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  • À Marseille, les lycéens et étudiants toujours aussi déterminés

    À Marseille, les lycéens et étudiants toujours aussi déterminés

    La colère, elle restera là tant qu’il y aura pas de réponse ». Pour Luc Bensa, délégué fédéral du Mouvement National Lycéen (MNL) dans le département des Bouches-du-Rhône, scolarisé au lycée Saint-Charles de Marseille, pas question de lâcher quand le gouvernement n’a octroyé aux manifestants « que des miettes ». Eux veulent tout le gâteau et surtout qu’on les écoute. Après avoir bloqué Thiers, Victor Hugo ou encore Marseilleveyre face aux CRS, les lycéens se sont donné rendez-vous en fin de matinée aux Réformés.

    « On fait des manifestations, des blocus, des regroupements, des lâchés de banderoles, on essaie de parler à la préfecture, à la mairie, on envoie des lettres, des messages, on fait tout notre possible », explique Alice, elle aussi élève de Première à Saint-Charles. Si dans son établissement, « on est bien moins en difficulté que dans beaucoup de lycées excentrés », reconnaît la jeune fille, « on a tout de même des classes surchargées, beaucoup de profs absents, les bâtiments qui ne sont pas adaptés à la crise climatique », décrit-elle.

    Dans le cortège qui défile en chantant sur la Canebière, on retrouve des étudiants de la faculté de droit qui ont bloqué eux aussi l’entrée de l’université avec des poubelles depuis 6h30, ne laissant passer que les administratifs. « D’abord nous sommes aux côtés des lycéens avant tout » expliquent Pierre*, Sasha* et Shérine, « on réclame de vraies avancées budgétaires notamment, des économistes ont évalué les besoins à 10 milliards et là on nous a lâché peut-être 530 millions ».

    Une violence d’État

    Ce qui a déclenché leur mobilisation, c’est aussi la loi « bienvenue en France » de 2019, qui a instauré des frais d’inscription différenciés, plus élevés pour les étudiants extracommunautaires. Une mesure « raciste et anticonstitutionnelle, c’est de la préférence nationale » taclent-ils. Ils racontent aussi les files d’attente de plus d’une heure au restaurant du Crous faute de personnel, la bibliothèque universitaire dont le 2e étage est en travaux depuis 2020, les logements universitaires bondés, « quand on arrive à en avoir un ».

    Et encore, « nous, on a la chance de pouvoir être à la fac », le but c’est « de montrer aussi qu’on est aux côtés des travailleurs qui n’ont pas les moyens de vivre dignement » ajoute Pierre. Pour tous, la question est réglée : la violence vient d’abord de l’État. « Évidemment quand tu vois ton père et ta mère galérer, se priver pour te nourrir, tu es en colère » analyse une de ses camarades. Shérine refuse pour cette raison de dissocier casseurs et manifestants, « ils font partie du mouvement, c’est sociologique ». Pour Sasha, « on fait même preuve de retenue ».

    Des drapeaux FSU et CGT se mêlent aux pancartes. « On est là pour accompagner » précise Marion Chopinet, prof d’histoire-géo et secrétaire académique du Snes-FSU de l’académie d’Aix-Marseille. Pour elle aussi, une certitude : « les réponses du gouvernement sont très en dessous de tout ce qu’on attend, ce sont des mesures à la marge en fait, qui ne remettent pas du tout en cause la structure même de ce qui pose problème. On ne s’arrêtera pas là, c’est clair ». Aurélien David, prof d’espagnol au lycée Saint-Exupéry y voit même « une opportunité historique » rappelant que les revendications des jeunes recoupent celles de leurs enseignants et des travailleurs de l’Éducation. À ses côtés, Martine retraitée CGT de l’UL Saint-Lazare embraye. « Ces jeunes c’est notre avenir » martèle-t-elle.

    Tous ont en ligne de mire la grande journée de mobilisation interprofessionnelle du 5 novembre. Et celle d’encore après préviennent les manifestants avant de se disperser sans heurts place Castellane.

    * Les prénoms ont été changés

  • Himad Abdelli, un talent olympien encore à polir

    Himad Abdelli, un talent olympien encore à polir

    Le mal-aimé de la saison passée a peu à peu redoré son image. En difficulté, avec des prestations souvent moyennes, voire ternes, jusqu’à la première trêve internationale, Himad Abdelli semble depuis avoir trouvé sa place dans le onze olympien. Sous les ordres de Bruno Genesio, le milieu offensif de 26 ans retrouve progressivement le niveau qui avait fait sa réputation et lui avait valu de nombreux éloges lors de son passage au SCO d’Angers. « C’est un technicien altruiste, qui met son talent au service du collectif et privilégie le jeu de l’équipe à sa réussite personnelle », souligne Gérald Baticle, son premier entraîneur en Maine-et-Loire, où il l’avait accueilli en juin 2022. Le Normand venait alors de quitter Le Havre, son club formateur, où il avait évolué durant quatre saisons en Ligue 2.

