Tag: transports en commun

  • Les nouveaux tarifs de la Métropole Aix-Marseille enterrent la gratuité pour la RTM

    Les nouveaux tarifs de la Métropole Aix-Marseille enterrent la gratuité pour la RTM

    Trois semaines après les premières annonces, c’est depuis la tour La Marseillaise que la Métropole Aix-Marseille a présenté à la presse ce mardi après-midi la nouvelle grille des tarifs de la RTM. Une grille qui vient enterrer définitivement les gratuités dans les transports en commun étendues le 1er septembre 2025, et qui s’appliquera à compter du 1er novembre prochain si elle est approuvée en conseil métropolitain ce jeudi.

    « Demain, si chacun contribuera au financement des transports, chacun le fera aussi en fonction de sa situation », résume ainsi le président (LR) de la Métropole Nicolas Isnard, en défendant une évolution « courageuse ». « Quelque chose de rouillé, il fallait le dérouiller, il fallait en avoir le courage politique », insiste aussi la présidente (DVG) de la RTM, Samia Ghali.

    2 euros le ticket

    À Marseille, Allauch, Plan-de-Cuques et Septèmes, le ticket prend 20 centimes et passe à 2 euros, comme le révélait La Marseillaise ce mardi. Pour ceux qui l’achètent auprès des conducteurs de bus, il coûtera désormais 2,50 euros. à Aix, Aubagne, à l’est de l’étang de Berre, Vitrolles et Marignane, il s’élèvera à 1,40 euro. Pour les zones les moins desservies, il passe à 1,20 euro. De la même manière, les abonnements augmentent de 14%,pour s’établir à 56,50 euros le pass mensuel à Marseille. Les prix restent inchangés pour les lignes interurbaines.

    Mais c’est la nouvelle tarification sociale que mettent davantage en avant les élus. Les enfants de moins de 11 ans pourront encore accéder sans payer au réseau de transports en commun. Les jeunes de moins de 26 ans, qu’ils soient boursiers ou bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire, ainsi que les plus de 65 ans non imposables pourront bénéficier d’un nouveau pass au tarif symbolique de 20 euros par an. Un tarif qui profitera aussi aux bénéficiaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH). « C’était une vraie demande de leur part, et c’est une première », souligne Samia Ghali, rappelant le retard pris dans l’accessibilité. Tandis que le Printemps marseillais promettait la gratuité des transports pour les moins de 26 ans, les étudiants non boursiers ne profiteront pour l’instant que d’une baisse de 20 euros par an sur leur abonnement, avec un pass à 200 euros sur la zone marseillaise. Les lycéens en revanche sont exclus de ce dispositif. Quant aux plus de 65 ans imposables, ils bénéficieront pour leur part d’une réduction de moitié sur leur abonnement. Enfin, une tarification solidaire est mise en place pour les plus précaires, de -80% pour ceux dont le quotient familial est inférieur à 500 euros par mois, de -50% en dessous d’un quotient de 650 euros, et de -20% pour un quotient inférieur à 810 euros par mois. Dans l’immédiat, ces gratuités bénéficieront à 100 000 usagers environ, estime la Métropole, pour deux tiers aux jeunes du territoire. « L’histoire nous donne raison, le pouvoir d’achat des jeunes, c’est le pouvoir d’achat des familles », souligne Samia Ghali, évoquant le mouvement lycéen. Le bouclier tarifaire mis en avant concerne donc environ 20% des usagers seulement, tandis que la nouvelle grille doit rapporter 21,6 millions d’euros par an à la RTM à partir de 2028. « Nous essayons d’améliorer le réseau, justifie le vice-président (DVG) aux transports, Frédéric Vigouroux. Mais ce ne sont pas les recettes de la tarification qui vont le permettre, nous avons besoin d’augmenter le versement mobilité. » Lequel n’est pas inscrit dans le projet de loi de finances.

