Tag: mouvement social

  • Chute d’un morceau de plafond dans une école à Gap

    Chute d’un morceau de plafond dans une école à Gap

    La vétusté des bâtiments scolaires est au cœur des dénonciations du mouvement étudiant et lycéen. Les locaux des écoles maternelles et primaires ne sont pas épargnés. Mardi, des éléments du plafond se sont détachés dans une salle de garderie de l’école Porte-Colombe à Gap, en présence d’enfant. « Cette défaillance a amené le maire Roger Didier [DVD] à demander l’évacuation de la partie la plus ancienne de l’école à titre de précaution », a indiqué la municipalité dans un communiqué. Cette partie concerne huit salles de classe, le dortoir, la salle multi-activité, le réfectoire et le bureau de la directrice.

    Le maire a signé un arrêté de péril qui permet de déclencher la désignation d’un expert judiciaire dans un délai de 24 à 48 heures. « Il s’agit d’une école et il est hors de question de prendre le moindre risque », a réagi Roger Didier, qui salue la réaction des enfants, des parents et de la communauté éducative. La restauration scolaire et certaines classes ont été déplacées vers un centre de loisirs et vers une autre école.

    « La chute d’un plafond à l’école Porte-Colombe de Gap, qui a nécessité l’évacuation de l’établissement, est un événement inquiétant, a jugé le conseiller municipal d’opposition Elie Cordier. Cet incident doit nous rappeler une priorité : accélérer la rénovation et l’entretien de nos bâtiments scolaires. Des travaux ont déjà été engagés dans plusieurs écoles gapençaises, et il faut amplifier drastiquement cet effort, partout où cela est nécessaire. Nos enfants et les personnels éducatifs doivent pouvoir apprendre et travailler dans des écoles sûres, accueillantes et bien entretenues. »

    Agathe De Lenardo

  • En coulisses, lycéens et étudiants planchent sur leur organisation

    En coulisses, lycéens et étudiants planchent sur leur organisation

    Avant qu’un quelconque blocus ne soit décidé, qu’une mobilisation ne soit organisée ou qu’une communication ne soit publiée, un vote doit avoir lieu. Ce fonctionnement démocratique est désormais bien installé chez les lycéens et les étudiants qui, en coulisses des cortèges, se réunissent en assemblées générales. Celles-ci peuvent être interlycéennes, réservées aux étudiants d’un même campus ou encore ouvertes au plus grand nombre.

    « Élever » les voix

    À l’image de l’assemblée générale tenue, mardi après-midi, sur les marches d’un parc de la ville. La plupart des lycées et des sites universitaires étant fermés, une mesure largement contestée par les étudiants mobilisés, les participants se replient sur des lieux publics pour se rencontrer. Parmi la soixantaine de personnes présentes figuraient des lycéens, des étudiants, mais aussi plusieurs enseignants et représentants de syndicats de l’éducation.

    Un peu plus tôt dans la matinée, alors qu’un cortège de 1 200 personnes, selon la police, battait le pavé aixois pour soutenir les revendications lycéennes, un tract circulait dans la foule. Le dépliant indiquait : « AG interprofessionnelle, ouvertes à tous. Élèves, étudiants, enseignants, parents, gestionnaires, éboueurs, maçons… tous sont conviés pour faire des blocus lycéens un mouvement encore plus grand ! ». Suivaient un rappel des revendications et une conclusion : « Cette assemblée générale est aussi organisée pour nous permettre à tous d’élever nos voix ».

    « Il y a des assemblées une à plusieurs fois par jour. Ça nous permet de maintenir une feuille de route, de structurer notre mouvement pour qu’il dure dans le temps », confie une étudiante. Pendant une heure et demie, des temps de parole sont accordés à chacun : propositions d’actions, évaluation du taux de mobilisation dans les lycées, encouragements mutuels, solutions pour communiquer d’un établissement à l’autre, élection de porte-parole, conditions d’enseignement… Pêle-mêle, revendications, ressentis et retours d’expérience s’enchaînent, tandis que les représentants syndicaux prennent des notes.

