Tag: lycée

  • [Maj] Les principaux rendez-vous pour le 5 novembre

    [Maj] Les principaux rendez-vous pour le 5 novembre

    Marseille. Rendez-vous à 10h30 aux Réformés.

    Aix-en-Provence. Rendez-vous à 10h30 à la Rotonde.

    Martigues. Rendez-vous à 10h30 place Jean-Jaurès.

    Arles. Rendez-vous au kiosque à musique à 10h.

    Salon-de-Provence. Rendez-vous à 10h30 devant la mairie.

    Toulon. Rendez-vous à 9h30 place d’Armes.

    Brignoles. Rendez-vous à 14h devant la sous-préfecture.

    Draguignan. Rendez-vous à 10h30 devant la sous-préfecture.

    Saint-Raphaël. Rendez-vous au rond-point Kennedy à 10h30.

    Avignon. Rendez-vous à 10h30 sur le cours Jean-Jaurès.

    Digne-les-Bains. Rendez-vous à 11h place du Général-de-Gaulle.

    Manosque. Rendez-vous à 14h rue Rossini devant le cinéma.

    Gap. Rendez-vous à 10h devant le lycée Aristide-Briand.

  • 1200 personnes ont manifesté à Toulon samedi en dépit de l’autorisation tardive d’un tracé

    1200 personnes ont manifesté à Toulon samedi en dépit de l’autorisation tardive d’un tracé

    Samedi matin, s’il demeurait certain qu’en dépit des nombreux arrêtés émis par le préfet du Var, de nombreux Toulonnais bâteraient une nouvelle fois le pavé dans l’après-midi, les modalités, elles, l’étaient beaucoup moins. Et elles sont restées floues jusqu’à 13h45, soit un petit quart d’heure avant l’heure de rendez-vous donnée pour le départ de la manifestation. En cause : l’attente de la décision du tribunal administratif concernant le référé liberté déposé vendredi par l’Union syndicale Solidaires du Var et l’association Résistance Handi Droits, au sujet de l’interdiction de manifester. Si celle-ci a été maintenue dans le périmètre du centre-ville, en vertu des arrêtés préfectoraux, un tracé alternatif a été autorisé, sur une distance d’à peine 1,5 km, dans le quartier du Pont-du-Las, avec un aller-retour de la place Martin Bidoure au rond-point de Bon Rencontre.

    Un parcours pourtant refusé la veille par l’Union syndicale Solidaires du Var, qui avait déposé une demande de manifestation en préfecture, au cours des négociations avec cette dernière. Mais qu’elle s’est résolue, faute de mieux, à accepter. « Ce n’est pas une vraie victoire car on voulait manifester en centre-ville », avouait Olivier Rosay, secrétaire Solidaires du Var, le verre à moitié vide avant le départ du cortège : « Il y a du monde, mais le déferlement médiatique a été dissuasif. Le gouvernement a réussi son coup en montrant en boucle des images de violence ».

    Mais c’est aussi cette organisation incertaine jusqu’à la dernière minute – bien indépendante de la volonté des organisateurs, qui avaient proposé de se retrouver à la Bourse du travail avant le départ, sans que cela ne parvienne aux oreilles de tout le monde –, et des informations contradictoires sur le lieu de rendez-vous (la gare était annoncée depuis le début de semaine), qui n’ont pas facilité l’acheminement des manifestants vers un lieu qui plus est peu identifiable. « Ça a été super compliqué de trouver le rassemblement », affirme Camille, qui s’est d’abord rendue porte d’Italie, à la gare, et place d’Armes, et avoue qu’elle et ses amies sont « tombées sur les manifestants par hasard ».

    20 gardes à vue, la police réprime des soignants

    Le cortège a donc grossi à vue d’œil au cours du kilomètre qui sépare la Bourse du travail de la place Martin Bidoure, où des manifestants sont ensuite arrivés par petits groupes, tandis que d’autres se sont joints à la foule une fois celle-ci engagée dans les rues du Pont du Las. 1 200 personnes ont alors défilé dans le calme, mais non sans revendications. Guélaud et Isabelle, qui n’avaient « même pas entendu parler des arrêtés », comptaient « être là quoi qu’il en soit ». Sur leur pancarte, on lit « Si nous ne sommes rien pour eux, soyons tout face à eux ». Une manière de dire que « nous sommes 80 millions. Qu’est-ce que vous allez faire si on se révolte vraiment ? », demandent-ils. Pour ces Varois, il est d’autant plus « important de manifester dans une région très à droite. La ville n’est pas dotée d’une grande force en termes de population comme de conviction, mais il est important que des voix s’élèvent partout, pas qu’à Paris ».

