Tag: France

  • Pour la Fonderie de Bretagne, c’est la liquidation

    Pour la Fonderie de Bretagne, c’est la liquidation

    Vencorex, Fibre Excellence et désormais la Fonderie de Bretagne : l’industrie française se meurt et le gouvernement ne la sauvera pas. Soixante ans après sa création par Renault, le site industriel emblématique du Morbihan sera placé en liquidation judiciaire ce jeudi par le tribunal de commerce de Lorient. « Et après, c’est fini », lâche Maël Le Goff, délégué CGT de la Fonderie de Bretagne. « On perd notre travail. On sacrifie une fonderie neuve avec plus de 150 millions d’euros d’investissement ces dix dernières années. C’est un gâchis, social et économique sur le bassin lorientais », déplore le salarié aux 24 années d’ancienneté.

    L’usine a été placée en redressement judiciaire en juillet dernier pour cessation de paiements, un an seulement après la reprise par Europlasma. Le groupe s’était engagé à diversifier la production au sein de la Fonderie, des pièces de voitures aux obus de mortier. Finalement, aucune des promesses n’a été honorée. Et 244 salariés restent sur le carreau. « Le gouvernement a favorisé la reprise par Europlasma, malgré les alertes sur les fragilités industrielles et financières de cette société (…) Aujourd’hui, il ne peut se défausser de sa responsabilité dans cet échec », pointe dans un communiqué le député écologiste du Morbihan, Damien Girard.

    Interrogé à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Économie, Roland Lescure assure que le gouvernement « s’est battu jour et nuit pour essayer de trouver un repreneur ». Il s’oppose à la nationalisation proposée par des élus de gauche et ose face à la représentation nationale « heureusement on est dans un territoire, le Morbihan, où le chômage est inférieur à la moyenne nationale ». Un argument déplacé et non recevable pour les salariés « la moyenne d’âge est de 49 ans ici, donc il y a plus de 150 cinquantenaires qui vont se retrouver sur le marché de l’emploi », tempête Maël Le Goff. « C’est au niveau de ce gouvernement », souffle-t-il.

  • [Pétanque] Le directeur Quintais veut démissionner

    [Pétanque] Le directeur Quintais veut démissionner

    « Il est temps pour moi de fermer le livre du collectif féminin », lance d’entrée de jeu Philippe Quintais, directeur sportif du groupe tricolore. La légende de la pétanque s’est retrouvée mêlée ces dernières semaines au sein d’une polémique autour de l’équipe de France féminine, suite à plusieurs problématiques autour de départs de joueuses, le refus de certaines d’être sélectionnées pour les championnats d’Europe, et la mauvaise entente avec Patrice Rodriguez, le directeur technique national (DTN) de la Fédération française de pétanque et de jeu provençal (FFPJP).

    « Je ne veux plus revenir »

    « Je pense avoir été trop présomptueux lorsque j’ai accepté ce challenge. On m’avait pourtant prévu », regrette l’homme aux 17 titres de champion du monde, qui semble avoir beaucoup appris de cette mauvaise expérience. « J’ai reçu de la part de plusieurs joueuses des excuses et des regrets. Je vais mettre tout ça sur de l’incompréhension ou de la mauvaise communication », poursuit-il, au lendemain de la publication réalisée par Nelly Peyre, l’une des athlètes qui a refusé la sélection pour les championnats d’Europe auprès du « roi Quintais », avant d’accepter plus tard celle de Ludovic Pereira, responsable du collectif France féminin. Suite aux multiples raisons évoquées en amont, le pensionnaire d’Hanches ne souhaite plus « revenir travailler au sein de cette DTN ». « Je veux juste les oublier même si cela va être compliqué. Je vous confirme donc mon souhait de démissionner », exprime-t-il clairement. Touché par un cancer, Philippe Quintais va dorénavant s’éloigner quelque temps des terrains, avec l’espoir de « rejouer début d’année prochaine ».

  • Jeunes et anciens, des liens par les luttes

    Jeunes et anciens, des liens par les luttes

    Le gouvernement veut tondre les retraités avec un projet de budget aussi injuste que socialement mortifère. Le gouvernement ne répond pas aux aspirations des lycéens. Aux deux extrémités des générations, les plus anciens et les plus jeunes, ce n’est que mépris et maltraitance de la part de la macronie, de la droite et de l’extrême droite.

    Lycéens et retraités disent stop ! Leurs colères convergent alors que les politiques austéritaires ont détricoté les services publics, ces biens communs de tous et singulièrement des classes populaires. Aujourd’hui, les colères grondent et les revendications s’agrègent.

    Vivre dignement

    Vivre bien et dignement. Étudier dans des conditions décentes. Vieillir dans la sérénité et que la retraite ne soit pas cette « antichambre » de la mort, comme le disait le ministre du travail communiste, Ambroise Croizat, au moment de la création de la Sécurité sociale, en 1946. Voilà des aspirations raisonnables, légitimes, toujours neuves, comme le progrès social, arraché, sans exception, par la lutte.

    C’est parce qu’ils ne se résolvent pas à être sacrifiés pour des objectifs comptables que les lycéens battent le pavé. Leurs actions participent pleinement du mouvement social. Leurs revendications sont claires, aiguillonnées par l’aspiration à l’égalité républicaine. À court terme, les jeunes, les anciens, les salariés s’emparent de l’échéance du samedi 17 octobre contre la vie chère. Sophie Binet l’a rappelé mercredi soir à Toulon, la convergence des luttes sociales est nécessaire face à des choix politiques qui tournent le dos à l’intérêt général.

  • Un appel à manifester au début des vacances, samedi

    Un appel à manifester au début des vacances, samedi

    Le mouvement lycéen tient la dragée haute au gouvernement. 480 000 jeunes (selon l’intersyndicale de la jeunesse) ont manifesté dans toute la France, alors que la précédente journée avait mobilisé entre 266 000 et 450 000 personnes mardi dernier. À Paris, où deux cortèges ont réuni 41 500 personnes selon l’Intérieur, quelques heurts se sont produits entre manifestants et forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène.

    Parents, professeurs, syndicalistes

    Brandissant des pancartes « sans éducation, pas de nation » ou « on veut un parcours sûr, par Parcoursup », un premier cortège est parti dans le calme de la place d’Italie. « J’ai le bac cette année et toujours pas de prof d’anglais et physique-chimie », témoigne Lise, en terminale au Kremlin-Bicêtre, dans cette manifestation où de nombreux parents, professeurs et syndicalistes étaient également présents. D’autres manifestations ont eu lieu à Nantes, Lens, Lyon, Strasbourg, Bordeaux ou encore Marseille. À l’origine de ce mouvement parti mi-septembre d’un lycée de banlieue parisienne, à Créteil, pour s’étendre un peu partout en France, l’Union syndicale lycéenne (USL) demande la suppression de la plateforme d’accès à l’enseignement supérieur Parcoursup et un plan de 10 milliards d’euros pour les lycées. Côté enseignement supérieur, 90% des quelque 70 universités françaises étaient « bloquées » ou « fermées » ce mardi, selon l’organisation Union étudiante.

    La secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, présente à la manifestation parisienne, a assuré que « tant qu’il n’y a pas de réponse aux revendications, la mobilisation va continuer », avec en ligne de mire les multiples rassemblements prévus samedi 17 octobre sur le pouvoir d’achat.

  • Budget 2027 : Le RN à la rescousse de Lecornu ?

    Budget 2027 : Le RN à la rescousse de Lecornu ?

    Les députés socialistes, qui avaient permis le passage du budget de l’État l’an passé en ne censurant pas le Premier ministre, sont partis cette année sur une position bien plus offensive. Ils devaient défendre dans la soirée de mardi, une motion de rejet préalable au projet de budget pour 2027, estimant que le gouvernement n’a montré « aucune inflexion » envers eux cette année, notamment sur « la mise à contribution des plus riches et la préservation des plus modestes ».

    Mardi matin, Sébastien Lecornu a adressé une réponse par courrier aux chefs de groupes et à la direction du PS : « Le plus mauvais signal que l’Assemblée nationale pourrait envoyer serait celui du refus de la discussion budgétaire », assure-t-il. Le locataire de Matignon a proposé d’avancer avec les socialistes sur au moins trois chantiers : les « violences faites aux femmes et protection des enfants », l’« agriculture », et « la jeunesse et l’avenir de notre école ». Avec toutefois un impératif : rester sur une trajectoire de déficit public à 5% du PIB en 2027 et sans remettre en cause, bien sûr, la politique pro-business. La fin de non-recevoir socialiste n’a pas tardé : « le Premier ministre (Sébastien Lecornu) se moque de nous », a estimé le porte-parole Arthur Delaporte. Sa collègue Mélanie Thomin a reproché au chef du gouvernement une « porte fermée à toute mesure de justice fiscale au nom de la sacro-sainte stabilité ». Toute la gauche devait voter la motion de rejet préalable, qui porte sur la partie recettes du budget, ont annoncé des sources aux groupes Insoumis, Communiste et écologiste. Les indépendants de Liot devaient voter contre. L’extrême droite RN devait aussi voter contre, venant à la rescousse d’un Premier ministre sans majorité. Mais que les débats soient longs, ou interrompus au premier jour, le gouvernement a de toute façon peu d’espoir de faire voter son budget dans des conditions classiques.

    Ordonnances budgétaires ?

    Le premier tour de chauffe en commission des Finances a été sévère, avec un texte remanié puis rejeté par la quasi-totalité des députés (31 contre, 3 pour et 2 abstentions). Car pour atteindre sa cible de déficit, l’exécutif n’a pas été avare de mesures d’économies parfois clivantes jusque dans son camp, pour réaliser quelque 45 milliards d’euros d’efforts nouveaux en 2027. Il entend notamment mettre à contribution les retraités, par une sous-indexation des pensions au-dessus de 1 256 euros dans le budget de la Sécurité sociale, et une réduction du périmètre de l’abattement de 10% sur l’impôt sur le revenu dont bénéficient les retraités dans le budget de l’État. « Les marchés financiers ont besoin de sentir que quoi qu’il arrive on va finir à 5% (…), les débats parlementaires, tout le monde s’en fout, comme tout le monde s’est dit qu’à la fin, ça se terminera par un 49.3 ou des ordonnances », estime une source au sein de l’exécutif. Sans majorité, Sébastien Lecornu pourrait en effet recourir, comme l’an passé, à l’article 49.3 de la Constitution, en échange d’une non-censure. Mais les socialistes sont moins enclins à la non-censure, arguant que le gouvernement fait des clins d’œil à l’extrême droite. Lecornu pourrait aussi recourir aux ordonnances budgétaires, jamais utilisées, mais permettant de passer le budget sans aucun vote. Il faudrait toutefois attendre le 18 décembre, après 70 jours d’examen.

  • [Cinéma] Péril en la demeure

    [Cinéma] Péril en la demeure

    Septembre 2022, Vladimir Poutine décrète la mobilisation pour le lancement de l’« opération militaire spéciale » (terminologie officielle pour désigner la guerre en Ukraine). Dans une petite ville de province, Gleb (Dmitri Mazourov), patron prospère d’une entreprise de transports, doit remettre au maire une liste de quatorze de ses employés en âge d’être envoyés sur le front. Le nombre renvoie à la mythologie grecque et au sacrifice des quatorze jeunes qu’Athènes devait envoyer en Crète pour satisfaire les besoins alimentaires du Minotaure. Une créature mi-homme, mi-taureau qui incarne la dualité humaine, oscillant entre la raison (la civilisation) et la colère (la tyrannie).

    L’homme d’affaires tentera de trouver une solution pour maintenir ses collaborateurs en poste et faire face au départ de salariés. Une scène obscène se tient dans un restaurant gastronomique. Gleb dîne en compagnie d’amis entrepreneurs. Ces derniers dissertent sur leurs prochains voyages au soleil tandis que des familles tentent d’échapper à leur enrôlement dans une guerre « aussi impitoyable qu’insensée », selon Zviaguintsev.

    Sur fond de guerre et d’instabilité économique, se greffe une histoire d’adultère. Le réalisateur a souhaité transposé le film de Claude Chabrol, La Femme infidèle (1969) dans la Russie contemporaine. Gleb vit avec sa femme Galina (Iris Lebedeva) et leur fils dans leur villa moderne, perdue au milieu d’une forêt de bouleaux blancs. La famille y mène une existence confortable et bien rangée jusqu’au jour où le mari soupçonne Galina de le tromper. L’amant est identifié et la passion folle se déchaîne.

    Un thriller où le crime pour trahison conjugale annonce le chaos de la guerre. Où la vie du couple restitue les sombres perspectives qui règnent dans le pays. Où l’intime joue comme une radiographie des tensions géopolitiques.

    Le film à rebondissements

    Tout s’emboîte à l’image de cette villa moderniste aux grandes baies vitrées où vit Galina, tenue à distance, observée et domestiquée. Derrière un calme apparent, sans aspérité, se cache une ambiance mortifère chargée de brume.

    Tourné en Lettonie, non loin de la Russie, le cinéaste joue avec la lumière froide et le silence pesant des lieux. Chaque prise de vue est scrutée à la loupe, respectant l’architecture des lieux, les lignes épurées de la maison de plain-pied en opposition avec les immenses barres en béton de la banlieue rappelant le boom des cités construites dans les années 1980 et ses coins de rue tristes. Le quartier où se rend Galina pour retrouver Anton, son amant, un photographe qui vit au 7e étage d’un HLM est saisissant de contraste. Galina qui étouffe chez elle vient capturer du plaisir et de la vie dans ce studio où sont affichées des photos d’elle. Comme l’œuvre d’un avant et d’un après. Et lorsque Gleb se rend seul chez Anton, ce dernier l’accueille avec compréhension. Le comportement civilisé du mari effondré et de l’amant attentionné ne durera pas. Dans un sursaut de colère froide, la confrontation basculera dans le sang.

    « Je ne voulais pas réaliser un film de propagande mais me concentrer sur les hommes, les souffrances qu’ils traversent et les choix moraux auxquels ils sont confrontés », précise Zviaguintsev, face à cette guerre interminable. Minotaure a été choisi pour représenter la France aux Oscars 2027 du meilleur film international.

    Minotaure, d’Andreï Zviaguintsev

    (France/Allemagne/Lettonie, 2h15)

    Sortie le 14 octobre

  • [Billet] Un mouvement de libération est né…

    [Billet] Un mouvement de libération est né…

    On les disait atones, rivés à leur portable, fascinés par les influenceurs. Les voilà dans la rue, par dizaines de milliers. Pour une école qui leur ouvre un autre avenir que celui préparé par Macron, Lecornu et leurs prédécesseurs.

    Cette révolte est un mouvement de libération. Une jeunesse refuse une école délabrée, la concurrence qu’incarne Parcoursup, la précarité et le carcan des besoins du marché, où seule une partie trouvera son compte.

    Dans le secondaire public, 15 millions d’heures de cours ne sont pas remplacées, jusqu’aux classes de brevet ou de bac. Autant d’apprentissages interrompus, d’élèves abandonnés à leurs difficultés. Et toujours cette injonction : être « les meilleurs » pour échapper au chômage et aux boulots « bullshit ».

    La réponse de Sébastien Lecornu, avec l’aval du président ? Réduire de 200 millions d’euros net le budget de l’Éducation nationale et supprimer plus de 1 588 postes d’enseignants ! Au nom d’une dette dont Macron est responsable et comptable, qui pénalise la France mais rapporte chaque année plus de 60 milliards aux créanciers privés, soit l’équivalent du budget de l’Éducation nationale.

    Les lycéens ont compris le message : faute de professeur, ce sera encore la permanence ou la cour. Moins de cours, alors qu’on annonce un durcissement des conditions d’obtention du bac, notamment en orthographe.

    Le 17 septembre, les élèves du lycée Antoine-de-Saint-Exupéry, à Créteil, dans le Val-de-Marne, ont exprimé leur refus de ce scenario. Ils ont bloqué leur établissement. Lecornu a répondu par l’envoi de policiers de la BAC, armés de matraques et de Flash-Ball. Traités en délinquants, les jeunes Cristoliens ont reçu le soutien d’autres lycées, mobilisés contre ces violences et contre leur propre sort.

    Le gouvernement se comporte en maltraitant : il abuse de son pouvoir, frappe à l’aveugle, inflige des blessures disproportionnées. Main arrachée, mâchoire fracturée, œil énucléé : des adolescents mutilés à vie. Mais Macron et Lecornu ont échoué à étouffer les revendications par la peur et à retourner l’opinion contre les lycéens. Les parents se sont indignés.

    Selon Elabe pour la MAE, « 80 % des parents se disaient inquiets pour l’avenir scolaire de leurs enfants ». Selon l’IFOP pour Elle, 66 % des 15–17 ans sont anxieux face à l’avenir. Et, selon Ipsos, en janvier 2025, 70 % des jeunes de 20 ans jugent le travail plus stressant qu’épanouissant. Des alertes ignorées par Macron et ses gouvernements.

    Mardi, sous la pression lycéenne et populaire, Sebastien Lecornu évoquait « l’ouverture de discussions, « de possibles rallonges budgétaires », et une réflexion sur « Parcoursup », cette machine à produire des inégalités. Ces trop vagues annonces ne répondent pas aux besoins des lycéens, ni à l’inquiétude de nombreux parents

    Le même jour, Marine Le Pen promettait aux marchés financiers 140 milliards d’économies le temps d’un mandat présidentiel notamment en réduisant les dépenses publiques, notamment l’éducation, pour payer les agios de la dette.

    Toujours mardi, Fabien Roussel, candidat communiste à la présidentielle, présentait des propositions immédiates à engager pour l’éducation : un professeur toujours présent dans chaque matière, la suppression de Parcoursup et de Mon Master, la restitution aux collectivités des 7 milliards spoliés dans le projet de budget pour entretenir le patrimoine éducatif, etc.

    Puis, il a formulé son projet : « Je veux une école et une université de la réussite pour chacune et chacun. » Il prône un « pacte républicain pour la jeunesse et l’éducation »

    Il entend faire de la jeunesse et de l’éducation une grande cause nationale pour les 20 prochaines années engageant toutes les forces vives de la Nation : « C’est l’horizon d’une génération scolaire entière. C’est le temps nécessaire pour inscrire notre action dans la durée et permettre aux jeunes d’en mesurer les effets tout au long de leur parcours ».

    « Ce pacte engage la capacité des jeunes à construire leur vie et celle du pays à réparer la France et relever les défis du siècle » a souligné Fabien Roussel. « Donner à un jeune, quel que soit son milieu, les moyens concrets d’être hautement cultivé et hautement formé, c’est lui donner les moyens d’être libre. Libre de choisir sa voie et de décider de sa vie. » a-t-il insisté ajoutant : « Une jeunesse forte c’est l’assurance d’une France forte ».

    Cette ambition pour la jeunesse est l’un des piliers du « pacte populaire de confiance et de progrès » que nous voulons construire et mettre en œuvre avec le peuple de France » a-t-il annoncé.

  • [Entretien] Hélène Quéau, ACF : « Il faut réaffirmer le droit à l’alimentation »

    [Entretien] Hélène Quéau, ACF : « Il faut réaffirmer le droit à l’alimentation »

    La Marseillaise : Quelles sont les conclusions de ce sondage Opinion Way sur la faim en France ?

    Hélène Quéau : On a des constats assez durs : 13% des adultes Français déclarent manquer parfois ou souvent de nourriture. Au-delà de ne pas pouvoir manger suffisamment, 39% des personnes disent se restreindre sur leur choix alimentaire. Pour 80% d’entre eux, cela s’explique par des raisons financières, mais ça peut aussi venir de l’absence de choix autour de soi. À Marseille, dans les quartiers Nord, l’offre alimentaire est hyper limitée. Il y a donc des enjeux de déplacements et on connaît aussi les répercussions que la faim entraîne sur la santé : augmentation de l’obésité, des maladies liées à l’alimentation, et effets sur la santé mentale et la capacité à déployer d’autres actions pour sortir de cette situation.

    Et à Marseille ?

    H.Q. : Un des sujets, avec la précarité alimentaire, c’est qu’il n’y a pas de mesure systématisée : c’est pour ça qu’on a lancé ce sondage. À Marseille, un nombre important de personnes fréquentent l’aide alimentaire, le public est très diversifié. Pour chiffrer, on a étudié la vie en squat à Marseille, notamment dans les copropriétés dégradées des quartiers Nord. On estime que 6 000 adultes sont concernés, un chiffre qui grimpe beaucoup avec les enfants. 14% de ces personnes présentent une faim sévère et 50% une faim modérée. à cela s’ajoutent des travailleurs pauvres, de plus en plus nombreux dans les files de l’aide alimentaire, des retraités… Cette diversité dans les profils de bénéficiaires rend complexe la réponse et prouve qu’il faut regarder à la racine, au niveau des aides sociales, des retraites et de l’inflation qui s’est installée sur les fruits et les légumes.

    Pourquoi reconnaître une valeur constitutionnelle au droit à l’alimentation, déjà inscrit en droit international ?

    H.Q. : Ce droit garantit l’accès à une alimentation non seulement suffisante, mais aussi saine et durable. La France a signé de nombreux traités internationaux à ce propos, mais au vu des chiffres, ce droit n’est pas complètement respecté. Le système d’aide alimentaire ne suffit pas. Il faut des moyens pour qu’on ait plus de choix, pour que les gens qui arrivent dans l’aide alimentaire puissent retrouver un accès autonome, pour que les agriculteurs aient un revenu qui soit suffisant. En plus, on gagnerait de l’argent. Les collègues du Secours catholique chiffrent les coûts de l’inaction à 19 milliards d’euros par an*.

    Quel est l’objet de la campagne de mobilisation lancée par Action contre la faim ?

    H.Q. : On veut un cadre clair pour réaffirmer le droit à l’alimentation, mais aussi pour activer tous les leviers possibles pour le garantir. Du côté des politiques publiques, la loi-cadre pourrait clarifier le rôle d’une politique agricole qui assure une production qui n’impacte pas trop la santé et l’environnement, qui couvre les besoins, qui offre du choix et qui réfléchit au renouvellement des générations agricoles. Le second volet concernerait les politiques sociales, avec un accès au logement qui permettrait un budget dont l’alimentation n’est pas une variable d’ajustement, un accompagnement des jeunes vers l’emploi et une tarification sociale à la cantine, par exemple.

    * Étude « L’injuste prix de notre alimentation »

  • Raphaël Glucksmann élu candidat social-démocrate

    Raphaël Glucksmann élu candidat social-démocrate

    C’est la première fois de son histoire que le PS n’aura pas un candidat issu de ses rangs pour le représenter dans une élection présidentielle.

    Avec plus de 66% des suffrages (79 613 voix), l’eurodéputé de 46 ans a réussi son pari de l’emporter dès le premier tour, mais va devoir désormais rassembler une famille politique divisée sur la question des alliances avec LFI, qu’il refuse.

    « La démocratie a parlé et le résultat est sans appel (…), je suis le candidat de la gauche démocratique » qui « pourra battre l’extrême droite », a-t-il affirmé lors d’une allocution devant la presse. Il s’est désigné également comme le candidat « de la rupture avec le macronisme » et « de la rupture avec l’hégémonie de Jean-Luc Mélenchon sur la gauche ».

    Auparavant sur X, il avait jugé que ce résultat disait « quelque chose de puissant : une gauche fidèle à ses valeurs peut rassembler, gouverner et gagner ». Mais « nous ne sommes pas là pour gagner une querelle à gauche. Nous sommes là pour gagner l’élection présidentielle », a-t-il ajouté.

    Le patron du PS Olivier Faure encaisse lui une sévère défaite, avec 14% des voix (17 398 voix). Celui qui faisait figure de challenger dans cette élection comptait sur le patriotisme de parti pour l’emporter, malgré des sondages qui ne lui donnaient que de 3 à 5% des voix, loin des intentions de vote de Raphaël Glucksmann, qui naviguait entre 10 et 12%. « Une majorité très claire s’est dégagée, tu as su convaincre une majorité de votants », a-t-il dit à l’attention de Raphaël Glucksmann, affirmant en respecter le résultat.

    « Choix du repli »

    Olivier Faure qui avait considéré qu’une victoire de Raphaël Glucksmann signifierait l’effacement du PS à la présidentielle, va désormais devoir le soutenir, comme s’y sont engagés tous les candidats.

    L’ex-candidate à la présidentielle de 2007, Ségolène Royal, qui n’avait pas caché son rejet de Raphaël Glucksmann pendant la campagne, n’a obtenu que 7,62% des voix. Elle s’est dite « déçue » du résultat, sans rien regretter.

    Les députés Jérôme Guedj (PS) et Emmanuel Maurel (Gauche républicaine et socialiste) ont recueilli chacun un peu moins de 6% des voix. Ils faisaient figure d’outsiders. « La primaire, désormais, est derrière nous. Le vote est clair », s’est félicité Jérôme Guedj, proche de la ligne de l’eurodéputé. « On est partis sur de bons rails », a estimé aussi Emmanuel Maurel.

    Au total, quelque 120 787 votants se sont exprimés sur les 134 456 inscrits en capacité de voter. Le scrutin, uniquement électronique, a été perturbé par une cyberattaque, lancée vendredi matin à l’ouverture du scrutin, qui a ralenti les connexions sur la plateforme dédiée et obligé les organisateurs à prolonger le vote jusqu’à dimanche soir.

    Très identifié sur l’international et l’Europe, Raphaël Glucksmann voit dans cette primaire le début d’une « refondation de la gauche », avec une rupture claire avec La France insoumise (LFI) et son leader Jean-Luc Mélenchon. Ce fut d’ailleurs son principal sujet de discorde avec Olivier Faure et Ségolène Royal, lors des débats télévisés.

    Raphaël Glucksmann, qui considère que Jean-Luc Mélenchon joue avec les codes de l’antisémitisme, avait accusé le patron du PS de vouloir se rapprocher du patriarche insoumis, comme il l’a déjà fait à deux reprises au moment de la Nupes (2022) et du Nouveau Front populaire (2024). La patronne des Écologistes, Marine Tondelier, proche d’Olivier Faure, a dit dimanche soir regretter que le vainqueur soit « celui qui fait le choix du repli ».

    Premières réactions à Marseille

    Pascaline Lécorché, déléguée nationale de Place publique et adjointe au maire de Marseille, soutien de Raphaël Glucksmann, a réagi, dimanche soir : « Cette victoire marque une étape politique majeure. Elle confirme la dynamique engagée lors des deux dernières élections européennes et consacre le retour d’une gauche démocratique, sociale, écologiste et profondément républicaine, capable de porter une alternative crédible pour notre pays. »

    Yannick Ohanessian (PS), adjoint au maire de Marseille et porte-parole d’Olivier Faure pour la primaire, a indiqué : « Les électeurs de la primaire ont tranché, et ils l’ont fait clairement. Je félicite Raphaël Glucksmann pour sa victoire nette, qui lui donne une légitimité incontestable pour porter nos couleurs en 2027. (…) Je serai au rendez-vous de ce rassemblement. (…) Marseille sait ce que veut dire se battre ensemble. » S.D.

  • Geffrayant

    Geffrayant

    Le ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a pris la parole ce jeudi sur TF1. On l’attendait sur la réponse aux revendications lycéennes, laissées totalement de côté par l’allocution du Premier ministre, la veille.

    Suppression de Parcoursup ? Nouveaux moyens attribués aux Régions pour remettre en état les locaux ? Renoncement aux suppressions de postes de professeurs prévus dans le projet de budget de l’État ?

    Non. Le ministre est venu déclarer : « Grâce à un logiciel que j’ai demandé il y a un an, on a pu, en ce début d’année – c’est la première fois qu’on le déploie –, identifier les établissements qui sont dans des situations que je qualifierais de très problématiques. Il y a 114 lycées dont je dirais qu’ils sont rouges, et 400 qui sont orange. »

    3 000 profs

    « On a 3 000 professeurs remplaçants qui actuellement ne sont pas devant l’élève. Dans les prochaines heures, ils vont rejoindre ces établissements », a-t-il ajouté. Proprement sidérant pour les lycéens mobilisés et leurs parents indignés par les non-remplacements de professeurs à qui on expliquait, encore récemment, que leurs demandes étaient déconnectées du réel.

    « On va également donner plusieurs centaines de milliers d’heures supplémentaires », a ajouté le ministre, comme si, soudainement, l’avenir de nos jeunes méritait des dépenses supplémentaires.

    Le mouvement lycéen ne se contentera pas de ces quelques inflexions qui, en réalité, révèlent les dysfonctionnements de l’Éducation nationale abîmée par les politiques libérales. Il faut un changement profond.
    Le bilan est Geffrayant.