Tag: collectif

  • L’autoconsommation collective mise à l’honneur à la cité administrative de Toulon

    L’autoconsommation collective mise à l’honneur à la cité administrative de Toulon

    La production des panneaux photovoltaïques positionnés sur les toitures de la cité administrative des Lices, réalisée par Engie, bénéficie également aux autres bâtiments de l’État installés dans le quartier, dans le cadre d’une boucle d’autoconsommation collective (ACC).

    Inscrit dans le Code de l’énergie, ce dispositif permet en effet de partager localement une production d’énergie renouvelable entre plusieurs bâtiments grâce à l’infrastructure du réseau et aux compteurs communicants.

    Dans le Var, on dénombre 39 opérations en service et 40 actuellement en projet. Avec 17 collectivités déjà équipées. 30 autres ont mis le sujet l’étude.

    La seule exigence est que les consommateurs soient situés dans un rayon de deux kilomètres autour du site de production.

    Un levier concret de décarbonation des territoires qui permet de consommer localement une énergie produite à partir d’énergie renouvelable tout en favorisant les circuits courts, a rappelé le préfet du Var, Simon Babre.

    Ce dispositif s’inscrit pleinement dans les orientations nationales en matière de souveraineté énergétique et de transition écologique. L’État entend ainsi en encourager le développement afin de contribuer à l’atteinte de l’objectif de neutralité carbone fixé pour 2050.

  • Marseille : la Marche pour le logement digne interdite ?

    Marseille : la Marche pour le logement digne interdite ?

    Alors que le procès en appel des effondrements de la rue d’Aubagne, survenus le 5 novembre 2018, s’ouvre lundi 2 novembre, la préfecture n’aurait pas donné son aval aux signataires de l’appel à la Marche pour la justice et le logement digne, prévue la veille. Celle-ci était annoncée de longue date par une quarantaine d’associations.

    « La préfecture des Bouches-du-Rhône nous a informés hier par voie téléphonique de son intention d’interdire la Marche pour la justice et le logement digne, prévue ce dimanche 1er novembre à 14h », annoncent le Collectif du 5 novembre – Noailles en colère, Assemblée des personnes délogées, Ligue des Droits de l’Homme – Marseille, Syndicat du logement à Marseille. Les signataires de l’appel à la Marche ont envoyé un parcours qui a été refusé par la préfecture, selon Kévin Vacher, « et n’a répondu à aucune de nos propositions ».

    « Cette décision arbitraire intervient après l’interdiction des manifestations, notamment contre la vie chère, à Marseille et ailleurs en France, et vient remettre en question la liberté fondamentale de manifester, considère le collectif organisateur. Nous la comprenons comme une insulte faite à la mémoire des victimes des effondrements et de l’habitat indigne, auxquelles cette Marche est dédiée. » Il fait appel au maire de Marseille pour qu’il intercède auprès de la préfecture.

    Contactée par nos soins, la préfecture n’a pas donné suite à notre demande de confirmation par un arrêté, à l’heure où nous écrivons ces lignes. Si cette interdiction « venait à être confirmée, nous la contesterions devant le tribunal administratif », ne plie pas le collectif. Il maintient son appel « à être nombreux et nombreuses au point de rendez-vous ce dimanche 1er novembre à 14h, métro Notre-Dame-du-Mont, pour ensuite nous rassembler sur la place du 5 novembre et réaffirmer notre soutien aux victimes et notre engagement dans la lutte contre le mal logement  ».

  • Une crise sociale secoue le Théâtre du Briançonnais

    Une crise sociale secoue le Théâtre du Briançonnais

    Depuis plusieurs semaines, le Théâtre du Briançonnais est en proie à une profonde crise interne. L’élément déclencheur : une publication Facebook, fin août, qui rend publique des accusations de violences conjugales visant son directeur, Romaric Matagne. D’autres signalements, qui concernent à la fois la sphère professionnelle et la sphère privée du dirigeant, ont émergé. Ce qui a conduit la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) à saisir le parquet de Gap, qui a ouvert une enquête préliminaire pour des soupçons de violences sexistes, physiques, verbales et psychologiques.

