Category: politique

  • Les militants de la CGT 13 à la rencontre des travailleurs

    Les militants de la CGT 13 à la rencontre des travailleurs

    Tous à l’arrêt, jeudi ! Pour les salaires, pour de meilleures conditions de vie ! Tous dans la rue, jeudi », clame Sabrina Manca, postière et secrétaire de l’UD CGT 13 depuis un an. À la gare Saint-Charles, l’Union départementale CGT des Bouches-du-Rhône prépare la mobilisation nationale de jeudi. « L’électricité augmente, pas mon salaire », peut-on lire sur l’affiche placardée au mur, juste à côté. Installés à un point stratégique entre les quais des trains et la station de métro, les cégétistes profitent de ce passage très fréquenté pour distribuer leurs tracts au flux ininterrompu de voyageurs.

    Le tractage de ce lundi matin cherche à visibiliser et détailler les motivations de la mobilisation de jeudi. « Aujourd’hui, on a trois points de distribution dans tout Marseille, un à Gèze, un à la Blancarde et un ici à Saint-Charles. Le but, c’est vraiment de faire connaître au plus possible l’action de grève, et expliquer aux travailleurs en général, pourquoi on se bat et pourquoi ça va être important de sortir dans la rue ce jour-là », précise Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13.

    Rapidement, des dizaines de tracts transitent des mains des militants CGT à celles des passants. « C’est une heure de pointe, donc ça va très vite avec tout ce monde. L’objectif, c’était de viser les travailleurs. C’est pour ça qu’on est venu aussi tôt », confie Sabrina Manca, qui milite « depuis toujours ».

    Une journée

    d’une importance capitale

    Marc Pietrosino insiste sur le caractère décisif de la mobilisation de jeudi : « C’est le début de quelque chose. Là, on a un budget qui se prépare, qui est un budget de guerre sociale. Il y a des mobilisations un peu partout : citoyennes, lycéennes, étudiantes… Pour l’instant, elles n’obtiennent que la répression comme seule réponse. Donc, nous, en tant qu’organisation du travail, il faut qu’on réussisse à mettre le pays à l’arrêt, qu’on fasse un véritable bouclage de l’économie afin de se faire entendre, puisque visiblement le gouvernement ne comprend que ça ».

    Il souligne, par ailleurs, le bon accueil reçu de la part des salariés, dont l’implication est nécessaire afin de donner plus de poids au mouvement : « Il y a des signes qui sont très positifs. De manière générale, on a pas mal d’arrêts de travail qui tombent. Donc, on a des raisons de croire que ça peut être une journée assez énorme ».

    Les militants ont parfaitement conscience de la nécessité, pour eux, de faire le lien entre les travailleurs. « Dans leur vie de tous les jours, les gens se concentrent sur la façon dont ils vont payer leurs factures. Mais les salaires et les conditions de travail sont déplorables et ne s’améliorent pas. Dans le même temps, le Rassemblement National vote contre l’augmentation du Smic. C’est donc important de leur rappeler pourquoi on fait ça, ils ont besoin de l’entendre », affirme Sabrina Manca.

    Les cégétistes mobilisés se réjouissent des réactions des passants, qu’ils espèrent voir venir grossir les rangs de la manifestation de jeudi. « Je trouve les gens vachement réceptifs, c’est pas toujours comme ça. J’ai croisé plusieurs personnes qui m’ont dit : “on est avec vous, on sera dans la rue jeudi“. Le tractage fait son effet, on ressent une vraie volonté des travailleurs de répondre à l’appel du 5 », poursuit la postière, alors qu’une dame souhaite « bon courage » aux militants, au moment de saisir son tract.

  • Sur le terrain, les communistes tractent pour inciter à la participation

    Sur le terrain, les communistes tractent pour inciter à la participation

    On se retrouve tous ensemble jeudi pour la grève contre la vie chère ! Ça concerne tout le monde ! » Devant les portes de la station de métro de Sainte-Marguerite Dromel, dans les quartiers sud de Marseille, plusieurs militants communistes donnent de la voix pour la distribution de tracts du jour. « La colère est légitime, la réponse doit être sociale », est imprimé sur les plusieurs centaines de feuilles qui partent en quelques dizaines de minutes. À la criée, Selma, militante du 10e arrondissement, donne le lieu et l’heure de la manifestation marseillaise à venir. « La vie chère, on est tous concernés par le problème. Le mouvement de grève est pour les retraites, pour des conditions de travail dignes et des études dignes », lance-t-elle à tire-larigot. D’un sourire ou d’un signe de tête, les passants prennent volontiers le tract estampillé PCF.

