Category: societe

  • Les pompiers face à de nouveaux risques dans les Hautes-Alpes

    Les pompiers face à de nouveaux risques dans les Hautes-Alpes

    Afin d’anticiper ses besoins capacitaires et fixer ses objectifs pour la dizaine d’années à venir, le Service départemental d’incendie et de secours des Hautes-Alpes (Sdis 05) a prévu une révision du Schéma départemental d’analyse et de couverture des risques (SDACR), en vigueur depuis fin 2016, pour la période 2027-2031.

    Une stratégie qui évolue

    « Il s’agit d’un document qui anticipe les risques générés par les évolutions du territoire, et qui mesure ce que devrait être notre Sdis pour y faire face », a expliqué mardi le directeur départemental du Sdis Alain Juge, devant le Conseil départemental, appelé à rendre un avis consultatif. Plus d’un an de travaux ont été nécessaires pour finaliser le document.

    Le colonel a commencé par dresser le contexte territorial, qui définit les stratégies privilégiées : « Dans les Hautes-Alpes, nous avons une fréquentation touristique extrêmement importante, avec une population multipliée par 4 en période hivernale et estivale, et qui est de plus en plus importante au printemps et en automne. Nous constatons également un vieillissement de la population, car les jeunes partent faire leurs études et ne reviennent plus, ce qui demande davantage de services de secours à la personne. Enfin, nous avons le changement climatique. Nous en avons fait les frais cet été : même la montagne à très haute altitude n’est plus à l’abri des feux de forêts. »

    Pour établir des objectifs, le Sdis a analysé les différents risques et sa capacité de réponse. Il y a d’une part les risques courants, dont la fréquence est élevée mais la gravité faible. « C’est ce qui se passe tous les jours quand vous voyez un véhicule de secours intervenir sur un feu de poubelle ou une inondation par exemple, précise le colonel. Notre modèle réside sur la disponibilité des pompiers volontaires. Sur nos 34 unités opérationnelles, deux fonctionnent avec une garde permanente, et 32 autres reposent sur l’engagement des volontaires. C’est 95 % de notre effectif. Il faut donc poursuivre le recrutement et le maintien de ce vivier. Il n’y a pas de petits centres, il faut tous les maintenir. » Pour « garder ce modèle historique », le conventionnement avec les employeurs publics comme privés est essentiel.

    Viennent ensuite les risques complexes, qui eux, se produisent très rarement mais dont la gravité est élevée, comme un accident de bus, un train qui déraille ou un incendie en station de ski. « Nous nous sommes demandé quelle était notre réponse capacitaire, a poursuivi Alain Juge, tout en sachant qu’en première intention, c’est le centre le plus proche qui intervient. » Si ce n’est pas suffisant, les autres sont sollicités, puis, si besoin, des renforts extra-départementaux sont appelés. « C’est ce qui s’est passé avec les incendies de cet été, a rappelé le colonel. On ne peut pas répondre tout seuls, la solidarité nationale est essentielle pour ces risques complexes. »

    Cette révision du SDACR doit encore être sujette à différent avis consultatifs dans les prochaines semaines, avant qu’un arrêté préfectoral ne le valide fin décembre.

    « Ici, 95 %
    des sapeurs-pompiers sont volontaires »

  • Deux commerces redoutent de devoir fermer à Château-Arnoux-Saint-Auban (04)

    Deux commerces redoutent de devoir fermer à Château-Arnoux-Saint-Auban (04)

    Si on n’est pas visibles le dimanche, jour du marché, là où on fait la majorité de notre chiffre d’affaires, on est contraints de fermer définitivement » : deux commerçants installés Cours Pechiney, où se tient le marché, ont annoncé qu’ils allaient devoir fermer dans les prochaines semaines, faute de visibilité et de clientèle. Cette décision soudaine s’explique selon eux par une décision du maire, qui aurait cessé de les autoriser à signaler clairement la présence de leur commerce avec une barrière et un panneau sur la route, à l’extrémité du marché. Sans cette signalétique, les clients du marché, qui viennent en nombre le dimanche, risquent de ne pas remarquer les commerces.

    Face à cette situation, les commerçants du cours ont lancé une pétition appelant à les soutenir, qui rassemble déjà plus de 200 signatures, selon Soréa Nano Toumani, gérante de la boutique de la cité, qui était par ailleurs dans l’équipe de l’ancien maire, René Villard (PCF), pendant six ans.

