Tag: LFI

  • LFI veut mobiliser les quartiers populaires

    LFI veut mobiliser les quartiers populaires

    Ce dimanche en fin d’après-midi, ils étaient plusieurs centaines rassemblées sur la place Louis-Godard, dans le quartier de Saint-Louis (15e), devant la permanence parlementaire du député LFI Sébastien Delogu, pour rencontrer le nouveau maire insoumis de Saint-Denis, Bally Bagayoko. Un meeting organisé pour concrétiser leur rassemblement avec d’autres élus du mouvement mélenchoniste issus des quartiers populaires, qu’ils ont appelé, au début du mois de septembre, « alliance des numéros 10 ».

    « L’alliance des numéros 10, elle part avec une idée, faire barrage au Rassemblement national, inscrire le maximum de monde sur les listes électorales et vérifier que les personnes sont bien inscrites », résumait face à la foule Sébastien Delogu, après l’entrée en scène tout en danse du maire de Saint-Denis, largement acclamé. Le parlementaire des quartiers Nord, lui, arrive avec plus de sobriété et moins d’applaudissements. Depuis les dernières municipales et son maigre score, ainsi que son retrait du second tour, le député insoumis s’est fait très discret, absent des cortèges malgré le mouvement social, et rares sont les cadres de sa campagne à être présents ce soir-là. Son actualité a surtout été marquée par les rendez-vous judiciaires, jusqu’à la convocation devant le tribunal, le 21 octobre, pour recel de vol, atteinte au secret des correspondances et divulgations d’informations privées mettant en danger. Le parquet avait alors requis cinq ans d’inéligibilité et deux ans de prison avec sursis.

    Contre l’abstention

    « On a aidé plus de 300 personnes, on a fait un rapport parlementaire sur les prisons qui a donné lieu à ce qu’on condamne le ministre de la Justice », justifie Sébastien Delogu pour écarter les critiques, après avoir multiplié les permanences dans son local. « On a remplacé énormément de fois les services publics qui, aujourd’hui, n’arrivent plus à subvenir aux besoins des gens », défend-il. En estimant que s’il est attaqué, c’est parce qu’il a dénoncé le fiasco de l’opération Trident, l’échec d’une opération de l’Office anti-stupéfiants en 2023 où 400 kg de cocaïne pourtant tracés avaient disparu. « Je suis fier d’être votre pare-feu », avance le député.

    « L’heure est grave, alerte-t-il surtout. L’heure est grave parce que comme vous avez pu le constater ces derniers jours, il y a des agressions racistes qui se multiplient. » Avec lui, la foule présente respecte ainsi une minute de silence pour Pengo Bossio Wangi, la victime de l’attentat de Trappes. Plus tôt dans la soirée, le député LFI de Vaucluse, Raphaël Arnault, et celui du Val-d’Oise, Carlos Bilongo, avaient déjà alerté sur le danger du RN. « La France a déjà connu l’extrême droite avec le régime de Vichy et je ne veux pas que mes enfants aient à la déloger de nouveau », insistait le second.

    Au fil de ce meeting, militants associatifs et politiques se sont succédé pour répéter inlassablement le même message : s’inscrire sur les listes électorales et voter pour la prochaine présidentielle, dans ces quartiers où l’abstention a atteint 61% lors des municipales. « Sur le double mandat d’Emmanuel Macron, jamais l’extrême droite n’a été aussi haute », insiste aussi Bally Bagayoko, en dénonçant le choix du chef de l’État « de privilégier les 1% les plus riches ». « Dans cet océan de malheur, l’extrême droite vient poser son œuf, en considérant que ceux qui sont en difficulté le sont à cause de celui qui est différent », dénonce-t-il. En regrettant le retrait des forces populaires des zones rurales, dont le discours est remplacé par celui de la sphère Bolloré. « La victoire ne sera possible qu’avec les quartiers populaires et en reliant les quartiers populaires à la ruralité », conclut-il.

