Tag: liberté de manifester

  • La soif de justice sociale au cœur du 5 novembre

    La soif de justice sociale au cœur du 5 novembre

    Les colères ne sont pas près de s’éteindre sur le terrain social et les interdictions de manifester et autres couvre-feux n’y font rien. Les jeunes sont décidés à maintenir la pression sur le gouvernement et le chef de l’État, Emmanuel Macron.

    Ce dernier a fini par vaciller : Après plus d’un mois de blocus, le gouvernement a annoncé lundi 26 octobre plusieurs mesures pour tenter d’éteindre le mouvement de contestation des lycéens et des étudiants, dont le remplacement en 2028 de la plateforme d’orientation post-bac Parcoursup. Insuffisant pour l’organisation syndicale Mouvement lycéen : « Nous avons arraché un premier recul : celui des promesses. Mais le compte n’y est pas », a-t-elle réagi mardi 27 octobre dans un communiqué. C’est surtout sur le fond des annonces que l’organisation se montre la plus critique : « Macron ne tient pas sa plus grande promesse : celle de nous offrir un avenir. Nous voulons la garantie de pouvoir vivre dignement en France. Chaque jeune doit pouvoir accéder à un travail utile à la société et émancipateur, sans subir les inégalités au travail, et pouvoir décider de l’avenir de notre pays. » Interviewé mercredi 28 octobre sur la chaîne Youtube du média HugoDécrypte, le chef de l’État a appelé les lycéens à « reprendre les cours » dans « le calme » lors de la rentrée de ce lundi 2 novembre, après plus d’un mois de mobilisation qui s’est élargie à d’autres revendications sociales. Et il a eu, pour la première fois, un mot de « compassion » pour les jeunes manifestants blessés par les forces de l’ordre, alors que le niveau de répression a passé un cap .

    Les organisations de jeunesse seront aux côtés de l’intersyndicale qui organise, jeudi 5 novembre, une journée de grèves et de manifestions dans tout le pays à l’appel de la CFDT, de la CGT, de FO, de l’Unsa et de la FSU. Cinq organisations représentants l’essentiel des travailleurs du public et du privé. Pour la CGT, « le projet de budget tourne le dos à la jeunesse et à ses revendications légitimes ». Plus largement « les choix du gouvernement vont encore peser sur nos vies et nos droits : se soigner correctement, vivre dignement de son salaire ou de sa pension, compter sur des services publics accessibles sur tout le territoire… ce sont des droits essentiels à garantir, pas des économies à réaliser ». Pour les syndicats, il s’agit de proposer un contre-récit à celui distiller par la macronie, la droite et l’extrême droite notamment sur la dette publique. « La situation actuelle n’est pas due au niveau des dépenses sociales, qui sont utiles pour toutes et tous, mais des milliards d’euros de recettes dont on se prive en faisant des cadeaux aux ultra-riches et aux grandes entreprises, sans aucune utilité sociale », réplique la CGT. Et de mettre l’accent sur la répartition des richesses. « D’un côté, les aides publiques aux entreprises ont fortement progressé et atteignent plus de 200 milliards d’euros par an. De l’autre, les sommes versées aux actionnaires battent des records, avec plus de 60 milliards d’euros ces 6 premiers mois pour le CAC 40. La question est de savoir à quoi il sert car seul notre travail crée les richesses, elles doivent profiter à toutes et tous pour vivre » argumente la centrale de Montreuil. Pour la CFDT « l’austérité à long terme n’est plus tenable, notamment pour les revenus les plus bas, il est temps de remettre la justice sociale au cœur des choix économiques ». Dans l’Hérault et le Gard, plusieurs manifestations sont prévues notamment à Montpellier, Sète, Béziers, Nîmes et Alès.

    Les manifs du 31 octobre et du 5 novembre

    Samedi 31 octobre

    Hérault : Montpellier, sit-in 14h devant la mairie. Béziers, 10h30 manif départ place David-d’Angers, sit-in devant la mairie. Gard : Nîmes, sit-in 14h devant la mairie, manif 14h Jardins de la Fontaine.

    Jeudi 5 novembre

    Gard : Alès 10h devant la sous-préfecture, Nîmes 14h, bas de l’avenue Jean-Jaurès. Hérault : Montpellier, 14h, place Albert-Ier, Béziers, 10h30, Bourse du travail, Lunel, 11h30, place de la République, Sète, 10h30, place de la mairie.

