Tag: communistes

  • Sur le terrain, les communistes tractent pour inciter à la participation

    Sur le terrain, les communistes tractent pour inciter à la participation

    On se retrouve tous ensemble jeudi pour la grève contre la vie chère ! Ça concerne tout le monde ! » Devant les portes de la station de métro de Sainte-Marguerite Dromel, dans les quartiers sud de Marseille, plusieurs militants communistes donnent de la voix pour la distribution de tracts du jour. « La colère est légitime, la réponse doit être sociale », est imprimé sur les plusieurs centaines de feuilles qui partent en quelques dizaines de minutes. À la criée, Selma, militante du 10e arrondissement, donne le lieu et l’heure de la manifestation marseillaise à venir. « La vie chère, on est tous concernés par le problème. Le mouvement de grève est pour les retraites, pour des conditions de travail dignes et des études dignes », lance-t-elle à tire-larigot. D’un sourire ou d’un signe de tête, les passants prennent volontiers le tract estampillé PCF.

    Dans la plupart des cas, l’échange ne dure que quelques secondes mais certains curieux s’arrêtent et échangent avec les militants. Un jeune qui est au lycée professionnel César Baldaccini lit le tract avec attention après qu’Erwan, militant du 9e arrondissement, lui a confirmé le soutien du PCF au mouvement lycéen. « Fallait bien qu’on se fasse entendre mais c’est pas encore assez », juge le jeune. Avant de développer : « Les horaires, c’est impossible. On n’a pas de vie. » « On veut aussi supprimer la réforme Blanquer et Parcoursup », répond Erwan. Mais le sujet du jour est bien l’invitation à la manifestation de ce jeudi. « Ma mère ne voudra pas que j’y aille mais je vais venir quand même », poursuit le lycéen. « La manif va être sécurisée avec les syndicats », rassure Erwan. L’échange continue quelques minutes, le premier appelant à « arrêter de consommer » quand le militant communiste fait de la pédagogie : « C’est justement l’objet de la grève, arrêter l’économie. » Véronique, la secrétaire de la section du 10e arrondissement, confirme le bon accueil global du jour : « Aujourd’hui, les gens prennent les tracts assez volontiers. On sent un soutien, on sent que ça leur parle. »

    Des milliers

    de tracts distribués

    Même ceux qui refusent les tracts d’un geste de la main restent cordiaux. « Les refus vont rarement jusqu’aux insultes », confirme Florian Le Pape, militant de la section du 10e. Manque de chance, quelques instants après, un retraité refuse avec véhémence et lance « Si j’étais flic… » en mimant des tirs de fusil avec ses mains. Le militant communiste ne désarme pas : « C’est grâce aux communistes que vous avez une retraite ! » Le belliqueux repartira en baissant la tête et en marmonnant dans sa barbe. Pas de quoi enrayer l’ambiance bon enfant de la distribution ni son efficacité : les 500 tracts du soir sont partis comme des petits pains. L’initiative s’inscrit d’ailleurs dans un déploiement plus global de maintes sections communistes cette semaine : la veille, les militants du 8e arrondissement de la ville, ont fait de même du côté du Prado et ont distribué « 1 500 tracts ». Le matin même, c’était ceux du 2e arrondissement qui étaient sur le pont de l’autre côté de la ville.

  • La protection de l’enfance, un enjeu de politique publique

    La protection de l’enfance, un enjeu de politique publique

    Le cerveau de l’enfant est vulnérable et malléable, il se façonne dans la relation à l’adulte », rappelle Vincent Théron dans son intervention au conseil de canton de Martigues mardi soir, salle Dufy. Cette idée tirée de l’œuvre de la pédiatre Catherine Gueguen résume l’enjeu de la protection de l’enfance, qui fait l’objet d’assises obtenues par le groupe communiste au Département les 18 et 19 novembre.

