Tag: RN

  • Les opposants aux maires RN du Gard tentent de garder de la voix

    Les opposants aux maires RN du Gard tentent de garder de la voix

    Trois élus dans le Gard bataillent chaque semaine face à la gestion municipale de l’extrême droite. Jérôme Jackel à Bagnols-sur-Cèze, Magali Nissard à Vauvert et Luc Perrin à Beaucaire. Le premier est un soutien de François Ruffin, la deuxième est socialiste et le troisième ne revendique aucune étiquette politique. Ils ne se connaissent pas, n’échangent pas et pourtant, ils mènent le même combat face à une extrême droite qui, en huit mois de gouvernance, s’en est pris à la culture, aux subventions aux associations et parfois aux locaux syndicaux comme à Bagnols.

    Aujourd’hui, ils se battent surtout pour faire entendre la voix de leurs électeurs qui n’ont pas abdiqué face à l’extrême droite. Mais en face, les élus RN tentent de museler l’opposition. « Lors du conseil municipal du mois de juin, Nicolas Meizonnet nous a attaqués de manière virulente sur notre gestion en disant que nous sommes des LFIstes », illustre Magali Nissard. « Le ton est monté après ces attaques. Après la levée du conseil, son directeur de cabinet a provoqué l’opposition. Physiquement, il ne s’est rien passé mais c’était très tendu. Au conseil municipal suivant, nous avons été obligés de rappeler que nous voulons exercer notre droit d’opposition dans le respect et dans le calme, que nous avons le droit de nous interroger et de poser des questions. Nous avons été élus pour cela, c’est notre devoir. »

    À Vauvert, comme à Bagnols, le maire Nicolas Meizonnet communique à tout-va sur les finances de la commune qu’il juge catastrophiques. En conseil municipal, il a par exemple présenté l’audit financier réalisé, sans communiquer les éléments au préalable à l’opposition qui n’a donc pas pu formuler de réponse argumentée. « Je vais saisir la préfecture car dans le règlement intérieur, il est noté que pour chaque délibération à connotation financière, la commission finance doit se réunir et donner son avis. Je suis membre titulaire de cette commission qui ne s’est jamais réunie puisque je n’ai jamais été convoquée », précise Magali Nissard qui va distribuer des tracts pour expliquer la situation financière de la commune.

    Deux recours déposés

    À Bagnols-sur-Cèze, Jérôme Jackel, déjà élu d’opposition face à Jean-Yves Chapelet lors du précédent mandat, connaît son rôle par cœur tout comme son règlement intérieur. « À la suite du conseil municipal du 23 septembre, j’ai engagé un recours devant le tribunal administratif de Nîmes afin de demander l’annulation du nouveau règlement intérieur. Lors de cette séance, j’avais présenté de nombreuses propositions d’amendements destinées à améliorer le fonctionnement démocratique de notre assemblée et à garantir les droits de tous les conseillers municipaux, particulièrement ceux de l’opposition. Or, Pascale Bordes a décidé de soumettre le règlement intérieur au vote sans organiser de vote distinct sur les amendements proposés. À quoi sert le droit d’amendement des élus si leurs propositions peuvent être écartées sans être soumises à la décision de l’assemblée ? », précise Jackel qui n’a pas non plus pu écrire dans le magazine municipal puisqu’aucune édition n’a été diffusée depuis l’élection de Pascale Bordes.

    Plus au sud, à Beaucaire, c’est justement la place accordée à l’opposition dans le magazine communal, sur Facebook et sur le site internet qui a fait bondir Luc Perrin. Suite au vote du conseil municipal sur le règlement intérieur le 22 juillet, l’élu d’opposition a attaqué cette délibération au tribunal administratif. Mais deux jours avant cette audience en référé prévue le 2 octobre, la municipalité beaucairoise a décidé d’annuler le règlement intérieur car « ils étaient sûrs de perdre ». « Aujourd’hui je suis sûr à 95% d’en déposer un nouveau d’ici un mois mais il faut que je sois sûr de gagner sinon c’est 1 500 euros de ma poche », explique Luc Perrin, prouvant avec cet exemple toute la difficulté du rôle d’élu d’opposition, surtout face au RN.

    Mais malgré ces obstacles et les nombreux messages haineux reçus sur les réseaux sociaux, les élus d’opposition au Rassemblement national dans le Gard n’ont pas dit leur dernier mot et comptent bien se faire entendre durant les six ou sept ans de leur mandat.

