Tag: CFDT

  • [Mobilisation] Les salaires au centre de l’appel du 5 novembre

    [Mobilisation] Les salaires au centre de l’appel du 5 novembre

    Manger ou faire le plein ? » À l’approche du 5 novembre, la question placardée par la CGT mines-énergie de l’Hérault donne le ton. Après la grève des services publics le 29 septembre et les mobilisations lycéennes qui ont secoué le pays en octobre, les syndicats appellent à élargir la contestation. Dans le Gard comme dans l’Hérault, salariés du public et du privé, jeunes et retraités sont invités à battre ensemble le pavé pour les salaires, les services publics et les libertés.

    « Quand on travaille, on ne devrait pas avoir à choisir entre se nourrir, se loger, se chauffer ou se soigner », dénonce Sylvie Da Costa, de la CFDT du Gard. Elle réclame notamment 100 euros nets de plus pour le Smic, des négociations salariales dans toutes les branches et une revalorisation des agents publics. À l’hôpital, à l’école ou dans les collectivités, « le dévouement ne paie pas les factures », insiste-t-elle, tandis que les effectifs manquent et que les conditions de travail se dégradent.

    Même constat dans l’énergie. Selon la CGT mines-énergie de l’Hérault, le salaire national de base n’a progressé que de 7,7% en dix ans, contre 20,8% d’inflation cumulée. « Jamais la précarité n’a été aussi forte, même dans nos entreprises », s’indigne le syndicat, qui dénonce le refus des directions d’accorder un rattrapage salarial. « Des agents sautent des repas, ne peuvent plus faire leur plein, se saignent pour payer les études de leurs enfants », alerte la CGT, qui appelle à la grève.

    Pour Pascale Thoirey, de la FSU Gard, l’enjeu dépasse le seul pouvoir d’achat. « C’est juste des êtres humains qui voudraient pouvoir vivre comme des êtres humains de leur travail », résume-t-elle. Elle dénonce le gel du point d’indice et réclame une révision des grilles salariales. Dans l’Éducation nationale, elle décrit des accompagnantes d’élèves en situation de handicap (AESH) soumises à la précarité : « Certaines ont 18 ans d’ancienneté et arrivent péniblement à 1 000 euros par mois. »

    La jeunesse, moteur

    de la contestation

    La colère sociale rejoint celle des lycéens, mobilisés depuis plusieurs semaines contre le manque de moyens et la sélection dans les études supérieures. Dans l’Hérault, FO réclame « l’abrogation immédiate de Parcoursup », des recrutements massifs d’enseignants et des moyens supplémentaires pour la médecine scolaire. « Les lycéens d’aujourd’hui sont les salariés de demain », souligne l’organisation.

    Les annonces gouvernementales du 26 octobre n’ont pas convaincu. Plafonnement progressif de certaines classes de seconde à 28 élèves, annulation annoncée de 836 suppressions de postes dans le secondaire, pistes d’aménagement de Parcoursup : pour FO, le gouvernement « manœuvre et lâche des miettes ». Pascale Thoirey est plus cinglante : « Ce ne sont pas des avancées. Les promesses n’engagent que ceux qui y croient. » Elle reproche à l’exécutif de reporter une partie des mesures après 2027, alors que les besoins sont immédiats : moins d’élèves par classe, des enseignants formés et remplacés, un véritable statut pour les AESH. La bataille se joue également autour du budget 2027. L’intersyndicale héraultaise exige des hausses de salaires et de pensions, la défense de la Sécurité sociale et une politique industrielle tournée vers l’emploi et la transition écologique.

    À l’approche du rendez-vous, P. Thoirey espère voir « des gens qui n’ont pas l’habitude de venir manifester ». « Les services publics concernent tout le monde », rappelle-t-elle. « Tous les gens qui seront dans la rue le 5 le font dans l’intérêt collectif pour que les générations suivantes puissent vivre mieux que nous. » Quant à la suite, rien n’est écrit : « Le mouvement social ne se décrète pas. » Le 5 novembre devra dire si cette convergence peut prendre de l’ampleur.

    Dans le Gard : à Alès à 10h devant la sous-préfecture et à Nîmes à 14h, en bas de l’avenue Jean-Jaurès. Dans l’Hérault : à Montpellier (14h, place Albert-Ier), Béziers (10h30, Bourse du travail), Lunel (11h30, place de la République), et Sète (10h30, place de la Mairie).