    Comme à Gardanne à la mi-octobre, les témoignages en attestent. « J’ai été victime d’inceste il y a plus de 20 ans. Ça a déclenché des handicaps chez moi » illustre cette jeune femme, « les enfants victimes de violences se construisent de manière bancale et les rendent plus vulnérables à l’âge adulte, par exemple aux violences conjugales ». Cette autre jeune femme membre du Mouvement des jeunes communistes rebondit : « L’Éducation nationale a mis en place un questionnaire sur les violences sexistes et sexuelles. Mais quel est le suivi ? » pose-t-elle. « Il faut donner les outils aux jeunes pour s’exprimer, au travers de l’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité », affirme-t-elle.

    Former à détecter

    Victime devenue travailleuse sociale, l’adjointe Marceline Zéphir considère que « la politique de la Ville permet de prévenir ces problèmes quand elle met en place des activités gratuites et des accompagnements financiers, psychologiques ou sociaux ». Le maire (PCF) Gaby Charroux complète : « Cela nécessite une vigilance permanente » des agents, « nous avons eu des expériences où il nous est arrivé de prendre des mesures d’éloignement contre des adultes ». « Nous formons l’ensemble de nos animateurs et de nos structures comme les CIS ou centres aérés qui sont un pilier préventif », poursuit cette agente de la Ville, « dès qu’on a un doute, nous faisons des informations préoccupantes », le dispositif de signalement des mineurs en danger.

    Mais au-delà de la Ville, Marceline Zéphir insiste sur le besoin « de développer les mesures d’Action éducatives en milieu ouvert », pour maintenir les mineurs en famille, « parfois mieux que d’être placé loin ». Mais aussi, l’élue appuie « le suivi des enfants jusqu’à 21 ans dans le cadre du contrat jeunes majeurs », contrairement à certains départements où « quand t’es majeur, tu te démerdes ».

    La conseillère départementale (PCF) Magali Giorgetti rappelle que « le service public et le tissu associatif ne sont pas des chances mais des choix politiques ». Son binôme Gérard Frau affirme dans ce sens que ces témoignages et propositions « doivent créer l’exigence que nous allons porter » lors des assises de la protection de l’enfance. Le prochain rendez-vous est à Arles, samedi 7 novembre à 17h en la Bourse du Travail.

  • Marseille : des milliers pour défendre les libertés

    Marseille : des milliers pour défendre les libertés

    Venant de toutes artères de Marseille mais aussi des communes voisines où les regroupements étaient interdits, des dizaines de milliers d’étudiants, de militants, de retraités, de chômeurs, ont convergé samedi à Marseille dans une ambiance enjouée et déterminée pour la seule manifestation autorisée par la Préfecture, un acte II d’une grande puissance protestataire.

    « C’est une grande satisfaction, un ouf de soulagement pour nous la CGT et les autres syndicats d’avoir emmené cette manifestation pour la liberté d’expression de nos revendications » s’est félicité en fin de parcours Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13. Il revendiquait 100 000 manifestants contre 17 000 selon la Préfecture dans ce cortège intersyndical CGT, FSU et Solidaires colossal.

    Le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG) a salué le « calme » de la manifestation et un dispositif policier qu’il a estimé cette fois « à la hauteur de l’enjeu » après les folles exactions du 17 octobre. Plus tard, il rejoignait le poste de supervision urbain, des débordements sporadiques ayant lieu avec des dégradations et des pillages dans une ambiance de lacrymogènes et de feux de poubelles. Dimanche matin, la Préfecture comptait pour tout le département 7 commerces pillés ou dégradés, 71 interpellations dont 40 majeurs et 61 gardes à vue.

    Pour le préfet, cette manifestation dérogatoire s’est déroulée « dans de bonnes conditions ». Lancé à 14h15, après une minute de silence aux Réformés en hommage aux victimes de l’attentat criminel raciste de Trappes, l’immense cortège emmené par la CGT et de nombreux militants et élus communistes prenait la direction de la gare Saint-Charles, sécurisé par les dockers CGT. Postés sur la Canebière près d’un canon à eau, des CRS continuaient de barrer l’accès de l’hypercentre à de potentiels fauteurs de trouble pour ne pas répéter le sac du 17 octobre.