  • À la pompe, entre déception et colère

    À la pompe, entre déception et colère

    Dans cette station Total du boulevard Sakakini (5e), en ce matin du 8 octobre, les voitures défilent… Comme le compteur du prix du plein à la pompe. L’annonce, la veille, du Premier ministre de puiser 10 millions de barils dans les stocks stratégiques pour baisser le coût du litre de gazole de 12 à 18 centimes, ne convainc pas vraiment.

    « On va voir déjà s’ils le font », lance Assiata. Habitante du 15e arrondissement, elle a absolument besoin de sa voiture pour « déposer les enfants » et se rendre à son travail à l’hôpital de la Timone, à quelques encablures. En transports en commun, elle perdrait trop de temps affirme-t-elle. À 2,25 euros le litre dans cette station « où on vient aussi parce que c’est le moins cher », le plein de sa petite citadine lui revient tout de même à 75 euros. « Je n’attends pas que le réservoir soit vide, pour payer moins d’un coup », précise la jeune femme. Avec son petit salaire elle doit « tout calculer » raconte-t-elle et essaie de se cantonner à un plein par mois, quand elle le peut.

    Plutôt augmenter

    les salaires

    À la pompe d’à côté, David ne cache pas sa colère. « Mais 12 centimes, ça ne sert à rien et il faudrait que cela concerne tous les carburants », estime-t-il. « C’est un truc de fou, c’est pas normal. Alors qu’on sait très bien, qu’ils prennent 1 euro voire plus de 1,20 euro de taxes », s’indigne ce salarié, au volant d’un camion frigorifique. Pour sa voiture personnelle, il a fait le choix du diesel, parce qu’à l’époque « ça coûtait moins cher et maintenant c’est l’essence qui vaut plus le coup ». Désormais un plein pour lui, « c’est 180 euros », assure-t-il. Et il n’a pas les moyens d’en acheter une autre. Selon lui, il faudrait plutôt augmenter les salaires, « de 1 000 euros au moins pour qu’on vive un peu ».

    Agent de sécurité, Ameziane roule à l’éthanol avec la voiture du travail, « quand il y en a, sinon c’est du sans-plomb » mais son véhicule personnel, « c’est du diesel », indique-t-il. Alors il a pris « une carte chez Total », pour réduire la facture. Pour s’en sortir, il évite également « les déplacements inutiles », prend le métro, rogne sur les loisirs des enfants même s’il essaie de leur proposer une à deux sorties par mois au moins. « Ce n’est plus comme avant, on a du mal simplement à vivre », témoigne-t-il. Alors, il fait de moins en moins le plein. « Dans la voiture, je mets 40 euros, ça fait même pas une moitié de réservoir », confie-t-il.

    Devant lui, Sabri, artisan marseillais, assure lui avoir perdu au bas mot 30% de chiffre d’affaires. « Qu’est-ce que vous voulez, on n’a pas le choix, il faut bien qu’on travaille » explique-t-il, mi-résigné, mi-agacé. Avant de s’en prendre au gouvernement dont « il ne faut pas attendre de miracles ».

    Il s’inquiète : « L’avenir ne s’annonce pas beau. » Et finit par faire le lien avec la répression du mouvement lycéen. « Ils sont dégoûtants ! L’argent, il faut le mettre pour l’éducation, pour l’avenir, pour les enfants », assène-t-il. Et de rappeler : « Quand c’était les Gilets jaunes qui ont mis le pays à feu et à sang, qu’il y avait le Rassemblement national, hein, personne a rien dit. »

  • [Gratuité des transports] Le sénateur Jérémy Bacchi salue une victoire

    [Gratuité des transports] Le sénateur Jérémy Bacchi salue une victoire

    Au lendemain de l’annonce d’un moratoire sur l’abandon de la gratuité dans les transports en commun du pays d’Aubagne, révélé dans nos colonnes, le sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône, Jérémy Bacchi, salue « une très bonne nouvelle » pour les habitants concernés. « Cette première victoire est celle d’un territoire rassemblé pour défendre un acquis social auquel il est profondément attaché », appuie-t-il en remerciant ceux qui se sont mobilisés depuis l’annonce par le président (L)R de la Métropole Aix-Marseille Nicolas Isnard, le 24 septembre dernier, de toute forme de gratuité dans les transports du territoire. « Nous avions demandé la suspension de cette mesure annoncée dans la précipitation, c’est désormais chose faite », apprécie le parlementaire qui, dans une tribune publiée le 30 septembre dernier dans nos pages, estimait qu’il était « urgent de suspendre ce projet et d’ouvrir une véritable concertation avec les maires, les usagers et l’ensemble des acteurs concernés ».