    Contacté, le maire, Philippe Bertrand, n’a pas souhaité faire de commentaire sur le sujet ou expliquer sa décision d’enlever la barrière. Il avait déjà supprimé la navette scolaire du quartier populaire de Font Robert et annoncé couper la subvention jeunes de la MJC ces dernières semaines, après son élection en mars.

    Les deux seuls commerçants du cours à ouvrir le dimanche, Soréa Nano Toumani et Mourad Chemani, directeur de King Stock, se sentent « exclus » et « isolés » du marché, qui leur apportait beaucoup de clientèle avant que le maire ne leur enlève la barrière. « Si je trouve un local ailleurs, je m’en vais », lance Mourad Chemani, déjà dépité alors qu’il n’est arrivé qu’en avril. Il estime qu’il ne tiendrait que trois mois sans client le dimanche. Soréa Nano Toumani compte, elle, déposer son préavis après le marché de Noël.

    Problème de sécurité…

    Ce problème de visibilité vient s’ajouter aux nombreuses problématiques rencontrées par les commerçants de la commune : « c’est une ancienne cité ouvrière, la population est de plus en plus vieillissante et pauvre, parce qu’il n’y a pas de travail, et c’est mal desservi », relève Soréa Nano Toumani.

    Pour justifier son choix d’enlever la barrière permettant aux commerces de signaler leur présence, le maire aurait évoqué des problèmes de sécurité auprès des commerçants.

    La fermeture de ces commerces viendrait s’ajouter à celle de nombreux autres dans le département, où les centres-villes sont bien souvent désertés, et où les habitants doivent régulièrement aller jusqu’à Gap ou Marseille pour faire leurs achats. C’est la troisième pétition qui est lancée en quelques semaines dans la commune, après celle dénonçant la coupe de subventions jeunes de la MJC et celle contre la suppression de la navette scolaire.

    Pétition : change.org/p/soutenir-les-commerces-du-cours-péchiney-à-saint-auban-04600

  • Une campagne inédite pour dépister le cancer du poumon

    Une campagne inédite pour dépister le cancer du poumon

    C’est le cancer le plus mortel chez les hommes avec 23 000 décès par an. On parle là du poumon, dont la maladie se déclare à 90% chez des fumeurs. Or, jusque-là, rien n’était vraiment proposé pour dépister ce type de cancer puisque 73% des diagnostics sont réalisés à un stade tardif. Pour tenter d’y remédier, l’Agence régionale de santé Paca a été choisie avec cinq autres ARS pour expérimenter un programme de dépistage, baptisé Impulsion*.

    Ce mercredi, à l’occasion d’un point d’actualité, Loïc Souriau, directeur de l’ARS 84, a présenté la déclinaison en Vaucluse. « C’est un cancer qui évolue à bas bruit, quand il entraîne des signes cliniques, comme de la toux avec des saignements, cela signifie qu’il est en phase avancée », expose Loïc Souriau. L’idée, comme tout type de cancer pris au plus tôt, est d’améliorer sa guérison (ablation d’une partie d’un poumon et/ou radiothérapie). « Ce dépistage, qui se fait sur volontariat, cible les personnes de plus de 50 ans fumeuses ou ayant arrêté il y a moins de 15 ans », précise le directeur de l’ARS 84. Le patient, à l’issue d’un entretien, sera jugé éligible ou non et passera le cas échéant une IRM à l’hôpital d’Avignon, structure pilote du programme.

    Outre l’accent mis sur cette campagne, Loïc Souriau a remis la focale sur la campagne en cours de vaccination contre la grippe. « Après un certain désamour né de la période Covid, on constate une montée en puissance », se satisfait-il. Pour rappel, les autorités de santé recommandent de vacciner tous les plus de 65 ans, les femmes enceintes et les personnes à risques avec des pathologies chroniques. Ainsi, en deux ans, la part de vaccinés de +65 ans est passée de 49% à 52%, même si cela reste en deça de la moyenne régionale (53%) et nationale (57%). Chez les plus de 80 ans, ce taux grimpe en revanche à 80%. « Le vaccin évite les formes graves de la grippe et limite la contagiosité », martèle Loïc Souriau. Côté vaccin toujours, mais côté papillomavirus, une nouvelle campagne de vaccination dans les collèges auprès des 5e et 4e va démarrer en février.

