Le nouveau rendez-vous des colères

Ce samedi 17 octobre va-t-il donner lieu à une déferlante de colère ? Lancés sur les réseaux sociaux, autour du mot d’ordre principal d’une opposition à « la vie chère », les appels à manifester pour ce samedi se sont multipliés dans toute la France. Agriculteurs de la Confédération paysanne, anciens Gilets jaunes, militants de la CGT, lycéens et étudiants ou encore pompiers et retraités… Il est difficile de recenser l’ensemble des organisations qui prévoient de battre le pavé d’une manière ou d’une autre.

À tel point que plus de 1 000 points de rendez-vous partout en France, allant de la manifestation classique au blocage de ronds-points en passant par des actions sur les péages, sont recensés par une carte collaborative. Quand le ministre de l’Intérieur en prévoit pas moins de 500, citant notamment des « rassemblements spontanés ». Les appels à la mobilisation ont aussi pris de l’ampleur avec le mouvement lycéen de ces dernières semaines, qui a largement relayé l’initiative.

Comme un mélange du mouvement citoyen « Bloquons tout », qui a eu lieu l’année passée à la même époque, et d’un remake des débuts des Gilets jaunes. « C’est un peu un retour des Gilets jaunes et c’est plus global que ça : il y a les lycéens, des infirmiers, des agriculteurs… Tout le monde va se rejoindre et des gens vont manifester alors qu’ils ne l’ont jamais fait de leur vie », assure Franck Rhit, l’une des figures du mouvement à Marseille, qui tenait le rond-point de l’Estaque ,en 2018 . S’il insiste sur l’aspect élargi de la mobilisation, c’est aussi car l’envie de protester dépasse le cadre de la couleur du gilet.

« Faire craquer

le gouvernement »

Car au niveau national comme dans la région, en Vaucluse et dans les Alpes du Sud par exemple, la CGT et plusieurs organisations syndicales traditionnelles seront aussi de la partie. Tout comme les militants de La France insoumise et du Parti communiste français. Jean-Luc Mélenchon jugeant que la date est « un moment important où s’exprimeront l’exaspération aiguë de très nombreux secteurs de la société », quand Fabien Roussel appelle à « faire craquer le gouvernement comme seul le peuple rassemblé peut le faire ».

Reste que la nébulosité du mouvement provoque aussi de la prudence dans le Var et les Bouches-du-Rhône. Dans le premier département, le PCF et les organisations syndicales traditionnelles privilégient une manifestation à Brignoles plutôt qu’à Toulon. Dans le second, l’UD CGT, la FSU mais aussi le PCF n’appellent pas à se rendre dans la rue. Pas de quoi empêcher plusieurs organisations CGT de partager le rendez-vous fixé à 14h, sur le Vieux-Port, avec le mot d’ordre « Lycéens, étudiants, travailleurs… Tous en lutte ». Même principe pour Solidaires 13 ou encore la Convergence Infirmière, collectif qui rassemble des infirmières libérales et aides à domicile. « On n’a pas de dispositif particulier de présence car on n’a pas réussi à aller au bout d’une démarche commune avec les organisateurs », explique Marc Pietrosino, secrétaire de l’Union départementale CGT 13. De quoi faire écho à la position de la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, qui assurait ce vendredi, sur France Inter, que « cette mobilisation montre l’ampleur de la colère ». Une mobilisation qui pourrait aussi préparer aussi la grève interprofessionnelle et intersyndicale du 5 novembre prochain.

Le Préfet appelle à la vigilance

« On a suffisamment d’éléments probants pour dire que des personnes s’organisent pour un peu en découdre », explique, ce vendredi, le préfet de Région Jacques Witkowski. « On ne connait pas de parcours ni d’organisateurs», déplore-t-il pour le cas marseillais, citant un «facteur de risque en centre-ville». Il évoque un «appel à manifester global qui concerne beaucoup de villes» avec de multiples annonces de blocages par exemple sur les axes routiers. Et de prévoir la mobilisation « d’un maximum » de moyen au niveau des forces de l’ordre.

A.B

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