    Si les accusations publiques sont nouvelles, les souffrances au travail au théâtre seraient bien plus anciennes, selon le collectif #ThéâtreDebout, créé mi-octobre. « Plusieurs salariés s’interrogeaient déjà depuis longtemps sur certaines difficultés professionnelles, managériales ou relationnelles au sein du théâtre », explique le collectif, qui réunit des salariés, des anciens salariés, des artistes ou encore des spectateurs. « Tensions, épuisement, pressions »… Selon le collectif, la situation se serait aggravée depuis la rentrée : « Il y a un cumul de problématiques de fonctionnement qui ressortent en ce moment, parce que le contexte fait que nous avons pris du recul sur la manière dont nous travaillons au quotidien au théâtre. » Au-delà de ce qu’il qualifie de « système problématique », le collectif dénonce une mauvaise gestion de la crise de la part du directeur et du président, René Bonnet : « En termes de dialogue social, c’est catastrophique. L’écoute concernant les souffrances est inexistante. On se retrouve face à un président qui est occupé à prendre la défense du directeur plutôt que de prendre conscience de la souffrance des salariés. » Le collectif demande la mise à pied du directeur actuel et le départ du président, ainsi que la refonte d’un conseil d’administration.

    De leur côté, Romaric Matagne et René Bonnet ont porté plainte pour diffamation le 13 octobre. « Romaric Matagne est toujours en poste parce que ni la Drac, ni qui que ce soit ne lui a communiqué un quelconque signalement le mettant en cause, et justifiant que le théâtre prenne une quelconque mesure à son encontre », a précisé leur avocat, Me Roland Lienhardt, qui parle de « calomnies » et « d’entreprise de déstabilisation ». « Ceux qui manifestent pour qu’il en soit autrement sont animés par des principes contraires à l’esprit démocratique, poursuit-il. Et ils sont soutenus par une organisation qui se revendique de l’anarchisme. » Le collectif est soutenu par le STUCS, le syndicat des travailleurs unis de la culture et du spectacle. « L’anarcho-syndicalisme constitue une tradition syndicale historique parfaitement légale », répond le collectif, qui précise que plusieurs de ses membres sont adhérents à la CGT.

  • Ce collectif aubagnais refuse l’austérité imposée à l’hôpital public

    Ce collectif aubagnais refuse l’austérité imposée à l’hôpital public

    Le collectif de défense de l’hôpital Edmond-Garcin, qui rassemble du personnel hospitalier, des retraités du secteur de la santé et des citoyens aubagnais mobilisés pour la préservation des services publics, a organisé, lundi soir, une réunion d’information. Deux sujets ont été évoqués : le plan d’efficience qui touche Edmond-Garcin et le projet du nouvel hôpital. L’objectif était d’échanger sur les actions à mener afin de donner de la visibilité à leur combat, appeler à la mobilisation et ainsi provoquer des changements concrets pour l’hôpital public d’Aubagne.

    Le contrat d’efficience signé entre l’Agence régionale de santé (ARS) et la direction de l’hôpital contraint l’établissement de santé à proposer les meilleurs soins possibles tout en minimisant les ressources économiques engagées. Cristel Migliaccio, infirmière anesthésiste et secrétaire générale de la CFDT à l’hôpital, déplore « qu’on privilégie la “productivité médicale” au détriment du bien-être des patients. Le contrat prévoit par exemple le non-remplacement automatique en cas d’absence, c’est-à-dire qu’on préfère attendre le plus possible avant de remplacer un collègue absent. Par exemple, l’ORL, parti à la retraite, ne sera pas remplacé et le poste de l’infirmière addictologue a été supprimé. Le “mode dégradé” est devenu la norme ». Ce mode dégradé force l’établissement à fonctionner en sous-effectif, ce qui inquiète les usagers de l’hôpital, qui dessert un bassin d’environ 300 000 habitants, rappellent les membres du collectif.