    « On continue notre mobilisation, et on appellera à l’amplifier car il y a une profonde colère sociale dans le pays », promet Olivier Rosay, qui donne déjà rendez-vous « pour la grève du 5 novembre, car ce sont les travailleurs qui font tourner l’économie. Les salariés, les couches populaires, n’arrivent pas à joindre les deux bouts ».

    Mais une fois le cortège revenu à son point de départ, l’après-midi a pris une autre tournure. Un groupe d’environ 150 personnes, pour la plupart d’un âge peu avancé, a pris la direction du centre-ville. Il a été stoppé à hauteur du lycée Bonaparte, sur le boulevard de Strasbourg, par des tirs de grenades lacrymogènes des forces de l’ordre. La tension est montée et a définitivement franchi un cap après des lancés de feux d’artifice de manifestants dans leur direction. Sous les coups des charges policières couplées à l’usage des grenades lacrymogènes et de quelques tirs de flash-ball répondant aux jets de pierre, le groupe de manifestants restant, qui s’est étiolé au fur et à mesure, au contraire du dispositif policier, a reculé jusqu’au Pont du Las, dans un tango où chaque pas en avant en précédait deux en arrière. Encerclé sur l’avenue du XVe Corps, jonchée de feux de poubelle, il a fini par se disperser aux alentours de 19h.

    Aucune casse majeure n’est à déplorer. 64 personnes ont été interpellées, dont 20 placées en garde à vue. La préfecture dénombre deux blessés parmi les manifestants, autant chez les policiers. Un bilan heureusement modéré, ces derniers ayant « enlevé le matériel médical de certains collègues », relate Jody, une soignante bénévole. Cela, avant le début de la manifestation, au prétendu motif qu’elle n’était alors pas encore autorisée. Pas de quoi freiner la motivation de la jeune aide-soignante et militante, qui s’est mobilisée, comme d’autres, après avoir vu « les images des blessés et de soignants ciblés la semaine dernière ». Mais il faut croire que les pansements et le désinfectant peuvent troubler l’ordre public.

  • Des lycéens sanctionnés pour avoir manifesté à Embrun

    Des lycéens sanctionnés pour avoir manifesté à Embrun

    « Manifester est un droit fondamental. Mais pas devant le lycée professionnel Alpes-et-Durance d’Embrun », dénoncent conjointement Sud éducation 05 et la Fédération des conseils de parents d’élèves des Hautes-Alpes (FCPE 05). Selon les deux organisations, le lundi 5 octobre, alors que des lycéens bloquent leur établissement partout en France, la proviseure du lycée professionnel d’Embrun a exclu une quinzaine d’élèves pour une durée de deux jours, au motif qu’ils ont « participé à une manifestation devant l’établissement ».

    « Sur le fond, la proviseure s’oppose ainsi à un des droits les plus élémentaires, la liberté d’opinion et d’expression, affirment Sud éducation et la FCPE. Sur la forme, elle commet un abus d’autorité manifeste. En effet, ces sanctions sont prononcées sans respecter les droits élémentaires des élèves. »

    Selon eux, les familles ont été averties par un simple coup de fil, doublé d’un mail, le lendemain, « ne laissant aucune possibilité d’être entendu, ni de se défendre. Le mail ne mentionne pas non plus les voies de recours, alors qu’il le devrait ».

    Selon les deux organisations, la même sanction a été prononcée pour tous les élèves : « Un élève qui n’a par le passé jamais été sanctionné se voit infliger une exclusion de deux jours qui sera versée à son dossier scolaire ». Enfin, ils pointent le non-respect de la gradation des sanctions, « qui permet à l’élève de bien prendre conscience de la gravité de ses actes par rapport à une échelle de valeurs. Ici, pas de recherche d’une mesure de nature éducative, l’exclusion est la seule et unique sanction ». Devant « ce déni de droit et ces sanctions prises de manière manifestement illégale », Sud éducation 05 et la FCPE disent avoir adressé un courrier au recteur de l’académie d’Aix-Marseille et au Directeur académique des services de l’Éducation nationale des Hautes-Alpes : « Nous demandons le retrait de cette sanction pour l’ensemble des élèves et un rappel à l’ordre de la proviseure. Sans réponse satisfaisante, nous contesterons ces sanctions devant la justice ».