  • Manifester est une liberté fondamentale

    Manifester est une liberté fondamentale

    Swane Mas, élève avocate

    Le 22 octobre, Emmanuel Macron a fait part de son intention d’interdire toute manifestation non organisée par un syndicat. Le droit de manifester n’est pas un privilège syndical : le président de la République ne peut décider qui peut manifester, ni pour quelles causes. C’est une liberté fondamentale, protégée par l’article 20 de la Déclaration universelle des droits de l’homme et par l’article 11 de la Convention européenne des droits de l’homme. À la suite des manifestations du 17 octobre, plusieurs préfectures ont pris des arrêtés d’interdiction pour la mobilisation du 24 octobre. Ces interdictions s’ajoutent à d’autres mesures fortement attentatoires aux libertés publiques, comme la prolongation des couvre-feux et le déploiement de l’armée en renfort des forces de l’ordre. Le préfet peut interdire une manifestation « de nature à troubler l’ordre public ». L’interdiction n’est admise qu’en dernier recours. Elle doit être adaptée, nécessaire, proportionnée, et reposer sur des faits précis, appréciés pour un lieu et une période déterminés. La formule, très ouverte, laisse une large marge à l’administration, qui fonde parfois ses interdictions sur de simples risques ou un contexte général. C’est au juge administratif qu’il revient de contrôler. Une manifestation ne s’autorise pas : elle se déclare. Il en résulte que participer à une manifestation non déclarée, mais non interdite, n’est pas une infraction. Quant à la participation à une manifestation interdite, elle constitue une simple contravention, et non un délit, et ne peut donc justifier un placement en garde à vue. Mise en ligne tardive souvent la veille, parfois sans affichage en préfecture : les conditions de publication des arrêtés d’interdiction et de couvre-feu ont également compliqué l’exercice d’un recours effectif. Le tribunal administratif de Paris a d’ailleurs enjoint à la préfecture de publier ses arrêtés de couvre-feu au moins douze heures avant leur entrée en vigueur. À Marseille, plusieurs organisations, dont la CGT, la FSU, la LDH, le PCF, le SM et le SAF, ont saisi le juge des référés du tribunal administratif. Le préfet a entre-temps renoncé à l’interruption des transports en commun. Le juge a maintenu l’interdiction de manifestation à Marseille, en formulant une exception pour une manifestation encadrée par les syndicats, faisant reposer sur leurs militants la responsabilité d’un « maintien de l’ordre ». Par une large communication intersyndicale du même jour, les syndicats du département ont refusé cette charge, rappelant la liberté de manifester pour toutes et tous. Le Tribunal administratif de Marseille a fini par ordonner la suspension des arrêtés visant Gardanne, Istres, Martigues, Miramas et Tarascon, faute pour le préfet d’établir un risque particulier dans ces communes. Les interdictions ont été maintenues pour Aix, Arles, Salon et Port-de-Bouc.

    Le 24 octobre, des manifestants d’horizons très divers se sont mobilisés en nombre dans les villes du département. Le SAF continuera de contester les arrêtés préfectoraux portant atteinte aux libertés publiques et à la liberté de manifester.

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  • Marseille : des milliers pour défendre les libertés

    Marseille : des milliers pour défendre les libertés

    Venant de toutes artères de Marseille mais aussi des communes voisines où les regroupements étaient interdits, des dizaines de milliers d’étudiants, de militants, de retraités, de chômeurs, ont convergé samedi à Marseille dans une ambiance enjouée et déterminée pour la seule manifestation autorisée par la Préfecture, un acte II d’une grande puissance protestataire.

    « C’est une grande satisfaction, un ouf de soulagement pour nous la CGT et les autres syndicats d’avoir emmené cette manifestation pour la liberté d’expression de nos revendications » s’est félicité en fin de parcours Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13. Il revendiquait 100 000 manifestants contre 17 000 selon la Préfecture dans ce cortège intersyndical CGT, FSU et Solidaires colossal.

    Le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG) a salué le « calme » de la manifestation et un dispositif policier qu’il a estimé cette fois « à la hauteur de l’enjeu » après les folles exactions du 17 octobre. Plus tard, il rejoignait le poste de supervision urbain, des débordements sporadiques ayant lieu avec des dégradations et des pillages dans une ambiance de lacrymogènes et de feux de poubelles. Dimanche matin, la Préfecture comptait pour tout le département 7 commerces pillés ou dégradés, 71 interpellations dont 40 majeurs et 61 gardes à vue.

