Tag: Sophie Binet

  • [Entretien] « À Tarascon, Fibre Excellence mérite plus que des annonces »

    [Entretien] « À Tarascon, Fibre Excellence mérite plus que des annonces »

    Le tribunal de commerce de Toulouse rendra sa décision le 12 novembre sur l’avenir de l’usine de pâte à papier Fibre Excellence à Saint-Gaudens en Haute-Garonne, placée en redressement judiciaire le 27 avril. Mais le sort de Fibre Excellence Provence à Tarascon reste incertain. Après avoir dénoncé « l’incurie du liquidateur judiciaire », l’État lui avait repris les rênes des mains. Une décision prise « en urgence ». Un mois et demi plus tard, ni sécurisée, ni relancée, ça traîne, ça coince. Pourtant des propositions émergent pour redonner un avenir à ces 35ha d’industrie et d’emplois.

    La Marseillaise : Depuis la liquidation judiciaire, vous dénoncez des entraves administratives dans l’activation des droits des salariés. Est-ce encore le cas et combien sont concernés ?

    Jean-Michel Bulinge : Le mandataire a licencié les 270 salariés le 29 août. Or, des bulletins de salaire couvrent le 31 août, voire septembre. Ces incohérences bloquent l’ouverture de droits auprès de France Travail. Nous sommes encore une cinquantaine privés d’emploi avec des dossiers ingérables.

    Vous dites être « écartés » des opérations de mise en sécurité. Vous craignez des accidents ?

    J.-M.B. : Les salariés qui connaissent les installations, leurs particularités et leurs risques continuent d’être écartés des opérations. Lors des derniers épisodes de pluies et quelques anciens salariés ont été appelés en urgence sur le site. Il y a toujours des produits dangereux, des milliers de tonnes de bois. À ma connaissance seul le fioul a été évacué. L’État a dénoncé l’incurie des liquidateurs mais qui répond de l’inaction de l’État aujourd’hui ? La sécurité des populations, des salariés et du Rhône exige davantage que des annonces.

    Vous restez mobilisés pour la reprise de l’activité. Où en est-on du soutien de l’État ?

    J.-M.B. : Le 18 septembre dernier, le ministre délégué chargé de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, dénonçait publiquement « l’incurie des liquidateurs » et annonçait que l’État reprenait la main en « urgence impérieuse » avec l’Ademe, agence de la transition écologique, pour sécuriser le site. Plus d’un mois après, la CGT est en droit de demander où sont les résultats. L’Ademe avance à un rythme qui interroge.

    Des acteurs économiques ont manifesté de l’intérêt pour le projet de diversification que vous défendez. Y-a-til des freins ?

    J.-M.B. : Il y a une proposition d’Alliance industrie et deux autres projets dont les porteurs réclament des visites. Mais le liquidateur ne répond pas, comme il le fait depuis son arrivée. Des projets émergent, des industriels manifestent leur intérêt et la Région sollicite des visites. Chaque retard fragilise davantage les possibilités de redémarrage, les emplois et les compétences industrielles du territoire. L’accord obtenu par le syndicat de la filière bois avec la préfecture pour le traitement de 100 000 tonnes à Gardanne ne suffira pas. Nous proposons une chaîne locale, entière et diversifiée de réemploi du bois, créatrice d’emplois.

    Vous demandez des actes. À qui et lesquels ?

    J.-M.B. : Au ministre nous demandons : un bilan public des engagements pris, un calendrier de sécurisation et des garanties concrètes sur la préservation de l’outil industriel. À l’Ademe : une accélération des opérations, la transparence sur les moyens mobilisés et l’association des ex-salariés disposant des compétences nécessaires. Aux liquidateurs : la régularisation immédiate des dossiers sociaux et des réponses aux demandes de visite. Aux pouvoirs publics : l’organisation rapide d’une réunion avec les représentants des salariés, la Région, l’Ademe et les acteurs industriels intéressés pour examiner les projets et les possibilités de relance.

  • Le droit de manifester bafoué dans l’Hérault

    Le droit de manifester bafoué dans l’Hérault

    Le couperet est tombé jeudi en toute fin de journée. Au prétexte des violences du 17 octobre, la préfète de l’Hérault a décidé d’interdire les manifestations prévues samedi 24 octobre à Montpellier. Une annonce qui semble coordonnée au plus haut de l’État puisque c’est à la même heure que le préfet des Bouches-du-Rhône a communiqué lui aussi, annonçant une interdiction de manifester, cette fois-ci à Marseille. Idem dans le Var.

    Le chef de l’État avait donné le ton un peu plus tôt, jeudi, à l’issue d’un conseil de sécurité en affirmant que « la recommandation générale, c’est qu’il n’y ait pas de manifestation dans les jours à venir ». Les demandes formulées par « des gens qui n’ont aucune légitimité pour cela » seront refusées, a-t-il prévenu. « Ce n’est pas le moment, parce que nous voulons un retour au calme. » Celles venant d’organisations syndicales se verront proposer des circuits alternatifs pour protéger « nos centres-villes et en particulier nos commerces et nos bâtiments », a indiqué Emmanuel Macron, qui devait par ailleurs effectuer un déplacement vendredi auprès des forces de l’ordre. Le chef de l’État avait convoqué l’ensemble des services de renseignement, accusés d’avoir mal anticipé la mobilisation du 17 octobre. Emmanuel Macron a réclamé « la plus grande dureté » contre les « actes de délinquance », ainsi que contre les groupes « d’ultragauche » ayant cherché, selon lui, à « faire tomber la République ». Rien de moins.

    Une manière d’ouvrir un peu plus le parapluie en kevlar après le fiasco du maintien de l’ordre de samedi dernier où les pillages, en marge des grandes manifestations pacifiques, n’ont pas été stoppés pendant des heures. Le gouvernement et le chef de l’État ont choisi la réponse ultra-sécuritaire. Le très décrié ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a annoncé lors des questions au gouvernement, mardi, qu’il déploiera « évidemment » les forces Sentinelle de l’armée. Elles auront pour objectif d’être « en substitution des forces de sécurité intérieure principalement sur des missions de sécurisation statique » afin de « dégager des policiers et des gendarmes pour assurer des missions de maintien de l’ordre ». À côté de ces militaires, il y aura aussi la BRI, le GIGN, et le Raid. Les nouveaux blindés Centaure de la gendarmerie, des hélicos et les engins lanceurs d’eau pourront être mobilisés pour l’Acte II des manifestations contre la vie chère ce samedi. Les préfets sont donc au diapason.

    En visite ce jeudi à Toulon dans le Var, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet a appelé les salariés et les jeunes à ne pas tomber dans le panneau de la provocation tendu par le gouvernement. « Ce qu’on veut, c’est qu’on parle de nos vies, qu’on parle de nos conditions de travail, de nos salaires, de nos retraites, de nos services publics », a-t-elle insisté. « On ne répond pas à une mobilisation sociale par de la répression. » a-t-elle affirmé. Sophie Binet condamne les dégradations survenues lors de précédentes manifestations, mais dénonce leur utilisation pour justifier les interdictions.

    Reçue mercredi à Matignon avec les autres responsables syndicaux, la responsable de la CGT est cinglante : « Le Premier ministre, le gouvernement ne nous a annoncé aucune mesure, aucune prise en compte de nos revendications », a déclaré Sophie Binet, à l’issue d’une réunion d’environ 2 heures et demie.

    Elle a estimé que « l’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation, la grève doit prendre le relais » à partir du 5 novembre à l’occasion d’une nouvelle journée annoncée début octobre par l’intersyndicale.

  • Sophie Binet appelle à une grève massive partout le 5 novembre

    Sophie Binet appelle à une grève massive partout le 5 novembre

    On ne peut pas être le même nombre d’infirmières que lorsqu’on avait 40 patients par jour, il y a cinq ans. Aujourd’hui, on en a 80, voire 90. Ce n’est pas possible ! », explique une infirmière du service oncologie en grève à la secrétaire générale de la CGT qui est venue apporter son soutien au mouvement, jeudi après-midi devant l’entrée de l’hôpital Sainte-Musse. Cette dernière appelle la direction de l’établissement à ouvrir immédiatement des négociations avec la CGT et à répondre aux revendications des soignantes « 100% légitimes ».

    Une situation qui illustre une crise plus profonde de l’hôpital public, rappelle Sophie Binet. « Ça tient grâce au dévouement des professionnels, mais au bout d’un moment, ça craque », prévient-elle. Et de poursuivre : « Elles ne vont pas pouvoir continuer à sauver la vie de toute la terre au détriment de leur santé à elles ».

    Et de dénoncer un système qui repose trop largement sur le sens du devoir des personnels hospitaliers avec des conditions de travail toujours plus dégradées. Mais aussi les conséquences possibles sur les patients, notamment en oncologie, où les retards de dépistage et de prise en charge peuvent peser sur les chances de guérison.

    Au-delà de l’hôpital et des services publics malmenés, c’est sur l’urgence sociale que Sophie Binet a été abondamment interrogée à l’avant-veille d’une nouvelle mobilisation contre la vie chère.

    Et à la question « Comment répond-on au brûlot social ? », la patronne de la CGT résume : « Il faut augmenter les salaires. C’est pas très compliqué ».

