Tag: Toulon

  • À Toulon, une table ronde pour défendre le droit à un logement digne

    À Toulon, une table ronde pour défendre le droit à un logement digne

    Passoires thermiques, logements indignes, difficultés d’accès à un hébergement d’urgence… Le mal-logement recouvre des réalités multiples qui fragilisent chaque jour davantage les personnes les plus précaires. Dans le Var, comme ailleurs, la pénurie plus ou moins organisée de logements sociaux interroge la capacité collective, ou tout simplement la volonté politique des élus, à répondre à un besoin pourtant essentiel : celui d’avoir un toit sur la tête.

    C’est autour de ces constats que se tiendra cette table ronde à la Maison de la Méditerranée. Organisée dans le cadre des initiatives liées à la Journée mondiale du refus de la misère, elle réunira Francis Verne, de la Fondation pour le logement, et Jean-Paul Jambon, pour le collectif logement d’Habitat Humanisme. L’objectif affiché est d’ouvrir le dialogue, de partager les expériences et de faire émerger des pistes d’action.

    Des acteurs engagés sur le terrain auprès des personnes confrontées au mal-logement et dans l’impossibilité d’accéder au parc social croiseront leurs regards sur les difficultés du territoire et les réponses à développer afin de favoriser l’accès à un habitat digne.

    Lutter contre la pénurie

    de logements sociaux

    Une situation préoccupante dans le département, qui ne semble pas perturber certains maires varois, qui « depuis plus de vingt ans contestent et fustigent la loi SRU [Solidarité Renouvellement urbain, ndlr] », rappelle Jean-Paul Jambon. Et préfèrent s’acquitter de lourdes pénalités plutôt que de répondre aux besoins de leurs administrés, « en continuant à infuser ce poison du rejet des habitants en grande demande, à contraindre les jeunes à quitter la commune alors qu’ils devraient en être la force vive et à obliger les travailleurs à ne pouvoir habiter la commune ».

    Dans un département où près de 70% des ménages sont éligibles au logement social et où près de 37 000 d’entre eux en ont fait la demande en 2025 pour seulement 3 730 attributions, la prise de conscience peine encore à émerger. C’est à cela qu’aspire la rencontre de ce soir, qui se poursuivra autour d’un apéritif partagé.

    Le samedi 17 octobre, le collectif donne également rendez-vous, toujours dans le cadre de la Journée du refus de la misère, à l’accueil de jour Domensa, à partir de 11h. Au programme : une journée d’échanges et de rencontres permettant de recueillir les témoignages de celles et ceux qui connaissent, ou ont connu, l’enfer de la rue. Des ateliers et un théâtre-forum seront organisés jusqu’à 17 heures.

    Des initiatives de sensibilisation ouvertes au grand public dont l’objectif est de permettre à chacun de changer de regard sur la pauvreté et, pourquoi pas, d’inciter le plus grand nombre à entrer dans la bataille en s’engageant pour faire évoluer les choses, que ce soit en matière de construction de logements sociaux ou de création de places d’hébergement d’urgence.

  • En déplacement à Toulon, Sophie Binet invite travailleurs, retraités et étudiants à descendre dans la rue le 5 novembre

    En déplacement à Toulon, Sophie Binet invite travailleurs, retraités et étudiants à descendre dans la rue le 5 novembre

    Si la venue de Sophie Binet dans le Var était programmée depuis plusieurs mois, elle s’est avérée plus à propos que prévue : « On ne pensait pas se retrouver dans cette situation », a-t-elle confié lors d’un meeting toulonnais suivi par de nombreux syndiqués de toutes les congrégations du département, mercredi.

    Un moment que Richard Roméo-Giberti, le secrétaire général de l’UD CGT du Var, a introduit, au vu du contexte, par un rappel historique : « Nous ne sommes pas dans la Bourse du travail historique, dont nous avons été exclus par l’extrême droite en 1995. Mais partout où cela arrivera, nous résisterons. » À travers ses mots, la volonté de « riposte », dans un des départements les plus marqués par le fer du RN. Cette résistance se construit aussi dans l’avenir, tel que l’ont montré Camille, César et Denis, trois des leaders du mouvement lycéen toulonnais, venus apporter un vent de fraîcheur salué par les vivats des travailleurs.