    Pour le préfet, cette manifestation dérogatoire s’est déroulée « dans de bonnes conditions ». Lancé à 14h15, après une minute de silence aux Réformés en hommage aux victimes de l’attentat criminel raciste de Trappes, l’immense cortège emmené par la CGT et de nombreux militants et élus communistes prenait la direction de la gare Saint-Charles, sécurisé par les dockers CGT. Postés sur la Canebière près d’un canon à eau, des CRS continuaient de barrer l’accès de l’hypercentre à de potentiels fauteurs de trouble pour ne pas répéter le sac du 17 octobre.

    « On vient de Carpentras, on tenait à manifester dans une ville où ça a de l’ampleur » expliquent Alia et Ludivine, motivées comme jamais. « Nous sommes en guerre contre ce gouvernement corrompu » proclame la pancarte de la mère. « Tout ce que j’ai retenu de la Marseillaise, c’est aux armes citoyens ! » dit celle de sa fille. Les pancartes en disent long et gros sur la colère sociale concentrée sur Emmanuel Macron, figure d’un pouvoir honni. « La voilà ta République en marche, connard ! » conspue celle d’Émilie venue avec Pierre son papa. « La répression policière fait peur, mais ça fait longtemps qu’on n’a pas ressenti des émotions aussi fortes en manif. Ça redonne de l’espoir d’être tous ensemble » assure ce dernier.

    « Ils fabriquent la misère puis nous facturent la survie » a écrit Céline, éducatrice spécialisée qui n’a pas eu peur de venir « pour défendre les lycéens et les travailleurs sociaux » et qui est comblée de voir « tout ce monde de tous âges ». « M-A-C-R-O-N, Menteur, Arrogant, Corrompu, Répressif, Odieux, Narcissique » a écrit en grosses lettres Oscar, jeune chômeur pour qui « c’est un ras le bol accumulé de ces dix dernières années, le gouvernement Macron, la gestion de la crise Covid et des gilets jaunes, l’ignorance des cahiers de doléances, même l’affaire Epstein, tout !!! » Des Scop-Ti (ex-Fralib) sont là. Des parents d’élèves aussi. « On est un collectif de 360 parents « vaillants et révolutionnaires » des lycées de Marseille.

    Eva et son ami sont descendus d’Aix pour dénoncer les conditions d’enseignement à la faculté de droit Robert Schumann, mais pas que : « On n’arrive pas à joindre les deux bouts, on a peur de l’avenir. » Eugène, 19 ans, en BTS de cybersécurité, s’est déguisé en banane et en tutu rose pour demander lui aussi de « meilleures conditions matérielles d’études. »

    « Manu, Manu, jusqu’à la victoire ! » « Tout le monde emmerde le Rassemblement national ! » « Siamo tutti antifascisti ! » claquent dans les mains la foule hétérogène de ce très long cortège sécurisé par les dockers de la CGT qui a emprunté les allées Léon Gambetta, le boulevard d’Athènes, la gare Saint-Charles, la Place Marceau pour ensuite se disperser à la Porte d’Aix où des CRS finissent par gazer des manifestants boulevard des Dames. « La liberté est un droit fondamental. Sans elle, il n’y pas de véritable justice, pas d’égalité et pas d’avenir ! » venait de conclure au mégaphone une militante CGT. « Nous voulons la paix, la liberté pour construire un monde plus juste. Ne restons pas silencieux, continuons à défendre nos droits. La liberté a besoin d’hommes et de femmes prêts à la défendre ! Ensemble faisons vivre la liberté et rendez vous au 5 novembre ! » « Je suis là en solidarité avec la jeunesse quand je vois tous les coups qu’ils se sont pris pour exprimer leurs revendications » dit Jessie, mère de quatre enfants venue de Vitrolles pour affirmer son « droit à manifester ».

  • Dans la rue pour la liberté de manifester

    Dans la rue pour la liberté de manifester

    Les syndicats des Bouches-du-Rhône sont bien déterminés à défendre la liberté de manifester, ce samedi 24 octobre. Et à ne pas laisser le gouvernement dérouler son arsenal judiciairo-policier pour tenter d’éteindre la colère sociale.

    Après les scènes de chaos du samedi 17 octobre, la préfecture des Bouches-du-Rhône avait prévu de mettre Marseille sous cloche, ce samedi, avec une interdiction de toutes les manifestations, un couvre-feu élargi aux majeurs et l’arrêt des transports en commun. Comme une traduction des annonces d’Emmanuel Macron qui entend interdire, ce week-end, les manifestations organisées par « des gens qui n’ont aucune légitimité pour cela ».