    « Jamais l’extrême droite n’a été aussi haute »

  • À Forcalquier, le mouvement mise sur l’intersyndicale

    À Forcalquier, le mouvement mise sur l’intersyndicale

    Mobilisés sur le rond-point d’Intermarché samedi, de nombreux manifestants se réjouissaient de l’appel à la mobilisation intersyndicale du 5 novembre, espérant qu’il donne davantage de puissance à leur mouvement, plutôt affaibli dans les Alpes-de-Haute-Provence, où environ 80 personnes ont manifesté à Forcalquier et une petite centaine à Digne.

    Lucie, 16 ans, présente à toutes les manifestations lycéennes, était à Forcalquier. « C’est super important d’être là pour le 5 novembre. Cela va être une énorme grève. Avec mes potes, on est toujours prêts, on se met au courant de toutes les manifestations. On voudrait que le mouvement continue et ne s’essouffle pas », explique celle qui est scolarisée au lycée Esclangon, à Manosque.

    Une centaine à Digne

    L’adolescente se réjouit de la présence des syndicats : « Ils ont de l’expérience, ils savent les risques, ce qu’il faut faire si on se retrouve en garde à vue. On se sent protégés quand ils sont là ». « L’intersyndicale, c’est hyper important. Cela nous donnera plus de puissance, c’est évident », abonde Cécile Ahmed Abdi, enseignante à Sainte-Tulle et militante féministe engagée dans diverses associations. Elle sera mobilisée jeudi. « Jeudi, le monde du travail vient s’intégrer dans le mouvement », se réjouit Dylan, militant LFI.

    Lou Terrasson, 27 ans, intermittente du spectacle habitant Forcalquier, manifestait « pour la culture et contre les coupes budgétaires ». « Les riches sont de plus en plus riches, les pauvres de plus en plus pauvres et je suis dans la catégorie des moins riches », regrette celle qui est particulièrement impactée par la hausse des prix du carburant, travaillant pour une compagnie de théâtre marseillaise, Peanuts. « Tout le monde est d’accord pour faire grève à la compagnie. » « Dès le 5, on ne consomme pas ! », lance Nelly, Gilet jaune de Forcalquier.

  • Raphaël Arnault entendu par la justice antiterroriste

    Raphaël Arnault entendu par la justice antiterroriste

    Il y a un peu plus d’une semaine, la France insoumise avait dénoncé la tentative d’interpellation du député (LFI-NFP) Raphaël Arnault à la sortie de son train, gare de Lyon, à Paris. Une affirmation contredite par le parquet de Lyon, qui évoquait une remise en mains propres d’une convocation. Et ce en lien avec l’affaire Deranque, du nom de ce militant identitaire tué à Lyon, en février. Un meurtre pour lequel 14 personnes ont été mises en examen, dont Jacques-Élie Favrot, un très proche du député [qui, lui, n’était pas à Lyon lors du meurtre], qui en avait fait son collaborateur parlementaire.

    C’est dans ce cadre que Raphaël Arnault a été auditionné, ce mercredi, par la sous-direction antiterroriste, révèle Le Parisien. Selon l’AFP, l’audition libre a duré plusieurs heures. Une information que l’avocate de Raphaël Arnault, Me Chirinne Ardakani, ne confirme, ni n’infirme. Le conseil de la famille de Quentin Deranque, Me Fabien Rajon, avait demandé aux juges l’audition « pour association de malfaiteurs » du député, cofondateur du mouvement antifasciste la Jeune Garde, aujourd’hui dissous, dont certains membres sont soupçonnés d’être impliqués dans la mort du militant d’extrême droite radicale. Avant que l’audition ne soit connue, Chirinne Ardakani, assurait auprès de Lyon Mag, que son client « n’a rien à se reprocher » et qu’il se tenait à la disposition de la justice.

  • Le Medef prône l’entreprise comme solution à la crise

    Le Medef prône l’entreprise comme solution à la crise

    « La situation est très sérieuse dans le pays. » C’est avec gravité que le patron des patrons de la région, Stéphane Benhamou, a fait le point ce jeudi 29 octobre. Fini le président du Medef Sud « punchy » avoue-t-il, pétri d’une « inquiétude » partagée par « une large majorité d’entrepreneurs ».