    Le débat budgétaire

    dans le viseur

    Après les multiples mobilisations de la rentrée (contre les violences sexuelles, grèves des pompiers, du secteur de l’énergie, de la fonction publique…), la secrétaire générale de la CGT voit dans celle des jeunes « la cerise sur le gâteau ». Et son succès un enjeu politique qui « lancera une dynamique et mettra l’extrême droite en difficulté pour l’échéance électorale à venir. Ils portent des revendications précises, mais aussi un message plus large : quel avenir nous préparez-vous ? »

    Cet avenir, les retraités, mobilisés mercredi, ont un rôle à y jouer : « Le gouvernement oppose les générations en faisant croire que, pour améliorer la situation des jeunes, il faut prendre aux retraités, alors qu’ils prennent aux deux pour donner au capital. Il faut montrer que retraités, jeunes et actifs sont main dans la main ! »

    C’est à ce titre que Sophie Binet appelle travailleurs du privé, fonctionnaires, retraités et jeunes à se rassembler le jeudi 5 novembre, après des vacances qui vont « ralentir les mobilisations étudiantes ». Pour peser, aussi, sur un débat budgétaire qui fait craindre des coupes drastiques dans les dépenses publiques. « Il faut battre le fer tant qu’il est chaud », clame Sophie Binet, rappelant par ailleurs que le RN, veut, quant à lui, « procéder à 150 milliards d’euros de coupe ». Une idée loin de déplaire au Medef, selon elle : « Ils font beaucoup de politique. Patrick Martin [président du Medef, Ndlr.] a dit qu’il serait le premier à fuir si LFI arrivait au pouvoir. On ne le retient pas ! »

    Autre échéance à venir en décembre : les élections professionnelles dans la fonction publique, motif initial de sa venue dans le Var. « Voter CGT, c’est protéger le statut de la fonction publique, mais certainement pas le statu quo. ça commence par régulariser l’ensemble des contractuels et des précaires », soutient la secrétaire générale de la CGT.

  • Deux mille manifestants à Toulon pour faire entendre raison au gouvernement

    Deux mille manifestants à Toulon pour faire entendre raison au gouvernement

    « On est venus trop tôt. Une équipe de deux camions de policiers est arrivée et a tout enlevé. Ils ont même confisqué mon mégaphone. Je trouve ça inadmissible », témoigne Denis, regrettant également que les caméras des policiers n’aient, selon lui, pas été activées malgré sa demande. Il est 7h30 devant le lycée Bonaparte et malgré l’action des pandores, tout est prêt pour une nouvelle journée de manifestation.

    « On est tous mobilisés aujourd’hui. On va continuer », affirme le lycéen, convaincu que le nombre sera déterminant pour faire aboutir les revendications. Et de poursuivre : « Ça pourrait même prendre de l’ampleur dans les prochains jours, et le 17 ça va être monstrueux. »

    Ce qui est certain c’est que la colère est en train de monter. Un autre lycéen interroge : « On a fait les choses correctement. On a manifesté pacifiquement. Et au final, le préfet et le directeur académique se sont moqués de nous. Vers qui doit-on se tourner ? C’est la question que je vous pose et que tout le monde se pose. » Venue encore une fois soutenir et protéger les jeunes, l’intersyndicale est présente et veille au grain afin que tout se passe correctement. « On partage quasiment les mêmes revendications que les lycéens. Et nous, on va rajouter les salaires », explique Alain Tournay le secrétaire général de la FSU dans le Var. Cécile, une militante de la CGT, vient d’être bousculée par les policiers dans les escaliers. Ce qui confirme une certaine tension de la part des forces de l’ordre face à une manifestation pourtant tout à fait pacifiste. « On est là, Pour défendre les jeunes, c’est insupportable qu’on ait un gouvernement qui se permette d’être aussi violent et méprisant », commente Brigitte Cheinet (CGT). Alors que les problèmes existent, et sont dénoncés depuis des années par les syndicats, s’indigne-t-elle. Et de conclure : « Les lycéens ont raison de contester, ils ont raison de vouloir une vie meilleure, c’est l’essentiel. »

    « Les lycéens sont là pour leur avenir »

    Même son de cloche pour Sylvie Vinceneux, la secrétaire de la fédération du PCF dans le Var qui dénonce les politiques austéritaires et la casse des services publics. Et de poursuivre : « Ces jeunes nous donnent aussi une leçon, ça fait du bien aussi de voir qu’ils sont là. Ils sont là pour leur avenir. » Ce que confirme un peu plus tard Manon Magagnosc (CGT) : « Je suis hyper fière de voir cette jeunesse se soulever. Ils ont les moyens de faire lâcher le gouvernement. » Un peu en retrait, Alice, qui prépare sa thèse à La Garde, explique « être là uniquement en appui, pour montrer qu’ils ne se battent pas tous seuls, que c’est quelque chose d’intergénérationnel et d’interclasse. »

