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  • [Quoi de neuf] « Tout le monde a envie d’entrer dans le bal de la lutte »

    [Quoi de neuf] « Tout le monde a envie d’entrer dans le bal de la lutte »

    Rémy Cougnenc : D’ordinaire le mouvement social est calme avant la Présidentielle. Qu’est-ce qui fait que c’est différent cette fois ?

    Mathieu Guy : Habituellement en effet les mois qui précédent une échéance électorale sont plutôt calmes. Cette année ça ne l’est déjà pas. Le contexte s’est dégradé ces dernières années. Ce qui a mis le feu aux poudres c’est l’annonce des économies dans la prochaine loi de finances. Le mouvement a débuté le 29 septembre avec la fonction publique avec toutes les difficultés rencontrées par les fonctionnaires avec le gel du point d’indice et les missions qu’ils n’arrivent plus à mener à bien à cause du manque de moyens. Cette dynamique de diminution d’effectifs est engagée depuis trop longtemps dans les services publics et les gels de salaires qui font qu’on a de moins en moins de candidats, notamment chez les enseignants. On a un ras-le-bol général. Tout le monde a envie d’entrer dans le bal de la lutte. On pense qu’il peut y avoir une convergence qui mènerait vers des victoires le plus rapidement possible.

    Rémy Cougnenc : En 2023 sur les retraites, la mobilisation était massive mais le gouvernement avait fait la sourde oreille. Est-ce que le vent de fraîcheur de la jeunesse peut aider à la convergence des luttes qui a pu faire défaut par le passé ?

    Mathieu Guy : Je pense qu’il a manqué des ingrédients en 2023. On a pris la rue avec d’énormes mobilisations. Mais ce qui a été difficile c’est de mettre l’économie à l’arrêt. On avait travaillé à la CGT pour intégrer la notion de grève reconductible. Malheureusement c’est resté trop à la marge pour porter un coup d’arrêt. Ceci étant, on ne peut pas dire que 2023 a été un échec de la mobilisation. Il y a eu énormément de monde et les salariés ont retrouvé la confiance envers les syndicats qui avait peut-être été un peu perdue les années précédentes. Derrière cela a permis à la CGT de se renforcer en terme d’adhérents.

    Olivier Nottale : N’oublions pas que faire grève coûte de l’argent aux salariés qui ont déjà des problèmes de pouvoir d’achat…

    Arnaud Jean : Je voudrais rajouter que la lutte paye. Pour les retraites, dans les endroits où la grève reconductible a tenu, par exemple à la SNCF avec 59 jours de grève, on sort avec un accord de cessation progressive d’activité de 18 mois. C’est-à-dire que ce que le gouvernement nous a enlevés d’un côté, on l’a gagné par les négociations de l’autre côté avec la SNCF. Comme quoi quand on se mobilise, que les salariés sont unis notamment par la grève, au bout on arrive à obtenir des choses du patronat. La grève générale est un grand mot. La grève se décrète par les salariés entreprise par entreprise, chantier par chantier. Ça passe par des assemblées générales chaque jour sur les lieux de travail.

    Rémy Cougnenc : Quels sont les mots d’ordre de l’intersyndicale ?

    Mathieu Guy : Déjà le combat contre la vie chère. On la combat ainsi que l’inflation par des augmentations des salaires. Les primes existent de plus en plus. Un tiers de nos revenus dans la fonction publique sont des primes. C’est assez dramatique parce qu’elles ne sont pas comptabilisées dans les cotisations et ne financent pas nos systèmes de retraites. On demande une augmentation générale des salaires et des pensions, ce qui permettrait de redonner du pouvoir d’achat aux salariés, retraités et des recettes pour l’État pour mieux redistribuer à travers la Sécurité sociale notamment. Je crois que l’inflation est à 15% donc il faut 15% de hausse des salaires. C’est la base minimale pour sortir la tête de l’ornière et faire en sorte que les travailleurs puissent vivre dignement de leur travail.

    Olivier Nottale : Et aussi puissent aller travailler car certains sont pris à la gorge…

    Mathieu Guy : Vu le prix de l’immobilier à Montpellier, Sète ou Lunel, bref sur l’arc littoral, on constate que les travailleurs ne vivent plus sur leur lieu de travail, ils en sont de plus en plus éloignés. Avec le prix de l’essence, un salarié qui se déplace pour travailler ça lui coûte de l’argent.

    Rémy Cougnenc : Le patronat vous rit au nez quand on parle d’augmenter les salaires. Soi disant qu’il n’y a plus d’argent !

    Mathieu Guy : Un rapport a rappelé que 211 milliards d’euros sont donnés chaque année aux entreprises sans contrepartie. Les grands groupes du CAC 40 ont versé 61 milliards d’euros de dividendes au premier semestre 2026. On voit bien que de l’argent il y en a. Sauf qu’il va vers ceux qui en ont le plus. D’où des inégalités de plus en plus grandes et un monde du travail qui souffre.