    « Un des problèmes centraux que nous avons, aujourd’hui, est la structuration et la centralisation des informations », estime, par exemple, l’un des étudiants prenant la parole. À l’issue des débats, les votes sont lancés. La suite des actions se déroulera en fonction.

  • Jeunes et anciens, des liens par les luttes

    Jeunes et anciens, des liens par les luttes

    Le gouvernement veut tondre les retraités avec un projet de budget aussi injuste que socialement mortifère. Le gouvernement ne répond pas aux aspirations des lycéens. Aux deux extrémités des générations, les plus anciens et les plus jeunes, ce n’est que mépris et maltraitance de la part de la macronie, de la droite et de l’extrême droite.

    Lycéens et retraités disent stop ! Leurs colères convergent alors que les politiques austéritaires ont détricoté les services publics, ces biens communs de tous et singulièrement des classes populaires. Aujourd’hui, les colères grondent et les revendications s’agrègent.

    Vivre dignement

    Vivre bien et dignement. Étudier dans des conditions décentes. Vieillir dans la sérénité et que la retraite ne soit pas cette « antichambre » de la mort, comme le disait le ministre du travail communiste, Ambroise Croizat, au moment de la création de la Sécurité sociale, en 1946. Voilà des aspirations raisonnables, légitimes, toujours neuves, comme le progrès social, arraché, sans exception, par la lutte.

    C’est parce qu’ils ne se résolvent pas à être sacrifiés pour des objectifs comptables que les lycéens battent le pavé. Leurs actions participent pleinement du mouvement social. Leurs revendications sont claires, aiguillonnées par l’aspiration à l’égalité républicaine. À court terme, les jeunes, les anciens, les salariés s’emparent de l’échéance du samedi 17 octobre contre la vie chère. Sophie Binet l’a rappelé mercredi soir à Toulon, la convergence des luttes sociales est nécessaire face à des choix politiques qui tournent le dos à l’intérêt général.

  • « Sans donner de leçons, nous voulons aider à la bataille politique »

    « Sans donner de leçons, nous voulons aider à la bataille politique »

    La Marseillaise : En quoi consiste ce rendez-vous annuel ?

    Frédéric Rays : C’est déjà l’occasion de nous retrouver. Cette amicale réunit les camarades qui ont 35 ans d’adhésion au parti. Nous sommes environ 700 dans notre fédération. Surtout on aide toujours à la bataille politique. Et cette année on a choisi le thème de 36 car ce sont les 80 ans du Front populaire. En invitant l’historien Guillaume Roubaud-Quashie à faire le lien et voir les enseignements que nous pouvons en tirer aujourd’hui.

    Mireille Chessa : Cela nous semblait compliqué de faire l’impasse sur 36, compte tenu de la nature de notre amicale. Ce qu’on souhaite aussi c’est de voir comment on peut s’en emparer pour faire quelque chose de plus contemporain.

    Quel parallèle faites-vous entre cette période et aujourd’hui ?

    F.R. : Les choses sont certes plus compliquées qu’elles ne l’étaient en 36. Notamment sur le rassemblement de la gauche qui s’est un peu éloignée du peuple. Même si rappelons-le, en 1934, les socialistes et les communistes défilaient à part. Il y a eu aussi un mouvement ouvrier important, c’est un petit peu ce qui manque aujourd’hui, enfin, jusqu’à présent… On note aussi que le désarroi mène au Rassemblement national, à l’époque c’étaient les croix de feu.

    M.C. : Ce qu’on souhaite c’est que cette matinée de réflexion et de débat vienne aussi nourrir les décisions du 40e congrès du Parti communiste, avec en toile de fond notre réalité bien actuelle comme la présidentielle et un mouvement social dynamique.

    Justement, comment s’inscrire dans la réalité du mouvement lycéen, la perspective d’élection présidentielle ?

    F.R. : Loin de nous l’idée de vouloir donner des leçons. Mais nous pouvons transporter ce qu’a été notre histoire, comment nous avons milité même si nous avons conscience que ce n’est plus du tout la même façon de faire. Nous voulons apporter notre expérience et perpétuer notre mémoire militante qui ne doit pas se perdre. Par exemple en 2025, nous avons édité un livret sur le CNR.

