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  • François de Canson : « Tout ce que l’État ne prendra pas à la Région, je le mettrai dans les lycées »

    François de Canson : « Tout ce que l’État ne prendra pas à la Région, je le mettrai dans les lycées »

    Chaque week-end dans La Marseillaise, chaque samedi à 12h10 sur Maritima radio, ceux qui font l’actualité sont interrogés sur leurs choix, leurs décisions, leurs stratégies.

    Le nouveau président de région

    Didier Gesualdi : Vous avez pris la tête de la Région le 12 octobre. Depuis, il y a eu les catastrophes naturelles, les manifestations lycéennes, les émeutes du 17 octobre, le mouvement social qui est à son plus haut… Allez-vous arriver à dégager des priorités ?

    Quand on accède à la présidence de la Région, il faut être prêt, prêt à toutes les situations. Je suis avant tout un élu de terrain, j’ai l’habitude des crises. C’est vrai que j’ai été bien servi depuis mon arrivée. Les lycéens d’abord, le chaos dans la rue, les inondations…

    Didier Gesualdi : Vous passez derrière Renaud Muselier, une personnalité nationale avec une façon bien à lui de faire de la politique. Quelle sera la vôtre ?

    D’abord, c’est un Marseillais, moi, je suis un Toulonnais, donc on n’a pas peut-être pas les mêmes gènes. J’ai beaucoup d’admiration pour Renaud Muselier. C’est quelqu’un qui a su transmettre et de nos jours, en politique, c’est extrêmement rare. Moi, je suis un élu de terrain, maire depuis 18 ans. Je connais les gens, j’aime les gens, le contact. J’aime sentir les choses avant de prendre des décisions. Ma caractéristique, c’est que je suis un gros travailleur, j’ai une grande capacité d’écoute et je prends des décisions. Ça va être le nouveau style que je vais imposer à la Région. Une Région pour tous, un territoire que je vais parcourir en permanence pour aller écouter les maires. Je sais ce que c’est, être maire, je connais leurs priorités, je sais que ce n’est pas facile. Notre région est immense, c’est un territoire béni des dieux comme j’aime à le dire. J’espère que dans cette belle région, comme savait le faire si bien M. Muselier, l’optimisme sera de rigueur.

    Léo Purguette : Renaud Muselier a été élu au Sénat, mais il est toujours membre de votre majorité. Comment allez-vous articuler vos interventions ?

    Ce n’est pas toujours facile d’avoir le prédécesseur dans ses troupes.J’ai beaucoup de chance. Renaud Muselier m’a laissé les clefs du camion avec le plein. On a une Région en bonne santé. C’est quelqu’un qui observe, qui connaît particulièrement bien les rouages de cette région, ses conseils seront utiles.

    Les Lycéens

    Didier Gesualdi : Estimez-vous qu’on a répondu convenablement aux revendications des lycéens ?

    D’abord, les revendications sont normales. On a le droit dans ce pays de revendiquer, de manifester, mais pas de casser. C’est ce que j’ai dit immédiatement aux lycéens. Je peux tout entendre, mais tout doit se faire dans le calme et la démocratie. Je me suis rendu, ce vendredi, dans un lycée à Salon-de-Provence. Un lycée qui a été détérioré. En quinze jours, on a fait tous les travaux et tout doit recommencer dans des conditions optimales. J’ai rencontré les jeunes, vu le parlement régional de la jeunesse, déclenché un audit. On a fait le tour des 174 lycées. On est en train de me faire remonter l’ensemble des demandes des proviseurs sur la plateforme Allo lycées. Quand on a récupéré l’héritage de Vauzelle, il y avait un gros retard dans les lycées. 2 milliards ont été mis dans lycées depuis 10 ans. Je vais injecter encore 2 milliards pour les 10 ans à venir. J’ai sanctuarisé 300 millions pour l’année prochaine pour les travaux dans les lycées. On a déjà mis 6 millions pour les travaux d’urgence, on va rajouter 10 millions avant la fin de l’année par rapport au changement climatique. On est très actifs, très présents. Je vais écouter les revendications et donner des réponses concrètes. Vous verrez que, très vite, on va retrouver le calme.

    Léo Purguette : Les syndicats enseignants ne sont pas d’accord avec ce que vous dites. Ils indiquent que la majorité de M. Vauzelle a plus investi que vous et disent que notre Région est en bas du classement des Régions sur les investissements dans les lycées.