    « C’est un garçon qui bosse beaucoup, qui est à l’écoute et qui cherche toujours à progresser. Et ça se voit. Il évolue d’année en année, voire même de match en match », ajoute l’actuel sélectionneur de l’équipe de France Espoirs. Il avait rapidement identifié chez lui un véritable passionné de football, mais surtout de l’OM, un club qui a toujours occupé une place particulière dans son cœur. « Alors qu’il était encore joueur d’Angers, on s’est croisé dans le Vélodrome il y a deux ans, où j’étais venu observer Quentin Merlin. Il m’avait déjà confié son amour pour l’OM. C’est beau de le voir aujourd’hui porter les couleurs d’un club qui lui tenait tant à cœur », se réjouit Baticle.

    Les qualités doivent

    se traduire en actes

    Mais ceux qui ont suivi de près son parcours sont convaincus qu’il a encore une marge de progression. « C’est un joueur plein de potentiel, mais qui n’en exprime pas encore toutes les qualités. À l’OM, il doit franchir un cap en gagnant en régularité et en continuité dans son jeu pour enfin confirmer les attentes placées en lui », estime Paolo Rongoni, ancien directeur de la performance de l’équipe nationale d’Algérie. Il a côtoyé Himad Abdelli avec les Fennecs, sous les ordres de Vladimir Petkovic, de mars 2024 à juillet 2026. Le technicien italien connaît bien l’environnement olympien, pour avoir également été directeur de la performance au sein du staff de Rudi Garcia (entre octobre 2016 et juin 2019). « À l’OM, les qualités ne suffisent pas. Il faut les traduire en actes. »

    Selon lui, le milieu offensif international algérien dispose d’une puissance physique supérieure à la moyenne, mais manque d’endurance. Une lacune qui pourrait expliquer son irrégularité sur le terrain. Rongoni estime que cette faiblesse le pénalise particulièrement à Marseille, où l’OM attend davantage de créativité de son numéro 10. « S’il parvient à comprendre que son meilleur positionnement se situe un peu plus bas, dans l’entrejeu, Himad pourrait devenir un joueur vraiment intéressant », avance son ancien préparateur physique, qui le rapproche du profil d’un compatriote, l’Arlésien Ismaël Bennacer.

  • Face à la stagnation des salaires, les inégalités repartent à la hausse

    Face à la stagnation des salaires, les inégalités repartent à la hausse

    La France est un pays de bas salaires », dénonçait déjà la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet au mois de novembre 2025. Dans sa dernière publication, consacrée à l’évolution des salaires dans le secteur privé, publiée le 22 octobre dernier, l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques) alertait de son côté : « En 2025, les salariés les mieux rémunérés en équivalent temps plein ont bénéficié de hausses de salaires plus élevées que ceux aux rémunérations les plus faibles ».

    Ainsi lorsque le pouvoir d’achat des Français gagnant moins de 1 519 euros net mensuels en équivalent temps plein avait augmenté de 1% par rapport à 2024, ceux qui gagnaient plus de 4 441 euros voyaient une hausse de leur niveau de vie de 1,6% en un an, et même de +2,2% pour ceux qui gagnaient 10 552 euros. Ce sont les professions intermédiaires qui connaissent la plus faible évolution de leur rémunération brute (+1,1%) suivies des employés (+1,2%) et des cadres (+1,2%). « Ces évolutions tranchent avec celles observées en 2024, où les hausses de pouvoir d’achat des salaires étaient plus homogènes », pointe l’étude. Surtout, elles inversent la tendance des deux années précédentes marquées par des baisses de pouvoir d’achat qui ont touché notamment les cadres, tandis que les augmentations successives du Smic compensaient en partie une hausse des prix qui frappe en premier lieu les classes populaires. Après « plusieurs années de resserrement », les inégalités augmentent de nouveau, même si elles restent encore moins marquées que lors de la période précédent le Covid selon l’Insee. Mais alors que le pouvoir d’achat repart à la hausse, « la progression demeure toutefois limitée au regard des évolutions sur longue période », explique l’institut statistique. Tandis qu’entre 1996 et 2019 le pouvoir d’achat du salaire net augmentait en moyenne de 0,6% par an, il n’a augmenté que de 0,2% par an depuis 2019.

