Tag: Métropole Aix-Marseille

  • Les syndicats du spectacle vivant face à la « casse sociale »

    Les syndicats du spectacle vivant face à la « casse sociale »

    « Grande souffrance morale », « On est épuisé », « Une détresse psychologique incommensurable », « On risque de liquider l’association »… Ces phrases sont extraites d’une enquête réalisée par les syndicats des employeurs du spectacle vivant de la région Paca (Synavi, Syndeac, SMA, Scène ensemble) visant à sonder la situation financière de leurs adhérents. Les conclusions ont été présentées à la presse, mercredi, à la Friche la Belle de Mai.

    Alors que la Métropole Aix-Marseille, réunie en conseil ce jeudi tente de faire face aux contraintes liées à sa situation budgétaire, les acteurs de la culture boivent la tasse. 23 structures ont répondu à l’enquête, avec les résultats suivants : 252 000 euros de subventions en moins, 8 licenciements actés ou envisagés, 64 contrats d’intermittents supprimés et 2 200h de travail perdues.

    Les syndicats évoquent notamment le dispositif PAM, qui devait permettre la diffusion de spectacles gratuits dans 50 communes métropolitaines. Alors que « des engagements avaient déjà été pris auprès de troupes sur les montants alloués, certains collectifs ont appris l’annulation en septembre ». Opening Nights, un collectif de compagnies proposant des spectacles dans la Métropole, a « annulé quinze dates et perdu 70% de son budget avec la suppression de sa subvention », selon Marie Didiez, de Syndeac.

    Érosion des financements

    « On l’a pas encore dit aux enfants, car on espère encore que ça change », se désole Agnès Loudes, directrice du théâtre Antoine-Vitez, où devait être organisé un festival de théâtre engageant 200 jeunes lycéens du département. La directrice dit avoir pris connaissance « du gel des 23 000 euros de subventions de la Métropole en septembre ».

    « Les copains vont très très mal autour de nous, jamais on a autant entendu parler de reconversions professionnelles », déplore Wilma Levy, représentante syndicale Synavi. Le secteur n’en est en effet pas à sa première déconvenue. Depuis 2023, l’État et les collectivités territoriales réduisent régulièrement les budgets alloués au service public de la culture, souvent considéré comme une variable d’ajustement dans la lutte contre les déficits.

    Dans ce contexte, certains acteurs du secteur estiment que les subventions publiques peuvent devenir un outil de pression. Les syndicats citent l’exemple de la suspension de la subvention départementale de 90 000 euros au festival Actoral, qui se tenait en septembre, à Marseille. Cette décision, prise par la présidente du Département Martine Vassal (DVD) faisait suite à des critiques d’élus d’extrême droite visant la venue de l’essayiste Louisa Yousfi.

    Alors que le projet de loi de finances (PLF) entre en débat au Parlement et prévoit de nouvelles coupes, le Syndeac a annoncé demander un moratoire à l’État pour stopper ces réductions et de se rapprocher de l’objectif de consacrer 1% du budget à la culture (0,67% actuellement).

  • À la Métropole, deux motions face à l’Etat

    À la Métropole, deux motions face à l’Etat

    Après six mois de psychodrames, le conseil métropolitain qui se tient ce jeudi doit enfin tourner une page. D’abord en adoptant enfin un budget à l’équilibre avec la présentation d’une deuxième décision modificative. Un mois après le blocage politique, l’exécutif métropolitain a trouvé une issue comptable, au prix d’un endettement supplémentaire (notre édition du 08/10).

    Ensuite en mettant fin aux gratuités dans les transports en commun. L’hémicycle doit approuver la nouvelle grille tarifaire, applicable dès le 1er novembre prochain, avec une augmentation du prix des tickets et abonnements conjuguée à une tarification sociale pour 20% des usagers, en particulier pour les moins de 26 ans (notre édition du 14/10). Après la mobilisation du pays d’Aubagne, l’annexe jointe à la délibération, consultée par La Marseillaise, précise bien que le document y est « non applicable au 1er novembre 2026 ». De quoi y préserver pour l’instant la gratuité mise en place depuis dix-sept ans. « Rien ne se fait en 2026, rien ne se fera en 2027 », réitérait la présidente (DVG) de la RTM, Samia Ghali, face à la presse ce mardi. Mais elle déplorait : « à Aubagne, il y a des gens qui ont besoin d’être accompagnés parce qu’ils sont dans une situation de précarité, d’autres ne le sont pas et profitent de la gratuité ».