    Il y a eu des regroupements de Régions, donc ça fait des chiffres plus gros, mais au niveau global beaucoup d’argent a été mis dans les lycées. On a tous été lycéens. Combien on était par classe ? Il faisait chaud. Les sanitaires, ce n’était pas toujours parfait. Il y a eu une montée en gamme. Il faut encore monter en gamme.

    Le rapport avec l’État

    Léo Purguette : Vous êtes tributaire des annonces du gouvernement. Votre vice-présidente s’étonnait, dans les colonnes de La Marseillaise, du seuil de 28 élèves par classe, difficile à traduire vite au niveau du bâti. Est-ce que ce sont des promesses en l’air ?

    J’ai été très étonné des réponses du gouvernement. Quand il me dit qu’il va me donner des facilités pour emprunter pour financer les travaux dans les lycées… J’ai envie de dire qu’en tant que maire, président d’intercommunalité et maintenant président de Région, que j’ai toujours su emprunter. Mais emprunter quand les taux sont à 5%, est-ce que c’est une bonne chose ? Je ne pense pas. De ce côté-là, je dis au gouvernement : « Laissez-moi agir, je sais faire, je connais, faut pas m’expliquer. » En deux ans, l’État a pris 170 millions à notre Région. Et l’année prochaine, il veut nous prendre 50 millions. Je veux partager l’effort même si c’est un peu facile de mettre les collectivités à l’os quand on n’arrive pas à équilibrer le budget. Sur les 50 millions qu’on veut me prendre, prenez en 20 et laissez-m’en 30 pour mettre dans les lycées. J’ai dit au président de la République quand il est venu ici : « Tout ce que l’État ne prendra pas à la Région, je le mettrai dans les lycées. » J’espère que cette proposition sera entendue.

    Le Rassemblement national

    Léo Purguette : Qui peut battre le RN selon vous ?

    On n’en est pas au choix. Aujourd’hui, il y a beaucoup de candidats, on sait que tout va se jouer début janvier. Je suis contre les extrêmes. Chez moi, il n’y a pas de porosité avec le RN. J’ai toujours eu des candidats d’extrême droite contre moi, je les ai toujours battus.

    Didier Gesualdi : Allez-vous pouvoir résister à une vague RN aux prochaines régionales ?

    Je ne suis pas là pour faire l’intérim. Je suis là pour bâtir une équipe pour garder cette Région. Elle est bien gérée, elle fonctionne bien, elle a de bons résultats. Je crois que les gens le voient. M. Allisio nous disait qu’il avait déjà gagné Toulon et Marseille, ils ont perdu les deux. En politique, rien n’est joué.

    Léo Purguette : La Marseillaise révèle que son collaborateur, pointé pour ses écrits haineux, est toujours salarié. Ça vous choque ?

    Si M. Allisio ne veut pas balayer devant sa porte, à un moment, il va prendre la porte dans la tête. En tout cas, on va être extrême vigilant.

    Les inondations

    Didier Gesualdi : Comment faire face aux conséquences du changement climatique et aider les sinistrés ?

    Spontanément, je suis allé aux côtés des inondés. J’ai débloqué 5 millions d’euros pour les aider. C’est une problématique que je connais bien. En 2014, deux fois ma ville a été touchée. J’ai porté un projet de loi à travers un député varois à l’époque. Il faut simplifier les procédures des services de l’État pour que les collectivités puissent aider. On meurt de l’administration. Aujourd’hui, dans la présidentielle, grand nombre de candidats veulent des simplifications administratives. Le 17 novembre, je recevrai pour le congrès régional des maires Jean-Louis Borloo, qui a une vision très forte du changement nécessaire pour l’État.

    Léo Purguette : Les mairies sont très en colère, ils menacent de ne pas organiser la présidentielle…

    Ce n’est pas possible. Mais ça montre le ras-le-bol. On demande aux collectivités, qui sont déjà en difficulté, d’abonder le budget de l’État. Je souhaite que tout parte du terrain.

    Le climat social

    Didier Gesualdi : Est-ce qu’on va vers une radicalité encore plus importante du mouvement social ?