    L’occasion de rappeler que la CGT demande une hausse du Smic, l’indexation des salaires sur les prix et le blocage des prix des produits de première nécessité. Sophie Binet a également appelé à mieux répartir les richesses créées par le travail, fustigeant les entreprises qui privilégient les dividendes et la rémunération des actionnaires au détriment des salariés.

    Ne pas tomber dans le panneau de la provocation

    « Ce qu’on veut, c’est qu’on parle de nos vies, qu’on parle de nos conditions de travail, de nos salaires, de nos retraites, de nos services publics », a-t-elle insisté.

    La question des mobilisations immédiates s’est aussi invitée dans les échanges, alors que dans le Var la manifestation vient d’être interdite par le préfet. Une liberté fondamentale quelque peu bafouée.

    « On ne répond pas à une mobilisation sociale par de la répression », a-t-elle affirmé, en appelant les jeunes et les salariés à ne pas tomber dans le panneau de la provocation tendu par le gouvernement. La secrétaire générale condamnant sans détour les dégradations survenues lors de précédentes manifestations, mais dénonçant leur utilisation pour justifier des interdictions plus larges.

    Pour autant, la CGT du Var ne lance pas d’appel à participer à la mobilisation de samedi. Le responsable de l’Union départementale varois Richard Roméo-Giberti précisant : « Nous informons nos militants de la situation et cherchons à garantir leur sécurité ». Et de poursuivre : « Ça fait 10 ans que l’État, à travers différentes réformes, de la loi travail jusqu’aux retraites, méprise les corps intermédiaires, et là, il faudrait qu’on vienne à la rescousse… »

    Sophie Binet, elle, sera samedi à Orléans pour un meeting et une manifestation contre le danger de l’extrême droite. Elle appelle les jeunes et les travailleurs à ne pas se laisser détourner de leurs revendications par les tensions et les provocations. « Depuis une semaine, on n’entend plus que ça. Et on n’entend plus parler des revendications sur la vie chère et des revendications des jeunes », a-t-elle déploré, appelant à remettre les questions sociales au centre du débat.

    « L’objectif c’est vraiment de prendre le relais »

    Après les mobilisations de la jeunesse et les rassemblements contre la vie chère, la CGT veut faire converger les colères et installer le mouvement dans la durée avec un temps fort le 5 novembre. « L’objectif, vraiment, c’est de prendre le relais », a expliqué Sophie Binet, qui appelle à une mobilisation massive dans les entreprises comme dans les services publics.

    Ce qui nécessite de se réunir partout sur les lieux de travail en assemblées générales afin de définir les revendications et d’organiser la grève, le 5 novembre et au-delà.

    Pour la CGT, l’enjeu est de transformer la colère en rapport de force durable, plutôt que de s’en tenir à des mobilisations ponctuelles. Sophie Binet souligne d’ailleurs une hausse importante des demandes d’adhésion syndicale depuis le début du mouvement.

    La secrétaire générale a également mis en avant l’importance des élections professionnelles et du vote pour la CGT. Et de conclure : « Il faut que tous les travailleurs et les travailleuses se syndiquent. Il y en a ras le bol que les salariés et les fonctionnaires soient humiliés, piétinés, méprisés ».

    ET AUSSI

    Le PCF du Var qualifie l’interdiction de manifester de « sidérante »

    Dans un communiqué, ce jeudi, la fédération PCF du Var estime que « la décision du préfet du Var d’interdire tout rassemblement de nature revendicative est sidérante. […] Cet arrêté s’inscrit dans la logique du pouvoir de ne pas répondre aux difficultés que rencontrent nos concitoyennes et concitoyens et à leurs exigences légitimes ». Les communistes varois ajoutent : « Empêcher la contestation sociale traduit une dérive sécuritaire, celle-ci n’éteindra pas la colère, au contraire, elle ne fera qu’accroître la frustration. […] L’urgence, ce n’est pas d’étouffer la contestation, l’urgence c’est de répondre aux revendications légitimes. Le PCF soutien les mobilisations sociales et demande à ses adhérentes et adhérents d’agir pour faire grandir les mobilisations décidées par les organisations syndicales et de jeunesse […]. »

    Le PCF 13 s’associe au référé liberté des organisations syndicales

    « L’État a organisé le chaos en refusant d’assurer la sécurité des manifestant.es et entend désormais les faire taire », commente le PCF des Bouches-du-Rhône dans un communiqué. Et d’ajouter : « Nous ne pouvons-nous résoudre à cette décision autoritaire et dangereuse, c’est la raison pour laquelle nous nous associons au dépôt d’un référé liberté aux côtés d’organisations syndicales. »

    Aix-Marseille : la CCI recommande de fermer les commerces samedi

    Dans un communiqué publié jeudi soir, CCI d’Aix-Marseille Provence recommande aux commerçants « de maintenir exceptionnellement leurs commerces fermés ce samedi 24 octobre (…) afin de préserver la sécurité des commerces, de leurs salariés, de leurs clients et de faciliter l’action des forces de l’ordre mobilisées sur le terrain ».