    Contactés, le rectorat et le lycée n’ont pas donné suite à nos sollicitations pour le moment.

    Agathe Di Lenardo

  • Le film « L’Abandon », outil de réflexion

    Le film « L’Abandon », outil de réflexion

    Environ 70 personnes étaient présentes, vendredi matin, dans l’hémicycle de l’Hôtel de Région, pour assister à la diffusion du film L’Abandon, sorti en 2026 et réalisé par Vincent Garenq. Ce dernier était sur place pour répondre aux questions des spectateurs après la projection. Des lycéens, des étudiants en cinéma, des professeurs et des élus étaient présents. Le film retrace les onze derniers jours de la vie de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie dans les Yvelines, avant qu’il ne soit tragiquement assassiné, le 16 octobre 2020, à l’âge de 47 ans. Il avait été diffamé sur les réseaux sociaux par le père d’une élève pour avoir montré des caricatures de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression.

    échanges avec le public

    Cette projection, portée par la Région Sud, a pour objectif de « rappeler l’histoire de Samuel Paty, de montrer que l’on pense encore à lui », mais aussi de « développer l’esprit critique des jeunes, et montrer les risques des fake news et du mensonge », explique Michel Bissière, conseiller régional délégué à la vie artistique et culturelle. « Cela s’inscrit dans la conviction que la culture contribue à former des citoyens libres. La liberté de penser et de s’exprimer est précieuse, elle demande de respecter les personnes, même si on ne partage pas les mêmes convictions », poursuit l’élu. Cette initiative s’inscrit également dans la démarche de commémoration du décès de cet enseignant et de celui de Dominique Bernard, professeur de lettres, tué le 13 octobre 2023, à Arras, lors de l’attaque de son lycée par un terroriste islamiste.

    Après le discours de l’élu régional, une minute de silence a été observée en leur honneur, comme c’est le cas dans tous les établissements scolaires français cette semaine.

    Dès la fin du film, de chaleureux applaudissements ont résonné dans l’hémicycle, suivi de nombreux compliments. Comme prévu, un échange sous forme de masterclass a eu lieu dans la foulée. Les spectateurs ont eu l’occasion de poser leurs questions. Le réalisateur est revenu, dans un premier temps, sur les raisons qui l’ont poussé à faire naître ce film : « C’est le producteur qui m’a proposé d’être réalisateur sur le film. Il vient d’une famille de professeurs, donc il a été traumatisé par l’histoire. Il avait d’ailleurs écrit un livre sur Samuel Paty. » Vincent Garenq a également éclairé les spectateurs sur la rigueur avec laquelle le film a été écrit : « Quand on s’attaque à une histoire comme cela, on a une obligation de rigueur. J’ai lu beaucoup d’interrogatoires et d’enquêtes sur l’affaire, de manière à reconstruire la chronologie. Et étrangement, le fait de tout remettre dans l’ordre amène naturellement la tension. »

    Un impact « énorme »

    Enfin, il a aussi évoqué le succès du film, qui a dépassé ses espérances : « Je ne soupçonnais pas que l’impact du film soit aussi énorme. Je savais que cette histoire était un traumatisme national, mais je n’avais pas imaginé une telle intensité dans la réception du public. Sa nomination au Festival de Cannes lui a permis de toucher un public plus large. » « Finalement, tout le monde connaît son nom mais pas son histoire », conclut-il.

    À la sortie de la salle, le film semble avoir rempli son objectif. « À la base, je ne connaissais pas l’histoire, donc je trouve que c’est une bonne chose que ce film nous soit montré », avoue un élève du lycée professionnel Le Chatelier, à Marseille.

