Tag: élèves

  • Après le feu, l’Empéri prêt pour la rentrée

    Après le feu, l’Empéri prêt pour la rentrée

    Les ouvriers s’affairent encore dans le hall du lycée l’Empéri. Quelques dalles du faux plafond restent à poser et l’établissement sera prêt pour accueillir ses 1 250 élèves à la rentrée grâce à des travaux financés par la Région Sud à hauteur de 300 000 euros.

    Le 3 octobre, le bâtiment avait en partie été incendié. Le proviseur, Laurent Suret, relate : « Une poubelle avec de l’essence a été poussée par un individu de 21 ans depuis la cour contre la façade. Le feu s’est propagé aux halls, au bureau de la CPE. L’enduit extérieur a été esquinté, les circuits électriques abîmés, le faux plafond endommagé et la suie est montée dans la trentaine de salles de classe. » Des dégâts matériels importants, mais le pire a été évité alors que des agents « étaient dans leur logement de fonction juste au-dessus ».

    Après avoir fermé ses portes quatre jours, le lycée a pu rouvrir le 9 octobre, en déplaçant la vingtaine de classes dans le bâtiment B. Après un chantier qui aura permis de reconstruire et d’assainir les locaux, et renforcer la protection du site avec un rehaussement des clôtures et un gardiennage 24h/24, ce lundi sonne le retour à la normale pour les lycéens. « On se devait de leur offrir les meilleures conditions d’accueil », se satisfait le président de Région François de Canson (DVD), qui voit cette réhabilitation comme un « symbole », alors que l’établissement avait brûlé le jour de son élection. « L’équipe a été touchée, mais la réactivité et la solidarité a permis d’amortir un peu le choc », remercie Laurent Suret. Au total, la Région a mobilisé 6 millions d’euros pour « face aux dégradations commises dans les lycées du territoire ».

    Alors que La Gazette des communes place la Région Paca à l’avant-dernière place de son classement sur l’investissement dans les lycées avec 1 068 euros par élève entre 2022 et 2025, contre 1 347 euros en moyenne au niveau national, François de Canson cible l’héritage « après Vauzelle » et dit avoir fait voter « 2 milliards d’euros pour les dix ans qui viennent ». Par ailleurs, 10 millions ont été mobilisés pour adapter les établissements au changement climatique.

  • Des pitchouns journalistes au siège de « La Marseillaise »

    Des pitchouns journalistes au siège de « La Marseillaise »

    Il y avait des pitchouns journalistes à la conférence de rédaction de La Marseillaise ce jeudi. Des écoliers encadrés par des mamans et Francesca de l’association Cultures du Cœur 13 ont assisté aux échanges avant de prendre la place des journalistes autour de la grande table de réunion. Studieux, ils avaient noté les mots qui ont retenu leur attention pour en savoir plus et préparé des questions pour Léo Purguette, le président et directeur éditorial de La Marseillaise.

    Une initiation au journalisme qui a aussi été l’occasion de revenir sur l’histoire de notre journal, pour le plus grand bonheur d’un élève de CM2 qui savait déjà tout de l’Occupation et de la Résistance.

  • Un premier « Grand Repas » à Montpellier

    Un premier « Grand Repas » à Montpellier

    L’ambiance était à la fête ce jeudi midi à l’école Joan-Mirò de Montpellier. Pour le déjeuner, les élèves accueillaient le chef Guillaume Leclère, distingué d’une étoile au guide Michelin. Le restaurateur montpelliérain était venu leur présenter un repas spécial, élaboré avec le responsable de la production dans les cantines de la ville, Fabrice Freu.

    La démarche s’inscrivait dans le « Grand Repas », un événement national visant à promouvoir la gastronomie et ses savoir-faire. Le concept consiste à proposer une fois par an, à l’échelle d’un territoire, un menu unique à base de produits de saison et locaux. Dans l’Hérault, le binôme formé par Guillaume Leclère et Fabrice Freu a préparé un plateau végétarien. À la carte, un crémeux de pois chiches de Villeneuve-lès-Maguelone, du butternut de Restinclières, des sablés de Lunel… Ce repas a été partagé dans les 85 cantines scolaires de Montpellier mais aussi dans les écoles de Fabrègues ou de Prades-le-Lez ou encore dans un Ehpad* à Sète.

