Tag: réhabilitation

  • Au Cap Janet, le désamiantage inquiète

    Au Cap Janet, le désamiantage inquiète

    L’association de défense des locataires du Cap Janet a adressé, jeudi dernier, une mise en demeure à leur bailleur Erilia, avec constat d’huissier, exigeant que les habitants de cette résidence installée sur les hauteurs de la Calade (15e), en surplomb du port, soient mieux protégés et informés contre le risque amiante. En cause, les travaux de réhabilitation de la cité engagés le 5 août (notre édition du 06/08), sans protection suffisante des appartements contre l’empoussièrement, dénoncent les locataires.

    Réunions d’information

    Les travaux prévoient une isolation complète des façades et des toitures, la modernisation du système de chauffage, la rénovation des salles d’eau. Un chantier à 15,61 millions d’euros, prévu pour être livré en mars 2028. Mais le bras de fer des habitants avec leur bailleur avait commencé dès son installation, sur fond de manque de stationnement. Et de fait, lorsque les places sont immobilisées pour les besoins du chantier, ils se mobilisent pour réclamer qu’en contrepartie, les voitures épaves qui bloquent, selon les habitants, une soixantaine de places soient retirées. Jusqu’à bloquer les entrées du chantier, le 19 août, pour obtenir gain de cause.

    Ce même jour, un locataire de la tour C remarque, sur la passerelle située à la hauteur de son balcon, les premiers panneaux signalisant la présence d’amiante. Et de filmer la fenêtre ouverte de sa cuisine donnant directement sur la coursive où circulent les ouvriers en combinaison intégrale, sans que son appartement ne soit protégé des poussières. « Nous ne sommes pas considérés, sommes des animaux », s’émeut-il. Dans une seconde vidéo, il va à la rencontre des ouvriers et leur demande d’arrêter le travail tant que les habitants ne sont pas abrités. « Il n’y a pas d’amiante », lui répond la gestionnaire de la résidence.

    Dans les jours qui suivent, la signalisation « danger amiante » est installée sur les palissades, indiquant aux ouvriers les précautions à prendre en fonction de l’empoussièrement, selon qu’il y ait moins de cinq fibres d’amiante par litre… ou moins de 100 fibres. « Quand ils ont installé le rail [de l’échafaudage, Ndlr], il n’y avait aucune signalisation, témoigne le président de l’association. Ils ont cassé les plaques de la façade sans avertir les gens qu’il y avait de l’amiante ! » En contrebas, les déchets du chantier sont entreposés sous des bâches sur le terrain de foot, derrière des grilles barrées d’une rubalise signalant le « danger amiante ». « Quand il y aura moins de soleil, les enfants vont retourner s’y amuser », s’inquiète Mohamed Aimeche, qui a aussi alerté la municipalité. Sollicité, le bailleur promet que « le chantier de réhabilitation de Cap Janet est conduit dans le strict respect de la réglementation ». Le plan de retrait des matériaux concernés a été transmis aux services de l’État avant le début des travaux, leur dépose réalisée par une entreprise spécialisée et certifiée pour être placés dans des contenants étanches dans une zone dédiée avant leur traitement, énumère le maître d’œuvre. Avec « un balisage et une sécurisation adaptés à l’avancement du chantier », et une attention spécifique sur les espaces extérieurs fréquentés par les enfants. « La santé et la sécurité des locataires, des riverains et des intervenants sont une priorité pour Erilia », promet-il. Et de préciser qu’« une information détaillée sera adressée aux locataires pour leur apporter toutes les précisions utiles sur le déroulement et la sécurisation de ces opérations ». Le bailleur a annoncé la tenue de permanences d’information le lundi.

  • Les eaux de l’étang de Berre de mauvaise qualité suite à l’orage

    Les eaux de l’étang de Berre de mauvaise qualité suite à l’orage

    Ce sont « des fermetures
    préventives
     », explique Raphaël Grisel. Suite à l’orage qui a éclaté lundi soir, le Gipreb, le syndicat mixte en charge de la réhabilitation de l’étang de Berre qu’il dirige, a préconisé l’interdiction à la baignade des plages de la lagune. Les plages d’Istres, de Vitrolles, de Saint-Chamas, de Marignane et de Martigues ont donc été fermées jusqu’à ce mercredi matin.