    Plan de Campagne : rappel de la demande d’un commissariat

    Soulignant que « l’amalgame » entre les lycéens aux revendications légitimes « avec les casseurs est intolérable », la section du PCF de Septèmes/Les Pennes/Cabriès souligne dans un communiqué publié jeudi qu’« empêcher les casseurs de nuire, doit être l’objectif prioritaire des forces de l’ordre ». Face aux pillages qui se sont déroulés le week-end dernier sur divers sites dont celui de la zone de Plan de Campagne, ils pointent « l’évidence » du manque de moyens de la police et rappellent qu’ils réclament aux côtés de la population et depuis plusieurs années un Commissariat de plein exercice sur cette zone.

  • Les syndicats face au mur de Matignon

    Les syndicats face au mur de Matignon

    L’heure est venue un « nouveau cap » dans la mobilisation a estimé la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, mercredi, après plus de deux heures de réunion infructueuse avec le locataire de Matignon. Pour sa part, Marylise Léon de la CFDT a, elle, jugé « impératif qu’il y ait des réponses sociales » d’ici le 5 novembre, date d’une journée de grèves et de manifestations interprofessionnelle à l’appel de tous les syndicats, hormis, pour l’heure, la CFE-CGC.

    « Le Premier ministre, le gouvernement ne nous a annoncé aucune mesure, aucune prise en compte de nos revendications », a déclaré Sophie Binet, à l’issue d’une réunion d’environ 2 heures et demie. Elle a estimé que « l’heure est venue de franchir un nouveau cap dans la mobilisation, la grève doit prendre le relais » à partir du 5 novembre à l’occasion d’une nouvelle journée annoncée début octobre par l’intersyndicale.

    La CGT dans la rue samedi

    Samedi 24 octobre, la CGT sera présente dans la rue « pour accompagner celles et ceux qui souhaitent se mobiliser, pour protéger les jeunes et les travailleurs et travailleuses qui souhaitent se mobiliser […] », a également annoncé la responsable de la confédération. Certains organisateurs de la journée de mobilisation du 17 octobre ont appelé à un « acte II » ce jour-là, déclarant notamment une manifestation à Paris.

    Pour la secrétaire générale de la CFDT Marylise Léon, « le rendez-vous de mobilisation, c’est le 5 novembre et d’ici là, il est impératif qu’il y ait des réponses sociales à ces attentes de l’ensemble des travailleurs et des travailleuses qui attendent depuis […] de nombreuses années, une reconnaissance ». Elle poursuit : « Quand on leur dit [au gouvernement] qu’il y a déjà une colère qui monte, il y a besoin d’apporter des réponses, c’est dès aujourd’hui qu’il faut pouvoir y répondre sur la question des salaires, sur la question des rémunérations des fonctionnaires », a-t-elle insisté, trouvant « le gouvernement pas vraiment dans le tempo ».

    Le président de la CFTC Cyril Chabanier a également jugé la réunion « très décevante » mais souligné que le gouvernement avait « ouvert la porte à ce qu’il y ait une discussion autour du Smic ». Devant le Sénat, le Premier ministre a expliqué avoir confié un « chantier » au ministre du Travail Jean-Pierre Farandou sur les questions de salaires et d’aides aux entreprises. Sur ces sujets, « il faut avancer vite », dit Sébastien Lecornu.

    « La meilleure façon pour calmer les manifestations, c’est d’avoir des premières mesures qui font tomber la colère, et ça, aujourd’hui, on ne l’a pas », a-t-il constaté. Côté Éducation nationale, la secrétaire générale du Snes-FSU (second degré), Sophie Vénétitay, a dit sortir de la réunion « avec un calendrier et une méthode », notamment la date de lundi pour une réunion « sur la base des remontées sur la plateforme » de concertation ouverte pour les lycéens. « Au bout de quatre semaines de mobilisation, c’est quand même très en dessous de ce qu’on peut attendre. Ça veut dire qu’aujourd’hui, le gouvernement n’est toujours pas en mesure d’apporter des réponses concrètes à la fois aux lycéens et au personnel », a déploré Sophie Vénétitay, estimant que « ce gouvernement a trois trains de retard ».

