Tag: France

  • Une bouffée d’espoir

    Une bouffée d’espoir

    Il y a la dette, le déficit public… tout le monde doit passer à la caisse, c’est comme ça, nous expliquait doctement la semaine dernière, David Amiel, le ministre des Comptes publics, rappelant le cap donné par Sébastien Lecornu et Emmanuel Macron qui se résume
    en trois mots : « Austérité, austérité
    et austérité.
     » Mais attention, nous disait aussi le ministre, les très riches ont déjà donné les deux dernières années… il ne faudrait surtout pas les accabler de gros mots comme « impôts », « taxes », « prélèvements », « contribution » ou « charges ». Leur représentant syndical, le président du Medef, Patrick Martin, dénonce avec force le « carcan » français et appelle en bon capitaliste à « libérer » l’économie selon un axiome bien connu : moins d’impôts, moins de charges, plus de marges, plus de dividendes.

    Moins de salaires, plus de profits

    Cette course aux profits maximum et court-termiste, poursuivie des décennies durant, tape le mur, de plein fouet. Lorsque des salariés sont obligés d’aller aux Restos du cœur ou au Secours populaire pour manger, lorsque des centaines
    de milliers de familles n’arrivent plus à se loger correctement, lorsque
    les travailleurs qui
    ont pour ambition de vivre dignement et honnêtement de leur labeur, n’arrivent plus à faire un plein d’essence pour se rendre au bureau ou à l’usine, quand les budgets des services publics et des collectivités sont réduits à la portion congrue. Détricotant, fil après fil, notre modèle social français. Cette année d’élection doit nourrir l’espoir d’un changement radical de politique en lien direct avec ce mouvement social en ébullition. Comme
    une bouffée d’espoir.

  • [Le coin BD] Falstaff, le bouffon de Shakespeare, passe des planches aux cases

    [Le coin BD] Falstaff, le bouffon de Shakespeare, passe des planches aux cases

    Roi de la vantardise, prince des débauchés, voleur, menteur et magouilleur, le gros et gras personnage de Falstaff parviendra-t-il à corrompre l’héritier mal aimé de la couronne d’Angleterre. Hâbleur incorrigible, le chevalier John Falstaff brille pourtant d’avantage dans les auberges malfamées de Londres que sur les champs de bataille où il prétend pourtant contre toute évidence briller. Il prend sous son aile de voleur Hal, prince de Galles et héritier de la couronne d’Angleterre, mal aimé de son père Henri IV. Le prince est séduit par le bagout qui ne craint jamais le ridicule de ce roi des voleurs. Mais la guerre civile est de retour en Grande-Bretagne, le trône d’Henri IV est aussi chancelant que sa santé et le prince héritier ne pourra plus échapper à ses responsabilités. Quant à Falstaff, personnage plus que jamais actuel, manipulateur égoïste sans aucune vergogne, « parvenu prêt à marcher sur son prochain pour se frayer un chemin vers les sommets », selon le scénariste, « il ne déparerait pas dans une société trumpienne, mais lui le fait avec drôlerie ».

    Le personnage le plus populaire de Shakespeare, comique, ambigu, aussi excessif qu’attachant, est superbement mis en scène dans cette adaptation par Pierre Boisserie au scénario, Goho au dessin et Isabelle Merlet à la couleur, une tragi-comédie toujours aussi irrésistible.

    ET AUSSI…

    Dumas à Naples

    Quelle belle idée de Marcello Onzo et Fiamma Luzzati de plonger dans les ruelles de Naples en compagnie du truculent Alexandre Dumas. L’autrice en terrasse chez Gambrinus, le célèbre café napolitain, y lit le Voyage en Italie de Goethe avec pour projet de l’adapter. Mais l’auteur des Trois mousquetaires va l’entraîner dans le passé de la ville pour lui faire oublier l’ennuyeux allemand. Elle y croisera Rossini, le dey d’Alger et son harem, bourgeois et voleurs et le terrible Vésuve. Un must pour les amoureux de cette cité unique et éternelle.

    Chez Actes Sud BD, 18,90 €

    L’homme qui vendit la tour Eiffel

    « D’après une histoire presque vraie », cette trépidante comédie suit le personnage réel Léo Lustig, escroc qui en 1925 réussit à vendre rubis sur l’ongle la tour Eiffel à un ferrailleur crédule. Servi par le dessin élastique de Joseph Falzon, le scénario de Stéphane Marchetti nous rappelle que « plus c’est gros, plus ça passe ». Fiction et réalité se mêlent dans cette BD où l’on sourit et où l’on rit des bobards qui vont arnaquer le pigeon alors que les polices françaises et américaines sont sur les dents. Une réussite.