    Je n’ai pas de boule de cristal. Je ne sais pas comment ça va évoluer, personne ne le sait. Par contre, j’ai été choqué par la violence, notamment à Marseille. J’étais là dès le dimanche 18 octobre au matin. J’ai vu des gens qui avaient tout perdu, des commerçants pleurer, des magasins pillés… Que ce soit le Département, la mairie, la Région. Tout le monde est choqué. Comme l’avait fait Renaud Muselier en 2023, on a activé le fonds d’urgence. On va être capable dans les 15 jours qui viennent de donner 10 000 euros aux commerçants touchés pour leur redonner du souffle. L’initiative est portée par la Région, qui a la compétence économique. On a été rejoint spontanément par le Département qui met 5 millions, par la Métropole qui va nous aider, si d’autres collectivités veulent venir au lieu de faire du bruit…

    Léo Purguette : Même la Ville ?!

    Ça avait été contesté jusqu’en justice par la Région la dernière fois… Parce qu’ils l’avaient fait directement. Si la Ville vient rejoindre le fonds ouvert par la Région, tout se passe bien. Chacun a sa légitimité, on doit travailler ensemble, chacun doit être un maillon de la chaîne. Le leader dans ce cas-là c’est la Région, on est là pour aider. Plus il y aura d’argent, plus on pourra aider les commerçants. Là aussi, il ne faut pas que l’État se trompe, il doit se caler sur la Région parce qu’on a un guichet unique, que ça va vite. C’est ce que j’ai dit au ministre Papin.

    Didier Gesualdi : Quelles réponses à tous ceux qui ne cassent pas, mais qui vivent dans des conditions de vie très difficiles ?

    Je suis extrêmement sensible au pouvoir d’achat. En tant que maire, je touche ça du doigt tous les jours. À la Région, le président Muselier avait largement commencé. Il a fait en sorte que chaque étudiant puisse avoir une économie de 2 500 euros par an à travers les différents pass mis en place. Chaque fois qu’on peut aider nos concitoyens avec les pass transports, santé, loisirs etc. Il faut le faire. Et chaque euro investi doit avoir un sens. Il faut être respectueux de l’argent public et transparent sur son utilisation.

    Léo Purguette : Une des racines principales de cette crise, c’est l’explosion du coût des carburants. Le gouvernement doit-il baisser les taxes ? Nationaliser les compagnies qui affichent des profits indécents au regard des souffrances du monde du travail ?

    Je suis président de Région, je ne suis pas parlementaire. Chacun son niveau de compétence. Bien évidemment, je souhaite qu’on aide les Français. Quand la France souffre, il faut donner des moyens pour permettre aux gens de vivre dignement.

    Léo Purguette : Au-delà du climat social, il y a ce fond de l’air délétère avec cet attentat raciste à Trappes. Est-on face à un glissement ?

    Il y a un glissement, il faut le contrôler. Une dérive. Je crois que l’extrême gauche y est pour beaucoup…

    Léo Purguette : Ce n’est pas l’extrême gauche qui a tué à Trappes !

    Non, mais c’est toujours un extrême. On est toujours dans l’extrême. Face à cela, dans les élections, chaque fois qu’on est uni, on n’a jamais perdu. Soyons unis pour la présidentielle, les législatives, les régionales. Et vous verrez, on n’a pas grand-chose à craindre.

    La République c’est quoi ?

    François de Canson : « Ce n’est pas ce qu’il se passe en ce moment. La République, ce n’est pas le chaos, ce n’est pas casser. La République c’est le respect, c’est Liberté, Égalité, Fraternité. La Liberté, c’est de pouvoir exprimer ce que l’on veut de manière démocratique. Quand on va voter, ce qui me plaît beaucoup, c’est que dans l’isoloir, tout le monde est égalitaire devant le bulletin de vote. Je dis aux citoyens : allez voter, faites en sorte qu’il y ait une vraie majorité pour que ce pays puisse fonctionner de la façon la plus démocratique possible. »

    La question des lecteurs : Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Marie : Qu’est-ce qui va changer avec un président

    de la Région qui vient du Var ?

    D’abord, c’est une première et je crois que c’est une bonne chose. On a eu des présidents de Région qui venaient d’Arles, de Marseille, de Nice. Aujourd’hui, on a un président de Région qui vient de La Londe-les-Maures, dans le Var. C’est peut-être un style différent, c’est peut-être aussi rétablir un équilibre entre l’ensemble des territoires. Aujourd’hui on le voit, le département du Var ne cesse de grandir et est en train de trouver sa place sur l’échiquier régional. Moi, je suis là pour que le Var émerge, bien évidemment, mais pour qu’il y ait un équilibre entre tous les territoires. Je suis un homme d’équilibre, de dialogue. Comptez sur moi. Les Varois, c’est solide et ça sait partager.

