Tag: manifestations

  • AESH : les invisibles de l’école inclusive veulent sortir de l’ombre

    AESH : les invisibles de l’école inclusive veulent sortir de l’ombre

    Elles et ils tiennent l’école inclusive à bout de bras, souvent dans le silence des couloirs, entre deux salles de classe, deux établissements, deux élèves aux besoins différents. Mardi 9 juin, les AESH ont quitté l’ombre pour prendre la rue. À l’appel d’une intersyndicale réunissant notamment FSU, Unsa, CFDT, CGT et Sud Éducation, les accompagnants d’élèves en situation de handicap se sont mobilisés partout en France, et fortement en Occitanie : à Montpellier, Béziers, Nîmes, Alès, devant les rectorats, inspections académiques, sous-préfectures ou théâtres municipaux.

    Partout, le même cri sourd : assez de la précarité organisée. À Montpellier, environ 150 personnes ont défilé jusqu’au rectorat. Parmi elles, Clémence Simier, AESH depuis onze ans dans une école montpelliéraine. « Les AESH en ont marre d’être payés sous le seuil de pauvreté », résume-t-elle. À ses yeux, l’annonce ministérielle d’une possible fonctionnarisation limitée à 10 ou 20% des accompagnants ne répond en rien à l’urgence. « Nous, on veut que ce soit tout le monde. On veut un statut avec un salaire décent. »

    La précarité en héritage

    Dans l’académie de Montpellier, les AESH sont près de 8 000. Dans le Gard, environ 1 800. Un maillon devenu indispensable, mais maintenu dans une fragilité permanente : contrats incomplets, salaires autour de 1 000 euros, affectations mouvantes, manque de formation, temps de préparation invisible. À Béziers, une quarantaine d’AESH ont dénoncé des contrats imposés à 24 heures et des rémunérations sous le seuil de pauvreté. À Alès, même colère devant la sous-préfecture.

    Car derrière les sigles, il y a des vies cabossées par des fins de mois impossibles. À Montpellier, Sandrine Brunie, AESH depuis vingt ans, raconte un salaire de 960 euros mensuels, malgré deux décennies d’expérience. Elle accompagne 8 élèves en dispositif Ulis, passe d’une classe à l’autre, adapte, rassure, reformule, soutient. Un métier « humain », dit-elle, mais usant. Et surtout trop peu reconnu : « Sans AESH, les professeurs auraient beaucoup de mal à gérer les classes, quant aux enfants, ils seraient livrés à eux-mêmes, avec leurs difficultés. »

    À Nîmes, une trentaine de manifestants se sont rassemblés devant l’inspection académique avant d’être reçus par le Dasen. Ingrid Poitevin, AESH depuis 18 ans à Gallargues, décrit « des conditions de travail qui ne cessent de se dégrader ». Elle raconte les élèves multiples, les changements d’établissement, le personnel traité « comme des pions ». Et prévient : « Le système manque de moyens et ne respecte personne : ni les AESH, ni les enfants et leur famille, ni les enseignants. »

    Un statut pour toutes

    et tous

    Au cœur de la colère, la généralisation des pôles d’appui à la scolarité, les PAS, inquiète fortement. Les syndicats redoutent une nouvelle couche administrative qui éloignerait les AESH de leur cœur de métier : l’accompagnement concret des enfants. Certains craignent aussi que l’individualisation des suivis disparaisse au nom d’une gestion comptable de la pénurie.

    Les revendications, elles, sont claires : création d’un véritable corps de fonctionnaires de catégorie B pour toutes et tous, temps complet reconnu, revalorisation salariale, formations qualifiantes et moyens humains à la hauteur des besoins. Une prochaine réunion ministérielle est annoncée le 17 juin. D’ici là, les AESH veulent maintenir la pression. Car dans les classes, chaque absence se voit aussitôt. Et ce sont les enfants les plus fragiles qui en paient le prix.

  • Un programme estival entre culture, musique et traditions à La Ciotat

    Un programme estival entre culture, musique et traditions à La Ciotat

    C’est devant un parterre d’élus et de représentants associatifs que la mairie de La Ciotat a présenté, mardi soir, le programme des festivités estivales 2026. Une saison qui s’étire du 21 juin au 21 septembre et qui, selon le maire Alexandre Doriol (DVD), « s’articulera entre fêtes, culture, musique et tradition ».

    Au total, 150 manifestations sont au programme, accompagnées d’un guide de l’été gratuit tiré à plus de 10 000 exemplaires. « Notre ville est animée, voire un peu trop animée », a glissé le maire avec une pointe d’autodérision.