    Dans la plupart des cas, l’échange ne dure que quelques secondes mais certains curieux s’arrêtent et échangent avec les militants. Un jeune qui est au lycée professionnel César Baldaccini lit le tract avec attention après qu’Erwan, militant du 9e arrondissement, lui a confirmé le soutien du PCF au mouvement lycéen. « Fallait bien qu’on se fasse entendre mais c’est pas encore assez », juge le jeune. Avant de développer : « Les horaires, c’est impossible. On n’a pas de vie. » « On veut aussi supprimer la réforme Blanquer et Parcoursup », répond Erwan. Mais le sujet du jour est bien l’invitation à la manifestation de ce jeudi. « Ma mère ne voudra pas que j’y aille mais je vais venir quand même », poursuit le lycéen. « La manif va être sécurisée avec les syndicats », rassure Erwan. L’échange continue quelques minutes, le premier appelant à « arrêter de consommer » quand le militant communiste fait de la pédagogie : « C’est justement l’objet de la grève, arrêter l’économie. » Véronique, la secrétaire de la section du 10e arrondissement, confirme le bon accueil global du jour : « Aujourd’hui, les gens prennent les tracts assez volontiers. On sent un soutien, on sent que ça leur parle. »

    Des milliers

    de tracts distribués

    Même ceux qui refusent les tracts d’un geste de la main restent cordiaux. « Les refus vont rarement jusqu’aux insultes », confirme Florian Le Pape, militant de la section du 10e. Manque de chance, quelques instants après, un retraité refuse avec véhémence et lance « Si j’étais flic… » en mimant des tirs de fusil avec ses mains. Le militant communiste ne désarme pas : « C’est grâce aux communistes que vous avez une retraite ! » Le belliqueux repartira en baissant la tête et en marmonnant dans sa barbe. Pas de quoi enrayer l’ambiance bon enfant de la distribution ni son efficacité : les 500 tracts du soir sont partis comme des petits pains. L’initiative s’inscrit d’ailleurs dans un déploiement plus global de maintes sections communistes cette semaine : la veille, les militants du 8e arrondissement de la ville, ont fait de même du côté du Prado et ont distribué « 1 500 tracts ». Le matin même, c’était ceux du 2e arrondissement qui étaient sur le pont de l’autre côté de la ville.

  • La protection de l’enfance, un enjeu de politique publique

    La protection de l’enfance, un enjeu de politique publique

    Le cerveau de l’enfant est vulnérable et malléable, il se façonne dans la relation à l’adulte », rappelle Vincent Théron dans son intervention au conseil de canton de Martigues mardi soir, salle Dufy. Cette idée tirée de l’œuvre de la pédiatre Catherine Gueguen résume l’enjeu de la protection de l’enfance, qui fait l’objet d’assises obtenues par le groupe communiste au Département les 18 et 19 novembre.

    Comme à Gardanne à la mi-octobre, les témoignages en attestent. « J’ai été victime d’inceste il y a plus de 20 ans. Ça a déclenché des handicaps chez moi » illustre cette jeune femme, « les enfants victimes de violences se construisent de manière bancale et les rendent plus vulnérables à l’âge adulte, par exemple aux violences conjugales ». Cette autre jeune femme membre du Mouvement des jeunes communistes rebondit : « L’Éducation nationale a mis en place un questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles. Mais quel est le suivi ? » pose-t-elle. « Il faut donner les outils aux jeunes pour s’exprimer, au travers de l’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité », affirme-t-elle.

    Former à détecter

    Victime devenue travailleuse sociale, l’adjointe Marceline Zéphir considère que « la politique de la Ville permet de prévenir ces problèmes quand elle met en place des activités gratuites et des accompagnements financiers, psychologiques ou sociaux ». Le maire (PCF) Gaby Charroux complète : « Cela nécessite une vigilance permanente » des agents, « nous avons eu des expériences où il nous est arrivé de prendre des mesures d’éloignement contre des adultes ». « Nous formons l’ensemble de nos animateurs et de nos structures comme les CIS ou centres aérés qui sont un pilier préventif », poursuit cette agente de la Ville, « dès qu’on a un doute, nous faisons des informations préoccupantes », le dispositif de signalement des mineurs en danger.