    Dans les Bouches-du-Rhône, les cumuls indiquent qu’il est tombé entre 15 et 25 mm en seulement 10 minutes lundi 24 août au soir. « On sait que la fin de l’été fait partie des périodes les plus à risque, où il n’a parfois pas plu depuis plusieurs mois et les orages violents produisent un lessivage des sols et du ruissellement des eaux de qualité dégradées vers l’étang, détaille Raphaël Grisel. Ça peut aller du résidu de pneu, qui est plus un problème d’écologie, aux excréments des chiens, qui, pour le coup, posent plus problème pour la baignade. » Un point positif néanmoins : les pluies liées à l’orage de la semaine dernière ont déjà permis un premier lavage des sols, limitant les dégâts de ce second épisode.

    Des coups de vent qui permettent de brasser

    « On a des situations très contrastées sur l’étang de Berre, poursuit le directeur du syndicat mixte. On a Vitrolles, Rognac ou Marignane, qui ont des bassins-versants très urbanisés, avec des activités économiques importantes, mais on a aussi Figuerolles à Martigues où il n’y a rien, donc les risques de dégradation sont très faibles en période d’orage. » Néanmoins, pour « plus de lisibilité », le Gipreb préfère préconiser l’interdiction de baignade à chaque ville avant d’obtenir les résultats des analyses, qui peuvent arriver après 48h.

    « On a une courbe de restauration de qualité de l’eau qui s’est dessinée au fil des données accumulées depuis dix ans », précise le directeur. Dans 95% des cas, le retour à la normale s’observe 24 heures après l’épisode pluvieux.

    Si l’orage engendre un risque de contamination bactériologique, il est aussi, en certains points, salvateur pour l’étang de Berre qui est en mode survie face aux fortes chaleurs de la saison estivale. « On observe des dégradations majeures sur certains sites, avec une mortalité importante de palourdes, note Raphaël Grisel. Lors de la dernière canicule, la température de l’eau excédait 32 degrés au niveau des plages. Heureusement, depuis quelques jours, les températures baissent et on a des coups de vent qui permettent de brasser, donc d’oxygéner. On espère retrouver des taux qui permettent à la vie de se maintenir, soit 2/3 mg par litre. Là, on y est pas dans les couches profondes. »

  • Les salles de repos du personnel de l’hôpital de Brignoles bientôt toutes réhabilitées

    Les salles de repos du personnel de l’hôpital de Brignoles bientôt toutes réhabilitées

    Ce ne sont pas les agents engagés au quotidien, jour et nuit, sur les nombreux sites du centre hospitalier intercommunal qui vont s’en plaindre. Bien au contraire, même. Puisqu’ils vont pouvoir disposer de lieux fonctionnels pour profiter d’un temps de repos mérité et surtout indispensable pour assurer leur mission en sécurité. Et supporter les conditions de travail très dégradées avec entre autres une hausse constante des charges de travail du fait d’un manque d’effectif chronique.

    C’est d’ailleurs ce que souligne la direction, elle-même, en mettant en avant leur dévouement malgré « un environnement matériel de travail en assez mauvais état », précisant que les personnels assurent une qualité de prise en charge reconnue par tous les usagers.

    Une satisfaction qui ne doit surtout pas faire oublier, poursuit-elle, les difficultés que les personnels rencontrent au quotidien.

    L’occasion de rappeler que le métier de soignant est en effet une des activités professionnelles les plus exposées. Leur engagement les confrontant quotidiennement à des risques infectieux, des blessures et Troubles MusculoSqueletiques (lombalgies, pathologie épaules…) avec les manutentions répétées de charges et de personnes, aux chutes et aux glissades. Mais aussi à de nombreuses sources de stress telles qu’un épuisement induit par les cadences intenses et répétées, la confrontation constante à la maladie, à la fin de vie et à la mort, ainsi qu’aux petites et grandes violences en provenance des patients et de leur entourage.