    Après le fiasco du maintien de l’ordre de samedi dernier où les pillages, en marge des grandes manifestations pacifiques, n’ont pas été stoppés pendant des heures, le gouvernement a choisi la réponse ultra-sécuritaire. Le très décrié ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a annoncé lors des questions au gouvernement, mardi, qu’il déploiera « évidemment » les forces Sentinelle de l’armée. Elles auront pour objectif d’être « en substitution des forces de sécurité intérieure principalement sur des missions de sécurisation statique » afin de « dégager des policiers et des gendarmes pour assurer des missions de maintien de l’ordre ». À côté de ces militaires, il y aura aussi la BRI, le GIGN, et le Raid. Les nouveaux blindés Centaure de la gendarmerie, des hélicos et les engins lanceurs d’eau pourront être mobilisés pour l’Acte II des manifestations contre la vie chère samedi prochain.

  • Contre l’injustice sociale, des manifs en nombre

    Contre l’injustice sociale, des manifs en nombre

    La convergence des colères va se cristalliser ce samedi 17 octobre. Montpellier, Béziers, Nîmes, Alès : les principales villes de l‘Hérault et du Gard sont concernées par les manifestations où vont se mêler syndicats, organisations lycéennes et étudiantes et citoyens dont des anciens et nouveaux Gilets jaunes. Une convergence des luttes dont le carburant est certes le pouvoir d’achat en berne mais aussi les attaques contre les services publics et l’injustice sociale, notamment fiscale après dix ans de macronisme.

    Jeudi, plus de 1 000 actions étaient déjà recensées dans toute la France sur une carte collaborative pour la journée de samedi. Manifestations dans les centres-villes mais aussi rassemblements ou actions sur des ronds-points, sur des ponts, dans des stations-service, à des péages, dans des gares, des ports, des raffineries, des dépôts pétroliers : la carte collaborative publiée sur le site 17octobregiletjaune.net affichait jeudi matin 1 025 actions, dont une petite moitié de manifestations.

    Reposant sur les déclarations de personnes souhaitant participer, le nombre d’actions recensées sur ce site a explosé ces derniers jours, passant de 279 lundi à la mi-journée à 768 mercredi midi et 1 025 jeudi matin. Mardi, les organisations de jeunes présentes à la manifestation parisienne des lycéens (Union syndicale lycéenne, Union étudiante, Unef, Fage) ont appelé à rejoindre la mobilisation de samedi. L’appel « jaunes et jeunes » diffusé sur le même site internet reprend revendications, « classes à 35, profs absents, Parcoursup », et appelle également les retraités, agriculteurs, habitants des quartiers ou encore défenseurs du climat à faire « converger » les mobilisations le 17 octobre.

    Les organisateurs de la marche pour le climat du 26 septembre ainsi que, côté agriculteurs, la Confédération paysanne, ont notamment appelé à rejoindre la mobilisation.

    Grève interpro

    le 5 novembre

    La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, présente à la manifestation parisienne mardi, avait déclaré que « tant qu’il n’y a pas de réponse aux revendications, la mobilisation va continuer », avec en ligne de mire les multiples rassemblements prévus samedi sur le pouvoir d’achat. « Nous vous appelons massivement à rejoindre le mouvement des Gilets jaunes samedi pour enfin faire vivre cette convergence des luttes », avait pour sa part lancé le président de l’Union syndicale lycéenne (USL), Ryad Rani.

    Mercredi soir en meeting à Toulon, la secrétaire générale de la CGT voit dans le mouvement des jeunes « la cerise sur le gâteau » Après les multiples mobilisations de la rentrée (contre les violences sexuelles, grèves des pompiers, du secteur de l’énergie, de la fonction publique…). Et son succès un enjeu politique qui « lancera une dynamique et mettra l’extrême droite en difficulté pour l’échéance électorale à venir. Ils portent des revendications précises, mais aussi un message plus large : quel avenir nous préparez-vous ? » Cet avenir, les retraités, mobilisés aussi mercredi pour leur dignité, ont un rôle à y jouer : « Le gouvernement oppose les générations en faisant croire que, pour améliorer la situation des jeunes, il faut prendre aux retraités, alors qu’ils prennent aux deux pour donner au capital. Il faut montrer que retraités, jeunes et actifs sont main dans la main ! »

    C’est à ce titre que Sophie Binet appelle travailleurs du privé, fonctionnaires, retraités et jeunes à se rassembler aussi le jeudi 5 novembre, après des vacances qui vont logiquement « ralentir les mobilisations étudiantes ». Comme l’explique également le secrétaire général de la CGT de l’Hérault, Serge Ragazzacci , « l a meilleure manière de préparer un avenir à notre jeunesse c’est de se mobiliser pour nos salaires, nos conditions de travail, l’accès à l’emploi etc… C’est pour cela qu’il y a la date du 5 novembre, qui est la suite de ce qu’on a construit le 29 septembre sur la fonction publique ». Il s’agit aussi de peser, sur un débat budgétaire qui fait craindre des coupes drastiques dans les dépenses publiques.