    Marseille de plus en plus fracturée

    Dans la région en 2023, selon une étude de l’Insee publiée au mois de septembre 2025, la moitié des salariés gagnaient moins de 2 118 euros nets en équivalent temps plein. Au total, une personne sur dix perçoit un salaire net inférieur à 1 500 euros nets par mois, et même 4% gagnaient même moins que le Smic, en raison des minima de branche trop faibles (lire par ailleurs). Si les deux tiers des salaires sont compris entre 1 et 2 Smic, seuls 2% des salaires atteignent au mois cinq fois le Smic, soit 6 915 euros. Mais comme dans le reste du pays, la même stagnation des revenus est observée. Par rapport à l’année précédente, le salaire net moyen pour les personnes restées dans la même structure n’avait augmenté que de 0,3%, contre 0,7% au niveau national.

    Une autre étude, publiée le 6 octobre dernier, s’intéresse de son côté à l’évolution du niveau de vie à Marseille, entre 2013 et 2021. Elle révèle que si le niveau de vie a globalement augmenté dans la ville, qui reste la plus pauvre des cinq premières métropoles françaises, c’est dans les quartiers les plus modestes que cette hausse reste la plus faible (+6,2%, soit +760 euros par an en moyenne) et dans les quartiers les plus aisés qu’elle est la plus forte (+8,5%, soit +2 340 euros).

  • L’OM résiste face à Toulouse

    L’OM résiste face à Toulouse

    Après l’avertissement sans frais du Havre, les Olympiens devaient montrer qu’ils avaient retenu la leçon.

    Toulouse, qui restait sur cinq matches sans défaites, pouvait-il jouer le rôle de la victime expiatoire ? Après moins d’une demi-heure de jeu, cela semblait être le cas. Les deux Amine, Harit puis Gouiri, y étaient allés chacun de leur but et le jeu tournait à une démonstration marseillaise. Sans les réflexes de Guillaume Restes, les Toulousains auraient pu rentrer à la pause avec un retard plus conséquent que les deux buts affichés.

    Néanmoins, si l’OM se montrait efficace et pressant, sur leurs coups d’accélérateur sporadiques, les Toulousains venaient rappeler leur capacité à jouer de mauvais tours. Heureusement, dans le but phocéen, Jeffrey de Lange, qui venait de récupérer le numéro 1 sur son maillot, avait la main chaude.

    Le Néerlandais allait gagner plusieurs duels, à des moments clés. Juste avant le repos, et quelques minutes après la reprise. Permettant ainsi à son équipe de conserver son avantage, alors que les débats s’équilibraient après les retouches de Jens Berthel-Askou.

    Après leur démonstration en première période, les Olympiens passaient en mode abnégation dans un acte II où Toulouse était plus souvent aux abords de la surface marseillaise. La vidéo devait sauver l’OM d’une réduction du score qui aurait sans doute plombé l’ambiance, en sanctionnant Casper Tengstedt d’un hors-jeu (69).

    S’ils restaient devant, se procurant même des occasions de porter leur avantage à trois buts, notamment sur une reprise de la tête d’Igor Paixão renvoyée par le montant de Guillaume Restes (61), les hommes de Bruno Genesio se montraient moins à leur avantage à l’approche du money-time. Comme si les démons du Havre étaient revenus hanter le Vélodrome.

    Mais cette fois, l’OM parviendra à les chasser pour assurer un quatrième succès consécutif en Ligue 1. Bienvenu avant le voyage à Leverkusen.

  • À Aix, la jeunesse maintient la pression dans la rue

    À Aix, la jeunesse maintient la pression dans la rue

    Travailleurs, étudiants, lycéens, retraités et familles se sont rassemblés au pied de la Rotonde pour cet « acte III » de la mobilisation, samedi. Cette manifestation, qui n’avait pas été déclarée, a tout de même réuni « 800 personnes », selon un syndicat étudiant, « 700 au plus fort », selon les chiffres de la police. Un peu moins que les semaines précédentes, « mais n’oublions pas les vacances : les étudiants, qui pour beaucoup, rentrent pour les vacances, manifestent dans leurs villes natales et les lycéens habitent loin, n’ont pas le permis… Aix est une ville étudiante et se vide rapidement pendant les congés », analyse Lina, étudiante.