  • À Marseille, quatre élèves du lycée Marie-Curie arrêtés en 24 heures

    À Marseille, quatre élèves du lycée Marie-Curie arrêtés en 24 heures

    Libérez nos camarades », scandent les lycéens de Marie-Curie devant le commissariat de Noailles ce mercredi après-midi où une vingtaine de personnes est rassemblée. Antonin, élève de l’établissement situé dans le 5e arrondissement de Marseille, explique que l’un de ses camarades « a été placé en garde à vue mardi en début de matinée. Ce matin [mercredi] nous avons poursuivi le blocus dans la continuité du mouvement lycéen. Sous le prétexte fallacieux de graffitis sur une poubelle qui était déjà graffée, trois de nos camarades de la Première au BTS ont été arrêtés. Le dernier étant majeur aura un casier judiciaire ». À l’heure où l’on écrit ces lignes, quatre élèves, âgés de 14 à 19 ans étaient en garde à vue. « On n’a pas du tout été violents. On a essayé de faire blocus, on nous a encore mis dans des bâtons dans les roues. La police était déjà présente dès ce matin », poursuit l’élève.

    Ces quatre élèves sont âgés de 14 à 19 ans. « On manifeste une solidarité intacte avec le mouvement pacifique des lycéens qui rejoint en tous points les revendications des organisations syndicales enseignantes développées depuis de très nombreuses années », pousse Samuel Tracol, professeur d’histoire au lycée Marie-Curie et syndiqué à la CGT Éduc’action. « Quels que soient les motifs d’interpellation, les jeunes n’ont rien à faire dans un commissariat de police. C’est que des gamins de classes populaires, pour les familles c’est une catastrophe », tempête-t-il.

    Devant le poste de police du centre-ville, les parents des élèves concernés s’inquiètent. « Le côté dramatique c’est que ce sont des mineurs. La garde à vue est une mesure exceptionnelle même pour les majeurs », tient à rappeler Me Louis Ramuz, venu accompagner les familles. Le père d’un élève de Don Bosco est venu chercher son fils après 23 heures de garde à vue, discute avec la maman de K., élève de Marie-Curie. En sanglots, elle peine à donner l’âge de son fils, arrêté dans la matinée. Celui-ci a « 15 ans », réussira-t-elle à dire au bout d’un moment.

    À ses côtés, la maman de A., n’a pas de nouvelles de son fils de 14 ans en garde à vue depuis plus de 24 heures. « J’ai gardé mes enfants à la maison depuis le début du mouvement. Je ne veux pas de problèmes. J’ai dit à mon fils “s’il te plaît, reste loin, je ne veux pas que tu participes“. Il est allé à l’école à 8h et à 9h50 sa sœur m’a appelé et m’a dit regarde ». Là, la mère de famille montre sur son smartphone une vidéo de l’interpellation, violente, de son fils devant le lycée. « On est des étrangers, s’il arrive quelque chose c’est nous qui paierons à la fin », souffle la mère de l’adolescent.

  • La région Sud-PACA vote plus de 700 000 euros de rénovations pour le lycée Bonaparte d’ici fin 2027

    La région Sud-PACA vote plus de 700 000 euros de rénovations pour le lycée Bonaparte d’ici fin 2027

    Je suis président de région depuis 20 jours, et ce que vous attendez depuis 5 ans sera fait d’ici fin 2027. » Seul l’avenir dira si cette annonce, qui ressemble à un tacle à son prédécesseur malgré le rappel de « l’héritage des 2 milliards d’euros investis par la Région en 10 ans sur les lycées » sera suivie d’effet, mais François de Canson ne semble pas avoir peur des engagements. Le nouveau président de la région Sud-Paca, accompagné de plusieurs élus régionaux et de la maire de Toulon Josée Massi, a déjeuné mercredi midi avec les représentants des élèves et le personnel du lycée Bonaparte, à Toulon. « J’avais pris l’engagement de venir il y a 15 jours, je suis venu. Je vais appliquer la même méthode que j’applique dans ma collectivité. On est avant tout des maires, on arrive, on veut comprendre, on regarde et on va faire », a-t-il déclaré à l’issue d’une visite qui aura duré environ 1 heure et demie. L’occasion pour lui de visiter l’établissement et de se rendre compte de l’ampleur des besoins. Notamment ceux qui concernent les blocs sanitaires, qui n’ont pas été rénovés et suscitent des doléances, mises sur le devant de la scène ces dernières semaines, et appuyées de la part des élèves depuis des années.

    Ils feront partie d’un plan de réhabilitation estimé à plus de 700 000 euros (pour la partie déjà budgétée et votée), sur les 2 milliards d’euros votés pour les lycées de la région à horizon 2034, et qui sera effectif « d’ici la fin de l’année 2027 », promet François de Canson. Bien moins que le plan de réhabilitation en plusieurs phases, lancé en 2018, pour un budget total estimé à l’époque à 21 millions d’euros, était censé régler un certain nombre de problèmes, mais qui est resté en grande partie lettre morte, avec seulement quelques ajustements réalisés (création d’une salle de réunion et de portiques de sécurité, notamment).

    Les élèves satisfaits, la CGT Éduc’action plus réservée

    Outre les sanitaires, le président de la région a affirmé que 400 000 euros seraient affectés à la rénovation du gymnase, 300 000 euros à celle des laboratoires, et 10 000 euros pour l’étanchéité des peintures. Des sommes auxquelles il faudra ajouter le changement du matériel informatique et la question des conditions thermiques, à travers un plan global de 10 millions d’euros pour l’ensemble des établissements de la région. « On va investir 300 millions pour l’année à venir, donc je crois qu’on n’a rien à nous reprocher », estime François de Canson. « On est à marche forcée sur les lycées, on a pris des engagements, et je ne sais pas si les lycéens ont vu beaucoup de présidents de région venir faire le tour de leurs difficultés. » Il peut s’appuyer sur Marie-Florence Bulteau-Rambaud, vice-présidente de la région et membre de la commission lycées, qui « a rendu visite aux 174 lycées. Elle connaît vraiment la problématique, on est en train de mettre à jour ce qui a été fait et ce qu’il faut faire et on remettra une fiche à chaque proviseur pour qu’ils sachent ce qu’on va faire dans leurs établissements ».

    Denis Sincu, l’un des représentants des élèves du lycée Bonaparte, s’est montré satisfait : « Nous remercions monsieur de Canson et nous comptons sur lui pour respecter cette parole-là ». Toutefois, même s’ils sont « très fiers d’avoir pu faire changer des choses », les lycéens le réaffirment : « ce n’est qu’une partie de nos revendications. Il y a encore des choses qui doivent bouger, au niveau national et aussi localement, notamment sur l’éducation », sur les questions de Parcoursup et de la santé mentale des élèves, entre autres. Des compétences qui ne dépendent pas de la région et pour lesquelles François de Canson appelle à faire « attention à la dualité. J’ai moyennement apprécié l’attitude du gouvernement qui essaye de reporter la problématique sur les régions. L’éducation nationale et le gouvernement ont des responsabilités, la région a les siennes, nous les prenons, que chacun prenne les siennes ».

    Olivier Gérard, enseignant au sein du lycée et secrétaire général de la CGT Éduc’action du Var, est quant à lui beaucoup moins convaincu : « En comparaison avec les 21 millions d’euros estimés nécessaires en 2018, ça paraît ridicule. De l’extérieur, ça peut sembler beaucoup, mais c’est bien peu par rapport aux réels besoins. Beaucoup de choses sont à mettre aux normes, notamment en termes d’accessibilité, avec des monte-charges qui suppléent les ascenseurs », pointe-t-il, fustigeant « les tarifs stratosphériques des commandes publiques, sur lesquelles les sous-traitants se servent bien au passage ».

  • [Procès du triple narchomicide] Les accusés entre dénégations et dénonciations

    [Procès du triple narchomicide] Les accusés entre dénégations et dénonciations

    Son interrogatoire arrivé, Amine Oualane se débarrasse d’une doudoune portée jusqu’à cette fin de journée. « Non, je ne reconnais pas les faits », persiste à répondre ce dernier, accoudé sur la vitre du box. « J’ai eu ma bouche fermée mais aujourd’hui je vais l’ouvrir », promet-il. La salle d’assises qui examine l’affaire dite du triple narchomicide, voit la tension monter d’un cran depuis quelques jours. Lundi, Ahmed Zakari Bensaci nommait le rôle présumé de chacun de ses quatre co-accusés dans cet assassinat. Le coup de tonnerre emboîtait le pas au passage des mères endeuillées des trois victimes : Brahim Chabane, grand frère d’Amine Kessaci, Réda Khaldi et Nassim Loubani. Leur dépouilles carbonisées étaient retrouvées en deux temps, six ans en arrière. Le corps de Nassim, démembré. Ces révélations étaient restées en suspend jusqu’à ce mercredi. Si Bensaci, davantage entouré de colosses cagoulés dans le box, s’était d’abord entêté à garder le silence face aux questions du président, il a fallu « tout reprendre à zéro » lorsqu’une demi-heure plus tard, ce dernier se résout à donner sa version de la nuit des faits.

    « En garde à vue, j’ai rien dit du tout, devant le juge d’instruction j’ai essayé de ne rien dire, aujourd’hui, je brise ce silence », résumait Bensaci. « On vous a donné combien pour ça ? », s’agaçait Me Hugues Vigier, l’un des conseils de Karim Harrat. « Rien du tout, j’ai été payé en “t’inquiète“, comme on dit en marseillais », répond le concerné, sourire en coin.

    « Jamais mis les pieds »

    Oualane trouve, quant à lui, réponse à tout. Plus tôt dans la journée, des sonorisations de sa cellule, datées de 2021, sont diffusées. « Le 22 janvier 2021 […] vous discutez par la fenêtre avec d’autres détenus. Vous dites que vous vous savez cuit, que ça aurait un rapport avec les “petits fils de putes morts brûlés récemment” », relance le président. « Je parle de Kariba, Bensaci et Guilbert », répond Oualane. Le président insiste : « […] dis au Gros ils m’ont niqué, sûr ». « Parce qu’il y a la plaque sur la voiture ! » Référence à la Mercedes, qui aurait servi de convoi au commando présumé et louée à son nom. « Je serais fou d’aller tuer des gens avec [ce] véhicule », peste Oualane. Et Châteauneuf-lès-Martigues, où les victimes se seraient retrouvées dans un guet-apens ? « Jamais mis les pieds. » Il n’aurait pas de lien non plus avec des « gens de Dubaï », d’où l’exécution aurait été commanditée, comme il n’a « jamais été condamné pour trafic de stupéfiants avec Karim Harrat ! », se défend Amine Oualane.

    Et les guerres de territoires ? « Plutôt des guerres où on arrive sur les points de stup et on braquait des sacoches […] on avait tout Marseille sur le dos on le savait », tente-t-il de relativiser. Au terme d’une longue journée, l’audience cristallisait toujours les tensions. « On est dans un dossier où il y a des gens qui ont été calcinés et démembrés ! », interpellait Amine Kessaci, depuis le banc des parties civiles… Amine Oualane lui, continuera d’être entendu vendredi.

  • [Procès rue d’Aubagne] Tant de signaux ignorés et d’occasions manquées

    [Procès rue d’Aubagne] Tant de signaux ignorés et d’occasions manquées

    Pourquoi faire appel ? « Je ne me reconnais pas dans ce qu’on me reproche », répond à la cour Gilbert Ardilly, 62 ans, condamné à quatre ans de prison dont deux ferme sous bracelet. Sa locataire, Ouloume, mère de famille, est morte dans son taudis. « On a dit que j’étais un marchand de sommeil. On est propriétaire mais on est des gens simples. Je n’ai pas laissé mon logement se délabrer. Je ne me suis jamais refusé à un seul des travaux » se défend le plombier-électricien absent aux assemblées générales des copropriétaires. « Je ne pensais pas qu’il était dangereux au point de s’effondrer, sinon j’aurais sorti ma locataire. Mais on m’a répondu qu’il n’y avait pas de danger, qu’elle pouvait réintégrer. On a la chair de poule quand on pense à ces gens qui sont morts là-dedans… »

    Le ton est donné. Condamné à trois ans avec sursis en 2025, Jean-François Valentin, 66 ans, gestionnaire du n°65 pour le cabinet Liautard, se dédouane aussi. « Il n’est pas du tout superfétatoire de dire que j’ai rempli mes missions avec les moyens que j’avais, que je suis allé au bout du bout de ce qui était possible. Je suis mal depuis l’effondrement, cette funeste tragédie qui affecte ma santé. Jusqu’à la fin de ma vie, je penserai à ces gens. Je ne comprends toujours pas pourquoi les alertes n’ont pas été prises en compte. »

    La cheffe d’enquête, Mireille Marais, expose ses premières investigations. Elle raconte les images de vidéosurveillance qui dévoile à 9h07 un nuage de poussières, l’exhumation lente des corps, le difficile tri des gravats, les perquisitions. Le président Naudé en vient à évoquer « cet appel terrible » d’une locataire aux marins-pompiers, dans la nuit à 2h40 du matin. « Marie-Emmanuelle Blanc est réveillée par des craquements. Elle avait trouvé bizarre d’être réintégrée dans l’immeuble » note l’enquêtrice. Le président poursuit : « Et on a la réponse du pompier de permanence qui la rassure : “Vous savez madame, un immeuble ça ne s’effondre pas comme ça.“ ».

    Bernard Bart, premier expert marseillais de l’enquête préliminaire, souligne le sort « intrinsèquement partagé » de ces trois immeubles de la seconde moitié du XVIIe siècle et dans un état très dégradé, leurs contentieux croisés. Leurs murs mitoyens se tassent depuis des années. « Le 65 qui était tellement endommagé a été délaissé. Son très mauvais état est déjà indiqué en 1953 lors de sa mise en copropriété. Les 63 et le 67 étaient vides et personne ne s’en préoccupait. » Une métaphore lui vient. « Qu’est-ce qui est plus grave, un enfant mal élevé ou abandonné ? Le 65 était mal élevé, le 63 et le 67 étaient abandonnés. » Il a recensé « seize occasions manquées » : l’ignorance des nombreux signaux avertisseurs émis lors des neuf expertises des trois immeubles depuis 2005, l’abandon du projet de réhabilitation du n°67 alors qu’une subvention de l’Anah était allouée en 2013 et celui de micro-crèche au 63 de Marseille Habitat en 2017. Tous les experts qui étaient intervenus depuis 2005 avaient unanimement signalé la gravité de la situation de chacun des trois immeubles pris individuellement, mais aussi et surtout pour l’ensemble des trois. « Tous les avertissements donnés étaient d’une pertinence incontestable et démontraient l’imminence du sinistre. Ils n’ont pas été pris en considération. »

    Bernard Bart démontre à la cour que les 63 et 67 penchent vers le 65. Des forces sont à l’œuvre qui altèrent les structures les aggravent avec les fuites d’eaux sournoises qui créent des écoulements permanents. « Il suffit de poser ses yeux sur les fissurations des façades. En peu de temps, une jauge Saugnac montre que la façade du 67 s’est affaissée de 8 cm. C’est phénoménal. » Il acquiesce à la question d’un magistrat assesseur : « Oui, c’est la chronique d’un effondrement annoncé, c’est évident ».

    La cour a débuté l’audition des experts parisiens Fabrice Mazaud et Henri de Lépinay. Elle ne reprendra que vendredi du fait de l’hommage rendu aujourd’hui pour le 8e anniversaire de la tragédie.

    « Oui, c’est évident
    que c’est la chronique d’un effondrement annoncé »

  • THT : nouvelle surtension avant l’enquête publique

    THT : nouvelle surtension avant l’enquête publique

    « En permettant la relance industrielle,on participeà développer l’emploi. »

    Le projet entre dans une nouvelle phase, les tensions se crispent. Alors que l’enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique (DUP) de la ligne aérienne 400 000 volts se tiendra du 9 novembre au 11 décembre, Gilles Odone, délégué Méditerranée du gestionnaire du réseau, se réjouit d’un « temps démocratique lors duquel tout le monde va pouvoir s’exprimer, ceux qui ont des raisons de vouloir une alimentation électrique sûre, de qualité, et ceux qui y voient un inconvénient ».

    Ces derniers n’ont pas attendu l’ouverture des permanences pour se faire entendre. Dans la nuit, le bâtiment marseillais du Réseau de transport et d’électricité (RTE) a été tagué de peinture bleue avec un message : « No THT Camargue ». Un acte que Gilles Odone condamne « très fermement ». « Ça ne nous permet pas de progresser », appuie-t-il, assurant : « La phase du projet dans laquelle nous sommes actuellement, c’est vraiment une phase de prise en compte, de préoccupation des territoires ».

    Besoin de 4 000 MW supplémentaires

    Pourtant, c’est bien le manque de dialogue que dénoncent les opposants à la ligne aérienne très haute tension (THT), au premier rang desquels le Collectif THT 13/30, qui écrit : « Alors qu’un accord historique de consensus territorial leur était offert, l’État, RTE et les industriels ont préféré imposer ». Fin septembre, 140 élus du territoire avaient signé un serment en faveur d’une solution alternative. À l’approche de l’enquête publique, l’organisation appelle à une « mobilisation responsable, déterminée et massive » : « La qualité autant que la quantité des contributions permettra de documenter l’opposition réelle au projet et d’alimenter les recours juridiques engagés par le Collectif, qui s’appuie déjà sur un pool de six avocats ».

    Pendant un mois, cinq commissaires enquêteurs indépendants vont recueillir les observations et propositions des habitants. Devant l’épaisseur du dossier, qui compte plus de 4 000 pages, RTE a « prévu un dispositif numérique dans chaque permanence pour consulter plus facilement les documents », détaille Christophe Berassen, directeur du programme d’électrification Fos-Berre. « Nous mettons aussi à disposition un atlas cartographique pour localiser le tracé DUP qui est large de 100 m », poursuit-il. À l’issue de l’enquête, la commission aura un mois pour remettre son avis non contraignant à l’État, qui le prendra en compte pour rendre sa décision sur l’accord, ou non, de la DUP.

    D’ici là, RTE défend son projet. Pour Christophe Berassen, la ligne THT qui doit relier Jonquières-Saint-Vincent (Gard) au poste de Feuillane à Fos-sur-Mer est utile à plusieurs titres : « Elle assure la résilience de notre réseau » face au changement climatique, commence-t-il, et « contribue à réduire les gaz à effet de serre en décarbonant la zone industrialo-portuaire de Fos, la 2e la plus émettrice de France, et donc à améliorer la qualité de l’air et le cadre de vie des habitants ». Sans oublier son rôle dans la souveraineté économique : « En permettant la relance industrielle, on participe à développer l’emploi ». La ligne THT doit avant tout accompagner la hausse de la consommation liée à l’électrification des usages, à l’industrie et au développement urbain. Le gestionnaire a entamé des travaux sur la ligne Tavel Realtor, la plus importante de la région, pour augmenter sa capacité de 50% en 2030. Mais ce chantier ne suffira pas à combler les besoins identifiés. « Avec ce renforcement-là, et en revoyant les infrastructures existantes, on pourra accueillir dans la région environ 1 200 MW supplémentaires, donc il manquera a minima 2 800 MW », résume Gilles Odone. Charge à la 400 000 volts aérienne de les couvrir.

  • [Quoi de neuf] « Tout le monde a envie d’entrer dans le bal de la lutte »

    [Quoi de neuf] « Tout le monde a envie d’entrer dans le bal de la lutte »

    Rémy Cougnenc : D’ordinaire le mouvement social est calme avant la Présidentielle. Qu’est-ce qui fait que c’est différent cette fois ?

    Mathieu Guy : Habituellement en effet les mois qui précédent une échéance électorale sont plutôt calmes. Cette année ça ne l’est déjà pas. Le contexte s’est dégradé ces dernières années. Ce qui a mis le feu aux poudres c’est l’annonce des économies dans la prochaine loi de finances. Le mouvement a débuté le 29 septembre avec la fonction publique avec toutes les difficultés rencontrées par les fonctionnaires avec le gel du point d’indice et les missions qu’ils n’arrivent plus à mener à bien à cause du manque de moyens. Cette dynamique de diminution d’effectifs est engagée depuis trop longtemps dans les services publics et les gels de salaires qui font qu’on a de moins en moins de candidats, notamment chez les enseignants. On a un ras-le-bol général. Tout le monde a envie d’entrer dans le bal de la lutte. On pense qu’il peut y avoir une convergence qui mènerait vers des victoires le plus rapidement possible.

    Rémy Cougnenc : En 2023 sur les retraites, la mobilisation était massive mais le gouvernement avait fait la sourde oreille. Est-ce que le vent de fraîcheur de la jeunesse peut aider à la convergence des luttes qui a pu faire défaut par le passé ?

    Mathieu Guy : Je pense qu’il a manqué des ingrédients en 2023. On a pris la rue avec d’énormes mobilisations. Mais ce qui a été difficile c’est de mettre l’économie à l’arrêt. On avait travaillé à la CGT pour intégrer la notion de grève reconductible. Malheureusement c’est resté trop à la marge pour porter un coup d’arrêt. Ceci étant, on ne peut pas dire que 2023 a été un échec de la mobilisation. Il y a eu énormément de monde et les salariés ont retrouvé la confiance envers les syndicats qui avait peut-être été un peu perdue les années précédentes. Derrière cela a permis à la CGT de se renforcer en terme d’adhérents.