    « Il faut battre le fer tant qu’il est chaud », dit Sophie Binet, rappelant que le RN, veut, quant à lui, « procéder à 150 milliards d’euros de coupe ». Une idée loin de déplaire au Medef, selon elle. « Ils font beaucoup de politique. Patrick Martin [président du Medef, Ndlr.] a dit qu’il serait le premier à fuir si LFI arrivait au pouvoir. On ne le retient pas ! »

    LES RENDEZ-VOUS

    Montpellier

    Manifestation prévue samedi 17 octobre à partir de 14h sur la Place de la Comédie.

    Béziers

    Dans le biterrois, le rendez-vous est fixé samedi par l’intersyndicale CGT, FSU, Solidaire devant la Bourse du travail à 10h30.

    Nîmes

    Le départ de la manifestation aura lieu devant la gare de Nîmes centre à 14h, samedi.

    Alès

    Le mouvement donne rendre-vous dès 8h samedi au rond point de l’Hyper U.

  • En déplacement à Toulon, Sophie Binet invite travailleurs, retraités et étudiants à descendre dans la rue le 5 novembre

    En déplacement à Toulon, Sophie Binet invite travailleurs, retraités et étudiants à descendre dans la rue le 5 novembre

    Si la venue de Sophie Binet dans le Var était programmée depuis plusieurs mois, elle s’est avérée plus à propos que prévue : « On ne pensait pas se retrouver dans cette situation », a-t-elle confié lors d’un meeting toulonnais suivi par de nombreux syndiqués de toutes les congrégations du département, mercredi.

    Un moment que Richard Roméo-Giberti, le secrétaire général de l’UD CGT du Var, a introduit, au vu du contexte, par un rappel historique : « Nous ne sommes pas dans la Bourse du travail historique, dont nous avons été exclus par l’extrême droite en 1995. Mais partout où cela arrivera, nous résisterons. » À travers ses mots, la volonté de « riposte », dans un des départements les plus marqués par le fer du RN. Cette résistance se construit aussi dans l’avenir, tel que l’ont montré Camille, César et Denis, trois des leaders du mouvement lycéen toulonnais, venus apporter un vent de fraîcheur salué par les vivats des travailleurs.

    Le débat budgétaire

    dans le viseur

    Après les multiples mobilisations de la rentrée (contre les violences sexuelles, grèves des pompiers, du secteur de l’énergie, de la fonction publique…), la secrétaire générale de la CGT voit dans celle des jeunes « la cerise sur le gâteau ». Et son succès un enjeu politique qui « lancera une dynamique et mettra l’extrême droite en difficulté pour l’échéance électorale à venir. Ils portent des revendications précises, mais aussi un message plus large : quel avenir nous préparez-vous ? »

    Cet avenir, les retraités, mobilisés mercredi, ont un rôle à y jouer : « Le gouvernement oppose les générations en faisant croire que, pour améliorer la situation des jeunes, il faut prendre aux retraités, alors qu’ils prennent aux deux pour donner au capital. Il faut montrer que retraités, jeunes et actifs sont main dans la main ! »

    C’est à ce titre que Sophie Binet appelle travailleurs du privé, fonctionnaires, retraités et jeunes à se rassembler le jeudi 5 novembre, après des vacances qui vont « ralentir les mobilisations étudiantes ». Pour peser, aussi, sur un débat budgétaire qui fait craindre des coupes drastiques dans les dépenses publiques. « Il faut battre le fer tant qu’il est chaud », clame Sophie Binet, rappelant par ailleurs que le RN, veut, quant à lui, « procéder à 150 milliards d’euros de coupe ». Une idée loin de déplaire au Medef, selon elle : « Ils font beaucoup de politique. Patrick Martin [président du Medef, Ndlr.] a dit qu’il serait le premier à fuir si LFI arrivait au pouvoir. On ne le retient pas ! »

    Autre échéance à venir en décembre : les élections professionnelles dans la fonction publique, motif initial de sa venue dans le Var. « Voter CGT, c’est protéger le statut de la fonction publique, mais certainement pas le statu quo. ça commence par régulariser l’ensemble des contractuels et des précaires », soutient la secrétaire générale de la CGT.

  • Jeunes et anciens, des liens par les luttes

    Jeunes et anciens, des liens par les luttes

    Le gouvernement veut tondre les retraités avec un projet de budget aussi injuste que socialement mortifère. Le gouvernement ne répond pas aux aspirations des lycéens. Aux deux extrémités des générations, les plus anciens et les plus jeunes, ce n’est que mépris et maltraitance de la part de la macronie, de la droite et de l’extrême droite.

    Lycéens et retraités disent stop ! Leurs colères convergent alors que les politiques austéritaires ont détricoté les services publics, ces biens communs de tous et singulièrement des classes populaires. Aujourd’hui, les colères grondent et les revendications s’agrègent.