  • La soif de justice sociale au cœur du 5 novembre

    La soif de justice sociale au cœur du 5 novembre

    Les colères ne sont pas près de s’éteindre sur le terrain social et les interdictions de manifester et autres couvre-feux n’y font rien. Les jeunes sont décidés à maintenir la pression sur le gouvernement et le chef de l’État, Emmanuel Macron.

    Ce dernier a fini par vaciller : Après plus d’un mois de blocus, le gouvernement a annoncé lundi 26 octobre plusieurs mesures pour tenter d’éteindre le mouvement de contestation des lycéens et des étudiants, dont le remplacement en 2028 de la plateforme d’orientation post-bac Parcoursup. Insuffisant pour l’organisation syndicale Mouvement lycéen : « Nous avons arraché un premier recul : celui des promesses. Mais le compte n’y est pas », a-t-elle réagi mardi 27 octobre dans un communiqué. C’est surtout sur le fond des annonces que l’organisation se montre la plus critique : « Macron ne tient pas sa plus grande promesse : celle de nous offrir un avenir. Nous voulons la garantie de pouvoir vivre dignement en France. Chaque jeune doit pouvoir accéder à un travail utile à la société et émancipateur, sans subir les inégalités au travail, et pouvoir décider de l’avenir de notre pays. » Interviewé mercredi 28 octobre sur la chaîne Youtube du média HugoDécrypte, le chef de l’État a appelé les lycéens à « reprendre les cours » dans « le calme » lors de la rentrée de ce lundi 2 novembre, après plus d’un mois de mobilisation qui s’est élargie à d’autres revendications sociales. Et il a eu, pour la première fois, un mot de « compassion » pour les jeunes manifestants blessés par les forces de l’ordre, alors que le niveau de répression a passé un cap .

    Les organisations de jeunesse seront aux côtés de l’intersyndicale qui organise, jeudi 5 novembre, une journée de grèves et de manifestions dans tout le pays à l’appel de la CFDT, de la CGT, de FO, de l’Unsa et de la FSU. Cinq organisations représentants l’essentiel des travailleurs du public et du privé. Pour la CGT, « le projet de budget tourne le dos à la jeunesse et à ses revendications légitimes ». Plus largement « les choix du gouvernement vont encore peser sur nos vies et nos droits : se soigner correctement, vivre dignement de son salaire ou de sa pension, compter sur des services publics accessibles sur tout le territoire… ce sont des droits essentiels à garantir, pas des économies à réaliser ». Pour les syndicats, il s’agit de proposer un contre-récit à celui distiller par la macronie, la droite et l’extrême droite notamment sur la dette publique. « La situation actuelle n’est pas due au niveau des dépenses sociales, qui sont utiles pour toutes et tous, mais des milliards d’euros de recettes dont on se prive en faisant des cadeaux aux ultra-riches et aux grandes entreprises, sans aucune utilité sociale », réplique la CGT. Et de mettre l’accent sur la répartition des richesses. « D’un côté, les aides publiques aux entreprises ont fortement progressé et atteignent plus de 200 milliards d’euros par an. De l’autre, les sommes versées aux actionnaires battent des records, avec plus de 60 milliards d’euros ces 6 premiers mois pour le CAC 40. La question est de savoir à quoi il sert car seul notre travail crée les richesses, elles doivent profiter à toutes et tous pour vivre » argumente la centrale de Montreuil. Pour la CFDT « l’austérité à long terme n’est plus tenable, notamment pour les revenus les plus bas, il est temps de remettre la justice sociale au cœur des choix économiques ». Dans l’Hérault et le Gard, plusieurs manifestations sont prévues notamment à Montpellier, Sète, Béziers, Nîmes et Alès.

    Les manifs du 31 octobre et du 5 novembre

    Samedi 31 octobre

    Hérault : Montpellier, sit-in 14h devant la mairie. Béziers, 10h30 manif départ place David-d’Angers, sit-in devant la mairie. Gard : Nîmes, sit-in 14h devant la mairie, manif 14h Jardins de la Fontaine.

    Jeudi 5 novembre

    Gard : Alès 10h devant la sous-préfecture, Nîmes 14h, bas de l’avenue Jean-Jaurès. Hérault : Montpellier, 14h, place Albert-Ier, Béziers, 10h30, Bourse du travail, Lunel, 11h30, place de la République, Sète, 10h30, place de la mairie.