    La saison s’ouvrira avec la Fête de la Musique avant d’enchaîner sur un mois de juillet particulièrement festif : le Ciotat Jazz Festival du 5 au 9 juillet au Théâtre de la Mer, Musique en Vacances du 16 au 26 juillet avec I Muvrini, le festival Créole Karaïb Plage du 23 au 26 juillet, ainsi qu’Ibrahim Maalouf les 11 et 12 juillet. L’humour sera aussi de la partie avec Faut Rigoler le 6 août et la tournée Get up stand up le 18 août.

    Les traditions ciotadennes resteront au cœur du programme. Les fêtes votives des 15, 16 et 19 août proposeront bénédictions de bateaux et feu d’artifice tiré depuis la mer. Le 22 août, le Port-vieux accueillera la finale des Championnats de France de joutes nautiques.

    Côté sport, une nouvelle discipline fera son apparition cet été : le sandball, dérivé du handball qui sera représenté aux prochains JO. « Sans notre tissu associatif, nous ne serions pas la même ville », a conclu Alexandre Doriol, saluant les partenaires qui co-construisent chaque année cette programmation.

  • à Toulon, ensemble pour refuser l’école de la précarité

    à Toulon, ensemble pour refuser l’école de la précarité

    « On est mobilisés pour les AESH qui sont indispensables, sans qui il n’y a pas d’école inclusive, et pourtant maltraités par le système », commence Cécile, professeure d’histoire-géo au collège Henri-Bosco. « Et elles sont presque toutes en dessous du Smic parce que c’est un temps partiel subi, imposé », ajoute la militante de la CGT. Elle déplore une fois encore une gestion de la pénurie, alors que la priorité voudrait de répondre aux besoins des élèves en situation de handicap, ainsi qu’une juste reconnaissance des missions de service public qui le permettent.

    Avec pour résultat des gamins insuffisamment accompagnés et « des collègues qui sont en souffrance absolue ».

    À ses côtés Bruno Combette (Snes-FSU), explique que dans le département du Var, il y a à peu près 2 000 AESH pour à peu près 4 500 élèves qui ont eu une notification handicap nécessitant un accompagnement individualisé. Un ratio qui démontre le manque de personnel.

    Et de poursuivre : « Nous demandons la création d’un corps de fonctionnaires AESH basé sur une catégorie B de la fonction publique, permettant de reconnaître leur importance et leurs compétences dans l’accompagnement éducatif des élèves. », L’enseignant et responsable syndical témoignant que lorsque les élèves bénéficient de nombreuses heures ils progressent très fortement.

    Mission de service public

    Pour Capucine, AESH depuis 3 ans, « il y a des choses qui semblent évoluer mais au final c’est tout le temps de la poudre aux yeux ». Et de poursuivre : « On était heureux d’entendre qu’il y allait avoir un groupe de travail autour de la titularisation de notre métier. Et on se rend compte que c’est tout l’inverse de ce qu’on attendait. »

    L’espoir d’avoir une vraie considération et un vrai statut, rincé aussitôt. « L’objectif, c’est vraiment de faire disparaître peu à peu notre métier, de remplacer l’aide humaine par des outils informatiques, du matériel », conclut-elle.

    « Ce qu’on réclame, c’est une fonctionnarisation, que ce métier soit totalement reconnu, à sa juste valeur, c’est-à-dire avec une grille salariale revue à la hausse », déclare Zoé Desmoulins (Sud-Éducation), qui dénonce « des conditions de travail toujours plus compliquées, toujours plus dégradées ».

    « Ce qu’on redemande c’est une revalorisation de notre situation, de notre salaire, et une vraie reconnaissance, à l am mesure de la place qu’on a dans l’école et qui ne fait que s’accroître », résume Mounia (AESH).

  • Mondial mexicain sur fond de contestation sociale

    Mondial mexicain sur fond de contestation sociale

    Ils réclament de meilleures conditions de travail ainsi qu’une réforme de leur système de retraite. Les enseignants mexicains, qui bénéficient d’une pension complète plafonnée à l’équivalent d’environ 850 euros, ont lancé une grève nationale et multiplient les actions dans les rues de la capitale à quelques jours du début de la Coupe du monde. Des cortèges de milliers de professeurs défilent aux quatre coins de Mexico, accentuant la pression sur le gouvernement. « C’est une bonne conjoncture. On croit qu’ils peuvent nous écouter un peu plus. On y croit ! Parce qu’on sait qu’avec ce genre d’événement, le gouvernement protège ses intérêts économiques », confie l’un des grévistes au média RFI.