    « On vient de Carpentras, on tenait à manifester dans une ville où ça a de l’ampleur » expliquent Alia et Ludivine, motivées comme jamais. « Nous sommes en guerre contre ce gouvernement corrompu » proclame la pancarte de la mère. « Tout ce que j’ai retenu de la Marseillaise, c’est aux armes citoyens ! » dit celle de sa fille. Les pancartes en disent long et gros sur la colère sociale concentrée sur Emmanuel Macron, figure d’un pouvoir honni. « La voilà ta République en marche, connard ! » conspue celle d’Émilie venue avec Pierre son papa. « La répression policière fait peur, mais ça fait longtemps qu’on n’a pas ressenti des émotions aussi fortes en manif. Ça redonne de l’espoir d’être tous ensemble » assure ce dernier.

    « Ils fabriquent la misère puis nous facturent la survie » a écrit Céline, éducatrice spécialisée qui n’a pas eu peur de venir « pour défendre les lycéens et les travailleurs sociaux » et qui est comblée de voir « tout ce monde de tous âges ». « M-A-C-R-O-N, Menteur, Arrogant, Corrompu, Répressif, Odieux, Narcissique » a écrit en grosses lettres Oscar, jeune chômeur pour qui « c’est un ras le bol accumulé de ces dix dernières années, le gouvernement Macron, la gestion de la crise Covid et des gilets jaunes, l’ignorance des cahiers de doléances, même l’affaire Epstein, tout !!! » Des Scop-Ti (ex-Fralib) sont là. Des parents d’élèves aussi. « On est un collectif de 360 parents « vaillants et révolutionnaires » des lycées de Marseille.

    Eva et son ami sont descendus d’Aix pour dénoncer les conditions d’enseignement à la faculté de droit Robert Schumann, mais pas que : « On n’arrive pas à joindre les deux bouts, on a peur de l’avenir. » Eugène, 19 ans, en BTS de cybersécurité, s’est déguisé en banane et en tutu rose pour demander lui aussi de « meilleures conditions matérielles d’études. »

    « Manu, Manu, jusqu’à la victoire ! » « Tout le monde emmerde le Rassemblement national ! » « Siamo tutti antifascisti ! » claquent dans les mains la foule hétérogène de ce très long cortège sécurisé par les dockers de la CGT qui a emprunté les allées Léon Gambetta, le boulevard d’Athènes, la gare Saint-Charles, la Place Marceau pour ensuite se disperser à la Porte d’Aix où des CRS finissent par gazer des manifestants boulevard des Dames. « La liberté est un droit fondamental. Sans elle, il n’y pas de véritable justice, pas d’égalité et pas d’avenir ! » venait de conclure au mégaphone une militante CGT. « Nous voulons la paix, la liberté pour construire un monde plus juste. Ne restons pas silencieux, continuons à défendre nos droits. La liberté a besoin d’hommes et de femmes prêts à la défendre ! Ensemble faisons vivre la liberté et rendez vous au 5 novembre ! » « Je suis là en solidarité avec la jeunesse quand je vois tous les coups qu’ils se sont pris pour exprimer leurs revendications » dit Jessie, mère de quatre enfants venue de Vitrolles pour affirmer son « droit à manifester ».

  • [La jeunesse européenne se révolte] Au Portugal, « l’extrême droite en puissance »

    [La jeunesse européenne se révolte] Au Portugal, « l’extrême droite en puissance »

    Entre 2014 et 2025, le prix des loyers a augmenté de 124%, soit deux fois plus que la moyenne européenne. Alors que le salaire minimum national est de 920 euros, le loyer médian dans la capitale portugaise est de 1 500 euros. Des centaines de militants pour le droit au logement ont ainsi campé dans des tentes à Lisbonne et Porto avant d’être délogés par la police, et décidé de dormir à la belle étoile. Les syndicats portugais sont en discussion avec leurs homologues espagnols pour rejoindre leur mobilisation en vue de lancer une « grève générale ibérique ».