  • Le film L’Abandon projeté à l’Hôtel de Région avec le réalisateur

    Le film L’Abandon projeté à l’Hôtel de Région avec le réalisateur

    Environ 70 personnes étaient présentes, vendredi matin, dans l’hémicycle de l’Hôtel de Région, pour assister à la diffusion du film L’Abandon, sorti en 2026 et réalisé par Vincent Garenq. Ce dernier était sur place pour répondre aux questions des spectateurs après la projection, lycéens, étudiants en cinéma, professeurs ou élus. Le film retrace les onze derniers jours de la vie de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie dans les Yvelines, avant qu’il ne soit tragiquement assassiné, le 16 octobre 2020, à l’âge de 47 ans. Il avait été diffamé sur les réseaux sociaux par le père d’une élève pour avoir montrer des caricatures de Mahomet lors d’un cours sur la liberté d’expression. Ce projet porté par la Région Paca, a pour objectif de “rappeler l’histoire de Samuel Paty, de montrer que l’on pense encore à lui”, mais aussi de “développer l’esprit critique des jeunes, et montrer les risques des fakes news et du mensonge”, énumère Michel Bissière, conseiller régional délégué à la vie artistique et culturelle. “Cela s’inscrit dans la conviction que la culture contribue à former des citoyens libres. La liberté de penser et de s’exprimer est précieuse, elle demande de respecter les personnes, même si on ne partage pas les mêmes convictions”, poursuit l’élu. Cette initiative s’inscrit également dans la démarche de commémoration du décès de cet enseignant et de celui de Dominique Bernard, professeur de lettres, tué le 13 octobre 2023, à Arras, lors de l’attaque de son lycée par un terroriste islamiste.

    Après le discours de l’élu régional, une minute de silence a été observée en leur honneur, comme c’est le cas dans tous les établissements scolaires français cette semaine.

    Questions du public

    Dès la fin du film de chaleureux applaudissements ont résonné dans l’hémicycle, suivi de nombreux compliments. Un échange sous forme de masterclass a eu lieu dans la foulée. L’occasion pour le réalisateur du film de revenir, dans un premier temps, sur les raisons qui l’ont pousser à faire ce film : “C’est le producteur qui m’a proposé d’être réalisateur sur le film. Il vient d’une famille de professeurs donc il a été traumatisé par l’histoire. Il avait d’ailleurs écrit un livre sur Samuel Paty”. Vincent Garenq a également insisté sur la méthode avec laquelle le film a été écrit : “Quand on s’attaque à une histoire comme cela, on a une obligation de rigueur. J’ai lu beaucoup d’interrogatoires et d’enquêtes sur l’affaire, de manière à reconstruire la chronologie. Et étrangement, le fait de tout remettre dans l’ordre amène naturellement la tension”. Enfin, il a évoqué le succès du film qui a dépassé ses espérances : “Je ne soupçonnais pas que l’impact du film soit aussi énorme. Je savais que cette histoire était un traumatisme national mais je n’avais pas imaginé une telle intensité dans la réception du public. Sa nomination au Festival de Cannes lui a permis de toucher un public plus large”. “Finalement, tout le monde connaît son nom mais pas son histoire”, conclut-il.

    À la sortie de la salle, le film semble avoir rempli son objectif. “À la base je ne connaissais pas l’histoire, donc je trouve que c’est une bonne chose que ce film nous soit montré”, avoue un élève du lycée professionnel Le Chatelier à Marseille. Une des professeures accompagnant les élèves enchaîne : “En tant qu’enseignant on est super seuls à la sortie de ce genre de film. Par la suite, le débat peut vite se retourner et dégénérer sans que le professeur ne puisse répondre aux élèves, si il n’a pas le bagage pour ce genre de situations”. “On voit aussi à travers le film qu’il y a une grande dangerosité autour des réseaux sociaux et de la désinformation, qui vont plus vite que l’administration”, ajoute un autre enseignant. Tant de problèmes qui sont mis en lumière dans le film, qui met en avant l’abandon subi par Samuel Paty, qui a mené à ce drame.

  • La pénurie de personnels, priorité des lycéens

    La pénurie de personnels, priorité des lycéens

    Le manque de profs » : voilà la priorité exprimée par la quinzaine de lycéens rencontrés pendant la manifestation partie de la place Albert 1er mardi 13 octobre. Âgés de 14 à 17 ans, ils sont scolarisés dans les différents lycées généraux et technologiques de Montpellier. « On a un problème d’absentéisme », pointe Charli, en terminale au lycée Frédéric-Bazille. « Cette année, je n’ai pas de professeur d’histoire. En 2024-2025 [année du bac français], je n’ai pas eu de professeur de français pendant longtemps », se souvient-il. « J’ai des professeurs d’histoire et de biologie qui ne sont que des remplaçants. C’est compliqué », regrette, de son côté, Nael, en seconde au lycée Joffre. Même lorsque les enseignants sont bien présents, ils doivent s’occuper de classes souvent surchargées. À Georges-Clemenceau, dans la terminale de Mathis, ils sont 35 élèves. À Jean-Mermoz, dans la première de Firdaws, ils sont 40.