    Mais au-delà de la Ville, Marceline Zéphir insiste sur le besoin « de développer les mesures d’Action éducatives en milieu ouvert », pour maintenir les mineurs en famille, « parfois mieux que d’être placé loin ». Mais aussi, l’élue appuie « le suivi des enfants jusqu’à 21 ans dans le cadre du contrat jeunes majeurs », contrairement à certains départements où « quand t’es majeur, tu te démerdes ».

    La conseillère départementale (PCF) Magali Giorgetti rappelle que « le service public et le tissu associatif ne sont pas des chances mais des choix politiques ». Son binôme Gérard Frau affirme dans ce sens que ces témoignages et propositions « doivent créer l’exigence que nous allons porter » lors des assises de la protection de l’enfance. Le prochain rendez-vous est à Arles, samedi 7 novembre à 17h en la Bourse du Travail.

  • Une messe pour l’Armistice à Rognac, l’opposition saisit le procureur

    Une messe pour l’Armistice à Rognac, l’opposition saisit le procureur

    La cérémonie de commémoration de l’Armistice organisée par la Mairie fait polémique au sein des élus. Envoyée par le service du protocole, l’invitation indique, entre autres : « 10h : messe à l’église Saint-Jacques. (…) Prévoir le port de l’écharpe. » Le conseiller d’opposition Stéphane Duchesne (DVD) annonce faire un signalement auprès du procureur de la République d’Aix-en-Provence, au titre de l’article L2122-34-2 du Code général des Collectivités territoriales qui dispose : « Pour les attributions qu’ils exercent au nom de l’État, le maire ainsi que les adjoints et les membres du conseil municipal (…) sont tenus à l’obligation de neutralité et au respect du principe de laïcité. » « J’estime qu’une écharpe tricolore n’a rien à faire dans une messe, réagit-il. Afficher ses opinions religieuses dans le cadre d’une cérémonie républicaine n’a pas de sens. »

    Le maire (RN) Christophe Gonzalez n’en est pas à son coup d’essai. Début octobre, il avait fait bénir une voie verte en présence du préfet Jacques Witkowski. L’extrême droite exerce une laïcité à géométrie variable. Tandis que le parti lepéniste pousse pour une interdiction du port du voile dans l’espace public, l’édile de Rognac « ancre de plus en plus la religion catholique comme étant religion communale », dénonce Stéphane Duchesne.

    Au RN, Christophe Gonzalez n’est pas le seul à jouer la provocation. À Ivry-sur-Seine, l’élu Kevin Nader, par ailleurs collaborateur d’Emmanuel Fouquart, s’était fait remarquer en juin pour avoir sorti un crucifix et entonné une prière catholique suite au rejet de sa proposition d’interdiction de tout signe religieux pour les élus locaux dans l’exercice de leurs fonctions. « Une charge peu subtile contre deux conseillères municipales qui portent le voile », selon Street Press qui relate l’épisode.

  • Nuñez assume tout devant la commission

    Nuñez assume tout devant la commission

    Audition très attendue mardi que celle de Laurent Nuñez. Le ministre de l’Intérieur a en effet ouvert les travaux de la commission d’enquête sur les débordements du 17 octobre. « Pas de tabou, mais pas de cirque », a d’emblée mis en garde le président, le député macroniste Vincent Caure.

    Si en introduction Laurent Nuñez a reconnu que « le bilan de la journée du 17 octobre est un échec », c’est pour mieux tout nier ensuite. Pas assez de policiers ? « Un dispositif policier plus étoffé en volume d’effectif déployé n’aurait sans doute pas permis à lui seul d’empêcher les incidents constatés », assure-t-il. Tout juste admet-il « un manque d’anticipation » quant à la simultanéité des « risques ». Mais d’assurer plus tard que si « dans certains endroits, les forces de l’ordre ne pouvaient pas intervenir […] je ne dirais pas qu’elles ont subi ni qu’elles ont été dépassées ».

    « Oui, on a protégé les manifestants »

    L’utilisation de la grenade assourdissante EF-SON autorisée le 17 octobre après avoir été suspendue le 7 octobre, dans le cadre du mouvement lycéen, après avoir arraché la main d’un étudiant à Lens ? « C’est une arme intermédiaire qui est extrêmement utile » assure le ministre, à peine gêné par le cas du jeune homme. S’il « regrette cette blessure très grave qui va se traduire par une infirmité permanente pour un jeune », il maintient que, selon lui, « le contexte de l’engagement de la force était réuni ».