    M.C. : Lors de la fête de l’Humanité en septembre, le discours du PCF était clair, ne pas attendre la présidentielle pour agir mais aller dans l’actualité par exemple contre le racket au niveau des carburants, pour la nationalisation de l’énergie. Au-delà des jeunes, la dynamique du mouvement social s’est aussi accélérée depuis le 29 septembre, avec la manifestation pour la défense du service public.

    À 9h, à la Maison des communistes, 280 rue de Lyon (16e)

  • À côté de la plaque

    À côté de la plaque

    Face au mouvement lycéen, le gouvernement joue la montre. Sébastien Lecornu n’a apporté, mercredi soir, aucune mesure concrète pour répondre à la colère de la jeunesse. Le Premier ministre renvoie à la fin du mois d’octobre l’annonce de « premières décisions » et au 12 novembre, premier jour du débat à l’Assemblée nationale du budget de l’éducation nationale.

    Classes surchargées, bâti, Parcourup, budget… Aucun signal n’est venu du locataire de Matignon pouvant décider les lycéens à mettre un terme à leurs mobilisations. Ils devraient donc être nombreux ce jeudi, dans tout le pays, à manifester.

    Macroniste de la première heure, le chef du gouvernement reste droit dans ses bottes. Une sorte de pompier pyromane qui fait le pari du pourrissement. Son déni des violences policières, « qui n’ont pas pour instruction d’affronter les lycéens » a-t-il tenu à préciser, est à ce titre symptomatique d’un pouvoir aux abois.

    Des choix libéraux

    En matière budgétaire, le projet de budget de l’éducation nationale, qu’il a défendu, ne tient même pas compte de l’inflation. Rien qui ne permette de placer l’école au cœur de la société. Cela, les lycéens l’ont bien compris. L’appel « au patriotisme », lancé par Lecornu aux parlementaires, pour l’adoption du budget 2027, sonne comme une provocation. Le patriotisme commanderait en effet de répondre aux immenses besoins sociaux du pays. Quant à ses annonces sur le déblocage de 10 millions de barils de gasoil pour faire baisser le prix du carburant, elles reflètent des choix libéraux, ceux de faire jouer le marché de l’offre et de la demande. À côté de la plaque là encore.

  • « Soutenir et protéger, oui. Contrôler, non » : la consigne de la jeunesse

    « Soutenir et protéger, oui. Contrôler, non » : la consigne de la jeunesse

    Les lycéens essayent de transformer l’essai. Après une semaine de blocus dans les établissements de France, les organisations syndicales rejoignent le mouvement, ce mardi ,pour une « journée noire ». À Martigues, la veille, les enseignants de Jean-Lurçat ont proposé aux élèves, aux parents, à la communauté éducative et au monde du travail de se retrouver à la Maison des jeunes et de la culture pour penser aux suites de ce mouvement social inédit.

    Et il y en aura une. Les lycéens ne sont pas près de lâcher l’affaire. « Il ne faut pas que ça s’atténue, plaide l’une d’entre eux dans l’audience. Le gouvernement prépare son budget et a encore proposé de couper 1 500 postes d’enseignants, dont 1 200 dans le public. Ils mettent de l’huile sur le feu et en même temps ils essayent de l’éteindre de manière forcée, sauf que ça ne marchera pas. »

    Ce mardi, trois rassemblements sont d’ores et déjà prévus sur le territoire. À Martigues, une marche partira de la place Jean-Jaurès pour arriver devant l’hôtel de ville, où le maire recevra une délégation d’élèves. À Istres, rendez-vous est donné devant l’établissement Arthur-Rimbaud à 7h puis à 8h15 devant la sous-préfecture. À Salon-de-Provence, l’action a lieu à 10h devant Adam-de-Craponne.