  • Ce collectif aubagnais refuse l’austérité imposée à l’hôpital public

    Ce collectif aubagnais refuse l’austérité imposée à l’hôpital public

    Le collectif de défense de l’hôpital Edmond-Garcin, qui rassemble du personnel hospitalier, des retraités du secteur de la santé et des citoyens aubagnais mobilisés pour la préservation des services publics, a organisé, lundi soir, une réunion d’information. Deux sujets ont été évoqués : le plan d’efficience qui touche Edmond-Garcin et le projet du nouvel hôpital. L’objectif était d’échanger sur les actions à mener afin de donner de la visibilité à leur combat, appeler à la mobilisation et ainsi provoquer des changements concrets pour l’hôpital public d’Aubagne.

    Le contrat d’efficience signé entre l’Agence régionale de santé (ARS) et la direction de l’hôpital contraint l’établissement de santé à proposer les meilleurs soins possibles tout en minimisant les ressources économiques engagées. Cristel Migliaccio, infirmière anesthésiste et secrétaire générale de la CFDT à l’hôpital, déplore « qu’on privilégie la “productivité médicale” au détriment du bien-être des patients. Le contrat prévoit par exemple le non-remplacement automatique en cas d’absence, c’est-à-dire qu’on préfère attendre le plus possible avant de remplacer un collègue absent. Par exemple, l’ORL, parti à la retraite, ne sera pas remplacé et le poste de l’infirmière addictologue a été supprimé. Le “mode dégradé” est devenu la norme ». Ce mode dégradé force l’établissement à fonctionner en sous-effectif, ce qui inquiète les usagers de l’hôpital, qui dessert un bassin d’environ 300 000 habitants, rappellent les membres du collectif.

    Au travers des critiques du contrat d’efficience et de ses suppressions de postes, le collectif dénonce la démolition de la santé publique. « Quand on met plus d’infirmières dans les différents services, les gens meurent moins, cela a été démontré. On a besoin de personnel pour du soin de qualité. On est en train de priver l’hôpital des ressources dont il a besoin. Il faut agir pour défendre le service public hospitalier et son personnel », se lamente David Almosnino, médecin anesthésiste-réanimateur à Aubagne.

    Le nouvel établissement toujours d’actualité

    Pour lutter contre le manque de capacité d’accueil et de soin d’Edmond-Garcin et renforcer sa présence sur le terrain, le collectif de défense de l’hôpital envisage de partager une pétition et d’écrire une lettre ouverte aux élus locaux. Le projet du nouvel hôpital apparaît aussi comme une solution au vu de l’état présent du centre hospitalier d’Aubagne. « La nécessité l’impose, on ne peut plus rester dans l’hôpital actuel. Il a plu dans les locaux la semaine dernière », s’alarme Cristel Migliaccio.

    Le collectif exprime par ailleurs sa volonté de s’inscrire dans un mouvement plus large. « Il existe une cohorte nationale qui regroupe différentes associations et collectifs comme le nôtre et qui se réunit prochainement à Remiremont, dans les Vosges. Il s’agit d’être mieux organisé. Cette coordination au plan national permettrait d’avoir un impact plus profond », explique Yves Perrin-Toinin, médecin retraité et ancien conseiller municipal (PCF) à Aubagne.

  • La situation dans le Var, les Alpes et en Vaucluse

    La situation dans le Var, les Alpes et en Vaucluse

    Var : À Toulon pas d’accord entre préfecture et Solidaires, la manifestation est interdite

    « À la suite de l’interdiction par arrêté préfectoral des manifestations, cortèges, défilés et rassemblements dans le centre-ville de Toulon, une demande de manifestation a été déposée à la préfecture du Var par l’union syndicale Solidaires. Bien que cette demande soit parvenue hors délai, la préfecture a accepté d’engager une discussion pour un défilé en dehors du centre-ville, en proposant notamment deux parcours », écrit la préfecture du Var. « En dépit de nombreux échanges, aucun accord n’a pu être trouvé. La préfecture rappelle donc que toute manifestation reste interdite ce samedi 24 octobre à Toulon, soit en raison de l’interdiction en vigueur pour le centre-ville, soit en raison de l’absence de manifestation déclarée hors du centre-ville », poursuit le communiqué. Le syndicat a néanmoins déposé un référé-liberté qui sera examiné ce samedi matin dans l’espoir de faire annuler la décision du préfet par le tribunal administratif et de pouvoir manifester au départ de la place de la gare à 14h.