  • [Entretien] Marie-Florence Bulteau-Rambaud, Modem : « Je ne vois pas comment on peut mettre en place ces classes à 28 »

    [Entretien] Marie-Florence Bulteau-Rambaud, Modem : « Je ne vois pas comment on peut mettre en place ces classes à 28 »

    La Marseillaise : La région a annoncé une réunion extraordinaire sur les lycées et la création d’une plateforme Allô lycée pour permettre aux usagers de signaler leur problème. Quels sont les retours ?

    Marie-Florence Bulteau-Rambaud : Ce n’était pas une réunion extraordinaire, c’était un séminaire avec 200 encadrants, le premier certes, mais qui était prévu de longue date. Ça s’est très bien passé, le président de la Région, François de Canson, est resté une grande partie de la journée, il a pu échanger et comprendre leurs missions. La plateforme, elle, a été lancée, au lendemain de son élection, le 12 octobre. Il y a plus de 600 contributions assez intéressantes. Un peu de tout et beaucoup de remontées sur des problématiques d’emplois du temps, un vrai sujet pour les jeunes, mais qui comme pour la pause méridienne ne concerne pas vraiment notre collectivité.

    Il était aussi question d’un audit des lycées avec des brigades départementales. C’est en place ?

    M.-F.B.-R. : L’audit est assez simple à faire, on l’a globalement, puisque chaque lycée a une sorte de carnet d’entretien tenu par des chargés d’opérations de la direction de l’architecture et de la maîtrise d’ouvrages. Ils ont chacun 8 lycées qu’ils suivent de près avec ce qui a été fait et les programmations. La plateforme a permis d’affiner certaines choses à la marge.

    Quel est l’état des lycées ?

    M.-F.B.-R. : Il y a trois catégories : les vieux lycées comme Thiers (Marseille) ou Masséna (Nice), dans des bâtiments souvent classés, nécessitant des travaux réguliers et coûteux. Il y a ceux du plan Lycée-Réussite de Gaudin qui ont 30-40 ans et nécessitent aussi des grosses restructurations. On a ensuite les plus récents, les six qu’on a construits et ceux sortis sous Vauzelle. Mais récent ne veut pas dire sans problème. Mandela (Marseille) est magnifique avec son toit végétalisé mais il y a des infiltrations partout et il y fait des chaleurs extrêmes l’été. Puis on a des lycées très vétustes nécessitant des restructurations au prix du neuf.

    De l’ordre de 50 millions, comme annoncé pour Marie-Curie ?

    M.-F.B.-R. : Entre 35 et 60 millions, quasiment le prix d’un lycée neuf. Et pour Marie Curie (Marseille), on n’a pas attendu qu’on vienne nous tirer l’oreille. On est depuis longtemps sur cette restructuration complexe. Quand on met plus de 50 millions, il faut être sûr qu’on fait le bon choix en termes d’usage et d’offre éducative. On a 3 millions de mètres carrés bâtis, nos budgets sont assez réduits. Souvent, hélas, on agit dans l’urgence.

    La Région revendique 2,9 milliards investis depuis 2016 dans les lycées.

    M.-F.B.-R. : C’est ce qu’on consacre aux lycéens. Je sais qu’il y a eu un bel article dans la Gazette des Communes et un classement. Mais pour classer, il faut la même base. En matière d’investissement, on a fait 1,9 milliard dans le premier programme pluriannuel d’investissement et 1,5 milliard dans le prochain, notamment pour les lycées les plus vétustes. Sur la trentaine, quinze ont déjà fait l’objet d’une rénovation. On n’oublie personne.

    Malgré cela, la 3e région de France se trouve en fin de classement…

    M.-F.B.-R. : J’étais en colère de lire ça, ce n’est pas le reflet de la réalité. La Région mène aussi beaucoup de politiques volontaristes. Il y a ce qui est obligatoire, construire et entretenir les lycées, et ce qu’on fait mais qui ne l’est pas forcément. La région Bourgogne-Franche-Comté qui est bien classée, donne 20 euros pour les livres. Nous donnons des tablettes sans condition et finançons les licences numériques. C’est autour de 40 millions par an mais ce n’est pas pris en compte.