    Plus loin, Aïcha confie : « Dans ma classe, on est 35 et nos professeurs absents ne sont pas remplacés : je n’ai pas eu de cours de SVT depuis le début de l’année. » En tout cas, elle ne veut pas que ses enfants grandissent dans une société aussi méprisante envers sa jeunesse. Et elle en est convaincue : « Les blocages dureront tant qu’on n’aura pas été entendus ! ». Le cortège s’est maintenant élancé sur la place de la Liberté. En chemin, le secrétaire général de l’Union départementale CGT Richard Roméo-Giberti analyse : « Les jeunes donnent l’exemple au mouvement social parce qu’ils partent des besoins immédiats et qu’ils veulent changer le monde, changer leur avenir comme nous voulons changer la société. » Et de préciser : « Ils ont compris que le chronomètre a démarré et qu’il n’y a pas d’avenir sans progrès social, sans paix dans le monde. »

    Après le passage par la faculté de droit et le lycée Dumont D’Urville, la manifestation est forte de plus de 2 000 âmes lorsqu’elle entame le boulevard Maréchal Joffre pour rejoindre le lycée du Parc Saint-Jean.

    Zoé Desmoulins (Solidaires) déplore que la semaine dernière, « quand les lycéens ont rencontré le préfet et le Directeur académique des services de l’Éducation nationale [Dasen], ils ont surtout rencontré du mépris et du sarcasme ».

    En revanche comme Marion à ses côtés, enseignante également, elle trouve encourageant de voir des jeunes qui se politisent et prennent leur destin en main.

  • [En direct] Les lycéens descendent dans la rue pour l’acte V

    [En direct] Les lycéens descendent dans la rue pour l’acte V

    Après deux manifestations ayant réuni près de 50 000 personnes, le rendez-vous s’annonce encore très suivi ce mardi.

    7h33 : À Toulon, les lycéens sont prêts devant le lycée Bonaparte. Bonne ambiance et détermination ce matin. Malgré les tentatives de dissuasion les lycéens sont parvenus à se poster devant la porte du lycée Bonaparte.

    7h45 : Devant le lycée Langevin de Martigues, un groupe d’une vingtaine lycéens tente un nouveau blocage. À peine quelques barrières et poubelles posées contre l’entrée que le Groupe de sécurité de proximité de la police nationale intervient pour débloquer, peu avant 8h.

    8h15 : Une centaine de lycéens sont mobilisés dans le calme ce matin devant le lycée Mistral à Avignon. L’établissement n’est pas bloqué. Les jeunes ont pour projet de rejoindre les étudiants qui bloquent la fac.

    8h55 : Ça y est, la manifestation vient de partir, le cortège est à présent sur le boulevard de Strasbourg à Toulon

    9h : Environ 130 personnes, dont beaucoup d’adultes, syndicalistes, professeurs et parents d’élèves, sont rassemblés devant le lycée Alexandra David Néel à Digne-les-Bains. « Sortez, sortez ! » « ne nous regardez pas, rejoignez- nous », interpellent les manifestants devant le lycée, alors que la mobilisation est affaiblie.

    9h01: À Avignon, les lycéens arrivent devant l’Université en chantant «Plus de places à la fac pour pas finir à la bac.» Face à face tendu devant une seconde entrée de la fac d’Avignon où étudiants et forces de l’ordre se font faces.

    9h10 : Le cortège composé de l’intersyndicale, les professeurs, les lycéens et les étudiants arrive à présent à la hauteur de la symbolique, place de la liberté à Toulon. Il se dirige vers le lycée Dumont d’Urville.

    Les lycéens manifestent dans la bonne humeur, sur la musique des gilets jaunes, devant le lycée Alexandra David Néel à Digne.

    9h13 : Sciences Po Aix de nouveau bloquée ce matin. Les étudiants se préparent pour la mobilisation de 11h.

    Une soixantaine de personnes mobilisées à Gap devant le lycée Aristide Briand, dont beaucoup d’adultes. Pas de blocage, pas de pancarte. Le cortège va bientôt partir vers le centre-ville.

    9H35 : À Martigues, la police municipale a bouclé l’avenue du docteur Fleming, aux abords du lycée Paul Langevin

    9h30 : Au siège du journal La Marseillaise, une classe de seconde est accueillie pour la conférence de rédaction quotidienne dans le cadre de son projet « d’éducation aux médias». Les élèves sont accompagnés par Nadia Spire, professeur documentaliste et Evelyne Brunet-Berger, leur professeur d’ Histoire Géo EMC.

    9h50 : Ambiance DJ, petit déjeuner, jeux devant l’IEP d’Aix . Une AG rassemblant plus de 150 personnes, tenue hier sur le parvis de Sciences Po, a permis d’établir ce nouveau format de mobilisation. «On a voulu changer nos modes de mobilisations pour plaire a un plus grand nombre», rapporte Gabriel, pour le Collectif Sciences Po Aix en Lutte. Un panneau «Solidarité» est affiché sur la porte de l’IEP. Le soutien aux mobilisations lycéennes sont toujours au cœur du mouvement.