    Rémy Cougnenc : Si on touche au capital, il y aurait des délocalisations. C’est l’éternel chantage à l’emploi…

    Mathieu Guy : Les patrons n’ont pas attendu qu’on gagne des hausses de salaires ou plus de justice fiscale pour délocaliser, supprimer de l’emploi, fermer les industries, démanteler tout ce qui peut l’être à leur bénéfice. Seconde revendication : c’est la question des services publics à l’abandon. Sans les pompiers, l’hôpital,… on aurait vécu des choses encore plus dramatiques (…) [Écouter la suite de l’émission avec la question de la liberté de manifester et les violences d’extrême droite].

  • [Portraits] Ils seront dans la rue le 5 novembre

    [Portraits] Ils seront dans la rue le 5 novembre

    Nathalie Cuzin, Cadre de santé au Centre hospitalier Buech Durance (05) et représentante CGT

    Je suis en colère pour beaucoup de choses », lance Nathalie Cuzin, qui se mobilise depuis la rentrée. Elle était déjà en grève le 29 septembre, et sera à nouveau dans la rue jeudi 5 novembre. « Je suis personnel soignant et fonctionnaire, et moi, mon point d’indice n’a pas bougé. Avec l’inflation, je perds de l’argent pour aller travailler : il faut que je mette de l’essence dans la voiture ! Parce qu’on est un territoire rural, les transports en commun ne sont pas à la hauteur, et on habite tous dans des petits villages car en ville, tout coûte une blinde. » Elle travaille dans un établissement « à taille humaine », mais où le personnel « doit faire plus avec moins » : « On est arrivé à un seuil qui est ingérable, alarme-t-elle. En psychiatrie, on doit refuser des personnes avec des idées suicidaires. Pour les soignants, c’est insupportable, car on a l’impression de ne pas faire du bon travail. Et c’est vrai, on ne fait pas du bon travail. Mais c’est ce que l’on nous impose. »

    La syndicaliste se mobilise avant tout pour une cause globale : pour la défense des services publics, pour de meilleures conditions de travail, et pour l’éducation. « Moi, mon salaire est correct, je me bats aussi pour les autres. L’avenir, il est sombre, les gens dans tous les secteurs n’en peuvent plus, physiquement et psychiquement. Le monde devient fou, et on n’est pas entendus ». D’où l’importance, pour elle, de se rassembler en intersyndicale ce jeudi.

    Guillaume Sierra, Secrétaire du CSE Eurenco, à Sorgues (84)

    Manutentionnaire cariste à l’usine Eurenco de Sorgues, Guillaume Sierra œuvre actuellement au sein d’une industrie florissante. Le groupe, basé dans le Vaucluse et à Bergerac (Dordogne) fabrique des explosifs et a triplé sa taille en 5 ans, visant le milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2028. « Par la situation géopolitique, les carnets de commandes sont pleins, les effectifs ont doublé en deux ans », constate le secrétaire CGT du CSE, présent samedi dernier dans le rassemblement toléré malgré l’interdiction de la préfecture. « C’est bien, mais le samedi en général on ne travaille pas donc cela impacte moins l’économie qu’une mobilisation de grève en semaine », souligne-t-il.

    Pour autant, l’excellente santé financière d’Eurenco ne se traduit pas assez sur la fiche de paye des salariés. Depuis fin 2025, la CGT a lancé un préavis de grève illimité réclamant davantage que « les 30 euros d’augmentation de salaires » quand la direction fonctionne avec des primes d’intéressement. « S’il n’y avait que les salariés d’Eurenco mécontents, ce serait moins grave mais le problème est généralisé depuis une dizaine d’années », note Guillaume Sierra qui pointe le problème du « partage des richesses ». « Le problème de ne pas augmenter les salaires, c’est que cela engendre moins de cotisations et en bout de chaîne, moins de moyens pour les services publics », expose-t-il. Face « au ras-le-bol généralisé qui s’exprime mais qui se fait matraquer », Guillaume Sierra mise « sur une démonstration de force le 5 novembre par la grève ».

    Simon, étudiant à Aix-en-Provence (13)

    Simon est l’un des jeunes visages de la mobilisation à Aix. Ce membre de l’Union Étudiante estime que ces dernières semaines, il assiste au « plus gros mouvement que j’ai jamais vu depuis que je suis venu étudier ici. Alors que Aix n’est pas une ville qui pourrait se prêter au mouvement social :le contexte national, est vraiment très lourd. » Il fera partie des étudiants mobilisés depuis plusieurs semaines à rejoindre les cortèges de l’intersyndicale à Aix, ce jeudi 5 novembre. « Je pense qu’il faut saisir l’importance du moment […] je suis très heureux et j’espère sincèrement que au plus la mobilisation avancera, au plus les modalités de mobilisation seront claires pour tout le monde, que les points de rencontre seront réguliers et permanents. Le but, c’est que ce mouvement se régularise. Pour le moment, c’est un peu mi-figue, mi-raisin, mais on a envie de se saisir de ces moments pour que les gens puissent exprimer leur colère, mais pacifiquement », résume cet étudiant en archéologie, qui déplore une trop faible couverture médiatique des mouvements pacifiques, « dans plusieurs villes ». « N’oublions pas qu’à Aix, cela s’est toujours très bien passé », tient à rajouter Simon. L’étudiant se dit « très fier » d’être soutenu par l’intersyndicale et les travailleurs. « Il y a un slogan que je trouve très beau : La lutte, la lutte jusqu’à la victoire. La première victoire que l’on peut s’attribuer, c’est notre mobilisation. Et au plus on sera nombreux, au plus on se fera entendre. »

    Karl Antier, professeur de mathématiques contractuel au collège de Château-Arnoux-Saint-Auban (04).