    Mais ce qui n’est pas prioritaire ne devrait pas passer après ?

    M.-F.B.-R. : Le pouvoir d’achat des familles n’est pas prioritaire ? Dans les cantines, le repas coûte 4,30 euros mais nous revient à 13 euros, sur les tablettes, peut-être devrons-nous requestionner l’usage du numérique et leur gratuité. Il y a la bourse au mérite, le pass Zou pour les transports, le pass santé. Si on continue à nous mettre à la portion congrue, on devra se poser ces questions.

    Les 4 milliards de prêts aux collectivités annoncés par l’état sont donc une bonne chose ?

    M.-F.B.-R. : Reste à savoir ce que c’est un prêt à taux préférentiel ? Ce n’est pas un taux zéro. Mais ce n’est pas la pire annonce là-dedans même si on n’a pas été consulté avant, ce que je trouve cela clairement inadmissible. Ce qui m’a particulièrement mise en colère, c’est les 28 élèves par classe de seconde à la rentrée 2027. J’aimerais bien savoir où on va mettre nos élèves ? Même si on a de l’argent magique qui tombe, je ne vois pas comment on peut mettre en place ces classes à 28 en dix mois. Et les 10 000 places de BTS qui sont majoritairement dans les lycées ? J’ai l’impression que ce nombre de 10 000 s’est fait au doigt mouillé.

  • La Région Paca mobilise son fonds climatique

    La Région Paca mobilise son fonds climatique

    Le président de la Région Sud, François de Canson (DVD), a annoncé vendredi la mobilisation du fonds régional d’adaptation au changement climatique, afin de soutenir les agriculteurs touchés par les intempéries. Ce fonds est doté chaque année de 5 millions d’euros pour répondre aux situations de crise. Une partie de cette enveloppe a déjà été mobilisée pour accompagner les collectivités et les agriculteurs sinistrés à la suite des mégafeux de l’été.

    Sollicitée, la Région indique que « le montant des besoins est actuellement en cours d’évaluation, en concertation étroite avec les collectivités concernées, les représentants du monde agricole et les services de l’État, afin d’apporter une réponse adaptée à l’ampleur des dommages constatés ». « Les critères d’éligibilité sont actuellement élaborés en lien avec les représentants du monde agricole », précise la collectivité, qui privilégie pour le moment une « logique d’aide forfaitaire, permettant d’accélérer le versement des soutiens  ».

    La demande se fera en ligne

    « Afin d’agir sans attendre, la Région va lancer, dans les prochains jours, un prérecensement des exploitations agricoles touchées par les inondations », pour identifier précisément les besoins, précise la Région.

    Le dispositif d’aide sera présenté lors de l’assemblée régionale plénière du 11 décembre. La Région indique qu’une fois adopté, les agriculteurs concernés pourront déposer leur demande directement sur la plateforme en ligne dédiées aux aides régionales. « La Région veillera à garantir une procédure simple et accessible afin que les exploitants puissent en bénéficier dans les meilleurs délais », conclut la collectivité.

  • La Région Sud veut « faire un pas » sur la ligne THT

    La Région Sud veut « faire un pas » sur la ligne THT

    Le conseil régional ce vendredi a été l’occasion pour la collectivité de continuer à dérouler sa feuille de route économique, en augmentant le plafond de son fonds d’investissement « souverain », qui passe de 2 à 5 millions d’euros, afin de soutenir les entreprises stratégiques en particulier dans le secteur de la défense. Et en approuvant à son tour le principe d’une opération d’intérêt national (OIN) pour aménager le foncier nécessaire à la réindustrialisation du golfe de Fos. À l’extrême droite, l’Aixois Jean-Louis Geiger (RN) tique : « Oui à la réindustrialisation de Fos, mais pas à n’importe quel prix ». Il cible directement l’installation de la ligne très haute tension nécessaire pour alimenter les projets industriels, et soumise à enquête publique à partir du 9 novembre. « On ne va pas d’un côté se battre pour faire venir les entreprises et de l’autre côté se tirer une balle dans le pied, cette énergie nous en avons besoin pour toute la région », réplique la présidente (Hor.) de la commission entreprises, Isabelle Campagnola-Savon. Face aux oppositions en Crau et Camargue, elle promet : « Nous allons faire en sorte de faire un pas en avant, pour que chacun se dise qu’il a été entendu ».