    L’opération se voulait éducative et ludique. « C’est important que les enfants comprennent le circuit de production local, la valeur des produits, leur saisonnalité », a expliqué Marie Massart, l’adjointe au maire de Montpellier déléguée à la politique alimentaire. À l’école Joan-Mirò, les élèves ont même bénéficié des explications de jeunes professionnels en formation au lycée hôtelier Georges Frêche. À l’aide d’échantillons de produits bruts, comme une courge ou des plantes aromatiques, les plus grands ont expliqué aux plus petits comment le plat du jour avait été fabriqué.

    Valoriser des avancées

    D’après Marie Massart, ce repas exceptionnel dans sa forme s’inscrivait dans la continuité des récentes évolutions du service de la restauration scolaire. « Ce sont des produits qu’on a l’habitude de servir aux enfants. On est déjà à plus de 40% de produits bio. Ceux qui le souhaitent peuvent manger végétarien tous les jours et il y a deux repas végétariens par semaine pour tous », a-t-elle rappelé. La coopération avec un chef cuisinier étoilé a donné quelques nouvelles idées à Fabrice Freu. Celui qui supervise tous les jours plus de 16 000 repas dans les cantines énumère, enthousiaste : « Associer les légumineuses avec les légumes, utiliser les graines, qui amènent du craquant et un côté torréfié que les gamins apprécient… »

    Ce « Grand Repas » pourrait préfigurer la future Cité de l’alimentation. Prévu pour 2028, cet équipement comprendra un jardin pédagogique. Il abritera aussi la nouvelle cuisine centrale de la ville. Les agents disposeront d’installations
    pensées pour travailler davantage les produits bruts. Contrairement à aujourd’hui, ils pourront préparer les desserts. L’approvisionnement auprès des producteurs locaux sera favorisé grâce à une coopération avec le Marché Gare, le marché de gros de Montpellier. « On espère bien continuer les partenariats avec les chefs de Montpellier, étoilés ou non », imagine Marie Massart.

    * Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

  • À Martigues, les lycéens manifestent « à leur échelle »

    À Martigues, les lycéens manifestent « à leur échelle »

    Imprévisibles, les lycéens ? À Martigues, le plan d’action de l’acte 5 de la mobilisation a changé « toutes les 30 secondes », reconnaît Mevann, l’un des jeunes organisateurs. À l’origine, une marche devait partir de l’établissement Paul-Langevin à 10h en direction de la place Jean-Jaurès. Finalement, le départ a été décalé à 11h, et les manifestants se sont dirigés vers Jean-Lurçat pour y récupérer d’autres élèves, avant de se rendre en centre-ville. « On vit au jour le jour, à la minute la minute », plaisante l’élève. La police municipale et les syndicats (CGT, SUD, Snes-FSU) ont joué le jeu de l’improvisation, sécurisant le joyeux cortège le long de son périple. Une centaine de personnes y ont participé, d’après les chiffres de la préfecture.

    Pour Mevann, la mobilisation est un franc succès : « Marseille, Aix-en-Provence, Arles… ce sont des villes étudiantes. À Martigues, on n’a pas de fac au-dessus du lycée, donc on ne peut pas se rattacher aux étudiants et à leurs organisations. Mais c’est important quand même de se faire entendre dans les petites villes où on subit le plus le manque de moyens. Heureusement, on est très suivis et soutenus par nos professeurs et les syndicats. À notre échelle c’est très bien ce qu’on fait. »