    « Dans un contexte de hausse du prix des carburants et de difficultés persistantes pour le pouvoir d’achat, la gratuité des transports est plus que jamais essentielle au quotidien de milliers d’habitants », rappelle-t-il désormais. En appelant à poursuivre la mobilisation et à rester « unis et vigilants pour que cette suspension ouvre la voie au maintien durable de la gratuité dans le Pays d’Aubagne et de l’Étoile ».

    C’est que sur le territoire, des voix continuent de se lever pour défendre cet acquis vieux de dix-sept ans. L’élue (DVG) d’opposition à Roquevaire, Hélène Spinelli, a ainsi publié, ce mardi, le courrier envoyé le 1er octobre dernier par son groupe au maire de la commune, lui demandant de clarifier sa position et de présenter les actions engagées « pour garantir cette gratuité face aux évolutions institutionnelles ».

    L’eurodéputée LFI Marina Mesure a de son côté pris la parole au Parlement européen, ce lundi, pour dénoncer le « choix cynique » de la Métropole. Elle a réclamé que les fonds européens dédiés à la transition écologique versés à l’intercommunalité soient « strictement conditionnés au maintien de la gratuité des transports en commun dans le pays d’Aubagne ».

  • Le maire de Cuges cherche une alternative à la gratuité des transports

    Le maire de Cuges cherche une alternative à la gratuité des transports

    Rares sont les maires du Pays d’Aubagne et de l’Étoile à s’exprimer contre la fin de la gratuité des transports que Nicolas Isnard, le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille Provence, soumet au conseil métropolitain le 15 octobre, lors du vote du budget. Jean-Pierre Squillari (DVG) à Aubagne et Frédéric Szabo (DVD) à la Penne-sur-Huveaune ont affirmé leur ferme opposition à sa suppression. Michel Lan, le maire (DVC) de La Destrousse a lui aussi émis des réserves.

    Jeudi, Bernard Destrot est sorti du bois sur Facebook dans une position d’équilibriste qui se voulait claire mais reste floue. Si le maire (DVD) de Cuges assure qu’il prendra « le vote qu’il faut pour défendre son maintien », entre les lignes, il défend surtout le « principe » de gratuité, « un véritable soutien au pouvoir d’achat » et une politique qui encourage l’usage des transports collectifs, mais moins la mesure de gratuité totale.

    Conscient des difficultés budgétaires auxquelles sont confrontées les collectivités et la Métropole, l’élu estime surtout que d’autres solutions doivent être recherchées avant de faire contribuer les usagers. « Nous devons travailler sur les coûts du réseau », affirme-t-il.

    Adaptations de l’offre

    Partisan d’une « solution alternative », il plaide ainsi pour une analyse approfondie des fréquences, des horaires, du taux de remplissage des lignes et des coûts d’exploitation. Selon lui certaines lignes desservant sa commune « circulent une grande partie de la journée avec une fréquentation particulièrement faible ». Des adaptations de l’offre seraient donc possibles « sans remettre en cause l’essentiel du service rendu ».

    Pour préciser sa position, son cabinet nous livre « la trame d’un courrier adressé à Nicolas Isnard ». Face à une décision « aujourd’hui très mal perçue par une partie importante de la population », il y demande l’examen d’autres scénarios. Le maire évoque un « maintien de la gratuité pour certaines catégories de population », un « dispositif spécifique pour les habitants des communes éloignées des services » ou une « tarification adaptée aux trajets scolaires ».