    Vaucluse : Les syndicats maintiennent leur manifestation à Avignon

    En Vaucluse, les syndicats maintiennent un appel pour un rassemblement à 10 heures devant la préfecture de Vaucluse. Une interdiction de manifester en centre-ville et le long des remparts d’Avignon, ce qui comprend au moins une partie de la zone en face de la préfecture, a pourtant été décidée par le préfet, Thierry Suquet. Mais la CGT Vaucluse a déposé un recours en référé-liberté devant le tribunal administratif de Nîmes, estimant que la « liberté de manifester est un droit démocratique essentiel que nous entendons défendre ». FO Enseignement a déposé une déclaration de rassemblement. Dans un communiqué, la préfecture assure cependant qu’« aucune manifestation n’a été déclarée en préfecture dans le délai prévu par la loi, de 3 jours francs avant la date de l’événement » et semble ne pas accepter la demande de rassemblement. « On n’a pas reçu de confirmation d’interdiction donc on sera là », insiste Tanguy Langlet, secrétaire départemental FO Enseignement.

    Alpes-de-Haute Provence : Opération péage gratuit à Manosque, manif interdite à Barcelonnette

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, des manifestations sont prévues à Manosque, Digne-les-Bains, Sisteron et Barcelonnette. À Manosque, le rendez-vous est fixé, comme la semaine dernière, sur le rond-point de l’A51, à 10h. Les manifestants devraient à nouveau mettre en place une opération péage gratuit. À Digne, le rendez-vous est fixé à 10h rond-point du 11 novembre. À Sisteron, un appel à la mobilisation est lancé à 9h30, place de la République. À Barcelonnette, un rassemblement est prévu à 14h place du marché Aimé Gassier mais la préfète l’a interdit : « À ce stade, une seule manifestation a été déclarée sur la commune de Barcelonnette pour laquelle l’organisateur n’est pas en mesure d’assurer un service d’ordre suffisant. En conséquence, la préfète a été amenée à prendre un arrêté d’interdiction de manifester », précise la préfecture.

    Hautes-Alpes : Un référé liberté pour défendre le droit de Manifester à Gap

    Plusieurs points de rassemblements sont prévus dans les Hautes-Alpes. À Gap, un rendez-vous est annoncé à 9h à la place Desmichels. Le lieu se situe hors de la zone de l’hypercentre, visée par une interdiction de manifester suite à un arrêté préfectoral. Les syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires et la CFDT) ont conjointement soutenu un référé liberté déposé par le syndicat des avocats de France. Une audience a eu lieu vendredi après-midi au tribunal administratif de Marseille, mais la décision n’a pas été communiquée en fin de journée, vendredi. Comme la semaine dernière, un autre rendez-vous est fixé au péage de La Saulce à 10h. Un point de covoiturage sera mis en place dès 9h30 depuis la place Desmichels à Gap. À Briançon, les manifestations ont aussi été interdites mais un rassemblement est aussi prévu à 14h au rond-point de Chamandrin.

    ET AUSSI

    Des équipements municipaux fermés à Marseille

    La Ville a décidé la fermeture totale des mairies de secteur des 1-7 et 2-3, du parc Longchamp, du théâtre de l’Odéon, de l’Opéra, du musée d’histoire de Marseille, de Cantini, des Beaux-Arts, d’histoire naturelle, de la Vieille Charité, du museum des déportations, des bibliothèques de l’Alcazar, du Panier, du Merlan, de la Maison des associations, du jardin du Pharo. Le marché aux fleurs du port, des Réformés, des Capucins, du Prado, de la Plaine sont annulés.

    Polémique sur la police municipale marseillaise

    Suite aux déclarations de Rudy Manna, représentant de l’Unsa Police, assurant que les policiers municipaux de Marseille étaient confinés le 17 octobre, alors que les forces de l’ordre étaient dépassées, les syndicats CFDT, CGT et FO des territoriaux dénoncent plus que fermement ces propos, défendant des agents engagés sur le terrain et qui ont même été blessés. La Ville a de son côté annoncé porter plainte déposer une plainte pour diffamation.

    La droite locale veut « des éclaircissements » sur les transports

    Le collectif de droite, Une Génération pour Marseille, a écrit au préfet de région, Jacques Witkowski, ce vendredi pour une « demande d’éclaircissements » quant à l’interdiction, puis l’autorisation de la circulation des transports en commun. « Nous souhaitons comprendre ce revirement », questionnent-ils. « Nous nous interrogeons également sur le “consensus” qui aurait fait défaut. À notre connaissance, ni la RTM, ni la Métropole Aix-Marseille-Provence, ni le Département, ni la Région, ni les commerçants ne se sont opposés à votre décision », développent-ils.