    10h : À Gap, les lycéens appellent les élèves du lycée Dominique Villars à les rejoindre. «C’est un peu un flop aujourd’hui», admet un lycéen.

    10h35 : À Marseille une battle d’aura s’est organisée sur le square des Réformés avant le départ de la manifestation. Le cortège va s’élancer sur la Canebière en direction de la Porte d’Aix. Déjà beaucoup de monde sur place.

    « C’est la place des parents d’élèves d’être dans les manifestations. On est là pour encadrer, accompagner. On soutient les revendications des lycéens car on les a aussi : Si aujourd’hui on en est là, c’est que quelque chose cloche », explique Christophe Merlino, président de la FCPE 13. Son organisation est présente dans le cortège marseillais avec une banderole

    10h54 À Marseille, le cortège s’élance sur la Canebière.

    10h57 : À Martigues, le cortège de lycéens s’élance du lycée Jean Lurçat vers la place Jean Jaurès. India, une élève en bac pro, témoigne : « Il faut nous écouter, c’est notre santé mentale qui est en jeu. »

    Le cortège vient d’arriver devant le lycée du Parc St Jean, à Toulon.

    11h : Changement de programme à Martigues : le cortège remonte finalement en direction du lycée Jean Lurçat pour aller chercher leurs camarades qui bloquent l’établissement

    11h25 : À Aix, une dense foule se rassemble sur le parvis de la Rotonde, en attendant le départ.

    11h27 : Parmi la foule, Nao, lycéen, fait tourner une cagnotte. «Il y a une coordination nationale lycéenne qui a été crée. Le 18 octobre, une délégation sera envoyée sur Paris pour continuer la mobilisation, pendant les vacances, pour que la lutte ne s’essouffle pas». Les fonds récoltés permettront notamment de financer les billets de train.

    11h36 : Le président de l’université d’Avignon George Linarès est allé à la rencontre des étudiants. « Soutenez nous et venez avec nous. Vous ne vous mouillez pas » lance un étudiant. « Chacun a son rôle et moi je porte votre parole » répond le président sans convaincre la centaine de manifestants toujours présents.

    11h39 : À Manosque, des lycéens doivent rencontrer le maire, Camille Galtier (DVD), en mairie, après des échanges tendus et les annonces de sanctions de l’édile.

    11h43 : À Marseille, un énorme cortège qui rassemble lycéens, étudiants et travailleurs à Marseille avec plusieurs dizaines de milliers de manifestants selon les premiers calculs des syndicats.

    « Le sens de notre présence aujourd’hui c’est de permettre à la jeunesse de s’exprimer et de porter des revendications que l’on trouve juste. Pas besoin d’être syndicaliste pour être contre Parcourssup : c’est une usine à inégalité, c’est du stress pour les enfants comme les parents », explique Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13, alors qu’il bat le pavé marseillais avec les lycéens ce mardi.

    Un minot largement applaudi par les manifestants sur le boulevard des dames à Marseille.

    12h27 : A ce stade de la mobilisation, la police annonce 1200 manifestants à Aix-en-Provence.

    12h45 : Prise de parole à la porte d’Aix à Marseille pour la fin de la manifestation. « On est au début de quelque chose de grand. Le mouvement ne s’essouffle pas, on est plus nombreux que la dernière fois », lance Eustache pour l’organisation le poing levé.

    15h10 : À Avignon, le cortège des lycéens, étudiants et de l’intersyndicale s’élance vers la direction académique. Un millier de personnes défilent.

  • Vif succès pour la 1ère édition de Para’Mouv à Toulon

    Vif succès pour la 1ère édition de Para’Mouv à Toulon

    Réunissant plus de 47 clubs et associations ainsi que 200 bénévoles, cet événement 100% inclusif et solidaire a permis à des centaines de participants (petits et grands, valides et en situation de handicap) de s’initier gratuitement à des dizaines de disciplines. Portée conjointement par les comités départementaux Handisport et Sport Adapté avec le soutien de la Ville de Toulon, cette première édition réussie a vocation à se pérenniser pour les prochaines années.

  • Face au Racing 92, la réaction d’orgueil d’un RCT au pied du mur

    Face au Racing 92, la réaction d’orgueil d’un RCT au pied du mur

    Au vu des premières minutes de la rencontre, débutée par un coup d’envoi d’Albornoz directement en touche, ce samedi après-midi avait, de prime abord, tout pour être le coup de grâce d’une semaine éprouvante dans la rade. Mais bien que malmenés par le Racing, acculés sur leur ligne d’en-but, auteurs de nombreuses fautes et réduits à 14 au bout de sept minutes, les Toulonnais ont résisté, au prix d’une débauche d’énergie significative de leur envie de se racheter.