    « Nous travaillons sur le terrain pour trouver des solutions qui satisfassent tout le monde, nous allons concilier ces enjeux », assure elle aussi la conseillère régionale (DVD) Anne-Claudius Petit. Christophe Madrolle (UCE) de son côté tacle l’imposture du RN sur ces enjeux : « Quand on est souverainiste, on vote pour les énergies renouvelables », lance-t-il.

  • À Marseille, ces agriculteurs manifestent pour défendre le pluralisme syndical

    À Marseille, ces agriculteurs manifestent pour défendre le pluralisme syndical

    On nous coupe les vivres », a asséné Yoann Le Lay, éleveur dans les Alpes-de-Haute-Provence et secrétaire du réseau régional Ardear (Association régionale pour le développement de l’emploi agricole et rural). Mobilisé devant l’Hôtel de Région à l’occasion de l’assemblée plénière, vendredi matin, il a dénoncé : « Depuis 17 ans, la Région finance nos dossiers d’accompagnement pour renouveler les générations agricoles. Au mois d’août, elle a supprimé les 100 000 euros annuels pour le travail qu’on a démarré en janvier. »

    En avril, la Région justifiait alors à Ardear « avoir fait le choix de financer le réseau consulaire avec la Chambre régionale d’agriculture, l’heure n’étant pas à la dispersion, mais à l’optimisation des moyens ».

    « C’est inacceptable, les chambres consulaires ne font pas le même travail que nous », s’indigne le secrétaire de l’organisme, qui accompagne un tiers des porteurs de projets agricoles en région Paca. « On travaille dessus depuis vingt ans et on a des résultats, c’est incompréhensible », regrette-t-il.

    « La démocratie part en lambeaux », déplore Yannick Becker, porte-parole de la Confédération paysanne en région. Cet arboriculteur, maraîcher et éleveur dans les Alpes-de-Haute-Provence cible la modification de la clé de répartition de la subvention aux syndicats agricoles (lire notre article du 4 août) : « En basculant presque l’ensemble des financements sur la FNSEA-JA, la Région fragilise le pluralisme syndical et pénalise 26% des agriculteurs et agricultrices représentés par la Confédération paysanne. »

    En attente de réponses

    « C’est clairement une question de posture, insiste Yannick Becker en désignant la réorientation du budget. Ce n’est pas le moment de mettre une force représentative, qui amène un discours différent de celui de l’agriculture industrielle, de côté. » De son côté, l’Ardear reproche à la Région « une contradiction totale avec la dernière loi d’orientation agricole qui vise expressément les publics accompagnés par l’association ».

    L’Ardear indique avoir déposé un recours gracieux et la Confédération Paysanne un recours contentieux, ces dernières semaines.

    Contactée, la Région nous indique « vouloir engager le dialogue prochainement ».

  • Des lycées aux commerces, la Région Sud joue les pompiers

    Des lycées aux commerces, la Région Sud joue les pompiers

    François de Canson est passé par toutes les crises pour sa première semaine à la tête de la Région Sud, des mobilisations lycéennes aux violences qui ont marqué ce samedi 17 octobre, jusqu’aux inondations meurtrières dans l’ouest des Bouches-du-Rhône. « Cela permet de montrer que l’on sait les traiter », philosophe-t-il. Alors, logiquement, la première séance plénière du conseil régional qu’il préside, ce vendredi matin, est marquée par les réponses d’urgence, avec des aides qui doivent être votées à destination des lycées comme des commerces pillés.

    S’il insiste sur les 2,9 milliards d’euros d’investissements déjà réalisés dans les lycées en dix ans, « il faut améliorer le quotidien », concède le président (DVD) de Région. Dès son élection, il avait lancé une plateforme de signalements : Allô lycées Région Sud. « Nous avons eu 600 retours en moins d’une semaine », se félicite-t-il. Parmi eux, seuls trois établissements sont concernés par des plaintes concernant l’état des locaux, assure l’édile varois de La Londe-les-Maures, en énumérant les lycées Jean-Cocteau à Miramas, Ismaël-Dauphin à Cavaillon et Adam-de-Craponne à Salon-de-Provence. Face aux dégradations, le conseil régional débloque d’emblée une enveloppe d’urgence de 6 millions d’euros. Mais, tandis que la moitié des signalements déjà effectués sur la nouvelle plateforme régionale concerne le manque d’adaptation aux canicules, il annonce un budget supplémentaire de 10 millions d’euros d’ici la fin de l’année pour y faire face, avec un premier volet de 3,2 millions d’euros pour 50 lycées qui doit être voté ce vendredi. « Nous allons faire en sorte qu’il y a un espace climatisé dans chaque établissement », promet François de Canson.