    Le cortège a emprunté le boulevard Victor-Hugo avant de bifurquer vers le boulevard Carnot. Encadrés par les forces de l’ordre, les manifestants ont finalement été contraints de revenir vers le centre-ville. La mobilisation s’est déroulée

    Les revendications demeurent intactes et la détermination ne faiblit pas. « On se sent encore plus obligés d’être là alors qu’on nous interdit de manifester », déroule une étudiante de Sciences Po. « On a une répression assez ferme, avec ce couvre-feu pour les mineurs, cette interdiction de manifester, alors qu’à Aix-en-Provence, les manifestations se sont toujours très bien passées », estime Paul Maille, pour Génération.s et Jeunes Génération.s, lui aussi étudiant. Une mobilisation moins importante en nombre, certes, mais que Léonard, étudiant ayant participé aux premiers blocus avant de rejoindre différents cortèges, juge désormais mieux ancrée.

    « à fond »

    « Aujourd’hui, on est un peu au pic de la mobilisation, j’espère qu’on sera encore plus nombreux, notamment le 5 novembre. Le 17 octobre à bien aidé, on a récupéré beaucoup de personnes, notamment issu du monde professionnel. En tant qu’étudiant, on a commencé depuis longtemps et on espère que ça va s’amplifier. C’est le cas au niveau national, international… Avec l’intersyndicale qui va nous suivre, ça va être encore plus important, analyse Léonard. On espère qu’il y aura de réelles décisions. On a eu des réponses, mais ce ne sont pas celles qui étaient attendues. »

    Au-delà des revendications de la jeunesse, très majoritaire dans le cortège ce samedi, des manifestants de tous âges et issus de divers secteurs professionnels tenaient aussi à faire entendre leur voix. « Je suis AESH et je suis à fond dans cette cause. J’ai 63 ans, bientôt à la retraite, mais je me sens complètement impliquée dans ce mouvement qui est un regroupement des forces, sourit Muriel, qui tient une pancarte indiquant “je ne lâche rien”. Ce n’est pas fini. Je ferais partie des gens dans la rue le 5 novembre, quitte à perdre de mon tout petit salaire. Il y a même des syndicats de mon établissement qui font des cagnottes pour donner à celles qui, comme nous, perdent de leur salaire. »

    Un peu plus loin dans le cortège, une infirmière, accompagnée de sa fille, ne se dit pas surprise par la poursuite du mouvement.« Demandez aux gens, à tous ceux qui font les métiers de première ligne. Demandez-leur s’ils arrivent à vivre, à nourrir leurs gosses, à se projeter. Ils vous répondront sûrement que c’est difficile. Tous ces gens vont se retrouver dans la rue jeudi. » Avant cette date, rumeurs de blocus lycéens et étudiants courent déjà le cortège.

  • À Avignon, des manifestants parqués mais déterminés

    À Avignon, des manifestants parqués mais déterminés

    Comme une semaine plus tôt, le préfet avait interdit, ce samedi, toute manifestation dans le centre-ville et le long des remparts d’Avignon. Un scénario similaire s’est déroulé avec un rassemblement statique toléré entre 10 heures et midi, qui s’est ensuite dispersé dans le plus grand des calmes. Et ce même si les 180 forces de sécurité n’ont pas hésité à fouiller des sacs, confisquer des pancartes et dresser 43 verbalisations tout au long de la journée.

    Une manifestation avait pourtant été déclarée par Solidaires, mercredi, et le tribunal administratif a rejeté le recours en référé visant à la maintenir. « Il n’y a même pas eu d’audience, le juge a statué sans recevoir qui que ce soit, on a affaire à une justice bourgeoise aux ordres de la macronie dont leur seul but est de tuer dans l’œuf la résurgence des Gilets jaunes et la mobilisation lycéenne », dénonce Thierry Juny, co-délégué de Solidaires 84. Dans la bonne humeur, les quelques 300 à 400 manifestants ont chanté et improvisé une chenille, seule manière de défiler. Une présence un peu en-deçà de samedi dernier, « beaucoup se réservent pour ce jeudi », glisse un habitué. La CGT a déposé un parcours entre le cours Jean-Jaurès et le palais des papes et espère pouvoir l’honorer.

    « Créer un rapport de force par la grève »

    La vingtaine, Solène et Lola sont des habituées des mobilisations depuis un mois, surtout à Marseille, où elles devraient être aussi jeudi. « On est venu à Avignon justement parce que c’est interdit et montrer qu’on n’accepte pas de subir cette loi du silence imposée », expose Solène, qui brandit une pancarte aux couleurs d’une enseigne de grande distribution, « Super fâchée, tous unis contre la vie chère ». Roger, 74 ans, ancien charpentier, jamais encarté ni syndiqué, mais « bien ancré à gauche » est là « à chaque fois, pour les jeunes générations ». Rétablissement de l’ISF ou taxe Zucman lui semblent de premières mesures immédiates à instaurer.