    « Je pense qu’on gagne le match sur nos dix premières minutes. Sur notre ligne, on n’a rien lâché. Les joueurs se sont envoyés et ont été très solidaires », salue Franck Azéma, désormais seul aux commandes du bateau rouge et noir. Les prémices d’une réaction d’orgueil attendue suite au départ de Pierre Mignoni, qui avait vocation à créer « un électrochoc », comme on le martelait cette semaine au club. « On peut dire que c’est réussi », appuie l’entraîneur toulonnais après la victoire des siens (29-15).

    L’ex-directeur du rugby du RCT était dans toutes les têtes, avant et après le match. « Des pertes, j’en ai vécues plein. Mais comme Pierre, c’est rare. C’est la première fois avec autant d’émotions et autant d’affection pour la personne, avoue Gaël Fickou, très affecté par son départ. On avait vraiment à cœur de faire un énorme match pour nous, pour nos supporters mais aussi pour lui, pour tout ce qu’il a apporté à ce club car il y a tout gagné, il a grandi ici. »

    « Il fallait les agresser »

    Ses ex-protégés lui ont bien rendu. Car leur envie n’a jamais semblé décroître tout au long du match, et a permis d’emmener un public de Mayol dont la réaction était forcément attendue, voire crainte. « Tout le monde s’est mis au diapason à partir du moment où ils ont vu que les mecs se retroussaient les manches. Les gens ont senti ça, c’est ce qui fait la force de Mayol », constate Franck Azéma.

    Une communion favorisée par une prestation certes imparfaite, mais bien plus proche des attentes liées à cet effectif. Sans avoir pour autant tout révolutionné en une semaine : « On s’est concentré sur nous, on a fait un plan de jeu qui nous correspondait. On a eu peu de jours pour s’entraîner, donc on a été à l’essentiel », résume Charles Ollivon. « Il y a eu du mieux, notamment dans l’agressivité, dans l’intensité, dans notre jeu, dans notre stratégie aussi », note Gaël Fickou, dont la connaissance du Racing, où il a passé les cinq dernières saisons, a bien aidé à préparer la rencontre : « Je ne voulais pas les attendre. Il fallait qu’on les agresse, parce que je les connais par cœur : si on les attendait, on allait se faire pulvériser. » Et c’est finalement cela qui a, selon Franck Azéma, permis de « construire la confiance. D’abord à travers la défense, en ne lâchant rien sur le premier quart d’heure, puis en provoquant des fautes dans leur défense. Petit à petit, on a pris le score et construit le match ».

    Après les deux essais de Gros et Baubigny en première période, illustrations d’un jeu plus direct et incisif, c’est en effet grâce aux pénalités, converties par le pied d’Albornoz, auteur de 19 points et d’un sans-faute, que le RC Toulon a creusé l’écart en prenant à chaque fois les points : « Il y a eu des bonnes décisions de Lewis [Ludlam] et des leaders dans la période qu’on traverse », loue l’entraîneur varois.

    L’objectif sera désormais de poursuivre dans cette voie, en entamant de la même manière l’aventure européenne sur le terrain d’Édimbourg, vendredi : « Quand tu bastonnes comme ce soir, c’est aussi ce qui nourrit ton ambition et le plaisir que tu prends en équipe. Il faut s’appuyer là-dessus, essayer de l’exacerber et de le faire grossir petit à petit dans les prochaines semaines », se projette-t-il.

  • De nouveaux foyers de fourmis électriques dans le Var, mais un traitement efficace

    De nouveaux foyers de fourmis électriques dans le Var, mais un traitement efficace

    Mis sur pied en février par le préfet du Var, le comité de suivi des espèces exotiques envahissantes (EEE) tenait, mercredi, son deuxième bilan d’étape. Au premier rang des préoccupations, la lutte contre la fourmi électrique, espèce nuisible pour l’être humain et l’animal (piqûres douloureuses et parfois allergisantes), mais surtout pour les cultures et la biodiversité, puisqu’elle s’attaque aux plantes et insectes locaux.

    Elle a été découverte pour la première fois en France métropolitaine à Toulon, en 2022. Trois foyers étaient jusqu’ici connus dans le département : Toulon, La Croix-Valmer et Cavalaire. Quatre nouveaux ont été identifiés ces derniers mois, à Hyères, La Seyne-sur-Mer, Sainte-Maxime et sur un deuxième site à Cavalaire. Ces découvertes ont notamment été rendues possibles grâce au déploiement de Vigi-Sud, une plateforme de signalement en ligne des EEE. Plus de 100 signalements y ont déjà été enregistrés, permettant « d’être plus rapide pour traiter, avec un délai moyen de réponse de six jours », se satisfait Hermance Forgeat, directrice de Fredon-Paca, organisme à vocation sanitaire (OVS) spécialisé dans la gestion écologique des espaces végétalisés.