    Finalement, les Marseillais pourront bien battre le pavé dans le cortège intersyndical qui va s’élancer des Réformés, en haut de la Canebière, à 14 heures, comme annoncé en exclusivité par La Marseillaise dès ce vendredi matin. La CGT étant montée au créneau auprès de la préfecture. « L’interdiction de manifester est une attaque claire contre les libertés. En tant qu’organisation syndicale, nous ne pouvions pas laisser faire, surtout vu le contexte social actuel. On ne pouvait pas les laisser mettre Marseille sous cloche », explique Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône.

    Si son organisation n’appelait pas, à l’origine, à descendre dans la rue ce samedi, ni le précédent, il assure que la CGT 13 a « pris ses responsabilités » face à cette « restriction des libertés ». « On a indiqué très fermement au préfet que, quoi qu’il arrive, on manifesterait pour permettre l’expression des revendications légitimes », relate le syndicaliste. Avant de développer : « Il y a une paupérisation de la population, il y a une colère sociale. Il faut qu’elle puisse s’exprimer de manière pacifique. Ce samedi va être une manière de canaliser les colères en vue de les faire converger pour le 5 novembre ». Et concernant de potentiels débordements similaires à ceux de la semaine dernière, l’UD CGT 13 est tout aussi ferme : « Nous encadrerons le cortège syndical. Et nous serons avec nos partenaires habituels : la FSU et Solidaires. » Dans le détail, le parcours est le suivant : Des Réformés à Gambetta, puis boulevard d’Athènes jusqu’à Saint-Charles, avant de prendre le boulevard Leclerc, d’arriver à la place Marceau puis d’emprunter l’avenue Camille-Pelletan et de finir Porte d’Aix.

    L’intersyndicale veut « amplifier la mobilisation »

    Il sera également possible de se rendre à la manifestation en transports en commun, le préfet ayant lui aussi fait volte-face sur ce sujet pour la cité phocéenne. « La FSU appelle à manifester demain et sera présente à Marseille », confirme Virginie Akliouat, secrétaire générale de la FSU 13. Organisation qui est partie prenante d’une procédure judiciaire, un référé-liberté (lire article ci-contre) lancé pour contester l’arrêté interdisant les manifestations sur le département. Procédure qui réunit plusieurs autres organisations progressistes : Ligue des droits de l’homme, Syndicat des avocats de France, Syndicat de la magistrature, CGT et Parti communiste français.

    Le PCF, justement, appelle également à faire grossir les rangs des manifestants ce samedi, à Marseille. « Ces limitations de droits individuels et collectifs renvoient aux heures les plus sombres de notre histoire. On ne peut pas accepter d’interdire à des centaines de milliers de personnes dans le pays de revendiquer dans le calme », explique Jérémy Bacchi, secrétaire fédéral du PCF 13 et sénateur des Bouches-du-Rhône. Il enjoint les militants communistes à « réaffirmer l’attachement à la liberté de revendiquer », avant de dénoncer « un gouvernement qui navigue à vue ». « La vraie solution est de répondre à l’inquiétude et la colère sociale », martèle-t-il. Dans cette lignée, LFI, par la voix du député de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône, Manuel Bompard, relaie également le rendez-vous marseillais. Quand le NPA juge que « la CGT a su prendre ses responsabilités en annonçant en son nom le maintien de la manifestation ».

    Notons que même « l’Union locale des syndicats CGT du Pays d’Aix appelle à la manifestation à Marseille ». Plus globalement, presque l’ensemble des syndicats des Bouches-du-Rhône (CGT, FSU, FO, CFDT, Unsa et Solidaires) appellent, dans un communiqué commun diffusé ce vendredi, à « amplifier la mobilisation », notamment « en s’engageant massivement dans la grève interprofessionnelle et les manifestations le jeudi 5 novembre  ».

  • À Avignon, les syndicats seront dans la rue ce samedi

    À Avignon, les syndicats seront dans la rue ce samedi

    Dans un communiqué de presse émis ce vendredi 23 octobre, la CGT de Vaucluse « appelle ses militants à participer aux manifestations du samedi 24 octobre à Avignon et à la grève le 5 novembre », et à se mobiliser à 10 heures devant la préfecture de Vaucluse ce samedi 24 octobre.