    Persuadé qu’une solution intermédiaire existe, Bernard Destrot sollicite un échange avec le président et les services métropolitains pour qu’« une étude spécifique puisse être menée pour Cuges-les-pins avant toute décision définitive ». La gratuité pour les siens mais pas pour tous.

  • Incidents en marge des blocages : les transports publics paralysés

    Incidents en marge des blocages : les transports publics paralysés

    Dans le sillage de la colère lycéenne, les violences urbaines ont débordé ce jeudi et entraîné en milieu de matinée l’arrêt des transports en commun de la ville de Marseille. L’exploitation du tram à Aubagne et du réseau d’Aix a aussi été stoppée. « En raison des perturbations liées au mouvement lycéen, le réseau est interrompu », alertait la RTM dans un message aux usagers. Il l’est resté toute la journée.

    Plusieurs bus ont été pris à partie aux abords de lycées du nord et de l’est de Marseille. Des conducteurs ont dû quitter précipitamment leur véhicule et l’un d’entre eux a été agressé, expliquait la direction de la régie dans un communiqué, déplorant « ces comportements irresponsables » et appelant « au respect de ses conducteurs et de ses équipements ». Affirmant « son plein soutien à ses personnels », la RTM indique également que la desserte de certains lycées sera temporairement adaptée. Une plainte va être déposée.

    C’est peu après 10h que les conducteurs de bus ont exercé leur droit de retrait et rejoint les dépôts, suivis par ceux du métro et du tram. « De toute manière, il n’y avait plus de service de sécurité puisque les agents du GAP et les vérificateurs étaient rentrés », explique Nicolas Ruiz (FO). « Les élus ont demandé le retour des quatre secteurs, par mesure de sécurité », indiquait de son côté la CGT-RTM, pour qui « la sécurité des agents n’est pas négociable. Nous resterons mobilisés et vigilants pour que les mesures nécessaires soient prises ».

    Ces derniers jours, des tracts avaient été diffusés sur les mobiles appelant au blocage des lignes 70, 25 et 27. Mais ce sont deux autres lignes qui ont été prises à partie. Sur la ligne 38, un chauffeur a été blessé au visage et trois véhicules ont été caillassés. L’un d’eux a fini incendié par des jets de mortiers. Des images qui ont fait le tour des réseaux. « Au lycée Floride, un jeune a pris le volant du 38 et est rentré dans un mur en marche arrière », détaille Nicolas Ruiz, précisant qu’un quatrième bus a été visé sur la ligne 15.

    Le trafic doit reprendre ce vendredi, mais au moindre incident, il sera interrompu, préviennent les syndicats.

  • Colère des lycéens : pas de reprise du service à la RTM ce soir

    Colère des lycéens : pas de reprise du service à la RTM ce soir

    Les bus, tramways et métro marseillais resteront fermés ce jeudi soir jusqu’à la fin du service, indique la RTM par communiqué de presse en cette fin d’après-midi. Une décision prise «compte tenu de la gravité des évènements intervenus ce jour ayant affectés le réseau RTM avec des personnels blessés», explique la régie qui «regrette d’être contrainte à cette décision justifiée par le caractère inacceptable et inédit des évènements l’ayant touchée».

    Le service avait été interrompu en fin de matinée après que plusieurs bus ont été pris pour cible en marge des mobilisations des lycéens ce jeudi matin et des agents pris à parti, les organisations syndicales ayant appelé ceux-ci à exercer leur droit de retrait.

    La présidente (DVG) de la RTM Samia Ghali a apporté son soutien aux agents «et tout particulièrement au conducteur agressé». «La jeunesse doit pouvoir s’exprimer, manifester et interpeller. Elle doit pouvoir le faire avec force, mais dans le respect des personnes et des biens publics qui appartiennent à tous», écrit-elle, appelant «au calme et au respect» mais aussi «à entendre ce que notre jeunesse a à dire».

  • Mobilisations lycéennes : le réseau RTM paralysé à Marseille

    Mobilisations lycéennes : le réseau RTM paralysé à Marseille

    Dans un contexte de mobilisations lycéennes, tout le réseau de bus de la RTM est paralysé ce jeudi matin. Plusieurs bus ont été incendiés, dont un devant le lycée Floride, dans le 14e arrondissement.

    Les élus CGT de la RTM ont demandé le retour des quatre secteurs par mesure de sécurité. «La priorité doit rester la protection des agents et des usagers, annonce le syndicat. Aucun agent ne doit être exposé inutilement à des situations dangereuses.»

    FO dénombre de son côté deux agressions sur des agents de la RTM, et annonce que ceux du dépôt Saint-Pierre devraient à leur tour exercer leur droit le retrait, le syndicat demandant aux agents de rentrer et d’arrêter le travail. «La situation devient trop tendue», alerte l’organisation, qui a appelé au droit de retrait sur les deux lignes de métro.

    Dépôts de plainte

    Dans un communiqué, ce jeudi matin, la RTM «appelle au calme et au respect du service public». Plusieurs bus ont été pris à partie aux abords de lycées dans l’est et le nord de la ville et des conducteurs ont dû quitter précipitamment leur véhicule indique la régie, qui confirme l’agression d’un chauffeur. «La RTM apporte son plein soutien à ses personnels et déposera plainte à la suite des agressions et dégradations constatées», annonce-t-elle en dénonçant des «comportements irresponsables».

  • Pluies, inondations : alerte rouge dans le Gard et l’Hérault

    Pluies, inondations : alerte rouge dans le Gard et l’Hérault

    Les messages d’alerte de la Préfecture sur les smartphones ont réveillé plus d’un habitant du Gard et de l’Hérault, ce mercredi 30 septembre. Depuis 8h et jusqu’à nouvel ordre, les deux départements sont placés en alerte rouge « pluies inondations », compte tenu des prévisions de Météo France.

    Dans le Gard mais aussi le nord, l’est héraultais et les plaines littorales, des orages stationnaires vont provoquer des cumuls de 50 à 300 millimètres d’eau (jusqu’à 100 mm en 1 ou 2h).

    Des débords de cours d’eau sont à craindre également. Depuis la veille, le secteur amont du fleuve Hérault était en alerte orange (jaune pour le secteur aval ainsi que le Lez et l’Orb amont) pour les risques de crues. Dans le Gard, le Gardon d’Alès et d’Anduze, ainsi que la Cèze amont ont été placés en vigilance orange. Les autres cours d’eau sont en vigilance jaune.

    Face à cet épisode méditerranéen de grande ampleur, les préfets de l’Hérault et du Gard invitent à la plus grande vigilance. Il est fortement conseillé d’annuler ou à défaut de limiter ses déplacements. En aucun cas de descendre dans les sous-sols ou parkings souterrains. Il est recommandé de s’éloigner des cours d’eau, des ponts, des berges de ne pas utiliser sa voiture, ni s’engager sur des passages à gué en véhicule ni à pied. Il est conseillé de rester chez soi et de privilégier le télétravail quand cela est possible.

    Dans le Gard, les établissements scolaires sont fermés toute la journée ce mercredi 30 septembre. C’est aussi le cas de certains établissements de l’est héraultais, autour de Montpellier. Les transports scolaires sont annulés dans le Gard et l’Hérault. A Montpellier, le réseau de tramway a été interrompu en milieu de matinée (les bus circulent encore). Tous les parcs et jardins ont été fermés à Montpellier, de même que les points bas (Verdanson, quai du Pirée…). De même à Nîmes où tous les équipements publics de la Ville et de la Métropole sont fermés.

    La situation ferroviaire est aussi fortement perturbée. La ligne TER entre Nîmes et Alès a été suspendue. La SNCF a fait savoir qu’à compter de la mi-journée, les TER entre Marseille et Montpellier ou Avignon ainsi que vers Avignon, Sète, Nîmes et le-Grau-du-Roi seront arrêtés. Les Intercités ne circuleront pas davantage entre Marseille et Bordeaux.

  • [Entretien] Jean Pugens : « Nous affirmons que la fin de la gratuité ne réglera rien »

    [Entretien] Jean Pugens : « Nous affirmons que la fin de la gratuité ne réglera rien »

    La Marseillaise : Vous dites que supprimer la gratuité des transports ne résoudra pas les difficultés financières de la Métropole. Pourquoi ?

    Jean Pugens : Le budget de la Métropole, c’est 5 milliards et le trou annoncé sur le budget 2026 qui n’est pas voté, c’est 144 millions, aujourd’hui réduit à 53. La gratuité sur le pays d’Aubagne et de l’Étoile, c’est 2 millions, et pour les plus de 65 ans et les moins de 11 ans sur l’ensemble de la Métropole, c’est 10 millions estimés… Ces 12 millions ne résoudront donc pas la problématique. Surtout que ça n’interviendra que sur le budget 2027.

    Vous faites le lien entre gratuité et transition écologique. Comment en évaluez-vous l’impact ?

    J.P. : Sur la fréquentation. À Aubagne, elle a été multipliée par trois avec la mise en place de la gratuité en 2009. Après, il n’y a pas de réelles études, mais on sent une montée en puissance, surtout aujourd’hui, avec le prix de l’énergie et du carburant : les gens veulent prendre les transports en commun.

    Pourquoi être opposé à la tarification sociale qui est proposée ?

    J.P. : La tarification sociale permet de préserver les plus démunis, c’est certain, mais pour mettre en place le tarif social, il faut des moyens de contrôle. On y est opposé parce que ça n’a pas été estimé par la Métropole, ça va coûter cher et on n’y gagnera rien. Après, sur un autre aspect, ça stigmatise les plus démunis qui doivent se justifier d’être pauvres. Beaucoup ne vont pas demander cette tarification, ils ne savent parfois même pas qu’ils y ont droit, donc derrière, il y a un non-recours aux droits. L’accès libre règle bien mieux les choses.

    Pourquoi demandez-vous un bilan du plan mobilité métropolitain ?

    J.P. : Le plan mobilité a été voté en 2021 avec des objectifs, notamment réduire la part de la voiture et les rejets de CO2, améliorer la fréquentation des transports en commun… Supprimer la gratuité, c’est remettre des barrières et bloquer à nouveau leur accès. On demande cet audit car comme la chambre régionale des comptes l’a signalé, il n’y a aucun indicateur dans le plan. On est sur des orientations qui étaient bonnes il y a six ans, mais aujourd’hui, on ne sait pas où on en est, ni ce qu’on peut mettre en œuvre pour y arriver. On a besoin de le mesurer pour repositionner la politique de la Métropole sur les transports.

    Quelles mesures portez-vous pour répondre à la question financière ?

    J.P. : Aujourd’hui, la question financière, on la renvoie aux politiques qui ont à décider. Nous, nous affirmons que la fin de la gratuité ne réglera rien. Deux options ont été posées par le préfet sur les dotations financières d’équilibre et de solidarité. Les communes doivent se mettre d’accord. Après, un autre sujet commence à se poser, celui du millefeuille métropolitain et départemental, il y a peut-être là des économies à faire. On demande aussi l’utilisation des fonds verts européens et nationaux qui n’ont pas été mobilisés par la Métropole pour décarboner les transports. On demande aussi le retour de l’argent des dividendes des tunnels et parkings métropolitains qui tombent dans les poches des actionnaires de Vinci. On peut trouver de l’argent pour développer des politiques qui vont dans le sens de l’amélioration du climat.

    Le versement mobilité est une autre option sur la table ?

