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  • Réseau d’alerte financier à Avignon : tout comprendre sur ce dispositif

    Réseau d’alerte financier à Avignon : tout comprendre sur ce dispositif

    C’était le sujet inflammable depuis le début de l’été à Avignon : la situation financière laissée par la précédente municipalité Helle (PS), qualifiée de « champ de ruines » par son successeur Olivier Galzi (DVD). Audit, conseil municipal tendu avec rejet du compte administratif, puis, mi-juillet, placement de la Ville dans « le réseau d’alerte au titre de l’année 2025 ». « Cette lettre confirme point par point ce que nous avons dit », se satisfaisait tristement le maire.

    Mais dans les faits, qu’est-ce que ce réseau et quelles en sont les conséquences ? Il s’agit d’un dispositif national piloté dans chaque département par les services de la préfecture et la direction départementale des Finances publiques (DDFIP). Contactée, cette dernière nous a livré des éléments de fonctionnement, au-delà de toute appréciation politique. « Ce qui est au moins partagé, c’est qu’il y a eu sur l’année 2025 une dégradation des comptes de la Ville d’Avignon », dit-on pudiquement à la DDFIP, admettant qu’être « dans ce réseau d’alerte est un signal qui peut avoir des conséquences économiques ».

    La genèse de ce réseau

    La DDFIP tient les comptes de toutes les collectivités locales. Chaque année, elle établit « sur la base d’un certain nombre de ratios financiers issus des comptes des collectivités locales » un classement. Une note sur 100 qui tient compte de la capacité d’autofinancement, de la rigidité des charges (dépenses obligatoires par rapport à toutes les autres dépenses globales de la collectivité), de l’endettement mais aussi du potentiel fiscal (les taxes et redevances sur lesquelles la Ville a un levier). Un classement purement interne partagé avec la préfecture avec des « indicateurs qui permettent de mettre en exergue un état financier correct ou un état financier dégradé ». Sans détailler la note, il faut être bien en dessous de la moyenne pour que la collectivité soit contactée, bien que dans une ville comme Avignon, des échanges ultra-réguliers ont lieu entre les services financiers et la DDFIP sur toutes sortes de problématiques comptables.

    L’entrée dans le réseau

    « Quand le score descend, au-dessous d’un certain niveau, là, on se dit “il faut qu’on contacte la collectivité et qu’on s’explique avec elle” », schématise la DDFIP. S’ensuit un dialogue où les services de l’État exposent les ratios qui se retrouvent à des moyennes supérieures à des communes de même strate. Contrairement à une mise sous tutelle où la Chambre régionale des comptes prend la main, là les échanges se font sur le partage du diagnostic et les conseils pour redresser la barre : « La lettre envoyée au maire d’Avignon est “une appréciation” de la situation suite à nos discussions et les mesures qui nous semblaient nécessaires de prendre, plutôt vues sous l’angle comptable. » Mais en aucun cas, la mise en place du réseau d’alerte entraîne une main mise de l’État sur les comptes et des mesures coercitives. « C’est clairement à l’exécutif local d’avoir son programme et de décider ce qu’il a envie de faire, de prendre ses responsabilités sur l’élaboration de son budget, les dépenses, ses décisions stratégiques, ses investissements », fait valoir la DDFIP.

    Une alerte

    qui n’a rien d’inédit

    Début juillet, la Ville parlait d’une décision « inquiétante car très rare ». Or, être placé dans ce réseau d’alerte, si évidemment n’est pas gage de bonne nouvelle, n’a rien d’exceptionnel. Avignon l’a déjà été il y a plusieurs années. La DDFIP assure qu’actuellement « d’autres communes ou collectivités de Vaucluse » sont aussi en alerte. « On informe le maire en disant que l’on considère que la commune est en alerte et lui décide d’en parler ou pas », expose la direction des Finances publiques.

    La sortie du réseau

    C’est un peu comme un concours annuel, mais inversé où l’on ne souhaite pas être admis. « Chaque année, il y a des collectivités qui entrent dans le réseau d’alerte, d’autres qui en sortent », décrit la DDFIP. En fonction ainsi des ratios précédemment cités, la situation est revue annuellement lorsque les comptes sont établis. S’il n’y a pas durée maximale autorisée pour rester dans ce réseau, le but est d’en sortir rapidement. Y rester peut avoir « des conséquences très directes au bout d’un moment avec des tensions de trésorerie sérieuses pour honorer des factures ou payer les salaires ». La majorité municipale élabore « un plan de redressement » qui sera évoqué lors du prochain conseil municipal le 28 septembre. Le budget supplémentaire sera voté, 6 millions sont à trouver pour parvenir à l’équilibre selon Olivier Galzi. Mais pour l’heure, pas d’autre réunion n’est programmée entre le maire et les Finances publiques.

  • Marseille se souvient de sa Libération, 82 ans après

    Marseille se souvient de sa Libération, 82 ans après

    Vives émotions et souvenirs poignants, ce dimanche matin au pied de l’emblématique char Jeanne d’Arc, sur la place du Colonel Edon à Marseille, pour la commémoration du 82e anniversaire de la Libération de la ville.