    Le monde du travail

    à disposition des lycéens

    Pour la suite, les lycéens plaident pour l’unité et la transversalité. Avec un mot d’ordre : l’organisation. La communication se met en place, à travers la création de groupes sur des messageries sécurisées. Daniel Bretonès, secrétaire syndical de l’Union locale, propose : « On peut vous imprimer des tracts, vous prêter des locaux pour des assemblées générales, vous acheter des bombes de peinture ou des draps pour faire des banderoles. N’hésitez pas, sollicitez-nous et tenez-nous au courant pour qu’on puisse être là pendant les blocages, pas pour faire à votre place, mais être là pour vous protéger en cas de débordements ».

    La communauté éducative se met aussi à disposition de ses élèves, qui pointent du doigt « ce dont on se plaint depuis des années en menant des mouvements bien sages qui sont pas entendus », salue Amélie Barbet, enseignante de français, qui interroge : « Qu’est-ce qu’on peut faire pour vous aider ? »

    Pour Victoria, élève de terminale à Paul-Langevin, la réponse est claire : « Il faut qu’on soit accompagnés, aidés et soutenus par les professeurs et tous les corps de métiers pour que notre message soit porté plus haut, plus loin et plus fort. Cependant, il ne faut pas que les adultes s’approprient cette lutte qui est la nôtre. » Et de résumer : « Soutenir et protéger oui, mais en aucun cas contrôler ou s’approprier nos revendications ».

  • Syndicats et parents d’élèves en soutien aux lycéens

    Syndicats et parents d’élèves en soutien aux lycéens

    « Les revendications lycéennes sont légitimes, nous les soutenons et les partageons, le gouvernement doit y répondre ! ». Voilà le message limpide délivré par l’intersyndicale des personnels de l’éducation nationale des Bouches-du-Rhône, dans un communiqué de presse diffusé ce week-end. Une large intersyndicale (CGT, CNT, FO, FSU, Unsa et Sud) qui appelle même à la grève et « à participer aux rassemblements et manifestations aux côtés des lycéens », ce mardi en partageant le rendez-vous marseillais : 10h aux Réformés. « L’ensemble des syndicats éducation de la FSU 13 appelle à la grève mardi 6 octobre, et sera présent dans la manifestation pour encadrer et protéger la jeunesse », développe de son côté la FSU des Bouches-du-Rhône, principale organisation syndicale chez les enseignants. Même principe en Vaucluse où l’Union Départementale CGT « met à disposition des lycéens toute sa logistique ».

    « Journée noire »

    Autant d’échos locaux à la multitude d’appels lancés au niveau national par différentes organisations syndicales de travailleurs (lire notre article du 03/10). Des appels qui se sont multipliés dans le week-end avec une dimension interprofessionnelle puisque plusieurs fédérations CGT appellent désormais à la grève ce mardi 6 octobre, comme celle de l’énergie ou encore des industries chimiques. De quoi surtout appuyer sur le terrain les mobilisations lycéennes puisque dans le Var, comme dans les Alpes-de-Haute-Provence, les syndicats prévoient concrètement d’être présents sur les blocus et actions prévues. Car le Mouvement national lycéen (MNL) prévoit bien une « journée noire dans les lycées ». Et même les parents d’élèves s’y mettent puisque le Mouvement des Parents d’Élèves des Bouches-du-Rhône (MPE 13) a également apporté son soutien au mouvement social des jeunes : « En tant que représentants de parents d’élèves, nous considérons que les préoccupations exprimées par les lycéennes et les lycéens sont légitimes et doivent être entendues ».

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille, 10h. 7h devant les lycées et manifestation depuis les Réformés.

    Aix, 11h. La Rotonde.

    Arles, 10h. Kiosque à musique.

    Toulon, 7h30. Lycée Bonaparte.

    Draguignan, 8h. Lycée Jean-Moulin.

    Saint-Raphaël, 10h30. Rond-point Kennedy.

    Manosque, 8h. Lycée Félix Esclangon.

    Digne-les-Bains, 8h. Lycées Beau de Rochas et David Néel.

    Gap, 7h. Lycée Paul Eluard.

  • Fin du mouvement social des marins CGT de Marseille

    Fin du mouvement social des marins CGT de Marseille

    Si le Syndicat des travailleurs corses a levé son blocage du port de Bastia vendredi, la CGT Marins de Marseille avait reconduit la grève, annulant à nouveau les traversées avec la Corse. Le mouvement a finalement été stoppé ce samedi.

