Après les violences, la CGT demande des comptes

La blessure de Daniel Sudreau, secrétaire CGT de l’Université d’Avignon, ce jeudi 15 octobre, après avoir été bousculé par un policier lors d’une tentative de blocage de l’établissement par les étudiants, ne passe pas pour le syndicat. Plus de 150 personnes se sont rassemblées « contre les violences policières » devant la préfecture, ce vendredi 16 octobre, en début de soirée.

« Quand on s’en prend à un militant de la CGT, c’est parce qu’il défend les libertés. Et c’est là toute la CGT qu’on attaque », lance énergiquement au micro Laurence de Villèle, secrétaire générale de la CGT Vaucluse. Sorti de l’hôpital quelques heures après l’incident, Daniel Sudreau, présent au rassemblement, rassure en confirmant qu’il va bien, avec trois points de suture derrière le crâne et deux jours d’arrêt de travail.

Celui qui est technicien audiovisuel de l’établissement depuis 26 ans estime que l’action du policier était « inutile et gratuite », vu qu’il ne faisait pas partie de la chaîne humaine qui protégeait les étudiants. « Il faut être vigilant car exercer son droit de manifester devient compliqué », regrette-t-il. Mais pense surtout « aux petits jeunes qui se font ratatiner », pointant « que ce n’est pas normal que des lycéens soient réprimés de cette façon ».

La CGT note en effet « d’autres cas de violences policières ». Au micro, Laurence de Villèle évoque « une jeune lycéenne de 15 ans qui a été interpellée et violentée au commissariat ». Ou encore « un jeune qui a été frappé par des policiers à l’intérieur même de son établissement avec pour conséquence des côtes cassées et une épaule déboîtée », au lycée Val-de-Durance, à Pertuis.

« Depuis quand répond-on aux revendications de lycéens et d’étudiants par des matraques, par des gaz lacrymogènes et par des interpellations ? Depuis quand considère-t-on les adolescents qui défendent leur avenir comme une menace pour l’ordre public ? », interroge la responsable syndicale, qui demande que la lumière soit faite sur les responsabilités de chacun et les ordres donnés. Avant de s’adresser à la fois au préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, ainsi qu’au Premier ministre, Sébastien Lecornu, et au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez : « Vous avez la responsabilité de garantir les libertés publiques et la sécurité de toutes et tous, y compris celles des jeunes qui manifestent. Or, que constatons-nous ? Des déploiements policiers massifs devant les établissements scolaires, des violences dénoncées à répétition, des jeunes blessés et un militant syndical brutalisé. »

La préfecture de Vaucluse, sollicitée par La Marseillaise, n’a pas répondu. À nos confrères de La Provence, le syndicat Un1té Police Vaucluse assure que, concernant les événements de ce jeudi 15 octobre, les sommations ont bien été exécutées et qu’aucune faute n’a été constatée.

Permanence juridique

Des actions également dénoncées par la Ligue des droits de l’Homme de Vaucluse et la section Avignon-Le Pontet-Morières du PCF. « Ces faits sont d’une extrême gravité et ne peuvent rester sans suite. Une université ne doit pas devenir un champ de bataille », clame la LDH. Tout en rappelant que « la liberté de manifester est un droit fondamental et que l’usage de la force doit respecter les principes de nécessité et de proportionnalité ». Une permanence juridique est organisée ce lundi 19 octobre à 15h30 au Hérisson, 8 avenue de la Croix-Rouge, à Avignon. La LDH « invite toutes les victimes et tous les témoins de violences policières » à venir témoigner en présence d’un avocat. L’organisation demande aux personnes concernées d’apporter leurs documents, tels que des photos, vidéos ou certificats médicaux. Le tout afin de faire une saisine du procureur de la République. La section locale communiste assure, elle, qu’elle « refuse les violences policières et apporte son soutien indéfectible aux jeunes ou plus anciens victimes de ces comportements ».

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