    Droit d’inventaire

    Face à cette pénurie, le déploiement de 3 000 professeurs remplaçants promis par le ministre de l’Éducation nationale suscite l’incompréhension. « C’est une bonne idée », concède Nina. « Mais on a besoin de manifester pour que des remplaçants arrivent… Ça aurait pu être fait avant », estime-t-elle. Beaucoup y voient, par ailleurs, une demi-mesure : « Ils veulent arrêter notre mouvement en concédant des petits aménagements », analyse Neio. L’annonce du gouvernement est d’autant moins satisfaisante que les manifestants réclament des recrutements dans tous les métiers des équipes éducatives : « Plus de surveillants, d’infirmières, de psychologues, de conseillers d’éducation [CPE] », liste Paloma, membre du conseil de la vie lycéenne du lycée Jules-Guesde. « Il y a des classes en filière technologique qui ont un CPE seulement deux jours par semaine », déplore l’élève de terminale. Plusieurs manifestants s’indignent également du sous-effectif des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). Selon Andrea, « on discrimine une partie de la société. C’est inacceptable aujourd’hui ».

    L’autre grande préoccupation des lycéens est l’état de leurs établissements. Ils notent le manque d’espace, de matériel, d’isolation thermique voire la vétusté des locaux. Mais les élèves montpelliérains ne s’estiment pas les plus mal lotis. Ils s’identifient volontiers à leurs camarades d’autres régions, qui montrent le délabrement de leurs établissements sur les réseaux sociaux. Le sujet agit comme un levier de solidarité à l’échelle de toute la communauté lycéenne. « Nous ne sommes pas forcément un lycée à plaindre », juge Aelia, interne en seconde au lycée Frédéric Bazille. « On revendique pour les autres. En banlieue parisienne, il y a des effondrements et des situations sanitaires catastrophiques », s’alarme-t-elle.

    Les réformes de la plateforme d’orientation post-bac Parcoursup ainsi que des horaires de cours figurent également parmi les revendications des lycéens. La plupart ont entamé leur mobilisation depuis plusieurs jours, prenant part aux blocages de leurs établissements. S’estimant trop peu écoutés par les autorités, ils se montrent déterminés à poursuivre leurs actions. « Je suis révolté. Je veux avoir plus de moyens. On aimerait tous retourner en cours. Mais on ne peut pas. On doit se battre », considère Mathis.

  • [En direct] Les lycéens descendent dans la rue pour l’acte V

    [En direct] Les lycéens descendent dans la rue pour l’acte V

    Après deux manifestations ayant réuni près de 50 000 personnes, le rendez-vous s’annonce encore très suivi ce mardi.

    7h33 : À Toulon, les lycéens sont prêts devant le lycée Bonaparte. Bonne ambiance et détermination ce matin. Malgré les tentatives de dissuasion les lycéens sont parvenus à se poster devant la porte du lycée Bonaparte.

    7h45 : Devant le lycée Langevin de Martigues, un groupe d’une vingtaine lycéens tente un nouveau blocage. À peine quelques barrières et poubelles posées contre l’entrée que le Groupe de sécurité de proximité de la police nationale intervient pour débloquer, peu avant 8h.

    8h15 : Une centaine de lycéens sont mobilisés dans le calme ce matin devant le lycée Mistral à Avignon. L’établissement n’est pas bloqué. Les jeunes ont pour projet de rejoindre les étudiants qui bloquent la fac.

    8h55 : Ça y est, la manifestation vient de partir, le cortège est à présent sur le boulevard de Strasbourg à Toulon

    9h : Environ 130 personnes, dont beaucoup d’adultes, syndicalistes, professeurs et parents d’élèves, sont rassemblés devant le lycée Alexandra David Néel à Digne-les-Bains. « Sortez, sortez ! » « ne nous regardez pas, rejoignez- nous », interpellent les manifestants devant le lycée, alors que la mobilisation est affaiblie.

    9h01: À Avignon, les lycéens arrivent devant l’Université en chantant «Plus de places à la fac pour pas finir à la bac.» Face à face tendu devant une seconde entrée de la fac d’Avignon où étudiants et forces de l’ordre se font faces.