    S’il est difficile pour lui de sacrifier une partie de son maigre salaire de professeur contractuel pour manifester le 5, Karl Antier reste pleinement mobilisé aux côtés de ses collègues et de ses élèves depuis la rentrée. Présent sur les ronds-points aux côtés des gilets jaunes, devant les lycées et la DSDEN à chaque manifestation, l’enseignant dénonce la situation précaire des contractuels et les conditions d’études des élèves. « Je m’étais reconverti en tant que prof pour la stabilité professionnelle et financière, mais ma situation n’a jamais été aussi mauvaise financièrement et en termes de stabilité que depuis que je suis dans l’Éducation nationale », regrette celui qui ne gagne que 950 euros par mois avec son temps partiel. Sa situation est devenue encore plus précaire avec l’augmentation des prix des carburants, alors qu’il habite à Manosque et travaille à Château-Arnoux-Saint-Auban.

    « Pour les filières générales, les classes ne sont généralement pas surchargées. Par contre, sur des filières spécifiques, technologiques, on ne va pas hésiter à surcharger. On sacrifie ceux qui sont en difficulté, parce qu’on n’a pas suffisamment de budget pour donner les mêmes conditions d’éducation à tout le monde », déplore le professeur de mathématiques, qui réclame des éducateurs spécialisés et des assistants sanitaires dans les établissements. Dans le collège du Mont d’Or à Manosque où est scolarisée sa fille, les élèves avaient encore récemment « des toilettes turques qui ne fermaient pas ».

    Julien Granato, élu CGT au CSE de Total La Mède (13)

    « Le 5 novembre on lèvera la tête comme tout le monde », lance Julien Granato. D’autant que cette date « tombe pile poil dans le calendrier des actions des industries », note le secrétaire adjoint CGT du CSE de Total la Mède. Sur le site de Châteaneuf-les-Martigues, comme sur tous les sites français du Groupe, les travailleurs avaient déjà débrayé le 8 octobre en prévision des NAO.

    Alors que Total engendre des profits historiques, avec 7,45 milliards d’euros de résultat net sur le troisième trimestre, et que ses bénéfices ne font qu’augmenter depuis le début du conflit au Moyen-Orient, Julien Granato affirme : « Il faut qu’on puisse influer pour que cet argent-là soit discuté sur plan fiscal », alors que le géant pétrolier ne paie pas d’impôt sur les sociétés en France, « mais aussi qu’on pose la question de la responsabilité en termes de maintenance et de garanties de sécurité de nos installations ». « Pendant l’épisode méditerranéen, on a été inondé, on a déversé des produits dans l’étang parce qu’on n’a pas réussi à canaliser cet afflux d’eau », témoigne-t-il, assurant : « On n’est pas prêts face aux événements exceptionnels. » La CGT a déclenché un CSE extraordinaire suite aux intempéries. « On a des solutions, il faut juste mettre de l’argent là où il faut, en termes d’environnement mais aussi de santé au travail, poursuit-il. On accompagne des camarades malades au quotidien. » La CGT tente de « bousculer le patronat » sur tous les plans : en alertant la DREAL, au pénal, aux prud’hommes… Et le 5, dans la rue.

    Nicolas Thibault, représentant CGT Brico Dépôt Toulon (83)

    Depuis le début de l’année, la colère sociale a gagné le groupe Brico Dépôt, au sein duquel un mouvement national de grève a éclaté. Inédit dans l’histoire de l’enseigne. « On a fait deux journées de grève, jeudi sera la troisième. On n’a pas été entendu sur les deux premières, on a donc décidé de se faire voir car on est un peu caché en restant au magasin », explique Nicolas Thibault, représentant CGT de Brico Dépôt Toulon. Seuls les responsables seront au magasin. « On est déjà trop peu pour le faire tourner en temps normal, ça va être un jour noir pour eux », prévoit-il. Parmi les doléances, le sous-effectif, donc, empiré par le retrait récent des intérimaires : « Ils ont basculé en CDD, mais cela n’a duré que quelques semaines. » Une des conséquences du gel des budgets imposé par l’enseigne, qui connaît une baisse de chiffre d’affaires de l’ordre de 30%, pour réduire les dépenses, comme les coûts énergétiques, avec « une lumière sur quatre allumée au magasin. Les clients sont dans le noir », décrit le syndicaliste.