    Vivre dignement

    Vivre bien et dignement. Étudier dans des conditions décentes. Vieillir dans la sérénité et que la retraite ne soit pas cette « antichambre » de la mort, comme le disait le ministre du travail communiste, Ambroise Croizat, au moment de la création de la Sécurité sociale, en 1946. Voilà des aspirations raisonnables, légitimes, toujours neuves, comme le progrès social, arraché, sans exception, par la lutte.

    C’est parce qu’ils ne se résolvent pas à être sacrifiés pour des objectifs comptables que les lycéens battent le pavé. Leurs actions participent pleinement du mouvement social. Leurs revendications sont claires, aiguillonnées par l’aspiration à l’égalité républicaine. À court terme, les jeunes, les anciens, les salariés s’emparent de l’échéance du samedi 17 octobre contre la vie chère. Sophie Binet l’a rappelé mercredi soir à Toulon, la convergence des luttes sociales est nécessaire face à des choix politiques qui tournent le dos à l’intérêt général.

  • Un appel à manifester au début des vacances, samedi

    Un appel à manifester au début des vacances, samedi

    Le mouvement lycéen tient la dragée haute au gouvernement. 480 000 jeunes (selon l’intersyndicale de la jeunesse) ont manifesté dans toute la France, alors que la précédente journée avait mobilisé entre 266 000 et 450 000 personnes mardi dernier. À Paris, où deux cortèges ont réuni 41 500 personnes selon l’Intérieur, quelques heurts se sont produits entre manifestants et forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène.

    Parents, professeurs, syndicalistes

    Brandissant des pancartes « sans éducation, pas de nation » ou « on veut un parcours sûr, par Parcoursup », un premier cortège est parti dans le calme de la place d’Italie. « J’ai le bac cette année et toujours pas de prof d’anglais et physique-chimie », témoigne Lise, en terminale au Kremlin-Bicêtre, dans cette manifestation où de nombreux parents, professeurs et syndicalistes étaient également présents. D’autres manifestations ont eu lieu à Nantes, Lens, Lyon, Strasbourg, Bordeaux ou encore Marseille. À l’origine de ce mouvement parti mi-septembre d’un lycée de banlieue parisienne, à Créteil, pour s’étendre un peu partout en France, l’Union syndicale lycéenne (USL) demande la suppression de la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur Parcoursup et un plan de 10 milliards d’euros pour les lycées. Côté enseignement supérieur, 90% des quelque 70 universités françaises étaient « bloquées » ou « fermées » ce mardi, selon l’organisation Union étudiante.

    La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, présente à la manifestation parisienne, a assuré que « tant qu’il n’y a pas de réponse aux revendications, la mobilisation va continuer », avec en ligne de mire les multiples rassemblements prévus samedi 17 octobre sur le pouvoir d’achat.

  • Alès, l’exemple d’une lutte victorieuse

    Alès, l’exemple d’une lutte victorieuse

    Il y a près de quinze ans, les syndicats alésiens ont engagé un important bras de fer avec la mairie d’Alès pour sauver leur Bourse du travail située dans le quartier de Rochebelle. Si le maire Max Roustan (LR) n’avait pas prévu d’expulser les syndicats, il refusait de financer les travaux. Les syndicats avaient bien un bail emphytéotique pour se protéger, mais ils craignaient, devant l’état de délabrement de l’ancienne filature construire au milieu du XIXe siècle, qu’un arrêté soit pris pour fermer le bâtiment et ainsi les priver de locaux. Bernard Vire, l’ancien secrétaire de l’UL CGT, est à la manœuvre pour alerter sur l’état du bâtiment, mal isolé, qui connaît alors de nombreuses fuites d’eau entraînant l’apparition de moisissure sur les murs.

    « La lutte a duré dix ans. On a fait beaucoup de recherches et on s’est rendu compte que le bâtiment était classé monument industriel. Ici, il y a en effet eu une magnanerie, un hospice et même une caserne. Cela a permis de gagner cette rénovation parce que des subventions ont été débloquées par l’État », explique Martine Sagit, la secrétaire de l’UL CGT d’Alès. En effet, l’Agence nationale pour la rénovation urbaine finance 80% des travaux, ce qui pousse la municipalité à financer le reste.

    La première partie de ces travaux débute en 2017 pour près de 300 000 euros, permettant de refaire les menuiseries, le toit et la peinture. Une fois le premier étage (qui abrite les locaux des syndicats) refait à neuf, la suite des travaux se poursuit avec le rez-de-chaussée (le sol est complètement refait à neuf) et l’isolation, permettant aux syndicats de bénéficier d’une grande salle d’accueil du public pour les différents événements. « Cette rénovation a aussi permis à d’autres syndicats non confédérés comme la FSU ou Solidaires d’avoir un local et d’être présents à la Bourse du travail », se félicite Martine Sagit.

