Tag: budget

  • À Montpellier, le Pacte du pouvoir de vivre dénonce le budget 2027

    À Montpellier, le Pacte du pouvoir de vivre dénonce le budget 2027

    Le Pacte du pouvoir de vivre regroupe au plan national une soixantaine d’organisations syndicales, associatives et citoyennes engagées pour la justice sociale, écologique et démocratique. À Montpellier son groupe local dénonce « la déconnexion croissante entre l’action gouvernementale et les réalités sociales, économiques et environnementales vécues par la population », explique Bernard Morin, un de ses animateurs. « Les mobilisations actuelles des lycéens, des étudiants, des salariés et des retraités traduisent des préoccupations légitimes qui nécessitent écoute, dialogue et réponses concrètes », explique le militant.

    Tout « en condamnant absolument les violences, les dégradations et les pillages, elles invitent à s’interroger sur leurs causes sociétales et demandent au gouvernement d’assurer la sécurité publique et, tout autant, d’apporter des réponses concrètes et ambitieuses aux revendications exprimées ». Et d’ajouter : « La déconnexion gouvernementale se manifeste également dans un projet de budget 2027 injuste, susceptible d’appauvrir la grande majorité de la population face à la hausse du coût de la vie et des dépenses énergétiques et de santé, tout en épargnant largement les plus hauts revenus. » Le Pacte du pouvoir de vivre critique notamment le gel ou la réduction des retraites, de certaines aides sociales, la stagnation des rémunérations, l’augmentation du reste à charge des patients et la diminution des moyens consacrés à la transition écologique, à la rénovation énergétique et à la protection de la biodiversité.

    Et d’appeler « à des politiques publiques ambitieuses, fondées sur la justice sociale, la réduction des inégalités et de la pauvreté, l’anticipation des crises. Il souligne, pour y parvenir, l’importance d’associer bien davantage les citoyens, les syndicats, les associations et les acteurs de terrain à l’élaboration des solutions ».

  • Face aux baisses de dotations, la Mission locale du pays de Martigues s’inquiète pour son avenir

    Face aux baisses de dotations, la Mission locale du pays de Martigues s’inquiète pour son avenir

    La mission locale du Pays de Martigues tire la sonnette d’alarme. Alors que les baisses de dotations se succèdent année après année, « les nouvelles économies qui pourraient nous être demandées auraient désormais des conséquences radicales et impacteraient la pérennité de notre association », écrit le conseil d’administration dans une résolution.

    La principale ressource de la structure, qui couvre six communes de l’ouest du département (Martigues, Port-de-Bouc, Sausset-les-Pins, Carry-le-Rouet, Ensuès-la-Redonne et Saint-Mitre-les-Remparts), est « la subvention versée par l’État », explique Pierre Dharréville, le président de la structure. En 2023, elle s’établissait à environ 1 million d’euros. Après des réductions de 16%, de 6% puis de 8%, « on nous annonce pour 2027 une diminution de 5,55% », sans compter une éventuelle baisse de dotation de 6% du côté de la Métropole. Au total, l’antenne perdrait plus de 80 000 euros.

    Capacité d’accueil restreinte

    Depuis 2023, la Mission locale du Pays de Martigues Côte Bleue a déjà vu son budget amputé de 353 000 euros. « La pyramide des âges a permis de contenir la charge de personnel, donc l’hémorragie », et de continuer d’accompagner 1 800 jeunes à l’année, détaille son directeur Fayçal Abed. « Aujourd’hui, on n’est plus en mesure de supporter ces baisses de dotations », assure-t-il. Des effets directs commencent à se faire ressentir, avec le non-remplacement d’une chargée d’entreprise. Deux autres équivalents temps plein sont menacés pour l’exercice 2027, avec, à la clef, une « capacité et une qualité d’accueil restreintes ».

    Fayçal Abed s’inquiète : « Moins on a d’agent pour recevoir les jeunes, moins on sera en mesure de satisfaire les besoins, d’autant que les besoins se complexifient. Le traitement ne se fait pas uniquement sur l’emploi, il se fait aussi sur la santé, la formation, le logement, la mobilité… Les situations que rencontrent les jeunes sont multi-factorielles et nécessitent plus de temps et d’engagement de nos conseillers ». Pierre Dharréville s’agace : « Ce serait quand même hallucinant qu’avec le mouvement de la jeunesse que nous avons dans tout le pays on s’attaque à un des outils qui permet de l’accompagner ». Le conseil d’administration appelle l’État à renoncer aux baisses annoncées, et la Région et la Métropole à revenir à la subvention initiale.