    Au travers des critiques du contrat d’efficience et de ses suppressions de postes, le collectif dénonce la démolition de la santé publique. « Quand on met plus d’infirmières dans les différents services, les gens meurent moins, cela a été démontré. On a besoin de personnel pour du soin de qualité. On est en train de priver l’hôpital des ressources dont il a besoin. Il faut agir pour défendre le service public hospitalier et son personnel », se lamente David Almosnino, médecin anesthésiste-réanimateur à Aubagne.

    Le nouvel établissement toujours d’actualité

    Pour lutter contre le manque de capacité d’accueil et de soin d’Edmond-Garcin et renforcer sa présence sur le terrain, le collectif de défense de l’hôpital envisage de partager une pétition et d’écrire une lettre ouverte aux élus locaux. Le projet du nouvel hôpital apparaît aussi comme une solution au vu de l’état présent du centre hospitalier d’Aubagne. « La nécessité l’impose, on ne peut plus rester dans l’hôpital actuel. Il a plu dans les locaux la semaine dernière », s’alarme Cristel Migliaccio.

    Le collectif exprime par ailleurs sa volonté de s’inscrire dans un mouvement plus large. « Il existe une cohorte nationale qui regroupe différentes associations et collectifs comme le nôtre et qui se réunit prochainement à Remiremont, dans les Vosges. Il s’agit d’être mieux organisé. Cette coordination au plan national permettrait d’avoir un impact plus profond », explique Yves Perrin-Toinin, médecin retraité et ancien conseiller municipal (PCF) à Aubagne.

  • À Marseille , des locataires au front face aux pannes d’ascenseur à répétition

    À Marseille , des locataires au front face aux pannes d’ascenseur à répétition

    « Ici, c’est particulièrement violent parce que les tours font 19 étages. Mais nous subissons la même situation depuis trop longtemps » souligne Jean-Louis, du Collectif de veille Busserine. Dans la salle polyvalente du centre social de la Solidarité, les locataires exténués d’avoir à monter et descendre au quotidien les étages dénoncent « le scandale des ascenseurs » et sont prêts à saisir les tribunaux.

    « C’est l’ensemble des bâtiments qui est concerné, et ça dure depuis le mois de mai, explique Samira qui doit monter 16 étages avec une petite de 5 ans, on s’arrête à chaque palier pour souffler. On ne peut pas s’asseoir sur les marches car les gens ne sortent plus les poubelles. Cet été il y avait des asticots partout ». à ses côtés, Fouzia « évite de faire des courses » et montre les appels passés sur son téléphone à Paca ascenseurs services : « ils sont venus ce matin à 10h. à midi c’était de nouveau en panne ». Les locataires dressent une liste de l’insupportable : « des portes qui ne ferment plus », « des cabines qui se bloquent deux heures avec une famille à l’intérieur en pleine canicule », « des gens qui sont tombés en chute libre sur plusieurs étages ». Un médecin du Château en santé témoigne : « nos patients souffrent de maux liés à ces problématiques : asthme, BPCO, problèmes rénaux, infarctus du myocarde, difficultés de mobilité… les infirmiers ne montent plus, les piluliers sont vides, l’état de santé se dégrade ».

    Un projet de loi bloqué

    Ils décrivent un quotidien « inhumain, indigne », partagé par les locataires d’autres grands ensembles. « Ils font du bricolage qui met nos vies en danger », dénonce Nadia du collectif Aclo et CGL, aux Oliviers, qui organise un rassemblement mardi 27 octobre à Frais Vallon à 11h30 devant le siège de Provence Métropole Logement (PML). « Le pire, c’est qu’on ne nous entend pas, déplore Inès qui pointe l’obligation légale du bailleur, à la Soli, on en est à plus de 50 mises en demeure, en vain. Un signalement a été fait à la Ville ». Selon Unicil, « la remise en service peut être rendue plus complexe par les dysfonctionnements techniques, les contraintes d’intervention et les délais d’approvisionnement des pièces ». Des arguments qui ne tiennent plus depuis le temps que la situation perdure.