    Anciens combattants de l’armée française, jeunes porteurs de drapeaux, cadets des marins-pompiers, élus municipaux, sénateurs, députés ou encore représentants de l’État ont tous rendu hommage « aux courageux libérateurs de Marseille ». Le Chant des partisans comme la Marseillaise ont accompagné les dépôts de gerbes devant le véhicule blindé qui symbolise les sacrifices des différents régiments de tirailleurs algériens, des tabors marocains et des forces de la Résistance pour la Libération du joug nazi.

    Avant une lecture de l’historique des combats pour libérer la ville par Elyah Étienne, élève de l’école des porte-drapeaux de Marseille. Une manière de se replonger dans la journée du 28 août 1944. « C’est important d’être là pour rappeler ce qu’a coûté la Libération de la ville et du pays », insiste Anthony Gonçalves, adjoint communiste au maire de Marseille en charge de la santé.

    « Une résonance particulière »

    Il dénonce surtout la présence de plusieurs élus du Rassemblement national à la cérémonie : « On ne doit pas s’habituer à la présence d’élus d’un parti qui a été fondé par les héritiers de ceux qui ont été battus ce jour-là. Ils ne sont pas et ne seront jamais les bienvenus dans ces cérémonies. »

    Avant de conclure sur le caractère inhabituel de cette commémoration au regard de l’élection présidentielle à venir : « Plus que jamais, cette cérémonie a une résonance particulière. On ne peut pas s’empêcher de penser à la prochaine échéance électorale », avec une extrême droite en embuscade, et encore un combat de haute lutte à mener.

  • L’OM n’a pas tenu la distance

    L’OM n’a pas tenu la distance

    Clôturant la deuxième journée, le derby Monaco-OM avait comme en jeu la pole position.

    Les Olympiens montraient que le succès initial contre Strasbourg leur avait donné faim. Mais s’ils apportaient les mêmes ingrédients qu’au Vélodrome, face à Monaco, le scénario de la soirée avait plutôt mal débuté. Avec une fausse note défensive payée cash. Et un but à remonter.

    Concédée avant le quart d’heure par une défense amorphe sur un corner mal négocié, l’ouverture du score de Paris Brunner modifiait la donne. Obligeant l’OM à évoluer plus haut. Un OM qui prenait petit à petit ses repères dans la moitié de terrain monégasque. Sans parvenir à cadrer la moindre frappe.

    Face à un adversaire déjà bien en jambes, il y avait trop de déchet dans le dernier geste. À l’image de Quinten Timber dont la présence et le registre ne compensaient pas l’absence d’Igor Paixão. Le Néerlandais se distinguait par de mauvais choix, ou des passes pas suffisamment appuyées.

    Un OM qui restait sous la menace, face à la capacité de projection d’une formation de Monaco sur chaque balle perdue. Paris Brunner étant proche d’exploiter une nouvelle étourderie défensive pour doubler la mise. L’Allemand y parviendra en début de seconde période, quelques secondes après que Keyliane Abdallah a eu la balle de l’égalisation marseillaise.

    Les dieux du football n’étaient visiblement pas avec les hommes de Bruno Genesio qui voyaient les Monégasques réussir tout ce qu’ils entreprenaient. Alors que ses hoplites se heurtaient toujours à la solidité de la défense monégasque. Au fil des minutes, ils donnaient le sentiment d’accepter leur sort. Enregistrant au passage les sorties sur blessure de Geoffrey Kondogbia et Tochukwu Nnadi.

    Si les Phocéens semblaient résignés, leurs adversaires ne manquaient pas une opportunité de se projeter vers le but de Jeffrey de Lange, qui évitait que l’addition ne se corse. L’OM concède à Monaco sa première défaite de la saison, sa quatrième consécutive à Louis II. Les Marseillais offrant même sur un plateau le fauteuil de leader de la Ligue 1 aux Monégasques.

  • Les eaux de l’étang de Berre de mauvaise qualité suite à l’orage

    Les eaux de l’étang de Berre de mauvaise qualité suite à l’orage

    Ce sont « des fermetures
    préventives
     », explique Raphaël Grisel. Suite à l’orage qui a éclaté lundi soir, le Gipreb, le syndicat mixte en charge de la réhabilitation de l’étang de Berre qu’il dirige, a préconisé l’interdiction à la baignade des plages de la lagune. Les plages d’Istres, de Vitrolles, de Saint-Chamas, de Marignane et de Martigues ont donc été fermées jusqu’à ce mercredi matin.

    Dans les Bouches-du-Rhône, les cumuls indiquent qu’il est tombé entre 15 et 25 mm en seulement 10 minutes lundi 24 août au soir. « On sait que la fin de l’été fait partie des périodes les plus à risque, où il n’a parfois pas plu depuis plusieurs mois et les orages violents produisent un lessivage des sols et du ruissellement des eaux de qualité dégradées vers l’étang, détaille Raphaël Grisel. Ça peut aller du résidu de pneu, qui est plus un problème d’écologie, aux excréments des chiens, qui, pour le coup, posent plus problème pour la baignade. » Un point positif néanmoins : les pluies liées à l’orage de la semaine dernière ont déjà permis un premier lavage des sols, limitant les dégâts de ce second épisode.