    9h10 : Le cortège composé de l’intersyndicale, les professeurs, les lycéens et les étudiants arrive à présent à la hauteur de la symbolique, place de la liberté à Toulon. Il se dirige vers le lycée Dumont d’Urville.

    Les lycéens manifestent dans la bonne humeur, sur la musique des gilets jaunes, devant le lycée Alexandra David Néel à Digne.

    9h13 : Sciences Po Aix de nouveau bloquée ce matin. Les étudiants se préparent pour la mobilisation de 11h.

    Une soixantaine de personnes mobilisées à Gap devant le lycée Aristide Briand, dont beaucoup d’adultes. Pas de blocage, pas de pancarte. Le cortège va bientôt partir vers le centre-ville.

    9H35 : À Martigues, la police municipale a bouclé l’avenue du docteur Fleming, aux abords du lycée Paul Langevin

    9h30 : Au siège du journal La Marseillaise, une classe de seconde est accueillie pour la conférence de rédaction quotidienne dans le cadre de son projet « d’éducation aux médias». Les élèves sont accompagnés par Nadia Spire, professeur documentaliste et Evelyne Brunet-Berger, leur professeur d’ Histoire Géo EMC.

    9h50 : Ambiance DJ, petit déjeuner, jeux devant l’IEP d’Aix . Une AG rassemblant plus de 150 personnes, tenue hier sur le parvis de Sciences Po, a permis d’établir ce nouveau format de mobilisation. «On a voulu changer nos modes de mobilisations pour plaire a un plus grand nombre», rapporte Gabriel, pour le Collectif Sciences Po Aix en Lutte. Un panneau «Solidarité» est affiché sur la porte de l’IEP. Le soutien aux mobilisations lycéennes sont toujours au cœur du mouvement.

    10h : À Gap, les lycéens appellent les élèves du lycée Dominique Villars à les rejoindre. «C’est un peu un flop aujourd’hui», admet un lycéen.

    10h35 : À Marseille une battle d’aura s’est organisée sur le square des Réformés avant le départ de la manifestation. Le cortège va s’élancer sur la Canebière en direction de la Porte d’Aix. Déjà beaucoup de monde sur place.

    « C’est la place des parents d’élèves d’être dans les manifestations. On est là pour encadrer, accompagner. On soutient les revendications des lycéens car on les a aussi : Si aujourd’hui on en est là, c’est que quelque chose cloche », explique Christophe Merlino, président de la FCPE 13. Son organisation est présente dans le cortège marseillais avec une banderole

    10h54 À Marseille, le cortège s’élance sur la Canebière.

    10h57 : À Martigues, le cortège de lycéens s’élance du lycée Jean Lurçat vers la place Jean Jaurès. India, une élève en bac pro, témoigne : « Il faut nous écouter, c’est notre santé mentale qui est en jeu. »

    Le cortège vient d’arriver devant le lycée du Parc St Jean, à Toulon.

    11h : Changement de programme à Martigues : le cortège remonte finalement en direction du lycée Jean Lurçat pour aller chercher leurs camarades qui bloquent l’établissement

    11h25 : À Aix, une dense foule se rassemble sur le parvis de la Rotonde, en attendant le départ.

    11h27 : Parmi la foule, Nao, lycéen, fait tourner une cagnotte. «Il y a une coordination nationale lycéenne qui a été crée. Le 18 octobre, une délégation sera envoyée sur Paris pour continuer la mobilisation, pendant les vacances, pour que la lutte ne s’essouffle pas». Les fonds récoltés permettront notamment de financer les billets de train.

    11h36 : Le président de l’université d’Avignon George Linarès est allé à la rencontre des étudiants. « Soutenez nous et venez avec nous. Vous ne vous mouillez pas » lance un étudiant. « Chacun a son rôle et moi je porte votre parole » répond le président sans convaincre la centaine de manifestants toujours présents.

    11h39 : À Manosque, des lycéens doivent rencontrer le maire, Camille Galtier (DVD), en mairie, après des échanges tendus et les annonces de sanctions de l’édile.

    11h43 : À Marseille, un énorme cortège qui rassemble lycéens, étudiants et travailleurs à Marseille avec plusieurs dizaines de milliers de manifestants selon les premiers calculs des syndicats.