  • Dans les 11-12, le RN travaille en famille

    Dans les 11-12, le RN travaille en famille

    Lors du dernier conseil d’arrondissements du 6e secteur, le 13 octobre dernier, l’un des deux collaborateurs de la majorité d’extrême droite du secteur avait braqué l’attention sur lui. Alors que l’élu (DVG) Azad Balalas-Kazandjian poursuivait sa prise de parole face au maire RN du secteur, Nicolas P. était venu lui arracher le micro des mains. Face aux protestations de ses oppositions, Olivier Rioult avait été contraint de réprouver publiquement son intervention. Avant de le défendre le lendemain sur les réseaux sociaux. « Il fait 1,70m, il a 23 ans et incarne la gentillesse », écrivait-il en précisant que lorsque le maire de Marseille lui coupe le micro, lui « ne pleurniche pas ».

    Mais dans les coulisses, après cette séance marquée par la démission d’une conseillère de la majorité (notre édition du 14/10), un autre détail a fait tiquer les élus d’opposition, aussi bien à droite qu’à gauche. C’est que le jeune collaborateur diplômé de lycée militaire se trouve être le fils de la 8e adjointe du secteur déléguée à la vie associative et aux centres municipaux d’animation, Karine Fauchard. L’élue et son fils apparaissent ainsi depuis 2020 comme associés de la société civile immobilière (SCI) familiale implantée dans le 13e arrondissement.

    Un mélange des genres questionnable. Mais qui reste dans les clous de la légalité. « C’est le maire de secteur qui n’a pas le droit d’embaucher un membre de sa famille », confirme-t-on en mairie centrale. La municipalité n’intervient ainsi que lorsqu’un risque juridique se présente, notamment pour prise illégale d’intérêt. C’était notamment le cas pour l’ex-maire des 13-14 Stéphane Ravier, alors encarté au RN, qui avait embauché son fils comme jardinier dans sa mairie de secteur entre 2015 et 2017. Il a été condamné en appel le 10 février dernier à six mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt, et s’est pourvu en Cassation.

    Collaborateurs très actifs

    « Les embauches se font au mérite, aux diplômes et à la compétence », assure de son côté Olivier Rioult auprès de La Marseillaise. En glissant qu’il avait « donné entière satisfaction lorsqu’il travaillait au groupe de Madame Vassal en 2022 ». Sans laisser un souvenir impérissable. « Il devait être contractuel ou dans des fonctions opérationnelles et non organisationnelles », estime un cadre à droite.

    Pour les oppositions, l’embauche du fils d’une adjointe du secteur alerte d’autant plus qu’ils observent une parole très cadrée des membres de la majorité par ces mêmes collaborateurs. « Les élus interviennent comme ils le souhaitent », assure Olivier Rioult en indiquant que les collaborateurs proposent simplement des éléments de langage aux élus. À l’issue du dernier conseil d’arrondissements, la conseillère déléguée à l’action sociale, Martine Piazza, était venue s’excuser auprès du maire d’avoir pris librement la parole pour s’opposer à des subventions pour l’accès aux droits qui allaient « financer la submersion migratoire » assurait-elle. Devant la presse, celui-ci l’avait assurée de son soutien.

  • 150 contre la venue de Charles Alloncle à la librairie Les Arcenaulx

    150 contre la venue de Charles Alloncle à la librairie Les Arcenaulx

    Plus de 150 manifestants se sont rassemblés sur le cours d’Estienne-d’Orves, ce vendredi soir, pour dénoncer la séance de dédicaces organisée à la librairie Les Arcenaulx pour le livre du député UDR Charles Alloncle. C’est face aux slogans « RN casse-toi, Marseille est antifa » qu’a été accueilli l’instigateur d’une commission parlementaire à charge contre le service public audiovisuel, accompagné par le député RN Franck Allisio. Qui sont entrés sans un mot pour la presse, l’événement qui n’a attiré qu’une centaine de personnes étant interdit aux médias. « Si on se mobilise, c’est qu’il y a moins d’une semaine, un sympathisant RN a tué une personne et en a blessé cinq autres », expliquait un militant au mégaphone en mettant en cause la responsabilité du parti d’extrême droite et des officines médiatiques du groupe Bolloré dans l’attentat raciste de Trappes. « Il ne faut pas laisser un pouce de terrain aux idées fascistes qui sont des idées mortifères », dénonçait Keto*, de la CGT spectacle, en rappelant ses attaques contre l’audiovisuel public. L’association Libraires du Sud a aussi dénoncé la séance dans cette librairie rachetée en 2025, révoltée qu’elle « devienne un outil de diffusion d’idées politiques nauséabondes ».