    Chez Dargaud, 19,95 €

    Saperlache

    Un très beau conte sur la folie et l’enfance signé du montpelliérain Sylvain Escalon autour du combat entre l’innocence et le mal chez un enfant délaissé par des parents que la conjoncture économique a ruinés. Pour fuir ce père autoritaire, il va errer à travers champs et se réfugier dans l’imaginaire pour fuir la violence des adultes. Mais il y découvrira une autre violence, celle des créatures qui lui parlent dans la forêt, l’accueillent et jouent avec lui. Avant de l’encourager à voler, à détruire et à faire du mal. Uns superbe BD totalement originale.

    Chez Sarbacane, 26,00 €

    llah n’est pas obligé

    Du chef-d’œuvre de l’ivoirien Ahmadou Kourouma, prix Renaudot et Goncourt des lycéens à sa sortie, Zaven Najjar et Karine Winczura tirent une percutante BD, en plus du film d’animation sorti en mars dernier. Comme dans le roman, le lecteur suit de destin de Birahima, jeune garçon insolent et attachent devenu enfant-soldat dans les guerres civiles qui ont déchiré entre 1991 et 2002 le Liberia et la Sierra Leone. L’histoire de cette dérive vue à hauteur et avec des mots d’enfant manipulé par des adultes ultra-violents est toujours aussi poignante.

    Chez Dupuis, 21,95 €

    La première guerre mondiale en BD

    Arnaud de la Croix et Vincente Cifuentes Martinez leur vision du premier conflit mondial. De manière très pédagogique, ils abordent les causes et personnages de cette guerre qui a impliqué plus de soldats, provoqué plus de morts, de blessés et de disparus, causé plus de destructions qu’aucune autre confrontation militaire jusqu’alors. Cette entrée hyperviolente dans un XXe siècle qui saura repousser encore plus loin les frontières de l’horreur causera la chute de quatre empires et lancera la puissance américaine tout autant que la révolution bolchevique.

    Chez Le Lombard, 29,90 €

    L’évasion de Colditz

    Les Espagnols Salva Rubio et Alejandro Gonzales évoquent dans ce premier tome d’un diptyque l’histoire vraie d’une évasion aussi légendaire qu’incroyable durant la Seconde Guerre mondiale. Officiers prisonniers français, anglais et venus de toute l’Europe se retrouvent dans la forteresse de Colditz, un château que les nazis ont transformé en prison inviolable. Mais le devoir d’un officier est de s’évader et tous les plans, des plus farfelus aux plus fous, vont être tentés, avec succès ou non. Car chaque tentative d’évasion est un acte de résistance et de guerre.

    Chez Glénat, 19,00 €

  • [Week-end] L’esprit de 1936 : Une issue victorieuse

    [Week-end] L’esprit de 1936 : Une issue victorieuse

    Si la victoire électorale a lieu le 3 mai, le gouvernement Blum n’entrera en fonction qu’un mois plus tard. Ce temps de latence va être marqué par de grandes grèves qui vont déboucher sur les avancées mémorables des accords de Matignon dans la nuit du 7 au 8 juin.

    Rappelons tout d’abord que le Front populaire gagne les élections législatives le 3 mai 1936 et que le gouvernement Blum ne se mettra en place que le 4 juin. Il y a donc un mois entre les deux moments. C’est dans cet entre-deux que commence la grande vague de grèves. On cite souvent la grève du 11 mai chez Breguet au Havre comme point de départ. Le 13 mai, c’est Latécoère à Toulouse, puis l’usine Bloch à Courbevoie. Après le 25 mai, c’est toute la métallurgie de la région parisienne qui entre dans la grève. Début juin, d’autres corporations se joignent au mouvement (industrie, commerce, banques…). Au total, on comptera près de deux millions de grévistes, du privé essentiellement, les services publics étant restés à l’écart du mouvement. Dans une grande majorité des cas, les grévistes vont occuper leur entreprise, ce qui va peser lourdement dans le rapport de force avec le patronat. » Directeur de l’Institut CGT d’histoire sociale, David Chaurand résume l’importance de l’immense et historique mouvement de grève qui va toucher l’ensemble du pays en ce printemps 1936 et va déboucher sur des conquêtes sociales dont nous bénéficions tous encore aujourd’hui. Car ces grèves, souvent spontanées mais encadrées par la CGT réunifiée, vont jouer dans les négociations qui vont déboucher sur les fameux « Accords de Matignon » dans la nuit du 7 au 8 juin.