    Des coups de vent qui permettent de brasser

    « On a des situations très contrastées sur l’étang de Berre, poursuit le directeur du syndicat mixte. On a Vitrolles, Rognac ou Marignane, qui ont des bassins-versants très urbanisés, avec des activités économiques importantes, mais on a aussi Figuerolles à Martigues où il n’y a rien, donc les risques de dégradation sont très faibles en période d’orage. » Néanmoins, pour « plus de lisibilité », le Gipreb préfère préconiser l’interdiction de baignade à chaque ville avant d’obtenir les résultats des analyses, qui peuvent arriver après 48h.

    « On a une courbe de restauration de qualité de l’eau qui s’est dessinée au fil des données accumulées depuis dix ans », précise le directeur. Dans 95% des cas, le retour à la normale s’observe 24 heures après l’épisode pluvieux.

    Si l’orage engendre un risque de contamination bactériologique, il est aussi, en certains points, salvateur pour l’étang de Berre qui est en mode survie face aux fortes chaleurs de la saison estivale. « On observe des dégradations majeures sur certains sites, avec une mortalité importante de palourdes, note Raphaël Grisel. Lors de la dernière canicule, la température de l’eau excédait 32 degrés au niveau des plages. Heureusement, depuis quelques jours, les températures baissent et on a des coups de vent qui permettent de brasser, donc d’oxygéner. On espère retrouver des taux qui permettent à la vie de se maintenir, soit 2/3 mg par litre. Là, on y est pas dans les couches profondes. »

  • À Avignon, les acteurs de la solidarité prêts à attaquer « l’arrêté anti mendicité »

    À Avignon, les acteurs de la solidarité prêts à attaquer « l’arrêté anti mendicité »

    « La ville d’Avignon agit et continuera d’agir avec responsabilité et humanité sans opposer sécurité et solidarité. » Voilà comment, il y a trois ans déjà, la maire d’Avignon d’alors Cécile Helle (PS) répondait au syndicat des restaurateurs et hôteliers qui dénonçait l’inaction de la municipalité face à la présence accrue de sans-abri en centre-ville. Les municipales sont depuis passées par là et, dans la torpeur estivale post Festival, Olivier Galzi (DVD) a pris un arrêté réglementant l’occupation de l’espace public visant à prévenir des troubles à l’ordre public (notre édition du 14 août).

    « Un arrêté anti-mendicité », comme le qualifie Thierry Mila. Le président de la fédération Paca des acteurs de la solidarité, qui fédère un réseau de structures engagées aux côtés des personnes en situation de précarité, n’a pas tardé à envoyer un courrier au maire. La missive lui demande de retirer cette mesure et d’organiser une « rencontre avec les fédérations et les associations du territoire pour trouver une solution digne pour les personnes dans une ville de culture et d’accueil s’il en est. » Ce recours « gracieux et pré-contentieux », reçu ce mardi en mairie, pourrait rapidement être suivi d’un référé suspension directement déposé au tribunal administratif. « Si on n’a pas de retour d’ici à jeudi, tout est prêt pour attaquer », assure Thierry Mila.

    Sollicitée par nos soins, la Ville semble peu encline, dans l’immédiat, à une rencontre. « On va leur répondre en rappelant les grands principes de l’arrêté car ils ont une lecture différente de la nôtre », répond la mairie. Qui réaffirme ne pas vouloir « stigmatiser une certaine population et la mendicité mais concilier tranquillité publique et accompagnement des plus vulnérables en caractérisant les troubles pour mieux cibler les personnes qui n’arrivent pas à être prises en charge ». Le président de la fédération des acteurs de la solidarité y voit plutôt un moyen « de nettoyer Avignon, comme l’ont fait d’autres villes dans une course à l’échalote contre les personnes précaires qui vivent à la rue, déjà stigmatisées par la vie ». De manière plus globale, Thierry Mila déplore aussi la politique de l’État : « On ne peut pas dire d’un côté on ne veut plus de mendiants et, de l’autre, couper les fonds aux associations. »

    De « sérieuses interrogations »

    Le courrier adressé à Olivier Galzi, très circonstancié, soulève de « sérieuses interrogations » quant au respect des libertés publiques, de la notion « d’occupation prolongée » et met aussi en avant la jurisprudence du Conseil d’État, de la Cour européenne des droits de l’homme ou une décision du comité européen des droits sociaux. Au tout début de la campagne des municipales, Olivier Galzi avait défendu la possibilité d’un arrêté anti-mendicité avant de ne plus évoquer, dans ces termes, le sujet. Mi-février, dans nos colonnes, le futur maire insistait sur sa volonté d’aider ceux qui veulent s’en sortir mais, pour les autres, « envoyer le signal qu’Avignon ne sera pas la ville qui les accueillera de manière favorable ». L’arrêté vient traduire cette volonté qui, pour le PCF, « déplace la pauvreté » .