    Un climat de tension à Mexico

    Mercredi, un groupe de manifestants a fait irruption au ministère de l’Éducation à Mexico, utilisant des lampadaires comme béliers lors d’une nouvelle journée de mobilisation. Des membres d’un groupe dissident du syndicat des enseignants, la Coordination nationale des travailleurs de l’éducation (CNTE), ont « vandalisé un poste de garde », « pénétré dans la cour » et « brisé les vitres du hall d’entrée », selon des sources au sein du ministère. « Ils cherchent à provoquer une répression à l’approche de la Coupe du monde », a déclaré la présidente Claudia Sheinbaum lors d’une conférence de presse. « Nous ne céderons pas à la provocation », a-t-elle ajouté. Le gouvernement mexicain a consacré au moins 3 milliards de dollars aux infrastructures liées à la Coupe du monde de football, qui débutera le 11 juin, tout en procédant depuis plusieurs années à des coupes budgétaires importantes dans l’éducation publique. Une hausse de 9% des salaires des enseignants, annoncée par la présidente en mai, n’a pas suffi à apaiser les tensions. « À qui va profiter la Coupe du monde ? Aux grands patrons et aux banquiers ! Comment est-ce possible qu’il y ait autant d’argent pour eux, tandis que nous et nos enfants devenons toujours plus précaires ? », s’interroge une enseignante en colère.

  • Les festivals phares de la région attendent le coup de feu

    Les festivals phares de la région attendent le coup de feu

    La Région Sud est le point culminant français en matière culturelle et artistique. Nous ne voyons pas la culture comme une dépense mais comme une identité, notre force », amorce Sophie Joissains. « Du festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence à Marsatac, en passant par le Festival d’Avignon ou les Chorégies d’Orange », « la culture est un ferment d’espoir et un lien entre tous », estime la vice-présidente de la Région en charge de la culture lors d’une conférence de presse organisée vendredi 29 mai. En dépit d’une baisse de 4% de son budget alloué à la culture, 52,5 millions en 2026, et à l’approche de la saison des grandes manifestations de l’été, l’occasion est donnée de faire un point sur les gros festivals que la collectivité territoriale soutient.

    Primeur de la parole à Richard Galy, président de la Société publique locale (SPL) des Chorégies d’Orange, qui note d’emblée la « nécessité de passer à un autre statut plus adapté, l’Établissement public de coopération culturelle (EPCC), déjà voté par la Région, le Département et la Ville. Nous attendons l’arrêté qui nous permettra d’y associer l’État ». Directeur démissionnaire de la manifestation, Jean-Louis Grinda annonçait il y a quelques mois une « saison 2026 light », divaguant du 19 juin au 18 juillet de La Traviata de Verdi avec Jessica Pratt dans le rôle-titre, à un concert symphonique de Philippe Katerine. « Un nouveau directeur artistique des Chorégies sera nommé la semaine prochaine. Avec l’objectif de proposer ce qui fait l’ADN des Chorégies, le lyrique et la mise en scène », annonce avec soulagement Richard Galy.

    Successions et bougies

    Nommé à la suite de Pierre Audi, décédé il y a un peu plus d’un an, Ted Huffman, nouveau directeur du Festival d’Aix-en-Provence qui se tiendra du 2 au 22 juillet, réaffirme quant à lui que « l’opéra doit demeurer un art vivant. Il faut sortir de l’idée selon laquelle l’art lyrique est un musée. C’est le moment d’aller vers des choses inattendues », souligne le metteur en scène américain. Parmi les « 250 festivals et manifestations » soutenus par la Région sur le millier existant, certains sont présents comme Marsatac, dont la date du 13 juin réunissant Théodora et Disiz est « bientôt sold out », annonce sa directrice Béatrice Desgranges, Tiago Rodrigues, directeur du Festival d’Avignon dont la 80e édition s’élance le 4 juillet, ou encore Michaël Dian, directeur artistique du Festival de Chaillol qui souffle ses 30 bougies dans les Hautes-Alpes dès le 17 juillet. Sans oublier la présence d’Hugo Lucchino, nommé l’été dernier à la tête de la Villa Noailles, à la suite de la mise à pied de Jean-Pierre Blanc par le ministère de la Culture. Avec une programmation articulée autour du festival international de la mode, de la photographie et d’accessoires d’Hyères ainsi que du festival Design Parade à Toulon et dans la région. Aurélie de Lanlay, directrice adjointe des Rencontres d’Arles, tenues du 6 juillet au 4 octobre, met l’accent, elle, sur les différents dispositifs dispensés aux élèves de tous âges autour de l’initiation à la lecture de l’image. « Pour donner des clefs pour permettre aux jeunes de décrypter les images qui les entourent. »

    Le 15e vice-président de la Région en charge de la jeunesse, des sports et de la vie étudiante, Ludovic Perney enchaîne et se félicite pour sa part des « 4 800 élèves » qui ont pu bénéficier de ces ateliers de « lecture de l’image à Arles », mais aussi des parcours initiés au Festival d’Aix ainsi que du nombre de « lycéens accompagnés au Festival d’Avignon ».