  • Le Département contraint de réduire ses dépenses

    Le Département contraint de réduire ses dépenses

    Nous sommes dans une situation de maltraitance étatique comme nous en avons rarement connu. Depuis dix ans, nous alertons sur les mêmes incohérences et insuffisances de la part de l’État, qui assèche les fonds destinés aux services publics et aux collectivités locales », a déclaré Jean-Marie Bernard (LR), lors de la séance du Conseil départemental ce mardi. Le président des Hautes-Alpes a donné le ton : les questions d’orientations budgétaires ont dominé l’ordre du jour, sur fond d’inquiétude des élus quant aux marges de manœuvre financière du Département.

    Alors que le gouvernement fait face à une situation financière critique, le projet de loi de finances pour 2027 (PLF 2027) entend mettre à contribution, entre autres, les départements. « Mais nous refusons d’endosser la responsabilité des conséquences budgétaires de l’État », a poursuivi l’élu, dénonçant la « condescendance » du gouvernement. « Le Département est, avec la commune, le service public de proximité par excellence. Nous finançons les routes, les collèges, des projets d’aménagements pour nos vallées, et nous garantissons une solidarité entre concitoyens, que ce soit sur la question du handicap, de l’insertion ou du vieillissement. » Les élus sont unanimes sur la nécessité de « continuer à faire tourner le Département » et de « faire autant avec moins ».

    Plus de dépenses,

    moins de recettes

    Patrick Ricou, en charge des finances, a présenté les différentes contraintes. À commencer par le contexte budgétaire national, qui impacte aussi les collectivités locales : « Nous avons une croissance nationale qui tâtonne, et de l’autre côté une inflation qui ne cesse de grimper. La dette de notre pays et l’augmentation des taux d’intérêt sont une vraie préoccupation ».

    Si le PLF 2027 est adopté tel qu’il est aujourd’hui prévu, le Département devra contribuer « à l’effort national ». Ce qui signifie, concrètement, plus de dépenses et moins de recettes. Les Hautes-Alpes devront dépenser 2,1 millions d’euros dans le cadre de la Contribution progressive à l’effort budgétaire (CPEB), et verront leurs frais augmenter du fait de « mesures exogènes », comme la hausse du montant du Smic ou l’évolution des prestations sociales. Elles verront également leurs recettes diminuer de 2,81 millions d’euros à cause du blocage du gel de la TVA et de la baisse du FCTVA, une aide de l’État qui rembourse aux collectivités la TVA qu’elles paient lorsqu’elles réalisent des investissements. « On est en plein dans un effet ciseau, a dénoncé Patrick Ricou, des dépenses rigides avec peu de marge de manœuvre, des recettes peu dynamiques et une ponction importante de l’État pour le redressement des finances publiques. »

    Mais pas question de réduire les investissements « en faveur du territoire » : « Il est donc impératif de stabiliser la courbe des dépenses de fonctionnement, qui concernent notamment la masse salariale ». Pour cela, les élus prévoient de mener « des efforts de gestion », de stabiliser le niveau d’épargne et d’augmenter le taux des DMTO, des frais de notaire qui s’appliquent aux citoyens lors d’un achat immobilier. Il passera de 4,5% à 5%, mais les primo-accédants seront épargnés de cette revalorisation.

    Ces mesures permettront d’envisager un niveau d’investissement annuel qui reste important, de l’ordre de 56 millions d’euros. Car malgré ces contraintes, le Département assure maintenir ses engagements pour 2027 : modernisation des infrastructures routières, amélioration du patrimoine scolaire, solidarité humaine ou encore réduction de la fracture numérique.

  • Carole Delga lance les travaux dans les lycées et un outil d’échanges

    Carole Delga lance les travaux dans les lycées et un outil d’échanges

    Compte tenu de la liste des revendications, il y a fort à parier que les mesures annoncées jeudi 29 octobre par Carole Delga (PS) ne suffiront pas à contenter les lycéens. Mais tandis que le gouvernement est longtemps resté muet avant de concéder de timides mesures, la démarche de la présidente de Région a le mérite d’exister dans un contexte budgétaire contraint.

