Category: culture

  • Les briquettes, un patrimoine de l’Uzège à redécouvrir

    Les briquettes, un patrimoine de l’Uzège à redécouvrir

    « Le constat que j’ai fait, c’est qu’il ne reste presque rien de cette histoire industrielle », regrette Brigitte Chimier, la conservatrice du musée Georges Borias. Pourtant, la fabrication de ces briquettes réfractaires, utilisées dans toutes les industries, a permis l’essor économique de l’Uzège au XIXe siècle.

    À l’époque, face à l’industrialisation du pays, une nouvelle utilité à l’argile locale est trouvée. « On savait depuis longtemps que l’argile ici était très résistante à la chaleur, puisque, apparemment, dès le Moyen-Âge, c’était un argument de vente pour les potiers d’ici, notamment ceux de Saint-Quentin-la-Poterie. Ils vendaient leur marmite un peu partout, y compris à Avignon auprès des papes, puisque leurs marmites tenaient mieux sur le feu, parce que l’argile était réfractaire », explique Brigitte Chimier. Pour construire des fours, les hauts fourneaux et des cheminées au XIXe siècle, les matériaux résistants à de très hautes températures sont recherchés. L’argile de l’Uzège, capable de résister jusqu’à 1 750°C, devient dès lors très prisée. Petit à petit, les potiers disparaissent dans la région laissant la place à une nouvelle utilisation de l’argile.

    Des briqueteries sont alors créées dans les villages, au plus près des gisements. Mais elles ne tiendront pas longtemps : de gros industriels décident de les racheter pour avoir la main sur la production. Finalement, ces briqueteries vont accompagner le déclin de l’industrie en France à partir de la deuxième moitié du XXe siècle. La dernière usine à Uzès ferme en 2003.

    Faire renaître le passé industriel

    Sauf que depuis plus de vingt ans, les briquettes, qui étaient toutes marquées par leur fabricant, disparaissent avec les destructions d’usine. Brigitte Chimier se met alors en quête d’en collecter pour présenter cette histoire industrielle aux habitants. De nombreux dons affluent de personnes qui ont récupéré ces briquettes dans leur jardin ou lors d’une visite. Et les marquages réalisés par les industriels permettent d’estimer le lieu et l’année de production.

    L’exposition* retrace ainsi à travers ces briquettes l’histoire de l’industrie de l’Uzège. « Nous avons des panneaux qui expliquent l’histoire de ces différentes briqueteries, des échantillons des productions des différentes usines et un peu d’outillage aussi, notamment les outils des mineurs de terre, puisqu’avant de fabriquer les briques, il fallait trouver de l’argile, c’était le métier des mineurs de terre. Nous avons aussi beaucoup de documents d’archives. Et nous proposons également un regard artistique, puisqu’on a la chance d’avoir toute une série de photographies d’anciennes briqueteries réalisées par Dominique Claret. On sent à travers ces photos la force des lieux et tout le poids de cette mémoire », détaille Brigitte Chimier. Le tout est à retrouver au musée Georges Borias jusqu’au 31 décembre.

    * Ouvert du mercredi au dimanche (de 14h à 18h). Fermé les 31 octobre-1er novembre et le 25 décembre. Entrée : 3 euros, gratuit pour les moins de 15 ans.

  • Quand le plan de métro devient terrain de jeu pour l’art urbain

    Quand le plan de métro devient terrain de jeu pour l’art urbain

    Et si un plan de métro devenait une œuvre d’art ? C’est le pari de « Dans ses artères coule la vie », la nouvelle exposition proposée par le musée d’art urbain Parcelle 473, à Montpellier. Plus d’une centaine d’artistes y livrent leur interprétation d’un même support : une toile imprimée représentant un plan du métro parisien, au format identique pour chacun.