    *Le prénom a été modifié

  • Le Medef prône l’entreprise comme solution à la crise

    Le Medef prône l’entreprise comme solution à la crise

    « La situation est très sérieuse dans le pays. » C’est avec gravité que le patron des patrons de la région, Stéphane Benhamou, a fait le point ce jeudi 29 octobre. Fini le président du Medef Sud « punchy » avoue-t-il, pétri d’une « inquiétude » partagée par « une large majorité d’entrepreneurs ».

    D’abord parce que la société est « fracturée » analyse-t-il eu regard des manifestations lycéennes et pour le pouvoir d’achat qui s’égrènent depuis plus d’un mois. Avant ces dernières, « le taux de vacances en centre-ville, 20%, était déjà dramatique à Marseille, on ne peut pas aggraver cette situation-là », estime-t-il, car « chaque fois que le centre-ville est déserté, on laisse la place à des points de deal, à des populations communautaristes qui monnayent les marchands de sommeil et qui amplifient la désertification ».

    Dans cette ambiance « anxiogène », pour lui, « la réponse se trouve dans l’entreprise, la capacité à offrir du travail, des perspectives ». Le Medef Sud organise pour ce faire la deuxième édition d’Action sud, le 1er décembre, sur le campus Esca d’Aix-en-Provence pour « mettre en confrontation les attentes des jeunes et des entrepreneurs » sur différents thèmes, comme l’économie verte, l’IA responsable, la féminisation des filières scientifiques…

    Peser sur le politique

    Plus généralement, les patrons comptent faire valoir leurs propositions à quelques mois de la présidentielle. Elles sont très tranchées. « Nous n’en sortirons pas autrement que par une attaque violente et frontale des lignes de dépenses budgétaires » balance Stéphane Benhamou, partant du principe que les entrepreneurs font déjà assez d’effort.

    « Les dépenses de l’État ne sont plus supportables et la mise en œuvre ne peut en aucune manière être de la responsabilité financière des entreprises » estime-t-il, dénonçant le gel de l’allègement des « charges » sociales, « 11 milliards d’euros prélevés soit 550 euros par salarié ». Pas un mot sur les 112 à 166 milliards d’aides de l’État par an, tous dispositifs compris, selon les travaux d’une commission d’enquête sénatoriale, rendus publics en juillet 2025. Mais une certitude, revoir le montant du Smic à la hausse de façon anticipée, sujet qui devrait être tranché le 5 novembre, n’est pas envisageable. « Nous ne sommes pas contre l’augmentation des salaires, bien au contraire », assure le responsable du Medef Sud, qui se dit préoccupé par « la pérennité des entreprises et les équilibres économiques qui sont entamés ». Et de déplorer l’impuissance d’un pouvoir exécutif et législatif « dépassé, hors sol ». Son credo : « Notre pays doit prendre en compte que le fait économique rythme le développement social, sociétal, environnemental. L’entreprise doit être priorisée. » Raisons pour lesquelles, du RN à LFI, les représentants locaux des candidats sont invités à débattre le 19 novembre à Marseille. Ces « remontées de terrain », permettront au Medef d’affiner sa position au national.

  • La coordination contre l’extrême droite passe les mairies RN au crible

    La coordination contre l’extrême droite passe les mairies RN au crible

    La Coordination départementale contre l’extrême droite (Codex 83) documente depuis 2014, dans le Var, les frasques des élus du parti à la flamme. Dans sa dernière publication, elle met en lumière la fragilisation des contre-pouvoirs et la réduction de la place accordée à certaines expressions culturelles, associatives et politiques.

    À Fréjus, par exemple, le maire David Rachline est notamment épinglé pour une modification du règlement intérieur du conseil municipal accordant davantage d’espace à la majorité au détriment de l’opposition, dans le bulletin municipal. Mais aussi pour la banderole visant les personnes sous obligation de quitter le territoire français, installée sur la mairie, qui a nécessité une intervention du préfet avant d’être retirée. Une majorité qui non seulement continue de distiller son idéologie mortifère, mais gère aussi la commune sans épargner ses administrés. En témoigne le vote d’une hausse de 22,4% de la taxe foncière, mais aussi des tarifs de cantine et du périscolaire. Et ce, alors que le RN fait régulièrement mine de défendre le pouvoir d’achat, rappelle Pascal Brun (Visa). L’occasion de dénoncer une fois encore l’imposture sociale du parti à la flamme.