    Premièrement, l’enveloppe exceptionnelle de 10 millions d’euros supplémentaires afin de mieux prémunir les lycées d’Occitanie des effets du réchauffement climatique est confirmée. D’ici le mois de mai 2027, vont être réalisés des travaux visant à limiter les fortes chaleurs, en priorité dans les salles d’examen et ailleurs quand c’est possible. Vont être installés des brise-soleil, des films de peinture sur les vitres, des brasseurs d’air et quand c’est la seule solution viable : la climatisation. Hors « demandes exagérées », les travaux les plus utiles vont être lancés en « procédure d’urgence ». « On a fait une demande d’accélération auprès des architectes de France, certaines façades étant classées monuments historiques ou dans le périmètre classé », précise Carole Delga.

    Cette rallonge qui s’ajoute aux 200 millions d’euros investis dans les 226 lycées d’Occitanie, la présidente de Région l’a décidée suite aux rencontres des élus régionaux avec les chefs d’établissement et des lycéens depuis la canicule précoce du mois de mai. « 20% de hausse du nombre de jours de canicule, on n’avait jamais vu ça », rappelle la présidente socialiste.

    Un outil accessible aux lycéens par ordinateur

    De ces échanges est aussi apparu le constat que l’information avait parfois du mal à circuler. « Les lycéens manquent d’information et nos services n’ont pas été informés de certaines situations », concède Carole Delga. Voilà pourquoi sur le modèle de l’outil « Direct-Région » créé il y a peu pour fluidifier les relations avec les maires, la Région Occitanie annonce lancer la plateforme « Direct-lycées ». Accessible depuis l’Ordinateur portable offert gratuitement aux lycéens, l’outil numérique va permettre aux lycéens de faire des demandes via un formulaire. Et aussi à la Région de mieux communiquer sur ses actions concrètes dans les lycées. « Je ne considère pas les lycéens comme des enfants mais comme des adultes en devenir, des citoyens éclairés. Cet outil leur permettra de donner leur avis, d’être écoutés », résume la présidente. Jusqu’à la fin de l’année, 28 lycées tests (2 par départements sauf l’Hérault et la Haute-Garonne où ce sera 3 chacun) vont expérimenter « Direct lycées ». En janvier ou février 2027, le dispositif devrait être généralisé. La Région espère ainsi une « meilleure réactivité ». Pour l’heure, Carole Delga ne cache pas sa déception suite aux premières réponses « déconnectées » du gouvernement. « Il a été annoncé 1 000 places de plus dans la santé mais la présidente des Régions de France que je suis n’a toujours pas été contactée. J’imagine que ce sont des places d’infirmiers, de soignants, de médecins mais on n’en sait pas plus », s’étonne-t-elle. Quant à la grande mesure du prêt bonifié pour les Régions, la présidente manque de s’étrangler. « Avec des taux d’intérêt à 5%, ce n’est pas un acte de bonne gestion que de s’endetter en 2026 comme avant. »

    Plutôt que de l’argent à rembourser qui va grossir la dette, l’élue socialiste aurait préféré que l’État stoppe l’hémorragie qui a vu les Régions amputées de 1,7 milliard d’euros de dotations sur les deux dernières années. « Notre budget 2026 fait 3,5 milliards d’euros, il devrait être à 4. Si en 2027 et 2028 on nous enlève encore 100 millions d’euros, on va avoir une équation budgétaire intenable. »

  • Les élus locaux d’Occitanie font bloc pour défendre le thermalisme

    Les élus locaux d’Occitanie font bloc pour défendre le thermalisme

    Plusieurs centaines d’habitants et de curistes se sont retrouvés en fin de matinée devant les thermes de Balaruc-les-Bains. Ils répondaient à l’appel « #DeboutPourNosCures », lancé sur les réseaux sociaux par la Spleth, la société gestionnaire des thermes et dont la commune est actionnaire majoritaire (lire ci-dessus). À la tribune, entouré de son équipe municipale, le maire (PS) de Balaruc, Christophe Rioust, a défendu le bien-fondé des soins délivrés dans les équipements thermaux. Le président (PS) de l’intercommunalité Sète Agglopôle Méditerranée, Loïc Linares, est allé dans son sens : « Quelques millions d’économie, en enlevant les bénéfices du thermalisme, vont handicaper demain la Sécurité sociale. » Les autres maires, conseillers régionaux et parlementaires présents ont tour à tour fustigé une « médecine à deux vitesses » et un « plan social » dans le secteur du thermalisme.