    Pour le PCF, la pauvreté est déplacée

    Parmi les réactions suscitées par l’arrêté, la section PCF d’Avignon-Morières-Le Pontet estime, dans un communiqué, que « faire partir les personnes à la rue ne les fait pas disparaître. Cela les déplace vers d’autres rues, d’autres quartiers, loin des commerces et des espaces fréquentés ». Sans « contester la nécessité de garantir la tranquillité et la libre circulation », les communistes insistent : « Ce dont Avignon a besoin, ce n’est pas de rendre la pauvreté invisible, mais de traiter ses causes. » Et d’appeler à « renforcer l’accompagnement, l’hébergement et l’accès aux soins ».

    F.C.

  • [Entretien] Neirlay Andrad, Au Venezuela, le rejet de « toute forme de domination »

    [Entretien] Neirlay Andrad, Au Venezuela, le rejet de « toute forme de domination »

    Depuis l’enlèvement illégal par les États-Unis du président du Venezuela Nicolás Maduro, le pays est dirigé par la présidente par intérim Delcy Rodriguez. Celle-ci semble s’être accommodée de la tutelle imposée par Washington à Caracas, accédant à chacune des exigences de l’administration de Donald Trump ; entre exploitation de la reprise de l’activité pétrolière au profit des multinationales américaines – mais pas des habitants – et rétablissement des relations consulaires avec Israël. Pendant ce temps, la population vénézuélienne peine à se relever des conséquences des séismes, plongeant davantage dans la pauvreté.

    La Marseillaise : Quelle est la situation politique dans le pays depuis le début de la « tutelle » américaine ?

    Neirlay Andrade : Le triumvirat dirigé par Delcy Rodríguez, son frère et président du Parlement, Jorge Rodríguez, et le ministre de l’Intérieur, Diosdado Cabello, exerce illégalement le contrôle interne. Le gouvernement aurait dû organiser des élections après l’enlèvement de Nicolás Maduro, comme le prévoit la Constitution. Or, ce groupe s’est emparé du pouvoir et agit sous la direction de la Maison Blanche. Pour Washington, la priorité immédiate n’est pas le rétablissement de la souveraineté populaire ou des libertés démocratiques, comme on le faisait croire à l’opinion publique. Son véritable objectif est de garantir des conditions favorables au pillage du pays, et le PSUV [le Parti socialiste unifié du Venezuela, au pouvoir, Ndlr.] en est devenu le garant. Pendant des années, le gouvernement de Maduro a construit un faux discours de confrontation avec les États-Unis. Aujourd’hui, cette relation est présentée comme une nécessité. Le peuple vénézuélien doit résoudre sa crise politique et sociale sans que Washington ne décide de la date des élections, des personnes autorisées à y participer ou de la manière dont le pétrole sera géré. Cela ne signifie pas pour autant défendre l’ancien gouvernement de Maduro ni ignorer la profonde crise politique qui l’a précédé. C’est précisément parce que nous dénonçons l’autoritarisme, la corruption et la destruction des droits démocratiques sous le PSUV que nous refusons la solution consistant à remplacer une forme de subordination par une autre. L’alternative pour le Venezuela ne peut pas être de choisir entre l’autoritarisme du PSUV et la tutelle impérialiste.

    Les manifestations contre l’impérialisme américain sont-elles fréquentes ?

    N.A. : Il n’y a pas eu de mobilisations anti-impérialistes massives depuis le 3 janvier. La direction du parti au pouvoir a neutralisé toute initiative susceptible de compromettre ses relations avec la Maison Blanche. La campagne exigeant la libération de Maduro et son retour au Venezuela a été brusquement abandonnée et remplacée par une campagne visant à promouvoir la « renaissance » du pays dans le cadre d’un nouveau dispositif de « coopération » avec Washington. Cependant, des manifestations antisionistes importantes ont récemment eu lieu dans plusieurs villes du pays, en signe de rejet de la présence des forces militaires israéliennes, intégrées à l’équipe chargée de diriger le processus de reconstruction des zones sinistrées à la suite des tremblements de terre. Ces rassemblements, bien que de faible ampleur, ont été menés par des militants de base du PSUV qui rejettent le revirement opéré par la direction du parti [qui a rétabli les liens consulaires avec Israël, Ndlr.]. Le PCV œuvre aux côtés d’organisations politiques et sociales à la construction d’une alternative démocratique, populaire et souveraine, visant à rétablir la Constitution et à lutter contre le pillage, l’autoritarisme et toute forme de domination étrangère.

    Marco Rubio a été qualifié par le New York Times comme le « vice-roi du Venezuela ». Qu’est-ce que cela signifie ?

    N.A. : Marco Rubio joue un rôle clé dans la domination des États-Unis sur le Venezuela. Il a été l’artisan du « plan » mis en œuvre après les bombardements du 3 janvier et proposé une feuille de route en trois phases : « Stabilisation, relance et transition. » La première vise soi-disant à éviter le chaos ; la deuxième phase est directement liée à la garantie de l’accès des entreprises américaines au pétrole vénézuélien ; et la troisième serait une éventuelle transition politique. En d’autres termes, la soi-disant transition démocratique semble subordonnée à une phase préalable de stabilisation et de relance économique selon des conditions définies par les États-Unis.

    La production pétrolière semble avoir repris mais qui profite des bénéfices économiques ?