    À la Solidarité, les locataires, avec 36 associations, exigent aujourd’hui « la remise en service immédiate des ascenseurs avec un calendrier des travaux de rénovation, annonce Inès, avec un ultimatum d’un mois pour l’organisation d’un comité de pilotage associant bailleur, ascensoriste, Ville et représentants des locataires ». Soutenus par le Syndicat du Logement de Marseille, ils se sont dotés d’un avocat qui « prépare un référé de mesure utile et travaille à la question du remboursement des charges », précise Charly en avisant d’un courrier envoyé par l’adjointe au maire (PCF) Audrey Garino à Unicil, et indiquant que « la Ville accepte de coordonner le comité de pilotage ». De son côté Unicil a « pris date » avec l’association CGL pour « une réunion qui se tiendra le 5 novembre ». La proposition de loi visant à pénaliser les retards d’intervention, car au fond c’est surtout une question d’argent qui plombe les réparations, a été adoptée par l’assemblée nationale en janvier 2025. Et plus rien. Interpellé par le Collectif de veille du Grand Saint-Barthélémy, le sénateur communiste Jérémy Bacchi a assuré qu’il porterait « cette question dans le cadre de notre niche parlementaire pour accélérer son vote ».

  • [Entretien] Thibault Durand : « C’est aussi comme ça qu’on prépare une grève »

    [Entretien] Thibault Durand : « C’est aussi comme ça qu’on prépare une grève »

    La Marseillaise : Pourquoi avoir fait cette rencontre ?

    Thibault Durand : On est dans une période compliquée. Même si l’initiative était prévue dès juin, on savait qu’on aurait une rentrée sociale chargée. Il y a une nécessité à regrouper les jeunes cheminots ensemble. La région est étendue, parfois il y a des jeunes qui sont seuls dans un poste d’aiguillage et qui ne sont pas au contact d’autres jeunes. Cette initiative permet donc que des jeunes de tous les coins de la région de se retrouver : ils viennent du fret de Miramas, des cheminots de Fos, de Nice et d’Avignon. Seul, on se décourage vite, mais quand on est en collectif, on est puissant. Le but est donc de se rassembler.

    La problématique de la vie chère se pose-t-elle pour les jeunes cheminots ?

    T.D. : On ne rentre pas à la SNCF pour devenir riche. Avec l’inflation, la flambée des prix de l’essence et de la nourriture, notre pouvoir d’achat diminue. Un salaire ne suffit plus. Si l’on veut des victoires, que ça soit sur les retraites ou l’augmentation du Smic, il faut faire corps ensemble et ne pas être chacun de son côté. C’est d’ailleurs par des initiatives comme celle-ci que l’on permet à des jeunes de mettre un pied dans le syndicat, puis qu’ils reviennent et participent aux mobilisations. C’est aussi comme ça qu’on prépare un mouvement de grève comme le 5.

    Cela renforce aussi la CGT ?

    T.D. : Si l’on n’a pas une CGT forte, on va perdre nos conquis sociaux petits à petits. C’est d’ailleurs notre ADN : tester unis et soudés pour conquérir des droits.

  • Les jeunes cheminots planchent sur l’avenir

    Les jeunes cheminots planchent sur l’avenir

    « C’est en train de bouillir, nous sommes face à un exécutif qui, derrière sa volonté de montrer de la fermeté, est en train de perdre la main. » Devant une cinquantaine de jeunes cheminots, Cédric Gimenez, secrétaire général de la CGT Cheminots Paca, décrit sans détour la situation sociale du pays. Une situation sur laquelle a planché le collectif Jeunes Cheminots Paca, organisation qui réunit des travailleurs de la SNCF de moins de 35 ans, ou récemment syndiqués. « La colère qui s’exprime partout converge sur une base commune de contestation de la vie chère, des bas salaires, du logement… C’est la première fois qu’on aura une génération qui vit et vivra moins bien que la précédente », développe Cédric Gimenez.