    Lou*, lycéen de terminale à Jean-Lurçat, explique que de nombreux camarades sont allés grossir les rangs de la manifestation à Marseille. Lui a préféré rester à Martigues. « Il y a de bons arguments de chaque côté. Certains préfèrent s’unir, et donc vont dans les grandes villes. D’autres plaident pour une action au niveau local, en disant que les lycées périurbains sont encore plus délaissés que dans les métropoles… J’ai pas la réponse, les deux choix sont corrects tant qu’on se bat. » Pour lui, tout l’enjeu est de ne pas laisser tomber le mouvement, que le gouvernement « tente d’étouffer », ou qu’il « déraille dans une lutte sans idée ». « On espère qu’après les vacances on aura des réponses ou des pistes de réponses, parce que là c’est plus possible. »

    Supprimer Parcoursup

    et la réforme Blanquer

    Pour Lou, le plus urgent est de « supprimer Parcoursup et la réforme Blanquer ». « Ça changerait beaucoup de choses, au niveau emploi du temps, santé mentale des jeunes… Même si ça ne réglerait pas tout, ça montrerait qu’on est écoutés et qu’on est dans la bonne direction. »

    Derrière une banderole, dans le cortège, Carla témoigne : « On veut pouvoir avoir une vie en dehors du lycée, voir nos amis, notre famille, faire du sport… C’est compliqué de gérer devoirs et extrascolaire. Et à vouloir tout faire, on fait tout mal. » À ses côtés, India acquiesce : « Notre santé mentale est en danger, on nous écoute pas, on se prend des réflexions et des reproches à longueur de temps alors qu’on va mal et qu’on fait notre maximum. » Carla dit être tombée en dépression « à cause de la pression de l’école » l’an dernier. « J’ai arrêté de venir, du coup j’ai dû redoubler. Maintenant j’essaye de faire de mon mieux. » Les deux amies demandent de meilleures conditions d’apprentissage, mais surtout une véritable écoute de la part du gouvernement pour « retrouver confiance en l’avenir ».

    *Le prénom a été modifié.

  • À vélo ou à pied, les enfants apprennent à partager la route à Martigues

    À vélo ou à pied, les enfants apprennent à partager la route à Martigues

    Ce n’est pas encore l’heure de la récréation dans la cour de l’école Jean-Jaurès de Martigues. Pourtant ce mardi après-midi, les élèves de CM1 et CM2 de l’école Tranchier enfourchent leurs vélos pour certains, enfilent des chasubles pour d’autres, et se lancent chacun leur tour sur le parcours urbain peint au sol, sur lequel ont été placés des panneaux et un système de feux tricolores.

    L’objectif de la mise en situation est d’intégrer les bons réflexes. « Ce qu’on leur explique c’est d’être visibles, attentifs, et d’établir le contact visuel car l’autre usager de la route ne les a pas forcément vus » explique Magali Gomez, agente de police municipale. Trois groupes de 8 élèves évoluent sur le terrain, piétons, cyclistes et policiers. Les premiers circulent en respectant les feux et en constituant un aléa à surveiller pour les seconds, tandis que les troisièmes pointent et remontent les fautes aux encadrants.

    Toutes les subtilités du code de la route sont à prendre en compte. Si le feu tricolore est globalement « bien respecté » selon l’agent Ludovick Abba, ce n’est pas le cas du cédez-le-passage. « Tu sais jamais si tu dois t’arrêter ou pas » avance Lola Santiago, élève de CM2.

    « Un enjeu indispensable »

    C’est tout l’art de mettre en pratique la théorie, étudiée pendant une heure avant de monter à vélo. « Un seul élève n’a fait aucune faute, c’est dans la moyenne » relève Ludovick Abba. « Le loupé du stop est le plus fréquent, comme le cédez-le-passage. Car comme ils ne sont pas obligés de s’arrêter, ils passent sans regarder » détaille le policier municipal. Cette intervention revêt donc un caractère « indispensable » selon l’agent, « ce sont les connaissances de base pour se déplacer en sécurité ».