    N.A. : Il est fondamental de savoir qui contrôle cette production, gère les recettes et empoche les revenus pétroliers. Et c’est là qu’un changement très important est en train de s’opérer. La nouvelle réforme de la loi organique sur les hydrocarbures renforce l’ouverture du secteur aux multinationales et réduit la capacité de l’État à s’approprier les revenus. Donc, même si l’État peut conserver formellement une participation au capital, il perd la capacité effective de décider de la gestion de l’activité et de la part de ces revenus qui reste au Venezuela. Les fonds provenant de la commercialisation du pétrole sont gérés par le biais de mécanismes placés sous contrôle américain. Selon Donald Trump, les États-Unis ont déjà tiré plus de 13 milliards de dollars de la vente du pétrole vénézuélien. À cela s’ajoute la renégociation de la dette extérieure. Le Venezuela est accablé par des obligations dont le montant réel n’est même pas établi de manière transparente. La reprise du secteur pétrolier sert essentiellement à satisfaire les créanciers et à garantir les bénéfices des multinationales, alors que les salaires et les retraites restent pratiquement gelés, le peuple vénézuélien n’en profite pas. Cela se répercute directement sur les conditions de vie ; environ 68% des ménages vivent dans la pauvreté et 32% dans l’extrême pauvreté.

    Comment jugez-vous la gestion du séisme par le gouvernement actuel ?

    N.A. : Les séismes du 24 juin dernier constituent sans aucun doute la catastrophe naturelle la plus dévastatrice qu’ait connue le Venezuela dans son histoire moderne. Cette tragédie a frappé un pays plongé dans une profonde crise politique, économique et sociale qui a privé l’État de moyens suffisants pour faire face à une urgence de cette ampleur. Pour se rendre compte de l’ampleur de la détérioration des institutions, il suffit d’observer la situation de la Fondation vénézuélienne de recherches sismologiques (Funvisis). Son réseau de surveillance est passé de 250 à 300 stations opérationnelles au cours des années 1990 à seulement quatre actives en 2026. Des enquêtes indépendantes ont révélé qu’au cours des premières 24h, l’État avait déployé 4 000 fonctionnaires civils et militaires, soit 12,6% de l’effectif total mobilisé pendant toute la durée de la situation d’urgence. Au cours des premières heures, la majeure partie des opérations de sauvetage a été menée par des voisins et des bénévoles. Aujourd’hui encore, près de deux mois après les séismes, il y a toujours des milliers de disparus et aucune donnée officielle à ce sujet.

  • [Exclusif] Hervé Menchon sur l’abattage d’arbres à Marseille: « Je suis horrifié. On est à rebours des enjeux du siècle »

    [Exclusif] Hervé Menchon sur l’abattage d’arbres à Marseille: « Je suis horrifié. On est à rebours des enjeux du siècle »

    La Marseillaise : De nombreux Marseillais et militants associatifs sont choqués par la destruction par les services de la Ville d’une quarantaine d’arbres de haute tige dans la pinède du parc Bonneveine. Comment est-ce possible dans un projet qui vise à renaturer un parc public ?

    Hervé Menchon : Je suis triste et très en colère et je comprends et je ressens l’émotion des gens et des associations. C’est très dur aujourd’hui, en période de canicule, avec ce que l’on sait du dérèglement climatique et de ce qui nous attend. Après, je n’ai pas été impliqué dans ce dossier que je n’ai pas piloté. C’est un parc qui est labellisé EcoJardin et qui impliqué dans le programme « Territoires Engagés pour la Nature » et sur lequel j’attendais justement des réponses de mes services. Aujourd’hui, demain, rien ne sera équivalent à la protection et au maintien des arbres matures qui existent. Ce qui s’est passé, ce n’est juste pas possible ! 2050, c’est dans 24 ans. Les arbres qu’on plantera aujourd’hui n’apporteront jamais la même ombre, la même fraîcheur et ne seront jamais le même habitat que ceux qu’on a abattus. On mettra des décennies à récupérer la continuité écologique qu’apportaient ces arbres. On a détruit une canopée et au-delà un stockage carbone qui freine le dérèglement climatique.

    Au-delà du décompte des arbres abattus, c’est aussi la méthodologie de travail au sein d’une mairie à composante écologique qui est questionnée selon vous ?

    H. M. : Un arbre, c’est un monde. Il n’y a pas une espèce protégée et d’autres espèces qu’on pourrait détruire. Pas aujourd’hui, pas au XXIe siècle. On ne peut pas réfléchir comme ça alors qu’on est en train d’essayer de construire une planète vivable en 2050 et que se pose la question de l’habitabilité de la ville de Marseille en 2050. Ce qui s’est passé est digne de la politique agricole du XIXe siècle ou du productivisme du XXe siècle. On est ailleurs là, on est dans l’espace. On ne peut faire du génie contre la nature. Ça n’existe pas ! On doit faire alliance avec la nature, dès aujourd’hui, partout à Marseille, sur terre, en mer, en ville et pas seulement dans les parcs et jardins. La biodiversité, c’est ça. J’ai une «division» biodiversité, mais qui n’est même pas une direction biodiversité, et qui ne s’occupe pas des parcs et jardins. Je ne peux pas travailler avec ces outils-là aujourd’hui.