    « Au moment où les grèves battent leur plein, le gouvernement Blum décide de réunir à l’hôtel Matignon, le 7 juin, la Confédération générale de la production française (le patronat !) et la CGT. Au niveau national, une telle réunion est une première. Après plusieurs heures de négociation, un accord en sept points est signé qui comprend notamment l’augmentation des salaires, la généralisation des conventions collectives et l’élection de délégués ouvriers dans les établissements de plus de dix salariés », poursuit David Chaurand. « Plusieurs lois sociales interviennent dans la foulée de l’accord Matignon : deux semaines de congés payés (20 juin), semaine de quarante heures (21 juin) et conventions collectives (24 juin). »

    Dans nos régions, la mobilisation est elle aussi massive. « Dans les Bouches-du-Rhône, ce sont les ouvriers métallurgistes de l’usine Coder qui ouvrent le banc. Le 29 mai, ils se mettent en grève pour protester contre le licenciement de sept ouvriers ayant chômé le 1er mai, tous des militants chevronnés formant l’ossature du syndicat CGT de l’usine. Ils demandent, en outre, une augmentation de 2 francs par jour et l’application du contrat collectif. Non seulement la grève est suivie par la quasi-totalité des 950 ouvriers du site, mais il s’agit d’une grève sur le tas, la “grève des bras croisés” pour reprendre la formulation du Petit Provençal », rapporte l’historien Jean Domenichino. Comme dans la région parisienne, l’issue du conflit est rapide, la direction ayant accédé à toutes les revendications. Pour beaucoup, tout semble rentrer dans l’ordre. La suite des événements ne tarde pas à démontrer le contraire. À partir de juin, la chronologie des conflits méridionaux n’a plus d’autonomie. Comme partout ailleurs, la noria des grèves
    recommence : le 3 juin, aux Forges et Chantiers de la Méditerranée ; le lendemain, les chantiers de construction navale sont occupés par près de 2 000 ouvriers. Pour la première fois, les grèves sortent de Marseille. Le mouvement gagne aussi d’autres branches comme l’huilerie et la savonnerie avec les établissements Fournier-Ferrier, et le bâtiment avec la Société des bitumes d’asphaltes.

    Remerciements

    Ce magazine a reçu l’aide et le soutien sans faille et bienveillant de l’association Promémo et de son président Gérard Leidet. Ouverte à toutes les sensibilités associatives, syndicales et politiques liées au monde du travail, comptant dans ses rangs aussi bien des universitaires que des militants des mouvements sociaux et associatifs, l’association Provence, Mémoire et Monde ouvrier (Promémo), créée en 1999 a pour objet de contribuer à l’élaboration, la rédaction et la diffusion du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social, l’œuvre immense commencée en 1955 par Jean Maitron ; d’encourager et de développer les recherches scientifiques autour de l’histoire du monde et du mouvement ouvriers en Provence et de favoriser la conservation des documents et archives les concernant. Remerciements également à Yann Bertolone des archives de la fédération du PCF des Bouches-du-Rhône, à Frédéric Rosmini de la fédération Léo Lagrange et de Parcours, à l’Institut d’Histoire Sociale (IHS) au niveau national et dans tous les départements et à la Fondation Gabriel Peri.

    Lire la suite ainsi que de nombreuses interviews d’historiens prestigieux dans notre hors-série.

  • Le Grand JT des territoires du 29 août

    Le Grand JT des territoires du 29 août

    Sommaire :

    “Bouvard Disparu”

    Exclusif : La toute dernière apparition à la télé de Philippe Bouvard. C’est a Cyril Viguier qu’il avait confié ses derniers secrets. Regardez-le !