    « Mode de vie occidental »

    Si « l’État baisse non seulement ses budgets mais demande aussi aux collectivités un effort pour rembourser la dette nationale », rappelle Sophie Joissains, « il faut faire en sorte que les structures et festivals passent ce mauvais cap ». De son côté, Ludovic Perney voit aussi la culture comme un moyen de s’opposer « aux attaques contre le mode de vie occidental ». Une formule qui laisse pantois, mais que ce candidat à la présidence de la fédération LR des Bouches-du-Rhône « assume », avant de se vautrer dans des explications alambiquées pour tenter de déminer la polémique. « Quand on était à l’école, l’Occident était au milieu de la carte du monde avec l’Europe, et nous, au milieu. Et bien, aujourd’hui, l’axe du monde a changé. Il faut préserver ces valeurs qui sont fondamentales pour conserver la maîtrise de notre destin », dit celui qui aime à citer le moraliste nationaliste et controversé Ernest Renan. Avec tous ces festivals, l’été sera chaud. Mais gare aux coups de soleil idéologiques sur la nuque.

  • Commémoration des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, l’autre 8 mai

    Commémoration des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata, l’autre 8 mai

    « Le 8 mai 1945, la France a manqué à ses devoirs universels et a commis l’inexcusable. » C’est le ton grave qu’Anthony Krehmeier, maire (PS) des 2e et 3e arrondissements de Marseille, a lancé la cérémonie commémorative des massacres du 8 mai 1945, qui se déroulait, ce vendredi après-midi, à côté de la Porte d’Aix.

    Des massacres qui ont lieu à « Sétif, Guelma et Kherrata », comme le rappelle le maire de secteur, lors de manifestations qui font suite à la mort de Bouzid Saâl, jeune militant anticolonialiste qui défilait drapeau algérien à la main, tué par un policier français, le 8 mai. « Trop longtemps, après ces dizaines de milliers de morts, il y a eu le silence des vivants », dénonce Anthony Krehmeier, rappelant qu’une année auparavant, le maire (DVG) Benoît Payan a procédé à la pose d’une plaque commémorative.

    Devoir de mémoire

    « Il est de notre devoir d’entretenir cette mémoire. Cette histoire commune, c’est aussi ce qui lie nos deux rives, Marseille connaît mieux que quiconque la douleur de ceux qui ont subi la colonisation et ses crimes », martèle le maire des 2-3. Outre la pléiade d’élus de la Ville, le député insoumis Manuel Bompard ou le sénateur écologiste Guy Benarroche, de nombreux représentants de la communauté et diaspora algérienne à Marseille étaient présents pour l’occasion, dont le consul adjoint d’Algérie, Ahmed Si-Ahmed. Zoheir Sabri, futur président de l’espace Franco-Algérien, a également pris la parole pour rappeler que le lien entre « Marseille ville des exilés » et les victimes de ce massacre. « Des milliers d’Algériens qui marchaient pacifiquement pour la dignité et l’égalité ont été massacrés par l’armée coloniale. Parmi eux, se trouvaient des familles des mêmes tirailleurs algériens qui avaient versé leurs sangs pour libérer Marseille en août 1944 », lance-t-il.

    En parallèle de cette cérémonie, plusieurs associations et collectifs organisaient un rassemblement revendicatif pour une reconnaissance plus officielle de ces massacres.

  • [1er-Mai] Des défilés poings levés dans le Gard et l’Hérault

    [1er-Mai] Des défilés poings levés dans le Gard et l’Hérault

    Le 1er-Mai est à nous ! Ils se sont battus pour le gagner, on se battra pour le garder ! », scande au micro une militante CGT. A Montpellier (4 500 personnes selon les syndicats), Sète (1 000 personnes), Béziers (500 personnes) ou encore Nîmes (2 500 personnes), les récentes attaques portées par les macronistes et l’extrême droite contre la journée internationale des travailleurs sont dans toutes les têtes. « Le 1er-Mai est une conquête arrachée par la mobilisation il y a plus de 100 ans. Et c’est encore la mobilisation qui nous a permis récemment de le conserver. Nos manifestations sont là pour fêter cette victoire mais aussi pour alerter solennellement le pouvoir politique et le patronat : ne touchez pas au 1er-Mai ! », assène Christine Boularasse, de Sud Solidaires 30. « Cette remise en cause du 1er-Mai est une tentative de détourner l’attention des véritables préoccupations des travailleuses et travailleurs, à savoir les salaires, les pensions, le pouvoir d’achat, l’emploi… », estime Serge Ragazzacci, responsable départemental de la CGT de l’Hérault.