    Dans le rassemblement, quelques épars drapeaux syndicaux de la FSU, CGT ou FO. « On est parqués, mais plus déterminés que jamais, ce ne sont pas ces intimidations du gouvernement qui nous feront reculer », assène Tanguy Langlet, secrétaire de FO éducation. « Toutes les revendications sont légitimes, autour de la vie chère, pour la jeunesse, les salaires », plaide-t-il. Jérôme, ergothérapeute et militant CGT à l’hôpital de Montfavet, apprécie « la diversité intergénérationnelle » du rassemblement et veut agréger tout le monde jeudi : « Depuis dix ans, on ne peut pas dire que tous nos besoins fondamentaux autour de la santé, l’éducation ou la justice aient été comblés » « Toutes les luttes, même hors syndicales, sont respectables, mais à un moment, elles doivent converger pour créer un véritable rapport de force qui passe par la grève, développe Thierry Juny. Si tu bloques pas l’économie et que tu tapes pas au portefeuille des patrons, il n’y a rien qui bouge. » « Allez, à jeudi », entend-on dans la foule au moment de se disperser. « Et oui, ça approche »…

  • Dans les 11-12, le RN travaille en famille

    Dans les 11-12, le RN travaille en famille

    Lors du dernier conseil d’arrondissements du 6e secteur, le 13 octobre dernier, l’un des deux collaborateurs de la majorité d’extrême droite du secteur avait braqué l’attention sur lui. Alors que l’élu (DVG) Azad Balalas-Kazandjian poursuivait sa prise de parole face au maire RN du secteur, Nicolas P. était venu lui arracher le micro des mains. Face aux protestations de ses oppositions, Olivier Rioult avait été contraint de réprouver publiquement son intervention. Avant de le défendre le lendemain sur les réseaux sociaux. « Il fait 1,70m, il a 23 ans et incarne la gentillesse », écrivait-il en précisant que lorsque le maire de Marseille lui coupe le micro, lui « ne pleurniche pas ».

    Mais dans les coulisses, après cette séance marquée par la démission d’une conseillère de la majorité (notre édition du 14/10), un autre détail a fait tiquer les élus d’opposition, aussi bien à droite qu’à gauche. C’est que le jeune collaborateur diplômé de lycée militaire se trouve être le fils de la 8e adjointe du secteur déléguée à la vie associative et aux centres municipaux d’animation, Karine Fauchard. L’élue et son fils apparaissent ainsi depuis 2020 comme associés de la société civile immobilière (SCI) familiale implantée dans le 13e arrondissement.

    Un mélange des genres questionnable. Mais qui reste dans les clous de la légalité. « C’est le maire de secteur qui n’a pas le droit d’embaucher un membre de sa famille », confirme-t-on en mairie centrale. La municipalité n’intervient ainsi que lorsqu’un risque juridique se présente, notamment pour prise illégale d’intérêt. C’était notamment le cas pour l’ex-maire des 13-14 Stéphane Ravier, alors encarté au RN, qui avait embauché son fils comme jardinier dans sa mairie de secteur entre 2015 et 2017. Il a été condamné en appel le 10 février dernier à six mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt, et s’est pourvu en Cassation.

    Collaborateurs très actifs

    « Les embauches se font au mérite, aux diplômes et à la compétence », assure de son côté Olivier Rioult auprès de La Marseillaise. En glissant qu’il avait « donné entière satisfaction lorsqu’il travaillait au groupe de Madame Vassal en 2022 ». Sans laisser un souvenir impérissable. « Il devait être contractuel ou dans des fonctions opérationnelles et non organisationnelles », estime un cadre à droite.

    Pour les oppositions, l’embauche du fils d’une adjointe du secteur alerte d’autant plus qu’ils observent une parole très cadrée des membres de la majorité par ces mêmes collaborateurs. « Les élus interviennent comme ils le souhaitent », assure Olivier Rioult en indiquant que les collaborateurs proposent simplement des éléments de langage aux élus. À l’issue du dernier conseil d’arrondissements, la conseillère déléguée à l’action sociale, Martine Piazza, était venue s’excuser auprès du maire d’avoir pris librement la parole pour s’opposer à des subventions pour l’accès aux droits qui allaient « financer la submersion migratoire » assurait-elle. Devant la presse, celui-ci l’avait assurée de son soutien.