    Et l’association des usagers réagit

    L’Association des Usagers des Transports des Bouches-du-Rhône (AUT13) se félicite du revirement préfectoral sur l’interdiction des transports en commun à Marseille.

    Dans un communiqué, elle précise : « Nous avons appris ce matin que les autorités préfectorales revenaient finalement sur cette décision de limitation ». Avant de s’en féliciter : « Les nombreuses réactions à cette mesure pénalisante et la mobilisation citoyenne ont payé et c’est tant mieux ! ».

  • [Exclusif] L’intersyndicale des Bouches-du-Rhône appelle à « amplifier la mobilisation »

    [Exclusif] L’intersyndicale des Bouches-du-Rhône appelle à « amplifier la mobilisation »

    L’intersyndicale des Bouches-du-Rhône monte au créneau après l’interdiction de manifester prise par la Préfecture pour ce samedi 24 octobre. «Alors que le préfet des Bouches-du-Rhône annonçait jeudi une restriction sans précédent des libertés individuelles, l’intersyndicale des Bouches-du-Rhône s’est immédiatement mobilisée pour faire annuler l’arrêté prévu », expliquent la CGT, FO, FSU, CFDT, Unsa et Solidaires dans une déclaration adressée à La Marseillaise ce vendredi. Un communiqué commun loin d’être anodin dans la période puisqu’il réunit presque l’ensemble des organisations syndicales représentatives du département. Elles se félicitent surtout « toutes celles et ceux qui le souhaitent pourront se retrouver dès samedi et dans les prochaines semaines pour user de ce droit ».

    Et de tonner : « Nous ne pouvons accepter que le pouvoir décide qui peut manifester et à quelles conditions. Le droit de manifester appartient à toutes et tous, il ne saurait être une faveur accordée aux organisations syndicales ».

    D’où un appel à « amplifier la mobilisation » notamment « en s’engageant massivement dans la grève interprofessionnelle et les manifestations le jeudi 5 novembre ».

  • Les syndicats face au mur de Matignon

    Les syndicats face au mur de Matignon

    L’heure est venue un « nouveau cap » dans la mobilisation a estimé la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, mercredi, après plus de deux heures de réunion infructueuse avec le locataire de Matignon. Pour sa part, Marylise Léon de la CFDT a, elle, jugé « impératif qu’il y ait des réponses sociales » d’ici le 5 novembre, date d’une journée de grèves et de manifestations interprofessionnelle à l’appel de tous les syndicats, hormis, pour l’heure, la CFE-CGC.

    « Le Premier ministre, le gouvernement ne nous a annoncé aucune mesure, aucune prise en compte de nos revendications », a déclaré Sophie Binet, à l’issue d’une réunion d’environ 2 heures et demie. Elle a estimé que « l’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation, la grève doit prendre le relais » à partir du 5 novembre à l’occasion d’une nouvelle journée annoncée début octobre par l’intersyndicale.

    La CGT dans la rue samedi

    Samedi 24 octobre, la CGT sera présente dans la rue « pour accompagner celles et ceux qui souhaitent se mobiliser, pour protéger les jeunes et les travailleurs et travailleuses qui souhaitent se mobiliser […] », a également annoncé la responsable de la confédération. Certains organisateurs de la journée de mobilisation du 17 octobre ont appelé à un « acte II » ce jour-là, déclarant notamment une manifestation à Paris.

    Pour la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon, « le rendez-vous de mobilisation, c’est le 5 novembre et d’ici là, il est impératif qu’il y ait des réponses sociales à ces attentes de l’ensemble des travailleurs et des travailleuses qui attendent depuis […] de nombreuses années, une reconnaissance ». Elle poursuit : « Quand on leur dit [au gouvernement] qu’il y a déjà une colère qui monte, il y a besoin d’apporter des réponses, c’est dès aujourd’hui qu’il faut pouvoir y répondre sur la question des salaires, sur la question des rémunérations des fonctionnaires », a-t-elle insisté, trouvant « le gouvernement pas vraiment dans le tempo ».