    Plusieurs thématiques particulièrement d’actualité ont occupé les discussions : salaires, inflation et logement. Certains participants étaient venus de Nice, Miramas ou encore Avignon et représentaient une grande diversité de métiers à la SNCF : mécanos, agents des gares, cadres ou conducteurs de trains express régionaux. Et forcément, lorsque des cheminots discutent de pouvoir d’achat, la première question qui s’impose est celle de la répartition des richesses dans l’entreprise. « Qui n’a pas déjà entendu parler du fonds de concours ? C’est très simple : quand la SNCF fait des bénéfices, ils remontent à l’État via ce qu’on appelle le fonds de concours. C’est comme des dividendes, que l’État fait redescendre dans le réseau », expose Marianne Bonnet, consultante du cabinet Secafi, qui vient éclairer la lanterne des jeunes cheminots. Avant de souligner une problématique intrinsèquement liée à la transformation de la SNCF, la filialisation et l’ouverture à la concurrence du réseau : « Il n’y a que la SNCF qui participe à ce fonds. Pas Trenitalia ou la Renfe et c’est une injustice : ils utilisent le réseau sans y participer ».

    « L’inflation touche

    tout le monde »

    Un jeune cheminot aguerri questionne : « Ils paient les sillons, mais à quel niveau ? » Rappelons qu’un sillon est un créneau d’autorisation de circulation attribué à un train. « Ils ne paient pas le même prix que la SNCF sur les sillons. […] C’est une part non négligeable du prix des billets et ça contraint, de fait, le fonds de concours », répond la consultante. De quoi questionner le modèle économique et donc la possibilité d’arracher des augmentations de salaires. « Nous avons tous la même problématique de fin de mois difficile. Je gagne moins d’argent, en valeur absolue, qu’il y a 25 ans quand je suis rentré, et je dois travailler 7 ans de plus », dénonce Claude, cadre de la SNCF à Marseille, à l’adresse des jeunes.

    De quoi faire réagir, plus tard, Charlotte Marin, jeune conductrice de TER : « L’inflation touche tout le monde, même les cadres. J’étais dans la rue samedi dernier, je suis descendue floquée CGT, on a été interpellé par énormément d’étudiants et de lycéens qui avaient une demande de sécurité : ils demandaient où étaient le camion et le cortège de la CGT. C’est en lien avec les valeurs qu’on porte. Il faut converger ». Quand Thibault Durand (lire entretien ci-dessous), le responsable du collectif jeunes cheminots Paca, analyse : « On a tous les ingrédients pour une grève générale le 5 novembre ». De quoi faire écho aux propos de Cédric Gimenez : « C’est la réalité dans laquelle des années de macronie nous ont conduits. La colère cheminote doit s’exprimer clairement le 5 novembre par la grève ».

  • [Quoi de neuf] Bernard Morin : « Il y a le feu au niveau de la misère, du climat, de la paix »

    [Quoi de neuf] Bernard Morin : « Il y a le feu au niveau de la misère, du climat, de la paix »

    Françoise Verna : Vous organisez la Journée mondiale du refus de la misère à Montpellier, Pézenas et Béziers ce samedi 17 octobre. C’est une première cette coorganisation sur ses trois villes de l’Hérault ? En quoi ces liens sont importants ?

    Bernard Morin : Pézenas, cela fait plus de quinze ans qu’ils agissent ensemble en collectif. Béziers c’est la première année qu’ils le font sur les Allées Paul-Riquet et la Colonie Espagnole. Et à Montpellier cela fait 25 ans que cela existe. Pourquoi ce lien cette année entre les trois communes ? Parce qu’il y a vraiment le feu au niveau de la misère, du climat, de la paix, de la société. On s’est dit qu’il serait judicieux de faire savoir à Béziers, à Pézenas et à Montpellier, aux trois coins de l’Hérault, que nous sommes reliés.