    « La seule contrainte, c’était le support : le plan de métro. Ensuite, chacun l’interprète à sa façon, avec son style », explique Laurent Rigail, fondateur de Parcelle 473 et galeriste à Paris. Lancée il y a quatre ou cinq ans par le collectionneur Jérôme Dauchez, cette « belle aventure » réunit aujourd’hui 120 créations. Pensée comme une exposition itinérante, la série a notamment été présentée près du Mans puis à Paris, sur la péniche Fluctu’art. Après Andrea Ravo Mattoni l’an dernier, Parcelle 473 accueille donc une nouvelle sélection issue de la collection de Jérôme Dauchez. « Ce qui m’intéresse dans la démarche de Jérôme, c’est qu’il ne collectionne pas simplement des œuvres : il collectionne des histoires, des rencontres, des artistes, des sensibilités. Sa collection s’est construite dans le temps avec la volonté de faire dialoguer des univers très différents », déclare Laurent Rigail.

    De Speedy Graphito à Bordalo II, Nasty, M. Chat, MonkeyBird, Popay ou Levalet, jusqu’aux Montpelliérains Fragments et Quentin DMR, les signatures et les générations se croisent. Peinture, collage, bombe aérosol, pochoir ou crayon : la diversité des techniques répond à celle des univers. « On a différents axes qui se dessinent : les portraits, le bestiaire, l’abstraction, le surréalisme, le très figuratif… », détaille Laurent Rigail.

    Au-delà du clin d’œil à la capitale, le plan devient ainsi un révélateur de la richesse de l’art urbain. « C’est aussi l’occasion de montrer la multiplicité des techniques et des rendus qu’on peut avoir dans l’univers du street art », souligne le galeriste. « À travers un même objet, à savoir un plan de métro, se confrontent générations, techniques et regards. Certains artistes interrogent la ville et ses règles ; d’autres ses marges, ses habitants ou ses fractures. D’autres encore font disparaître la carte presque entièrement derrière leur univers plastique. » Avec « Dans ses artères coule la vie », Parcelle 473 fait donc du musée un espace où la contrainte devient liberté : 120 plans identiques, mais autant de manières de tracer sa route.

    A.G.

    * 425 avenue des Frères Buhler. Un livre consacré à l’exposition sera disponible à l’achat.

  • Un complot se trame dans les Arènes de Nîmes !

    Un complot se trame dans les Arènes de Nîmes !

    Retour à Nemausus, un soir de spectacle antique : les gradins grondent, les flambeaux crépitent et des murmures suspects circulent en coulisses. Recrutés dans la garde d’élite du magistrat, les visiteurs ont une mission : déjouer une conspiration. Casque aux oreilles, tablette en main, les enquêteurs avancent en équipes de deux à cinq, au fil d’indices sonores et d’énigmes. Entre escape game et fiction historique, « Complot aux Arènes » offre une façon originale de redécouvrir le monument de nuit.

    15€ adultes, 11€ pour les 7-17 ans. Réservation sur le site des Arènes.

  • « La chute des anges » tombe sur Martigues

    « La chute des anges » tombe sur Martigues

    Au son d’une bande originale à la fois martiale et rédemptrice composée par Arthur Bison, six interprètes et danseurs s’envolent, tournoient, se débattent sur scène dans une obscure clarté pendant plus d’une heure. À l’image du « langage chorégraphique », mêlant danse, théâtre, cirque et cinéma, développé par Raphaëlle Boitel, à l’origine de La chute des anges qui se prend ses quartiers vendredi 16 et samedi 17 octobre aux Salins. Comme des morts vivants, ils « s’accrochent à la vie » dans un « univers sans contrôle », indique le programme de la scène nationale de Martigues.