    « Le sens de notre présence aujourd’hui c’est de permettre à la jeunesse de s’exprimer et de porter des revendications que l’on trouve juste. Pas besoin d’être syndicaliste pour être contre Parcourssup : c’est une usine à inégalité, c’est du stress pour les enfants comme les parents », explique Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13, alors qu’il bat le pavé marseillais avec les lycéens ce mardi.

    Un minot largement applaudi par les manifestants sur le boulevard des dames à Marseille.

    12h27 : A ce stade de la mobilisation, la police annonce 1200 manifestants à Aix-en-Provence.

    12h45 : Prise de parole à la porte d’Aix à Marseille pour la fin de la manifestation. « On est au début de quelque chose de grand. Le mouvement ne s’essouffle pas, on est plus nombreux que la dernière fois », lance Eustache pour l’organisation le poing levé.

    15h10 : À Avignon, le cortège des lycéens, étudiants et de l’intersyndicale s’élance vers la direction académique. Un millier de personnes défilent.

  • À Aix, des interpellations provoquent la colère

    À Aix, des interpellations provoquent la colère

    Alors que le blocus lycéen se disperse devant le lycée Cezanne, aux alentours de 9h, un appel est lancé : « Qui veut aller soutenir les camarades qui se sont fait arrêter ? » Plusieurs lycéens rapportent avoir été témoins d’interpellations survenues plus tôt dans la matinée, pendant leur action sur le parvis de l’établissement. Plus tard dans la matinée, c’est au cours d’un rassemblement au lycée Célony qu’une autre interpellation a eu lieu. En fin de journée, la police fait état de 11 interpellations.

    Direction le commissariat donc, proche de la gare routière. Le groupe doit d’abord passer par une fouille de sacs mise en place par les forces de l’ordre, aux abords de la rue Thomas de Villeneuve, avant de passer par le centre-ville où un arrêt est effectué sur la Rotonde, puis de déambuler vers le commissariat. « Libérez nos camarades ! » scande, en boucle la foule de lycéens, rejointe par les étudiants. « On soutient les lycéens et on sait que les gardés à vue entendent de l’intérieur. On vient aussi faire du bruit pour qu’ils sachent qu’on les soutient. Cela fait plusieurs semaines qu’on est confrontés aux forces de l’ordre en nombre excessif », détaille une étudiante pour la Fédération syndicale étudiante (FSE). En milieu d’après-midi, plusieurs jeunes étaient toujours assis devant le poste de police. « On est beaucoup, ça galère à nous faire entrer en cellule. Ils sont sous l’eau », rapporte un étudiant, qui sort d’une courte garde à vue.

    Nombreux classements sans suite

    Interpellé plus tôt dans la matinée, « au motif de rébellion » selon lui, le jeune indique que son cas a été « classé sans suite, comme beaucoup j’ai l’impression ». Me Louana Palo, avocate et membre du SAF (syndicat des avocats de France) accompagne bénévolement plusieurs lycéens et étudiants interpellés ce jour. « Pour les deux personnes que j’ai assistées, pas de retour du parquet. J’ai entendu que pour beaucoup d’autres, la garde à vue avait été levée au motif du classement 21, soit une infraction insuffisamment caractérisée. »

    Le député (PS) Marc Pena, a également écrit à la préfète de police des Bouches-du-Rhône et la commissaire divisionnaire d’Aix-en-Provence pour faire part de sa « vive inquiétude » concernant les gardes à vue des manifestants et « exige donc que soient clarifiés sans délai les motifs précis » de leur placement.

  • À La Seyne, les Amis du Laborieux sont prêts à reprendre les rênes

    À La Seyne, les Amis du Laborieux sont prêts à reprendre les rênes

    C’est un article paru récemment chez notre confrère Var Matin qui a mis le feu aux poudres. Le président de l’association Les Amis du Laborieux laissant entendre une probable dissolution de la structure. Remontés, les adhérents ont donc à leur tour pris la plume pour affirmer leur volonté à poursuivre l’activité de sauvegarde d’un des vestiges qui témoigne de la grandeur industrielle passée de l’ex-Cité des Chantiers : la restauration de ce remorqueur labellisé « Bateau d’intérêt patrimonial » (BIP).

    Construit entre 1946 et 1947 par les apprentis des Forges et Chantiers de la Méditerranée, ce « pousseur » a acheminé des tonnes de pièces et transporté les ouvriers dans la rade jusqu’à la fermeture des chantiers navals, en 1989.