    Sur les foyers historiques, le traitement mis en place, dont l’utilisation en saupoudrage a été autorisée par dérogation (prolongée de 180 jours en septembre) par le ministère de la Transition écologique, porte ses fruits. « À Toulon, il n’y a plus de fourmis visibles », indique Olivier Blight, enseignant-chercheur à l’université d’Avignon et spécialiste de l’espèce, bien qu’« on ne puisse pas encore parler d’éradication ». L’autre produit testé, d’origine biologique, n’a lui pas donné de résultats aussi probants.

    « Vivre avec » le frelon asiatique

    Les traitements vont ainsi se poursuivre au même titre que l’étude et le repérage de nouveaux foyers. Par ailleurs, la préfecture va étendre les autorisations de brûlage des déchets verts, considérés comme un vecteur de dispersion de l’espèce, et produire « un arrêté de pénétration sur propriété pour établir des diagnostics et traiter les foyers si besoin, à l’encontre des propriétaires qui ne nous répondent pas depuis plus d’un an », ajoute le préfet du Var, Simon Babre.

    Autre espèce préoccupante : le frelon asiatique, particulièrement nocif pour les populations d’abeilles. Un arrêté prévoit un plan national de lutte, décliné au niveau départemental, en lien avec les apiculteurs. y contribuera, tout comme la création d’un réseau de référents locaux au sein des communes afin de diffuser les bonnes pratiques et de rendre compte des actions engagées. Le piégeage (un piège financé par le plan pour chaque piège financé par une collectivité, sur le principe du « un pour un ») et la destruction de nids seront les deux grands volets du plan, car « on n’est pas sur une dynamique d’éradication, qui est impossible, mais plutôt sur du vivre avec », note Hermence Forgeat.

    Enfin, alors qu’aucun dispositif de lutte autre que la pêche n’est mis en place pour le crabe bleu, pourtant cité lors du premier comité, deux autres espèces sont dans le viseur : la cochenille tortue du pin, découverte en 2021 dans le golfe de Saint-Tropez, qui s’attaque aux pins en se nourrissant de leur sève, et la cicadelle africaine, insecte observé pour la première fois en 2024 dans le département et qui fait de gros dégâts dans les vignes. Pour la première, des élagages, abattements et traitements par injection (jusqu’ici sur 3 123 pins dans 15 communes) ont été ou vont être réalisés. Pour la seconde, deux produits phytosanitaires ont été autorisés par dérogation de 120 jours par le ministère de la Transition écologique, tandis qu’un plan de recherche a été mis en place pour trouver des alternatives face au potentiel retrait européen de ces substances actives.

  • L’intersyndicale à nouveau unie derrière les lycéens mardi

    L’intersyndicale à nouveau unie derrière les lycéens mardi

    Une semaine après avoir défilé aux côtés des lycéens dans de nombreuses villes françaises, les syndicats remettent ça. Forts du succès de la mobilisation du 6 octobre, qui a rassemblé plus de 500 000 manifestants à travers le pays, les cortèges vont à nouveau noircir les rues, mardi. Pas par plaisir, mais par nécessité. Pour la CGT, « le “temps démocratique” que le gouvernement a prétendu ouvrir a complètement échoué : il n’a ni permis un véritable dialogue, ni débouché sur des réponses concrètes aux attentes des jeunes ». Le syndicat exige ainsi « immédiatement des réponses à la hauteur des revendications ».

    Le premier syndicat de la fonction publique a été le précurseur du soutien aux lycéens, appelant l’ensemble de la société civile à se mobiliser. Notamment dans le Var, où « il a tout de suite été évident, après l’appel du bureau national, qu’on devait s’y mettre », appuie Olivier Gérard, secrétaire CGT Éduc’action du Var. Il voit dans ce mouvement « un moment historique qui survient tous les 20 ans, après Mai 68, le projet de loi Devaquet en 1986 et le CPE en 2005 ».

    Une dynamique « avec le renfort de la majorité des syndicats de la CGT ». Car, au sein de son organisation, l’union interprofessionnelle est une évidence « depuis les législatives de 2024 et le risque de voir le RN arriver au pouvoir. Là, c’est un peu le même schéma : une prise de conscience, de la plupart des professions, du fait que le malaise de la jeunesse est celui de toute la société, c’est-à-dire le rejet de la précarité », soutient Olivier Gérard.

    « Pas de paternalisme »

    Cette jonction est aussi intersyndicale. Car, au-delà de divergences que l’enseignant au lycée Bonaparte de Toulon estime « assez ténues, être tous ensemble est une évidence ! Il y a eu une prise de conscience de l’importance de garder l’unité après l’agression de l’enseignante à Sanary. On ne peut pas jouer le jeu de la division sur des sujets comme les conditions de travail et le respect des droits ». Des combats qui ont mené, selon lui, à « des relations amicales et consensuelles inédites ».