    Mais le président de Région veut aussi sanctionner plus durement les lycéens auteurs de dégradations. « Manifester, c’est bien, dégrader et casser c’est inadmissible », appuie-t-il, en annonçant porter plainte systématiquement et mettre à disposition de la justice 10 000 heures de travaux d’intérêt général. Surtout, il demande au ministre de l’Éducation de transmettre les noms des élèves sanctionnés, « afin qu’ils ne puissent plus bénéficier des aides régionales comme le pass plein air ou le pass Zou ». En s’inscrivant donc dans les pas du RN qui avait fait la même proposition, le 6 octobre dernier. « Monsieur Allisio est bien gentil, mais je l’ai annoncé depuis bien longtemps, c’est facile de répéter ce qu’on a annoncé », balaie le président de Région, lui demandant de ne pas « polémiquer ».

    Demi-tour judiciaire

    François de Canson monte aussi au créneau face aux pillages du 17 octobre dernier. « J’ai souhaité que l’on puisse agir le plus rapidement possible », explique-t-il après ces violences « inadmissibles ». Sans décolérer face à la visite « à la lampe frontale » du ministre de l’Intérieur, mardi soir, à laquelle il n’avait pas été convié là où il attendait, lui aussi, des explications, tandis que le ministre du Commerce, avec lequel il s’était entretenu par visioconférence, « n’avait pas grand-chose à nous dire ». Alors il se pose en chef de file de l’accompagnement des commerces en faisant voter, comme il l’avait annoncé, la réactivation du Fonds de solidarité régional avec une enveloppe de 5 millions d’euros pour des aides forfaitaires de 10 000 euros par commerce touché par les pillages. Le Département des Bouches-du-Rhône doit l’abonder de 5 millions d’euros, la Métropole Aix-Marseille ajoute 1 million supplémentaire tout comme la CMA-CGM, et il invite les autres collectivités à l’abonder.

    Ironie du sort, deux jours avant les pillages, la Région réclamait devant le tribunal administratif l’annulation des aides versées aux commerces par la Ville de Marseille après les émeutes de 2023. « Bien évidemment, nous n’irons pas au bout de la démarche et nous ne demanderons pas aux commerçants de rembourser », répond le président de Région, alors que le rapporteur public allait dans le sens d’une annulation. Mais il promet de mobiliser le comité régional de tourisme, qu’il préside également, afin de redorer l’image de la ville avant les fêtes de fin d’année, et de financer la réparation des caméras de vidéosurveillance.

  • Projection et masterclass autour du film « L’abandon » à l’Hôtel de Région

    Projection et masterclass autour du film « L’abandon » à l’Hôtel de Région

    Le long-métrage retrace les jours ayant précédé l’assassinat du professeur d’histoire-géographie Samuel Paty en octobre 2020. Initiée par la Région, cette séance s’inscrit dans une « démarche de démocratisation culturelle et de sensibilisation des jeunes aux enjeux citoyens ». Une masterclass avec le réalisateur est prévue à l’issue de la projection afin d’échanger autour de la liberté d’expression, de la laïcité et du respect de l’autre.

  • Lycées : la Région Sud Paca va voter 6 millions d’euros pour des travaux d’urgence

    Lycées : la Région Sud Paca va voter 6 millions d’euros pour des travaux d’urgence

    Alors que le mouvement des lycéens est en cours depuis mi-septembre, le nouveau président de la région, François de Canson (DVD) a annoncé mercredi 14 octobre le lancement d’un « Protocole régional d’urgence » pour les lycées. A la clé une enveloppe de 6 millions d’euros, soumise au vote de l’assemblée plénière le 23 octobre pour permettre de répondre aux besoins les plus urgents. La collectivité prévoit notamment d’accélérer les réparations consécutives aux dégradations constatées ces derniers mois, et de financer des travaux réclamés de longue date par les élèves et les équipes éducatives. Les sanitaires et le confort thermique figurent parmi les priorités identifiées. En parallèle, pour mieux recenser les besoins du terrain, une plateforme baptisée « Allô Lycées » sera mise en service afin que lycéens, parents, enseignants et agents signalent des dysfonctionnements ou proposent des améliorations. Un audit des établissements sera engagé, accompagné de brigades départementales chargées d’intervenir sur les urgences techniques.