  • Geoffroy Roux de Bézieux prend la tête des Alpes 2030

    Geoffroy Roux de Bézieux prend la tête des Alpes 2030

    Réunies en assemblée générale extraordinaire ce jeudi, les parties prenantes d’Alpes 2030 ont nommé à l’unanimité Geoffroy Roux de Bézieux au poste de président du Comité d’organisation des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver Alpes 2030 (Cojop). À un peu plus de trois mois des Jeux, cette désignation permet à l’instance d’ouvrir un nouveau chapitre, alors qu’elle était plongée dans une crise de gouvernance ces derniers mois. L’homme d’affaires de 64 ans prend la suite d’Edgar Grospiron, qui avait démissionné le 10 septembre, et de Vincent Roberti, qui avait assuré l’intérim.

    « C’est le job d’une vie ! », a lancé le nouveau patron après sa désignation au siège du Comité à Décines-Charpieu, près de Lyon. « J’y vais avec beaucoup d’enthousiasme. À titre personnel, j’ai vécu les deux quinzaines Olympiques de Paris 2024 comme un moment enchanté et j’aimerais pouvoir faire revivre ça à nos concitoyens en 2030. » Le chef d’entreprise devra faire basculer les JO dans leur phase opérationnelle tout en gérant la crise interne : « On n’est pas en retard, on n’est pas en avance non plus », a-t-il assuré. Revenant sur son profil d’homme d’affaires, il a souhaité rappelé qu’« il est arrivé, y compris dans des Jeux récents, à l’extérieur de la France, que ce soit un chef d’entreprise ou une personnalité n’étant pas champion olympique qui endosse cette responsabilité ».

    « Ses capacités reconnues de dialogue et d’écoute, sa connaissance des territoires comme du monde économique et sportif, constituent autant d’atouts essentiels pour réussir des Jeux ambitieux et responsables », a communiqué le bureau exécutif du Cojop (constitué de la ministre des Sports Marina Ferrari, de Fabrice Pannekoucke pour Auvergne-Rhône-Alpes, de Renaud Muselier pour Provence-Alpes-Côte d’Azur, de la présidente du comité national olympique Amélie Oudéa-Castéra, de la présidente du comité paralympique Marie-Amélie Le Fur, et de l’ancien Premier ministre Michel Barnier). « Cette nomination donne un nouvel élan au projet, a souligné Amélie Oudéa-Castéra. Il faut maintenant mieux en rythmer l’action et les livrables, continuer à mieux embarquer les forces vives de la société civile et les territoires, sécuriser les équilibres économiques et budgétaires ».

    Geoffroy Roux de Bézieux avait déjà un pied dans le comité d’organisation des Jeux, puisqu’il était depuis avril président du comité des rémunérations. Il a aussi été membre du conseil d’administration de Paris 2024. L’entrepreneur a dirigé le Medef de 2018 à 2023 et l’Unédic. Il a aussi siégé dans diverses instances liées au sport. S’il pratique le vélo et le triathlon en amateur, il n’a en revanche, a priori, ni l’expérience, ni la fine connaissance de la montagne de son prédécesseur, champion olympique 1992 de ski de bosse.

    Agathe Di Lenardo

    RÉACTIONS

    Jean-Marie Bernard, président des Hautes-Alpes

    « Geoffroy Roux de Bézieux est certes connu pour avoir présidé le Medef pendant cinq ans. Je vois en lui avant tout un entrepreneur actif, constructif, et qui connaît les arcanes des organisations complexes, ayant notamment siégé au sein du Conseil d’administration de Paris-2024. Les JO 2030 ont besoin d’un profil comme le sien. Charismatique, qui n’a pas peur de travailler, qui sait mettre en valeur les atouts de nos territoires et plus largement de la France. Passionné de sport, je sais qu’il saura s’impliquer dans cette organisation sans relâche et qu’il saura emmener les équipes organisatrices jusqu’à la consécration de nos territoires au cours de l’hiver 2030. »

    Arnaud Murgia, maire de Briançon

    « Son expérience de chef d’entreprise, sa culture du résultat et son sens de l’exécution seront des atouts précieux pour mener ce projet à bien. Place désormais à la stabilité et au travail pour tenir nos engagements et faire de ces Jeux un succès : des Jeux sobres et qui dessinent la montagne française de demain. »

  • 117 communes reconnues en catastrophe naturelle

    117 communes reconnues en catastrophe naturelle

    Par un arrêté publié ce jeudi au Journal officiel, un total de 184 communes, dans le quart Sud-Est de la France, ont été reconnues en état de catastrophe naturelle « pour les dommages causés par les inondations et coulées de boue », dix jours après les orages meurtriers qui ont frappé la région, les 19 et 20 octobre. Parmi elles, 117 communes de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, dont 72 dans les Bouches-du-Rhône, 19 dans le Var et 26 en Vaucluse. Aucune demande de reconnaissance n’a été refusée.