    «On est là pour dire non

    à la guerre »

    Très présente également au cœur des cortèges : la question de la paix,
    « dans un monde où on voit les guerres se multiplier», alerte le syndicaliste héraultais. « On est là pour dire non à la guerre et aux budgets de guerre, oui aux créations de postes et aux services publics », insiste Sabine Reynaud, du Snudi FO 34. Des dizaines de pancartes dénoncent ainsi une économie tournée vers l’armement et affirment leur soutien aux travailleurs sous les bombes en Iran, au Liban ou en Palestine.

    Enfin, à l’image de l’intersyndicale héraultaise qui a appelé, en fin de manifestation, à « une riposte populaire et antifasciste », le mot d’ordre antifasciste était omniprésent dans les défilés à moins d’un an d’une élection présidentielle que l’extrême droite rêve de remporter. Amélie Goursaud

  • Les rendez-vous pour aller manifester ce 1er-Mai

    Les rendez-vous pour aller manifester ce 1er-Mai

    LES RENDEZ-VOUS PACA

    Marseille à 10h30 au Vieux-Port. Martigues à 10h, place Jean-Jaurès. Aix-en-Provence à 10h30, place de la Rotonde. La Ciotat à 10h30 à l’Union locale. Tarascon à partir de 10h30 à la gare. Salon-de-Provence à 10h, devant la mairie. Port-de-Bouc à 10h, parking des Sardinades. Port-Saint-Louis à 10h à la Bourse du Travail. Arles à 10h30, place de la République. Toulon à 10h30 à la Bourse du travail. Draguignan à 10h30 à la Bourse du travail. Saint-Raphaël à 10h30 au rond-point Kennedy. Avignon à 10h30, cours Jean-Jaurès, puis cortège vers le Palais des Papes. Digne-les-Bains à 10h30, place Général-de-Gaulle. Manosque à 11h place Rossini. Gap à 10h place de la République. Briançon à 10h30, esplanade de la mairie.

    LES RENDEZ-VOUS OCCITANIE

    Montpellier à 10h30 place Albert Ier. Sète à 10h30 place de la Mairie. Béziers à 10h30 Bourse du travail. Agde à 10h, haut de la promenade. Lunel à 10h30 hôpital. Bédarieux à 10h30 Maison des syndicats. Clermont-l’Hérault à 11h allée Roger Salengro. Ganges à 11h mairie. Nîmes à 10h30, Maison carrée. Alès à 10h30, devant la mairie. Bagnols-sur-Cèze à 10h30, devant la Poste. Le Vigan à 11h, devant la mairie. Vauvert à 10h30, à l’Union locale.

  • La longue et très actuelle histoire du 1er-Mai

    La longue et très actuelle histoire du 1er-Mai

    S’attaquer au 1er-Mai, seul jour férié et chômé du calendrier, c’est piétiner l’Histoire de France. Si le gouvernement de Sébastien Lecornu a fait mine de reculer en ne soutenant pas la proposition de loi d’Ensemble pour la République (groupe macroniste de l’Assemblée nationale), il a décidé de le satisfaire en partie en rompant avec le respect de la Journée internationale des travailleurs et ce dès ce 1er-Mai et en préparant un projet de loi autorisant les artisans boulangers et fleuristes à faire travailler « leurs » salariés le 1er-Mai 2027. Le tout sur la base du « volontariat », dont on sait ce qu’il pèse dans un rapport de subordination, c’est-à-dire rien. La décision n’est pas anecdotique. C’est une brèche ouverte. Pour mesurer la gravité de ce geste politique du macronisme finissant, mais surtout pour replacer le 1er-Mai dans l’histoire des conquêtes sociales, un bref retour historique est d’intérêt public.

    Au cœur de la matrice du 1er-Mai figure une revendication aussi vitale que centrale : la journée de huit heures de travail à une époque, le XIXe siècle, où les 12 heures quotidiennes sont la norme minimale, six jours sur sept. Dès 1880, « le journal L’Egalité publie un programme élaboré à Londres par Karl Marx, Friedrich Engels, Paul Lafargue et Jules Guesde. La réduction légale de la journée de travail à huit heures y figure comme l’une des principales revendications de son volet économique » relate l’Institut d’Histoire Sociale (IHS), rattaché au syndicat CGT. C’est lors des célébrations du centenaire de la Révolution française, en 1889, que « l’idée d’un mouvement national à date fixe prend corps ».