    Le LBD ? « La seule arme intermédiaire qui permet de cibler une personne en particulier » lâche encore Laurent Nuñez, sachant que de nombreux blessés par cette arme ont été recensés lors de la manifestation du 17 octobre et que des enquêtes administratives sont en cours. Le recours à la nasse qui a piégé nombre de manifestants ? « Une technique qui est utile » affirme encore le ministre. Et d’affirmer sans ciller : « Oui, on a protégé les manifestants ».

    Celui qui avait présenté sa démission – refusée par Emmanuel Macron au lendemain du 17 octobre – n’est pas non plus prêt à reconnaître qu’il a failli à Marseille. L’absence de forces de l’ordre devant la mairie attaquée ? L’attention des CRS a été « détournée sur des groupes à risque » et ils « ont dû quitter provisoirement l’entrée de la mairie. C’est à ce moment-là que [les casseurs] sont entrés », raconte Laurent Nuñez, version contestée par le maire de Marseille, Benoît Payan.

  • Le Département contraint de réduire ses dépenses

    Le Département contraint de réduire ses dépenses

    Nous sommes dans une situation de maltraitance étatique comme nous en avons rarement connu. Depuis dix ans, nous alertons sur les mêmes incohérences et insuffisances de la part de l’État, qui assèche les fonds destinés aux services publics et aux collectivités locales », a déclaré Jean-Marie Bernard (LR), lors de la séance du Conseil départemental ce mardi. Le président des Hautes-Alpes a donné le ton : les questions d’orientations budgétaires ont dominé l’ordre du jour, sur fond d’inquiétude des élus quant aux marges de manœuvre financière du Département.

    Alors que le gouvernement fait face à une situation financière critique, le projet de loi de finances pour 2027 (PLF 2027) entend mettre à contribution, entre autres, les départements. « Mais nous refusons d’endosser la responsabilité des conséquences budgétaires de l’État », a poursuivi l’élu, dénonçant la « condescendance » du gouvernement. « Le Département est, avec la commune, le service public de proximité par excellence. Nous finançons les routes, les collèges, des projets d’aménagements pour nos vallées, et nous garantissons une solidarité entre concitoyens, que ce soit sur la question du handicap, de l’insertion ou du vieillissement. » Les élus sont unanimes sur la nécessité de « continuer à faire tourner le Département » et de « faire autant avec moins ».

    Plus de dépenses,

    moins de recettes

    Patrick Ricou, en charge des finances, a présenté les différentes contraintes. À commencer par le contexte budgétaire national, qui impacte aussi les collectivités locales : « Nous avons une croissance nationale qui tâtonne, et de l’autre côté une inflation qui ne cesse de grimper. La dette de notre pays et l’augmentation des taux d’intérêt sont une vraie préoccupation ».

    Si le PLF 2027 est adopté tel qu’il est aujourd’hui prévu, le Département devra contribuer « à l’effort national ». Ce qui signifie, concrètement, plus de dépenses et moins de recettes. Les Hautes-Alpes devront dépenser 2,1 millions d’euros dans le cadre de la Contribution progressive à l’effort budgétaire (CPEB), et verront leurs frais augmenter du fait de « mesures exogènes », comme la hausse du montant du Smic ou l’évolution des prestations sociales. Elles verront également leurs recettes diminuer de 2,81 millions d’euros à cause du blocage du gel de la TVA et de la baisse du FCTVA, une aide de l’État qui rembourse aux collectivités la TVA qu’elles paient lorsqu’elles réalisent des investissements. « On est en plein dans un effet ciseau, a dénoncé Patrick Ricou, des dépenses rigides avec peu de marge de manœuvre, des recettes peu dynamiques et une ponction importante de l’État pour le redressement des finances publiques. »

    Mais pas question de réduire les investissements « en faveur du territoire » : « Il est donc impératif de stabiliser la courbe des dépenses de fonctionnement, qui concernent notamment la masse salariale ». Pour cela, les élus prévoient de mener « des efforts de gestion », de stabiliser le niveau d’épargne et d’augmenter le taux des DMTO, des frais de notaire qui s’appliquent aux citoyens lors d’un achat immobilier. Il passera de 4,5% à 5%, mais les primo-accédants seront épargnés de cette revalorisation.