    Le recours au privé

    qui interroge

    D’où l’importance de pouvoir avoir accès à des salles de pause pour, le temps d’un moment, se mettre à l’abri et recharger ses accus.

    D’autant que la majorité des professionnels travaillent 12 heures consécutives et ne quittent pas ou très peu leur service sur ce temps. Les pauses s’organisent en fonction de l’activité de service avec l’obligation légale d’une, de 20 minutes, toutes les 6 heures, comprenant la restauration.

    L’aménagement de leur environnement de travail devient donc d’autant plus indispensable. D’autant que cela permet aussi, outre l’indispensable repos physique et mental, de se retrouver pour les besoins de l’organisation même du service. Des lieux, pointe la direction, propice à plus de concertation et de coopération entre soignants et de cohésions des équipes, où l’on peut retrouver des informations important aussi. Et peut-être même où l’on peut questionner ensemble le manque de moyens pour exercer ses missions.

    « L’enjeu à proposer aux soignants des salles de pause agréables et fonctionnelles est donc crucial et l’établissement en a fait une priorité dans ses appels à mécénat avec la chance extraordinaire d’avoir été entendu et soutenu immédiatement par le fonds de dotation MGL des entreprises Lauvige », précise l’établissement.

    En tout ce sont 30 salles qui vont être modernisées sur l’ensemble des sites du centre hospitalier pour un coût de 55 000 euros prix en charge en intégralité par le mécénat.

    Le centre hospitalier annonce également lancer en fin d’année via son nouveau fonds de dotation Còrdea, un appel à dons à destination des commerçants et habitants du territoire pour équiper en électroménager et en fauteuil de repos ces salles de pause rénovées.

    Solliciter la « générosité » du privé, pourquoi pas. Mais ça en dit long tout de même sur le sous-investissement de l’État dans l’hôpital public et le service public de santé.

  • La préfecture autorise la démolition de 124 logements à la Castellane

    La préfecture autorise la démolition de 124 logements à la Castellane

    Au total, ce sont ainsi 124 logements qui doivent être livrés aux engins de chantier, sept ans après le début de la démolition de la tour K. Dans le cadre du chantier de renouvellement urbain de la Castellane et de la Bricarde, quelque 702 logements doivent être démolis et 900 autres réhabilités, avec la création de nouvelles rues, la requalification de trois groupes scolaires, la relocalisation des deux centres sociaux et la construction d’une nouvelle crèche. Un chantier à 304 millions d’euros.

  • Le spectre de la malaïgue plane sur l’étang de Berre

    Le spectre de la malaïgue plane sur l’étang de Berre

    Une nouvelle vague de chaleur place 22 départements en vigilance orange canicule, et il n’y a pas que les Français qui en souffrent. La nature aussi. La température de l’étang de Berre atteint les 28 degrés en son centre, et 30 degrés à proximité des plages. Un record, « surtout dans la durée du phénomène, qui a commencé mi-juin », souligne Raphaël Grisel, directeur du syndicat en charge de la réhabilitation de la lagune, le Gipreb.

    Cette chaleur entraîne des réactions physiques et biochimiques en cascade, qui peuvent mener à une asphyxie de l’étang. « L’eau chaude contient déjà moins d’oxygène que l’eau froide. Elle engendre des développements de phytoplanctons. On a des eaux très vertes voire marron à certains endroits. Ces phytoplanctons, aux cycles de vie très court, sédimentent le fond de l’étang et génèrent des dégradations par les bactéries présentes, qui consomment de l’oxygène et réduisent encore le volume d’air dans l’eau. »

    En 2018, une situation similaire avait mené à une crise de malaïgue dévastatrice, qui avait touché 93% de la surface de l’étang de Berre. Cette année, certaines zones confinées à la pointe de Berre ou à Saint-Chamas ont connu de tels épisodes, mais globalement, la lagune tient le coup. « Le protocole (qui interdit à la centrale EDF les rejets d’eau douce pendant les mois de juillet et août, ndlr) semble plutôt bien marcher, même dans des situations critiques, commente Raphaël Grisel. On a une température de l’eau assez extrême mais la salinité est homogène et la stratification est assez peu présente, grâce à de petits coups de vent qui brassent et réoxygènent. »