    À Six-Fours, c’est le peu de respect pour la démocratie municipale qui est pointé, avec un maire coupant volontiers le micro à son opposition en séance publique et refusant une salle de réunion au Parti communiste. Sans compter les subventions sucrées au club de foot historique ainsi que son interdiction d’accéder aux équipements sportifs, avant qu’une décision de justice ne vienne remettre, du moins en partie, un peu d’ordre.

    À Salernes, la Codex s’inquiète des conséquences d’une plainte du maire RN contre un militant antifasciste dont le tort est de documenter les déclarations et les pratiques de ce parti sur Facebook. Mais aussi de la convocation du gérant du cinéma pour la programmation de films sur la Palestine.

    La conception étriquée de la culture par le RN est également épinglée. à Six-Fours, le festival La Vague classique est remis en cause avec une volonté municipale clairement exprimée de réduire les dépenses qui y étaient jusque-là consacrées.

    Climatosceptique, l’extrême droite n’aime pas non plus les mobilités douces et n’a pas de mot assez fort pour critiquer les aménagements de la maire SE de Toulon, Josée Massi. Alors que 500 cyclistes par heure en période de pointe ont été comptabilisés sur la nouvelle piste cyclable de l’avenue de la République. À La Seyne, le maire annonce d’ailleurs la suppression de 200 mètres de piste cyclable avenue Gambetta, afin de créer une trentaine de places de stationnement. On voit en effet les priorités.

    Toujours concernant l’ex-Cité des Chantiers, la Codex pointe la décision du 1er magistrat de priver de parole l’Association nationale des anciens combattants et amis de la Résistance (Anacr) lors de la commémoration de la Libération de la ville.

    À Puget-sur-Argens, où le maire LR a reçu le soutien officiel du RN, la coordination rapporte des propos « insultants » tenus par une élue de la majorité envers une citoyenne dénonçant des contrôles au faciès. Tandis qu’à Saint-Raphaël, le maire de droite dure Frédéric Masquelier est accusé d’avoir fait pression pour « éliminer » une opposante municipale de gauche dans le cadre de sa carrière professionnelle.

    Bien sûr, nos lecteurs connaissent déjà la plupart de ces affaires, dont nous nous sommes fait l’écho dans nos colonnes. Mais mises bout à bout, elles donnent une vision encore plus vertigineuse de l’ampleur des dégâts à l’œuvre dans ce département.

  • [Exclusif] Le collaborateur de Franck Allisio pas encore viré

    [Exclusif] Le collaborateur de Franck Allisio pas encore viré

    Le 9 octobre dernier dès le petit matin, le député RN Franck Allisio avait annoncé mettre fin au contrat de son plus ancien collaborateur parlementaire, Louis Grégoire, après la révélation la veille par nos confrères de Libération de ses publications haineuses sur sa page Facebook privée. Une décision prise « afin de lui laisser le temps de la clarification », expliquait-il par communiqué, en s’en prenant à un article « publié par un média d’extrême gauche ». Mais trois semaines plus tard, son annonce reste encore lettre morte.

    Comme a pu le constater La Marseillaise, l’attaché parlementaire reste en effet toujours déclaré auprès de l’Assemblée nationale comme travaillant auprès du député RN. Une information que confirment les services du palais Bourbon en précisant que s’ils se voient notifiés d’un préavis, le collaborateur est sorti de l’application métier le jour même de la fin de son contrat. « Dès lors qu’un député veut licencier son collaborateur, il doit prévenir l’Assemblée », indiquent les services, qui rappellent que dans la quasi-totalité des cas, les attachés parlementaires sont gérés de façon déléguée par les élus eux-mêmes. Sans entrer dans le cas particulier du député RN de Marignane.

    « Nationalisme social »

    Interrogé par La Marseillaise, Franck Allisio se borne à répondre : « C’est en cours. Dans le respect de la procédure, du droit du travail et des droits des salariés. » Sans préciser quelle procédure a été engagée pour se séparer de son collaborateur, ni quelles autres mesures disciplinaires ont été décidées. Interrogé, Louis Grégoire n’a de son côté pas donné suite.