    En juillet 1889, le IIe Congrès international socialiste réunit à Paris 377 délégués venus du monde entier. Ils votent le 20 juillet une résolution qui marque la naissance officielle du 1er-Mai. Ce texte appelle les travailleurs à organiser « une grande manifestation internationale à date fixe de manière que, dans tous les pays et dans toutes les villes à la fois, le même jour convenu, les travailleurs mettent en demeure de réduire légalement à huit heures la journée de travail ». L’IHS complète : « Au cours des débats, la date retenue fut fixée au 1er mai, en référence à la décision, prise en 1888 par lAmerican Federation of Labor lors de son congrès de Saint-Louis, de faire du 1er mai 1890 un temps fort de lutte pour la journée de huit heures. » En France, le deuxième 1er-Mai, en 1891, demeure dans la mémoire collective : à Fourmies, dans le nord, l’armée tire sur la foule qui revendique la journée de huit heures. Même revendication le 1er-Mai 1906, où la CGT fait de la journée de huit heures le cœur de manifestations grandioses mais aussi meurtrières notamment à Paris. Une année marquée par la pire catastrophe minière à Courrières (Pas-de-Calais) qui fit 2 000 morts.

    Il faudra attendre 1919 pour conquérir les huit heures. La montée du fascisme puis du nazisme accélère l’histoire avec la construction du Front populaire. Le 1er mai 1936 annonce les grandes grèves et les accords de Matignon de juin avec la semaine de 40 heures, les congés payés… Des conquêtes que l’État collaborationniste dirigé par Pétain veut détruire en instaurant « la Fête du travail » en 1941. Après la Victoire sur le nazisme, le 1er-Mai retrouve figure humaine et, en 1947, le ministre communiste du Travail Ambroise Croizat le rend férié, obligatoire, chômé et payé. C’est toujours le cas en dépit de l’offensive des droites et de l’extrême droite en 2026. La guerre d’Algérie est un prétexte pour interdire, à Paris, les défilés du 1er-Mai de 1954 à 1967 ! La CGT décide en 1967 « de reconquérir les rues de Paris en lançant un appel à manifester de la République à Bastille ».

    Parmi les autres grands 1er-Mai figure 2002. Un marée humaine anti Jean-Marie Le Pen (FN), qualifié pour le second tour de la présidentielle. Vingt-quatre ans plus tard, le mouvement social est plus que jamais antifasciste alors que l’extrême droite toque aux portes de l’Élysée à moins d’un an du scrutin.

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille à 10h30 au Vieux-Port. Martigues à 10h, place Jean-Jaurès. Aix-en-Provence à 10h30, place de la Rotonde. La Ciotat à 10h30 à l’Union locale. Tarascon à partir de 10h30 à la gare. Salon-de-Provence à 10h, devant la mairie. Port-de-Bouc à 10h, parking des Sardinades. Port-Saint-Louis à 10h à la Bourse du Travail. Arles à 10h30, place de la République. Toulon à 10h30 à la Bourse du travail. Draguignan à 10h30 à la Bourse du travail. Saint-Raphaël à 10h30 au rond-point Kennedy. Avignon à 10h30, cours Jean-Jaurès, puis cortège vers le Palais des Papes. Digne-les-Bains à 10h30, place Général-de-Gaulle. Manosque à 11h place Rossini. Gap à 10h place de la République. Briançon à 10h30, esplanade de la mairie.

    PAROLES DE SYNDICALISTES

    Sabrina Manca, Secrétaire de l’Union départementale CGT Bouches-du-Rhône

    « Ce 1er-Mai est l’occasion de rappeler l’héritage des luttes ouvrières. Il ne faut pas oublier d’où il vient, que c’est un des seuls jours fériés, chômés et payés ! Ce n’est pas une fête, c’est un moment de lutte pour les droits des travailleurs, c’est une bataille qui a été menée par nos anciens. Il y a eu des morts pour nos droits. On continuera à se battre pour garder ce jour non travaillé, on ne le lâchera pas, d’autant que le gouvernement a voulu passer une mesure de travail pour le 1er-Mai. La mobilisation les a fait reculer, mais on sait qu’ils n’ont pas oublié et qu’ils reviendront à la charge en 2027. Si on perd le 1er-Mai, les travailleurs auront beaucoup perdu. »