    Mais au sommet des priorités, des salaires qui n’augmentent pas : « On est rattrapé par le Smic, les nouveaux venus sont au même niveau de salaires que des personnes avec cinq ans d’ancienneté. Le taux de prime est de 0% cette année, c’est une première », appuie Nicolas Thibault, qui décrit « un épuisement total des équipes », renforcé par des plannings « aléatoires, faits par IA, qui ne cessent de changer ». La seule certitude pour eux : jeudi, c’est manif !

    Nicolas Davan, secrétaire général du syndicat CGT Energie Provence

    « On a toujours été là. Des deux côtés, parce qu’on intervient avec les pompiers pour sécuriser les sites d’intervention ». Pour Nicolas Davan, c’est une évidence : « Jeudi, on y sera encore ».

    Depuis deux ans, les gaziers et les électriciens sont déjà régulièrement dans la rue « contre la vie chère ». Ils nous ont surpris avec des actions coup de poing quand les tarifs de l’énergie ont flambé avec ceux du logement. « On est parti en grève pour aller chercher une majoration résidentielle. Car avec les astreintes, des collègues sont obligés de vivre dans des villes chères et ils n’arrivaient pas à se loger », rappelle le syndicalite. Et leur attachement au service public les a encore poussés à agir sur des grosses installations comme les casernes de pompiers, les hôpitaux ou les Crous : « on les passait en service réduit ». Puis les soldes se sont élargies. C’est en Robins des bois qu’on les a retrouvés, stoppant les compteurs des quartiers populaires tout en maintenant leur alimentation en énergie.

    La colère des énergéticiens est à la fois jubilatoire, généreuse et contagieuse. Dans les manifestations contre la réforme des retraites, l’énergie de leur « martyr » enchaîné, perché sur le toit de la camionnette bleue leur a attiré toute la sympathie d’une jeunesse bien vivante. Depuis la rentrée ils sont présents auprès des lycéens. « Ils sont nos enfants, moins organisés, alors nous assurons un service d’ordre. Logement, alimentation, carburants et études, ils sont déjà touchés de plein fouet ».

    Laurent Guilloteau, sapeur-pompier des Bouches-du-Rhône, délégué CGT

    Laurent Guilloteau est sous-officier du Service départemental d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône (Sdis 13). Par ailleurs secrétaire général de la CGT Sdis 13, il déplore des services de secours « sous-financés » : « On subit de plein fouet les politiques d’austérité macronistes, en témoignent les agents non remplacés ». Il attend du gouvernement qu’il « mette la main au portefeuille », afin de « mieux financer les services départementaux ». Le pompier syndiqué parle au nom de la sécurité civile : « Tous les Sdis présentent la même souffrance, ces revendications sont nationales ». Depuis le 8 septembre, celle-ci réclame plus de moyens et d’effectifs, après un été marqué par des incendies d’une virulence inédite aux conséquences nocives sur la santé des pompiers, en première ligne. « Nombre de nos collègues ont été victimes d’intoxications, liées aux substances toxiques qu’on retrouve dans la fumée. Aujourd’hui, on ne peut pas leur garantir un suivi de santé individuel jusqu’à leur départ à la retraite. »

    Avec émotion, Laurent Guilloteau annonce que la mobilisation des agents du Sdis ce jeudi sera aussi motivée par une colère générale, qui fait suite à l’attaque par arme à feu ayant blessé leur collègue des Pennes Mirabeau, ce dimanche 1er novembre. « Les carences des autres services publics en France placent les sapeurs pompiers en dernier rempart », regrette-t-il, en soulignant « les risques que prennent les agents en intervenant parfois avant les forces de l’ordre ».

  • Sur le terrain, les communistes tractent pour inciter à la participation

    Sur le terrain, les communistes tractent pour inciter à la participation

    On se retrouve tous ensemble jeudi pour la grève contre la vie chère ! Ça concerne tout le monde ! » Devant les portes de la station de métro de Sainte-Marguerite Dromel, dans les quartiers sud de Marseille, plusieurs militants communistes donnent de la voix pour la distribution de tracts du jour. « La colère est légitime, la réponse doit être sociale », est imprimé sur les plusieurs centaines de feuilles qui partent en quelques dizaines de minutes. À la criée, Selma, militante du 10e arrondissement, donne le lieu et l’heure de la manifestation marseillaise à venir. « La vie chère, on est tous concernés par le problème. Le mouvement de grève est pour les retraites, pour des conditions de travail dignes et des études dignes », lance-t-elle à tire-larigot. D’un sourire ou d’un signe de tête, les passants prennent volontiers le tract estampillé PCF.