    Tout en condamnant les propos du président, rappelant qu’« aucun texte ne réserve le droit de déclarer une manifestation aux seuls syndicats », elle estime qu’« en réservant de facto la possibilité de manifester aux organisations syndicales, le pouvoir tente de transformer ces dernières en auxiliaires de police. » Rôle qu’elle refuse. « Le gouvernement, plutôt que de répondre, choisit la répression et tente aujourd’hui de criminaliser toute contestation qui ne passe pas par les canaux qu’il contrôle » poursuit le syndicat.

    De son côté, Force Ouvrière Enseignement a bien déposé une demande de rassemblement pour ce samedi à 10 heures. « On est révoltés par ce gouvernement qui touche au droit et à la liberté de manifester. Après les intimidations du gouvernement, on a décidé de déclarer. Il faut qu’il réponde aux revendications », confie Tanguy Langlet, secrétaire départemental de Force Ouvrière Enseignement. Une réponse de la préfecture est attendue en début d’après-midi.

    Pour rappel, le préfet de Vaucluse a décidé d’interdire les regroupements dans le centre-ville d’Avignon et sur le pourtour des remparts ainsi que sur le pont Daladier, les 24 et 25 octobre. Un couvre-feu a également été mis en place pour les mineurs non accompagnés d’une personne majeure de 18 h à 6 h du matin, samedi 24 et dimanche 25 octobre, dans le centre d’Avignon et de Cavaillon ainsi que dans les zones commerciales Mistral 7, Capsud et Aushopping Avignon Nord. La mobilisation de 180 policiers nationaux et de 80 gendarmes est annoncée.

  • Couvre-feu pour les mineurs, interdiction de manifester, présence policière étendue… Dans le Var, un dispositif renforcé pour la manifestation de samedi

    Couvre-feu pour les mineurs, interdiction de manifester, présence policière étendue… Dans le Var, un dispositif renforcé pour la manifestation de samedi

    En prévision des mobilisations de samedi, le préfet du Var, Simon Babre, en concertation avec les représentants des pouvoirs publics locaux, a annoncé, mercredi, la mise en place d’un « dispositif pour empêcher ce qu’il s’est passé le 17 octobre de se reproduire ».

    À commencer par plusieurs arrêtés préfectoraux, actant un couvre-feu « pour les mineurs non accompagnés d’un adulte dans certains secteurs du centre-ville de Toulon et des centres commerciaux Grand Var et Avenue 83 », de samedi 18h à dimanche 6h. Ou encore l’interdiction de manifester samedi, de 11h à 23h59, que le préfet justifie par « l’absence de manifestation déclarée à trois jours de la date ». Enfin, la détention de feux d’artifice, d’objets destinés à dissimuler ou protéger le visage, ainsi que de tout objet pouvant constituer une arme, sera interdite. Dans la même optique, les conteneurs poubelle seront évacués et les terrasses du centre-ville réduites de 50% pour éviter l’usage du mobilier comme projectile.

    Bus à l’arrêt, maintien du match du RCT, commerces protégés…

    Le dispositif policier sera renforcé, notamment avec une meilleure coordination entre nationaux et municipaux, dans le but d’être « plus mobiles, car on a parfois été trop lents samedi dernier », précise Jérôme Martin, contrôleur général de la police nationale du Var, qui compte doubler les effectifs d’opérateurs de police justice, samedi, « afin de traiter davantage d’opérations ».

    Pour protéger les commerçants, que le préfet et une délégation de représentants des collectivités ont rencontrés mercredi, cinquante vigiles seront positionnés près des commerces vandalisés, qui « resteront ouverts car il ne faut pas céder et envoyer un mauvais message », appuie Basile Gertis, président de la CCI du Var. Des aides rapides telles que des prêts à taux zéro, des facilités de paiement des cotisations et impôts, ou encore la prise en charge de l’activité partielle sont prévues. La Région apportera quant à elle une aide de 5 millions d’euros et financera des dispositifs de vidéosurveillance dans le cadre du plan « Région sûre ».

    La maire de Toulon et présidente de la Métropole, Josée Massi, annonce par ailleurs qu’aucun bus du réseau Mistral ne circulera dans la Métropole, samedi. « L’intérêt public passe avant tout », insiste-t-elle. Le match du RC Toulon et le concert de Vanessa Paradis, prévus samedi soir malgré leurs incidences sur l’espace public, sont maintenus.