    En tant qu’écologiste engagé, je me suis battu pour sauver les 16 arbres du square Lévy, pour sauver la pinède du Roy d’Espagne, les jardins Joseph-Aiguier, le parc de la Mathilde. Je viens de là, moi et je ne cautionnerai jamais l’abattage de 30 à 40 arbres ! Il existe d’autres solutions que l’abattage. Même si on a des rapports d’experts, on peut avoir des contre-expertises. Il y a sûrement un génie humain qui est capable de maintenir les arbres. Alors peut-être qu’il était trop tard, qu’il y a la réalité et le temps administratifs. Il y a eu aussi les élections au milieu qui ont fait que chacun prend ses marques.

    Les associations dont FNE13 ont le sentiment qu’on leur a joué un mauvais tour, d’avoir été pris pour des idiots, en abattant précipitamment en pleine discussion. Vous comprenez ?

    Les associations m’ont sollicité. Je n’ai pas répondu parce que ce n’était pas mon dossier. On m’a mis adjoint à la biodiversité mais je ne suis pas la caution des massacres de la biodiversité. Je veux être adjoint à la biodiversité sinon ça ne sert à rien et je vais à nouveau grimper aux arbres. Même sur le tramway des Catalans, je ne suis pas chaud parce qu’il faut couper des arbres. Aujourd’hui, on aura du mal à avoir des arbres. On ne sait pas si les arbres qu’on plante aujourd’hui vont survivre. On n’aura peut-être pas l’eau pour les arroser avec une température de 50 degrés. Un arbre, c’est du vivant, ce n’est pas un meuble ! Ce n’est pas du mobilier urbain. Avec un arbre, il y a des champignons, des insectes utiles à la vie qui nourrissent des espèces protégées justement. Là, franchement, on est à rebours de mes ambitions, à rebours des enjeux du siècle. Je suis horrifié.

    Est-que cela suscite des discussions au sein de la gouvernance municipale ?

    J’aurai bientôt une réunion avec Perrine Prigent [ndr : adjointe DVG déléguée aux espaces verts qui pilote le dossier]. Je pense que là, une réunion avec le maire de Marseille s’impose. C’est tout le sens de mon engagement politique qui est remis en question aujourd’hui.

    Recueillis par David Coquille

  • [Patrimoine] Au Frioul, l’hôpital aux quatre vents de Proust

    [Patrimoine] Au Frioul, l’hôpital aux quatre vents de Proust

    L’hôpital Caroline, complexe sanitaire de soins et de quarantaine trouve son origine dans l’épidémie de fièvre jaune de 1820 qui décima les équipages des ports de Méditerranée. Durant l’été 1821, un navire venant de Cuba avait introduit la fièvre jaune à Barcelone provoquant 20 000 morts. Dans la foulée, un navire infecté venant de Malaga était mis en quarantaine à Pomègues. 12 marins décédaient, mais la cité phocéenne n’était pas touchée, ce qui convainquait l’Intendance sanitaire de demander à Louis XVIII de construire au Frioul un port bastionné pour la quarantaine. Il aura coûté 638 000 francs-or sur des fonds du Trésor public, de la Chambre de commerce et de la Ville. Son nom est un hommage rendu à la duchesse de Berry, Marie-Caroline de Bourbon-Siciles qui séjourna en quarantaine au la zaret d’Arenc.

    Le projet est confié à l’architecte Michel-Robert Penchaud qui édifie en 1828 cet hôpital sur un promontoire battu par les vents de l’île de Ratonneau suivant un système pavillonnaire autour de deux grandes cours et obéissant aux préceptes d’isolement, de surveillance et d’aération maximale. Il est conçu pour accueillir 48 malades et 24 convalescents dans 12 corps de bâtiments sur 3 500 mètres carrés.

    « C’est une ruine »

    En 1847, le secrétaire de l’Intendance Sanitaire décrit un bouge : « Ce que j’ai vu dépasse toute idée de malpropreté que j’avais pu me faire, les quatre pavillons habités par les ouvriers sont dans un état déplorable. Il n’existe pas de cloaque plus sale, plus dégoûtant ; les escaliers intérieurs, les paliers et les planchers sont meublés d’ordure… En fait les quatre pavillons sont dans un état pitoyable… »

    Ce qui n’empêche pas en 1850, d’y transférer les malades du lazaret d’Arenc. Puis l’armée réquisitionne les lieux jusqu’en 1856 pour y soigner plus de 700 soldats atteints parfois du typhus de retour d’Afrique et de Crimée. 308 navires débarquent alors 33 500 marins, 124 200 militaires et 5 090 passagers civils. 709 malades furent traités à l’hôpital parmi lesquels on déplora 165 décès, dont 90 dus au typhus.

    En 1900, 35 malades de la peste y sont hospitalisés. En décembre 1903, un rapport à l’Académie de médecine signale son état déplorable : « Qu’il me soit permis de vous dénoncer l’hôpital Ratonneau destiné aux malades atteints de la peste, de la fièvre jaune ou du choléra. Il vous est impossible de vous représenter un hôpital aussi délabré et aussi abandonné. Il ne renferme ni pharmacie, ni instruments, en un mot il n’y a rien ; ce n’est pas un hôpital, c’est une ruine » écrit le docteur Josias.