    Dans la plupart des cas, l’échange ne dure que quelques secondes mais certains curieux s’arrêtent et échangent avec les militants. Un jeune qui est au lycée professionnel César Baldaccini lit le tract avec attention après qu’Erwan, militant du 9e arrondissement, lui a confirmé le soutien du PCF au mouvement lycéen. « Fallait bien qu’on se fasse entendre mais c’est pas encore assez », juge le jeune. Avant de développer : « Les horaires, c’est impossible. On n’a pas de vie. » « On veut aussi supprimer la réforme Blanquer et Parcoursup », répond Erwan. Mais le sujet du jour est bien l’invitation à la manifestation de ce jeudi. « Ma mère ne voudra pas que j’y aille mais je vais venir quand même », poursuit le lycéen. « La manif va être sécurisée avec les syndicats », rassure Erwan. L’échange continue quelques minutes, le premier appelant à « arrêter de consommer » quand le militant communiste fait de la pédagogie : « C’est justement l’objet de la grève, arrêter l’économie. » Véronique, la secrétaire de la section du 10e arrondissement, confirme le bon accueil global du jour : « Aujourd’hui, les gens prennent les tracts assez volontiers. On sent un soutien, on sent que ça leur parle. »

    Des milliers

    de tracts distribués

    Même ceux qui refusent les tracts d’un geste de la main restent cordiaux. « Les refus vont rarement jusqu’aux insultes », confirme Florian Le Pape, militant de la section du 10e. Manque de chance, quelques instants après, un retraité refuse avec véhémence et lance « Si j’étais flic… » en mimant des tirs de fusil avec ses mains. Le militant communiste ne désarme pas : « C’est grâce aux communistes que vous avez une retraite ! » Le belliqueux repartira en baissant la tête et en marmonnant dans sa barbe. Pas de quoi enrayer l’ambiance bon enfant de la distribution ni son efficacité : les 500 tracts du soir sont partis comme des petits pains. L’initiative s’inscrit d’ailleurs dans un déploiement plus global de maintes sections communistes cette semaine : la veille, les militants du 8e arrondissement de la ville, ont fait de même du côté du Prado et ont distribué « 1 500 tracts ». Le matin même, c’était ceux du 2e arrondissement qui étaient sur le pont de l’autre côté de la ville.

  • À Marseille, plus de 300 salariés du médico-social mobilisés

    À Marseille, plus de 300 salariés du médico-social mobilisés

    Cette journée s’inscrit dans un contexte social fortement tendu », ont précisé les syndicats qui s’élèvent contre les coupes budgétaires en cours. Fortement mobilisés les salariés de Sauvegarde 13 en proie à des difficultés financières refusent que le plan de retour à l’équilibre se fasse sur le dos des salariés et du public accueilli et accompagné. Ils ont exigé un réexamen de la situation.

  • En grève, les agents du Mucem guettent Costa

    En grève, les agents du Mucem guettent Costa

    Suspendu de ses fonctions de président du Mucem le 30 juin pour quatre mois par le ministère de la Culture, Pierre-Olivier Costa a annoncé dimanche qu’il allait de nouveau occuper son siège. De quoi rendre les salariés du musée marseillais furieux et déclencher une grève mardi. « Ne voyant rien venir avant, on a alerté le ministère de la Culture pour savoir ce qu’il se passerait le 1er novembre. Mais silence radio. Puis, on a appris par voie de presse qu’il comptait reprendre », rappelle en ce 3 novembre un représentant du personnel Sud Culture du Mucem, sur le piquet de grève. Une grève votée par « 85% » d’une centaine de salariés présents lors d’une assemblée générale, sur les 125 employés du musée. Mardi après-midi, la reprise du travail pour mercredi a été approuvée. Mais un préavis court jusqu’à la fin de semaine prochaine.

    Sur le qui-vive

    Organisé par Sud Culture et la FSU, ce mouvement vise au départ définitif de Pierre-Olivier Costa qui a fait l’objet d’une enquête menée par l’Inspection générale des affaires culturelles (Igac) pour des « faits de mal-être » au Mucem et un management toxique. Sans compter l’ouverture d’une enquête pour harcèlement moral et sexuel. Malgré ses annonces dans la presse et un mail adressé aux agents du Mucem duquel ne ressort aucun mea-culpa, nulle trace de Pierre-Olivier Costa sur le site. « Aucun gréviste n’a envie de le revoir revenir. Même des gens du comité de direction sont en grève. D’autres le sont aussi pour la première fois de leur vie alors qu’ils travaillent dans la fonction publique depuis 30 ans », indique sur place une autre représentante syndicale Sud Culture qui s’étonne que le ministère n’officialise rien au sujet de cet ancien directeur de cabinet et proche de Brigitte Macron. « Mais si d’aventure, il était quand même confirmé, on se mettra encore en grève dès qu’on le reverra au Mucem », prévient-elle.

  • Augmenter les salaires

    Augmenter les salaires

    Remplir le frigo ou le réservoir, une vraie question quand on est obligé de prendre sa voiture pour travailler
    et qui hante les salariés depuis la rentrée. Une question qui s’est pris la semaine dernière de plein fouet l’annonce des « profits exceptionnels » de TotalEnergies – 7 milliards d’euros sur le 3e trimestre, 17 milliards sur les neuf premiers mois de l’année. Le pire est que le géant pétrolier veut faire croire qu’il ne voit même pas où est le problème, persuadé que les miettes qu’il a consenties à la pompe suffiront à faire passer la pilule et à casser son image de profiteurs de guerre. Mais la déglutition est aussi gênée par l’accélération de l’inflation – plus 3,4% sur un an en octobre – l’explosion des prix des fruits et légumes suite à la sécheresse… et pendant ce temps, les salaires qui stagnent.