    Le président de la CFTC Cyril Chabanier a également jugé la réunion « très décevante » mais souligné que le gouvernement avait « ouvert la porte à ce qu’il y ait une discussion autour du Smic ». Devant le Sénat, le Premier ministre a expliqué avoir confié un « chantier » au ministre du Travail Jean-Pierre Farandou sur les questions de salaires et d’aides aux entreprises. Sur ces sujets, « il faut avancer vite », dit Sébastien Lecornu.

    « La meilleure façon pour calmer les manifestations, c’est d’avoir des premières mesures qui font tomber la colère, et ça, aujourd’hui, on ne l’a pas », a-t-il constaté. Côté Éducation nationale, la secrétaire générale du Snes-FSU (second degré), Sophie Vénétitay, a dit sortir de la réunion « avec un calendrier et une méthode », notamment la date de lundi pour une réunion « sur la base des remontées sur la plateforme » de concertation ouverte pour les lycéens. « Au bout de quatre semaines de mobilisation, c’est quand même très en dessous de ce qu’on peut attendre. Ça veut dire qu’aujourd’hui, le gouvernement n’est toujours pas en mesure d’apporter des réponses concrètes à la fois aux lycéens et au personnel », a déploré Sophie Vénétitay, estimant que « ce gouvernement a trois trains de retard ».

    Après le fiasco du maintien de l’ordre de samedi dernier où les pillages, en marge des grandes manifestations pacifiques, n’ont pas été stoppés pendant des heures, le gouvernement a choisi la réponse ultra-sécuritaire. Le très décrié ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a annoncé lors des questions au gouvernement, mardi, qu’il déploiera « évidemment » les forces Sentinelle de l’armée. Elles auront pour objectif d’être « en substitution des forces de sécurité intérieure principalement sur des missions de sécurisation statique » afin de « dégager des policiers et des gendarmes pour assurer des missions de maintien de l’ordre ». À côté de ces militaires, il y aura aussi la BRI, le GIGN, et le Raid. Les nouveaux blindés Centaure de la gendarmerie, des hélicos et les engins lanceurs d’eau pourront être mobilisés pour l’Acte II des manifestations contre la vie chère samedi prochain.

  • La RTM risque de payer pour transférer son patrimoine

    La RTM risque de payer pour transférer son patrimoine

    Dans chaque organisation syndicale, l’expression revient : « La RTM n’est pas la banque de la Métropole ! » à l’issue de conseil d’administration du 14 octobre dernier, la sidération le partage à l’indignation, pour les syndicats de la Régie des transports métropolitains (RTM). Depuis le début de l’année, celle-ci est reliée à la Métropole Aix-Marseille par un nouveau contrat d’obligation de service public, qui prévoit le transfert de l’ensemble de son patrimoine à l’intercommunalité d’ici la fin de l’année. Avec une valeur nette comptable de 150 millions d’euros, que la Métropole déjà lourdement endettée doit payer.

    Postes menacés ?

    « Lors du conseil d’administration du 14 octobre, un montage financier inquiétant a été évoqué : la RTM pourrait devoir emprunter pour permettre à la Métropole de racheter ses biens ! » alerte l’intersyndicale qui réunit la CGT, FO, la CFDT et la CFE-CGC à travers un communiqué publié ce lundi. Une proposition qui a suscité des oppositions jusqu’au plus haut niveau, assurent des participants. Alors collectivement les quatre organisations interpellent « d’urgence » la présidente (DVG) de la RTM, Samia Ghali, « afin d’empêcher cette opération et de soumettre au prochain conseil d’administration un avenant au contrat pour maintenir notre fonctionnement sans aucun changement ». L’indignation est d’autant plus forte que la RTM – qui avait reversé en juin 5,7 millions d’excédents à la Métropole par solidarité – doit continuer à porter les investissements déjà lancés, avec 213 millions d’euros d’opérations en cours, avant de les transférer à l’intercommunalité. Celle-ci prend aussi la main sur les futurs investissements, une disposition qui alerte aussi l’intersyndicale face à la crainte d’une perte de maîtrise des chantiers ainsi que des personnels qui les portaient. Un syndicaliste évoque ainsi une centaine de postes menacés entre la direction des installations fixes et la direction du matériel roulant.