    « On peut espérer que ça tienne encore, mais s’il n’y a pas de gros coup de vent avec la vague de chaleur ça va devenir vraiment critique, poursuit-il. Chaque année, les températures sont plus élevées. On voit où on va. Il faut continuer de mettre en œuvre les mesures pour poursuivre la sécurisation de l’état de l’étang en été et aller plus loin. Ça passe par la réduction des apports en nutriment, que ce soit par les rivières ou EDF, et par la réouverture du tunnel du Rove, qui apportera des eaux marines qui seront plus fraîches et permettront de le climatiser. »

  • Le bailleur Erilia rafraîchit les 276 logements de Cap Janet

    Le bailleur Erilia rafraîchit les 276 logements de Cap Janet

    Les enfants s’en sont donné à cœur joie sous les jets des quatre mâts brumisants de l’îlot fraîcheur créé dans le petit parc au cœur des trois tours de 15 étages qui surplombent la rade nord. Erilia avait invité, mercredi après-midi, ses locataires et ses partenaires à inaugurer l’opération de rénovation engagée jusqu’en 2028.

    Le coup d’envoi des travaux visant à améliorer la performance énergétique des bâtiments, le confort thermique des logements et le cadre de vie des habitants a été donné en mars dernier sur la tour B. Une rénovation avait eu lieu dans les années 2000 mais « elle ne concernait que les façades nord particulièrement exposées aux vents et intempéries », explique Louis Arnaud, directeur régional Erilia Marseille. Or, réhabiliter ne s’arrête pas à un ravalement de façades pour le bailleur aujourd’hui : « C’est améliorer le quotidien, réduire les charges et redonner de la valeur au cadre de vie », précise le directeur général, Antoine Jeandet, « une participation à l’effort de cent euros par an environ sera cependant demandée aux locataires ».

    La fin des passoires

    Une hausse qui doit être compensée par des charges moindres « avec 40% d’économie sur la consommation d’énergie » estime Hafif Bey, conducteur de travaux principal de l’entreprise Girard. Au programme : Isolation, pose de doubles vitrages, persiennes, rénovation des salles d’eau et WC, remise en peinture et éclairage des parties communes, amélioration de la ventilation, installation de brasseurs d’air, sécurisation électrique, chaufferie hybride avec pompe à chaleur, panneaux solaires… L’objectif est simple : des logements plus confortables, été comme hiver, « moins énergivores et passés de classe D à B après travaux », précise encore le responsable d’opération Imad El Khouri.

    Pour Fatima, locataire d’un T3 « avec vue mer pour 400 euros » depuis 1998, « on va pas se plaindre » et les améliorations apportées « font supporter les travaux ». Zoubida, 87 ans, est pressée de troquer la baignoire contre une vaste douche. Elle habitait « la tour B alors que la C n’était pas finie » et « trois de ses enfants vivent ici ». Et malgré le vent, le taux de rotation à Cap Janet ne dépasse guère 3%.

  • Une rentrée charnière pour les grands ensembles sociaux du pays de Martigues

    Une rentrée charnière pour les grands ensembles sociaux du pays de Martigues

    De grands travaux sont attendus dans les deux grands ensembles sociaux gérés par 13 Habitat à Martigues et Port-de-Bouc, respectivement dans les quartiers Notre-Dame-des-Marins avec 669 logements et ceux de la Presqu’île de Port-de-Bouc avec 515 logements.

    Sollicité par La Marseillaise au sujet des plans de rénovation après le changement de présidence intervenu le 9 juillet dernier, le 1er office public de l’habitat des Bouches-du-Rhône, 13 Habitat, a détaillé les mesures et le calendrier des opérations.

    Concernant Martigues, « le programme de réhabilitation de Notre-Dame-des-Marins figure dans le nouveau plan stratégique du patrimoine 2026-2035 adopté par le conseil d’administration de 13 Habitat le 9 juillet dernier » détaille l’office. « Le plan de 44 millions d’euros pour Notre-Dame-des-Marins à Martigues est donc bien confirmé », précise 13 Habitat, comme il avait été annoncé en décembre 2025 auprès des élus et de la population. 669 logements sont concernés : « les interventions les plus urgentes ont été réalisées depuis 2025, les autres travaux seront menés de 2027 à 2029 et seront présentés aux locataires et aux partenaires à l’automne prochain », annonce le bailleur.