    « Grain de sable »

    « Que deviendrait notre monde si même les anges ne pouvaient plus voler ? », interroge Raphaëlle Boitel dans ce spectacle où elle met en scène « un groupe d’hommes et de femmes, manœuvrés, survivants d’un monde sans silence et sans soleil », qui « se regardent sans se voir ». Une dystopie aux relents hélas actuels déployés au milieu d’un décor fait de structures métalliques et mât chinois qui impriment le rythme d’un Big Brother dont six âmes en peine doivent se défaire. Parmi le groupe, « un grain de sable, un personnage qui cherche sans le savoir, la lumière enfouie en chacun de nous », est-il mentionné dans les intentions de ce spectacle clin d’œil à « l’allégorie de la caverne. Et si rien n’était irrévocable ? ».

    Vendredi 16 octobre à 20h30 et samedi 17 octobre à 19h. Entre 10 et 20 euros. www.les-salins.net

  • Le Festival cinématographique de Gardanne de retour

    Le Festival cinématographique de Gardanne de retour

    « Quand on est passionné de cinéma, vous ne pouvez qu’applaudir. Les spectateurs l’attendent vraiment. » Signés de Laure Gonzalès, présidente de Gardanne action cinéma, l’association qui le porte, des mots qui traduisent l’impatience du public pour le retour, après quatre ans de sommeil forcé, du Festival cinématographique d’automne de Gardanne. Fermé depuis fin 2022, son épicentre, le cinéma 3 Casino, a été inauguré en mai dernier après de lourds travaux de rénovation. « On a vu revenir des habitués, mais aussi plein de nouvelles têtes, tous ravis d’avoir un cinéma de proximité. En plus, nos prix permettent à une famille de venir sans s’arracher un bras », rappelle-t-elle au sujet de ce cinéma dont les prix oscillent entre 4,50 euros et 8,50 en tarif plein. Désormais, place à trois salles flambantes, la plus grande pouvant accueillir « 1 171 spectateurs plus 5 personnes à mobilité réduite » pour y guetter le 35e festival Cinématographique d’automne de Gardanne. Une 35e mouture pour autant d’avant-premières, dont celle, en ouverture de la manifestation, jeudi 15 octobre, du nouveau film de Robert Guédiguian, parrain du 3 Casino. Aux côtés de son acteur de toujours, Gérard Meylan, le réalisateur viendra présenter Une femme aujourd’hui, comédie dramatique sur le quotidien bourgeois d’une trentenaire marseillaise travaillant dans la finance, jusqu’à ce que son monde bien rangé ne s’effondre suite à son agression par un collègue de boulot.

    De Kervern à El Yousfi

    Au programme du festival, un certain nombre de films « autour de la condition féminine », observe Anaïs Rinaldi, l’une de ses programmatrices, pointant Les fraises de Laïla Marrakchi, dans les pas de travailleuses saisonnières marocaines en Andalousie « confrontées à la dure réalité de leur situation » ou Les femmes de la station de Sara Ishaq, histoire d’une « station-service réservée aux femmes, havre de paix dans un Yémen déchiré par la guerre ». De guerre, justement, il sera aussi beaucoup question au 3 Casino comme dans Les braves de Lukas Dhont, autour d’un soldat de 14-18 qui « organise des spectacles pour maintenir le moral » des troupes. De nombreuses rencontres de réalisateurs avec le public auront également lieu. Gustave Kervern viendra présenter Voilà c’est fini, son nouveau film sur l’Ile Maurice, « où il est né. Un film toujours un peu barré mais très intime dans lequel il aborde des thèmes comme l’anorexie ou les relents colonialistes », indique Anaïs Rinaldi, avant d’énumérer d’autres rencontres du festival : avec Stéphanie Pillonca et François Busnel, invités pour respectivement présenter Les jours d’après et On était des loups. De jeunes réalisateurs seront aussi conviés dans ce cadre pour leurs premiers longs-métrages : Khalil Cherti pour Ce qui nous mène à toi et Hanaël El Yousfi pour Les filles d’Abraham, qui raconte l’histoire de « Myriam, jeune femme de culture musulmane ayant grandi à Marseille, qui renoue pendant l’été avec Eva, issue d’une famille juive, après plusieurs années de rupture ».