    Affichant sa fermeté face aux dégradations, l’exécutif régional prévoit aussi le 20 octobre, une réunion avec 300 encadrants des 4000 agents régionaux des lycées pour identifier les besoins prioritaires. Le Parlement régional de la jeunesse, qui se réunira le 24 octobre, sera associé aux futures orientations.

  • Dîner du Crif à Marseille

    Dîner du Crif à Marseille

    « Marseille est une ville enrichie par les différences, avec un même désir d’appartenance. Chaque arrivée a contribué à construire la ville » a-t-il indiqué avant de dénoncer la recrudescence de l’antisémitisme depuis le 7-octobre. « L’antisémitisme n’est pas un problème juif, c’est une alerte démocratique », a-t-il insisté. Dans le public se trouvaient également Yonathan Arfi, président national du Crif mais aussi Benoît Payan, maire DVG de Marseille, Martine Vassal, présidente DVD du Département des Bouches-du-Rhône et François de Canson, président DVD de Région Sud. Jean-Didier Berger, ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur représentait Laurent Nuñez.

  • François de Canson pour succéder à Renaud Muselier

    François de Canson pour succéder à Renaud Muselier

    Avant même que ne soit lancée pleinement la bataille des sénatoriales, Renaud Muselier (Ren.) avait clairement annoncé son soutien à François de Canson, « le meilleur de très loin », lançait-il, en juin, à la veille de sa dernière séance. Devant la presse, après avoir démissionné officiellement de son poste car élu sénateur, Renaud Muselier mettait logiquement en avant « un maire réputé, un élu local reconnu qui sera un président compétent ».

    Maire (DVD) de La Londe-les-Maures (Var), président de la Communauté de communes Méditerranée Porte des Maures, troisième vice-président de la Région Sud et président du comité régional du tourisme, François de Canson s’est dit prêt à prendre la suite et sera donc candidat, ce lundi 12 octobre. Il fait indéniablement partie des fidèles de l’ex-président de la Région, qui n’entend pas s’éloigner totalement des affaires régionales. Depuis le Palais du Luxembourg, Renaud Muselier restera ainsi « conseiller régional spécial » sur les fonds européens, les Jeux olympiques d’hiver 2030 et le département des Bouches-du-Rhône.

    Son poulain compte néanmoins mettre sa patte. Il assurait, dès avril sur l’antenne d’Ici Provence, qu’il serait « un président de terrain, au contact des habitants et du territoire, quelqu’un qui connaît les bassins de vie ». Il indiquait également se « préparer » sur le tourisme, l’économie et mettait en avant sa connaissance des « grands dossiers », entendre « les équilibres budgétaires, les contraintes de l’action publique, les attentes des habitants ». Et d’enfoncer le clou : « Continuité ne veut pas dire immobilisme. Je ne serai pas un clone, il y aura un style François de Canson. »

    Un candidat unique ?

    Reste à savoir s’il sera le seul candidat. Premier vice-président de la Région, Christian Estrosi (Horizons) assure actuellement l’intérim. En 2019, il avait laissé la présidence à Renaud Muselier afin de se consacrer à son mandat de maire de Nice. Battu et « trahi » par son ex-bras droit, Éric Ciotti (UDR), qui lui a ravi la place et basculé à l’extrême droite, il pourrait vouloir reprendre son fauteuil à la Région, même s’il n’a rien déclaré officiellement. En mai dernier, trois de ses proches, conseillers régionaux et élus dans les Alpes-Maritimes, Roger Roux, Bruno Bettati et Colette Fabron, ont aussi quitté la majorité de Renaud Muselier, lui imputant « l’échec des JO », laissant entrevoir des dissensions au sein du groupe. De son côté, l’opposition RN n’a rien laissé filtrer sur une éventuelle candidature.

    Pour être élu au premier ou au deuxième tour, le candidat devra obtenir la majorité absolue des 123 membres du conseil régional. Si aucun ne l’obtient, un troisième tour est organisé, à la majorité relative. La majorité de Renaud Muselier compte 80 sièges et le groupe RN-UDR-Indépendants 39.