    Une rentrée

    en concertation

    La rentrée des locataires se fera dans la concertation. Comme à Martigues, les habitants de la Presqu’île de Port-de-Bouc se verront présenter les travaux de réhabilitation dans leurs quartiers des Aigues Douces et de la Lèque « à la rentrée prochaine » annonce 13 Habitat. « Les programmes de réhabilitation de nos résidences La Lèque et Les Aigues-Douces à Port-de-Bouc s’inscrivent dans le cadre d’opérations de renouvellement urbain » pilotées par l’Agence nationale de renouvellement urbain (Anru). Ceux-ci concernent 421 logements en catégorie D et E du Diagnostic de performance énergétique (DPE) aux Aigues douces, pour un chantier « prévu de 2027 à 2030 », selon le bailleur, ainsi que de 96 logements en DPE D à La Lèque, prévus entre 2028 et 2030.

    « Ces programmes, conduits en partenariat avec les mairies concernées, en sont aux phases préparatoires » précise 13 Habitat.

    CHIFFRES

    44 millions

    d’euros consacrés par 13 habitat pour la réhabilitation de Notre-Dame-des-Marins.

    669

    logements sont concernés par la réhabilitation de ce quartier de Martigues.

    2027

    Année de démarrage des travaux à Notre-Dame- des-Marins à Martigues et les Aigues Douces à Port-de-Bouc (421 logements) d’après le plan stratégique de 13 Habitat.

  • Marseille : brassage de fraternités à la Camaraderie

    Marseille : brassage de fraternités à la Camaraderie

    Un soir de match, en attendant le coup d’envoi, la terrasse est bondée. À l’intérieur, trois minots disputent une partie de baby-foot avec un septuagénaire, tandis que deux gamines profitent de l’estrade pour improviser un spectacle. Derrière le comptoir, deux frangins, Pierre et Boris Breuvart, activent les tireuses et servent les sirops, gratuits pour les enfants, à tour de bras.

    « à la base, on cherchait un local assez grand, ancré dans le quartier, pour monter un projet social, utile à tous, sans clivages », explique Pierre, 41 ans, ex-éducateur intervenant en milieu carcéral et auprès de publics SDF. L’aventure dans laquelle se sont lancés les deux frères, biberonnés à l’éducation populaire des maisons de quartier, a mûri pendant plus de quatre ans. Boris, 38 ans, a complété une formation en zythologie et a déjà pu tester ses recettes grâce au soutien logistique de ses confrères de la Minotte. Le pari social, c’est « la micro-insertion par l’emploi de personnes dépendantes à l’alcool et une passerelle vers les chantiers d’insertion », annonce Pierre, sans ciller. Pas si délirante, l’idée repose sur un principe réaliste : « Ni sevrage, ni abstinence, mais une logique de réduction des risques. » Il s’agit d’éviter aux personnes dépendantes de tomber de Charybde en Scylla. « C’est souvent un traumatisme qui amène à l’alcool. On boit pour trouver du lien social. Plus on boit, plus on le perd, au travail, avec les amis… C’est ce cercle vicieux, qui finit par isoler complètement, qu’on veut briser. »

    Après de fastidieuses recherches et une aide à la démarche de la Ville, ils signent bail avec le propriétaire du 76 pour y installer leur SAS. Les 440 m2, qui ont accueilli au fil du temps « un débit de liqueurs et charbon, le cinéma Le Chic, les ateliers du théâtre Gyptis et les stocks du supermarché de la place Cadenat », précise Pierre, étaient à l’abandon depuis des années. Tout en gardant l’existant, d’énormes travaux étaient nécessaires. Les frères ont beaucoup investi, relevé les manches et le défi. à la rentrée, le houblon devrait fermenter dans les cuves rutilantes que l’on aperçoit derrière les vitres, au fond du bar. Pas d’embouteillage, mais « une production destinée à nos clients », indique Boris.