    Ces mesures permettront d’envisager un niveau d’investissement annuel qui reste important, de l’ordre de 56 millions d’euros. Car malgré ces contraintes, le Département assure maintenir ses engagements pour 2027 : modernisation des infrastructures routières, amélioration du patrimoine scolaire, solidarité humaine ou encore réduction de la fracture numérique.

  • Fabien Roussel appelle à amplifier les mobilisations

    Fabien Roussel appelle à amplifier les mobilisations

    La rue n’a pas dit son dernier mot ». Au siège du Parti communiste français, ce mardi, Fabien Roussel « appelle les Français à se saisir du 5 novembre » et à faire grossir les rangs des manifestants à l’occasion de la journée de mobilisation de l’intersyndicale.

    « Il faut que chacun prenne bien conscience de l’ampleur exceptionnelle du mouvement social auquel nous assistons. Exceptionnel par son ampleur et sa durée, par la convergence de toutes celles et ceux qui se rassemblent », entame le candidat à l’élection présidentielle. Et s’il loue ce mouvement social, c’est notamment car « cette mobilisation oblige le pays tout entier à regarder notre jeunesse et les conditions indignes dans lesquelles elle accède aux connaissances ». De quoi faire le lien avec les positions communistes sur les services publics : « Je dis aux lycéens et étudiants que nous ne les remercierons jamais assez de leur mobilisation. Nous qui dénonçons les politiques d’austérité depuis des années qui frappent les écoles, les lycées et les universités ». Et plus qu’un lien, le maire de Saint-Amand-les-Eaux voit dans la lutte de la jeunesse un « écho aux difficultés que vivent des millions de familles, de travailleurs et de retraités, dans le public comme dans le privé ».

    « Il faut une perspective politique »

    « Tout le monde subit les conséquences de 10 années de macronisme avec violence et brutalité », dénonce Fabien Roussel. Avant d’énumérer : « C’est la hausse des prix, des factures, des salaires en baisse, c’est la smicardisation du monde du travail, c’est l’accès à des services publics dégradés… ». Et de qualifier la crise politique actuelle : « une République qui connaît une régression sociale aussi inédite qu’insupportable ».

    Sur le fond, le candidat explique surtout qu’il « faut une perspective politique » à la colère qui s’exprime. « Il faut montrer qu’il y a des partis politiques qui relaient leurs propositions, c’est ce que nous faisons », explique-t-il. Et somme le gouvernement de « répondre aux revendications : C’est maintenant que nous voulons que les salaires augmentent. […] On ne peut pas attendre les élections présidentielles ! ». Il rappelle également la proposition du PCF d’une nationalisation de Total au regard du coût de l’essence : « Le coût d’une baisse de TVA sur l’essence ne représente qu’un trimestre de ses bénéfices annuels ». D’où son insistance à amplifier « le rapport de force entre le pouvoir et le peuple ». « C’est par le rapport de force qu’on pourra les faire plier. Emmanuel Macron a semé la misère, il récolte la colère, c’est l’heure de la moisson », martèle le communiste.

  • La gauche veut des mesures d’urgence

    La gauche veut des mesures d’urgence

    La date n’a pas été choisie au hasard. C’est bien en réaction au projet de budget de l’État et de la Sécurité sociale que les centrales syndicales se sont unies et ont lancé cet appel à la manifestation et à la grève ce jeudi 5 novembre. « C’est donc le moment de faire des choix politiques de priorité budgétaire », insiste le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard qui liste « l’augmentation du Smic et des salaires, le blocage des prix et l’augmentation du point d’indice des fonctionnaires. Des réponses formulées par les organisations syndicales et sur lesquelles le gouvernement doit désormais donner des réponses à la hauteur de l’ampleur des difficultés sociales que rencontrent un grand nombre des concitoyennes et des concitoyens ».

    Même son de cloche du côté des communistes qui réclament la mise en place de ces mesures d’urgence pour le pouvoir d’achat, et qui, au-delà du blocage, continuent de plaider pour la nationalisation de TotalEnergie. « Les raffineurs sont des profiteurs de guerre qui créent les conditions d’une spéculation sur le dos des Françaises et des Français et il est temps que ça s’arrête ! », tempête le secrétaire de la fédération des Bouches-du-Rhône du PCF, Jérémy Bacchi. Il plaide également pour « des mesures d’encadrement des prix du gaz et de l’électricité » alors que dans le pays « un tiers des Françaises et des Français déclarent ne pas se chauffer comme ils le devraient en raison des coûts de l’énergie. Dans un pays comme la France, c’est extrêmement dramatique », fustige le sénateur communiste.