    Janine Ferreira, membre du Parti communiste du Portugal (PCP), employée d’université

    « Avec ce nouveau gouvernement, les taux d’inflation ont atteint des sommets. La valeur des logements entre 2020 et 2025 a augmenté de 60% et les loyers de 74%. La réforme du logement fixe le plafond légal du loyer à prix « modéré » à 2 300 euros alors que le salaire minimum national est de 920 euros. Ni le parti socialiste précédemment au pouvoir, si celui de centre-droit qui dirige actuellement n’ont construit assez de logements sociaux. En même temps, l’opinion sur les immigrés devient de plus en plus extrémiste ici, à mesure que l’extrême droite monte en puissance. Ce discours attisé par le gouvernement, consiste à rejeter la responsabilité de la hausse des prix de l’immobilier sur les immigrés. Mais on ne parle jamais de l’instauration du « visa doré » qui accorde un titre de résidence en échange d’investissements immobiliers de 500 000 euros minimum.
    Le climat est très tendu ici. »

  • [La jeunesse européenne se révolte] En Espagne, « le reflet de la crise du logement »

    [La jeunesse européenne se révolte] En Espagne, « le reflet de la crise du logement »

    Maricarmen est décédée le 7 octobre, mais la contestation ne faiblit pas. Minoritaire, dans l’incapacité de prendre des mesures urgentes, le Premier ministre socialiste Pedro Sanchez a convoqué des élections anticipées le 29 novembre. Les syndicats espagnols appellent à la grève générale le 11 novembre prochain.

    Jesús Perez, membre de l’Union des jeunesses communistes d’Espagne (UJCE), stagiaire

    « Le mouvement a commencé à la suite de l’expulsion de Maricarmen, cette vieille dame qui a d’ailleurs fini par mourir. La jeunesse ouvrière a décidé, avec les syndicats des locataires, d’occuper Madrid. Le mouvement s’est étendu en Espagne, en particulier dans les grandes villes comme Séville ou Barcelone. C’était le reflet de la crise du logement que nous connaissons en Espagne. Le marché est parasité par les intérêts privés, la touristification, la gentrification de nos villes et de nos quartiers, ainsi que par la hausse du coût de la vie. Ces trois facteurs nous empêchent de mener une vie normale. Nous en avons assez d’être les victimes du système. Après le rejet au Parlement des textes sur le logement, les syndicats ont obtenu la grève générale. La gauche doit remporter les élections législatives à venir. Pour la classe ouvrière, ce serait un désastre si un gouvernement conservateur, soutenu par l’extrême droite, venait à voir le jour. »

  • Marché solidaire du PCF à Martigues

    Marché solidaire du PCF à Martigues

    « On est des militants communistes, pas des marchands, on achète à un producteur d’Arles et on vend à prix coûtant », explique la militante Marianne Bocca à une acheteuse. « C’est en réponse au gouvernement qui enrichit les grandes fortunes, refuse d’augmenter les salaires ou de plafonner les prix alimentaires et du carburant », complète Alain Graneli, cadre de la section locale du PCF. « Nous voulons diminuer la TVA, nationaliser Total en sanction de prise de bénéfices illicites, augmenter les salaires, retraites et aides sociales et sortir du marché européen de l’énergie. »

  • Sur le terrain pour les assises de la protection de l’enfance à Gardanne

    Sur le terrain pour les assises de la protection de l’enfance à Gardanne

    « La question des moyens est cruciale. Ce n’est pas juste parce qu’on en veut toujours plus, mais parce qu’on souffre de nos conditions de travail et qu’on ne prend pas en charge nos publics correctement comme on le voudrait. » La frustration de Sabrina, conseillère en économie sociale à la Caf, fait écho à de nombreuses autres interventions de travailleurs sociaux lors de la rencontre-débat sur la protection de l’enfance organisée par le PCF de Gardanne, mercredi soir.

    Cette rencontre s’inscrit dans la préparation des assises départementales de la protection de l’enfance, dont les conseillers départementaux communistes Gérard Frau et Magali Giorgetti sont coorganisateurs, les 17 et 18 novembre. Le Département, « chef de file de l’action sociale » comme le qualifie l’élu, est compétent en la matière depuis le transfert opéré par l’État « sous Sarkozy et sans les moyens qui vont avec », complète Magali Giorgetti. Face à la cinquantaine de participants, les élus promettent de « porter leur parole » lors de ces assises.