    Mais le public est déjà là. Lieu de solidarité, La Camaraderie accueille les associations, les concerts et les expositions made in Belle de Mai. On y déguste les fritures de Joël et un petit producteur de légumes bio y a également trouvé un relais. « C’est ce qu’il manquait au quartier, apprécie Délia, mère de deux ados. On habite à deux rues, mais je ne sortais pas. Ici, on rencontre des voisins qu’on ne connaissait pas. Et les femmes s’y sentent bien. » Une dame aux dreadlocks poivre et sel entre en saluant à la volée deux travailleurs kurdes en habits de chantier, un père de famille comorien, un artiste aux cheveux violets et deux futures mamans en terrasse. « Je sors du ciné Gyptis, je découvre. C’est une belle surprise », lâche-t-elle en engageant la conversation avec un couple au comptoir. Un lieu de mixité, de fraternité et de sororité s’est mis en ébullition.

  • Il souffle comme un air d’embellie sur la Belle de Mai

    Il souffle comme un air d’embellie sur la Belle de Mai

    « Lacoste, Jézéquel… avant c’était Saint-Fé ! Avec les collègues des Iris, on venait s’habiller rue Belle de Mai », assure Bacri, la cinquantaine. Face à lui, les devantures murées « seventies » d’Yves Rocher, ainsi que celle du Logis Moderne, à la typographie caractéristique des années 1950, témoignent d’un dynamisme disparu depuis des lustres. « Les usines ont fermé, il y a eu le chômage et ils sont tous partis. Après, les gens sont venus habiter là parce que c’était le moins cher », résume cet habitant du quartier.

    Une nouvelle passerelle

    « C’est un quartier résolument populaire et militant, attachant et casse-couilles à la fois, un condensé de Marseille, qui s’est pris la crise du choc pétrolier de 70 en pleine poire. Abandonné des politiques publiques, il a décliné au point de devenir un terreau pour les marchands de sommeil », confirme Serge Pizzo, historique président du CIQ.

    Mais depuis quelque temps, on le sent renaître, par petites touches. Ici, on ne fait pas table rase du passé pour édifier des écoquartiers au bulldozer. « On n’a pas Euromed, mais c’est peut-être une chance, estime Serge Pizzo. Le quartier se prend en main comme il l’a toujours fait, avec toutes les bonnes volontés qu’il compte. » Michel Kelemenis y a créé sa Maison de la danse il y a 15 ans. Le couvent Levat est venu compléter l’offre de la Friche et du Comptoir de la Victorine. L’Embobineuse distille ses sons boulevard Bouès, Le Chapiteau tire l’animation jusqu’à Plombières. Et rue Belle-de-Mai, les rideaux de fer se dégrippent. Le Barjo, redynamisé par Camille, a relevé le défi il y a quatre ans. L’Idéaliste y fabrique depuis quelques mois sa magie et La Camaraderie commence à brasser du monde.

    Le quartier rouge a conservé « son énergie militante et populaire, solidaire. Oui, il y a de la vie ! », souligne Serge Pizzo. En témoigne le succès de la Belle fête de Mai, qui a célébré ses 25 ans en remplissant les places Caffo et Cadenat. L’événement a fusionné avec Les Plus Belles de Mai, manifestation portée par la mairie qui met à l’honneur les initiatives féminines. « Il y a encore pas mal de trous dans la raquette, relativise le CIQ. Il faut une vraie volonté politique et de la concertation. Faire, oui, mais le maître-mot c’est : ensemble. »

    Après l’ère Gaudin, la municipalité issue du Printemps marseillais semble avoir pris le pouls du secteur. Les écoliers ont fait leurs premiers pas, à la rentrée, dans le groupe scolaire Jolie-Manon. La friche de l’ancienne usine de farine de la rue Loubon accueillera, en 2027, une médiathèque très attendue dans ce quartier qui n’a jamais disposé d’une bibliothèque. La police municipale s’y est également installée.