    « Indispensable » aussi aux yeux de l’adjoint délégué aux déplacements et à la voirie, Roger Camoin (PS). « À force de faire de la prévention dans les écoles, on avait remarqué il y a quelques années que les accidents sur le territoire avaient baissé de 47% » avance l’élu. Et l’impact n’est pas seulement sur les minots : « Je leur dis quand je remets les récompenses : on espère que les enfants disent aux parents “tu peux pas faire ça” ou “faut s’arrêter là“ » développe l’adjoint.

    Lola Santiago se dit « plus en confiance » après la séance. Puisse cette confiance être utile au passage de l’Attestation
    scolaire de sécurité routière,
    au collège.

  • Un moment de recueil au lendemain du drame au collège Lakanal d’Aubagne

    Un moment de recueil au lendemain du drame au collège Lakanal d’Aubagne

    Les sentiments sont encore très partagés pour les Aubagnais, près de 36 heures après le drame. En face du cinéma le Pagnol, plusieurs centaines de personnes se sont réunies. Enfants, adolescents, adultes, personnes âgées, tout le monde s’est déplacé pour témoigner leur soutien et leurs pensées au corps enseignant. Une ambiance positive s’est dégagée du rassemblement.

    « Ça aurait pu être moi » lance Paolo, un ancien élève du collège Lakanal. « C’est pas normal qu’on puisse entrer dans le collège avec une arme et tirer comme ça sur ses professeurs. » Bastien et Mathieu sont élèves en classe de 3e dans ce même collège. « Ça va déjà mieux qu’hier, ça nous a fait bizarre tout ça. Mais c’était important de venir ici, pour le geste qu’a pu faire le CPE », témoignent les collégiens. « On le connaissait mais pas plus que ça, on savait qui c’était. C’est difficile de savoir si tout ce qui se dit dans les médias est vrai quand on ne le connaît pas personnellement », finissent par conclure les deux adolescents.

    Pour Jean-Pierre Squillari, maire (DVG) d’Aubagne, « l’objectif de ce rassemblement est de se recueillir ensemble ». « Et le tout sans prise de parole, sans banderole, sans message. Nous voulons laisser la place aux gens pour échanger, discuter. » L’élu est satisfait de la démarche mise en place. « C’est quelque chose que nous avons l’habitude de faire à Aubagne, donc c’était une évidence que de proposer ce rassemblement. C’est un moment où il faut avoir du lien, se parler. Il ne faut pas se renfermer. »

    De nombreux enseignants ont fait le déplacement pour participer à ce rassemblement. Céline est professeure d’EPS, et a enseigné dans le passé au collège Lakanal. « Je suis venue témoigner mon soutien aux collègues, c’est une émotion particulière quand on a nous-mêmes travaillé dans cet établissement. En plus je suis aussi parent d’élève donc j’ai la double casquette », s’exprime-t-elle. Deux professeurs de Gémenos étaient également présents à Aubagne lors de cette soirée de mardi. Ils ont notamment évoqué « la journée de commémoration pour Samuel Paty et Dominique Bernard qui a eu lieu, comme prévu, dans l’établissement, avec une pensée forcément pour les enseignants blessés lundi ».

    Parents et enfants marqués

    Du côté des parents, la plaie semble encore à vif pour certains. Élodie et Charlotte ont toutes les deux une fille de 14 ans, scolarisées en classe de 3e dans l’établissement. La première précise que sa fille « s’est retrouvée face à l’assaillant », ce qui l’a « énormément marquée ». « Elles discutent beaucoup entre elles, elles se refont en boucle le scénario, étant donné qu’elles n’étaient pas au même endroit au moment des coups de feu », complète Charlotte. « Ça leur fait du bien d’être ensemble et d’en parler, d’avoir du lien. C’est bien que ce rassemblement ait été proposé », poursuivent-elles. « Malgré tout, le sentiment qui se dégage c’est surtout beaucoup de tristesse et de la peine pour le gamin. Pourquoi rien n’a été fait pour découvrir ce problème ? Ça reste un enfant de 14 ans, qui a gâché sa vie », concluent les deux mamans.