    L’élu s’appuie sur le baromètre 2026 du médiateur national de l’énergie publié mardi qui révèle que « 34% [des foyers interrogés] déclarent avoir rencontré des difficultés à payer certaines factures d’électricité ou de gaz, contre 18% en 2020 ». C’est 55% chez les moins de 35 ans. À cela s’ajoute l’augmentation de 35% des prix de l’alimentation depuis l’arrivée d’Emmanuel Macron à l’Élysée en 2017. C’est, par exemple, 56% de plus pour les légumes et 61% pour l’huile et le beurre selon les données de l’Insee. « On propose une loi pour choisir un panier de 100 produits à prix bloqués. Ce qui permet aux gens de manger sainement sans se ruiner. Quand on voit les milliards de profits de la grande distribution, on a juste envie de pleurer », cingle le sénateur écologiste Guy Benarroche qui critique les orientations gouvernementales : « Ce n’est pas en facilitant la dérégulation des grandes entreprises et en ne touchant ni à leur capital, ni à leur profit, ni à leur dividende, qu’on va faire en sorte que les citoyens vivent mieux. Ce n’est pas la solution. Et pourtant, c’est celle qu’on continue à appliquer. C’est celle que défend encore l’État libéral, qui est le nôtre actuellement », tacle le Vert.

    Des discussions en vain ?

    Au crépuscule de la macronie, les discussions autour des amendements permettent surtout de dresser un bilan. « Le gouvernement nous balade. Vous avez, sans accord formel, un axe entre la droite et l’extrême droite qui fait tomber tous les amendements qui permettraient d’améliorer ce texte », dénonce le député PS Laurent Lhardit. « Le plus probable, c’est qu’on aboutisse aux ordonnances, c’est-à-dire que le gouvernement reprendra son texte de départ. » Sans oublier l’article 49.3, qu’il peut dégainer à tout moment.

    Le socialiste appelle à s’inspirer du modèle espagnol avec « un changement de politique qui passe nécessairement par une relance économique qui favorise le pouvoir d’achat. Donc l’inverse de ce qui a été fait depuis 10 ans en aidant directement les secteurs de l’économie avec cette théorie du ruissellement ». Il rappelle par ailleurs que son groupe portera, lors de sa journée réservée le 19 novembre à l’Assemblée nationale, une proposition de loi visant à baisser les prix du carburant à la pompe par l’encadrement des marges des raffineurs.

    « On a vraiment beaucoup à faire sur l’accompagnement de celles et ceux qui prennent leur voiture tous les jours, qui viennent généralement de milieu rural, des ouvriers et ouvrières, qui ont besoin de faire des kilomètres et en payent le prix fort beaucoup plus que dans les villes », pointe Pascaline Lécorché, adjointe au maire de Marseille et déléguée nationale de Place publique. « La revalorisation du Smic telle que nous la proposons permet de donner un peu d’air à des personnes qui, aujourd’hui, se retrouvent asphyxiées par le coût de la vie », souligne-t-elle.

    Pour se dédouaner, l’exécutif aime à rappeler à l’envi, qu’en l’absence de majorité et à six mois de l’élection présidentielle, il a les mains liées. « Ce que le gouvernement a du mal à comprendre, c’est qu’il y a des millions de Français aujourd’hui qui n’ont pas le luxe d’attendre six mois pour avoir des réponses à leurs difficultés », alerte Manuel Bompard qui sera dans la rue ce jeudi. « Si nous voulons l’emporter, il faudra que ce débat budgétaire au Parlement soit accompagné d’une mobilisation sociale de grande ampleur », renchérit Jérémy Bacchi.

  • Les opposants aux maires RN du Gard tentent de garder de la voix

    Les opposants aux maires RN du Gard tentent de garder de la voix

    Trois élus dans le Gard bataillent chaque semaine face à la gestion municipale de l’extrême droite. Jérôme Jackel à Bagnols-sur-Cèze, Magali Nissard à Vauvert et Luc Perrin à Beaucaire. Le premier est un soutien de François Ruffin, la deuxième est socialiste et le troisième ne revendique aucune étiquette politique. Ils ne se connaissent pas, n’échangent pas et pourtant, ils mènent le même combat face à une extrême droite qui, en huit mois de gouvernance, s’en est pris à la culture, aux subventions aux associations et parfois aux locaux syndicaux comme à Bagnols.