    « Casse généralisée »

    Mais tandis qu’ont été entamés le 15 septembre dernier les travaux sur la trajectoire financière de la Métropole pour les années à venir, la présentation du projet de loi de finances pour 2027 a fait l’effet d’une douche froide, avec 138 millions de coupes prévues sur le territoire. Alors comme l’a réclamé la dernière conférence des maires, une motion sera présentée au vote par le président (LR) Nicolas Isnard lui-même, pour dénoncer un effort « injuste, insoutenable et dangereux ». « Nous sommes conscients de l’impérieuse nécessité de redresser les finances publiques, mais ça ne saurait se faire au prix d’une casse généralisée pour les collectivités territoriales », déplore le document. Et d’alerter sur un projet qui pourrait plonger de nombreuses communes et intercommunalités « dans une crise financière très dangereuse pour le pays ». La motion demande donc un effort « ramené à un niveau soutenable », limité à 2% des recettes réelles de fonctionnement. En réclamant de débloquer le versement mobilité payé par les entreprises.

    « Au cours des dernières années, les collectivités territoriales et l’État ont engagé un effort sans précédent pour moderniser les transports publics », rappelle ainsi une deuxième motion présentée par la présidente (DVG) de la RTM, Samia Ghali. Qui ajoute donc qu’il « convient désormais de garantir, dans la durée, les ressources nécessaires à la poursuite des investissements et à l’exploitation des futurs équipements ». Et donc débloquer dans le projet de loi de finances le plafond de ce versement limité à 2% de la masse salariale pour s’aligner sur le Grand Paris. Sans monter jusqu’aux 3,2% appliqués par la capitale, la Métropole imaginant déjà une évolution « de manière différenciée selon les territoires, en tenant compte de la densité et de l’importance des réseaux ». Une possibilité qui tombe à l’eau si le budget est adopté par ordonnances.

  • Les magistrats financiers étrillent la gestion de la Ville de Marseille

    Les magistrats financiers étrillent la gestion de la Ville de Marseille

    La campagne des dernières municipales bruissait déjà des échos du document, alors que sa version provisoire avait déjà été présentée au maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, au mois de novembre dernier. C’est finalement à l’occasion du conseil municipal de ce vendredi, que sera présenté le rapport de la chambre régionale des comptes portant sur la situation financière et la gestion des ressources humaines par la Ville de Marseille, entre 2018 et 2024.

    Un rapport introduit par une synthèse au vitriol. « La commune n’est pas en mesure de présenter des comptes d’une fiabilité satisfaisante », reprochent les magistrats financiers qui pointent des réorganisations successives qui n’ont « pas porté leurs fruits », un pilotage des politiques municipales qui « doit être significativement amélioré », tant en matière d’investissements que de recrutements. Mais surtout, la chambre régionale des comptes s’inquiète d’un contrôle interne « limité ». « Un substantiel effort est désormais urgent », insiste le document de 90 pages assorties de sept recommandations.

    Pour certaines, elles ne sont que des répétitions pédagogiques. Déjà en 2021, l’Agence française anticorruption avait réclamé une cartographie des risques corruptifs. « Les initiatives récentes sont modestes. Elles ne découlent pas d’un plan d’actions structuré, basé sur une analyse du risque d’atteinte à la probité, pourtant élevé et connu », pointe le rapport qui rappelle les exigences de la loi Sapin II, entrée en vigueur en 2017. Les magistrats financiers déplorent l’absence de contrôle sur les embauches réalisées en mairies de secteur. Les contrôles internes, eux, sont freinés par la baisse des effectifs de l’inspection générale des services, passée de 10,9 équivalents temps plein travaillés en 2021 à 6,7 en 2024. Quant à la cartographie des risques, en particulier pour l’urbanisme et les régies de recettes, la municipalité la promet pour 2027, après avoir renoncé à recourir à un cabinet de conseil. Elle prône une approche « pragmatique et progressive », explique-t-elle. Quand les recommandations de l’Agence française anticorruption devaient être suivies dès 2022.

    Embauches auscultées

    Le rapport cible aussi des confusions entre les responsabilités politiques et administratives de certains collaborateurs, contestées par la municipalité. Dans le viseur aussi de la CRC : les embauches réalisées par la municipalité. Au total, 1 800 agents supplémentaires ont été recrutés entre 2018 et 2024, ce qui représente 968 équivalents temps pleins. Avec des emplois principalement contractuels, qui visent surtout à faire face à un absentéisme en hausse. « La redistribution des emplois vers des agents contractuels a entraîné une diminution de 15 points de la part des fonctionnaires », pointe le rapport. Derrière les chiffres, la politique volontariste de la municipalité pour remplacer les agents manquants dans les écoles, les tatas, pour « respecter les taux d’encadrement », explique la municipalité. Ou encore dans la sécurité, avec 90 postes de policiers municipaux supplémentaires. La CRC s’inquiète de voir ces embauches consommer les ressources issues de la hausse de la taxe foncière et limiter les marges de manœuvres financières. Après avoir pourtant, dès son introduction, alerté sur « de substantiels besoins de services à la population ».

    Réponse salée du maire

    La réponse du maire de Marseille, elle, est aussi salée que la synthèse du rapport. « Le rapport dans son ensemble ne retient pratiquement aucun des progrès accomplis depuis 2020 », déplore Benoît Payan, qui rappelle le manque de financements du Département ou de la Métropole. Et de persifler : « Je ne puis me résoudre à voir dans ces décalages et ces incohérences un choix délibéré. Je préfère y reconnaître les conséquences des contraintes qui pèsent sur votre juridiction, chacun connaissant les difficultés de moyens auxquelles elle est confrontée. »

  • Les nouveaux tarifs de la Métropole Aix-Marseille enterrent la gratuité pour la RTM

    Les nouveaux tarifs de la Métropole Aix-Marseille enterrent la gratuité pour la RTM

    Trois semaines après les premières annonces, c’est depuis la tour La Marseillaise que la Métropole Aix-Marseille a présenté à la presse ce mardi après-midi la nouvelle grille des tarifs de la RTM. Une grille qui vient enterrer définitivement les gratuités dans les transports en commun étendues le 1er septembre 2025, et qui s’appliquera à compter du 1er novembre prochain si elle est approuvée en conseil métropolitain ce jeudi.

    « Demain, si chacun contribuera au financement des transports, chacun le fera aussi en fonction de sa situation », résume ainsi le président (LR) de la Métropole Nicolas Isnard, en défendant une évolution « courageuse ». « Quelque chose de rouillé, il fallait le dérouiller, il fallait en avoir le courage politique », insiste aussi la présidente (DVG) de la RTM, Samia Ghali.

    2 euros le ticket

    À Marseille, Allauch, Plan-de-Cuques et Septèmes, le ticket prend 20 centimes et passe à 2 euros, comme le révélait La Marseillaise ce mardi. Pour ceux qui l’achètent auprès des conducteurs de bus, il coûtera désormais 2,50 euros. à Aix, Aubagne, à l’est de l’étang de Berre, Vitrolles et Marignane, il s’élèvera à 1,40 euro. Pour les zones les moins desservies, il passe à 1,20 euro. De la même manière, les abonnements augmentent de 14%,pour s’établir à 56,50 euros le pass mensuel à Marseille. Les prix restent inchangés pour les lignes interurbaines.

    Mais c’est la nouvelle tarification sociale que mettent davantage en avant les élus. Les enfants de moins de 11 ans pourront encore accéder sans payer au réseau de transports en commun. Les jeunes de moins de 26 ans, qu’ils soient boursiers ou bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, ainsi que les plus de 65 ans non imposables pourront bénéficier d’un nouveau pass au tarif symbolique de 20 euros par an. Un tarif qui profitera aussi aux bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH). « C’était une vraie demande de leur part, et c’est une première », souligne Samia Ghali, rappelant le retard pris dans l’accessibilité. Tandis que le Printemps marseillais promettait la gratuité des transports pour les moins de 26 ans, les étudiants non boursiers ne profiteront pour l’instant que d’une baisse de 20 euros par an sur leur abonnement, avec un pass à 200 euros sur la zone marseillaise. Les lycéens en revanche sont exclus de ce dispositif. Quant aux plus de 65 ans imposables, ils bénéficieront pour leur part d’une réduction de moitié sur leur abonnement. Enfin, une tarification solidaire est mise en place pour les plus précaires, de -80% pour ceux dont le quotient familial est inférieur à 500 euros par mois, de -50% en dessous d’un quotient de 650 euros, et de -20% pour un quotient inférieur à 810 euros par mois. Dans l’immédiat, ces gratuités bénéficieront à 100 000 usagers environ, estime la Métropole, pour deux tiers aux jeunes du territoire. « L’histoire nous donne raison, le pouvoir d’achat des jeunes, c’est le pouvoir d’achat des familles », souligne Samia Ghali, évoquant le mouvement lycéen. Le bouclier tarifaire mis en avant concerne donc environ 20% des usagers seulement, tandis que la nouvelle grille doit rapporter 21,6 millions d’euros par an à la RTM à partir de 2028. « Nous essayons d’améliorer le réseau, justifie le vice-président (DVG) aux transports, Frédéric Vigouroux. Mais ce ne sont pas les recettes de la tarification qui vont le permettre, nous avons besoin d’augmenter le versement mobilité. » Lequel n’est pas inscrit dans le projet de loi de finances.

  • Urbaser refuse de payer 16 millions d’euros à la Métropole

    Urbaser refuse de payer 16 millions d’euros à la Métropole

    L’addition passe d’autant moins face aux difficultés budgétaires de la Métropole Aix-Marseille. Selon nos informations, le délégataire de l’incinérateur de déchets de Fos-sur-Mer, la société EveRé, filiale du groupe espagnol Urbaser, a refusé cet été de payer une somme de 15,9 millions réclamée par l’intercommunalité. Et a décidé, le 14 août dernier, de saisir le tribunal administratif de Marseille pour contester les deux titres exécutoires émis par l’institution.

    Le contrat de délégation de service public du centre de traitement multi-filières des déchets ménagers prévoyait en effet une clause d’intéressement sur les recettes issues de la valorisation énergétique « correspondant au versement d’un montant de 30 euros par tonne de déchets industriels et commerciaux banals traitée sur les installations ». C’est que l’incinération des déchets peut être particulièrement lucrative. Ainsi pour la seule année 2024, la société a vendu pour 144 gigawattheures d’énergie électrique – l’équivalent de la consommation annuelle de 30 000 foyers – en incinérant quelque 356 000 tonnes de déchets. De quoi lui rapporter 31,9 millions d’euros, après les 24,5 millions collectés l’année précédente. Et conforter ses bénéfices après plusieurs années de pertes : la société présentait ainsi un résultat net de 8,8 millions d’euros en 2023, puis de 9 millions d’euros en 2024.

    Ce n’est pourtant que le 28 juillet dernier que la Métropole a réclamé les montants de sa clause d’intéressement pour les deux années, soit 6,7 millions d’euros pour 2023 et 9,2 millions pour 2024. Elle devra désormais passer par le tribunal administratif pour les obtenir. Sollicitées, ni l’intercommunalité ni la société EveRé n’ont donné suite.

  • [Exclusif] Agrandissement à l’étude pour l’incinérateur de Fos

    [Exclusif] Agrandissement à l’étude pour l’incinérateur de Fos

    Ce mercredi 30 septembre, en conseil municipal, le maire d’extrême droite de Fos-sur-Mer, Philippe Maurizot, s’inquiétait d’un « bruit qui court ». « L’incinérateur actuel bénéficie encore de foncier à proximité et nous avons des petits signaux faibles qui laisseraient entendre que sa capacité arrive à saturation et que, peut-être, il faudrait réfléchir à son extension », expliquait-il (notre édition du 01/10). Mais alors que l’édile marquait son opposition, le moment des signaux faibles est déjà bien dépassé.

    La Métropole a en effet d’ores et déjà décidé de lancer une série d’études dans le cadre du renouvellement de la délégation de service public du centre de traitement de Fos, avec dans le viseur « la conception et la réalisation d’une éventuelle 3e ligne d’incinération permettant de sécuriser les exutoires métropolitains ».

    Déchets sans débouchés

    Approuvé le 4 juillet 2005, le contrat historique de délégation de service public, qui avait abouti à la construction de l’incinérateur pour traiter les déchets des 18 communes de l’agglomération marseillaise, s’achève en effet le 30 novembre 2030, après vingt ans de fonctionnement effectif marqué par une succession de bras de fer judiciaires. Avec lui se pose la question de l’avenir du site de traitement multi-filières de déchets qui, pour la seule année 2024, avait traité plus de 400 000 tonnes de déchets, dont 356 000 tonnes ont été incinérées sur les deux lignes de l’unité de valorisation énergétique.

    Face à ces enjeux et à la complexité du dossier, la Métropole Aix-Marseille a donc lancé le 5 septembre dernier une assistance à maîtrise d’ouvrage juridique, technique et financière pour préparer le nouveau contrat d’exploitation de la totalité du centre de traitement, qui doit entrer en vigueur le 1er décembre 2030 pour une durée encore à déterminer. Un dossier d’autant plus important face à la bombe à retardement de la gestion des déchets. « Un déficit de capacité de traitement en maîtrise d’ouvrage publique mais aussi privée est à noter dès 2028 malgré les efforts réalisés en termes de prévention des déchets », s’alarme l’intercommunalité dans son cahier des charges.

    Réutilisation du CO2

    C’est que selon le dernier rapport annuel métropolitain, la quantité de déchets ménagers et assimilés collectés en 2024 n’a baissé que de 0,7% par rapport à l’année précédente, uniquement grâce aux déchetteries, tandis que seules 285 000 tonnes ont été recyclées. À peine plus d’un quart du tonnage collecté. Alors la Métropole enfouit. La décharge de l’Arbois a déjà été agrandie et doit accueillir 1,4 million de tonnes de déchets jusqu’en 2039 (notre édition du 03/12/2024). Un marché public a été lancé cet été pour en faire de même pour la décharge du Vallon de Fou à Martigues, avec la création de deux nouvelles alvéoles. Des solutions dont le coût s’envole avec l’augmentation progressive de la taxe générale sur les activités polluantes.

    « Le centre de traitement multifilière métropolitain de Fos-sur-Mer constitue, dans ce cadre, une opportunité de traitement pour les déchets ménagers produits sur le territoire de la Métropole Aix-Marseille-Provence », explique donc l’institution. Qui en fait le premier enjeu technique pour le renouvellement de la délégation de service public, en s’interrogeant déjà sur la possibilité d’utiliser les futures capacités disponibles pour des déchets d’activités économiques.

    À cela s’ajoute l’ambition d’adaptations « nécessaires à l’atteinte des seuils d’émission atmosphériques les plus bas techniquement possibles », et la séquestration de CO2 qui pourrait être réemployé sur la zone industrielle ou être séquestré en profondeur. Pour peu que ces ambitions ne se heurtent pas à la fronde des riverains.

  • [Exclusif] Les maires menacent d’une fronde face aux nouvelles coupes budgétaires

    [Exclusif] Les maires menacent d’une fronde face aux nouvelles coupes budgétaires

    Lors de son avant-dernier déplacement à Marseille, le 23 avril, le Premier ministre Sébastien Lecornu, avait reconnu que la dernière copie budgétaire du gouvernement pour 2026 était « dure pour les intercommunalités ». « Il est certain que les intercommunalités devront faire l’objet d’une méthode complètement différente pour le budget de l’année prochaine, où alors on viendrait abîmer des territoires où il y a des projets économiques », s’engageait-il. Six mois plus tard, la promesse n’est que très partiellement tenue.

    Comme elle s’y était engagée lors de sa dernière conférence des maires, le jeudi 8 octobre, la Métropole Aix-Marseille a ainsi chiffré précisément, commune par commune, l’impact du projet de loi de finances pour 2027 qui arrive ce mardi dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Selon ce document, que La Marseillaise a pu consulter, l’addition s’élève à 93,4 millions pour les communes de l’intercommunalité – dont plus d’un tiers pour la seule Ville de Marseille – auxquels s’ajoutent 45 millions d’euros pour la Métropole elle-même. Et cela sans compter la hausse des cotisations payées à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL), qui ajoute quelque 25,5 millions d’euros à l’addition.

    La crainte d’ordonnances sévères

    Certes, comme l’avait promis le Premier ministre, il n’y a plus de contribution spécifique aux territoires industriels, concède le vice-président (LR) de la Métropole chargé des finances, David Ytier. « Mais le projet de loi de finances est hypersévère, plus particulièrement pour le bloc communal, s’alarme-t-il. Pour le territoire, c’est une perte d’environ 170 millions d’euros, c’est colossal ! On double notre contribution au redressement des finances nationales, une contribution qu’on nous prend seulement pour payer les intérêts de l’État. » Le choc est dur pour l’intercommunalité, qui s’attendait à des coupes deux fois moins élevées. D’abord parce qu’elles arrivent après une année budgétaire chaotique de laquelle l’institution ne sort que par un jeu d’écritures comptables, après avoir refusé au mois d’avril de voter son budget face à déjà environ 60 millions d’euros de ponctions de l’État. Ensuite, parce qu’elles s’ajoutent à un mur financier pour l’année à venir qui était déjà chiffré a minima à 150 millions d’euros à trouver. Surtout, « les mesures que l’on vote sur nos recettes sont immédiatement reprises par l’État, on ne peut plus y arriver », soupire David Ytier. Ainsi les 40 millions d’euros cumulés attendus à travers la hausse de la fiscalité sur les entreprises et celle des tarifs de la RTM sont immédiatement aspirés par ces coupes budgétaires.

    « Nous sommes tétanisés, je ne sais pas comment cela va se terminer, souffle aussi l’adjoint (PS) aux finances de la Ville de Marseille, Joël Canicave. Nous préparons le budget 2027 avec des kilos d’incertitude. » D’autant plus qu’il craint un effet domino avec la Métropole, après avoir réussi à éviter une coupe de 36 millions d’euros dans la dotation de solidarité communautaire perçue par la municipalité. « Ce que vont faire les collectivités, c’est qu’elles vont emprunter un peu plus, cela va augmenter la dette, et elles vont réduire leurs investissements, explique-t-il. Cela entraînera une spirale négative, 70% des investissements publics sont faits par les collectivités locales en France ! »

    Une autre inconnue ajoute à l’inquiétude. « En général, le gouvernement passe de premiers documents un peu durs, et ensuite l’Assemblée et le Sénat rectifient un peu les choses », raconte Joël Canicave. « Mais si le budget est adopté par ordonnances, c’est le projet de départ qui est adopté », alerte David Ytier. À l’inverse des projets de loi de finances adoptés par 49.3, où le gouvernement pouvait conserver les amendements qu’il souhaitait. La précision du document original présenté par le gouvernement ne fait que renforcer cette hypothèse, pour le grand argentier de la Métropole.

    Une motion votée

    « Nous sommes arrivés au point de non retour, maintenant, nous allons organiser des actions, annonce tout de go le président des maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani. Nous n’allons plus nous laisser faire, c’est terminé. » Tandis que le conseil métropolitain doit voter ce jeudi une motion dénonçant ces coupes budgétaires, il a été chargé lors de la dernière conférence des maires de recueillir les suggestions pour répondre au projet de loi de finances. Avec des propositions qu’il espère rendre à la fin de la semaine. « Des actions sans violence, sans révolution, ce n’est pas notre style, précise-t-il. Mais nous allons bloquer l’état, cela c’est sûr. Nous avons beau essayer de calmer les collègues, ils n’y arrivent plus, ils sont asphyxiés. »

    Et de rappeler les services publics qui risquent d’être touchés : « Derrière ces milliards qu’ils nous volent, ces pourcentages qu’ils nous balancent, il y a la vie ! ».

  • Vers une tarification sociale et un ticket à deux euros pour la RTM

    Vers une tarification sociale et un ticket à deux euros pour la RTM

    Trois semaines après l’annonce, par le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille, Nicolas Isnard, de l’abandon des différents dispositifs de gratuité des transports, la présidente (DVG) de la RTM Samia Ghali doit dévoiler ce mardi les nouvelles grilles tarifaires de la régie. Des tarifs qui ont déjà été présentés lors de la conférence métropolitaine des maires qui s’est tenue le 8 octobre, et qui seront soumis au vote de l’hémicycle ce jeudi. Pour entrer en application dès le 1er novembre.

    « Nous allons repenser les tarifs de nos transports, qui n’ont pas bougé depuis 2017, annonçait ainsi depuis son fief salonais Nicolas Isnard, à la veille du salon des maires des Bouches-du-Rhône . Nous allons passer à une tarification sociale, au détriment de la gratuité, ce qui laissera la place à un système plus juste. » De quoi tourner la page de ces gratuités étendues par sa prédécesseure, Martine Vassal (DVD), aux moins de 11 ans et au plus de 65 ans imposables, le 1er septembre 2025. Le président de la Métropole reconnaissait une position de principe : « Il est inacceptable que des populations ne participent pas à un service public qui est rendu. Vous avez des retraités aisés qui ne paient pas alors que des salariés au Smic paient plein pot ! » En reconnaissant que les difficultés budgétaires métropolitaines avaient accéléré l’application d’une nouvelle grille tarifaire. « Si nous n’avions pas été pris à la gorge, nous aurions décalé dans le temps cette mise en œuvre », expliquait alors l’édile salonais.

    « Tout ce que je peux dire, c’est qu’il y aura un bouclier mobilité pour les jeunes en précarité », expliquait Samia Ghali à la sortie de la conférence des maires jeudi 8 octobre. Un « bouclier » que le président de la Métropole a présenté le même jour au Forum des entrepreneurs. Ainsi les collégiens, lycéens, étudiants et apprentis pourront bénéficier d’un pass annuel à 20 euros, « au prix de fabrication du badge », pour tous les transports en commun sur l’ensemble du territoire métropolitain, avec une tarification sociale pour les boursiers non imposables et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire. La gratuité doit également être maintenue, pour les enfants âgés de moins de 11 ans.