    Cette unité se traduit aussi dans le soutien apporté aux jeunes mobilisés, parfois en manque de relais. « J’étais étudiant à l’époque du CPE et on s’organisait à l’université, se souvient Olivier Gérard. Quand on a vu ces foules de syndicats avec des drapeaux et des camions, on a réalisé la puissance du salariat organisé, ça nous a donné confiance. Il y a cette idée de montrer que la jeunesse n’est pas seule, parce que c’est le sentiment qu’ils ont souvent, à juste titre, car la société et les politiques les abandonnent. »

    Pour autant, « pas question de verser dans le paternalisme. Ils sont très organisés, pas nécessairement structurés, et ils doivent trouver la possibilité de durer. Parce que c’est le vrai enjeu quand les promesses ne sont pas tenues. Mais on respecte à 100% leur autonomie », martèle l’enseignant, qui sera présent mardi matin, devant le lycée Bonaparte à Toulon, pour soutenir le mouvement, auquel se joindront les étudiants de l’université de Toulon, qui organisent un blocus ce lundi dès 6h30.

  • Faron : un livre blanc pour la protection du poumon vert

    Faron : un livre blanc pour la protection du poumon vert

    Prévention des incendies, accès aux pistes forestières, protection des espaces naturels, mise en valeur du patrimoine… L’Association de protection du Faron (ADPF) qui a obtenu le classement du site en 1991, après un long et âpre combat, entend contribuer à un vrai projet de gestion du massif toulonnais. C’est tout le sens du Livre blanc présenté à la presse vendredi matin au sommet du mont toulonnais.

    Créée en 1983 pour s’opposer à de nombreux projets de promoteurs qui l’auraient défiguré, l’association n’a jamais cessé de défendre cet espace naturel. Elle veut continuer à sensibiliser et alerter les pouvoirs publics sur les menaces qui continuent de peser sur ce site de 440 hectares de forêt communale et 800 hectares de propriétés privées laissés pour bonne part à l’abandon. Et dénoncer les entorses à la loi qui sont légion. Comme la construction illégale du docteur Viard, un ancien élu Front national de la mairie de Toulon condamné en 1997 et 1998 qui a remis la bâtisse en état de ruine en 1998. Mais qui a rebâti en 2008. Une affaire qui dure depuis 1995.

    Le président de l’ADPF Jean-Pierre Calistri a présenté ce Livre blanc comme un outil pour dessiner l’avenir en pointant la nécessité de la mise en place d’un véritable schéma directeur, accompagné d’un plan de gestion forestière à l’échelle du massif afin d’anticiper les risques, organiser les accès et trouver un équilibre entre la sauvegarde de la biodiversité et les interventions indispensables à la sécurité.

    L’association souhaite notamment que le droit de préemption soit utilisé pour l’acquisition des parcelles privées afin de faciliter une gestion plus cohérente. Elle appelle aussi à mobiliser les collectivités et les financements susceptibles d’accompagner cette politique.

    L’ADPF a pointé que certaines anciennes pistes de défense contre les incendies (DFCI) ne répondent plus aux besoins opérationnels des pompiers. « Les colonnes de véhicules de secours doivent pouvoir faire demi-tour », souligne Jean-Pierre Calistri. Et de poursuivre : « On ne peut pas se rabattre sur une intervention exclusivement aérienne », la nuit les actions devant en effet s’interrompre. Et dans un massif exposé au Mistral, les conséquences pourraient être catastrophiques. L’association plaide donc pour un programme pluriannuel de remise en état de ces pistes, accompagné d’une réflexion sur les réserves d’eau disponibles.

    Elle souhaite également que soit étudiée la possibilité d’un Plan de prévention des risques d’incendie de forêt (Prif), susceptible, de renforcer les obligations d’entretien sur certaines parcelles privées.

    L’association propose aussi que le Fort Faron vendu à la Ville pour un euro symbolique en 1985 soit entretenu et ouvert au public.

    Appelé à disparaître, le zoo, lui aussi, pourrait évoluer en espace pédagogique présentant la faune, la flore et les milieux méditerranéens, et devenir un point de départ pour mieux comprendre le massif.

    Le Faron pourrait ainsi raconter davantage son histoire, avec en plus une signalétique adaptée, tout en sensibilisant les visiteurs à la fragilité de son environnement.

    Le président d’honneur et fondateur de l’association Michel Bonjardini rappelle enfin qu’un peu plus bas se trouvent des oliveraies et des vignes. Des zones agricoles qui ont fonctionné jusque dans les années 60. Encore une belle idée que seraient des remises en culture pour faire vivre ce mont toulonnais par une production locale estampillée.

    La bonne nouvelle, c’est que la municipalité entend aussi, même si on ne connaît pas encore le retour de la consultation publique, préserver durablement ce patrimoine naturel et historique.

