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  • [Le coin BD] Falstaff, le bouffon de Shakespeare, passe des planches aux cases

    [Le coin BD] Falstaff, le bouffon de Shakespeare, passe des planches aux cases

    Roi de la vantardise, prince des débauchés, voleur, menteur et magouilleur, le gros et gras personnage de Falstaff parviendra-t-il à corrompre l’héritier mal aimé de la couronne d’Angleterre. Hâbleur incorrigible, le chevalier John Falstaff brille pourtant d’avantage dans les auberges malfamées de Londres que sur les champs de bataille où il prétend pourtant contre toute évidence briller. