Tag: France

  • Donald Trump impose son agenda au G7

    Donald Trump impose son agenda au G7

    Évian accueille, jusqu’à mercredi, un sommet du G7 une nouvelle fois rythmé par l’imprévisibilité du locataire de la Maison Blanche. Alors que les États-Unis sont empêtrés depuis 108 jours dans une guerre au Moyen-Orient qu’ils ont déclenché aux côtés de leur allié israélien, Donald Trump annonce finalement ce dimanche, jour de son 80e anniversaire, sur son réseau social : « L’accord avec la République islamique d’Iran est désormais finalisé », clame-t-il, comme une façon d’imposer une énième fois son agenda.

    Il s’agit en réalité d’un cadre d’accord, signé électroniquement, lundi en fin d’après-midi, par le président américain, son vice-président JD Vance, ainsi que le président du Parlement iranien et principal négociateur Mohammad Bagher Ghalibaf, juste avant l’arrivée du milliardaire dans la station thermale.

    Sur place, il assure que le détroit d’Ormuz sera « complètement ouvert » vendredi et que l’accord sera publié dans la foulée de la cérémonie de signature, à Genève. Donald Trump estime par ailleurs ne pas avoir « besoin de beaucoup d’aide » internationale pour rouvrir cette artère essentielle pour le commerce mondial de brut. À ses côtés, Emmanuel Macron réitère son « offre » d’une mission militaire internationale franco-britannique. « Peut-être que ça ne sera pas souhaité, peut-être que ça ne sera pas nécessaire, mais en tout cas, c’est une disposition qui marque notre volonté d’aider », insiste-t-il.

    Les modalités de cet accord restent floues. L’agence de presse iranienne Fars indique que Téhéran aurait ajouté l’imposition de frais de services maritimes à Ormuz dans les derniers instants des négociations. « L’utilisation du terme “services maritimes” signifie que Washington a accepté que des frais soient versés à l’Iran », précise-t-elle, citant une « source informée ». Dans ce cas, ce serait une victoire pour la République islamique qui, malgré de nombreuses pertes, voit son régime recentré autour de son noyau dur et ferait désormais payer le passage dans le détroit…

    Une guerre pour rien ? « Plus de 7 400 morts, la majorité des civils. Des centaines de foyers, d’écoles et d’hôpitaux détruits. Une hausse généralisée des prix et des milliards d’euros de pertes, également en Europe. Tel est le bilan de ce conflit en Iran. Nous comptons sur le fait que l’accord de paix annoncé aujourd’hui mette fin à cette absurdité, qu’il soit respecté par toutes les parties et qu’il marque ainsi le début d’une nouvelle ère au Moyen-Orient. Célébrons. Mais n’oublions pas. Et apprenons une fois pour toutes que la guerre est un échec. Le dialogue et la diplomatie sont la seule voie », exhorte le Premier ministre socialiste espagnol, Pedro Sanchez.

    Du Liban à l’Ukraine

    Selon l’agence de presse iranienne Mehr, le texte prévoit un « arrêt permanent et immédiat de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban ». Pris de court, Israël rejette la paix. « L’accord de Trump ne nous engage pas, nous ne sommes pas une colonie des États-Unis », fait valoir le ministre israélien d’extrême droite de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir.

    Sur un autre front, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a une nouvelle fois proposé à son homologue russe une rencontre en marge du sommet. Sans réponse à ce stade. Dans sa grande mansuétude, le New-Yorkais qui se rêve lauréat du Nobel de la Paix, pense « peut-être » pouvoir « faire quelque chose » pour mettre fin au conflit.

    « Célébrons. Mais n’oublions pas. »

  • [Lecture] Il y a cent cinquante ans, s’éteignait l’incontournable George Sand

    [Lecture] Il y a cent cinquante ans, s’éteignait l’incontournable George Sand

    En 1985, nous écrivions une étude romancée sur George Sand, et devenions, suite à sa publication, une intime de la regrettée Christiane Smeets-Sand, son héritière. Autant dire que la Bonne Dame de Nohant, mais aussi de Gargilesse, ne nous est pas inconnue. Aussi chaque livre écrit sur elle nous ramène-t-il à cette femme qui avait préféré son sang plébéien au royal, que l’on accusa de flatter le peuple, et d’avoir osé dire qu’il y avait de plus grandes idées, et de plus grands sentiments, dans l’atelier d’un artisan que dans les salons de la noblesse, ou de la bourgeoisie. Merci à l’historienne Marie-Hélène Baylac de faire renaître celle qui fut saluée par nombre de ses contemporains, mais que Baudelaire, Nietzsche, Edmond de Goncourt, et autres, se plurent à railler.

    Passion d’une vie

    Dès les premières pages, nous sentons la plume de l’historienne, absorbée par les événements mémorables qui firent du XIXe siècle une époque riche en agitations populaires, mais aussi en joutes littéraires. Sand n’en sera pas seulement le témoin, mais fera entendre sa voix lors des manifestations, quitte à être traitée de « bourgeoise populacière qui aspire aux sentiments généreux ». Elle n’en aura cure et se battra jusqu’à sa mort contre l’injustice. George Sand, ou la passion d’une vie, un livre remarquable, tant par sa richesse iconographique, que par le vif intérêt qu’il suscite. Nous vous invitons également à lire, dans l’excellente collection « Ainsi parlait » des éditions Arfuyen, les quatre cent cinquante-six citations de George Sand, choisies et présentées par Pascale Auraix-Jonchière (14 euros).

    ET AUSSI

    Le Crépuscule des Dieux

    Qu’il nous rappelle l’opéra de Richard Wagner, le roman du Manosquin Élémir Bourges, ou le film de Luchino Visconti, le titre se réfère à un déclin qui fait pressentir une disparition. C’est celui légitimement choisi par l’éditorialiste politique Patrice Duhamel, pour nous révéler les années de combat de De Gaulle, Pompidou, Mitterrand, Chirac contre la maladie – ce qui lui permet de s’interroger sur les mensonges d’État. L’auteur, qui nous a habitués à la plus belle des plumes, n’avait jamais encore atteint un degré aussi éminent de qualité.

    L’Observatoire, 22 euros

    Agatha à Londres

    Vous aurez compris que l’Agatha du titre est l’indémodable Christie. Pourquoi Londres ? Primo, parce que la capitale britannique était chère à la Reine du Crime. Secundo, parce qu’un lieu sert de toile de fond à une intrigue, et fait partie des personnages principaux, notamment lorsqu’un assassinat s’y commet. Que seraient les romans d’Izzo sans Marseille, ceux de Montalbán sans Barcelone, ou ceux de Camilleri sans Porto Empedocle ? Douze enquêtes typically londoniennes languissent de prendre place sur votre table de chevet. Ne les faites pas attendre.

    Le Masque, 19,90 euros

    Travail

    « Ce livre, écrit par Émile Zola, est extraordinaire, par la mise en œuvre, par la construction forte et logique d’un idéal social : le bonheur humain dans le travail réorganisé, dans le travail devenu, enfin, ce qu’il doit être, une joie d’homme libre, au lieu de rester ce qu’il fut toujours, plus ou moins, une souffrance, une abjection d’esclave. »… Ces phrases, qui datent de 1901, sont d’Octave Mirbeau, maître écrivain libertaire, qui aurait salué Jacques Noiray, préfacier de cette première publication au format de poche du dernier roman publié du vivant de Zola.

    Folio, 9,50 euros

    Marilyn & Ella

    Elles étaient amies. L’une avait la beauté, l’autre la voix. À elle deux, elles symbolisaient un temps où la musique et le cinéma étaient élevés à la hauteur d’un art, où les femmes se voulaient indépendantes – ce qui choquait autant les hommes des milieux aisés que ceux des quartiers populaires. Merci à Eliza Knight, à Denny S. Bryce, et à leur traductrice, Carole Delporte, d’avoir réuni « The Blonde Bombshell » et « The First Lady of Song » pour le centenaire de la naissance de la première, et le trentième anniversaire de la disparition de la seconde.

    HarperCollins, 21,90 euros

  • Le Grand J.T. des Territoires du 13 juin

    Le Grand J.T. des Territoires du 13 juin

    Au sommaire

    Une taxe qui fait des vagues chez les plaisanciers ! Le gouvernement a annoncé l’augmentation des taxes annuelles sur les engins maritimes à partir de janvier 2027. Une décision contestée.

    À l’approche du Tour de France : apprendre le vélo en toute sécurité, c’est l’objectif de l’opération de TotalEnergies “Génération Vélo” organisée partout dans nos régions. Petits et grands apprennent au plus proche de champions du cyclisme.

    Insolite : deux villages de la Loire se disputent pour savoir qui a la plus grosse cloche. Une rivalité bon enfant qui dure depuis des décennies.

  • Jour de deuil et d’hommages à la petite Lyhanna

    Jour de deuil et d’hommages à la petite Lyhanna

    Au balcon de la mairie de Fleurance, les drapeaux étaient en berne, vendredi matin, ont constaté des journalistes de l’AFP.

    Dans cette petite ville de 6 000 habitants, au cœur d’un territoire rural et vallonné, une marche blanche avait réuni dimanche plusieurs milliers de personnes, en hommage à la petite fille.

    Devant le collège Hubert-Reeves, où elle a été aperçue pour la dernière fois le 29 mai, montant dans la voiture du principal suspect, Jérôme Barella, plusieurs dizaines de bouquets de fleurs, des bougies et des peluches étaient posés au pied d’un cèdre du Liban, où une pancarte rendait « hommage à Lyhanna et à tous les enfants victimes ».

    Des bougies, pour ne pas tomber « dans l’oubli »

    Sandy Lannes, 45 ans, « maman, grand-maman et tatie », « vient tous les soirs rallumer les bougies pour Lyhanna ».

    « C’est important de rallumer ces bougies. J’espère que ça ne tombera pas dans l’oubli avec la Coupe du monde », ajoute cette mère de deux enfants et grand-mère de trois petits-enfants, « dont quatre filles », tient-elle à préciser.

    « Ça serait bien que la loi intégrale soit votée », dit-elle encore, faisant référence à une proposition de loi globale sur les violences sexistes et sexuelles portée par une coalition transpartisane de députés dont la mise en œuvre est chiffrée à 2,7 milliards d’euros.

    Au cimetière, en début d’après-midi, le cercueil bleu a été porté par les agents des pompes funèbres vers son lieu d’inhumation où seule la famille a pu se recueillir. Les gens avaient l’opportunité dans la foulée de la cérémonie publique de laisser un petit mot d’hommage sur un livre d’or.

    Lors de la cérémonie, le maire de Fleurance, Grégory Bobbato, a pris la parole. « Nous ne disons pas au revoir à un symbole, une lutte, mais à une enfant de 11 ans et demi : Lyhanna », a dit l’édile, avant de saluer la « leçon de vie » donnée par les parents de l’adolescente, Charly et Martial.

    « Une leçon face à leur absolue dignité au moment d’affronter le pire : perdre un enfant. Une leçon, enfin, dans leur façon de nous ramener sans cesse à l’essentiel », a affirmé Grégory Bobbato.

    Michel Baylac, président de l’association des maires de France dans le Gers, avait par ailleurs lancé un appel dans la semaine à observer un « moment de recueillement » à l’heure des obsèques. L’idée, c’est d’« être en communion avec la famille aujourd’hui, au même moment, et sans troubler l’intimité familiale (…) tout simplement pour dire qu’on pense à Lyhanna », a-t-il déclaré à l’AFP.

    « Et après, le fait qu’on ait mis en berne les drapeaux, le drapeau français en particulier, c’est pour dire qu’il y a des choses à faire », a-t-il dit, ajoutant : « Aujourd’hui, il faut revoir (…) ce qui a conduit aux dysfonctionnements et encourager ceux qui ont en charge le pouvoir, ou qui l’auront demain, ainsi que les parlementaires, bien évidemment, à légiférer, à trouver les moyens pour que cela ne se reproduise plus. »

    Dans l’enquête sur la mort de la collégienne, le suspect numéro un est Jérôme Barella, un père de famille de 41 ans dont la fille aînée était amie de Lyhanna. Interpellé par les gendarmes le lendemain de la disparition, il est en détention provisoire depuis sa mise en examen pour enlèvement le 1er juin.

  • Les valeurs de la francophonie célébrées à Marseille

    Les valeurs de la francophonie célébrées à Marseille

    Dans le cadre de la Journée internationale de la francophonie, ce vendredi, la Maison de la francophonie de Marseille a organisé diverses animations à l’hôtel de Région. Une date consacrée à la promotion de la langue française et des valeurs qu’elle véhicule. Soutenue par la Région Sud, l’événement a réuni le public autour d’ateliers, d’une dictée, d’expositions, d’une table ronde et de plusieurs remises de prix.

    Plus qu’une langue

    En ouverture, Aurore Bruna, conseillère régionale, a rappelé l’engagement de la Région Sud en faveur de la francophonie. La collectivité prévoit d’accorder « une subvention de 5 000 euros à l’événement, sous réserve du vote de la séance plénière du 26 juin prochain ». L’élue a ajouté : « La francophonie est et restera une priorité politique de notre collectivité régionale. » Avant de souligner le rôle du français dans l’éducation, la culture et le rapprochement entre les peuples.

    Le président de la Maison de la francophonie, Jean-Pierre Chiaverini, a pour sa part insisté sur la définition de la francophonie : « Un espace de coopération multilatérale et de solidarité fondé sur des valeurs de paix, de démocratie et d’égalité. » Il a également rappelé le dynamisme de cet espace qui rassemble aujourd’hui près de 400 millions de locuteurs dans le monde et 90 États au sein de l’Organisation internationale de la francophonie.

    Parmi les moments clés de la journée figuraient la remise des prix du concours photo « Dix mots, dix clichés d’un monde à venir », la remise du prix littéraire francophone à l’écrivaine Maria Larrea, ainsi qu’une table ronde consacrée à la contribution de la jeunesse à la « construction d’un monde plus apaisé ». Une manière de rappeler que la francophonie ne se limite pas à une langue, mais constitue aussi un outil de dialogue et de compréhension entre les cultures.

  • La nationalisation d’ArcelorMittal adoptée

    La nationalisation d’ArcelorMittal adoptée

    Les applaudissements retentissent sur les bancs de la gauche. Debout, les députés se tournent vers les tribunes où les salariés d’ArcelorMittal ont assisté aux débats. À 106 voix pour, 49 contre, l’Assemblée nationale a adopté en seconde lecture la proposition de loi de nationalisation des actifs français du sidérurgiste. « Quand la gauche se rassemble elle est belle et utile au pays », clame le député communiste et corapporteur Nicolas Sansu, à l’issue du vote. « Il n’y a pas d’avenir pour l’industrie en France sans une filière d’acier robuste et pérenne », faisait-il valoir lors des âpres débats qui ont pris part dans l’hémicycle.

    Les macronistes rejettent et attaquent

    Le texte est l’un des dix proposés par le groupe GDR (gauche démocrate et républicaine) dans sa niche parlementaire ce jeudi. Il avait été voté en première lecture lors de la journée réservée des députés insoumis. « Du métal sans Mittal, c’est le cri du cœur des salariés en lutte », avance la corapporteure et députée LFI Aurélie Trouvé, reprenant le slogan de la CGT qui avait appelé au rassemblement devant le palais Bourbon, auquel la secrétaire générale du syndicat Sophie Binet a participé. « La famille Mittal a une stratégie, une ambition : délocaliser la production aux États-Unis, en Inde, au Brésil (…). C’est maintenant qu’il faut investir. Il est temps de reprendre la main sur nos usines et sur nos vies », s’exclame l’élue. L’occasion pour les socialistes de tenter un mea-culpa : « Nous réparons par ce vote une erreur, celle commise en novembre et décembre 2012 là où le ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg et son directeur de cabinet Boris Vallaud avaient proposé au président de la République et au Premier ministre la nationalisation des hauts fourneaux de Florange », avance Philippe Brun. « Ils n’avaient, à l’époque, pas été suivis, le gouvernement étant victime d’une idéologie mortifère est aujourd’hui enterré ! », tonne le député PS.

    Farouchement opposé à la nationalisation, le camp présidentiel agite le coût de l’opération estimé entre 3 et 4 milliards d’euros. « L’État n’est pas un actionnaire magique, l’argent public n’est pas une ressource illimitée », justifie la députée Renaissance Marie Lebec. « Depuis 10 ans, il y a 800 millions d’euros qui ont été donnés à ArcelorMittal, pour quels résultats ? 22% d’effectifs en moins, 600 suppressions d’emplois en 2025, plus de 1 000 en 2026. Mais par contre, 732 millions de dividendes versés en deux ans par ArcelorMittal France », rétorque le président de la Commission des Finances, l’insoumis Éric Coquerel.

    Le très libéral ancien ministre Guillaume Kasbarian charge les défenseurs de la PPL : « Des députés qui n’ont jamais géré la moindre entreprise et vivent au crochet de l’État veulent nationaliser ArcelorMittal. Ils veulent jouer aux industriels avec l’argent des Français. Scoop : ça ne marche Jamais. Stop à la démagogie communiste et collectiviste », ose le fan revendiqué du président argentin d’extrême droite Javier Milei. « Vous êtes gonflés ! », envoie Stéphane Peu au camp présidentiel, « chaque année il y a 211 milliards de cadeaux qui sont faits aux entreprises sans aucune contrepartie ! », martèle le chef des députés communistes, faisant ici référence au rapport d’enquête sénatorial sur les aides publiques aux entreprises. Le texte doit désormais être transmis au Sénat. « Le gouvernement doit sans attendre respecter la volonté de la représentation nationale et engager la suite du processus législatif permettant l’adoption définitive de la loi », réclame la CGT.