    Olivier Nottale : N’oublions pas que faire grève coûte de l’argent aux salariés qui ont déjà des problèmes de pouvoir d’achat…

    Arnaud Jean : Je voudrais rajouter que la lutte paye. Pour les retraites, dans les endroits où la grève reconductible a tenu, par exemple à la SNCF avec 59 jours de grève, on sort avec un accord de cessation progressive d’activité de 18 mois. C’est-à-dire que ce que le gouvernement nous a enlevés d’un côté, on l’a gagné par les négociations de l’autre côté avec la SNCF. Comme quoi quand on se mobilise, que les salariés sont unis notamment par la grève, au bout on arrive à obtenir des choses du patronat. La grève générale est un grand mot. La grève se décrète par les salariés entreprise par entreprise, chantier par chantier. Ça passe par des assemblées générales chaque jour sur les lieux de travail.

    Rémy Cougnenc : Quels sont les mots d’ordre de l’intersyndicale ?

    Mathieu Guy : Déjà le combat contre la vie chère. On la combat ainsi que l’inflation par des augmentations des salaires. Les primes existent de plus en plus. Un tiers de nos revenus dans la fonction publique sont des primes. C’est assez dramatique parce qu’elles ne sont pas comptabilisées dans les cotisations et ne financent pas nos systèmes de retraites. On demande une augmentation générale des salaires et des pensions, ce qui permettrait de redonner du pouvoir d’achat aux salariés, retraités et des recettes pour l’État pour mieux redistribuer à travers la Sécurité sociale notamment. Je crois que l’inflation est à 15% donc il faut 15% de hausse des salaires. C’est la base minimale pour sortir la tête de l’ornière et faire en sorte que les travailleurs puissent vivre dignement de leur travail.

    Olivier Nottale : Et aussi puissent aller travailler car certains sont pris à la gorge…

    Mathieu Guy : Vu le prix de l’immobilier à Montpellier, Sète ou Lunel, bref sur l’arc littoral, on constate que les travailleurs ne vivent plus sur leur lieu de travail, ils en sont de plus en plus éloignés. Avec le prix de l’essence, un salarié qui se déplace pour travailler ça lui coûte de l’argent.

    Rémy Cougnenc : Le patronat vous rit au nez quand on parle d’augmenter les salaires. Soi disant qu’il n’y a plus d’argent !

    Mathieu Guy : Un rapport a rappelé que 211 milliards d’euros sont donnés chaque année aux entreprises sans contrepartie. Les grands groupes du CAC 40 ont versé 61 milliards d’euros de dividendes au premier semestre 2026. On voit bien que de l’argent il y en a. Sauf qu’il va vers ceux qui en ont le plus. D’où des inégalités de plus en plus grandes et un monde du travail qui souffre.

    Rémy Cougnenc : Si on touche au capital, il y aurait des délocalisations. C’est l’éternel chantage à l’emploi…

    Mathieu Guy : Les patrons n’ont pas attendu qu’on gagne des hausses de salaires ou plus de justice fiscale pour délocaliser, supprimer de l’emploi, fermer les industries, démanteler tout ce qui peut l’être à leur bénéfice. Seconde revendication : c’est la question des services publics à l’abandon. Sans les pompiers, l’hôpital,… on aurait vécu des choses encore plus dramatiques (…) [Écouter la suite de l’émission avec la question de la liberté de manifester et les violences d’extrême droite].

  • [Maj] Les principaux rendez-vous pour le 5 novembre

    [Maj] Les principaux rendez-vous pour le 5 novembre

    Marseille. Rendez-vous à 10h30 aux Réformés.

    Aix-en-Provence. Rendez-vous à 10h30 à la Rotonde.

    Martigues. Rendez-vous à 10h30 place Jean-Jaurès.

    Arles. Rendez-vous au kiosque à musique à 10h.

    Salon-de-Provence. Rendez-vous à 10h30 devant la mairie.

    Toulon. Rendez-vous à 9h30 place d’Armes.

    Brignoles. Rendez-vous à 14h devant la sous-préfecture.

    Draguignan. Rendez-vous à 10h30 devant la sous-préfecture.

    Saint-Raphaël. Rendez-vous au rond-point Kennedy à 10h30.

    Avignon. Rendez-vous à 10h30 sur le cours Jean-Jaurès.

    Digne-les-Bains. Rendez-vous à 11h place du Général-de-Gaulle.

    Manosque. Rendez-vous à 14h rue Rossini devant le cinéma.

    Gap. Rendez-vous à 10h devant le lycée Aristide-Briand.