    « Je n’ai pas encore eu l’occasion d’aller rencontrer le proviseur, qui est encore à l’hôpital. J’aimerais le voir demain, ou bien essayer d’avoir son contact pour l’appeler. Il lui faut du repos, il me semble qu’il a eu la jambe cassée, il a donc certainement dû être opéré », confie le maire, en réitérant son soutien à l’ensemble du corps professoral. Alors que le rassemblement commence à se disperser près d’une heure après avoir commencé, Jean-Pierre Squillari a également exprimé son soulagement : « J’estime que l’on a réussi ce qu’on a voulu faire. L’objectif était de laisser la place au dialogue et je pense que c’est le cas », conclut le maire d’Aubagne.

  • Aubagne : le parquet national antiterroriste se saisit de l’affaire Lakanal

    Aubagne : le parquet national antiterroriste se saisit de l’affaire Lakanal

    L’affaire du collège Lakanal à Aubagne prend une autre tournure… Les premières investigations, « notamment l’exploitation des supports numériques du mineur, mettent en évidence la probable adhésion à la mouvance True Crime Community (TCC) ainsi que l’inscription de l’action criminelle intervenue au sein de son établissement scolaire dans cette idéologie », a indiqué le Parquet national anti-terroriste (Pnat) dans un communiqué ce mardi 13 octobre, précisant qu’il se saisissait de faits. Et de détailler : « La TCC est un écosystème de communautés numériques qui glorifie les auteurs de tuerie de masse et incite, dans certaines formes, au recours à la violence extrême. »

    Une enquête a été ouverte pour « tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste », « association de malfaiteurs terroriste en vue de crimes contre les personnes et infractions à la législation sur les armes, en relation avec une entreprise terroriste » et confiée à la Sdat (sous direction anti-terroriste), service coordonnateur, à la DGSI et à la direction zonale de la police nationale Sud. Des précisions devant être apportées à l’issue de la garde à vue du jeune homme démarrée lundi.

    De « mal aimé » à « acte prémédité »

    Élève de troisième au sein du collège, le jeune homme qui a tiré, à plusieurs reprises, au fusil de chasse sur le principal et une professeure, avait dans un premier temps été décrit comme mal dans sa peau, se « sentant mal aimé » selon les premières constatations. Mais sur les ondes de FranceInter ce mardi le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, avait lui insisté sur « le caractère prémédité » de l’acte. « Il avait organisé son périple et il a eu le temps quand même de recharger son fusil en cours de route. Donc, on est quand même bien sur un jeune qui avait une intention claire de tuer », a-t-il ajouté.

    Dans les témoignages des autres élèves recueillis devant l’établissement quelques heures après le drame, une de ses camarades, Sarah, également élève de 3e et en classe avec lui l’an dernier, raconte être sortie de son cours en courant et être tombée sur le jeune tireur. « Il a dit : “Je suis venu que pour les profs, pas pour les élèves. De toute façon, les profs font chier” », assurait-elle décrivant « un élève perturbateur, qui avait beaucoup de rapports mais s’en fichait (…) il n’obéissait pas aux profs ». Alors que d’autres évoquent un élève qui « avait l’air calme ». Le père et la mère de l’adolescent ont aussi été placés en garde à vue « pour essayer de comprendre comment ce jeune s’est retrouvé en possession de cette arme », avait indiqué lundi le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez venu avec son homologue de l’Éducation, sur les lieux.

  • À La Seyne, les Amis du Laborieux sont prêts à reprendre les rênes

    À La Seyne, les Amis du Laborieux sont prêts à reprendre les rênes

    C’est un article paru récemment chez notre confrère Var Matin qui a mis le feu aux poudres. Le président de l’association Les Amis du Laborieux laissant entendre une probable dissolution de la structure. Remontés, les adhérents ont donc à leur tour pris la plume pour affirmer leur volonté à poursuivre l’activité de sauvegarde d’un des vestiges qui témoigne de la grandeur industrielle passée de l’ex-Cité des Chantiers : la restauration de ce remorqueur labellisé « Bateau d’intérêt patrimonial » (BIP).