    ET AUSSI…

    La réforme de l’ASPA validée

    Les députés ont approuvé à l’unanimité en première lecture jeudi la proposition de loi du groupe GDR qui vise à diminuer le non-recours à l’Allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa). « Merci pour les 300 000 retraités qui chaque année ne demandent pas cette allocation minimum remboursable, de crainte de laisser des dettes à leurs enfants », a lancé la députée réunionnaise et co présidente du groupe Emeline K/Bidi qui portait le texte. Le texte adopté jeudi instaure un « forfait logement » qui permettra de baisser le montant de l’Aspa pour les retraités propriétaires de leur logement ou hébergés à titre gratuit, et d’annuler dans ce cas la récupération des sommes. Le montant de ce forfait devrait être de quelques dizaines d’euros selon le gouvernement. La mesure résulte d’un amendement du gouvernement qui a complètement réécrit le texte.

  • La nationalisation d’ArcelorMittal sur la table

    La nationalisation d’ArcelorMittal sur la table

    C’est un texte que les parlementaires communistes inscrivent à chacune de leurs journées réservées. La proposition de loi pour la nationalisation d’ArcelorMittal France est à nouveau défendue en deuxième lecture dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale ce jeudi. Le texte avait été adopté en novembre dernier lors de la niche parlementaire des députés insoumis puis rejeté au mois de février au Sénat, alors porté par les élus PCF.

    « On a souhaité l’inscrire pour une raison simple : la filière acier est menacée en France », explique le député communiste Nicolas Sansu lors d’une conférence de presse. « Les investissements annoncés n’ont pas encore trouvé un début de concrétisation », regrette le co rapporteur de cette PPL, « la décarbonation annoncée par le four à arc électrique ne fait pas tout le process », tient-il à souligner. « L’acier est à notre industrie ce que l’air est à nos poumons : indispensable. Allons-nous subir l’asphyxie organisée par Mittal ou reprendre un souffle de souveraineté, de démocratie et de justice ? », questionne le député Génération.s Benjamin Lucas en Commission des finances où le texte a, une nouvelle fois été adopté. « Il s’agit de la seconde lecture ce qui s’agit qu’ensuite, ça mettra évidemment la pression sur le gouvernement et les deux présidents d’Assemblée (…). Cette nationalisation devient très concrètement possible », pousse la députée LFI Aurélie Trouvé, co rapporteure du texte.

    Rassemblement

    des salariés dès 11h

    Cette nationalisation c’est avant tout une demande des salariés qui la jugent nécessaire pour sauver leur outil de travail, leurs emplois et la sidérurgie française. C’est ainsi que délégations d’ArcelorMittal venues de tout le pays de Dunkerque à Fos-sur-Mer en passant par Florange sont attendues devant le palais Bourbon dès 11h. « À l’heure où le gouvernement veut réindustrialiser le pays, l’acier est au cœur de l’équation ! Sans l’acier, il n’y a pas d’industrie ! Nous savons que Mittal ne tient pas ses promesses ! Depuis 2018, il vend du rêve avec la décarbonation ! Nous sommes en 2026, et rien n’a été fait ! Nous subissons aujourd’hui les effets de la stratégie financière Mittal avec les PSE qui se multiplient ! Si nous ne faisons rien il n’y aura plus de production d’acier en France », fait valoir la Fédération des travailleurs de la métallurgie CGT dans un tract.

    Car les chiffres donnent le tournis. En 2024, ArcelorMittal a versé plus de 600 millions d’euros de dividendes à ses actionnaires et reçu quelque 364 millions d’euros d’aides publiques depuis 2013, sans compter les prêts de l’État, 192 millions d’euros de crédit d’impôt, 100 millions d’euros d’aide pour les factures d’électricité, auxquelles s’ajoutent les millions de l’Union européenne pour la filière… Et pourtant, en février dernier le groupe annonçait sa volonté de supprimer quelque 1 670 emplois dans le pays.

    LES AUTRES TEXTES DÉFENDUS

    Dix textes, dont celui sur la nationalisation d’ArcelorMittal, seront défendus par les députés communistes.

    Solidarité envers les retraités pauvres

    Le premier texte examiné vise à supprimer l’obligation de rembourser l’allocation de solidarité aux personnes âgées (ASPA).

    Autoriser les forages d’hydrocarbures en Outre-Mer

    Cette proposition de loi ouvre la voie à une exception d’autorisation de forage et d’exploitation des hydrocarbures en Outre-Mer.

    Lutter contre la précarité étudiante

    Ce texte réforme les bourses étudiantes en les indexant sur l’inflation et en les versant sur 12 mois.

    Égalité d’accès aux soins aux Ultramarins

    Cette PPL autorise l’accès à la carte Vitale et à la carte européenne d’assurance maladie pour tous les ressortissants des Outre-mer.

    Contre le blocus étasunien à Cuba

    La proposition de résolution suivante appelle à une action résolue de la France contre le blocus imposé par les États-Unis au peuple cubain.