    Les témoignages sont édifiants. « Je travaille dans un établissement pour enfants et adolescents polyhandicapés, dont la moitié ont plus de 20 ans. Il manque de place pour les adultes et les enfants n’ont pas d’autre endroit où aller », explique Samia. La travailleuse pointe également « des délais de 6 mois ou plus pour obtenir une orientation » de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH).

    « Un autre système »

    Magali Giorgetti indique avoir « toujours dénoncé le délai et le fait que ces dossiers papiers à refaire tous les ans étaient infaisables pour les parents ». Mais avoir une notification n’est pas gage de tranquillité. Cette accompagnante d’élèves en situation de handicap (AESH) en lycée indique avoir « perdu deux élèves car leurs dossiers étaient périmés », quand ce n’est pas « faire la garderie pour des enfants qui auraient aimé d’autres sections », indiquant prendre en charge « sept élèves pour 5 heures chacun, pour 24 heures de travail ».

    Gérard Frau reprend un chiffre : « 15% des 3 500 enfants placés au titre de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) ont une notification MDPH, parmi les 10 000 enfants qui dépendent de l’ASE. Les besoins ne font qu’augmenter, quand 15 000 enfants naissent avec un handicap chaque année en France ». Mais l’élu note « un préalable aux moyens : la volonté politique. Le Département est à droite, l’État aussi. S’il n’y a pas de volonté politique, il n’y aura pas de moyens alors que les besoins sont tellement immenses et la société est de plus en plus dure ». Magali Giorgetti pointe aussi le fait que « l’intervention sociale du Département en milieu scolaire ne commence qu’au collège, mais pas avant. À l’école, c’est renvoyé aux maires. Il faut passer d’un système qui tente de réparer à une véritable politique de prévention qui accompagne les jeunes de la plus tendre enfance à la majorité, avec un ministère dédié car il s’agit de la responsabilité de l’État ».

    La prochaine réunion publique sur le même thème est organisée à Septèmes-les-Vallons le 20 octobre à 18h, salle Fernand-Rosse.

  • « Sans donner de leçons, nous voulons aider à la bataille politique »

    « Sans donner de leçons, nous voulons aider à la bataille politique »

    La Marseillaise : En quoi consiste ce rendez-vous annuel ?

    Frédéric Rays : C’est déjà l’occasion de nous retrouver. Cette amicale réunit les camarades qui ont 35 ans d’adhésion au parti. Nous sommes environ 700 dans notre fédération. Surtout on aide toujours à la bataille politique. Et cette année on a choisi le thème de 36 car ce sont les 80 ans du Front populaire. En invitant l’historien Guillaume Roubaud-Quashie à faire le lien et voir les enseignements que nous pouvons en tirer aujourd’hui.

    Mireille Chessa : Cela nous semblait compliqué de faire l’impasse sur 36, compte tenu de la nature de notre amicale. Ce qu’on souhaite aussi c’est de voir comment on peut s’en emparer pour faire quelque chose de plus contemporain.

    Quel parallèle faites-vous entre cette période et aujourd’hui ?

    F.R. : Les choses sont certes plus compliquées qu’elles ne l’étaient en 36. Notamment sur le rassemblement de la gauche qui s’est un peu éloignée du peuple. Même si rappelons-le, en 1934, les socialistes et les communistes défilaient à part. Il y a eu aussi un mouvement ouvrier important, c’est un petit peu ce qui manque aujourd’hui, enfin, jusqu’à présent… On note aussi que le désarroi mène au Rassemblement national, à l’époque c’étaient les croix de feu.

    M.C. : Ce qu’on souhaite c’est que cette matinée de réflexion et de débat vienne aussi nourrir les décisions du 40e congrès du Parti communiste, avec en toile de fond notre réalité bien actuelle comme la présidentielle et un mouvement social dynamique.

    Justement, comment s’inscrire dans la réalité du mouvement lycéen, la perspective d’élection présidentielle ?

    F.R. : Loin de nous l’idée de vouloir donner des leçons. Mais nous pouvons transporter ce qu’a été notre histoire, comment nous avons milité même si nous avons conscience que ce n’est plus du tout la même façon de faire. Nous voulons apporter notre expérience et perpétuer notre mémoire militante qui ne doit pas se perdre. Par exemple en 2025, nous avons édité un livret sur le CNR.