    D’abord parce que la société est « fracturée » analyse-t-il eu regard des manifestations lycéennes et pour le pouvoir d’achat qui s’égrènent depuis plus d’un mois. Avant ces dernières, « le taux de vacances en centre-ville, 20%, était déjà dramatique à Marseille, on ne peut pas aggraver cette situation-là », estime-t-il, car « chaque fois que le centre-ville est déserté, on laisse la place à des points de deal, à des populations communautaristes qui monnayent les marchands de sommeil et qui amplifient la désertification ».

    Dans cette ambiance « anxiogène », pour lui, « la réponse se trouve dans l’entreprise, la capacité à offrir du travail, des perspectives ». Le Medef Sud organise pour ce faire la deuxième édition d’Action sud, le 1er décembre, sur le campus Esca d’Aix-en-Provence pour « mettre en confrontation les attentes des jeunes et des entrepreneurs » sur différents thèmes, comme l’économie verte, l’IA responsable, la féminisation des filières scientifiques…

    Peser sur le politique

    Plus généralement, les patrons comptent faire valoir leurs propositions à quelques mois de la présidentielle. Elles sont très tranchées. « Nous n’en sortirons pas autrement que par une attaque violente et frontale des lignes de dépenses budgétaires » balance Stéphane Benhamou, partant du principe que les entrepreneurs font déjà assez d’effort.

    « Les dépenses de l’État ne sont plus supportables et la mise en œuvre ne peut en aucune manière être de la responsabilité financière des entreprises » estime-t-il, dénonçant le gel de l’allègement des « charges » sociales, « 11 milliards d’euros prélevés soit 550 euros par salarié ». Pas un mot sur les 112 à 166 milliards d’aides de l’État par an, tous dispositifs compris, selon les travaux d’une commission d’enquête sénatoriale, rendus publics en juillet 2025. Mais une certitude, revoir le montant du Smic à la hausse de façon anticipée, sujet qui devrait être tranché le 5 novembre, n’est pas envisageable. « Nous ne sommes pas contre l’augmentation des salaires, bien au contraire », assure le responsable du Medef Sud, qui se dit préoccupé par « la pérennité des entreprises et les équilibres économiques qui sont entamés ». Et de déplorer l’impuissance d’un pouvoir exécutif et législatif « dépassé, hors sol ». Son credo : « Notre pays doit prendre en compte que le fait économique rythme le développement social, sociétal, environnemental. L’entreprise doit être priorisée. » Raisons pour lesquelles, du RN à LFI, les représentants locaux des candidats sont invités à débattre le 19 novembre à Marseille. Ces « remontées de terrain », permettront au Medef d’affiner sa position au national.

  • La gauche appelle à répondre à la colère sociale

    La gauche appelle à répondre à la colère sociale

    Trois jours après la manifestation nationale et les violences qui l’ont émaillée en marge, les partis de gauche demandent à l’exécutif de rendre des comptes. « Toutes les violences sont condamnables, mais je veux d’abord et avant tout condamner le fiasco de ce gouvernement qui porte la responsabilité politique de ce qui s’est passé », lance Mathilde Panot, lors d’un point presse ce mardi. La présidente du groupe insoumis à l’Assemblée accuse le gouvernement d’avoir joué la stratégie du « pourrissement en n’ayant répondu à aucune des revendications ». Un gouvernement qui, selon elle a « plongé le pays dans une crise sociale et politique d’ampleur » en ayant été « incapable de garantir le droit à manifester, la sécurisation des bâtiments publics et des commerces ». Et ce, tout en rappelant les revendications des centaines de milliers de personnes dans la rue ce samedi, en premier lieu la jeunesse qui réclame un plan de 10 milliards pour les lycéens et pour l’éducation, l’abrogation de Parcoursup, mais aussi les actifs, avec le blocage des prix et l’augmentation des salaires.

    Comme les communistes (lire ci-dessus), les Écologistes réclament une commission d’enquête parlementaire pour établir les responsabilités de ce « fiasco ». La présidente du groupe Écologiste et social au palais Bourbon regrette que le président, dans son allocution, n’ait répondu à « aucune des revendications ». L’échec du gouvernement est cuisant. La seule conclusion logique est que le président de la République doit accepter la démission du ministre de l’Intérieur, qui est aujourd’hui délégitimé dans ses fonctions », appuie Cyrielle Châtelain.