    Commission d’enquête sur le CNARM

    L’objectif est la création d’une commission d’enquête sur le Comité national d’accueil et d’actions pour les Réunionnais en mobilité (CNARM).

    Protection des mineurs en formation

    Le but de ce texte est de renforcer la sécurité et la protection des mineurs en formation professionnelle.

    Régime des intermittents du spectacle dans les Outre-Mer

    Cette PPL veut adapter le régime d’intermittence pour les artistes et techniciens du spectacle ultramarins.

    Protéger le droit d’auteur face à l’IA

    Les députés poussent l’instauration d’une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’IA générative.

  • L’affaire Lyhanna met le gouvernement sous pression

    L’affaire Lyhanna met le gouvernement sous pression

    La séance s’ouvre avec une minute de silence, adressée notamment à la petite Lyhanna, dont les circonstances de la mort continuent de provoquer l’émoi dans tout le pays. Cette minute de recueillement a précédé cette séance au gouvernement consacrée exclusivement à cette affaire.

    « Vous lancez une enquête sur les responsabilités qui ont conduit au drame, ne craignez-vous pas qu’elles remontent jusqu’à vous, Monsieur Darmanin ! », lance d’emblée la députée insoumise Gabrielle Cathala au garde des Sceaux dont elle demande la démission – une hypothèse totalement exclue par le principal intéressé. « Je vous demande d’inscrire à l’ordre du jour la proposition de loi intégrale visant à lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants », exhorte la députée socialiste Céline Thiebault-Martinez. « Depuis huit mois, je vous interpelle. (…) Ce sujet n’a pas été votre priorité », tempête l’élue qui porte ce texte soutenu par une centaine de députés de gauche, du camp présidentiel et par la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet.

    Sébastien Lecornu a annoncé qu’il recevra « en fin de semaine » les députés qui le promeuvent et n’exclut pas de prendre des mesures « réglementaires » en amont de son examen par le Parlement – lors d’une session extraordinaire. Une annonce qui vient directement contredire la position de Gérald Darmanin qui rejette ce texte : « aucune des dispositions de la loi intégrale n’aurait répondu dans le cas précis au drame de la petite Lyhanna », conteste le ministre de la Justice. « Nous n’avions pas besoin de davantage de moyens », persiste-t-il.

    Ce n’est pas ce que pense la famille de Lyhanna. « Par ma voix, cette famille endeuillée souhaite envisager les véritables responsabilités, celles des moyens qu’on accorde à la justice et à leur efficacité car oui, Monsieur le président, c’est le vrai cœur du problème », a déclaré devant la presse François Roujou de Boubée, avocat des parents de la collégienne de 11 ans retrouvée morte la semaine dernière, six jours après sa disparition.

    La famille de la victime pointe « les moyens »

    Me Roujou de Boubée a évoqué « des décisions de justice qui n’étaient pas appliquées, faute d’avoir du personnel pour pouvoir le faire, des experts refuser leur mission car ils avaient trop de travail, des rapports d’expertise rendus six mois après » ou encore « des instructions judiciaires pour viol durer des années parce qu’il n’y a pas assez de juges, pas de places en audience ». Il a demandé « un peu de respect » pour ces magistrats « désespérés car ils n’avaient pas les moyens de faire leur office dans de bonnes conditions ». Et au passage, critique la demande formulée par Gérald Darmanin aux procureurs la veille : « étudier 70 000 plaintes d’ici le 14 juillet, c’est de la poudre de perlimpinpin et j’espère que personne n’est dupe. C’est impossible à moins de mal faire son travail », a poursuivi l’avocat.

    Plus tôt dans la journée, Audrey, la mère de Rosa, 10 ans, l’une des nombreuses victimes présumées de Jérôme B., principal suspect dans la mort de Lyhanna, a exprimé son sentiment de culpabilité face à ce drame : « Je regrette de ne pas avoir fait plus. » L’avocat de la mère de Rosa a annoncé vouloir poursuivre l’État pour « faute lourde » et saisir la Cour de Justice de la République contre le garde des Sceaux.

  • La grève sur les rails contre la maltraitance

    La grève sur les rails contre la maltraitance

    Un cri du cœur pour alerter sur une « urgence sanitaire et sociale ».