    « Pour licencier un collaborateur, cela se passe comme dans n’importe quelle entreprise qui relève du droit privé », témoignent plusieurs attachés parlementaires questionnés. « Plus qu’ailleurs, il y a la question du partage des valeurs et l’atteinte à l’image qui peuvent être mis en avant », précise-t-on. Et une avocate en droit du travail de rappeler la procédure : après la convocation qui peut être accompagnée par une mise à pied s’il ne s’agit pas d’une faute simple, l’entretien préalable doit se tenir dans un délai de cinq jours, puis le licenciement doit être notifié dans un délai compris entre 48 heures et un mois. « La procédure doit être engagée dans un délai maximal de deux mois après avoir pris connaissance des faits, s’il s’agit d’une faute grave il faut aller vite », nous explique-t-on. De quoi confirmer que le responsable départemental du RN aurait d’ores et déjà pu licencier son collaborateur.

    Les publications attribuées à Louis Grégoire étaient pourtant édifiantes, entre apologie de la Collaboration et références antisémites. « Pour faire une blague sur les Maghrébins, il faut être Maghrébin, sur les Noirs, il faut être Noir, sur les Juifs, il faut avoir un bon avocat », écrivait-il en 2018 en relayant une publication de l’association d’Alain Soral, tandis qu’en 2019, il cite l’écrivain fasciste et collaborationniste Robert Brasillach lorsqu’il voit dans les émeutes antiparlementaires du 6 février 1934 l’« espérance invincible d’une révolution nationale, la naissance exacte du nationalisme social de notre pays ». « L’armée française reconstituée par Pétain en Afrique du Nord aurait pu faire l’affaire si le colonel de Gaulle n’avait pas cassé les c*** », jugeait-il aussi en 2018. Des écrits « qui dateraient d’il y a dix ans », minimisait Franck Allisio le 9 octobre dernier, en assurant qu’ils étaient « inconnus de tous et antérieurs à son recrutement par l’Assemblée nationale ». Leur révélation ne l’a pourtant pas incité à épurer le plus rapidement possible ses équipes.

    L’élu régional le mieux indemnisé

    En amont de l’examen de son budget, la Région a présenté, ce 23 octobre, l’état récapitulatif des sommes perçues par les élus au titre de leurs mandats et fonctions. Selon les données présentées en date du 30 septembre dernier, c’est le député RN Franck Allisio qui perçoit le plus d’indemnités, à hauteur de 12 664 euros mensuels. Il figure ainsi devant la maire (UDI) d’Aix-en-Provence, mais aussi devant deux autres députés RN, Frank Giletti et Frédéric Boccaletti. Et pour cause : il siège actuellement à l’Assemblée, au conseil régional, municipal et métropolitain. Un cumul rendu possible grâce au recours engagé contre le résultat des municipales. Le montant total perçu reste néanmoins plafonné à 8 897,93 euros par mois, le reste devant être reversé.

    Y.S.

  • Au Pontet, les « échanges » entre mairie et inspection académique interrogent

    Au Pontet, les « échanges » entre mairie et inspection académique interrogent

    La ville du Pontet, dirigée par Joris Hébrard (RN), et l’inspection académique ont signé une convention portant sur « l’échange d’informations à des fins de prévention éducative et de prévention de la délinquance ». Un accord qui ne passe pas pour le Snes-FSU de Vaucluse.

    Dans le document, que La Marseillaise a pu consulter, il est précisé que les informations échangées entre les établissements du premier et du second degré implantés sur le territoire pontétien permettraient de mettre en place un « accompagnement éducatif des élèves » et un « soutien et accompagnement des familles ». Ce, sans préciser de quelle manière, évoquant seulement des « réponses coordonnées, proportionnées et adaptées aux situations rencontrées, dans le respect du périmètre de compétences de chaque institution ».

    Pas de garanties sur

    les contours du document

    Un document qui est « totalement flou » pour le Snes-FSU de Vaucluse. « On a été reçus par le secrétaire général de la direction académique qui était incapable de nous donner d’explications. Nous n’avons pas eu de garanties sur les contours du document, notamment quand la mairie dit qu’elle peut proposer des solutions éducatives sans que l’on sache ce que c’est. Dans tous les cas, ce n’est pas censé être leur compétence », regrette Salima Ouannaï, secrétaire départementale du syndicat. Qui précise qu’un accord similaire avait été signé en 2016 entre la Ville, déjà dirigée par Joris Hébrard, et un chef d’établissement du collège Jules-Verne. « Quasiment personne n’était au courant que cela existait », poursuit la responsable syndicale, qui demande l’annulation de l’accord.