    Et comme un symbole, malgré son opposition initiale, c’est Max Roustan qui inaugure le bâtiment le 16 décembre 2023. Un mois plus tard, ce sera au tour de Sophie Binet, toute nouvelle secrétaire générale de la CGT, de venir couper le traditionnel ruban rouge. Depuis, la Bourse du travail ne désemplit pas, accueillant de nombreux événements et expositions. La CGT revendique même l’accueil de 120 personnes par mois par son service juridique. Symbole de l’importance de ces structures.

  • Les maisons des syndicats, un combat actuel

    Les maisons des syndicats, un combat actuel

    Bagnols-sur-Cèze, Arles, Tarascon, Carcassonne, Béziers… Dans le sud de la France les menaces pèsent sur les Bourses du travail. Sans surprise, la maire RN de la cité gardoise veut chasser les syndicats de leurs locaux. La maison des syndicats de Tarascon est aussi menacée. Là aussi, le maire RN a mis fin à la convention d’occupation des locaux par la CGT et FO notamment.

    Mais comme l’explique à La Marseillaise Myriam Lebkiri, secrétaire confédérale de la CGT, « de plus en plus, dans des mairies qui ne sont pas RN, on retrouve le même genre de décision. On voit que l’intérêt général du syndicalisme est complètement nié un peu partout » . C’est le cas à Arles où la Bourse du travail est ouverte depuis 1900. Le maire Horizons veut expulser la CGT. La secrétaire générale de la Confédération, Sophie Binet, est venue apporter son soutien en septembre. Déjà en 2024, à l’occasion des 27e Rendez-vous de l’histoire, à Blois (Loir-et-Cher), une carte blanche avait été donnée à l’Institut CGT d’histoire sociale (IHS). L’institut avait choisi pour thème « les Bourses du travail d’hier à aujourd’hui » Lors de son intervention, Sophie Binet avait déclaré que les Bourses du travail « sont un enjeu de lutte aujourd’hui car il y a une rupture entre le monde politique et celui du travail. L’histoire ouvrière a largement été invisibilisée en France. Conserver et faire vivre les Bourses du travail c’est se réapproprier son histoire ». C’est ce qu’explique également Sylvie Brunol, présidente de l’IHS de l’Hérault.

    Un message entendu par le maire de Montpellier Michaël Delafosse (PS) qui entend construire une maison des syndicats. « Le maire veut faire un contre-exemple aux villes d’extrême droite où les Bourses du travail sont attaquées », résume Mathieu Guy de l’Union départementale CGT de l’Hérault. Faire de Montpellier l’antithèse de Carcassonne, Béziers, Bagnols-sur-Cèze ou Arles, voilà un engagement qui plaît aux organisations. « C’est tout à son honneur d’être dans cette démarche », salue Mathieu Guy.

    En février 2026, la CGT avait lancé une campagne pour les libertés syndicales sous le mot d’ordre « Pas de conquêtes sans libertés syndicales ». Parmi les revendications celle de « sanctuariser » les Bourses du travail. « Les Bourses du travail sont inscrites dans une tradition de service à la population ouvrière avec une mission d’utilité publique pour le syndicalisme. Le droit actuel repose sur une simple faculté pour les collectivités (« peuvent mettre »), ce qui a conduit à une multiplication des expulsions ou des suppressions de subventions pour des raisons purement politiques. » Un rapport met en évidence « que l’isolement des militantes est la première étape de la répression ». Les Bourses du travail sont autant de « base arrière » notamment pour les salariés des TPE-PME et les travailleurs isolés, souligne encore la CGT. Sur le plan législatif, LFI avait déposé une proposition de loi, en 2025, pour garantir aux syndicats l’usage de locaux dédiés.

    Les travaux de l’historienne Danielle Tartakowsky éclairement l’importance des Bourses du travail. Dans son ouvrage Les syndicats en leurs murs, Bourses du travail, maisons du peuple et maisons des syndicats (Ed. Champ Vallon), la professeure émérite d’histoire contemporaine évoque ces lieux « qui magnifient la dignité du travail ». Un patrimoine vivant.

    REPÈRES

    1887

    est l’année de création des Bourses du travail avec l’inauguration de celle de Paris le 3 février 1887. Après Paris, la Bourse du travail de Nîmes est rapidement créée.

    1884

    est l’année où sont légalisés les syndicats professionnels qui vont donner naissance aux Bourses du travail, des lieux, dans un premier temps, qui permettent l’embauche.

    1900

    marque l’ouverture de la Bourse du travail à Arles. Un combat est mené par la CGT pour y rester.