    Les cheminots mettent, ce mercredi, les locomotives à l’arrêt à l’occasion d’un mouvement social qui s’annonce massif. Les quatre organisations syndicales représentatives de la SNCF (CGT, FO, SUD et CFDT) ont accordé leurs klaxons pour réclamer un changement de braquet de leur direction. Du jamais vu depuis fin 2024 et de quoi rappeler les journées unitaires de la grève marathon contre la réforme ferroviaire de 2018. Il faut dire que l’heure est tout aussi grave pour la famille du rail : « rabotage des droits, pressurisation à l’extrême, dumping social à tous les étages », énumère la fédération CGT des cheminots. « Le message qu’on délivre est que le ferroviaire est à un tournant. […] Et l’unité syndicale dit l’importance que nous y accordons », explique Thomas Cavel, secrétaire général CFDT Cheminots en conférence de presse à Paris, ce mardi. Les syndicats pointent un cycle infernal de réorganisations au sein de la SNCF, entre ouverture à la concurrence et processus de filialisation. Et en lame de fond sa place comme service public ferroviaire : « La concurrence est un système qui met en péril les finances publiques. On investit sur le réseau ferroviaire via les bénéfices générés par les cheminots : ils paient donc, pour partie, l’outil de leur concurrent. »

    Des changements drastiques pour l’entreprise ancienne détentrice du monopole du rail en France et avec des conséquences qui le sont tout autant. « Les cheminots sont plus exposés qu’avant aux risques graves », développe François Tejedor, secrétaire général de la CGT Cheminots Paca. Plus que des accidents graves, les syndicats mettent en avant des drames : 13 suicides depuis le début de l’année. D’où l’alerte sociale : « On constate un mal-être en ce qui concerne le sens du travail, un malaise global, notamment dans l’encadrement : les réorganisations broient certains de nos collègues », confie à l’AFP, Fabrice Charrière, de l’Unsa Ferroviaire.

    Fortes perturbations

    sur le réseau

    Preuve de l’étendue de la colère cheminote : le secrétaire général de la CGT Cheminots Paca évoque un mouvement de grève particulièrement suivi : « Dans la région, il y a entre 80 à 90% de grévistes sur le personnel roulant, que ce soit contrôleurs ou mécanos. C’est 80% chez les conducteurs de TGV. »

    Concrètement, 1 TGV sur 3 circule ce mercredi, pour 1 train Intercités sur 2. Même principe pour les Trains express régionaux (TER). « La circulation des trains sera perturbée sur la région Sud » et « très fortement » pour les axes Les Arcs-Draguignan, Grasse-Vintimille et Nice-Breil-Tende, constate la Région Sud. Avec des lignes, comme celle de Marseille-Lyon avec 55% de circulation, ou Marseille-Aix avec seulement 45%. « Ça ne reflète pas le niveau de mobilisation […] la direction met toutes ses ressources pour minimiser la grève », nuance François Tejedor. En effet, nos confrères de l’AFP confirment que la SNCF « mobilise toutes ses ressources » en recourant notamment à des encadrants pour remplacer du personnel gréviste, comme le lui permet la loi.

    Pourtant, les cheminots en ont encore sous le pied. « C’est un coup de semonce, avec une temporalité réfléchie : on a proposé un mercredi pour rassembler tout le monde et ne pas faire de polémique », justifie François Tejedor. L’intersyndicale se rencontre le 11 afin d’ores et déjà évoquer la suite du mouvement. D’autant que Jean Castex joue la montre et ne prévoit de rencontrer les organisations syndicales que le 23 juin. De quoi laisser planer la menace d’une grève à un moment peut-être plus stratégique, comme les vacances d’été… « Les attaques se font plus pressantes, il faudra peut-être aborder les choses d’une manière un peu plus punchy », conclut François Tejedor.

    PAROLES DE CHEMINOTS

    Nathalie Marin, secrétaire générale de la CGT Cheminots, Toulon

    « On a un signal très alarmant avec treize suicides d’agents en 2026. Mais aussi des accidents mortels qui ont beaucoup impacté le moral des cheminots. Nous sommes également très inquiets de l’avenir de notre entreprise en tant que service public, qui n’est plus du tout d’ailleurs reconnu comme tel par nos directions, qui se voient très bien en entreprise commerciale, concurrentes même les unes des autres. La colère monte en réaction à cette perte de sens des missions du service public ferroviaire qu’on avait initialement et qui faisait avancer et vivre l’esprit cheminot. On réclame donc aujourd’hui l’arrêt des restructurations et des filialisations, ainsi que la hausse des salaires et la création d’un vrai 13e mois. »

    Propos recueillis par T.T.