    « On a voté la levée de la grève et la suspension du mouvement », explique ce samedi matin Frédéric Alpozzo, secrétaire général de la CGT des marins de Marseille. Avant de développer : « On a reçu toutes les réponses qu’on demandait. Elles sont de bonnes facture mais n’apportent pas de solution définitive ».

    Concrètement, l’affrètement du navire Massilia, propriété de La Meridionale, par la Corsica Linea est « reporté en janvier ». « Les travaux vont se poursuivre. On a gagné le maintien de l’emploi », se félicite Frédéric Alpozzo.

  • Les marins CGT poursuivent leur mouvement de grève

    Les marins CGT poursuivent leur mouvement de grève

    Malgré les remous, les marins grévistes de la Corsica Linea tiennent la barre et ont poursuivi leur mouvement social. « On a reconduit, ce vendredi matin, la grève à l’unanimité car on est toujours en attente de réponses de la part de nos dirigeants », tempête Frédéric Alpozzo, secrétaire général de la CGT des marins de Marseille.

    Toujours au cœur du conflit : l’affrètement du navire Massalia, détenu par La Méridionale, sur des lignes de la Corsica Linea, en lieu et place d’un autre navire de cette dernière. « Ils mettent un bateau de La Méridionale pour supprimer les emplois de la Corsica Linea ! », résume et s’insurge Frédéric Alpozzo, également délégué CGT chez Corsica Linea. Pour rappel, voilà plusieurs jours que les marins de la CGT Corsica Linea, avec leurs homologues du Syndicat des travailleurs corses (STC), étaient en grève et perturbaient les traversées entre Marseille et la Corse. Le port de Bastia était même bloqué une partie de la journée de vendredi.

    Car même si la grève a été reconduite, des discussions « encourageantes » ont eu lieu jeudi soir. « On a eu des échanges avec notre direction et la CMA CGM [propriétaire de La Méridionale, Ndlr]. On a demandé que des discussions se rouvrent entre les deux compagnies et que dans l’intervalle, elles suspendent l’affrètement du Massalia », explique Frédéric Alpozzo. Avant de développer la position de la CGT : « On a proposé une solution : suspendre l’affrètement, le Massalia peut ainsi continuer son activité, le personnel est conservé dans les deux compagnies. » La direction de Corsica Linea a notamment proposé un décalage de l’affrètement du Massalia en janvier.

    « Ava Basta ! »

    De son côté, La Méridionale se disait même « arrangeante » pour trouver une porte de sortie. Un début d’avancée certes, mais qui demandait des engagements concrets. Frédéric Alpozzo reste ferme : « C’est à Corsica Linea de suspendre cet affrètement. »

    Justement, le consortium corse CM Holding, à la tête de Corsica Linea, s’est fendu, vendredi après-midi, d’un communiqué à l’intitulé sans équivoque : « Ava Basta ! [Ça suffit en français, Ndlr] ». « Rien ne justifie cette grève. Le dialogue a été tenté. Il se heurte aujourd’hui à une position radicale d’une seule organisation syndicale », juge le consortium. Avant d’assurer que l’affrètement du Massalia est « un projet de réorganisation de notre flotte, qui n’implique aucune suppression de CDI ».

    Notons qu’entre-temps, le STC a décidé de lever son blocage du port de Bastia, annonçant avoir obtenu un protocole d’accord de sortie de grève avec la direction. D’autant que le consortium menace à demi-mot de se retirer de la compagnie : « Les actionnaires ont décidé d’évaluer, d’ici lundi, la forme que prendra leur éventuel engagement futur dans Corsica Linea. Cet engagement n’est pas inconditionnel. » Plus que ça, les actionnaires expliquent qu’une nouvelle stratégie risque d’être mise en place : « La direction de l’entreprise sera informée lundi du cadre de la nouvelle ligne stratégique et sociale décidée par le Consortium. »

    Quoi qu’il en soit, une nouvelle assemblée générale de la CGT des marins de Marseille est prévue, ce samedi matin.