  • Le PS fait sa rentrée à Blois, la primaire dans le viseur

    Le PS fait sa rentrée à Blois, la primaire dans le viseur

    C’est la rentrée pour le Parti socialiste. Cadres, élus et militants se retrouvent à Blois, pour le CamPuS, université d’été du parti à la rose. À huit mois de l’élection présidentielle, celle-ci est dans toutes les têtes à mesure que les candidats à la primaire du pôle social-démocrate se dévoilent. Le scrutin, prévu les 9-10 et 16-17 octobre, a déjà son favori : Raphaël Glucksmann. L’eurodéputé et leader de Place Publique enchaîne les apparitions médiatiques et les ralliements à l’aile droite du PS. De Carole Delga, la présidente de la région Occitanie aux maires de Rouen et de Montpellier, Nicolas Mayer-Rossignol et Michaël Delafosse, des opposants revendiqués à la direction actuelle du parti. De même que le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud : « il est le choix de la victoire, à la condition que cette victoire soit préparée par un projet commun, un contrat de législature, une équipe et une majorité capables de gouverner durablement. Comme militant, comme socialiste, comme responsable d’un courant qui aspire à unir les idées et les êtres », justifie le député des Landes dans une tribune.

    À ce stade, les autres candidats déclarés à cette primaire sont les députés Philippe Brun et Jérôme Guedj et l’ancienne candidate à l’élection présidentielle de 2007 Ségolène Royal. La Gauche républicaine et socialiste (GRS), représentée par l’un de ses fondateurs Emmanuel Maurel, participera également à ce scrutin. Si le maire de Saint-Ouen s’est déclaré candidat à la présidence, il n’entend pas passer par la case primaire. Même son de cloche pour François Hollande, qui s’estime au-dessus de la mêlée : « il se trouve que je suis un ancien président. Je m’adresse peut-être plus largement. Je considère que pour cette élection, il va falloir aller au-delà des formations politiques. Il faut chercher l’union, une union avec les électrices et les électeurs », dit-il.

    Faure veut l’union avec

    les écolos, tiraillés

    La candidature du Premier secrétaire du parti Olivier Faure fait peu de doutes. Il a jusqu’au 15 septembre pour se déclarer. Vendredi, il s’est présenté à Blois entouré de ses soutiens, parmi lesquels la maire de Nantes Johanna Rolland, le président de Seine-Saint-Denis Stéphane Troussel, la députée Dieynaba Diop et l’eurodéputé Pierre Jouvet, pour ne citer qu’eux. « Le Parti socialiste a quelque chose à dire dans cette élection présidentielle, nous allons être la surprise », veut croire le chef des Roses. Ce dernier pousse toujours pour un rassemblement. «Il n’y a pas de victoire possible sans les Écologistes. Il n’y a pas demain de majorité possible sans les Écologistes. C’est vrai à l’échelle locale et nationale. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour qu’on puisse se retrouver et se rassembler », martèle Olivier Faure, arrivé au CamPuS, avec la députée écologiste Léa Balage El Mariky et la cheffe du groupe à l’Assemblée nationale Cyrielle Chatelain. Cette dernière a par ailleurs fait une apparition très remarquée la semaine passée aux Amfis, université d’été de LFI, aux côtés du leader du mouvement Jean-Luc Mélenchon. Quand le sénateur et ex-candidat à l’Élysée Yannick Jadot a apporté son soutien au patron de Place Publique. Les écolos sont, une nouvelle fois, tiraillés entre deux camps. Les huit mois qui suivent diront s’ils peuvent changer la donne.

  • Faire entendre la voix des communes

    Faire entendre la voix des communes

    À quoi sert le Sénat ? La question mérite d’être posée à propos de la seule assemblée de notre République élue au suffrage indirect.

    Au fil de l’histoire de notre pays, la chambre haute du parlement a été avant tout conçue comme un moyen de « modérer » l’Assemblée nationale élue directement par le peuple. De fait, sous la Ve République, la domination du camp conservateur sur le palais du Luxembourg n’a été interrompue que par une parenthèse de 3 ans de 2011 à 2014.

    On l’a oublié mais c’est sa défaite lors du référendum sur une réforme du Sénat qui a conduit le général de Gaulle à quitter le pouvoir en 1969. Il souhaitait le fusionner avec le conseil économique et social et lui donner une fonction uniquement consultative.

    Question politique

    Depuis, différentes réformes constitutionnelles ont fini par faire du Sénat la « chambre des territoires », chargée de faire entendre la voix des collectivités territoriales et des élus qui les gèrent.