  • Pour sa première sans Mignoni, le Toulon domine le Racing 92 à Mayol

    Pour sa première sans Mignoni, le Toulon domine le Racing 92 à Mayol

    Pour la première fois depuis septembre 2022 – à l’exception d’une rencontre la saison dernière sur le terrain du LOU, alors que l’ancien demi-de-mêlée du RCT avait été victime d’un burn-out -, Pierre Mignoni, qui a quitté ses fonctions de directeur du rugby du club toulonnais mardi, n’a pas pris place sur le banc, ni dans les tribunes de Mayol ce samedi après-midi face au Racing 92.

    Après une semaine de préparation difficile, et un début de saison raté, les hommes de Franck Azéma espéraient repartir de l’avant, mais montraient des signes de fébrilité dès le coup d’envoi. Albornoz envoyait inexplicablement le ballon en touche, permettant aux Franciliens d’obtenir une mêlée et de s’installer dans le camp toulonnais. S’ensuivait une succession de phases de jeu visiteuses, pour autant de fautes varoises, qui conduisaient à un carton jaune pour Kyle Sinckler (7e), symbole de la nervosité des siens.

    Une efficacité offensive retrouvée, le sans faute d’Albornoz au pied

    Mais après avoir résisté à l’orage, les Rouge et Noir reprenaient le jeu à leur compte. Avec une adresse retrouvée ballon en main, ils parvenaient, comme trop peu souvent depuis le début de saison, à mener des attaques rapides et étaient logiquement récompensés grâce à Gros, en force (7-0, 21e). Six minutes plus tard, Baubigny, sur un maul porté consécutif à une touche, concrétisait une deuxième fois la domination varoise (14-0, 28e). Mais piqué, le Racing réagissait dans la minute, grâce à Gibert, qui exploitait les largesses sur la droite de la défense toulonnaise pour aplatir sous les perches (14-7, 31e). Juste avant la pause, le Racing se voyait refuser un essai pour un en-avant du passeur Naituvi, et malgré dix dernières minutes plus difficiles, le RCT regagnait les vestiaires avec l’avantage au score.

    Dans un second acte plus cadenassé, le RCT s’en remettait au pied de Tomas Albornoz. L’ouvreur argentin (43e, 58e, 63e, 68e) profitait de l’indiscipline parisienne pour donner jusqu’à 16 points d’avance au RCT et faisait oublier les maladresses de Melvyn Jaminet dans ce secteur ces dernières semaines. Les hommes de Patrice Collazo réduisaient cet écart par Hughes, en force (26-15, 70e).

    Les dix dernières minutes s’avéraient une nouvelle fois compliquées pour les coéquipiers de Lewis Ludlam, en infériorité numérique après le carton jaune reçu par Quere-Karaba (74e). Mais Albornoz poursuivait son sans-faute et enquillait une nouvelle pénalité de 50 mètres (77e) pour entériner une victoire plus que bienvenue avant de se déplacer à Édimbourg, vendredi prochain, pour la première journée de Challenge Cup.

    RC Toulon – Racing 92 (MT : 14-7)
    6e journée de Top 14
    Samedi 10 octobre, 16h35
    Stade Félix-Mayol, Toulon
    13 225 spectateurs
    Arbitre : M. Marbot
    Points RCT : 2E Gros (20e), Baubigny (27e) ; 2T Albornoz (21e, 28e) ; 5P Albornoz (43e, 58e, 63e, 68e, 77e)
    Points Racing : 2E Gibert (30e), Hughes (70e) ; 1T Seunes (31e) ; 1P Seunes (55e)
    Cartons jaunes : Sinckler (7e), Quere-Karaba (75e) pour le RCT

    RCT : Gros (Ametlla, 59e), Baubigny (Damond, 56e), Sinckler (Gigashvili, 56e) ; Kpoku (Cancoriet, 51e), Ribbans ; Ludlam (Cap.), Ollivon, Mercer (Quere-Karaba, 69e) ; Serin (White, 64e), Albornoz ; Ferté (Jones, 41e, Rebbadj 75e), Fickou, Brex, Tuicuvu (Gigashvili, 12e ; Tuicuvu, 17e) ; R. Rebbadj (Keletaona, 72e). Entraîneur : Franck Azéma

    Racing : Njocke (Kharaishvili, 56e), Escobar (Basse, 76e), Bamba (Tupou, 56e) ; Lainault (Martins, 46e), Taofifenua (Joseph, 48e) ; Diallo (Hughes, 46e), Manyarara (Sanconnie, 69e), Baudonne ; Gibert, Seunes ; Ravutaumada, Tuisova, Habosi, Naituvi, Spring (cap.) (Spring, 64e). Entraîneur : Patrice Collazo