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  • Une première avancée pour le lycée Marie-Curie à Marseille

    Une première avancée pour le lycée Marie-Curie à Marseille

    La mobilisation au lycée Marie-Curie a porté ses premiers fruits. Une délégation de personnels, accompagnée de la proviseure, a été reçue lundi à l’hôtel de Région par la vice-présidente déléguée aux lycées, Marie-Florence Bulteau-Rambaud (MoDem), des représentants des services et un membre du rectorat. À l’origine, une liste de revendications élaborée à la rentrée par l’AG du lycée à destination de la Région, propriétaire des locaux. L’établissement est sous les projecteurs depuis qu’un lycéen a reçu un violent coup de matraque de CRS mardi. Une enquête de l’IGPN a été ouverte.

    Mais au-delà de cet épisode, les personnels dénoncent depuis des années la dégradation de leur établissement. « L’état de Marie-Curie est connu de tous dans cette collectivité qui depuis des années promet des travaux qui, semble-t-il, étaient retardés par des complexités administratives et techniques mais qui, visiblement, ont été levées par le mouvement lycéen et enseignant et de tous les personnels de l’Éducation nationale », ironise Samuel, professeur d’histoire-géographie et délégué CGT Éduc’Action.

    « On reste mobilisés »

    À l’issue d’une entrevue d’une heure, la délégation est ressortie avec plusieurs « engagements clairs ». Le principal concerne le plan de restructuration : évalué à 53 millions d’euros, il sera soumis le 14 décembre au vote de la plénière du conseil régional. Les personnels ont aussi obtenu leur participation à une réunion de maintenance, le 4 novembre afin d’aborder les travaux urgents.

    Car les besoins immédiats sont nombreux : volets métalliques défectueux, sanitaires dégradés, matériel informatique insuffisant (cinq ordis pour 167 enseignants), vidéoprojecteurs hors services… « On ne souhaite pas que les travaux prévus figent le lycée dans son état, d’ici 2033 ce sont 10 000 élèves qui vont y passer », souligne Samuel.

    « Notre lutte n’est pas égoïste. Nous exigeons la même qualité d’écoute et les mêmes résultats pour l’ensemble des lycées de la région qui sont en souffrance », insiste le représentant syndical invitant la collectivité à piocher si besoin dans les fonds prévus pour les JO 2030 ou ceux, non-obligatoires, versés à l’enseignement privé. Surtout, les difficultés de l’éducation nationale demeurent. « On reste mobilisés avec nos lycéens », conclut Samuel. « Ce point d’étape est une victoire qui nous donne encore plus de détermination pour continuer le mouvement. »

  • « Moi Marseille »

    « Moi Marseille »

    Laissez passer les cartes postales. Celle de la ville de coups de vents, des coups du sort que les magazines habillent de lumière, de ferveur et de passions, de caricatures. Et revenons à ce que je suis.

    Hier, j’ai célébré mes 2600 ans. Grecque, ouverte sur la Méditerranée, j’ai souvent résisté avec courage, parfois folie, moins souvent j’ai cédé à la sagesse. Des excès, nombreux, me direz-vous. Sans doute, mais je suis ainsi faite. De cycles, de dépressions, de rebonds et c’est dans ce flot incessant que j’ai déployé ma légende.

    Trompant les projets des urbanistes, jouant de l’espace entre ma centaine de villages, j’ai fait ville sans jamais trahir l’âme de ceux qui m’ont façonnée durant ces siècles. J’ai tissé ma force, à l’abri du massif de la Nerthe et de la chaîne de l’Etoile, me dressant contre la Provence, négligeant le tourisme, préférant les orients lointains.

    Alors, d’aucuns ont parlé de moi comme un carrefour alors que je ne suis rien d’autre qu’un havre où les hommes se croisent, travaillent et galèjent. Oui, ici le verbe est haut, moqueur mais je suis ville de labeur et d’efforts, contrairement aux clichés exhibés par ceux de la capitale.

    Aujourd’hui, je le sais. Je suis à la croisée des chemins et je sens que le bruit et la fureur, transformés en étendards par certains, me menacent. Ils excluent, rejettent et se sont persuadés que mes excès traduisent une lâche tentation vers les extrêmes, que mes emportements justifient leurs aveuglements et leurs ressentiments.

    Ils font table rase de ce qui m’a nourri. Leurs propos et programmes, à l’emporte-pièce, sont la négation de mon passé, qui s’est pétri dans l’accueil et le mélange. N’allez pas croire que mon essence populaire signifie l’amour de la révolution. Je manifeste, je crie, je conteste parce que j’aime la justice et refuse les exclusions. Mes colères, elles sont là.

    Si j’ai chanté La Marseillaise, c’est pour sauver la République, pas pour faire preuve d’insoumission. Cette République, elle est égalité, fraternité et liberté. Elle est peut-être menacée, comme ce qui fait ma chair, mes espérances.

    Ceux qui affirment sans sourciller que la police tue, ceux qui refusent le compromis, rejettent tout ce qui ne s’accorde pas avec leur credo. Ils ont les mêmes défauts que ceux qui font porter les péchés capitaux à l’autre, celui qui ne leur ressemble pas. Leurs combats ne sont pas les miens. Ils instrumentalisent mes emportements. Oubliant ce que je veux.

    Je veux continuer à grandir sans perdre mon authenticité, je veux que chacun de mes habitants ait sa juste place, que tous mes quartiers soient apaisés. Le temps n’est plus où je cherchais ma force dans le refus de tendre la main à mon arrière-pays. Le développement auquel j’aspire est fait de coopérations, de dialogues et d’échanges avec mes voisins, proches ou lointains.

    À leur laisser les rênes, ces ingrédients du vivre ensemble disparaîtraient refermant le chapitre d’une ville où les projets, enfin, peuvent bénéficier d’investissements de l’État.

    Je veux être Marseille, une ville de projets pour une jeunesse libérée du déficit d’investissement, de formation, d’emplois qualifiés… Je veux être une ville de logements décents pour tous, d’espaces publics accueillants, de nature préservée. Je veux une économie dynamique qui reflète le potentiel de cette terre de recherche, de savoirs, d’innovation. Je veux des politiques qui rapprochent et non qui opposent, des choix qui protègent et non qui affaiblissent.

    Ce sillon, je l’ai creusé durant des années, avec des maires de conviction, courageux, auxquels mille et un reproches peuvent être lancés. Mais ils n’étaient pas enkystés par cette fatigue démocratique qui menace.

    Il faut être démocrate, républicain, courageux. Le pire n’est jamais sûr mais il nous appartient, désormais ensemble, de tourner le dos aux passions tristes des extrêmes.