    Le sénateur (PS) Hussein Bourgi a dit vouloir rencontrer la préfète de l’Hérault ainsi que l’Agence régionale de santé (ARS). Il a suggéré que les conseils municipaux votent des motions pour le maintien du remboursement. Il a aussi annoncé une démarche conjointe avec d’autres sénateurs. Le député (LFI) Sylvain Carrière envisage de faire de même à l’Assemblée nationale. Marie Costa, la maire (DVD) de la ville thermale d’Amélie-les-Bains-Palalda (Pyrénées-Orientales), et présidente de la Fédération thermale d’Occitanie, a évoqué la pétition qu’elle a postée sur Change.org et intitulée « Le thermalisme, poumon socio-économique de nos territoires ». Le texte a déjà recueilli plus de 50 000 signatures.

  • En Occitanie, Michaël Delafosse et Carole Delga appellent l’Etat à se réengager

    En Occitanie, Michaël Delafosse et Carole Delga appellent l’Etat à se réengager

    Trente-trois millions et cinq cent mille euros. En l’état actuel du projet de loi de finances 2027, voici le montant de la perte de dotations de l’État qui guette la Métropole (27,25M) et la Ville de Montpellier (6,3M). Du côté des Départements et de la Région Occitanie, pas encore de chiffre officiel. Mais l’ardoise serait encore plus salée étant donné que l’État a prévu de faire les poches des Départements et des Régions pour 1 milliard d’euros de plus chacun. « Pour l’Occitanie, ce devrait être entre 100 et 200 millions en moins. Soit l’équivalent de deux années consécutives de rénovation de nos lycées », illustre le vice-président régional, Kamel Chibli (PS).

    Face à cette nouvelle cure d’austérité qui s’ajoute aux baisses drastiques de ces dernières années (moins 800 millions pour la Région en 10 ans), Michaël Delafosse et Carole Delga ne restent pas silencieux. Le maire de Montpellier s’est fendu d’un courrier au gouvernement et aux parlementaires. Il leur demande un amendement correctif. « Montpellier a la dotation globale de fonctionnement (DGF) la plus faible de France rapportée à son nombre d’habitants », pointe M. Delafosse (PS). Sans renoncer à son « bouclier social » (transports gratuits, mutuelle communale, tarifs réduits à la cantine…), il s’inquiète pour le calendrier de certains projets. Rappelant que les collectivités produisent 70% de l’investissement public et qu’il ne souhaite pas toucher aux taux d’imposition, l’édile PS prend les devants. « Il va falloir phaser nos investissements, prioriser nos choix. J’espère qu’on sera entendus sinon on va réduire mécaniquement nos investissements. »

    Du côté de la Région Occitanie qui ne dispose plus qu’aucun levier fiscal et a été durement mise à contribution depuis deux ans, la coupe est pleine. « Si on nous ponctionne encore l’an prochain, je ne vois pas comment on va pouvoir répondre aux défis du changement climatique, avec l’effet ciseau de la croissance démographique », redoute Kamel Chibli.

    Carole Delga promet que l’éducation restera la priorité numéro 1 de la Région qui investit dans ses lycées (dont 75% ont été rénovés) 10 euros de plus par habitant comparé à la moyenne. Toutefois, la présidente socialiste s’inquiète, elle aussi, du « désengagement de l’État », au point de lancer, le 15 octobre, un appel à la mobilisation pour sauver l’apprentissage et la formation professionnelle. En un an, ses recettes pour l’apprentissage ont chuté de 88% (15,2M à 1,88M). Avec pour conséquence une menace sur 10 000 places de formation et 4 000 apprentis avec 200 à 250 sessions de formations qui pourraient fermer ainsi que 58% de filières CFA. Avec la suppression de ces crédits pour l’emploi, l’Occitanie estime subir une perte d’environ 100 millions d’euros au moment où « le chômage remonte, que les mutations économiques accélèrent les besoins de reconversion et que les entreprises peinent à recruter ».