    Aujourd’hui, ils se battent surtout pour faire entendre la voix de leurs électeurs qui n’ont pas abdiqué face à l’extrême droite. Mais en face, les élus RN tentent de museler l’opposition. « Lors du conseil municipal du mois de juin, Nicolas Meizonnet nous a attaqués de manière virulente sur notre gestion en disant que nous sommes des LFIstes », illustre Magali Nissard. « Le ton est monté après ces attaques. Après la levée du conseil, son directeur de cabinet a provoqué l’opposition. Physiquement, il ne s’est rien passé mais c’était très tendu. Au conseil municipal suivant, nous avons été obligés de rappeler que nous voulons exercer notre droit d’opposition dans le respect et dans le calme, que nous avons le droit de nous interroger et de poser des questions. Nous avons été élus pour cela, c’est notre devoir. »

    À Vauvert, comme à Bagnols, le maire Nicolas Meizonnet communique à tout-va sur les finances de la commune qu’il juge catastrophiques. En conseil municipal, il a par exemple présenté l’audit financier réalisé, sans communiquer les éléments au préalable à l’opposition qui n’a donc pas pu formuler de réponse argumentée. « Je vais saisir la préfecture car dans le règlement intérieur, il est noté que pour chaque délibération à connotation financière, la commission finance doit se réunir et donner son avis. Je suis membre titulaire de cette commission qui ne s’est jamais réunie puisque je n’ai jamais été convoquée », précise Magali Nissard qui va distribuer des tracts pour expliquer la situation financière de la commune.

    Deux recours déposés

    À Bagnols-sur-Cèze, Jérôme Jackel, déjà élu d’opposition face à Jean-Yves Chapelet lors du précédent mandat, connaît son rôle par cœur tout comme son règlement intérieur. « À la suite du conseil municipal du 23 septembre, j’ai engagé un recours devant le tribunal administratif de Nîmes afin de demander l’annulation du nouveau règlement intérieur. Lors de cette séance, j’avais présenté de nombreuses propositions d’amendements destinées à améliorer le fonctionnement démocratique de notre assemblée et à garantir les droits de tous les conseillers municipaux, particulièrement ceux de l’opposition. Or, Pascale Bordes a décidé de soumettre le règlement intérieur au vote sans organiser de vote distinct sur les amendements proposés. À quoi sert le droit d’amendement des élus si leurs propositions peuvent être écartées sans être soumises à la décision de l’assemblée ? », précise Jackel qui n’a pas non plus pu écrire dans le magazine municipal puisqu’aucune édition n’a été diffusée depuis l’élection de Pascale Bordes.

    Plus au sud, à Beaucaire, c’est justement la place accordée à l’opposition dans le magazine communal, sur Facebook et sur le site internet qui a fait bondir Luc Perrin. Suite au vote du conseil municipal sur le règlement intérieur le 22 juillet, l’élu d’opposition a attaqué cette délibération au tribunal administratif. Mais deux jours avant cette audience en référé prévue le 2 octobre, la municipalité beaucairoise a décidé d’annuler le règlement intérieur car « ils étaient sûrs de perdre ». « Aujourd’hui je suis sûr à 95% d’en déposer un nouveau d’ici un mois mais il faut que je sois sûr de gagner sinon c’est 1 500 euros de ma poche », explique Luc Perrin, prouvant avec cet exemple toute la difficulté du rôle d’élu d’opposition, surtout face au RN.

    Mais malgré ces obstacles et les nombreux messages haineux reçus sur les réseaux sociaux, les élus d’opposition au Rassemblement national dans le Gard n’ont pas dit leur dernier mot et comptent bien se faire entendre durant les six ou sept ans de leur mandat.

  • Christian Mounier élu président avec une majorité renforcée

    Christian Mounier élu président avec une majorité renforcée

    Cette fois, pas de coup de Jarnac ou d’élection incertaine. À l’inverse de 2021 où les blocs de droite et gauche étaient au coude-à-coude lors de l’élection de Dominique Santoni (LR) à la présidence du Département, ce lundi Christian Mounier (DVD) a pris la suite sans trembler. Celui qui était jusque-là vice-président en charge de l’eau et de l’agriculture a été élu avec 15 voix. Il devance Sophie Rigaut (PS) qui a glané 8 suffrages et Anthony Zilio, maire (DVC) de Bollène (3 voix). Huit abstentions ont été enregistrées, émanant a priori quasi toutes de l’extrême droite qui n’avait pas présenté de candidat.