    L’emploi, pas
    les dividendes

    Aussi la question s’impose-t-elle au centre de la grève et de la manifestation de jeudi avec une intersyndicale qui demande des négociations immédiates et obligatoires dans les entreprises et les branches dans le privé, l’augmentation du point d’indice dans le public, la revalorisation des pensions et l’augmentation substantielle du Smic. Pas question de demander l’aumône cependant. Il s’agit d’exiger une autre politique, la fin de celle de l’offre qui verse quelque 200 milliards d’euros d’aides publiques par an aux entreprises sans contrepartie et nourrit les dividendes plutôt que l’emploi et les salaires.
    La manifestation de jeudi sera l’occasion de marteler, comme l’a encore fait lundi la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, que : « augmenter les salaires c’est relancer l’économie ».

  • Des dizaines de milliers de manifestants à Marseille pour un avenir digne

    Des dizaines de milliers de manifestants à Marseille pour un avenir digne

    Ce samedi après-midi, l’interdiction de manifester dans le centre-ville de Marseille et l’important dispositif policier déployé, « robuste et agile » selon les mots du ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, n’ont pas dissuadé des dizaines de milliers de personnes de se rassembler aux Réformés. Pour ce troisième samedi d’affilée, pour cet acte III de la mobilisation déclenchée par le mouvement lycéen, ils étaient 10 000 dans la rue, selon les chiffres de la préfecture de police déléguée, qui en comptait 17 000 le week-end précédent. Si aucune manifestation n’a été déclarée, à l’inverse du samedi précédent, c’est un cortège joyeux et pacifique qui s’est élancé vers le palais Longchamp.

    En amont de la participation, les militants communistes s’étaient rassemblés au pied des escaliers de la gare Saint-Charles, en dehors du périmètre d’interdiction de manifester. « Il y a une vraie colère dans le pays, qui est légitime, alerte Ariane Lombardi, membre du conseil national du PCF. Nous sommes là pour que le 5 novembre soit une réussite, nous sommes aux côtés des travailleurs pour faire entendre la voix du monde du travail, de la jeunesse. »,

    Revendications costumées

    Plus loin dans le cortège, ils étaient nombreux à être venus déguisés en ce jour d’Halloween. Ajoutant par leurs costumes de nouvelles façon d’interpeller le gouvernement. « Le capitalisme a mangé ma grand-mère », dénonce ce petit chaperon rouge. « Cruella ? Un ange en comparaison », affiche la protagonistes des 101 dalmatiens, son porte-cigarette au bord des lèvres.

    Au milieu de la manifestation essentiellement composée de lycéens, étudiants et jeunes travailleurs, Béatrice est venue sur un cheval de plastique. « J’ai lâché 120 euros dans le plein d’essence, je n’ai plus le choix maintenant », sourit l’institutrice, alarmée par la hausse des prix. « Avant, avec cette somme, on mangeait pour deux semaines. Maintenant, c’est une semaine. » Plus loin, les Dalton sont venus au complet, portant un avis de recherche pour un Macron dépeint en Lucky Luke. « Nous soutenons la grève du 5 novembre, nous allons la rejoindre, on espère qu’il y aura du monde », glisse Léon, électricien « en colère » venu en famille.

    S’il n’y avait pas d’appel officiel de leurs organisations, de nombreux syndicalistes se mêlent aussi à la foule. « Le gouvernement veut museler un mouvement social inédit, la jeunesse et les travailleurs demandent seulement un avenir digne », pointe Johnny Benoît, des territoriaux CGT de Marignane. Et d’annoncer : « Le 5 novembre, je serai en grève, nous nous mobilisons. »

    Cinq jours après les premières concessions du gouvernement, les lycéens restent aussi massivement présents. « Leurs annonces, ce n’est pas très sérieux », balaie Alissa, élève en première au lycée Saint-Charles. « Leurs mesures, c’est pour 2028, ils ne seront même plus au pouvoir, complète Djanette. Ils ont trouvé de nouveaux professeurs, mais ils étaient où ces dernières années ? » Alors, les amies regardent vers la date du 5 novembre appelée par l’intersyndicale : « Nous serons mieux protégées avec les syndicats et ça ramène plus de monde », estiment-elles. « La grève a un impact au niveau du travail, appuie à leurs côtés Manon. Être seulement dans les rues, le gouvernement n’en aura pas grand chose à faire. »