    Deux ans plus tard, le docteur Adrien Proust, père de Marcel Proust, vient à Marseille prodiguer ses conseils pour lutter contre l’épidémie de choléra. Son rapport « sur les améliorations à apporter au fonctionnement du service [sanitaire] dans le port de Marseille et au Lazaret du Frioul », fustige le recrutement des auxiliaires du lazaret parmi « les personnes errant sans emploi sur les quais de Marseille et qui n’ont aucune notion du travail auquel on les destine ». En 1923, le nom d’Adrien Proust est brièvement donné à l’hôpital du Frioul.

    Il sert encore d’hôpital en 1941 en raison d’une épidémie de typhus dans les prisons de Marseille puis devient un dépôt de munitions de la Wehrmacht pilonné à la Libération. Racheté par la Ville en 1978, il est inscrit aux monuments historiques en 1980. L’association Caroline s’est battue avec la fédération Remparts pour lancer des travaux de restauration au travers du bénévolat estival puis a bâti un partenariat avec la prison des Baumettes pour des chantiers de réinsertion avec des détenus en fin de peine. Progressivement le pavillon Saint-Roch, l’ancienne infirmerie, le pavillon des morts, les murs d’enceinte, le pavillon des entrées, le pavillon de bains puis le pavillon Chevalier Roze ont été restaurés avec la chapelle centrale de style hellénistique pour rappeler les origines de la cité phocéenne. En 2007, Acta Vista poursuit le chantier pour le pavillon des intendants, la capitainerie.

    Il se visite à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. On peut longer l’enceinte et à travers la grille observer la cour intérieure, la chapelle et les pavillons, tout en jouissant d’une vue exceptionnelle sur la rade phocéenne.

  • Après la terreur, Cotignac tente de reprendre vie

    Après la terreur, Cotignac tente de reprendre vie

    Labellisé « Plus beaux villages de France » depuis 2022, ce n’est malheureusement pas pour la beauté de ses ruelles et de son rocher que Cotignac a fait parler de lui ces dernières semaines, mais pour l’incendie du Gros Bessillon, qui l’a menacé plusieurs jours durant. « J’ai eu peur, surtout le 23 juillet, avec le feu qui arrivait dans la ville », avoue Jean-Pierre Véran, maire de la commune depuis 36 ans, qui n’avait « jamais connu rien de tel. En 1999, l’incendie était sur le flan est de la commune, et cela ne nous avait pas menacé. Là, les flammes montaient à 10-15 mètres. Le préfet était prêt à évacuer entièrement ». Trop compliqué au vu des difficultés d’accès de certains secteurs, et de la panique que cela aurait produit. Décision fut prise de confiner, et elle a porté ses fruits.

    Aujourd’hui, l’heure est à la renaissance, même si la prudence est de mise « jusqu’à ce que le feu soit complètement circonscrit. Mais les festivités à venir sont maintenues, il faut profiter, vivre. Les gens reviennent au village, les commerces retrouvent des clients, c’est important », clame Jean-Pierre Véran.

    Certains revivent,

    d’autres ont tout perdu

    Jeudi, au restaurant « Le Temps de pose », sur la place de la mairie, Sophie, qui commence son service du midi, a en effet pu le constater : « Il y a eu une forte baisse de fréquentation dans le village. Beaucoup de personnes sont parties, des locations annulées. L’ambiance était angoissante et l’air irrespirable. Là, c’est revenu et ça nous fait extrêmement plaisir », souffle-t-elle. Car l’activité touristique est un moteur à Cotignac. D’autant qu’avec « la canicule, on a eu beaucoup moins de monde. On était très inquiet pour la saison après les feux ».

    À table, on retrouve Ben, Sybelle et leur bébé. Ces touristes venus du sud de Londres n’ont pas renoncé à leur séjour malgré la situation : « Nous venons souvent, l’endroit est très beau et les gens vraiment gentils. Cela n’a pas affecté nos vacances, il est juste plus dur de trouver du pain et des légumes car les agriculteurs ont malheureusement perdu leurs récoltes. On espère que cette triste situation va vite se résoudre ».

    Parmi eux, il y a Eva. Elle vend ce qu’il reste de ses plantes aromatiques et médicinales dans une boutique collaborative de la Grand Rue. Le 21 juillet, le feu a embrasé son terrain. Les sapeurs-pompiers ont pu sauver sa maison, mais pas ses 3 000 m2 de plantations. « Ça représente un an de récolte et de travail perdu, et des années perdues pour replanter, récolter à nouveau… Mon atelier a aussi brûlé, donc je n’ai plus rien pour transformer ce qu’il reste », se désole-t-elle, la gorge serrée. Cette perte n’est pas uniquement économique, car ces terres sont un héritage familial, sur lesquelles « chacun avait planté ses graines depuis des années ». Et au-delà de son cas personnel, la situation demeure difficile à accepter : « Les pompiers ont trop peu de moyens, tout ce que nos anciens ont fait, on l’a balayé pour des choses qui n’ont pas de sens, comme la loi Duplomb et les orientations politiques qui vont contre nos intérêts. On a besoin de sécurité, de ressources de biens communs préservés qui ne servent pas le profit », s’insurge-t-elle. Abasourdie, elle ne sait pas encore de quoi les prochains mois seront faits. Une amie a ouvert une cagnotte pour l’aider, tandis que des structures comme la Fédération familles rurales du Var et l’association Partageance, octroient des aides aux sinistrés, pour compléter l’action, bien minime, des assurances.

