draguignan, 8h. Lycée Jean-Moulin.

    Saint-Raphaël, 10h30. Rond-point Kennedy.

    Avignon, 14h30. Université d’Avignon.

    Manosque, 8h. Lycée Félix Esclangon.

    Digne-les-Bains, 8h. Lycées Beau de Rochas et David Néel.

    Gap, 8h30. Lycée Aristide-Briand.

  • Incidents en marge des blocages : les transports publics paralysés

    Incidents en marge des blocages : les transports publics paralysés

    Dans le sillage de la colère lycéenne, les violences urbaines ont débordé ce jeudi et entraîné en milieu de matinée l’arrêt des transports en commun de la ville de Marseille. L’exploitation du tram à Aubagne et du réseau d’Aix a aussi été stoppée. « En raison des perturbations liées au mouvement lycéen, le réseau est interrompu », alertait la RTM dans un message aux usagers. Il l’est resté toute la journée.

    Plusieurs bus ont été pris à partie aux abords de lycées du nord et de l’est de Marseille. Des conducteurs ont dû quitter précipitamment leur véhicule et l’un d’entre eux a été agressé, expliquait la direction de la régie dans un communiqué, déplorant « ces comportements irresponsables » et appelant « au respect de ses conducteurs et de ses équipements ». Affirmant « son plein soutien à ses personnels », la RTM indique également que la desserte de certains lycées sera temporairement adaptée. Une plainte va être déposée.

    C’est peu après 10h que les conducteurs de bus ont exercé leur droit de retrait et rejoint les dépôts, suivis par ceux du métro et du tram. « De toute manière, il n’y avait plus de service de sécurité puisque les agents du GAP et les vérificateurs étaient rentrés », explique Nicolas Ruiz (FO). « Les élus ont demandé le retour des quatre secteurs, par mesure de sécurité », indiquait de son côté la CGT-RTM, pour qui « la sécurité des agents n’est pas négociable. Nous resterons mobilisés et vigilants pour que les mesures nécessaires soient prises ».

    Ces derniers jours, des tracts avaient été diffusés sur les mobiles appelant au blocage des lignes 70, 25 et 27. Mais ce sont deux autres lignes qui ont été prises à partie. Sur la ligne 38, un chauffeur a été blessé au visage et trois véhicules ont été caillassés. L’un d’eux a fini incendié par des jets de mortiers. Des images qui ont fait le tour des réseaux. « Au lycée Floride, un jeune a pris le volant du 38 et est rentré dans un mur en marche arrière », détaille Nicolas Ruiz, précisant qu’un quatrième bus a été visé sur la ligne 15.

    Le trafic doit reprendre ce vendredi, mais au moindre incident, il sera interrompu, préviennent les syndicats.

  • Colère légitime, violences intolérables

    Colère légitime, violences intolérables

    De nombreux lycéens se sont mobilisés hier dans toute notre région, marquant un véritable changement d’échelle du mouvement qui proteste à la fois contre le manque de professeurs, de personnels et de moyens, mais aussi contre l’état de certains lycées ou encore contre Parcoursup, un système de sélection injuste où l’orientation des élèves est confiée à un algorithme opaque.

    Dans ce contexte de colère légitime, des violences graves ont éclaté notamment à Marseille : des personnels de l’Éducation nationale et un marin-pompier blessés, un véhicule des pompiers et un bus incendiés, causant un retrait des agents de la RTM et une paralysie de tout le réseau de transports.

    Ces violences sont intolérables d’autant plus qu’elles touchent des personnes et des biens essentiels aux services publics. Elles sont instrumentalisées pour semer le discrédit et justifier les violences policières.

    Priorité à la jeunesse

    Les provocateurs, les casseurs, les violents, n’ont pas leur place dans un mouvement qui exprime une colère et des revendications légitimes.

    La décision d’imposer des cours en distanciel et de mettre la pression sur les rassemblements spontanés ne règle rien des questions de fond posées par ce mouvement.

    Le gouvernement, minoritaire à l’Assemblée nationale, s’est déjà mis à dos les automobilistes, les fonctionnaires, les retraités, les collectivités territoriales… Le voilà confronté à la jeunesse.

    Aucune des vieilles ficelles libérales, pas plus que la potion amère de l’austérité ne sont en mesure de calmer sa colère et – c’est encore pire – de lui tracer un avenir désirable.

    Ce devrait pourtant être la priorité de notre société.

  • Colère des lycéens : pas de reprise du service à la RTM ce soir

    Colère des lycéens : pas de reprise du service à la RTM ce soir

    Les bus, tramways et métro marseillais resteront fermés ce jeudi soir jusqu’à la fin du service, indique la RTM par communiqué de presse en cette fin d’après-midi. Une décision prise «compte tenu de la gravité des évènements intervenus ce jour ayant affectés le réseau RTM avec des personnels blessés», explique la régie qui «regrette d’être contrainte à cette décision justifiée par le caractère inacceptable et inédit des évènements l’ayant touchée».

    Le service avait été interrompu en fin de matinée après que plusieurs bus ont été pris pour cible en marge des mobilisations des lycéens ce jeudi matin et des agents pris à parti, les organisations syndicales ayant appelé ceux-ci à exercer leur droit de retrait.

    La présidente (DVG) de la RTM Samia Ghali a apporté son soutien aux agents «et tout particulièrement au conducteur agressé». «La jeunesse doit pouvoir s’exprimer, manifester et interpeller. Elle doit pouvoir le faire avec force, mais dans le respect des personnes et des biens publics qui appartiennent à tous», écrit-elle, appelant «au calme et au respect» mais aussi «à entendre ce que notre jeunesse a à dire».