    Pour le Premier secrétaire du Parti socialiste, « le gouvernement joue le pourrissement. Il fait face à un mouvement social puissant qui est né sur des bases claires : des conditions d’apprentissages dignes pour les lycéens, la possibilité de vivre de son salaire pour les travailleurs qui n’en peuvent plus », note Olivier Faure.

  • Rassemblement festif à Manosque malgré le ras-le-bol

    Rassemblement festif à Manosque malgré le ras-le-bol

    Gilets jaunes, lycéens, étudiants, parents d’élèves, CGT ou encore FSU ont manifesté main dans la main samedi à Manosque, mettant en place une opération péage gratuit et laissant passer tous les automobilistes à la sortie de l’A51.

    « On persévère dans cette démarche, parce que rien ne change », explique Jean Pagnon, enseignant qui participe aux manifestations des Gilets jaunes depuis 2018. « On ne demande rien à ce gouvernement, on n’attend rien de lui, il ne va rien céder », regrette-t-il, espérant « recréer une forme de solidarité pour faire front et ne plus se battre de manière dispersée ». On sent un ras-le-bol chez certains manifestants, à bout. « Tout le système est à revoir. Plus rien ne va. Les jeunes n’ont plus d’espoir », regrette Virginie, parent d’élève de Forcalquier. « Je suis en train de préparer l’orientation de ma fille, et j’ai l’impression de me moquer d’elle, je ne sais même plus quoi lui dire », ajoute-t-elle. « Quel jeune a envie d’aller travailler pour un si bas salaire ? Ils ne veulent pas finir comme leurs parents, ils sont témoins de leur mal-être. »

    « Aujourd’hui, il y a une accumulation, un ras-le-bol », constate Éliane, 78 ans, qui manifeste avec les Gilets jaunes depuis 2018 et qui lutte depuis mai 1968, fille d’un militant communiste et à la CGT. « On encourage les jeunes, il y a peut-être un monde qui se réveille et va faire basculer les choses », espère-t-elle. La manifestante regrette néanmoins l’absence de pompiers ou d’agriculteurs, hormis la Confédération Paysanne.

    « On manifeste pour être solidaires avec les lycées qui ont moins de moyens. On peut faire bouger les choses si on est tous ensemble », lance Camille, lycéenne de 17 ans, en terminale aux Iscles.

    « Tu l’as, ta République en marche ! »

    La secrétaire de la CGT de l’hôpital de Manosque, Nadège Bonanno était également présente « pour dénoncer le manque de moyens pour les services publics ». Les manifestants ont fait une ronde, dansé et manifesté dans la bonne humeur, sur un fond musical joué par une fanfare. « Tu l’as, ta République en marche ! », pouvait-on lire sur l’une de leurs pancartes.

    Des membres de la Confédération Paysanne, de FO, du PCF et de LFI étaient également présents. De nombreux manifestants venaient de Forcalquier ou encore de Sisteron.

    Une partie d’entre eux a ensuite pris la direction du centre-ville de Manosque, où ils ont causé des embouteillages. Certains se sont rendus à Marseille pour rejoindre le cortège en début d’après-midi.

  • Contre l’injustice sociale, des manifs en nombre

    Contre l’injustice sociale, des manifs en nombre

    La convergence des colères va se cristalliser ce samedi 17 octobre. Montpellier, Béziers, Nîmes, Alès : les principales villes de l‘Hérault et du Gard sont concernées par les manifestations où vont se mêler syndicats, organisations lycéennes et étudiantes et citoyens dont des anciens et nouveaux Gilets jaunes. Une convergence des luttes dont le carburant est certes le pouvoir d’achat en berne mais aussi les attaques contre les services publics et l’injustice sociale, notamment fiscale après dix ans de macronisme.