    À l’échelle régionale, il faut remonter aux inondations du 23 novembre 2019, qui avaient fait six morts dans le Var et les Alpes-Maritimes, pour dépasser ce nombre, avec 169 municipalités reconnues en catastrophe naturelle. Dans les Bouches-du-Rhône, il faut remonter au mois de décembre 2003 (84 communes reconnues), lorsque les digues du Rhône avaient cédé. Sept personnes avaient alors perdu la vie.

    Cette fois, la publication s’est faite « dans des délais record », apprécie le maire (DVD) de Saint-Mitre-les-Remparts, Vincent Goyet. Lors de son déplacement dans le département le 23 octobre, le ministre de la Transition écologique, Mathieu Lefèvre, avait promis une procédure accélérée pour ouvrir la voie aux indemnisations, face aux inondations qui ont fait trois morts dans les Bouches-du-Rhône. Désormais, les sinistrés disposent de trente jours pour déclarer les dégâts à leur compagnie d’assurance.

    La longue marche

    de l’indemnisation

    Cette indemnisation est en effet obligatoire pour les personnes qui possèdent une assurance de dommages, dès lors que les sinistres déclarés sont la conséquence directe de la catastrophe naturelle. Elle comprend les frais de pompage, de nettoyage, de désinfection. Après la déclaration de sinistre, les assureurs disposent d’un délai d’un mois pour saisir un expert, puis lorsque le rapport d’expertise est rendu, d’un mois supplémentaire pour faire une proposition d’indemnisation. Lorsqu’elle est acceptée, elle doit être versée dans un délai de 21 jours.

    « L’État devait concrétiser ses engagements sans perdre de temps. Nous avons été entendus », apprécie désormais le président (LR) de la Métropole Aix-Marseille, Nicolas Isnard. Mais alors que le ministre s’était heurté à la défiance des maires lors de sa visite, l’institution avertit : « L’accompagnement doit se poursuivre avec la même intensité. » « Les moyens financiers qui seront obtenus permettront de panser les trop nombreuses plaies que l’orage a laissées sur notre ville », souligne aussi le maire (PCF) de Port-de-Bouc, Laurent Belsola, en remerciant les habitants pour leur mobilisation qui a permis cette reconnaissance : « La force du nombre a, une nouvelle fois, permis de faire avancer les choses. » Désormais, ses services municipaux, comme dans de nombreuses autres villes touchées, restent mobilisés pour aider les habitants à accéder à leurs droits. Tandis que la Région et le Département ont déjà débloqué des aides exceptionnelles, le ministre Mathieu Lefèvre promettait, mercredi à l’Assemblée, que « l’État est mobilisé », avec des reports de charges pour les agriculteurs qui s’ajoutent aux dispositifs de calamité agricole et dotations de solidarité pour les communes.

    Reste désormais à faire face aux conséquences de long terme. Si les circulations ferroviaires ont pu reprendre en mode dégradé, « des travaux complémentaires se poursuivront pendant plusieurs semaines », avertit SNCF Réseau, « compte tenu de l’ampleur des dégâts constatés ». à Saint-Mitre, plusieurs dizaines d’arrêtés de mise en sécurité sont en cours d’envoi aux propriétaires « dont les ouvrages demeurent menaçants ». à Carry, le sentier du Lézard est fermé depuis lundi face aux effondrements et glissements de terrain. à Saint-Chamas, une étude globale doit être menée pour sécuriser les collines « encore gorgées d’eau et fragilisées », indiquait, mardi, la maire Magali Ramos. Certaines maisons ne peuvent toujours pas être habitées. De quoi illustrer l’ampleur des chantiers qui s’ouvrent, alors que le dérèglement climatique accroît les dangers : le coût des inondations devrait s’élever à 50 milliards d’euros entre 2020 et 2050, contre 18 milliards entre 1989 et 2019.