  • L’Institut éco-citoyen de Fos est en difficultés financières

    L’Institut éco-citoyen de Fos est en difficultés financières

    Après 16 ans d’existence, l’Institut éco-citoyen pour la connaissance des pollutions est menacé. En seulement quatre ans, ce centre de recherche scientifique et participatif a perdu près de la moitié de son budget, soit environ 300 000 euros. « Il y a une réduction générale des financements, explique son directeur Philippe Chamaret. Ça fait plusieurs années qu’on en pâtit et qu’on recherche des fonds complémentaires. Aujourd’hui, on a un manque de moyens pour le fonctionnement minimum nécessaire pour mettre en œuvre les actions. Ce n’est pas tenable de consacrer 70% du temps de travail d’une équipe scientifique à chercher des financements. »

    Le budget de l’Institut repose à la fois sur les subventions des collectivités (essentiellement la Métropole), les appels à projet « de l’Agence nationale de la recherche, de l’Ademe, etc », et sur les missions cadrées dans le temps « comme ce qu’on fait à Lyon sur les PFAS », détaille Philippe Chamaret. Aujourd’hui, « l’inversion des flux financiers de l’État vis-à-vis des collectivités fait que certaines communes et la Métropole sont en grande difficulté et réduisent leurs contributions auprès du tissu associatif », dénonce-t-il.

    La problématique n’est pas nouvelle. Jusqu’en 2018, l’Institut employait 13 personnes. Depuis, les effectifs ont été restreints à 9 salariés, dont 6 scientifiques. Mais pas question de réduire la voilure davantage. « Le schéma de l’Institut c’est avoir une équipe transversale, souligne le directeur. Enlever une personne, une fonction, ça n’aurait plus de sens. » C’est cette pluridisciplinarité qui a fait la réussite de l’organisme, pionnier en matière de sciences participatives, qui s’est aujourd’hui dupliqué dans trois autres territoires.

    Philippe Chamaret appelle à une mobilisation et à une réflexion d’ensemble pour imaginer un mode de financement plus pérenne. Avec une piste d’ores et déjà identifiée : créer une structure, un fonds ou une fondation, alimentée par tous les financeurs potentiels, « dont les industriels, qui aujourd’hui ne contribuent pas aux recherches en santé environnementale sur leurs émissions ». « On partirait sur une base plus lisible », assure-t-il. Cette concertation est une « nécessité », à l’heure où la réindustrialisation du bassin de Fos-Berre « va changer la nature des polluants ». « Si on investit pour inventer d’autres modes de production, il faut aussi investir dans la connaissance de ces nouveautés. »

  • Les grands défis de Loïc Linarès dans le bassin de Thau

    Les grands défis de Loïc Linarès dans le bassin de Thau

    Des violences condamnables mais qui ne tombent pas du ciel. Tout en ayant une pensée pour les commerçants vandalisés, Loïc Linarès appelle le gouvernement à un autre niveau de relations avec les citoyens. « Il faut avoir le même niveau d’exigence pour faire régner l’ordre que pour répondre aux attentes légitimes des jeunes qui font écho à celles des pêcheurs, viticulteurs et des Gilets jaunes dès 2018. »

    Pour mener à bien son mandat à la tête de Sète Agglopôle, il attend de l’État autre chose qu’une nouvelle cure d’austérité contre les collectivités. « Elles sont le dernier amortisseur social pour panser les maux de la société. Là, on perdrait 2 millions d’euros en 2027. Le gouvernement nous demande de renoncer à des investissements (-10% prévus), il fait fausse route. Notre territoire subit la crise industrielle, climatique (…). On a besoin d’agir et préparer l’avenir. »

    Voilà pour le contexte un peu morose. Mais Loïc Linarès ne se résigne pas. La preuve ? Il vient de lancer une grande concertation pour faire émerger des idées auprès des professionnels, citoyens, associations… 7 réunions publiques sont prévues jusqu’à décembre suivies d’une première synthèse en février puis d’une restitution à la rentrée 2027. « Pour retrouver la confiance des habitants, il faut de l’écoute et de l’audace pour donner des perspectives, de l’espoir. »

    Bientôt des régies ?

    D’ici là, le président et son équipe continuent de gérer les dossiers et les urgences. 6 millions ont été investis face à la crise conchylicole (face aux eaux pluviales, travaux à Sète sur les réseaux et le quai du Bosc…). Un mas destiné à mettre à l’abri les coquillages a été acheté à Frontignan, il sera opérationnel l’hiver 2027-2028. « On travaille aussi avec Suez sur des process de recherche-développement sur la gestion du norovirus et sa meilleure filtration dans le réseau d’assainissement. » À ce sujet, un travail a été engagé pour la réutilisation des eaux usées à usage agricole. Sur l’eau potable, une discussion va s’engager avec les communes pour un éventuel passage en régie en 2028.