    M.C. : Lors de la fête de l’Humanité en septembre, le discours du PCF était clair, ne pas attendre la présidentielle pour agir mais aller dans l’actualité par exemple contre le racket au niveau des carburants, pour la nationalisation de l’énergie. Au-delà des jeunes, la dynamique du mouvement social s’est aussi accélérée depuis le 29 septembre, avec la manifestation pour la défense du service public.

    À 9h, à la Maison des communistes, 280 rue de Lyon (16e)

  • [Entretien] Bastien Bonnargent, secrétaire général des Jeunes communistes : « Les revendications des lycéens font consensus dans la société »

    [Entretien] Bastien Bonnargent, secrétaire général des Jeunes communistes : « Les revendications des lycéens font consensus dans la société »

    La Marseillaise : Les syndicats appellent à se mobiliser auprès des lycéens ce mardi. Comment abordez-vous cette journée ?

    Bastien Bonnargent : Beaucoup de blocus nous sont déjà remontés, des assemblées générales sont organisées. Cela va être une date importante de mobilisation parce qu’elle est attendue depuis quelques jours. C’est l’occasion de faire la démonstration que, effectivement, les lycéens ont beaucoup de revendications dans cette mobilisation, contrairement à ce que laissent croire le traitement médiatique.

    Ce traitement médiatique
    est marqué par les images
    de violences. Comment expliquez-vous les débordements
     ?

    B.B. : La première des responsabilités, c’est qu’il y a une doctrine de maintien de l’ordre qui est déployée par le gouvernement qui est extrêmement dangereuse, notamment pour des lycéens. Il y a eu beaucoup de cas d’élèves blessés, de mises en danger. C’est une stratégie consciente du gouvernement pour éviter de parler du fond et des revendications qui font très largement consensus dans la société.

    On a vu les images d’un lycéen mutilé à Lens ce lundi. Ne craignez-vous pas que cela dissuade certains de se mobiliser ?

    B.B. : Il y a ce lycéen qui a perdu sa main, on a vu aussi un lycéen qui a perdu un œil, un autre édenté… Même chez les Jeunes communistes, nous avons des adhérents, mineurs, qui ont été placés en garde à vue alors qu’ils ne faisaient que revendiquer plus de moyens pour l’éducation, sans être violents, ni dégrader quoi que ce soit. Nous sommes atterrés face à cette doctrine de maintien de l’ordre. Mais ce n’est pas ce qui va éteindre la mobilisation, parce qu’on fait face à une mobilisation d’ampleur. Si le gouvernement souhaite en finir, qu’il apporte des réponses politiques aux problèmes qui sont soulevés, la dégradation très forte du bâti scolaire, le manque flagrant de professeurs, la sélection sociale organisée par Parcoursup. Tant que le gouvernement n’en parlera pas, la mobilisation s’étendra.

    Comment porter les revendications des lycéens ?

    B.B. : Nous avons mis en place une grande opération de cahiers de doléances. Partout où nous avons des militants, nous les faisons remplir pour que les lycéens témoignent de la situation dans leur établissement, qu’ils nous fassent part de leurs revendications. Nous en avons fait remplir des centaines depuis la semaine dernière. Il faut se rendre compte de l’état dans lequel les deux mandats d’Emmanuel Macron ont laissé les conditions d’éducation…

    Parmi les remontées du terrain, y a-t-il des témoignages qui vous ont marqué ?

    B.B. : Nous avons des lycéens qui nous racontent que cela fait un an qu’ils ont des cours dans des préfabriqués, qu’ils n’ont pas de porte dans les toilettes. Une lycéenne à Vitry nous indique que le jour même où elle est arrivée en seconde professionnelle, une enseignante lui a dit que si elle souhaitait continuer ses études, il lui faudrait au minimum 15 de moyenne. Nous avons aussi des témoignages sur des stages catastrophiques, parce qu’ils ne sont pas encadrés. Des élèves qui nous disent, comme au lycée Mozart au Blanc-Mesnil, qu’ils sont 39 par classe et qu’ils n’ont ni professeur de français, ni professeur de maths. Cela les met en difficulté pour leur avenir.