    LES VILLES CONCERNÉES

    Bouches-du-Rhône

    Aix-en-Provence ; Alleins ; Arles ; Aureille ; Aurons ; La Barben ; Beaurecueil ; Belcodène ; Berre-l’Étang ; Bouc-Bel-Air ; Cabriès ; Carnoux-en-Provence ; Carry-le-Rouet ; Ceyreste ; Charleval ; Châteauneuf-les-Martigues ; La Ciotat ; Cornillon-Confoux ; Éguilles ; Ensuès-la-Redonne ; Eyguières ; La Fare-les-Oliviers ; Fontvieille ; Fos-sur-Mer ; Fuveau ; Gignac-la-Nerthe ; Grans ; Gréasque ; Istres ; Jouques ; Lamanon ; Lambesc ; Lançon-Provence ; Mallemort ; Marignane ; Marseille ; Martigues ; Meyrargues ; Meyreuil ; Mimet ; Miramas ; Mouriès ; Noves ; Paradou ; Pélissanne ; Les Pennes-Mirabeau ; Peyrolles-en-Provence ; Port-Saint-Louis-du-Rhône ; Port-de-Bouc ; Le Puy-Sainte-Réparade ; Puyloubier ; Rognac ; Le Rove ; Saint-Andiol ; Saint-Cannat ; Saint-Chamas ; Saint-Étienne-du-Grès ; Saint-Marc-Jaumegarde ; Saint-Martin-de-Crau ; Saint-Mitre-les-Remparts ; Saint-Rémy-de-Provence ; Saint-Victoret ; Salon-de-Provence ; Sausset-les-Pins ; Sénas ; Septèmes-les-Vallons ; Simiane-Collongue ; Tarascon ; Velaux ; Venelles ; Ventabren ; Vitrolles.

    Var

    Les Arcs ; Bandol ; Cabasse ; Le Castellet ; Claviers ; Correns ; Gonfaron ; Grimaud ; Lorgues ; Montfort-sur-Argens ; Le Plan-de-la-Tour ; Roquebrune-sur-Argens ; Saint-Antonin-du-Var ; Saint-Cyr-sur-Mer ; Saint-Tropez ; Sainte-Maxime ; La Seyne-sur-Mer ; Le Thoronet ; Vidauban.

    Vaucluse

    Apt ; Caromb ; Carpentras ; Caumont-sur-Durance ; Cheval-Blanc ; Courthézon ; Entraigues-sur-la-Sorgue ; Lourmarin ; Mazan ; Ménerbes ; Mérindol ; Monteux ; Mormoiron ; Murs ; Oppède ; Pernes-les-Fontaines ; Pertuis ; Puget ; Puyméras ; Robion ; La Roque-sur-Pernes ; Saint-Saturnin-lès-Avignon ; Uchaux ; Vacqueyras ; Vedène ; Visan.

  • [Exclusif] Interdiction de manifestations et couvre-feu pour les mineurs dans les Bouches-du-Rhône

    [Exclusif] Interdiction de manifestations et couvre-feu pour les mineurs dans les Bouches-du-Rhône

    Dans un courrier adressé aux préfets ce jeudi, le ministre de l’Intérieur, Laurent Nunez, a alerté sur un « risque de violences urbaines très élevé » face aux appels à manifester du 31 octobre.

    Dans la droite ligne de ses recommandations, la préfète de police déléguée a pris une série d’arrêtés interdisant les manifestations non déclarées dans les centre-villes, pour tout le week-end, et y réinstaurant un couvre-feu pour les mineurs non accompagnés de leurs parents.

    Les « manifestations et les rassemblements revendicatifs non déclarés » sont ainsi interdits du vendredi 30 octobre à 18h au lundi 2 novembre à 5h dans les villes de Marseille, Aix-en-Provence, Miramas, Salon-de-Provence, Aubagne, Cabriès, Les Pennes-Mirabeau et Arles dans les secteurs correspondants aux centres-villes, ainsi qu’aux centres commerciaux.

    S’y ajoutent des interdictions de port d’équipements de protection individuels « de type gants, genouillères, casques, masques professionnels de chantier ou lunettes de protection destinés à mettre échec tout ou partie des moyens utilisés par les représentants de la force publique pour le maintien de l’ordre public », de transport d’objets « susceptibles de constituer une arme par destination » et de transport de carburant « sous forme conditionnée » dans les mêmes périmètres.

    Enfin, le couvre-feu interdit toute circulation de mineur non accompagné par au moins l’un de ses représentants légaux de 23h à 5h du matin, entre vendredi soir et lundi matin, dans le centre-ville de Marseille et auprès des centres commerciaux de la ville, dans la zone commerciale des Paluds à Aubagne et dans la zone commerciale de Plan-de-Campagne.