    Et pourtant, les communes, métropoles, départements et régions sont aujourd’hui exsangues. Leurs budgets sont pressurés par les logiques d’austérité. La République de proximité est en danger.

    Faire entendre la voix des communes et des autres collectivités n’est donc pas une question institutionnelle mais bien politique.

    Pour y parvenir, il ne suffit pas aux grands électeurs de compter sur le Sénat mais il faut y élire des candidats qui ne votent pas un budget de l’État en contradiction avec l’intérêt des territoires.

  • [C’est l’été] Lecture : « Kaede et les secrets du passé »

    [C’est l’été] Lecture : « Kaede et les secrets du passé »

    Si vous êtes gourmands des enquêtes écrites à mi-chemin du roman à énigme, cher à Georges Simenon et Agatha Christie, et du polar « douillet », ce livre, assaisonné de références littéraires et cinémato-graphiques, a été mijoté pour vous.

    Calmann Levy, 19,90 euros.

  • Roussel – Lisnard deux visions qui s’opposent

    Roussel – Lisnard deux visions qui s’opposent

    D’un côté, Fabien Roussel, le communiste. De l’autre David Lisnard, l’ultralibéral. Tous deux réunis sur le terrain de Roland-Garros par le Medef. Interrogés sur les décisions à prendre pour que la France produise plus, le secrétaire national du PCF, propose de « planifier la réindustrialisation de notre pays et d’arrêter le “stop and go” ». Pour permettre aux entreprises d’avoir de la « lisibilité », notamment en ce qui concerne l’énergie. Un « avantage compétitif énorme » pour reconstruire une « industrie forte et utile ».

    De son côté, le maire de Cannes et président de l’Association des maires de France (AMF) estime que l’« [on] a trop administré l’économie ». Dès lors, il énumère ses propositions presque caricaturales : « libérer le capital et le travail (…) l’industrie, le foncier, lutter contre l’artificialisation des sols », rendre « la fiscalité et les charges compétitives ». Sous les applaudissements des patrons, il plaide pour toujours moins d’impôts, appelant à « cotiser moins pour gagner plus ». « On a le record du monde de la dépense publique, des impôts et des charges », renchérit le président de Nouvelle Énergie. Ce fan revendiqué du président d’extrême droite libertarien argentin Javier Milei, pousse le train jusqu’au bout : « le soviétisme ça n’a jamais marché », raille-t-il.

    Face à une audience qui lui est peu favorable, le chef des communistes intime les patrons à « produire plus », rappelant que les aides publiques aux entreprises ont atteint 211 milliards d’euros en 2023. S’il n’est pas contre ces aides, il veut les conditionner : « à la relocalisation et à la création d’emplois en France », impulser un choc d’investissement massif, en particulier dans la formation. Et ce, afin de « reconstruire une France industriellement forte » et souveraine.

  • Une rentrée scolaire sous le feu des critiques

    Une rentrée scolaire sous le feu des critiques

    « Il n’y aura pas de réforme Geffray. » Ce mardi, ce n’est pas rue de Grenelle qu’Édouard Geffray, ministre de l’Éducation, a tenu la traditionnelle conférence de rentrée, mais dans la cour du lycée Arago dans Paris. À quelques mois de la présidentielle, le ministre en poste depuis 10 mois, a affirmé sa volonté d’en finir avec « l’annualité des mesures qui limite les perspectives » et a déclaré que l’Éducation nationale a besoin « d’un cap » et « non d’une réforme de plus ». Devant un parterre de journalistes, le haut fonctionnaire a énoncé ses quatre priorités pour cette année scolaire : instruire, protéger, unir et prévoir.

    2 500 mots de vocabulaire en maternelle

    Rappelant les inégalités scolaires qui se creusent au sein de l’éducation nationale, le ministre a insisté sur la nécessité de la maîtrise de la langue. « L’objectif est 2 500 mots de vocabulaire acquis à la fin de la maternelle […] si on y parvient nous aurons réduit drastiquement les inégalités scolaires liées aux inégalités sociales », affirme le haut fonctionnaire.

    Un objectif dont il n’a précisé aucun des contours ou des ressources déployées. Alors que les syndicats du premier degré, comme la FSU-Snuipp, la CGT ou Sud’Action, craignent une rentrée difficile à cause d’un manque de moyens humains en maternelle et en primaire.

