À Marseille, quatre élèves du lycée Marie-Curie arrêtés en 24 heures

Libérez nos camarades », scandent les lycéens de Marie-Curie devant le commissariat de Noailles ce mercredi après-midi où une vingtaine de personnes est rassemblée. Antonin, élève de l’établissement situé dans le 5e arrondissement de Marseille, explique que l’un de ses camarades « a été placé en garde à vue mardi en début de matinée. Ce matin [mercredi] nous avons poursuivi le blocus dans la continuité du mouvement lycéen. Sous le prétexte fallacieux de graffitis sur une poubelle qui était déjà graffée, trois de nos camarades de la Première au BTS ont été arrêtés. Le dernier étant majeur aura un casier judiciaire ». À l’heure où l’on écrit ces lignes, quatre élèves, âgés de 14 à 19 ans étaient en garde à vue. « On n’a pas du tout été violents. On a essayé de faire blocus, on nous a encore mis dans des bâtons dans les roues. La police était déjà présente dès ce matin », poursuit l’élève.

Ces quatre élèves sont âgés de 14 à 19 ans. « On manifeste une solidarité intacte avec le mouvement pacifique des lycéens qui rejoint en tous points les revendications des organisations syndicales enseignantes développées depuis de très nombreuses années », pousse Samuel Tracol, professeur d’histoire au lycée Marie-Curie et syndiqué à la CGT Éduc’action. « Quels que soient les motifs d’interpellation, les jeunes n’ont rien à faire dans un commissariat de police. C’est que des gamins de classes populaires, pour les familles c’est une catastrophe », tempête-t-il.

Devant le poste de police du centre-ville, les parents des élèves concernés s’inquiètent. « Le côté dramatique c’est que ce sont des mineurs. La garde à vue est une mesure exceptionnelle même pour les majeurs », tient à rappeler Me Louis Ramuz, venu accompagner les familles. Le père d’un élève de Don Bosco est venu chercher son fils après 23 heures de garde à vue, discute avec la maman de K., élève de Marie-Curie. En sanglots, elle peine à donner l’âge de son fils, arrêté dans la matinée. Celui-ci a « 15 ans », réussira-t-elle à dire au bout d’un moment.

À ses côtés, la maman de A., n’a pas de nouvelles de son fils de 14 ans en garde à vue depuis plus de 24 heures. « J’ai gardé mes enfants à la maison depuis le début du mouvement. Je ne veux pas de problèmes. J’ai dit à mon fils “s’il te plaît, reste loin, je ne veux pas que tu participes“. Il est allé à l’école à 8h et à 9h50 sa sœur m’a appelé et m’a dit regarde ». Là, la mère de famille montre sur son smartphone une vidéo de l’interpellation, violente, de son fils devant le lycée. « On est des étrangers, s’il arrive quelque chose c’est nous qui paierons à la fin », souffle la mère de l’adolescent.

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