    Propos recueillis par Amaury Baqué

    Patrick Vaniscotte, Membre du bureau départemental CGT Vaucluse

    « Le 1er-Mai est un symbole important pour les travailleurs. Et aujourd’hui, il est directement attaqué, en voulant imposer le travail à plus d’un million de personnes. On ne laissera personne supprimer cette journée de lutte. Une journée de mobilisation pour les salaires, la justice sociale, la défense des services publics, mais aussi la paix et la solidarité entre les peuples. Car ce sont les travailleurs et les civils qui trinquent. Sans oublier de rappeler la totale opposition aux valeurs et aux principes de l’extrême droite. On voit une partie de la droite aller dans ce sens, comme le montre le rapport de Charles Alloncle (UDR) contre l’audiovisuel public. Il faut refuser cette extrême droitisation de la vie politique. »

    Propos recueillis par Mack Salman

    Stéphane Martins de Araujo, Secrétaire général CGT ArcelorMittal Fos-sur-mer Bouches-du-Rhône

    « Le gouvernement attaque tous nos conquis sociaux et casse le monde du travail, tout ça pour rentrer de l’argent dans les caisses de l’État et le dilapider en aides aux entreprises. Heureusement que les camarades se sont levés avec certains élus pour faire reculer le gouvernement sur le 1er-Mai. Un peu comme les miniers, les métallos ont travaillé longtemps dans des conditions pas possibles avec des salariés qui venaient au travail et n’allaient pas au bout de leur vie. Ils se sont mobilisés pour qu’on aille mieux. On continue ces luttes pour améliorer la sécurité et la santé au travail. On se battra comme nos aînés pour travailler pour gagner notre vie et pas pour la perdre. »

    Propos recueillis par Antonin Maja

    Sylvain Moretti, Secrétaire départemental de la CGT Alpes-de-Haute-Provence

    « Le 1er-Mai appartient aux travailleurs, il est donc hors de question de se le faire voler par la droite et l’extrême droite ! Les mobilisations de demain ont pour objectif d’affirmer que le 1er-Mai restera pour tous et toutes une journée fériée chômée et payée ! Dans le même temps, la volonté de la CGT 04 est aussi de faire de cette mobilisation très attendue dans un contexte où le prix des carburants explose et pénalisent fortement celles et ceux qui tous les jours utilisent leur véhicule pour aller travailler, le point de départ d’un processus pour le blocage des prix du carburant et des augmentations de salaire. Les travailleurs n’ont pas à choisir entre conduire et manger ! »

    Propos recueillis par Lisa Défossez

    Pascal Maestracci, Secrétaire régional de la CGT construction bois et ameublement Paca

    « Ce 1er-Mai sera plus revendicatif que jamais puisque Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République à l’Assemblée nationale, a tenté de faire passer une loi sur ce jour chômé, le plus symbolique pour les travailleurs. Ce gouvernement a déjà essayé de nous enlever deux jours fériés. Nous continuerons sans relâche à défendre nos droits, à lutter contre cette volonté d’exploitation des classes laborieuses par les plus riches. Nous restons vigilants sur la déréglementation insidieuse du Code du travail. Elle n’est jamais favorable au salarié. On l’a vu sur Plan-de-Campagne : au début, c’était le dimanche sur la base du volontariat, et au final, c’est devenu un jour normal. On ne lâchera jamais le 1er-Mai. »

    Propos recueillis par Myriam Guillaume

    Richard Roméo-Giberti, Secrétaire de l’Union départementale CGT Var

    « C’est une journée pour les droits des travailleurs, et ce jour-là dans le monde entier les gens manifestent de manière coordonnée. Et dans une période où le pouvoir d’achat est attaqué, la crise des énergies grève le portefeuille de tout le monde, le gouvernement et ses alliés, la droite et l’extrême droite, ont secoué l’épouvantail du 1er-Mai et ont ouvert des brèches pour que puissent travailler des salariés. C’est conforme à leur grand projet qui est d’entamer toujours davantage les droits acquis des travailleurs. Lorsqu’ils vont s’attaquer à la cinquième semaine de congés payés j’espère que tout le monde ne trouvera pas ça normal. Alors, manifestons et soyons nombreux ! »

    Propos recueillis par Thierry Turpin

    Alain Tournay, Secrétaire départemental de la FSU Var

    « Ce 1er-Mai est un peu particulier, puisque le gouvernement, aidé par la droite la plus dure et l’extrême droite, voulait nous le voler. Aujourd’hui, grâce à la mobilisation, on a gagné le droit de continuer à avoir ce jour férié. Mais rien n’est joué, puisque de toute façon, ils vont réaborder ça l’an prochain. On veut rappeler que le 1er-Mai, ce n’est pas juste une tradition, c’est une journée de lutte. C’est pour ça qu’on veut un 1er-Mai le plus unitaire et le plus populaire possible. »

    Propos recueillis par T.T.