  • Cinemed : Camélia Jordana et l’Égypte en grands invités

    Cinemed : Camélia Jordana et l’Égypte en grands invités

    Avec 180 films projetés, le Festival Cinemed ne fait pas de la figuration. Encore faut-il se repérer dans cette très riche programmation étalée sur neuf jours. La rédaction de La Marseillaise vous en propose un panorama non exhaustif. La soirée d’ouverture du vendredi 16 octobre sera un premier temps fort, avec la projection du prochain film de l’Italien Nanni Moretti, Les Cœurs affamés. En clôture, Nicole Garcia sera présente pour montrer en avant-première 7h40 ce matin-là, avec Marion Cotillard.

    Dans cet intervalle, le public pourra redécouvrir la filmographie de la comédienne Camélia Jordana. Celle qui est aussi chanteuse, viendra défendre Carmen, l’oiseau rebelle, un nouveau film d’animation dans lequel elle prête sa voix. Cette version à hauteur d’enfants du célèbre opéra est signée du réalisateur et illustrateur Sébastien Laudenbach (Linda veut du poulet !).

    Les amateurs de films de genre se régaleront avec une thématique sur le cinéma fantastique arabe. Ils pourront y découvrir Papa Amin, le premier long-métrage du maître égyptien Youssef Chahine, réalisé en 1950. Le jeune cinéma égyptien fera également l’objet d’une thématique à part entière. Les multiples facettes d’un pays marqué par l’autoritarisme seront explorées, de l’entraînement des haltérophiles féminines d’Alexandrie (Lift like a girl, 2020) à la transformation d’un père tyrannique en volatil (Plumes, 2021) en passant par la condition ouvrière (L’entente, 2025).

    Le Cinemed fait une place au cinéma engagé, conscient des rapports de force à l’œuvre dans les sociétés contemporaines. La production brésilo-libanaise Furies (2026) se déroule par exemple pendant la crise bancaire que le Pays du cèdre a connue en 2019. Dans ce film de casse, une jeune femme tente de récupérer ses économies pour financer l’opération de sa petite sœur. Dans Le prix et la valeur (2026), le réalisateur Visar Morina ausculte pour sa part les conditions de vie d’une famille kosovare contrainte à l’exode rural. Le film a remporté le Grand prix du jury au festival de Sundance dans la catégorie des fictions étrangères.

    Rétrospective De Sica

    Pour qui voudrait approfondir ses connaissances du répertoire classique, une sélection des films de Vittorio De Sica, le père du néoréalisme italien, est proposée. Plusieurs séances du Voleur de bicyclette sont organisées. Le film de 1948 figure dans la liste des 39 chefs-d’œuvre recommandés récemment par Martin Scorsese à un étudiant en cinéma.

    Les spectateurs désireux de rester au fait des tout derniers développements du septième art devraient trouver leur bonheur dans les compétitions de courts-métrages. « C’est l’actualité de la Méditerranée, il n’y a que des productions récentes, dont plusieurs premiers films », conseille le directeur du festival, Christophe Leparc. « La Méditerranée est certainement la zone du monde où il y a le plus de diversité et de créativité au niveau du cinéma », ajoute-t-il.

    *En raison des aléas climatiques du mois de septembre, les lieux de la programmation
    du Cinemed ont été modifiés.
    Le public est prié de se rapprocher du service de billetterie afin de préparer sa venue.

  • Les syndicats du spectacle vivant face à la « casse sociale »

    Les syndicats du spectacle vivant face à la « casse sociale »

    « Grande souffrance morale », « On est épuisé », « Une détresse psychologique incommensurable », « On risque de liquider l’association »… Ces phrases sont extraites d’une enquête réalisée par les syndicats des employeurs du spectacle vivant de la région Paca (Synavi, Syndeac, SMA, Scène ensemble) visant à sonder la situation financière de leurs adhérents. Les conclusions ont été présentées à la presse, mercredi, à la Friche la Belle de Mai.