  • À Avignon, une élève convoquée pour une pancarte

    À Avignon, une élève convoquée pour une pancarte

    Une quarantaine de personnes se sont rassemblées à l’appel de la CGT ce mercredi 21 octobre devant le tribunal d’Avignon afin de soutenir Sam*, une lycéenne de 15 ans qui y était convoquée. Elle avait été interpellée en marge d’une mobilisation lycéenne et étudiante le 13 octobre pour « outrage envers l’institution policière », en raison d’une pancarte verte et rose portant l’inscription « Acab » (All Cops Are Bastards, soit « Tous les flics sont des bâtards »).

    Il lui a été proposé de signer un avertissement pénal probatoire et d’effectuer un stage de citoyenneté, ce que sa défense a refusé. « Nous avons refusé de principe cette procédure, cet avertissement pénal probatoire. Cela ne constitue pas un outrage. Elle a le droit de s’exprimer. Ma cliente n’a proféré aucune insulte directement, ni été violente », assure son avocate, Me Véronique Marcel.

    Cette dernière insiste en assurant que le message « Acab » « n’est absolument pas une insulte dirigée envers les policiers, mais une expression contre les forces répressives ». Tout en soulignant que sa cliente a pleinement coopéré. Il revient désormais au procureur de décider si la lycéenne sera convoquée devant un juge des enfants.

    Lors de sa garde à vue, Sam assure également avoir « été intimidée et violentée avec deux claques au visage » et annonce qu’elle porte plainte. « Pour moi, c’est un coup de pression pour ne pas que je retourne dans les rues et manifester », estime Sam, à la sortie du tribunal.

    « Fougue »

    « Si, globalement, je prends un peu de recul, j’ai l’impression qu’on est effectivement là-dedans. Il n’y a vraiment aucune base juridique et factuelle à cette poursuite. Puisqu’on est dans l’exercice de nos droits fondamentaux, à savoir la liberté de manifester et la liberté de critiquer les mesures gouvernementales qui ne nous plaisent pas », lui embraye Me Marcel.

    Devant le palais de justice, une cinquantaine de personnes étaient rassemblées en soutien à la jeune fille. Sous les drapeaux de la CGT, Laurence de Villèle, secrétaire générale de la CGT Vaucluse, a réaffirmé son soutien à la lycéenne. Plusieurs de ses camarades de classe avaient également fait le déplacement.

    « On ne fait pas d’elle un exemple. Mais j’ai moi-même apporté mon témoignage. Cette attitude intolérable nous concerne tous », confie Laurence de Villèle Elle rappelle que « les lycéens portent des revendications avec fougue, ce qu’il ne faut absolument pas leur reprocher, car ils font beaucoup de bien aux mouvements sociaux ».

    *Le prénom a été modifié.

  • Des lycéens sanctionnés pour avoir manifesté à Embrun

    Des lycéens sanctionnés pour avoir manifesté à Embrun

    « Manifester est un droit fondamental. Mais pas devant le lycée professionnel Alpes-et-Durance d’Embrun », dénoncent conjointement Sud éducation 05 et la Fédération des conseils de parents d’élèves des Hautes-Alpes (FCPE 05). Selon les deux organisations, le lundi 5 octobre, alors que des lycéens bloquent leur établissement partout en France, la proviseure du lycée professionnel d’Embrun a exclu une quinzaine d’élèves pour une durée de deux jours, au motif qu’ils ont « participé à une manifestation devant l’établissement ».

    « Sur le fond, la proviseure s’oppose ainsi à un des droits les plus élémentaires, la liberté d’opinion et d’expression, affirment Sud éducation et la FCPE. Sur la forme, elle commet un abus d’autorité manifeste. En effet, ces sanctions sont prononcées sans respecter les droits élémentaires des élèves. »

    Selon eux, les familles ont été averties par un simple coup de fil, doublé d’un mail, le lendemain, « ne laissant aucune possibilité d’être entendu, ni de se défendre. Le mail ne mentionne pas non plus les voies de recours, alors qu’il le devrait ».

    Selon les deux organisations, la même sanction a été prononcée pour tous les élèves : « Un élève qui n’a par le passé jamais été sanctionné se voit infliger une exclusion de deux jours qui sera versée à son dossier scolaire ». Enfin, ils pointent le non-respect de la gradation des sanctions, « qui permet à l’élève de bien prendre conscience de la gravité de ses actes par rapport à une échelle de valeurs. Ici, pas de recherche d’une mesure de nature éducative, l’exclusion est la seule et unique sanction ». Devant « ce déni de droit et ces sanctions prises de manière manifestement illégale », Sud éducation 05 et la FCPE disent avoir adressé un courrier au recteur de l’académie d’Aix-Marseille et au Directeur académique des services de l’Éducation nationale des Hautes-Alpes : « Nous demandons le retrait de cette sanction pour l’ensemble des élèves et un rappel à l’ordre de la proviseure. Sans réponse satisfaisante, nous contesterons ces sanctions devant la justice ».

