Contre l’injustice sociale, des manifs en nombre

La convergence des colères va se cristalliser ce samedi 17 octobre. Montpellier, Béziers, Nîmes, Alès : les principales villes de l‘Hérault et du Gard sont concernées par les manifestations où vont se mêler syndicats, organisations lycéennes et étudiantes et citoyens dont des anciens et nouveaux Gilets jaunes. Une convergence des luttes dont le carburant est certes le pouvoir d’achat en berne mais aussi les attaques contre les services publics et l’injustice sociale, notamment fiscale après dix ans de macronisme.

Jeudi, plus de 1 000 actions étaient déjà recensées dans toute la France sur une carte collaborative pour la journée de samedi. Manifestations dans les centres-villes mais aussi rassemblements ou actions sur des ronds-points, sur des ponts, dans des stations-service, à des péages, dans des gares, des ports, des raffineries, des dépôts pétroliers : la carte collaborative publiée sur le site 17octobregiletjaune.net affichait jeudi matin 1 025 actions, dont une petite moitié de manifestations.

Reposant sur les déclarations de personnes souhaitant participer, le nombre d’actions recensées sur ce site a explosé ces derniers jours, passant de 279 lundi à la mi-journée à 768 mercredi midi et 1 025 jeudi matin. Mardi, les organisations de jeunes présentes à la manifestation parisienne des lycéens (Union syndicale lycéenne, Union étudiante, Unef, Fage) ont appelé à rejoindre la mobilisation de samedi. L’appel « jaunes et jeunes » diffusé sur le même site internet reprend revendications, « classes à 35, profs absents, Parcoursup », et appelle également les retraités, agriculteurs, habitants des quartiers ou encore défenseurs du climat à faire « converger » les mobilisations le 17 octobre.

Les organisateurs de la marche pour le climat du 26 septembre ainsi que, côté agriculteurs, la Confédération paysanne, ont notamment appelé à rejoindre la mobilisation.

Grève interpro

le 5 novembre

La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, présente à la manifestation parisienne mardi, avait déclaré que « tant qu’il n’y a pas de réponse aux revendications, la mobilisation va continuer », avec en ligne de mire les multiples rassemblements prévus samedi sur le pouvoir d’achat. « Nous vous appelons massivement à rejoindre le mouvement des Gilets jaunes samedi pour enfin faire vivre cette convergence des luttes », avait pour sa part lancé le président de l’Union syndicale lycéenne (USL), Ryad Rani.

Mercredi soir en meeting à Toulon, la secrétaire générale de la CGT voit dans le mouvement des jeunes « la cerise sur le gâteau » Après les multiples mobilisations de la rentrée (contre les violences sexuelles, grèves des pompiers, du secteur de l’énergie, de la fonction publique…). Et son succès un enjeu politique qui « lancera une dynamique et mettra l’extrême droite en difficulté pour l’échéance électorale à venir. Ils portent des revendications précises, mais aussi un message plus large : quel avenir nous préparez-vous ? » Cet avenir, les retraités, mobilisés aussi mercredi pour leur dignité, ont un rôle à y jouer : « Le gouvernement oppose les générations en faisant croire que, pour améliorer la situation des jeunes, il faut prendre aux retraités, alors qu’ils prennent aux deux pour donner au capital. Il faut montrer que retraités, jeunes et actifs sont main dans la main ! »

C’est à ce titre que Sophie Binet appelle travailleurs du privé, fonctionnaires, retraités et jeunes à se rassembler aussi le jeudi 5 novembre, après des vacances qui vont logiquement « ralentir les mobilisations étudiantes ». Comme l’explique également le secrétaire général de la CGT de l’Hérault, Serge Ragazzacci , « l a meilleure manière de préparer un avenir à notre jeunesse c’est de se mobiliser pour nos salaires, nos conditions de travail, l’accès à l’emploi etc… C’est pour cela qu’il y a la date du 5 novembre, qui est la suite de ce qu’on a construit le 29 septembre sur la fonction publique ». Il s’agit aussi de peser, sur un débat budgétaire qui fait craindre des coupes drastiques dans les dépenses publiques.

« Il faut battre le fer tant qu’il est chaud », dit Sophie Binet, rappelant que le RN, veut, quant à lui, « procéder à 150 milliards d’euros de coupe ». Une idée loin de déplaire au Medef, selon elle. « Ils font beaucoup de politique. Patrick Martin [président du Medef, Ndlr.] a dit qu’il serait le premier à fuir si LFI arrivait au pouvoir. On ne le retient pas ! »

LES RENDEZ-VOUS

Montpellier

Manifestation prévue samedi 17 octobre à partir de 14h sur la Place de la Comédie.

Béziers

Dans le biterrois, le rendez-vous est fixé samedi par l’intersyndicale CGT, FSU, Solidaire devant la Bourse du travail à 10h30.

Nîmes

Le départ de la manifestation aura lieu devant la gare de Nîmes centre à 14h, samedi.

Alès

Le mouvement donne rendre-vous dès 8h samedi au rond point de l’Hyper U.

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