    Le feu n’a pas progressé jeudi

    Dans une journée annoncée risquée, avec un vent chaud et sec qui s’est levé en fin de matinée, et des rafales dépassant les 55 km/h, les 850 sapeurs-pompiers mobilisés et appuyés par des hélicoptères bombardiers d’eau jeudi dans le Gros Bessillon sont parvenus à contenir l’incendie. Ils ont poursuivi leur travail sur les lisières, alors que des moyens de lutte avaient été positionnés sur des points sensibles pour contrer les reprises de feu. Plus d’une dizaine se sont produites, et ont été rapidement maîtrisées. Vendredi, une journée similaire s’annonce, avec un vent et une chaleur soutenus. Les moyens pourront monter en puissance si besoin, avec notamment deux canadairs posés à Hyères, et l’avion Dash, en plus des hélicoptères bombardiers d’eau.

  • Prédation du loup : les éleveurs laissent éclater leur colère

    Prédation du loup : les éleveurs laissent éclater leur colère

    « Prédation, un mensonge d’État », c’était ce que l’on pouvait lire sur la banderole attachée aux grilles de la préfecture de Gap, ce mercredi soir. La manifestation a réuni près de 250 personnes, principalement issues des Jeunes Agriculteurs et de la FDSEA, même s’il y avait des représentants de la Coordination rurale et un élu de la Confédération paysanne. Les porte-parole des agriculteurs ont rencontré la sous-préfète pour exprimer leur colère et attendre une réponse de l’État sur sa gestion du loup. Fin juillet, trois personnes ont été arrêtées à Cervières, soupçonnées d’avoir abattu illégalement neuf loups en mars dernier. L’arrestation et le procès à venir ne sont pas les déclencheurs de ce mécontentement mais l’étincelle qui a fait exploser une colère accumulée. « Aujourd’hui, on dénombre trois attaques par jour. La prédation est à un tel niveau de pression, depuis tellement longtemps, il y a des gens qui sont tellement acculés, qu’on arrive à un moment où des choses illégales se produisent, forcément ! », dénonce la présidente de la FDSEA 05, Christel Gagliardo.

    « Surpopulation »

    Si les populations de loup sont estimées autour des 1 000 individus en France, les syndicats accusent l’Office français de la biodiversité (OFB) de cacher les effectifs réels. « Un chiffre sur l’évolution de la prédation : il y a une dizaine d’années c’était seulement les départements de l’arc alpin, l’année dernière c’était 62 ou 63 départements avec au moins un constat de dommage pour un total d’entre 12 000 et 13 000 victimes nationales. On passe d’une dizaine de départements à 63 en moins de dix ans. Il y a une réelle problématique nationale sur la prédation », développe Edouard Pierre, secrétaire de la FDSEA 05. Déjà, en mai, une louve capturée en Seine-Maritime, avait été relâchée dans l’arc alpin, au grand dam des éleveurs. L’animal a été abattu dans un tir de prélèvement en juillet dans les Alpes-de-Haute-Provence, mais l’épisode est symptomatique d’un manque de transparence que les éleveurs reprochent à l’OFB. « C’est une espèce protégée, donc on n’a pas le droit de la capturer, de la déplacer. A priori, ces deux choses ont été faites. Donc on veut des explications. Et pourquoi la déplacer dans l’arc alpin où l’on subit déjà beaucoup de pression ? », questionne Edouard Pierre.

    Pour lui, l’État sous-estime les conséquences économiques de la prédation du loup pour les éleveurs. « Les exploitations sont impactées, malgré le remboursement des moyens de protection à hauteur de 80%, il y a 2 millions qui restent à charge des exploitations tous les ans, sans compter toutes les bêtes qui ne sont pas prises en compte », rappelle-t-il.

    Les quotas d’abattage en question

    Autre motif de mécontentement : le système de plafond annuel de loups pouvant être détruits légalement. Pour éviter une mortalité excessive, les autorités tiennent des plafonds pour limiter le nombre de tirs de défense des agriculteurs, qui, eux, plaident plutôt pour un principe de défense locale sans plafond. « Nous, on dit que 100% des loups devraient être tués en situation d’attaque, et pas n’importe où, ou six mois après comme c’est le cas d’une bonne partie des loups prélevés actuellement, pose Thomas Raso, représentant de la Confédération Paysanne. Aujourd’hui, on a plusieurs attaques dans un même endroit, on est dans la bonne zone, on a fait les papiers, on devrait pouvoir faire un tir mais on nous dit qu’on ne peut pas parce qu’on a déjà prélevé deux loups ailleurs en France et que le nombre maximum a été atteint. Résultat, l’éleveur ne peut qu’aller ramasser ses carcasses. » Les représentants agricoles ont dit ressortir sans réponse concrète de la sous-préfète, il y a donc fort à parier que la manifestation de mercredi ne sera pas la dernière.