    Fin de journée tendue

    Dans les rues justement, le cortège oblique face aux nombreux barrages policiers qui orientent le parcours loin du centre-ville. Un long face-à-face immobilise la manifestation, boulevard Sakakini. Puis de nouveau aux alentours de 16h sur le boulevard Chave. Cette fois, la tête de cortège approche la ligne des CRS. De premiers jets de projectiles fusent, les forces de l’ordre répliquent. Si une partie du cortège se disperse au niveau de la gare de la Blancarde, d’autres veulent continuer. De nouveau sur le boulevard Sakakini, la police charge. Dans leur intervention, une personne attablée à un café est violemment matraquée, ne peut plus se lever et doit être pris en charge par les marins-pompiers. La préfecture de police confirme la prise en charge d’une personne « présentant des blessures légères ». Les manifestants, eux, se regroupent sur la Plaine, où un grand feu est allumé. Avant que ne tombent, plus tard dans la soirée, les grenades lacrymogènes. Ce dimanche matin, la préfecture de police annonce 19 policiers blessés légèrement, face notamment à « des groupes hostiles très mobiles », et 18 interpellations. Parmi elles, cinq personnes qui tentaient de cambrioler les réserves de Foot Locker. Une intrusion, dans l’école maternelle Saint-Savournin, a également été rapidement interrompue, sans dégâts majeurs.

    « Ni notre ville, ni les revendications légitimes et pacifiquement exprimées par les manifestants ne doivent être les victimes de ceux qui ne veulent que le chaos et la violence », dénonçait le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan. Qui insiste : « Ces revendications doivent trouver des réponses politiques. »

    « Ces revendications doivent trouver des réponses politiques »

  • À Gap, les manifestants ne lâchent rien

    À Gap, les manifestants ne lâchent rien

    « Bienvenue, venez fêter les horreurs de ces neuf ans de macronisme ! Islamophobie, racisme,49.3, féminicides… et j’en passe », s’exclame un manifestant au micro, pour lancer la mobilisation gapençaise. Plus de 500 personnes ont défilé dans les rues du centre-ville, pancartes à la main. Une petite partie d’entre elles ont suivi le « dress code » et ont sorti les masques et costumes d’Halloween. « Pour jeudi, il faut convaincre encore plus de monde, poursuit le manifestant. C’est la grande grève, motivez-vous ! Jeudi, on paralyse le pays ! »

    Isa, qui travaille dans la restauration des milieux aquatiques, était déjà en grève lors de la mobilisation pour la fonction publique, en septembre, et le sera sans hésiter à nouveau le 5 novembre. « Je suis en raccord avec les valeurs de l’intersyndicale, et se mettre en grève, c’est aussi faire bouger les choses en interne », explique celle qui travaille dans une structure qui dépend du ministère de l’Écologie.

    « Jeudi, ce sera vraiment la convergence des luttes : qu’importe l’origine sociale ou le mouvent social, on est là pour les mêmes choses », affirme Guilhem, étudiant, qui se mobilisera également jeudi. « Il faut continuer, manifester, ça porte ses fruits. Tant que l’on aura pas ce qu’on voudra, il n’y a pas de raison que ça s’arrête », estime Rodolphe, venue avec sa fille Julie, lycéenne. Eux aussi seront dans la rue jeudi.

  • Ports et docks, maillon fort de la paix

    Ports et docks, maillon fort de la paix

    Ils refusent d’être « un maillon dans la chaîne de leurs guerres ». Les représentants des syndicats de dockers de 35 ports européens avaient signé, le 19 mai, une déclaration commune à Istanbul. Après une première journée d’action le 6 février, qui avait touché une vingtaine de ports dans sept pays, selon les organisateurs, ce sont aujourd’hui plus de 120 syndicats dans 113 ports de 23 pays, sur les cinq continents, qui ont répondu à l’appel, annonce la Fédération syndicale mondiale (FSM) sous le mot d’ordre : « Ports pour la paix, emplois dignes ».

    Les syndicats réclament la fin des conflits au Moyen-Orient, l’ouverture de corridors humanitaires vers Gaza et l’interdiction d’utiliser les ports pour acheminer du matériel militaire. Ils expriment aussi leur solidarité avec les peuples de Cuba, du Venezuela et du Soudan.

    En France, la CGT prévoit 24 heures d’arrêt dans tous les ports avec 14 000 travailleurs portuaires, dont quelque 7 500 dockers concernés. En Italie, le syndicat USB appelle à une grève générale. En Grèce, le syndicat Enedep et le Pame annoncent une grève dans le port du Pirée, le plus grand du pays.

    Des ports à « 95% à l’arrêt »

    Espagne, Grèce, Slovénie, Chypre, Suède, Danemark, Portugal, Irlande et Allemagne ont été rejoints par d’autres fédérations de dockers, notamment en Turquie et en Inde, puis par des ports d’Amérique, d’Asie, d’Afrique et d’Australie pour dire « non à la guerre et à la militarisation des ports en cours ».