    Jeudi, plus de 1 000 actions étaient déjà recensées dans toute la France sur une carte collaborative pour la journée de samedi. Manifestations dans les centres-villes mais aussi rassemblements ou actions sur des ronds-points, sur des ponts, dans des stations-service, à des péages, dans des gares, des ports, des raffineries, des dépôts pétroliers : la carte collaborative publiée sur le site 17octobregiletjaune.net affichait jeudi matin 1 025 actions, dont une petite moitié de manifestations.

    Reposant sur les déclarations de personnes souhaitant participer, le nombre d’actions recensées sur ce site a explosé ces derniers jours, passant de 279 lundi à la mi-journée à 768 mercredi midi et 1 025 jeudi matin. Mardi, les organisations de jeunes présentes à la manifestation parisienne des lycéens (Union syndicale lycéenne, Union étudiante, Unef, Fage) ont appelé à rejoindre la mobilisation de samedi. L’appel « jaunes et jeunes » diffusé sur le même site internet reprend revendications, « classes à 35, profs absents, Parcoursup », et appelle également les retraités, agriculteurs, habitants des quartiers ou encore défenseurs du climat à faire « converger » les mobilisations le 17 octobre.

    Les organisateurs de la marche pour le climat du 26 septembre ainsi que, côté agriculteurs, la Confédération paysanne, ont notamment appelé à rejoindre la mobilisation.

    Grève interpro

    le 5 novembre

    La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, présente à la manifestation parisienne mardi, avait déclaré que « tant qu’il n’y a pas de réponse aux revendications, la mobilisation va continuer », avec en ligne de mire les multiples rassemblements prévus samedi sur le pouvoir d’achat. « Nous vous appelons massivement à rejoindre le mouvement des Gilets jaunes samedi pour enfin faire vivre cette convergence des luttes », avait pour sa part lancé le président de l’Union syndicale lycéenne (USL), Ryad Rani.

    Mercredi soir en meeting à Toulon, la secrétaire générale de la CGT voit dans le mouvement des jeunes « la cerise sur le gâteau » Après les multiples mobilisations de la rentrée (contre les violences sexuelles, grèves des pompiers, du secteur de l’énergie, de la fonction publique…). Et son succès un enjeu politique qui « lancera une dynamique et mettra l’extrême droite en difficulté pour l’échéance électorale à venir. Ils portent des revendications précises, mais aussi un message plus large : quel avenir nous préparez-vous ? » Cet avenir, les retraités, mobilisés aussi mercredi pour leur dignité, ont un rôle à y jouer : « Le gouvernement oppose les générations en faisant croire que, pour améliorer la situation des jeunes, il faut prendre aux retraités, alors qu’ils prennent aux deux pour donner au capital. Il faut montrer que retraités, jeunes et actifs sont main dans la main ! »

    C’est à ce titre que Sophie Binet appelle travailleurs du privé, fonctionnaires, retraités et jeunes à se rassembler aussi le jeudi 5 novembre, après des vacances qui vont logiquement « ralentir les mobilisations étudiantes ». Comme l’explique également le secrétaire général de la CGT de l’Hérault, Serge Ragazzacci , « l a meilleure manière de préparer un avenir à notre jeunesse c’est de se mobiliser pour nos salaires, nos conditions de travail, l’accès à l’emploi etc… C’est pour cela qu’il y a la date du 5 novembre, qui est la suite de ce qu’on a construit le 29 septembre sur la fonction publique ». Il s’agit aussi de peser, sur un débat budgétaire qui fait craindre des coupes drastiques dans les dépenses publiques.

    « Il faut battre le fer tant qu’il est chaud », dit Sophie Binet, rappelant que le RN, veut, quant à lui, « procéder à 150 milliards d’euros de coupe ». Une idée loin de déplaire au Medef, selon elle. « Ils font beaucoup de politique. Patrick Martin [président du Medef, Ndlr.] a dit qu’il serait le premier à fuir si LFI arrivait au pouvoir. On ne le retient pas ! »

    LES RENDEZ-VOUS

    Montpellier

    Manifestation prévue samedi 17 octobre à partir de 14h sur la Place de la Comédie.

    Béziers

    Dans le biterrois, le rendez-vous est fixé samedi par l’intersyndicale CGT, FSU, Solidaire devant la Bourse du travail à 10h30.