    Construit entre 1946 et 1947 par les apprentis des Forges et Chantiers de la Méditerranée, ce « pousseur » a acheminé des tonnes de pièces et transporté les ouvriers dans la rade jusqu’à la fermeture des chantiers navals, en 1989.

    Laissé à l’abandon pendant 32 ans près du fort Balaguier, le bateau avait déjà subi les ravages de la rouille avant la création des Amis du Laborieux, en 2021. Depuis, des milliers d’heures de travail ont été consacrées à sa réhabilitation par les bénévoles, parmi lesquels d’anciens salariés des Chantiers, avec l’aide d’élèves du lycée Langevin (classe de ferronnerie et de menuiserie) et du CFA.

    C’est pourquoi les propos de Marc Lefèbvre, président-fondateur de l’association, créent tant de remous.

    En s’adressant directement à lui, les adhérents lui renouvellent leur estime et lui reconnaissent le droit de vouloir s’arrêter. Mais tiennent aussitôt à préciser : « Nous sommes nombreux à vouloir continuer et sommes prêts à assumer les responsabilités qui en découlent. »

    Ils lui demandent donc de convoquer le plus rapidement possible une assemblée générale, pour accepter officiellement sa démission et élire un nouveau conseil d’administration. Sans quoi, préviennent-ils, ils prendront eux-mêmes l’initiative.

  • [Entretien] Marion Chopinet, Snes-FSU : « La jeunesse démontre qu’il va falloir compter avec elle »

    [Entretien] Marion Chopinet, Snes-FSU : « La jeunesse démontre qu’il va falloir compter avec elle »

    Dans les salles des professeurs comme dans les classes, le malaise était palpable depuis longtemps. Tous dénoncent une dégradation du système éducatif. Alors qu’une nouvelle mobilisation est annoncée pour le mardi 13 octobre, Marion Chopinet revient sur les ressorts d’un ras-le-bol parti pour durer.

    La Marseillaise : Ce mouvement lycéen s’annonce durable, avec un nouveau rendez-vous le 13 octobre, porté par une intersyndicale lycéenne, étudiante et enseignante, ainsi qu’un appel interprofessionnel de la CGT. Est-ce quelque chose à quoi vous vous attendiez ?

    Marion Chopinet : À la fois, on ne l’a pas vu venir et en même temps, ce n’est pas étonnant du tout. Il y a eu le démarrage en région parisienne et des mouvements ponctuels déjà, avant la rentrée, dans les outre-mer. Cette colère lycéenne gronde depuis pas mal de temps. Elle s’est étendue à toutes les académies après la mobilisation de la fonction publique du 29 septembre. Dans l’académie d’Aix-Marseille, les mobilisations lycéennes commencent autour de cette date, qui a marqué le début des premiers blocus de lycées ici.

    En tant que syndicat enseignant, comment accompagnez-vous les lycéens ? Peut-on parler de convergence des luttes ?

    M.C. : D’une certaine manière oui, car leurs revendications rejoignent les nôtres. Quand on se mobilise, nous, contre les réformes, le choc des savoirs, la réforme Blanquer en fait à l’origine de tout le bazar dans les lycées aujourd’hui, on se mobilise pour nous. Mais nos conditions de travail, ce sont les conditions d’études des élèves. Là, c’est le mouvement lycéen qui a pris le plus d’ampleur et qui continue à grandir et on se rejoint complètement. Après, c’est un équilibre assez difficile à tenir. Car si on a des revendications communes, en dehors des moments où on a nos casquettes syndicales, on est aussi leurs profs. Il ne s’agit pas de confondre les deux et de se servir d’une manière ou d’une autre de l’« autorité » qu’on peut avoir sur eux pour influer sur le mouvement. Cela doit rester le leur, ils doivent pouvoir s’organiser et décider. À nous, éventuellement, de répondre plutôt à leurs sollicitations et à leurs besoins pour avoir un service d’ordre, du matériel pour faire des pancartes, l’accès à un local… Toutes ces manifestations qui associent depuis plusieurs jours personnels de l’Éducation nationale, lycéens, étudiants, d’autres corps de métier et les parents marchent très bien et font la démonstration que le cœur du sujet, ce sont les revendications des lycéens et pas les violences.