    Loïc Guigou, secrétaire CGT Cheminots, Vaucluse

    « On s’inscrit pleinement dans les revendications. Si heureusement ici nous n’avons pas été touchés par un suicide ou accident de travail, il y a beaucoup d’arrêts de travail liés aux risques psychosociaux. Par exemple, sur les conditions de travail et d’accueil des usagers, cela fait deux semaines qu’il n’y a plus de climatisation dans la gare TGV d’Avignon, ni aux guichets à Avignon centre. Plus largement, face à l’urgence climatique, les cheminots CGT ont élaboré un dossier décarbonation qui s’appuie sur l’étoile ferroviaire d’Avignon et le projet de Serm [service express régional métropolitain]. Le ferroviaire doit être le centre d’une offre multimodale cohérente, avec l’ouverture de gares et des personnels pour assurer un service public efficace et digne de ce nom. »

    Propos recueillis par F.C.

    Frédéric Michel, secrétaire SUD Rail, Marseille

    « Nous ne sommes pas en grève contre l’ouverture à la concurrence, on ne fait pas du patriotisme d’entreprise mais nous luttons contre le dumping social porté par cette ouverture et les conditions dans lesquelles elle se met en place. Si ça pouvait permettre d’améliorer nos conditions de travail et de rémunération, on ne s’y opposerait pas. Mais ce n’est pas le cas. Que ce soit les salariés de la SNCF, de ses filiales, ceux des entreprises privés, dans le trafic voyageurs ou le fret, c’est une grève de toute la branche ferroviaire. Ces entreprises tirent vers le bas pour répondre au marché. On n’est protégé nulle part et la SNCF est la première à mettre des filiales en place. Et on sera nombreux car derrière ce système il y a trop de cheminots qui sont endettés, trop de souffrance au travail. »

    Propos recueillis par M.G.

    Christophe Morard, secrétaire général syndicat CGT Cheminots, Miramas

    « Cela fait des années qu’on dénonce la fin du triage des wagons isolés, où chaque petite entreprise locale pouvait nous confier leurs wagons pour les trier et envoyer partout en France et en Europe. Ce n’est pas le plus rentable, car un train entier nécessite moins de matériel et de personnel. Mais c’est ce qu’on craint pour le Triage de Miramas avec la privatisation d’Hexafret et Technis [ex Fret SNCF, Ndlr] prévue pour 2028. Le wagon isolé faisait vivre notre Triage, on trie près de dix fois moins de wagons par rapport à avant l’ouverture à la concurrence. Pire, ArcelorMittal représente 30% du trafic du Triage, on est donc inquiets au vu de leurs difficultés. Il faut une volonté politique pour trier les wagons isolés et retirer des camions de la route. »

    Recueilli par An.M.

    Magali Sanchez, conductrice de train, secrétaire CGT Secteur de Veynes, Hautes-Alpes

    « On en demande toujours plus aux agents, il y a un mal-être général, avec plusieurs suicides depuis le début de l’année. Ça fait un peu penser à France Télécom et ce n’est pas bon signe. La direction fait la sourde oreille quand on veut mettre à plat tout ce qui dysfonctionne. Localement, on en voit les conséquences avec des manques d’effectifs qui créent des suppressions de train.

    Notre matériel devrait être remisé depuis quatre ou cinq ans. On a vraiment l’impression de jouer à la patate chaude entre la région Sud, et les différents pôles de la SNCF. Tout le monde se renvoie la balle, personne ne prend ses responsabilités, et les usagers le subissent. »

    Propos recueillis par A.F.

  • [Violences sexistes et sexuelles] Une centaine de députés de gauche et du centre demandent une loi globale

    [Violences sexistes et sexuelles] Une centaine de députés de gauche et du centre demandent une loi globale

    « Je demande au gouvernement, au président de la République, d’inscrire (…) cette proposition de loi intégrale cosignée par plus de cent députés à l’ordre du jour de la session extraordinaire dont l’Assemblée nationale sera saisie soit en juillet, soit en septembre », plaide Yaël Braun-Pivet, ce lundi à l’Assemblée nationale en réaction à l’affaire Lyhanna. « Il en va de la vie des enfants et des femmes qui sont victimes de violences. Ce ne sont pas des statistiques », renchérit la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez. L’élue a déposé en novembre dernier ce texte de près de 80 articles, inspirée des 140 recommandations formulées par la « coalition féministe pour une loi intégrale ».

    Le député écologiste Arnaud Bonnet relate les témoignages récoltés au sein des trois commissions d’enquête auquel il a participé « qu’est-ce que nous en entendons ? ce sont des viols de bébés, des agressions bucco génitales sur des petites filles de trois ans et des petits garçons de quatre ans. C’est massif dans la société », tempête-t-il. Et alors que chacun cherche un bouc émissaire, le député Liot David Taupiac appelle à « travailler collectivement » sur des « défaillances systémiques ». « Il y a urgence ! », clame-t-il.