    Nîmes

    Le départ de la manifestation aura lieu devant la gare de Nîmes centre à 14h, samedi.

    Alès

    Le mouvement donne rendre-vous dès 8h samedi au rond point de l’Hyper U.

  • Laure Lavalette a l’indignation sélective

    Laure Lavalette a l’indignation sélective

    Rien d’obsessionnel, bien sûr, dans la traque des frasques de Laure Lavalette sur les réseaux sociaux, mais une juste mise en lumière de l’idéologie qui se cache derrière les sourires télévisuels.

    « Impossible de traverser la ville sans être témoin, depuis des mois, en réalité depuis la réélection de Josée Massi avec le soutien de LFI, d’un véritable saccage du mobilier urbain de Toulon », lance-t-elle donc, le 6 octobre, depuis son compte Facebook. En cause, quelques inscriptions et des autocollants. Dans le viseur de l’élue d’extrême droite : les antifascistes.

    Ces derniers viennent de réagir par une vidéo, rappelant à celle qui cherche à faire passer des tags de soutien aux victimes de Gaza ou des stickers LFI pour le comble de l’horreur qu’« elle est beaucoup, mais beaucoup moins dérangée quand les groupuscules fascistes salissent encore les murs de la ville ».

    Le Rassemblement antifasciste varois (RAV) s’interroge ensuite sur le fait que la députée RN n’ait publié que « trois photos ridicules de tags minuscules alors qu’elle se plaint d’en voir partout ». « Sûrement pour ne pas qu’on puisse voir que beaucoup […] recouvrent en réalité ceux des groupuscules fascistes et ne sont donc qu’une riposte populaire à leur idéologie », avancent les militants, en se félicitant de voir que dans le Port du Levant, l’ultradroite est entrain de « perdre l’affrontement culturel » face à eux, qui gagnent des adeptes, affirment-ils.

    Et de mettre particulièrement en avant ce qu’ils considèrent comme l’indignation sélective de Laure Lavalette. Aucune réaction, en effet, lorsque des militants d’ultradroite ont agressé deux mineurs et brisé la mâchoire de l’un d’entre eux en raison de sa couleur de peau. Ni lorsqu’ils s’en sont pris à une personne porteuse d’un handicap et ont effectué des saluts nazis lors d’une manifestation de soutien à la Palestine.

    Affinité élective ?

    Pas davantage, d’ailleurs, lorsque nous avons dénoncé dans nos colonnes l’agression à son domicile d’un jeune militant de gauche, en amont de la campagne municipale, après avoir été suivi au retour d’une manifestation.

    La même exigence de « propreté » ne s’applique donc pas à tous les messages inscrits sur les murs de la cité. En dénonçant certains graffitis et en ciblant un seul côté de l’échiquier politique, tout en occultant ceux porteurs de slogans nationalistes radicaux, d’inscriptions racistes et autres autocollants montrant sans ambiguïté un personnage le bras tendu en salut hitlérien, Laure Lavalette met au jour une affinité élective que son parcours tend à révéler lorsqu’on prend la peine de s’y pencher.

    Comme lorsqu’elle rendait hommage sur les réseaux sociaux à Jean Bastien-Thiry, figure de l’Organisation armée secrète (OAS), impliquée dans l’attentat du Petit-Clamart en 1962, qui visait à assassiner le général de Gaulle, présenté par ses soins comme un « héros français et chrétien », comme l’a révélé le média d’investigation Les Jours.

    Ou encore, lorsqu’en 2025, l’élue du parti à la flamme jette en pâture à la fachosphère une enseignante en droit public de l’Université de Toulon qui commentait un tract de la Cocarde étudiante : un groupuscule d’extrême droite violent. On pourrait ajouter son engagement en 2014 en faveur de l’abrogation, à terme, de la loi sur l’avortement. Mais est-ce bien utile pour comprendre qui est vraiment le personnage ?