    Olivier Nottale : Justement nous sommes en ligne avec Serge Pesce depuis Béziers membre du pacte civique et du Pacte du Pouvoir de vivre biterrois. Comment construisez-vous cette journée ?

    Serge Pesce : C’est un collectif qui s’est constitué à Béziers dans le cadre du Pacte pour le pouvoir de vivre, une initiative lancée par de nombreuses associations et ONG au niveau national. Il y en a une quarantaine qui agissent dans le secteur social, citoyen, caritatif le plus divers. Sur Béziers, ce groupe a associé différentes structures : ATD-Quart Monde, la Ligue des Droits de l’Homme, la CFDT, le Pacte civique et un acteur très local, la Colonie espagnole qui est implantée en plein de Béziers dans un quartier touché par la problématique de la pauvreté.

    Françoise Verna : Où peut-on vous retrouver ?

    Serge Pesce : Nous serons présents sur les Allées Paul-Riquet de 14h à 17h pour échanger avec les Biterrois et rappeler la situation de la pauvreté sur la ville. La pièce de théâtre So so Sobriété sera jouée le soir à 18h à la Colonie espagnole.

    Olivier Nottale : Le thème, cette année, de la Journée mondiale du refus de la misère est, je cite : « Défendons la paix, pour un monde habitable : justice sociale et environnementale ». C’est fondamental de lier justice sociale et environnementale ?

    Serge Pesce : Malheureusement, la situation de misère, de pauvreté, elle s’additionne, se cumule. Le premier degré de la misère, c’est la misère financière, bien sûr. Mais, ces personnes sont aussi les premières à être victimes d’une misère culturelle, d’une misère sociale, dans la qualité de la vie, le logement. Ce sont les personnes qui sont le plus nombreuses dans les passoires thermiques où l’on crève de chaud l’été et de froid l’hiver. Elles ont moins accès aux soins, aux médecins. Les personnes fragiles vivent cela dans tous les domaines de la vie.

    Olivier Nottale : L’objectif est d’être force de proposition ?

    Bernard Morin : Il faut savoir de quoi on parle en premier. Sur Montpellier, cela fait six ans que nous existons. On a commencé par bredouiller mais depuis maintenant deux ans on travaille, on agit sur le logement en lien avec la mairie, dans des commissions. Nous allons travailler avec tout le réseau de l’éducation populaire sur Montpellier en lien et avec le soutien technique de la Ville.

    Françoise Verna : Vous avez fait un travail de fond sur la pauvreté à Béziers, une des villes, si ce n’est la ville, la plus pauvre de France. Quelles en sont les grandes lignes ?

    Serge Pesce : Le seuil de pauvreté, c’est 50% du revenu median qui lui est d’environ 1 500 euros par mois. En France, 14% de la population est à ce niveau [750 euros/mois], soit 9 millions de personnes. Et bien à Béziers, nous sommes à 36%. Si l’on regarde de plus près, cela concerne une population de moins de 30 ans où il est de 48%. La situation de famille monoparentale conduit à la pauvreté presque inéluctablement. C’est une situation qui a beaucoup évolué en France : Il y avait 10% de familles monoparentales en 1968, nous avons dépassé 26% en France au début des années 2020. Et cette fois encore, spécificité à Béziers, il y a 40% de familles monoparentales.

    Olivier Nottale : Bernadette Chamouton vous êtes membre du collectif du pouvoir de vivre de Pézenas. Samedi, la Journée du refus de la misère se déroule au lycée agricole. Il y aura notamment un stand de Territoire Zéro Chômeurs. Pourquoi ce projet est en difficulté ?

    Bernadette Chamouton : Nous sommes en galère après pourtant six ans de travail sur ce projet. Tout était prêt mais le gouvernement a demandé au fonds d’investissement de bloquer l’argent et de stopper le projet qui devait démarrer début septembre. Nous avons fait signer une pétition sur le marché de Pézenas. Une lettre a été envoyée au ministre du travail et même au président, monsieur Macron. Le projet est prévu, budgété. C’est une volonté de ne pas le réaliser. Des salariés attendent un travail depuis des années.