    Pour les syndicats, ce transfert ravive aussi les inquiétudes d’une possible privatisation à terme. « Le transfert des biens à la RTM pourrait-il faciliter l’ouverture de notre réseau à la concurrence ? » interrogent-ils dans leur communiqué commun. « Il n’est pas question de modifier le statut de la RTM », assurait le 13 octobre Samia Ghali. « Nous sommes dans la mise en œuvre du contrat signé », répond pour sa part la Métropole qui réaffirme « qu’il n’y a aucune volonté de privatisation ». Quant aux services techniques et fonctions support, l’intercommunalité souligne la « technicité de la RTM » et assure : « Nous allons nous appuyer sur toutes les compétences pour mettre en œuvre les nombreux projets en cours ».

  • Les dockers CGT en grève donnent un sens à la lutte

    Les dockers CGT en grève donnent un sens à la lutte

    Seuls les dockers et portuaires bloquent leur outil de travail ». C’est ce qu’on fait les syndicalistes CGT des bassins ouest du Grand port maritime de Marseille, vendredi matin, de 6h à 13h. De Port-Saint-Louis-du-Rhône à Port-de-Bouc, les dockers CGT du golfe de Fos ont acté la grève, la veille, après avoir « appris avec stupéfaction » l’action de tractage la CFDT Transports des Bouches-du-Rhône, « autorisée par la préfecture » d’après le syndicat des Dockers. Une cinquantaine de militants de la CFDT se sont déplacés à ce titre sur la D268, bloquant la circulation jusqu’au relais TotalEnergies de Fos.

    Le sens de la lutte

    Une autorisation qui ne manque pas de faire réagir les dockers : « Lutter, c’est d’abord se mettre en grève dans son entreprise. Lutter contre la hausse des prix de l’essence, c’est lutter contre les guerres en Ukraine, contre le génocide perpétré par le gouvernement israélien à Gaza ». « C’est lutter contre la guerre en Iran, contre le gouvernement français complice du système capitaliste qui augmente le budget de l’armée, prépare la militarisation des ports en nous faisant rentrer en économie de guerre relayé par les politiques de droite et d’extrême droite en expliquant qu’il n’y aurait pas d’autres choix », développe le syndicat CGT, rappelant les raisons de son appel à la grève du 30 octobre et de vendredi.

    Du côté de la CFDT routiers, l’appel à la grève dénonce « la stagnation des salaires, l’intensification des rythmes de travail, pénibilité accrue, difficultés de recrutement, manque de reconnaissance et pression grandissante sur les personnels ». L’organisation appelait de ses vœux une « mobilisation unitaire et massive sur tout le territoire national ». Vendredi soir, elle revendique 2 000 mobilisés en France. Sans préciser la quantité de litres d’essence brûlés à l’arrêt, dans ce cadre.

  • L’intersyndicale à nouveau unie derrière les lycéens mardi

    L’intersyndicale à nouveau unie derrière les lycéens mardi

    Une semaine après avoir défilé aux côtés des lycéens dans de nombreuses villes françaises, les syndicats remettent ça. Forts du succès de la mobilisation du 6 octobre, qui a rassemblé plus de 500 000 manifestants à travers le pays, les cortèges vont à nouveau noircir les rues, mardi. Pas par plaisir, mais par nécessité. Pour la CGT, « le “temps démocratique” que le gouvernement a prétendu ouvrir a complètement échoué : il n’a ni permis un véritable dialogue, ni débouché sur des réponses concrètes aux attentes des jeunes ». Le syndicat exige ainsi « immédiatement des réponses à la hauteur des revendications ».

    Le premier syndicat de la fonction publique a été le précurseur du soutien aux lycéens, appelant l’ensemble de la société civile à se mobiliser. Notamment dans le Var, où « il a tout de suite été évident, après l’appel du bureau national, qu’on devait s’y mettre », appuie Olivier Gérard, secrétaire CGT Éduc’action du Var. Il voit dans ce mouvement « un moment historique qui survient tous les 20 ans, après Mai 68, le projet de loi Devaquet en 1986 et le CPE en 2005 ».

    Une dynamique « avec le renfort de la majorité des syndicats de la CGT ». Car, au sein de son organisation, l’union interprofessionnelle est une évidence « depuis les législatives de 2024 et le risque de voir le RN arriver au pouvoir. Là, c’est un peu le même schéma : une prise de conscience, de la plupart des professions, du fait que le malaise de la jeunesse est celui de toute la société, c’est-à-dire le rejet de la précarité », soutient Olivier Gérard.