    J.P. : Nous portons ce sujet depuis plus de dix ans. Aujourd’hui, le président de la Métropole a signé une tribune avec l’association France urbaine en ce sens. Si le versement mobilité montait au même niveau que Paris, c’est 1% de plus, on gagnerait 220 millions. Or, la gratuité totale estimée sur la Métropole, c’est 202 millions. Par contre, on ne partage pas du tout le point de vue de Nicolas Isnard qui dit que c’est le budget de transport qui créé un déficit. Il y a d’autres choses qui créent du déficit. C’est pour ça aussi qu’on réclame cet audit du plan.

    L’équité de traitement des usagers du territoire est souvent avancée contre la gratuité ?

    J.P. : L’équité, selon M. Isnard, c’est que tout le monde paye, et paye plus cher puisqu’il parle d’augmenter la part du ticket. En 2025, avec la gratuité pour les plus de 65 ans et les moins de 11 ans, l’équité a progressé, et on demande à l’étendre à tous les retraités. La gratuité totale est finançable. C’est cette équité qui amènera un véritable progrès social.

  • [Entretien] « La fin de la gratuité des transports est un contresens complet »

    [Entretien] « La fin de la gratuité des transports est un contresens complet »

    La Marseillaise : Comment avez-vous vécu l’annonce de Nicolas Isnard, président de la Métropole (LR), qui dit vouloir supprimer la gratuité des transports ?

    Erwann Bouisseren : Ça a été une surprise, qui s’est transformée en colère juste après. C’est inadmissible. C’est une décision complètement descendante de la part de Nicolas Isnard, le président (LR) de la métropole. Sur le coup, nous avons été abasourdis, surtout venant de quelqu’un qui disait vouloir une « Métropole des maires » [formule utilisée lors de son discours d’investiture le 7 avril dernier, ndlr]. Le conseil métropolitain doit encore voter le 15 octobre, mais reste qu’il prend cette décision tout seul, en amont. Ce n’est pas comme ça que ça doit fonctionner.

    Et il s’agit pour vous d’un choix qui relève du « non-sens »…

    E.B. : C’est un non-sens, en vue de la crise climatique, dont on a déjà constaté les effets. On sort d’une période caniculaire, avec des pompiers morts dans les mégafeux. On traverse maintenant une crise énergétique, avec le gasoil qui atteint bientôt les 2,50 euros le litre. Les gens vont devoir réutiliser leurs véhicules personnels, et on va réencombrer les routes et engendrer plus de pollution, c’est un non-sens complet. Ça va être un coût en plus pour toutes les familles qui vont devoir prévoir un budget en plus pour que les enfants puissent aller à l’école ou participer à des sorties extrascolaires. En période de crise énergétique, c’est inacceptable. C’est un contresens complet. Sachant qu’en plus, c’est un levier pour l’emploi dans un territoire (…) qui permet aux gens de se déplacer librement et d’aller au travail et de trouver un emploi. C’est aussi un levier économique pour tous les commerces. C’est complètement absurde…

    L’objectif affiché est de résorber le déficit budgétaire, que répondez-vous ?

    E.B. : Ils ne savent pas faire autrement que de faire des économies. Ils ne savent pas aller chercher les recettes. Pourtant, elles existent : il y a des compétences qu’on doit récupérer, comme le tunnel prado-carénage, les parkings, la redevance spéciale liée au traitement des déchets. On devrait aussi porter le versement mobilité [contribution financière payée par les employeurs publics ou privés pour financer les transports en commun, ndlr] à 3,2%, comme c’est le cas à Paris, alors que les transports ne sont pas gratuits. Sachant que ça peut aussi être intéressant pour les entreprises, qui lorsque la gratuité est effective, elles n’ont pas besoin de payer 50 à 70% des transports de leurs employés. (…)

    La mairie d’Aubagne a notamment créé une pétition d’opposition. Quelles sont les prochaines étapes ?

    E.B. : Des choses se dessinent. Pour l’instant nous informons les agents de la Métropole mais aussi les citoyens en général. Nous les invitons à signer la pétition mais aussi à interpeller leurs élus. C’est important. (…) Depuis 30 ans nous n’avons plus d’acquis sociaux : on sabre, on fait des économies. Ça devient insupportable.