    Ce mouvement a été très spontané, comment peut-il s’organiser ?

    B.B. : Ce que nous proposons avec les cahiers de doléances est déjà une façon de s’organiser, parce que cela permet d’inscrire matériellement les revendications des lycéens. Il y a aussi un lien qui se construit avec la mobilisation intersyndicale. Il y a un intérêt convergent entre les professeurs, les agents de l’État mobilisés le 29 septembre et les lycéens, qui demandent aussi la fin des budgets d’austérité. Nous mettons aussi, avec le Mouvement des jeunes communistes de France, un outil à disposition, que l’on a appelé Mouvement lycéen, et que nous avons lancé depuis une semaine. Il a pour objectif d’être utilisé par tous les lycéens aujourd’hui mobilisés pour avoir des débouchés concrets, avec du matériel mis à disposition, pour pouvoir organiser leur colère.

    Ce mardi, Fabien Roussel présente son plan d’urgence pour la jeunesse. Comment l’avez-vous travaillé ?

    B.B. : Depuis longtemps, les communistes font des propositions pour une école qui soit publique, égalitaire, pour avoir plus de moyens… Nous présentons des solutions d’urgence, mais nous alertons depuis des années. Le manque d’enseignants, de moyens, ce n’est pas une nouveauté. Je milite depuis plus de dix ans, nous alertons sur Parcoursup et sur ses effets de sélection sociale depuis sa création !

  • Les communistes de Gardanne sur le pont

    Les communistes de Gardanne sur le pont

    « La centrale thermique fait ses vœux en février, on s’est dit qu’on allait faire notre rentrée en octobre. » Ce samedi, Amélie Barbey, secrétaire de la section communiste de Gardanne, prend avec humour le « traditionnel retard gardannais » à l’occasion de son discours qui officialise la rentrée des communistes de la ville.

    Avec humour, mais aussi avec du fond puisque cela permet justement « d’avoir du recul » sur ladite rentrée. « Les lycéens nous ont rattrapés avec leur actualité. Et ce n’est pas une étincelle qui a pris feu comme ça », campe la secrétaire. « Ils ont des revendications très claires : que les effectifs par classe n’excèdent pas 25. Dans toutes les classes du lycée Fourcade, cela dépasse 30 ! Ils veulent que des infirmiers et des psychologues soient présents dans les établissements. On a beau jeu de pleurer sur la santé mentale des adolescents mais rien n’est mis en place », développe-t-elle. Les communistes seront d’ailleurs de la partie pour la journée de mobilisation du 6 octobre aux côtés des lycéens gardannais qui devraient se retrouver devant la mairie. Elle en profite pour « dénoncer les violences » qui ont eu lieu en marge des blocus, la semaine dernière : « Il ne faut pas attaquer les pompiers… Ni quand ils interviennent, ni quand ils manifestent ! ». Référence aux charges répétées par les forces de l’ordre à l’encontre des sapeurs-pompiers lors de leurs différentes mobilisations, notamment pendant la réforme des retraites de 2023.

    Solidarité avec Cuba

    Amélie Barbey a aussi dénoncé « l’impérialisme américain » notamment en Amérique du Sud. De quoi faire le lien avec l’après-midi dédiée à la solidarité avec les Cubains avec la présence de représentants de l’association France Cuba 13, dont Nicolas Maury qui a animé un débat sur le sujet. Et la projection d’un film De la Camargue à la Cienaga de Zapata en présence du réalisateur Alain Sabatier. Ce dernier a documenté « l’état de siège » subi par les Cubains. « Il y a des menaces croissantes des États-Unis sur Cuba. Depuis fin janvier, Trump a mis un blocus énergétique, la situation sociale devient très tendue pour les Cubains », explique-t-il. Avis partagé par Nicolas Maury : « La pression contre Cuba est énorme. » Claude Jorda, figure des communistes de Gardanne, précise qu’une antenne de France Cuba a été créée sur la commune.