    Du côté des enseignants, vous alertez depuis longtemps sur une véritable souffrance…

    M.C. : Nous avons effectivement des enseignants qui sont submergés de tâches annexes, dont les salaires n’ont pas été revalorisés depuis extrêmement longtemps. Ce qui participe aussi de la crise de recrutement et du manque d’enseignants, au-delà des suppressions de postes. Les jeunes ont compris aussi que s’ils veulent avoir plus de profs et plus de candidats au concours, il faut revaloriser le métier. Les revendications autour du statut de la fonction publique pour les AESH sont aussi un enjeu pour nous et les élèves d’avoir des accompagnants pour ceux en situation de handicap. Des personnes recrutées par concours, formées, rémunérées correctement et qui soient présentes dans les établissements pour eux.

    La répression du mouvement lycéen est-elle, selon vous,
    une manière de l’étouffer
     ?

    M.C. : Oui, il y a forcément des consignes pour faire peur le plus possible aux élèves et aux parents. Ces violences policières sont complètement disproportionnées, absolument délirantes. Nous les avons dénoncées dans de nombreux communiqués.

    La réponse apportée par le gouvernement, entre les annonces du Premier ministre sur les prix à la pompe et le déblocage de 3 000 postes d’enseignants, est-elle à la hauteur ?

    M.C. : Ça ne correspond pas du tout à ce qu’on demande, même si pour les enseignants aussi, la question du prix de l’essence et de ce que coûtent les trajets pour se rendre sur leur lieu de travail, ça compte. Pour les 3 000 postes qui seraient débloqués, on attend de voir la réalité. Nous réclamons surtout des postes au concours, une revalorisation, une réflexion aussi sur le bâti scolaire. Rien n’est dit du tout sur ce qui est essentiel pour les élèves : Parcoursup. Et au-delà, la réforme Blanquer, mise en place en 2018, qui touche au lycée et au bac sans laquelle Parcoursup ne peut fonctionner. C’est elle qui permet cette sélection terrible dans l’accès au supérieur et qui accompagne de façon extrêmement efficace les suppressions postes. Après, il y a eu le « choc des savoirs » avec Gabriel Attal. Tout ça, c’est la déclinaison de la même chose : dire que ça coûte trop cher et qu’il faut trier les élèves le plus tôt possible. Ce qui va à l’encontre du projet du Snes et de la FSU entre autres, qui avait cours depuis les années 80, de démocratisation scolaire, de faire en sorte que la majorité des jeunes arrivent jusqu’à un niveau bac.

    Nous sommes aussi dans un contexte d’austérité budgétaire…

    M.C. : C’est catastrophique, pour l’Éducation nationale comme l’ensemble des services publics. C’est à eux que l’on fait payer le prix de l’austérité et de la dette. Il y a aussi un enjeu autour des budgets des collectivités territoriales et du bâti scolaire. Ce qui a mis le feu aux poudres, c’est que ces jeunes ont passé des examens sous canicule, l’an passé. Des élèves qui font leur rentrée dans des salles à plus de 30-35 degrés, des journées de cours épuisantes… Toute une réflexion est à mener sur l’adaptation au changement climatique et les budgets qui devaient y être consacrés ne sont pas à la hauteur ou ont été supprimés.

    D’aucuns tournent la mobilisation lycéenne en dérision, s’offusquent des débordements… Comment voyez-vous la suite ?

