Je suis président de région depuis 20 jours, et ce que vous attendez depuis 5 ans sera fait d’ici fin 2027. » Seul l’avenir dira si cette annonce, qui ressemble à un tacle à son prédécesseur malgré le rappel de « l’héritage des 2 milliards d’euros investis par la Région en 10 ans sur les lycées » sera suivie d’effet, mais François de Canson ne semble pas avoir peur des engagements. Le nouveau président de la région Sud-Paca, accompagné de plusieurs élus régionaux et de la maire de Toulon Josée Massi, a déjeuné mercredi midi avec les représentants des élèves et le personnel du lycée Bonaparte, à Toulon. « J’avais pris l’engagement de venir il y a 15 jours, je suis venu. Je vais appliquer la même méthode que j’applique dans ma collectivité. On est avant tout des maires, on arrive, on veut comprendre, on regarde et on va faire », a-t-il déclaré à l’issue d’une visite qui aura duré environ 1 heure et demie. L’occasion pour lui de visiter l’établissement et de se rendre compte de l’ampleur des besoins. Notamment ceux qui concernent les blocs sanitaires, qui n’ont pas été rénovés et suscitent des doléances, mises sur le devant de la scène ces dernières semaines, et appuyées de la part des élèves depuis des années.
Ils feront partie d’un plan de réhabilitation estimé à plus de 700 000 euros (pour la partie déjà budgétée et votée), sur les 2 milliards d’euros votés pour les lycées de la région à horizon 2034, et qui sera effectif « d’ici la fin de l’année 2027 », promet François de Canson. Bien moins que le plan de réhabilitation en plusieurs phases, lancé en 2018, pour un budget total estimé à l’époque à 21 millions d’euros, était censé régler un certain nombre de problèmes, mais qui est resté en grande partie lettre morte, avec seulement quelques ajustements réalisés (création d’une salle de réunion et de portiques de sécurité, notamment).
Outre les sanitaires, le président de la région a affirmé que 400 000 euros seraient affectés à la rénovation du gymnase, 300 000 euros à celle des laboratoires, et 10 000 euros pour l’étanchéité des peintures. Des sommes auxquelles il faudra ajouter le changement du matériel informatique et la question des conditions thermiques, à travers un plan global de 10 millions d’euros pour l’ensemble des établissements de la région. « On va investir 300 millions pour l’année à venir, donc je crois qu’on n’a rien à nous reprocher », estime François de Canson. « On est à marche forcée sur les lycées, on a pris des engagements, et je ne sais pas si les lycéens ont vu beaucoup de présidents de région venir faire le tour de leurs difficultés. » Il peut s’appuyer sur Marie-Florence Bulteau-Rambaud, vice-présidente de la région et membre de la commission lycées, qui « a rendu visite aux 174 lycées. Elle connaît vraiment la problématique, on est en train de mettre à jour ce qui a été fait et ce qu’il faut faire et on remettra une fiche à chaque proviseur pour qu’ils sachent ce qu’on va faire dans leurs établissements ».
Denis Sincu, l’un des représentants des élèves du lycée Bonaparte, s’est montré satisfait : « Nous remercions monsieur de Canson et nous comptons sur lui pour respecter cette parole-là ». Toutefois, même s’ils sont « très fiers d’avoir pu faire changer des choses », les lycéens le réaffirment : « ce n’est qu’une partie de nos revendications. Il y a encore des choses qui doivent bouger, au niveau national et aussi localement, notamment sur l’éducation », sur les questions de Parcoursup et de la santé mentale des élèves, entre autres. Des compétences qui ne dépendent pas de la région et pour lesquelles François de Canson appelle à faire « attention à la dualité. J’ai moyennement apprécié l’attitude du gouvernement qui essaye de reporter la problématique sur les régions. L’éducation nationale et le gouvernement ont des responsabilités, la région a les siennes, nous les prenons, que chacun prenne les siennes ».
Olivier Gérard, enseignant au sein du lycée et secrétaire général de la CGT Éduc’action du Var, est quant à lui beaucoup moins convaincu : « En comparaison avec les 21 millions d’euros estimés nécessaires en 2018, ça paraît ridicule. De l’extérieur, ça peut sembler beaucoup, mais c’est bien peu par rapport aux réels besoins. Beaucoup de choses sont à mettre aux normes, notamment en termes d’accessibilité, avec des monte-charges qui suppléent les ascenseurs », pointe-t-il, fustigeant « les tarifs stratosphériques des commandes publiques, sur lesquelles les sous-traitants se servent bien au passage ».

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