    Une lutte contre les inégalités qu’il souhaite également mener en « aidant les personnes en difficulté et en cultivant l’excellence ». Le ministre a donc annoncé un accompagnement renforcé pour tous les collèges dont plus de 40% des élèves obtiennent moins de 8/20 en français et en mathématiques au brevet. « Toutes les demandes de formations éducatives y seront systématiquement satisfaites », a-t-il promis.

    L’organisation de la première édition d’un concours général des collèges a aussi été annoncée. Une mesure présentée par le ministre comme un moyen de « cultiver l’excellence ». Chaque collège pourra s’y inscrire, tant qu’il présente autant de garçons que de filles.

    Édouard Geffray, qui a fait de la maîtrise de la grammaire et de la syntaxe son cheval de bataille a également promis la publication le 10 septembre d’un « barème précis » sur le niveau de langue attendu pour les épreuves du baccalauréat. Cette publication devrait permettre à chaque élève de se préparer aux épreuves avec des bases communes.

    Dans sa volonté d’unir « dans une société fracturée », le ministre a également annoncé l’obligation d’une « cérémonie commémorative » annuelle d’hommage à tous les « morts pour la France » autour du 11 novembre pour tous les élèves du CM1 à la Terminale. « Parce qu’il faut que nous sachions d’où nous venons pour savoir où nous allons », estime-t-il.

    Lutte contre les violences sexuelles

    Le sujet des violences sexuelles envers les enfants a aussi été évoqué avec le déploiement d’un questionnaire pour tous les élèves, de la maternelle à la terminale avec la possibilité de laisser leur nom et prénom s’ils souhaitent être aidés. « Nous avons un devoir de libérer la parole. Chaque élève de France pourra s’exprimer sur les violences dont il aurait pu être victime », ajoute-t-il.

    Il a également confirmé l’interdiction des téléphones portables dans tous les collèges et lycées de France. La solution, pour le haut fonctionnaire, de protéger les enfants des dangers des écrans et des contenus qui alimenteraient les stéréotypes de genre sur les réseaux sociaux. Le ministre précise toutefois qu’il y aura quelques semaines pour que les établissements adaptent leur règlement intérieur, tout en affirmant « qu’aucun argument sérieux ne permet de soutenir qu’un écran est indispensable en cours ».

    Une mesure que le syndicat national des enseignements de second degré (SNES FSU) dénonce comme hypocrite dans un communiqué de presse publié mercredi. Pour l’organisation, il s’agit d’« un discours à peu près inopérant sur les dangers de la surexposition aux écrans » et prône bien plutôt « une politique de prévention visant à éviter une utilisation excessive du numérique y compris par et pour l’École ». Ils pointent également du doigt la difficulté de mettre aussi rapidement en place cette interdiction.

  • Tableau noir

    Tableau noir

    Interdiction du portable au lycée et questionnaire sur les violences sexuelles : ces deux nouveautés annoncées en grande pompe par le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, ne peuvent être l’arbre qui cache la forêt. Car c’est sous le signe de l’austérité budgétaire que se déroule la rentrée scolaire 2026-2027, en pleine année de campagne présidentielle. La Loi de finances 2027 prévoit un budget pour l’éducation à la hausse de quelque 800 millions d’euros sur une enveloppe totale de 65 milliards. Mais ces 800 millions seront avalés par l’inflation et ne changeront pas la réalité, notamment le gros point noir des rémunérations des enseignants et des personnels et, plus largement, de tous les fonctionnaires et assimilés. Car le cap
    du gouvernement Lecornu est à l’austérité.

    Le service public détérioré

    La baisse de la démographie aurait pu cette année être une chance historique pour réduire le nombre d’élèves par classe. Mais le choix fait par le gouvernement est à l’opposé, des classes sont supprimées. L’école illustre la détérioration du service public au profit d’une politique tournée vers le patronat et les entreprises du CAC40. Il est significatif que le premier débat public de la présidentielle entre une partie des candidats se soit déroulé lors de la rentrée du Medef. Les candidats de droite ont redoublé de courbettes à l’égard de leurs obligés mais la palme revient à la frontiste Marine Le Pen. L’héritière du parti à la flamme a donné des gages au patronat en promettant de présenter « juste avant le débat budgétaire [sa] trajectoire de rétablissement des finances publiques avec 125 milliards d’euros d’économies ». Preuve, s’il en fallait une de plus, que l’extrême droite choisit toujours les puissants contre le peuple et ses enfants.