  • Les maisons des syndicats, un combat actuel

    Les maisons des syndicats, un combat actuel

    Bagnols-sur-Cèze, Arles, Tarascon, Carcassonne, Béziers… Dans le sud de la France les menaces pèsent sur les Bourses du travail. Sans surprise, la maire RN de la cité gardoise veut chasser les syndicats de leurs locaux. La maison des syndicats de Tarascon est aussi menacée. Là aussi, le maire RN a mis fin à la convention d’occupation des locaux par la CGT et FO notamment.

    Mais comme l’explique à La Marseillaise Myriam Lebkiri, secrétaire confédérale de la CGT, « de plus en plus, dans des mairies qui ne sont pas RN, on retrouve le même genre de décision. On voit que l’intérêt général du syndicalisme est complètement nié un peu partout » . C’est le cas à Arles où la Bourse du travail est ouverte depuis 1900. Le maire Horizons veut expulser la CGT. La secrétaire générale de la Confédération, Sophie Binet, est venue apporter son soutien en septembre. Déjà en 2024, à l’occasion des 27e Rendez-vous de l’histoire, à Blois (Loir-et-Cher), une carte blanche avait été donnée à l’Institut CGT d’histoire sociale (IHS). L’institut avait choisi pour thème « les Bourses du travail d’hier à aujourd’hui » Lors de son intervention, Sophie Binet avait déclaré que les Bourses du travail « sont un enjeu de lutte aujourd’hui car il y a une rupture entre le monde politique et celui du travail. L’histoire ouvrière a largement été invisibilisée en France. Conserver et faire vivre les Bourses du travail c’est se réapproprier son histoire ». C’est ce qu’explique également Sylvie Brunol, présidente de l’IHS de l’Hérault.

    Un message entendu par le maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS) qui entend construire une maison des syndicats. « Le maire veut faire un contre-exemple aux villes d’extrême droite où les Bourses du travail sont attaquées », résume Mathieu Guy de l’Union départementale CGT de l’Hérault. Faire de Montpellier l’antithèse de Carcassonne, Béziers, Bagnols-sur-Cèze ou Arles, voilà un engagement qui plaît aux organisations. « C’est tout à son honneur d’être dans cette démarche », salue Mathieu Guy.

    En février 2026, la CGT avait lancé une campagne pour les libertés syndicales sous le mot d’ordre « Pas de conquêtes sans libertés syndicales ». Parmi les revendications celle de « sanctuariser » les Bourses du travail. « Les Bourses du travail sont inscrites dans une tradition de service à la population ouvrière avec une mission d’utilité publique pour le syndicalisme. Le droit actuel repose sur une simple faculté pour les collectivités (« peuvent mettre »), ce qui a conduit à une multiplication des expulsions ou des suppressions de subventions pour des raisons purement politiques. » Un rapport met en évidence « que l’isolement des militantes est la première étape de la répression ». Les Bourses du travail sont autant de « base arrière » notamment pour les salariés des TPE-PME et les travailleurs isolés, souligne encore la CGT. Sur le plan législatif, LFI avait déposé une proposition de loi, en 2025, pour garantir aux syndicats l’usage de locaux dédiés.

    Les travaux de l’historienne Danielle Tartakowsky éclairement l’importance des Bourses du travail. Dans son ouvrage Les syndicats en leurs murs, Bourses du travail, maisons du peuple et maisons des syndicats (Ed. Champ Vallon), la professeure émérite d’histoire contemporaine évoque ces lieux « qui magnifient la dignité du travail ». Un patrimoine vivant.

    REPÈRES

    1887

    est l’année de création des Bourses du travail avec l’inauguration de celle de Paris le 3 février 1887. Après Paris, la Bourse du travail de Nîmes est rapidement créée.

    1884

    est l’année où sont légalisés les syndicats professionnels qui vont donner naissance aux Bourses du travail, des lieux, dans un premier temps, qui permettent l’embauche.

    1900

    marque l’ouverture de la Bourse du travail à Arles. Un combat est mené par la CGT pour y rester.