    « Pas de paternalisme »

    Cette jonction est aussi intersyndicale. Car, au-delà de divergences que l’enseignant au lycée Bonaparte de Toulon estime « assez ténues, être tous ensemble est une évidence ! Il y a eu une prise de conscience de l’importance de garder l’unité après l’agression de l’enseignante à Sanary. On ne peut pas jouer le jeu de la division sur des sujets comme les conditions de travail et le respect des droits ». Des combats qui ont mené, selon lui, à « des relations amicales et consensuelles inédites ».

    Cette unité se traduit aussi dans le soutien apporté aux jeunes mobilisés, parfois en manque de relais. « J’étais étudiant à l’époque du CPE et on s’organisait à l’université, se souvient Olivier Gérard. Quand on a vu ces foules de syndicats avec des drapeaux et des camions, on a réalisé la puissance du salariat organisé, ça nous a donné confiance. Il y a cette idée de montrer que la jeunesse n’est pas seule, parce que c’est le sentiment qu’ils ont souvent, à juste titre, car la société et les politiques les abandonnent. »

    Pour autant, « pas question de verser dans le paternalisme. Ils sont très organisés, pas nécessairement structurés, et ils doivent trouver la possibilité de durer. Parce que c’est le vrai enjeu quand les promesses ne sont pas tenues. Mais on respecte à 100% leur autonomie », martèle l’enseignant, qui sera présent mardi matin, devant le lycée Bonaparte à Toulon, pour soutenir le mouvement, auquel se joindront les étudiants de l’université de Toulon, qui organisent un blocus ce lundi dès 6h30.

  • « La Marseillaise » partenaire de l’anniversaire du Front populaire

    « La Marseillaise » partenaire de l’anniversaire du Front populaire

    Pour saisir toute la portée pour la classe ouvrière du Front populaire en 1936 il faut « remonter aux grands mouvements historiques et notamment à 1789 ». Jean Vanhaute place d’emblée l’événement dans le temps long. Car pour comprendre combien les conquêtes sociales de 1936 structurent encore aujourd’hui le monde du travail – les congés payés en sont l’exemple le plus parlant – le responsable de l’Institut d’Histoire Sociale CGT du Gard, image son propos par des dates clés. Son récit de « l’histoire du Front populaire » a donné le coup d’envoi, lundi 5 octobre, de la quinzaine dédiée aux 90 ans de cette grande expérience politique et sociale organisée à la Bourse du travail d’Alès jusqu’au 16 octobre. Un événement dont La Marseillaise a la fierté d’être partenaire aux côtés de la Région Occitanie, de la CGT et de la CFDT d’Alès. Cette conférence-débat, animée par Françoise Verna, rédactrice en cheffe adjointe de La Marseillaise, a démontré que sans luttes il n’y a pas de progrès social. « Les conquêtes sociales ne sont pas tombées du ciel. Elles sont le résultat de mobilisations collectives. Aujourd’hui, on renvoie les citoyens à leur individualité. La leçon du Front populaire, c’est cette force du collectif », a souligné Jean-Luc Gibelin, vice-président communiste de la Région Occitanie, venu représenter la présidente de la Région, Carole Delga.

    Jean Vanhaute relate la prise de conscience des classes populaires, sans aucun droit sous l’Ancien Régime, puis actrices de l’abolition des privilèges pendant la Révolution en 1789. « Si des historiens disent que la Révolution française fut bourgeoise, petit à petit la classe ouvrière va naître et prendre conscience de sa condition. » Et de citer 1830, 1848 et, surtout, 1871 et la Commune. « Ce fut essentiel. Pendant quelques mois, les ouvriers ont vu concrètement qu’une autre société était possible », insiste Jean Vanhaute. En 1895 la naissance de la CGT est aussi une date clé pour le mouvement ouvrier.

    « 1936 est parti des usines »

    Fort de ces décennies d’histoire sociale, le sursaut face au nazisme et au fascisme, au pouvoir en Allemagne en 1933 et depuis 1920 en Italie, marque le début de la naissance du Front populaire, après le coup de force des Ligues d’extrême droite, le 6 février 1934. Face au péril, la CGT se réunifie et la SFIO, le PCF, puis les radicaux s’unissent aux législatives du printemps 1936. Surtout, dans les usines la « base » a poussé à ce sursaut et à l’unité. « Ce que les ouvrières et ouvriers vivaient, c’était des conditions de travail épouvantables, sans droits. Le Front populaire est parti des usines et pas des états-majors syndicaux et politiques », met en relief Jean Vanhaute. C’est la grande leçon de 1936.