    Les signataires de l’appel affirment que « les ports appartiennent aux peuples et aux travailleurs et ne sont pas des bases appartenant à l’Otan, ni aux États-Unis, ni à l’Union européenne ». Le 4 juin, les dockers de Fos-sur-Mer avaient déjà refusé de charger un cargo acheminant des pièces de fusils-mitrailleurs à destination de Haïfa. Le syndicat général CGT des ouvriers dockers et des personnels portuaires du golfe de Fos avait précisé que « les dockers et portuaires du golfe de Fos ne participeront pas au génocide en cours orchestré par le gouvernement israélien ».

    Selon la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), environ 80% du volume du commerce mondial transite par voie maritime. Or, sur les quais, lorsque les dockers cessent le travail, c’est toute la chaîne qui casse. En France, Tony Hautbois, le secrétaire général de la Fédération nationale des ports et docks CGT, qui représente 90% des salariés du secteur, annonce que les ports français seront « à l’arrêt à 95% », ce vendredi.

    De quoi perturber les flux de marchandises et les chaînes d’approvisionnement nationales. Cette journée morte entraînera mécaniquement des retards importants dans le traitement des conteneurs avec des navires bloqués au large, faute de déchargement. Les armateurs et les transitaires estiment qu’un jour d’arrêt portuaire nécessite en moyenne trois à quatre jours pour résorber l’accumulation de marchandises.

    Ni guerre, ni austérité

    Dans son communiqué, la Fédération des ports et docks CGT dénonce ces « économies de guerre qui se mettent en place au détriment des politiques de santé, des services publics, de l’éducation » dans le deuxième pays producteur et exportateur d’armes. La mobilisation de ce 30 octobre est également présentée comme un combat pour la défense des conquis sociaux remis en cause par le nouveau budget « d’euro-austérité » porté par le Premier ministre, Sébastien Lecornu. La CGT s’oppose à ses orientations, jugées « destructrices pour les systèmes de solidarité ». Les syndicats redoutent des coupes dans les protections sociales et s’élèvent contre la déréglementation des emplois par l’automatisation des opérations de manutention.

    Le syndicat fustige « les attaques contre les emplois, les métiers, les droits et les libertés des travailleurs et les citoyens qui se multiplient ». Il condamne également « la répression par la force et la violence contre la jeunesse qui exprime à juste cause son besoin d’un avenir meilleur ». L’appel à la grève interprofessionnelle du 5 novembre, qui inclut le privé, prolongera de ce mouvement de contestation budgétaire et sociale. « La force de notre syndicalisme nous permet de faire la démonstration de notre capacité de mobilisation pour des journées internationales comme celle du 30 octobre. Il y a aussi, au national, l’appel pour le 5 novembre. On y mettra un haut niveau de mobilisation », annonce Serge Coutouris, secrétaire général adjoint de la Fédération.

    REPÈRES

    24

    infrastructures majeures françaises seront paralysées pendant 24 heures : Boulogne, Brest, Dunkerque, Calais, La Rochelle, Le Havre, Rouen, Paris, Lorient, Marseille, Roscoff, Bayonne, Bastia, Bordeaux, La Réunion, Nice, Ajaccio, Saint-Nazaire, Port-Vendres, Saint-Malo, Cherbourg, Sète, Toulon et Fos-sur-Mer.

    Économie de guerre

    « Les ports, les routes maritimes, les voies ferrées, les entrepôts, la logistique et l’ensemble de la chaîne des transports sont en train d’être transformés de plus en plus ouvertement en infrastructures de guerre », affirme la déclaration d’Istanbul.

  • Message aux profiteurs de guerre

    Message aux profiteurs de guerre

    Alors que notre monde est déchiré par les guerres et que l’élévation des tensions internationales fait craindre une généralisation des conflits, l’initiative mondiale pour la paix à laquelle participent les travailleurs des Ports et docks, à l’appel de la Fédération syndicale mondiale, est particulièrement remarquable.

    Elle affirme la solidarité entre des salariés des cinq continents et le caractère de classe du combat pour la paix : les guerres bénéficient aux puissants et jettent les travailleurs les uns contre les autres.

    Dans notre région, l’engagement des portuaires et des dockers pour la paix est le fruit d’une longue tradition internationaliste. Après un engagement sans faille contre les guerres coloniales, le refus récent de charger des armes destinées à nourrir la guerre au Proche-Orient a envoyé un signal très clair à nos gouvernants.

    Un élan mondial salvateur

    Il est facile de se déchirer, de se haïr, de se regarder en chiens de faïence. Les portuaires et les dockers de 23 pays à travers le monde font un choix bien différent : celui de l’action collective, du rapport de force avec les puissants et du rejet des logiques bellicistes.

    Cet élan mondial est salvateur dans une période où le retour des impérialismes, des nationalismes et des extrémismes menace notre avenir commun.

    Il intervient en France dans un moment particulier, marqué par un puissant mouvement social, mais aussi un attentat raciste.

    Dans ce contexte, le message de la grève des ports et docks pour la paix revêt une dimension supplémentaire : l’affirmation de la force des travailleurs quand ils agissent ensemble et de la solidarité qui les unit quelle que soit leur origine, leur couleur de peau ou leur foi.