    Contacté, le directeur académique assure que la convention « vise à mieux coordonner les réponses éducatives et actions de prévention dès lors qu’une réponse globale apparaît pertinente pour accompagner un jeune en situation d’absentéisme récurrent ou ayant commis des faits de violence ou d’incivilité au sein ou aux abords d’un établissement scolaire ». Dans sa réponse, elle assure que des conventions de même nature ont été signées à Avignon et Pertuis, tandis que la FSU affirme qu’elles « n’ont rien à voir ». Et de conclure que « son renouvellement périodique vise à en réinterroger le contenu pour un contrôle de conformité et pour un rappel explicite des périmètres de compétences et prérogatives de chacune des parties » et qu’« elle peut être dénoncée avant son échéance en cas de dysfonctionnement constaté ».

  • À La Seyne, la gauche se mobilise pour défendre le marché de Berthe

    À La Seyne, la gauche se mobilise pour défendre le marché de Berthe

    Venus lundi à nouveau au contact de la population du quartier très paupérisé de Berthe, les élus progressistes de l’ex-Cité des Chantiers ont reçu un accueil chaleureux des habitants, inquiets depuis que la municipalité a annoncé, par courrier, vouloir supprimer le marché du mercredi, pour soi-disant augmenter la fréquentation de celui du centre-ville.

    L’occasion pour la gauche de recueillir la parole des habitants et celle des commerçants afin de nourrir leurs interventions lors du prochain conseil municipal. « C’est une mauvaise solution à un vrai problème », déplore le conseiller municipal Stéphane Sacco. Avec, pour commencer, la remise en cause, à nouveau, d’un service de proximité qui se passe bien, « un lieu de vie qui participe aussi au soutien du commerce local ».

    Le groupe Alternative progressiste ne conteste absolument pas la nécessité de redynamiser le centre-ville, mais « par une politique globale ambitieuse ». « En tout cas, pas par des mesures inefficaces prises au détriment de Berthe », reprend l’élu de gauche. L’occasion de rappeler aussi que le maire d’extrême droite « Dorian Munoz s’était engagé pendant la campagne à conserver le marché dans ce quartier ».

    « Une mauvaise solution

    à un vrai problème »

    En revanche, la nouvelle municipalité RN promettait aussi « un marché provençal dynamique en centre-ville », peste le groupe Alternative progressiste, en pointant « un cuisant échec ».

    Parmi les solutions qui pourraient être prises pour faire revenir les habitants cours Louis-Blanc, Stéphane Sacco met en avant entre autres la création d’un marché de producteurs au moins une fois par semaine et la programmation d’une brocante.

    Pour l’opposition, le maintien du marché de Berthe les lundis et mercredis est essentiel. « Pour une fois qu’ils ont quelque chose chez eux, pas question de leur enlever… De déshabiller Paul pour habiller Jacques. » Dans ce quartier prioritaire politique de la Ville, marqué par d’importants problèmes sociaux, les lieux où l’on se retrouve et où l’on échange sont en effet précieux, maintiennent un lien. Réduire sa présence ou fragiliser son fonctionnement risque d’accentuer les difficultés et renforcer le sentiment d’abandon.

    C’est pour toutes ces raisons qu’Alternative progressiste s’engage à mettre toutes ses forces dans la bataille pour faire entendre raison à la majorité. Une réunion publique devrait être organisée prochainement dans le quartier sur le sujet. Et pourquoi pas une mobilisation devant l’hôtel de ville le jour du conseil municipal.

    À la majorité de revoir sa copie ou de préciser ses intentions pour ne pas pénaliser davantage les quartiers nord, déjà mal en point. À moins que cela soit l’objectif de la mairie d’extrême droite que de plonger encore davantage les habitants de la cité populaire dans la désespérance pour mieux les en blâmer ensuite.

    Impensable !

  • À Bagnols, la situation entre la Mairie et la CGT se tend

    À Bagnols, la situation entre la Mairie et la CGT se tend

    La nouvelle maire d’extrême droite de Bagnols-sur-Cèze avait-elle envisagé une telle passe d’armes avec la CGT ? Rien n’est moins sûr. Tout a commencé avec la volonté de Pascale Bordes (RN) de récupérer avant le 30 novembre les locaux de Mendès-France où sont logés quatre syndicats et six associations.