    Alors que la Métropole Aix-Marseille, réunie en conseil ce jeudi tente de faire face aux contraintes liées à sa situation budgétaire, les acteurs de la culture boivent la tasse. 23 structures ont répondu à l’enquête, avec les résultats suivants : 252 000 euros de subventions en moins, 8 licenciements actés ou envisagés, 64 contrats d’intermittents supprimés et 2 200h de travail perdues.

    Les syndicats évoquent notamment le dispositif PAM, qui devait permettre la diffusion de spectacles gratuits dans 50 communes métropolitaines. Alors que « des engagements avaient déjà été pris auprès de troupes sur les montants alloués, certains collectifs ont appris l’annulation en septembre ». Opening Nights, un collectif de compagnies proposant des spectacles dans la Métropole, a « annulé quinze dates et perdu 70% de son budget avec la suppression de sa subvention », selon Marie Didiez, de Syndeac.

    Érosion des financements

    « On l’a pas encore dit aux enfants, car on espère encore que ça change », se désole Agnès Loudes, directrice du théâtre Antoine-Vitez, où devait être organisé un festival de théâtre engageant 200 jeunes lycéens du département. La directrice dit avoir pris connaissance « du gel des 23 000 euros de subventions de la Métropole en septembre ».

    « Les copains vont très très mal autour de nous, jamais on a autant entendu parler de reconversions professionnelles », déplore Wilma Levy, représentante syndicale Synavi. Le secteur n’en est en effet pas à sa première déconvenue. Depuis 2023, l’État et les collectivités territoriales réduisent régulièrement les budgets alloués au service public de la culture, souvent considéré comme une variable d’ajustement dans la lutte contre les déficits.

    Dans ce contexte, certains acteurs du secteur estiment que les subventions publiques peuvent devenir un outil de pression. Les syndicats citent l’exemple de la suspension de la subvention départementale de 90 000 euros au festival Actoral, qui se tenait en septembre, à Marseille. Cette décision, prise par la présidente du Département Martine Vassal (DVD) faisait suite à des critiques d’élus d’extrême droite visant la venue de l’essayiste Louisa Yousfi.

    Alors que le projet de loi de finances (PLF) entre en débat au Parlement et prévoit de nouvelles coupes, le Syndeac a annoncé demander un moratoire à l’État pour stopper ces réductions et de se rapprocher de l’objectif de consacrer 1% du budget à la culture (0,67% actuellement).

  • « Clair obscur » en peintures

    « Clair obscur » en peintures

    La production du studio montpelliérain Sandfall Interactive a reçu en 2025 neuf prix aux Game Awards de Los Angeles, dont celui de « Jeu de l’année ».

    Dans l’exposition « Clair obscur : expedition 33 – La toile aux rêves », les visiteurs peuvent admirer plus de 80 peintures et dessins préparatoires. C’est une occasion de découvrir le métier des « concepts artists », ces illustrateurs qui traduisent en images les idées des développeurs. « Le jeu vidéo, c’est l’œuvre finale. Avant, il y a cinq années de production qui cumulent des archives et des designs absolument magnifiques », explique Marine Macq, la commissaire de l’exposition. Un documentaire retrace le processus créatif du directeur artistique qui a imaginé l’univers visuel du jeu. Nicholas Maxson-Francombe a puisé son inspiration à la fois dans le fantastique et la France de la Belle Époque.

    « Clair Obscur » est un jeu de rôle dans lequel les gamers incarnent les membres d’une équipe chargée de conjurer une malédiction. Des éléments de décors de cette quête sont recréés en taille réelle. Les fans devraient apprécier de pouvoir s’installer à la terrasse du Grand Café de lumière. D’autant plus que l’exposition est gratuite !