    Contactés, le rectorat et le lycée n’ont pas donné suite à nos sollicitations pour le moment.

    Agathe Di Lenardo

  • Après les violences, la CGT demande des comptes

    Après les violences, la CGT demande des comptes

    La blessure de Daniel Sudreau, secrétaire CGT de l’Université d’Avignon, ce jeudi 15 octobre, après avoir été bousculé par un policier lors d’une tentative de blocage de l’établissement par les étudiants, ne passe pas pour le syndicat. Plus de 150 personnes se sont rassemblées « contre les violences policières » devant la préfecture, ce vendredi 16 octobre, en début de soirée.

    « Quand on s’en prend à un militant de la CGT, c’est parce qu’il défend les libertés. Et c’est là toute la CGT qu’on attaque », lance énergiquement au micro Laurence de Villèle, secrétaire générale de la CGT Vaucluse. Sorti de l’hôpital quelques heures après l’incident, Daniel Sudreau, présent au rassemblement, rassure en confirmant qu’il va bien, avec trois points de suture derrière le crâne et deux jours d’arrêt de travail.

    Celui qui est technicien audiovisuel de l’établissement depuis 26 ans estime que l’action du policier était « inutile et gratuite », vu qu’il ne faisait pas partie de la chaîne humaine qui protégeait les étudiants. « Il faut être vigilant car exercer son droit de manifester devient compliqué », regrette-t-il. Mais pense surtout « aux petits jeunes qui se font ratatiner », pointant « que ce n’est pas normal que des lycéens soient réprimés de cette façon ».

    La CGT note en effet « d’autres cas de violences policières ». Au micro, Laurence de Villèle évoque « une jeune lycéenne de 15 ans qui a été interpellée et violentée au commissariat ». Ou encore « un jeune qui a été frappé par des policiers à l’intérieur même de son établissement avec pour conséquence des côtes cassées et une épaule déboîtée », au lycée Val-de-Durance, à Pertuis.

    « Depuis quand répond-on aux revendications de lycéens et d’étudiants par des matraques, par des gaz lacrymogènes et par des interpellations ? Depuis quand considère-t-on les adolescents qui défendent leur avenir comme une menace pour l’ordre public ? », interroge la responsable syndicale, qui demande que la lumière soit faite sur les responsabilités de chacun et les ordres donnés. Avant de s’adresser à la fois au préfet de Vaucluse, Thierry Suquet, ainsi qu’au Premier ministre, Sébastien Lecornu, et au ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez : « Vous avez la responsabilité de garantir les libertés publiques et la sécurité de toutes et tous, y compris celles des jeunes qui manifestent. Or, que constatons-nous ? Des déploiements policiers massifs devant les établissements scolaires, des violences dénoncées à répétition, des jeunes blessés et un militant syndical brutalisé. »

    La préfecture de Vaucluse, sollicitée par La Marseillaise, n’a pas répondu. À nos confrères de La Provence, le syndicat Un1té Police Vaucluse assure que, concernant les événements de ce jeudi 15 octobre, les sommations ont bien été exécutées et qu’aucune faute n’a été constatée.

    Permanence juridique

    Des actions également dénoncées par la Ligue des droits de l’Homme de Vaucluse et la section Avignon-Le Pontet-Morières du PCF. « Ces faits sont d’une extrême gravité et ne peuvent rester sans suite. Une université ne doit pas devenir un champ de bataille », clame la LDH. Tout en rappelant que « la liberté de manifester est un droit fondamental et que l’usage de la force doit respecter les principes de nécessité et de proportionnalité ». Une permanence juridique est organisée ce lundi 19 octobre à 15h30 au Hérisson, 8 avenue de la Croix-Rouge, à Avignon. La LDH « invite toutes les victimes et tous les témoins de violences policières » à venir témoigner en présence d’un avocat. L’organisation demande aux personnes concernées d’apporter leurs documents, tels que des photos, vidéos ou certificats médicaux. Le tout afin de faire une saisine du procureur de la République. La section locale communiste assure, elle, qu’elle « refuse les violences policières et apporte son soutien indéfectible aux jeunes ou plus anciens victimes de ces comportements ».