    Sans surprise également, il a fallu trois tours de scrutin pour remplacer Dominique Santoni, contrainte de laisser la présidence après avoir été élu sénatrice fin septembre. Comme martelé depuis son élection au palais de Luxembourg, l’ex-présidente « ne quitte pas le Vaucluse » et présidera d’ailleurs le groupe de la majorité (lire ci-dessous). Pour être élu dès le premier tour, il aurait fallu disposer d’une majorité absolue (18 voix). Assez improbable vu la configuration de l’hémicycle. Seul le 3e tour désignait un vainqueur à la majorité relative -celui qui a le plus de voix l’emporte-. Si Sophie Rigaut et Anthony Zilio ont à chaque fois obtenu 8 et 3 voix, Christian Mounier est passé de 14 à 15 voix entre le 1er et le 2e tour, faisant reculer l’abstention de 8 à 9 suffrages.

    Comme nous l’indiquions dans notre édition du week-end, Anthony Zilio s’est contenté de 3 voix. En revanche, la gauche qui en escomptait 10 a connu un peu de déperdition. À l’inverse, la majorité de droite certifiait avoir sécurisé 13 voix et en compte donc 2 de plus. Une a été officialisée : celle de Léa Louard, élue en 2021 à gauche avec son binôme écologiste Samir Allel… Fantomatique depuis 5 ans, elle siégeait ce lundi à une nouvelle place dans la majorité, aux côtés de Dominique Santoni. Un retour aux sources pour celle qui, en 2014, avait été élue au conseil municipal d’Avignon sur la liste de droite.

    Le secret bien gardé

    de l’isoloir

    Après les votes, dans les couloirs du Département, difficile de percer le secret de l’isoloir. Quels sont les deux élus supplémentaires à avoir voté Christian Mounier ? Où sont parties les deux autres voix classées à gauche ? Chacun doutait un peu de tout le monde… « La gauche dévisse et la droite a sensiblement besoin de l’extrême droite pour gagner », commente Anthony Zilio. Allusion à l’hypothèse, qui circulait déjà la semaine dernière, du possible vote de Jonathan Argenson, dernier rescapé de la bompardie, à Christian Mounier. Une chose est sûre : même avec une gauche à taux plein et une droite un peu affaiblie, l’issue du scrutin n’aurait rien changé. « Je suis certainement le moins politique de vous tous, à vous de déterminer qui m’a apporté ces voix », ne s’aventure pas à analyser Christian Mounier, questionné à l’issue de la séance.

    « Il y a eu des votes cachés », ne peut que constater Sophie Rigaut. L’élue du canton de Vaison préfère aller de l’avant : « On va continuer à travailler pendant un an et demi en intergroupe sur les sujets évoqués dans ma candidature ». Une heure et demie plus tôt, Sophie Rigaut a été la première à se déclarer dans l’hémicycle. En « femme de gauche et fière », elle souhaitait « impulser plusieurs inflexions sur la politique trop rigoureuse du Département car nous disposons de marges de manœuvre ». Protection des plus vulnérables, aide soutenue à la construction d’Ehpad et de logements sociaux, évaluation du dispositif RSA ont été cités.

    Anthony Zilio avait, comme mercredi face à la presse, mis en avant une candidature de dépassement. « Le sens de ma démarche est de dépasser les blocs droite/gauche, je ne suis pas candidat pour défendre un camp ou un autre mais pour rassembler, non pas une alliance de circonstance mais une majorité de travail », plaide le maire de Bollène, redoutant que le choix Mounier soit celui « de l’immobilisme qui se traduira dans 18 mois par l’extrême droite ». Post séance, Anthony Zilio craint que 5 cantons basculent (Pernes, Cavaillon, Apt, Valréas et Vaison). Même s’il savait qu’il ferait « 3 voix », il ne « regrette pas » sa candidature. Il appelle à davantage d’investissement et d’aides aux communes et donne « rendez-vous en 2028 ».

    Enfin, dernier à se déclarer, Christian Mounier. Ou plutôt à se faire déclarer. Car c’est Dominique Santoni qui a pris la parole pour, succinctement, appeler à « préserver notre dynamique » et « apporter le soutien de notre majorité à Christian ». À voir désormais comment cette majorité se traduira dans les futurs votes. Et ce dès le 20 novembre, date de la prochaine plénière, consacrée aux orientations budgétaires.