    M.C. : Je pense que les élèves ont comme perspective de tenir au moins jusqu’aux vacances. Nous, on annonce déjà une nouvelle date à la rentrée, le 5 novembre, avec l’intersyndicale de la fonction publique, sur les salaires, conditions de travail, etc. La consultation inventée par Sébastien Lecornu est aussi une manière d’étouffer ce mouvement. On a vu comment les gouvernements Macron ont fonctionné avec les Gilets jaunes, les cahiers de doléances qui n’aboutissent à rien. Les jeunes l’ont bien compris. Sur la prise en considération, je fais le lien avec les débats sur la loi intégrale, tout ce travail fait par les associations féministes et enfantistes. Cela dit, vu comment notre société regarde les enfants et les jeunes, se méfie d’eux, considère qu’ils n’ont pas droit à la parole… Ils font la démonstration que la jeunesse, c’est autre chose que de rester collé sur son téléphone et qu’il va falloir compter avec eux. Le monde qu’on est en train de construire, c’est le leur. Ils ont droit au chapitre.

  • À Toulon, malgré des revendications partagées, certains lycées peinent encore à se mobiliser

    À Toulon, malgré des revendications partagées, certains lycées peinent encore à se mobiliser

    Au lycée professionnel du Parc Saint-Jean, vendredi matin, de nombreuses pancartes garnissent le portail. Mais ils sont peu nombreux – une dizaine – à les porter, malgré les appels lancés à leurs camarades depuis le début du mouvement. « On essaie de rassembler, mais c’est compliqué », déplore Elizéa, une des meneuses. Pourtant, « tout le monde pense la même chose », assure-t-elle. À savoir que « l’on étudie dans des conditions déplorables », se désole Lilou, l’organisatrice, qui dresse la liste des désagréments matériels : « On a des fuites d’eau. Le plafond tombe quand il pleut, c’est arrivé pendant le bac l’année dernière. Les toilettes dégagent une odeur immonde, on n’a pas de papier, pas de savon, pas de lumière, de la moisissure au plafond. En été il fait vraiment chaud, on a des clims mais elles ne marchent pas ». Des difficultés organisationnelles apparaissent aussi : « L’application pour réserver la cantine ne marche pas non plus, du coup c’est premier arrivé premier servi. Notre professeur d’enseignement professionnel, la plus importante pour le bac, n’est pas là pendant un mois et pas remplacée. Des profs d’espagnol sont aussi absents ».

    « Peur des professeurs,

    des parents, de la police »

    Profitant de la récréation pour essayer de capter d’autres élèves, les jeunes tentent de bloquer, sans violence, l’entrée de l’établissement. Mais malgré quelques fumigènes craqués pour réchauffer l’ambiance, leurs efforts sont vains. « Ce n’est pas un vrai blocus, il ne se passe rien », entend-on çà et là. « Le problème est qu’on fait ça calmement, alors que certains attendent que ça prenne feu, comme ça a été le cas jeudi dernier », pointe Elizéa. Selon elle, beaucoup ont « peur des professeurs ou des parents », mais aussi « de la police. Un élève du lycée a été étranglé, on voit les nombreux jeunes qui subissent des violences ».

    Lilou pointe par ailleurs le fait que, contrairement à d’autres lycées où le dialogue est instauré avec la direction, il n’en est rien au Parc Saint-Jean : « Je vais demander un rendez-vous au proviseur, mais on se sent davantage dans la confrontation ». Il leur est également difficile de trouver des soutiens au sein du corps enseignant. « Je les comprends, je suis au lycée depuis plus de 30 ans et il n’y a jamais eu de travaux, mais beaucoup de problèmes ne me concernent pas directement », résume succinctement l’un d’entre eux. « Il y a des professeurs syndiqués, mais comme dans de nombreux lycées professionnels, c’est calme en salle des profs », regrette un cadre syndical varois. Pour autant, Lilou, Elizéa et les autres élèves mobilisés seront présents mardi aux côtés des autres lycéens toulonnais à l’appel de l’intersyndicale. « S’il faut continuer après, je continuerai, mais je veux qu’il y ait du monde avec moi », espère cette dernière, sans quoi « ça n’avancera pas ».