  • Une manif anti-RN des Insoumis sans accrocs à Carpentras

    Une manif anti-RN des Insoumis sans accrocs à Carpentras

    Six mois après la victoire du RN à Carpentras, une centaine de militants de La France insoumise, derrière les députés Thomas Portes (Seine-Saint-Denis) et Raphaël Arnault (Vaucluse), ont manifesté dans les rues pour « occuper le terrain » et « documenter ce que fait l’extrême droite quand elle est au pouvoir ».

    Le rassemblement a débuté vers 16h devant l’hôtel de ville, où se tenait le soir même un conseil municipal. Le député de Seine-Saint-Denis, qui est aussi président de l’Observatoire national de l’extrême droite (Oned), a ainsi listé les décisions qui posent problème. Il cite ainsi la suppression des subventions au Planning familial ou encore l’arrêt de la « ferme bio » pour évoquer la fin de la régie agricole pour les cantines. Et évoque l’élection présidentielle à venir, assurant qu’« aucun territoire n’est prédestiné au Rassemblement national ». « En réalité, seulement 20% des personnes ici ont voté pour Hervé de Lépinau aux dernières élections. Carpentras n’est pas acquise. Mais, si Marine Le Pen ou Jordan Bardella arrive au pouvoir, ce sera 1 000 fois pire », insiste-t-il. « Ils veulent en faire une terre historique. Mais on va revenir car il y a des luttes toute l’année », abonde Raphaël Arnault.

    La manifestation s’est tenue globalement dans le calme, à l’exception de deux personnes qui ont tenté de provoquer les manifestants. L’une a crié « Islamistes » et « Fils de putes » en direction du cortège, avant d’être rapidement éloignée par les forces de l’ordre. L’autre a scandé « Vive la France » à plusieurs reprises avant d’adresser des doigts d’honneur aux participants une fois à distance. Ces provocations n’ont suscité aucune réaction notable, si ce n’est quelques rires gênés.

    « Liberté de manifester »

    Si Hervé de Lépinau a tenté, en vain, de faire annuler la manifestation, l’événement a créé un mouvement inédit du côté des deux groupes d’opposition. Qui se sont unis pour la première fois depuis les élections municipales, alors qu’aucun des deux candidats étiquetés à gauche n’avait voulu se retirer lors du scrutin, ce qui avait entraîné la large victoire du RN. Cette fois, une communication des deux listes a été faite, main dans la main, contre la majorité et en faveur de la « liberté de manifester ». « Notre propos porte sur un principe démocratique qui doit s’appliquer à toutes et tous : la liberté de manifester et la liberté d’expression. Nous pouvons être en désaccord profond avec un parti politique, avec ses propositions ou avec les personnes qui le représentent. Cela ne peut pas, à lui seul, justifier que l’on cherche à empêcher ses militants, ses élus ou ses sympathisants de se réunir et de s’exprimer. Dans une démocratie, on ne devrait pas avoir à être d’accord avec une manifestation pour accepter qu’elle puisse avoir lieu », avancent les deux groupes dans le communiqué.

    Pas de local municipal

    La section locale du PCF a exprimé « sa vive réprobation devant cet acte antidémocratique et apporte son entier soutien à la section de LFI ». « Une fois encore, Monsieur le maire et son équipe confondent lutte politique et activité démocratique d’une municipalité élue pour répondre aux besoins de la population sans discrimination. Nombre de leurs actes démontrent la confusion qu’ils opèrent entre l’un et l’autre. Une telle attitude propre au RN et à l’extrême droite quand ils sont au pouvoir fait craindre le pire s’ils prenaient les rênes de l’État », poursuit la section.

    Un débat devait se tenir dans une salle municipale, mais la mairie a refusé d’en mettre une à disposition. Une requête en référé-liberté déposée par les Insoumis devant le tribunal administratif a été rejetée dans l’après-midi. Pour les juges, ce refus ne portait pas atteinte à la liberté d’expression de LFI. Rejetés également, les éléments relatifs aux risques de trouble à l’ordre public avancés par la municipalité. Faute de salle, le débat n’a pas pu se tenir, décision dont le maire s’est réjoui sur les réseaux sociaux. « Carpentras 1 – La France Insoumise 0 ! » « On aimerait aller sur le fond, mais je crains que ce ne soit pas possible », regrette Julien Gautier, candidat LFI aux sénatoriales.