    « La transformation du quartier est un vrai enjeu, assure Anthony Krehmeier, maire des 2-3, qui sort de l’inauguration de la remise à neuf du jardin de la Maternité. La place Cadenat est une des priorités et nous portons une attention particulière aux besoins des habitants ». La campagne de consultation « Prenez place » a fixé les grands axes d’un futur jardin pour enfant et d’un marché. Autour de la place, les ouvriers arrachent le bitume défoncé des rues pour les paver et les arborer. « Ce n’est pas parce qu’on est pauvres qu’on n’a pas droit à des trottoirs carrossables ! », salue Milène, 82 ans, de retour du marché en tirant son cabas. Pour les commerces, « nous intervenons avec des appels à projet pour imposer une diversité », précise l’édile.

    Autre symbole de renouveau : « Faire tomber la passerelle de Plombières pour laisser place au tram et à une trame verte connectée à Saint-Gabriel Bon-Secours », annonce encore Anthony Krehmeier. Les transports en commun restent toutefois à la traîne et l’on attend avec impatience le prolongement du T2, promis par la Métropole pour 2030. La ligne reliera Saint-Charles au Canet, puis à la place Burel et enfin à Saint-Jérôme. Un projet suivi par le collectif « Qu’est-ce qui s’Tram ? », qui veille au grain pour éviter un tracé trop destructeur du bâti. Certains craignent « l’effet gentrificateur ». Un spectre qui agace : « En 30 ans, la Friche n’a pas produit de remplacement de population », souligne Anne Pfister. L’adjointe déléguée à la vie scolaire estime en revanche : « On souffre du manque de mixité sociale et il faudra plus que Jolie-Manon pour enrayer l’évitement scolaire. On s’y attelle. »

  • Le sentier du littoral de Niel est à nouveau praticable

    Le sentier du littoral de Niel est à nouveau praticable

    Après 25 ans de fermeture pour des raisons de sécurité, les randonneurs vont enfin retrouver le sourire. Le sentier du littoral du Niel à Giens, commune d’Hyères est à nouveau praticable depuis le 7 juillet. Des désordres géotechniques sur les falaises ont nécessité plus de dix ans d’études et de travaux menés par la Métropole Toulon Provence Méditerranée (TPM) et ses partenaires.

    Les travaux ont porté sur environ 800 mètres, incluant la réalisation d’ouvrages de soutènement, d’ancrages de fondations, la requalification du cheminement piéton, et la création d’un déport du sentier à l’intérieur de l’hôtel Le Provençal pour garantir la sécurité et la pérennité de la restauration. Pour une meilleure intégration paysagère, l’entrée du sentier du Niel a été déplacée de 4 à 5 mètres à l’intérieur de l’hôtel. Le montant de la restauration et de la sécurisation s’élève à 998 813 euros soit 405 113 euros pour la sécurisation des falaises et 593 700 euros de travaux de réhabilitation. À cela viennent s’ajouter le montant de la maîtrise d’œuvre de 83 900 euros et le suivi environnemental de 19 800 euros.

    Site classé Natura 2000

    C’est donc 1 102 513 euros au total de déboursés pour rendre l’accès du sentier aux promeneurs. Un projet piloté par la Métropole TPM en lien étroit avec les services de l’État, la commune d’Hyères, et les propriétaires concernés.

    Le chantier s’est déroulé dans un site classé Natura 2000 et dans le périmètre du Parc national de Port-Cros, nécessitant des procédures réglementaires spécifiques et une attention particulière aux enjeux écologiques et paysagers. Géré par TMP, le sentier du littoral, long de 52 km s’étale de Six-Fours à la presqu’île de Giens à Hyères. Un guide du sentier est édité pour informer les promeneurs sur les balades, la faune, la flore et les aspects pratiques. Des écogardes en assurent la surveillance, l’entretien et l’information des promeneurs 6 jours sur 7. Une signalétique adaptée et une lettre d’information sont également mises à disposition pour faciliter l’usage du sentier. Depuis 2003, 20 km de sentier ont été réhabilités, notamment avec la voie douce des Salins.

    L’accès en voiture au port du Niel est limité en cette saison. Des parkings gratuits sont situés au village de Giens