    Laissé à l’abandon pendant 32 ans près du fort Balaguier, le bateau avait déjà subi les ravages de la rouille avant la création des Amis du Laborieux, en 2021. Depuis, des milliers d’heures de travail ont été consacrées à sa réhabilitation par les bénévoles, parmi lesquels d’anciens salariés des Chantiers, avec l’aide d’élèves du lycée Langevin (classe de ferronnerie et de menuiserie) et du CFA.

    C’est pourquoi les propos de Marc Lefèbvre, président-fondateur de l’association, créent tant de remous.

    En s’adressant directement à lui, les adhérents lui renouvellent leur estime et lui reconnaissent le droit de vouloir s’arrêter. Mais tiennent aussitôt à préciser : « Nous sommes nombreux à vouloir continuer et sommes prêts à assumer les responsabilités qui en découlent. »

    Ils lui demandent donc de convoquer le plus rapidement possible une assemblée générale, pour accepter officiellement sa démission et élire un nouveau conseil d’administration. Sans quoi, préviennent-ils, ils prendront eux-mêmes l’initiative.

  • L’intersyndicale à nouveau unie derrière les lycéens mardi

    L’intersyndicale à nouveau unie derrière les lycéens mardi

    Une semaine après avoir défilé aux côtés des lycéens dans de nombreuses villes françaises, les syndicats remettent ça. Forts du succès de la mobilisation du 6 octobre, qui a rassemblé plus de 500 000 manifestants à travers le pays, les cortèges vont à nouveau noircir les rues, mardi. Pas par plaisir, mais par nécessité. Pour la CGT, « le “temps démocratique” que le gouvernement a prétendu ouvrir a complètement échoué : il n’a ni permis un véritable dialogue, ni débouché sur des réponses concrètes aux attentes des jeunes ». Le syndicat exige ainsi « immédiatement des réponses à la hauteur des revendications ».

    Le premier syndicat de la fonction publique a été le précurseur du soutien aux lycéens, appelant l’ensemble de la société civile à se mobiliser. Notamment dans le Var, où « il a tout de suite été évident, après l’appel du bureau national, qu’on devait s’y mettre », appuie Olivier Gérard, secrétaire CGT Éduc’action du Var. Il voit dans ce mouvement « un moment historique qui survient tous les 20 ans, après Mai 68, le projet de loi Devaquet en 1986 et le CPE en 2005 ».

    Une dynamique « avec le renfort de la majorité des syndicats de la CGT ». Car, au sein de son organisation, l’union interprofessionnelle est une évidence « depuis les législatives de 2024 et le risque de voir le RN arriver au pouvoir. Là, c’est un peu le même schéma : une prise de conscience, de la plupart des professions, du fait que le malaise de la jeunesse est celui de toute la société, c’est-à-dire le rejet de la précarité », soutient Olivier Gérard.

    « Pas de paternalisme »

    Cette jonction est aussi intersyndicale. Car, au-delà de divergences que l’enseignant au lycée Bonaparte de Toulon estime « assez ténues, être tous ensemble est une évidence ! Il y a eu une prise de conscience de l’importance de garder l’unité après l’agression de l’enseignante à Sanary. On ne peut pas jouer le jeu de la division sur des sujets comme les conditions de travail et le respect des droits ». Des combats qui ont mené, selon lui, à « des relations amicales et consensuelles inédites ».

    Cette unité se traduit aussi dans le soutien apporté aux jeunes mobilisés, parfois en manque de relais. « J’étais étudiant à l’époque du CPE et on s’organisait à l’université, se souvient Olivier Gérard. Quand on a vu ces foules de syndicats avec des drapeaux et des camions, on a réalisé la puissance du salariat organisé, ça nous a donné confiance. Il y a cette idée de montrer que la jeunesse n’est pas seule, parce que c’est le sentiment qu’ils ont souvent, à juste titre, car la société et les politiques les abandonnent. »

    Pour autant, « pas question de verser dans le paternalisme. Ils sont très organisés, pas nécessairement structurés, et ils doivent trouver la possibilité de durer. Parce que c’est le vrai enjeu quand les promesses ne sont pas tenues. Mais on respecte à 100% leur autonomie », martèle l’enseignant, qui sera présent mardi matin, devant le lycée Bonaparte à Toulon, pour soutenir le mouvement, auquel se joindront les étudiants de l’université de Toulon, qui organisent un blocus ce lundi dès 6h30.