    Au-delà de cette annonce, d’autres pistes sont évoquées en coulisses. Les personnes âgées de plus de 65 ans non imposables, qui bénéficiaient déjà de la gratuité avant le 1er septembre 2025, pourraient bénéficier du même tarif à 20 euros, tandis que les autres auraient une réduction de moitié sur leur abonnement. Les personnes percevant l’allocation adulte handicapé (AAH) auraient droit à la gratuité, tandis que les familles bénéficieraient d’un quotient familial.

    « Une régression sociale »

    Mais revers de la médaille, une augmentation de 14% sur l’abonnement est évoquée pour les salariés. Et le ticket à l’unité doit augmenter de vingt centimes, pour passer à 2 euros. Si elles sont confirmées ce mardi, ces pistes apporteraient à la RTM environ 20 millions de recettes supplémentaires sur une année pleine.

    Avant même les annonces, l’union syndicale des retraités CGT dénonçait l’abandon de la gratuité pour les seniors, « une régression sociale et environnementale inacceptable » alors que la mesure « a fait la preuve de son efficacité ». Les retraités CGT rejettent ainsi la tarification sociale, « car elle est discriminatoire et stigmatise les retraités les plus démunis qui devront sans cesse se justifier ». Et prévoient de se rassembler jeudi devant l’hémicycle métropolitain.

  • Tirs dans un collège : Aubagne sous le choc

    Tirs dans un collège : Aubagne sous le choc

    « On a entendu deux coups de feu. Juste après, l’alarme incendie a sonné et les profs nous ont expliqué que ce n’était pas un exercice. On est sortis, on a vu l’élève et il a tiré en l’air ». Devant les grilles du collège Lakanal d’Aubagne, Adrien, élève de 3e raconte avec effroi la scène qui s’est déroulée plus tôt dans la matinée. Une scène dont l’horreur se passe de commentaires : Un élève de 3e, âgé de 14 ans, a ouvert le feu à plusieurs reprises au sein de l’établissement, blessant le proviseur et une enseignante et provoquant une onde de choc qui a largement dépassé le pays d’Aubagne.

    « L’élève est entré, aux alentours de 9h25, avec un étui à guitare dont il a manifestement sorti une arme, un long fusil de chasse. Il est monté au 1er étage de l’établissement, pour ensuite tirer en direction de deux personnes, le proviseur de l’établissement et un professeur qui était présent. Elles ont été blessées au niveau des membres inférieurs », relate Audrey Jouaneton, procureure adjointe de Marseille. Elle raconte un vrai périple qui aurait pu finir dans un bain de sang : « L’élève a ensuite continué sa progression vers le deuxième étage où il y a eu deux autres séquences de tirs. Une première à côté d’un professeur, en direction du sol, un impact a été identifié en bas d’un mur. Ensuite, il est arrivé au niveau d’une salle de classe, qui était occupée par les élèves et un professeur. Il a tiré en direction du tableau de la salle, là encore un impact a été identifié ». Par chance, les deux seules victimes ont été « rapidement prises en charge » par les pompiers et hospitalisées dans la foulée, leur pronostic vital n’étant pas engagé. Mais surtout « l’élève a été maîtrisé et désarmé par un personnel de l’établissement qui a arrêté sa progression » avant qu’il ne soit interpellé puis placé en garde à vue. « C’est le CPE qui l’a maîtrisé », confirme Jean-Pierre Squillari, maire d’Aubagne qui cite un acte « d’un courage exceptionnel ».

    Comme lui, c’est tout Aubagne qui a retenu son souffle le temps que les collégiens soient tous dans les bras de leurs parents et que la situation s’apaise.