    Au sujet des déchets, exit Nicollin, place dès 2027 à Urbaser, qui a remporté l’appel d’offres. Le marché de collecte (sur 8 ans pour 65 millions d’euros) concerne Sète, Frontignan, Vic-la-Gardiole, Mireval, Gigean et Balaruc-le-Vieux. Avec un « système de bonus/malus », le but est « d’améliorer la gestion du tri et des déchets professionnels ». Sera aussi construit un bâtiment voué à devenir public pour « créer les conditions d’un passage en régie publique ». En attendant que la chaudière CSR soit construite, Sète Agglopôle accepte durant 4 ans de brûler 40 000 tonnes annuelles de déchets de la Métropole de Montpellier qui prend ses biodéchets en contrepartie.

    Soutien affiché à la LGV

    Face à une « tension foncière réelle » dans un « territoire attractif », Loïc Linarès lance une révision du Plan local de l’habitat. « On a la chance d’avoir des friches industrielles (30 ha mobilisables dans les 20 ans) portuaires, à l’entrée Est de Sète, sur l’ex-site dépollué Lafarge à Frontignan (…) et des opérations de renouvellement urbain dans les centres anciens ». Face à la pression d’Airbnb et aux besoins de toits, « on doit rester maître, préserver l’équilibre ».

    Côté développement économique aussi, l’élu PS souhaite « saisir les opportunités ». Et parfois savoir dire non. « Par le passé, des activités ne se sont pas installées au bon endroit. » Au contraire, il veut créer des « conditions d’échanges avec les entreprises à potentialités », par exemple sur l’éolien en mer. « Pour dynamiser l’emploi, on doit travailler avec le port de Sète-Frontignan, la Région et l’État sur la formation des métiers d’avenir. » À côté, il souhaite revoir le schéma de cohérence territoriale (SCoT), notamment pour penser un « tourisme 4 saisons » face à la nouvelle donne climatique.

    Concernant le projet de LGV Montpellier-Béziers contesté par des collectifs dans le bassin de Thau, Loïc Linarès rappelle que « des avancées concrètes » ont été obtenues. « Cette ligne aura des impacts, il faut préserver au mieux. » Les forages prévus à Issanka n’ont pas encore débuté. Des réunions sont prévues après la Toussaint. Pour le bassin de Thau, l’enjeu en matière de transports est de conserver des TGV en gare de Sète, d’obtenir davantage de fret – « une nécessité pour développer le port » – et plus de trains du quotidien (une centaine de TER quotidiens contre 65). « Cette LGV est nécessaire, il nous faut des garanties. »

  • Coupe de subventions en vue pour la MJC de Château-Arnoux-Saint-Auban

    Coupe de subventions en vue pour la MJC de Château-Arnoux-Saint-Auban

    L’annonce a été un choc pour les salariés de la MJC de Château-Arnoux-Saint-Auban et les jeunes qui y sont accueillis toutes les semaines : la mairie les a informés de sa volonté de supprimer la subvention de 20 000 euros dont l’association bénéficiait pour la jeunesse. L’agent du CCAS, mis à disposition pour animer le point information jeunesse, va également devoir arrêter sa mission en décembre, sur demande de la mairie. Le point information, qui permet d’orienter les jeunes de 11 à 30 ans vers la mission locale, pour leurs démarches, le permis ou encore la santé, va ainsi cesser d’exister. Une vingtaine de jeunes y sont accompagnés à l’année, et 800 jeunes bénéficient d’interventions et d’ateliers dans leurs établissements scolaires chaque année.

    « Le maire Philippe Bertrand a demandé à nous recevoir pour nous annoncer la coupure de subventions suite à un audit qu’ils ont fait après leur élection. Il conclut qu’il faut faire des économies. C’est tout leur argument », avance Chloé Droulin, coordinatrice de la MJC. « Ils nous disent qu’il n’y a plus d’argent, mais pourquoi c’est sur les jeunes qu’on fait des économies ? », se questionne-t-elle. « Nous sommes prêts à participer à un effort collectif, mais pas supprimer la totalité de la subvention pour les jeunes. »

    Les jeunes à l’origine

    d’une pétition

    Les adolescents accueillis au sein de l’association ont écrit une pétition pour défendre leur MJC. Les jeunes qui siègent au conseil d’administration de l’association vont se réunir à la rentrée pour décider de la suite de leur mobilisation.