  • Les retraités défendent la gratuité des transports

    Les retraités défendent la gratuité des transports

    « Nous continuons de porter la gratuité pour les usagers », défend Jean Pugens, membre du bureau de l’USR. Tandis que les militants syndicaux ont déjà obtenu plus de 1 100 signatures, « nous n’allons pas nous arrêter là », assure-t-il. « Nous ne sommes pas confrontés à un problème de dette, c’est une position dogmatique », défend la co-animatrice du groupe d’action LFI d’Aubagne, Mireille Fouqueau, face à l’érosion des dotations aux collectivités, tandis qu’à ses côtés, Cédric Garcia, militant du collectif Résistance Handi droit, salue les avancées tarifaires. « Mais ça ne concerne pas toutes les personnes en handicap », déplore-t-il, rappelant les infrastructures inadaptées.

  • Montpellier : une multirisques habitation communale bientôt proposée

    Montpellier : une multirisques habitation communale bientôt proposée

    C’était une promesse de campagne de Michaël Delafosse, elle sera tenue. Mardi 6 octobre, le conseil municipal a validé à l’unanimité le souhait de la Ville de bientôt proposer aux Montpelliérains (ouverture possible aux 31 communes de la métropole) une assurance multirisques habitation communale.

    Va être lancé un appel à manifestation d’intérêt (AMI) avec déploiement des offres en janvier 2027. « Nous dupliquons la recette de la mutuelle communale qui garantit des prix de 20% inférieurs à ceux du marché et une hausse maîtrisée (3% au lieu de 4,5%) », résume Julie Frêche (PS). « Nous allons essayer d’offrir un niveau de protection qui soit le plus satisfaisant possible proposé par l’assureur, pour protéger le pouvoir d’achat », abonde le maire socialiste.

    Après la gratuité des transports ou la mutuelle communale qui cartonnent, ce choix fort résulte d’un constat accablant. À Montpellier, la précarité est supérieure à celle de l’Hérault, département déjà pauvre. Le revenu médian stagne à 1 787 euros, soit 270 de moins que la moyenne héraultaise (-400E comparé à la France). Le taux de pauvreté atteint 31%. Or, le logement représente le premier poste de dépenses (28%). Lesquelles bondissent chaque année, dont celle de l’assurance habitation (+11% en 2026, +13% en 2025), rappelle J. Frêche. « La hausse du coût de la vie frappe tout le monde. C’est le sens du bouclier social bâti depuis 2020. »

    Rapport de force inversé

    Fait rare, la mesure a convaincu l’ensemble des élus, y compris les Insoumis de l’opposition. « Toute aide au pouvoir d’achat est bonne à prendre », salue Rhany Slimane (LFI), tandis qu’Antoine Bertrand (LFI) pointe le phénomène de « non-assurance et de mal assurance avec réductions des garanties ». Ce dernier nuance toutefois. « La Ville ne crée pas un service public municipal de l’assurance. Elle joue en réalité un rôle de courtier, d’intermédiation. » Pour A. Bertrand, il faudra veiller au « niveau des franchises, les exclusions de garanties, les plafonds d’indemnisation, l’évolution des cotisations dans le temps (3 ans) ». Et ne pas renoncer à une véritable politique du logement. « On a besoin de mobiliser les logements vacants, amplifier la rénovation thermique, développer le logement social, mieux encadrer les loyers. »

    Du côté du groupe communiste, Clara Gimenez promet de continuer à militer pour le 100% Sécu. « On continuera à se battre pour la nationalisation des assurances car (…) à l’heure du changement climatique, les exigences de rentabilité des actionnaires des grandes assurances ne vont pas dans le sens de la protection des habitants. »

    D’ici là, M. Delafosse joue la transparence. « Il y a des transferts de charges, de fiscalité sur les mutuelles santé. Même dans les contrats collectifs employeurs, elles répercutent sur les tarifs. Les primes d’assurance liées à la sinistralité augmentent à cause des incidents climatiques qu’on subit. » La mutualisation permet néanmoins de négocier des tarifs réduits. « Seul face à son assureur, un habitant ne pèse rien mais au nom de 300 000 Montpelliérains, la Ville inverse le rapport de forces », insiste J. Frêche. À l’avenir, cette méthode devrait être utilisée sur les alarmes, les brasseurs d’air ou les contrats d’énergie.