    Les syndicats et responsables associatifs concernés ont tenu un point presse lundi 19 octobre pour réaffirmer leur refus de quitter leurs locaux et se disent prêts à engager un bras de fer avec la municipalité. Ils lui ont d’ailleurs écrit à plusieurs reprises pour demander la présentation du projet pour les locaux de Mendès-France qui justifierait leur départ. Aucun plan n’a été présenté en conseil municipal, mais Pascale Bordes a précisé auprès de Midi Libre qu’elle souhaitait rassembler ici des services municipaux éclatés sur plusieurs sites, et peut-être y installer les locaux de la police municipale, signe que rien n’est encore décidé.

    En parallèle, la CGT a lancé une campagne pour informer la population de cette décision et des conséquences qu’elle pourrait avoir, à la fois pour les travailleurs mais aussi pour les adhérents des associations concernées.

    Contre le travail

    du dimanche

    La municipalité a également consulté les organisations syndicales pour l’ouverture des commerces quinze dimanches par an, dont dix pour les commerces de grande distribution et cinq pour les concessions automobiles. « L’Union locale CGT du Gard rhodanien a émis un avis défavorable à l’ensemble des propositions », précise le syndicat qui rappelle que le repos dominical est un droit arraché en 1906 et que les ouvertures le dimanche favorisent avant tout les grandes enseignes au détriment des commerces de proximité. « À Bagnols, les inquiétudes s’accumulent : départ possible du cinéma, recul des ambitions pour la Pyramide, incertitudes sur la poursuite du partenariat Ville-Département autour du musée Albert-André… À force de fragiliser tout ce qui faisait la vie de notre cité, que restera-t-il à ses habitants, sinon des commerces ouverts plus longtemps avec un pouvoir d’achat en baisse constante ? », interroge la CGT.

  • L’extrême droite RN sous haute protection de l’État pour son congrès

    L’extrême droite RN sous haute protection de l’État pour son congrès

    Le ministre de l’Intérieur a raison. « On parle de la vie démocratique de notre pays, ce n’est pas rien, c’est une liberté constitutionnelle » a-t-il déclaré vendredi, à la veille de la tenue du congrès du RN qui doit lancer officiellement la campagne de la candidate de l’extrême droite à l’élection présidentielle, Marine Le Pen. Sauf que ces propos interviennent alors que la quasi-totalité des manifestations contre la vie chère et pour l’éducation ont été interdites ce samedi 24 octobre. Et que des couvre-feux, apanage des mairies RN, ont été décrétés par des préfets de la République.

    « Il y a une liberté de manifester, il y a une liberté de réunion politique, il faut savoir concilier les deux maintenant ; ça n’est pas tout à fait normal que, pour chaque meeting, on déploie des dispositifs policiers aussi importants », a déclaré le ministre, tandis qu’entre 20 000 et 30 000 opposants au congrès du RN sont attendus samedi, à six mois de l’élection présidentielle.

    Le congrès du Rassemblement national doit réunir quelque 5 000 participants samedi puis jusqu’à 10 000 personnes dimanche lors du lancement officiel de la campagne présidentielle de Marine Le Pen. « Il est hors de question qu’on ne sécurise pas une réunion, une formation politique (…). Et c’est vrai pour toutes les formations politiques », a encore déclaré Laurent Nuñes. Le parcours de la manifestation organisée samedi à l’appel d’une cinquantaine d’organisations, a par ailleurs été modifié car « le préfet du Loiret, à juste titre, a considéré que, compte tenu de la montée en tension des appels à manifester contre la réunion politique du Rassemblement national, la présence d’individus d’ultragauche, d’extrême gauche radicalisés, justifiait qu’on définisse un parcours qui soit un peu plus sécurisé », a détaillé Laurent Nuñez.

    « Des moyens massifs »

    Toute manifestation est en revanche interdite à Orléans dimanche, selon le préfet du Loiret, Hugues Moutouh. « Des moyens absolument massifs ont été mobilisés par le ministère de l’Intérieur » pour assurer la sécurité à Orléans, dont « une quinzaine d’unités de forces mobiles » tout le week-end, « soit près de 2 000 CRS et gendarmes mobiles supplémentaires », a-t-il assuré jeudi. Un blindé Centaure de la gendarmerie et des engins lanceurs d’eau seront également déployés.