    Quand la nouvelle est tombée, « je l’ai très mal pris, je cherchais les raisons, pourquoi nous. J’étais choquée et triste », regrette Isis, 16 ans, habituée du lieu. « J’ai toujours pas compris pourquoi la MJC », abonde Clémentine, 14 ans, qui vient tous les samedis. Seul lieu dédié aux jeunes de la commune, la MJC a accueilli une quarantaine de jeunes depuis janvier, avec un noyau de quinze adolescents qui viennent très régulièrement. Avec la coupure de subvention, l’emploi de Marie Loup-Forest Argemi, coordinatrice du projet jeunesse, est également menacé.

    « On est les seuls à avoir une coupe aussi drastique, mais ils ont annoncé des coupes budgétaires à plein d’autres associations », affirme Chloé Droulin.

    Contacté, le maire Philippe Bertrand n’a pas répondu à nos sollicitations. La pétition* rassemble à ce jour plus de 350 signatures en ligne, et près de 90 en papier, selon Marie Loup-Forest Argemi.

    *change.org/p/pétition-pour-maintenir-l-accueil-jeunes-de-la-mjc-de-château-arnoux-saint-auban

  • Des aides pour les internes et les aides à domicile votées à Digne-les-Bains

    Des aides pour les internes et les aides à domicile votées à Digne-les-Bains

    Pendant le débat sur les orientations budgétaires, les élus départementaux ont évoqué leurs inquiétudes quant à l’avenir des petits collèges ruraux, avec des baisses drastiques d’effectifs. « On les porte à bout de bras », a alerté la présidente du département, Eliane Barreille (DVD). « Si nous étions attachés à nos problématiques budgétaires, ce sont des collèges que nous devrions fermer, mais ce sont des établissements qu’il faut impérativement maintenir », a-t-elle affirmé, citant en exemple les collèges de Seyne, de Banon et d’Annot, ce dernier comptant « moins de 100 élèves », a rappelé Sandra Raponi, vice-présidente (LR) déléguée aux collèges.

    Les élus départementaux ont ensuite voté une aide de 24 000 euros pour neuf étudiants internes en médecine générale, notamment « afin de susciter des projets d’installation à la fin de leurs études », a souligné Patricia Paul, conseillère départementale déléguée à la santé. « On n’a jamais eu autant d’internes en médecine sur le département », s’est réjouie Eliane Barreille. « Depuis deux ans, on est le département de la région où il y a eu le plus d’installations proportionnellement au nombre d’habitants », a ajouté Stéphanie Colombero (LR), vice-présidente déléguée aux affaires sociales et aux solidarités. Cette dernière a ensuite fait voter un programme de soutien à la mobilité des professionnels de l’aide à domicile, « particulièrement impactés par l’inflation des prix du carburant ».

    « Ces ponctions auront

    des conséquences »

    En préambule de la séance, Eliane Barreille a tenu à condamner les « inacceptables violences » du week-end dernier. « Il est temps que la France se réveille, que notre gouvernement prenne en main la défense de notre population et qu’on retrouve une vie normale. Je crains fort que la situation perdure et s’envenime », a-t-elle lancé.

    La présidente a également fait le point sur le congrès des départements, qui a eu lieu la semaine dernière. « Je n’ai jamais vécu un congrès aussi morose que celui-là. Tous les présidents de départements ont manifesté leur colère à l’encontre du gouvernement. Pour couronner le tout, le premier ministre, qui devait conclure ce congrès, n’est pas venu », a-t-elle relaté. Ce dernier « nous avait envoyé un courrier qui semblait prendre en compte les desiderata des départements, mais, dans ce qui a été mis en place dans le programme financier, il revient sur ce qui avait été annoncé », a regretté Eliane Barreille. « Si les moyens des départements diminuent, c’est toutes les réponses apportées aux populations qui seront mises à mal », a-t-elle avancé. « Ces ponctions auront forcément des conséquences sur nos budgets, ce sera des projets reportés, qui ne pourront pas aboutir. »

    Les élus départementaux ont ensuite examiné une motion sur le projet de loi de modernisation de la sécurité civile, déplorant que les départements aient été « tenus à l’écart de l’élaboration de ce texte ». « Ce projet de loi omet tout engagement de financements pluriannuels afin de doter notre pays des moyens adaptés pour faire face aux épisodes climatiques », a regretté Eliane Barreille, faisant part de son « incompréhension quant à l’inaction de l’État qui n’a pas tiré les leçons des incendies de 2022 ».