    Julien Bramy

  • « Dreamland » fête ses 20 ans à Montpellier

    « Dreamland » fête ses 20 ans à Montpellier

    C’est l’histoire d’un gamin montpelliérain qui dévore mangas japonais, comics et jeux vidéo, rêvant de dessiner à son tour. Par la suite lycéen au Mas-de-Tesse (Jules-Guesde) puis étudiant à l’université Paul-Valéry, Reno Lemaire « observe tout autour de lui et se met à l’écoute de sa ville ». Ce décor nourrira Dreamland, manga dont le premier volume paraîtra en 2006. « Les rues, les places, les rames du tramway servent de cadre quotidien à la vie diurne de Terrence », lycéen timide en terminale à Montpellier qui vit une adolescence banale tout en essayant de séduire Lydia, la fille qu’il aime. Mais la nuit, dès qu’il s’endort, il bascule dans Dreamland, le monde des rêves.

    À l’Espace Bagouet, illustrations, planches manuscrites et documents de travail racontent cette aventure graphique qui déploie son univers foisonnant au fil des tomes. L’exposition permet de suivre l’évolution du trait de Reno Lemaire, mais aussi sa manière de construire un monde peuplé de créatures fantastiques, de pouvoirs et de personnages hauts en couleur. Elle s’attarde notamment sur le « remaster » des dix premiers volumes, entrepris à partir de 2022. Reno Lemaire y redessine ses débuts, faisant dialoguer le trait du jeune auteur avec celui acquis depuis.

    Près de 800 000 exemplaires vendus

    Vingt ans après ses débuts, Dreamland a changé d’échelle. La série compte désormais 24 tomes et approche les 800 000 exemplaires vendus. Elle s’est aussi exportée au Japon en 2024, tandis qu’un artbook de 400 pages et de nombreuses déclinaisons entretiennent l’univers auprès des lecteurs et collectionneurs. Cette année anniversaire marque une nouvelle étape, avec l’adaptation animée de Dreamland, diffusée à partir du 17 octobre sur ADN et Crunchyroll. Du papier à l’écran, du français au japonais, l’univers imaginé à Montpellier poursuit ainsi son voyage.

    L’exposition s’inscrit au cœur de cette aventure. Dreamland témoigne d’une appropriation française des codes du manga, devenue une histoire internationale sans renier son ancrage montpelliérain.

    * Entrée libre. Fermé les lundis.

  • [Scène] « Nous, la lune et les voisins » veille sur Marseille

    [Scène] « Nous, la lune et les voisins » veille sur Marseille

    Des escaliers du quartier de Beyrouth, Mar Mikhael, à ceux de la montée des Accoules, à Marseille, il y a 2 800 km mais un pas. Que « Nous la lune et les voisins », festival créé par le collectif d’artistes libanais Kahraba il y a 15 ans dans leur terre d’élection, franchit jusqu’au dimanche 18 octobre. Dans le cadre de la Saison Méditerranée et depuis son centre névralgique du Théâtre Joliette, une semaine jalonnée de « différents ateliers de marionnettes, danse, poésie, chant et cuisine », résume Nathalie Huerta, « pour créer deux soirées » à commencer par « une promenade poétique » le 17 octobre. « D’énormes marionnettes vont déambuler dans le Panier », décrit la directrice de cette scène, le tout « mis en musique par des artistes avec qui le public aura travaillé » comme la comédienne Mayya Sanbar qui invite à la lecture et l’affichage de poètes palestiniens. La veille, cette dernière sera passée sur la scène de la Joliette, pour une lecture des poèmes de Mahmoud Darwich, aux côtés de son père, l’ancien ambassadeur de Palestine auprès de l’Unesco, Elias Sanbar.

    Déjeuner et concert

    Pour la clôture du festival, direction dimanche 18 octobre vers le quartier de Saint-Mauront. À la MAM (Maison des arts Méditerranée), à partir de 12h30, une journée de « partage artistique », fruit d’une semaine ateliers, avant un « déjeuner libanais ». La voix montante du Proche-Orient Salwa Jaradat et le « pionnier de la scène musicale underground » Zeid Hamdan donneront un concert à 15h.