Et pourtant communiste ! n’est pas seulement le récit de la longue vie politique de François Asensi, député et maire de Tremblay-en-France en Seine-Saint-Denis, pendant trente-cinq ans. C’est le témoignage, sur une époque, d’un homme qui, après avoir consacré une grande partie de sa vie au Parti communiste français, continue de revendiquer une fidélité à ce que le mot « communiste » représente pour lui. Né en 1945 à Santander, en Espagne, dans une famille de républicains espagnols, son père rejoignit les Brigades internationales en 1938. À l’âge de deux ans, il part avec ses parents, réfugiés en France, où ils trouvent asile et chaleur dans le quartier du Landy, cette « petite Espagne » entre Saint-Denis et Aubervilliers.
François Asensi appartient à une génération nourrie par le communisme et la lutte antifasciste, qui furent à la fois une culture, une communauté militante et une promesse d’émancipation. Son parcours est inséparable de celui d’une Seine-Saint-Denis populaire, profondément marquée par l’histoire du mouvement ouvrier. Engagé dès l’âge de 16 ans contre la guerre d’Algérie, responsable national de la Jeunesse communiste, membre de la direction nationale du PCF, il est élu, à 34 ans, premier secrétaire de la première fédération communiste du pays, puis devient suppléant du président du groupe communiste à l’Assemblée nationale et maire de Tremblay-en-France de 1991 à 2026.
Mais le livre est aussi celui d’une rupture. En 1985, il est limogé de son poste de premier secrétaire fédéral. François Asensi raconte les conflits internes, les désaccords stratégiques et démocratiques qui l’ont progressivement éloigné de l’appareil communiste, jusqu’au départ en 2010, de cet « insoumis » du PCF qui soutient aujourd’hui la candidature de Fabien Roussel à la Présidentielle. Le livre ajoute alors à la dimension autobiographique une réflexion profonde : peut-on quitter un parti sans renoncer à l’idéal qui nous y avait conduits ? François Asensi propose une réflexion sur ce que signifie militer, exercer le pouvoir local, rester fidèle à ses convictions, et lier une vie politique à l’utilité collective plutôt qu’aux honneurs. C’est ce quoi il s’est engagé dans sa commune pour y transformer la vie. Social, écologie, logement, sport, citoyenneté, solidarité internationale… on n’est pas réélu maire six mandats durant, par hasard. En 2023, François Asensi figure même parmi les neuf finalistes du prix World Mayor de la fondation The City Mayors, qui distingue les meilleurs élus locaux du monde. La formule « Avoir été peut-être utile » qui complète le titre, livre tout son sens.
François Asensi (avec Valère Staraselski), Et pourtant communiste ! – Avoir été peut-être utile…, Éditions Télémaque, 2026, 247 p., 19 €.

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