    Guillaume Pascal, Secrétaire général UD CFDT Bouches-du-Rhône

    « Le 1er-Mai est une journée internationale, fêtée dans 180 pays dans le monde, ce n’est pas une exception française. Aujourd’hui, il est attaqué, fragilisé. Et à force de dérogations : juste pour les fleuristes, juste pour les boulangers, juste ceux qui veulent, ça finit par juste tout le monde ! Ça a commencé avec Sarkozy et le travail du dimanche, ensuite les ordonnances Macron ont grignoté, jusqu’où va-t-on aller ? C’est encore un mépris des syndicats et des travailleurs. » A.B.

    Franck Balliot, Co-secrétaire général FSU Bouches-du-Rhône

    « On est dans une crise profonde du néolibéralisme, il y a une fuite avant du capitalisme. On le voit avec la position du gouvernement qui demande à ses agents du ministère du travail de ne pas sanctionner certaines entreprises lors des contrôles du travail à ce 1er-Mai, donc il leur demande de ne pas appliquer la loi. À côté de ça, les dépenses militaires augmentent, notre slogan pour ce 1er-Mai est donc de «financer les salaires, pas la guerre». »

    Propos recueillis par A.B.

    Etienne Raoul, Secrétaire général Force ouvrière Vaucluse

    « C’est une journée historique, 120 ans après les manifestations pour la journée de huit heures. La journée des travailleurs, ce n’est pas une journée de fête. Il faut rappeler que le budget de la défense dépasse celui de l’Éducation nationale, ce qui est inacceptable. On demande le maintien inconditionnel du caractère férié et chômé du 1er-Mai. Le volontariat le 1er-Mai, ça n’existe pas. Et on continuera à combattre les gouvernements, quels qu’ils soient. »

    Propos recueillis par M.S.

    Alexandra Pourroy, Représentante syndicale CGT poste et télécommunications (FATP) Hautes-Alpes

    « Le gouvernement a essayé de supprimer le 1er-Mai très récemment, et il y a encore des discussions en cours là-dessus dans certains secteurs, ça en fait donc un symbole particulier cette année. On le voit, sans cesse, les droits des travailleurs reculent, ceux des travailleuses je n’en parle même pas… Mais nous tenons à montrer qu’il y a toujours des gens qui veillent sur ces acquis sociaux et qui sont prêts à se mobiliser. »

    Propos recueillis par Ange Fabre

    Sylvain Bartet, Secrétaire départemental FSU Vaucluse

    « Cette journée n’a aucun équivalent, ni en termes symboliques, ni en termes pratiques. S’y attaquer est une offensive idéologique, presque une bataille culturelle. Et ce, de la part des députés macronistes, de droite et d’extrême droite. Ce qui est à nouveau la preuve de l’imposture sociale de l’extrême droite. Car ils sont contre le modèle social, la protection sociale, les droits sociaux. D’autant que cette journée arrive dans une situation très grave d’un point de vue économique, du fait des nombreux conflits. »

    Propos recueillis par M.S.

  • Des structures municipales dans le viseur de Maurizot

    Des structures municipales dans le viseur de Maurizot

    « Nous ne savons pas si nous allons garder Fame », lançait le maire d’extrême droite de Fos-sur-Mer Philippe Maurizot jeudi soir au conseil municipal. La régie autonome Festivités actions manifestations événement (Fame), établissement public organisateur de festivités locales, doit accueillir 6 représentants titulaires et autant de suppléants du conseil municipal à son conseil d’administration, sur proposition du maire.

    Aucun membre de l’opposition n’y figurant, Nicolas Féraud (PCF) demande à ce titre : « Allez-vous inviter un membre de Notre Fos ? », la liste conduite par Rémi Esnault, absent à la séance. « Ou allez-vous expliquer aux Fosséens que votre situation de majorité rend la transparence moins nécessaire que lorsque vous la défendiez », poursuit-il.

    Des audits internes

    À cela, Philippe Maurizot répond que « des audits démarrent sur les structures annexes de la commune » comme Fame, « il n’y a aucune garantie que Fame soit conservée, modifiée ou que nous faisions appel à une autre organisation ». Face à l’insistance de l’élu communiste de répondre à la question, l’édile explique n’avoir « rien à cacher, si un élu veut venir il pourra nous expliquer ce qui a été fait ».

    Dans la même veine, le maire envisage d’« arrêter certains projets comme la SPL sens urbain », la société d’aménagement à capitaux et direction publique associant les communes environnantes, un outil pour l’urbanisme. Même idée pour la Maison pour tous (MPT). « Ces organisations, au-delà du matériel, représentent un budget conséquent » justifie le nouvel édile, obsédé par la rigueur budgétaire (notre édition du 17/04).

    Un détricotage annoncé dans la lignée des mairies tombées à l’extrême droite.