    Nous sommes dans l’incertitude sur ce projet important mais on ne baisse pas les bras car la création du collectif a créé une ambiance citoyenne à Pézenas.

    Consultez le programme complet et écoutez l’émission en cliquant sur le lien.

  • [Pétanque] Le directeur Quintais veut démissionner

    [Pétanque] Le directeur Quintais veut démissionner

    « Il est temps pour moi de fermer le livre du collectif féminin », lance d’entrée de jeu Philippe Quintais, directeur sportif du groupe tricolore. La légende de la pétanque s’est retrouvée mêlée ces dernières semaines au sein d’une polémique autour de l’équipe de France féminine, suite à plusieurs problématiques autour de départs de joueuses, le refus de certaines d’être sélectionnées pour les championnats d’Europe, et la mauvaise entente avec Patrice Rodriguez, le directeur technique national (DTN) de la Fédération française de pétanque et de jeu provençal (FFPJP).

    « Je ne veux plus revenir »

    « Je pense avoir été trop présomptueux lorsque j’ai accepté ce challenge. On m’avait pourtant prévu », regrette l’homme aux 17 titres de champion du monde, qui semble avoir beaucoup appris de cette mauvaise expérience. « J’ai reçu de la part de plusieurs joueuses des excuses et des regrets. Je vais mettre tout ça sur de l’incompréhension ou de la mauvaise communication », poursuit-il, au lendemain de la publication réalisée par Nelly Peyre, l’une des athlètes qui a refusé la sélection pour les championnats d’Europe auprès du « roi Quintais », avant d’accepter plus tard celle de Ludovic Pereira, responsable du collectif France féminin. Suite aux multiples raisons évoquées en amont, le pensionnaire d’Hanches ne souhaite plus « revenir travailler au sein de cette DTN ». « Je veux juste les oublier même si cela va être compliqué. Je vous confirme donc mon souhait de démissionner », exprime-t-il clairement. Touché par un cancer, Philippe Quintais va dorénavant s’éloigner quelque temps des terrains, avec l’espoir de « rejouer début d’année prochaine ».

  • [JO 2030] Une majorité d’avis contre le projet au fort des Têtes

    [JO 2030] Une majorité d’avis contre le projet au fort des Têtes

    Dimanche 11 octobre, près de 250 personnes étaient mobilisées au pied du fort des Têtes à Briançon pour montrer leur désaccord face à son réaménagement en village des athlètes en vue des Jeux 2030. Cette opposition se reflète dans le bilan de la concertation publique, publié quelques jours après que le Conseil municipal ait validé le projet. Sur un total de 268 contributions, 176 avis s’opposent explicitement au projet, et 41 s’opposent aux Jeux olympiques 2030 dans leur ensemble. 31 contributions sont favorables au projet du fort des Têtes, et 20 sont « sans avis ». Les inquiétudes concernent notamment les effets sur l’environnement et sur le patrimoine historique, ou encore le coût financier jugé trop important.

    « Ce bilan intervient après le Conseil municipal décisif sur les opérations foncières concernant le Fort, alors même que les contributions étaient censées éclairer les choix, dénonce le groupe d’opposition Briançon Territoire Vivant. Une concertation digne de ce nom doit éclairer la décision avant qu’elle ne soit prise. Elle ne doit pas devenir une formalité destinée à légitimer après coup des choix politiques. Le rôle d’un bilan est de restituer les désaccords, de permettre un véritable débat démocratique, pas de produire un plaidoyer en faveur du projet. »

    « Voilà, les citoyens se sont exprimés contre, mais on nous explique gentiment qu’ils s’en fichent et que le projet va continuer. De qui se fout-on ? », a réagi le collectif citoyen engagé contre cet aménagement.

    De son côté, la majorité municipale estime que ce projet bénéficiera aux habitants, car il permettra la création de logements sociaux et la préservation du fort, autrement impossible à financer.

    Agathe Di Lenardo