    Enquête ouverte pour tentatives d’assassinat

    Car l’établissement a logiquement été placé sous bonne garde des forces de l’ordre et le rond-point attenant au collège a été plein de monde une bonne partie de la journée. Des parents aux visages angoissés font le pied de grue en attendant de récupérer leurs minots. Derrière les rubalises, certains crient le nom de leur enfant qui accourt et se jette dans leurs bras. « C’est un sentiment de sidération qui prédomine, on est sous le choc. C’est un super collège avec des dispositifs contre le harcèlement qui fonctionnent. Il y a une proximité avec les élèves, les profs sont super investis… », témoigne Julien Coclet, représentant de parents d’élèves. Comme d’autres, il attend avec impatience de pouvoir récupérer ses enfants sains et saufs : « On pense au pire dans ces moments-là ». Christophe, un professeur d’espagnol qui a « eu des coups de feu » devant la porte de sa classe se dit aussi « profondément choqué ». « On ne voit pas ça tous les jours. On pense à Samuel Paty et d’autres mais ici c’est un collège tranquille… C’est quand je suis descendu et que j’ai vu le principal à terre en sang que j’ai compris », explique-t-il, sa voix empreinte d’émotion. Plusieurs élèves font part d’un « cauchemar » ou s’exclament : « D’habitude, ça arrive au Texas, pas à Aubagne ! ». Une chose est sûre : cet acte n’a aucun lien avec le mouvement des lycéens, un temps évoqué par certains médias. Car dans le flou de la journée, certains affirment que le suspect aurait été harcelé, d’autres que son acte serait en lien avec une rupture… Tout et son contraire. Laurent Nunez, le ministre de l’Intérieur, appelle justement à la retenue : « Il faut rester prudent sur les mobiles ». Notons que les parents du suspect ont également été placés en garde à vue et que le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour « tentatives d’assassinat ».

    Au-delà de l’émoi, tous se projettent déjà sur la suite : soutien psychologique via une cellule aux élèves, enseignants et personnels de l’établissement. Ce mardi, l’établissement n’ouvre ses portes que pour les enseignants. La Ville appelle à un rassemblement, ce mardi à 18h au Cours Foch.

    RÉACTIONS

    Jérémy Bacchi, sénateur communiste

    « Je tiens à saluer le sang-froid de l’équipe pédagogique qui n’a pas hésité à s’interposer. On leur doit que ce drame ne soit pas plus terrible. Une pensée également aux personnels éducatifs qui ont été blessés. Aujourd’hui, l’heure est au soutien des élèves et des enseignants, et à créer du lien. »

    Nicolas Isnard, Président de la métropole Aix Marseille

    « Face à cette violence inacceptable, c’est toute notre communauté et nos institutions qui doivent faire bloc pour défendre et protéger l’école et ceux qui la font vivre. »

    FO, syndicat

    La FNEC FP-FO des Bouches-du-Rhône affirme son « soutien total à [ses] deux collègues blessés ». Le syndicat a également salué « la vigilance et le sang-froid de ceux qui sont parvenus à désarmer l’agresseur ». Face à cette violence, il rappelle que la sécurité dans les établissements passe « par la satisfaction des revendications portées par la jeunesse et les collègues », en appelant le Premier ministre et le gouvernement à « répondre immédiatement aux revendications ».

    FSU, syndicat

    « Cet acte terrible ne doit en aucun cas faire l’objet d’une récupération politique. (…) le tout sécuritaire n’est pas la réponse à une jeunesse qui va mal ». La FSU souligne que « l’heure est à la prise en charge du traumatisme vécu par les élèves et les personnels » et à un « travail en toute indépendance de la justice ».

  • Les maires de la Métropole réunis face aux coupes du projet loi de finances

    Les maires de la Métropole réunis face aux coupes du projet loi de finances

    Loin du psychodrame budgétaire traversé par l’intercommunalité depuis le mois d’avril, les maires de la Métropole Aix-Marseille retrouvaient un front uni ce jeudi à l’occasion de leur conférence, au palais du Pharo, soudainement rassemblés par la perspective de nouvelles coupes imposées par le gouvernement dans le projet de loi de finances. Un sujet qui a occupé la majeure partie des échanges à huis clos. « Cela me fait plaisir d’entendre certaines personnes parler de services publics », souriait le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, à la sortie de l’hémicycle, face à la perspective d’une « catastrophe pour le service public et ceux qui en ont besoin ». Avec environ 60 millions d’euros en moins pour la Métropole, estime la maire (UDI) d’Aix Sophie Joissains, qui déplore : « On prend sur les services publics locaux pour rembourser les intérêts de la dette ». L’hémicycle devrait voter une motion pour dénoncer ces coupes, le 15 octobre, tandis que les idées fusaient pour les dénoncer, jusqu’à la proposition d’un sit-in à Paris. Charge au président des maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani, de les recueillir.

    Mais pour le maire (DVG) d’Aubagne Jean-Pierre Squillari, cette conférence était aussi l’occasion de saluer « une victoire directe du terrain » après le moratoire sur l’abandon de la gratuité dans le pays d’Aubagne. Alors que la nouvelle grille de la RTM doit être dévoilée mardi, il portera une motion pour demander au gouvernement une hausse du versement mobilité payé par les entreprises.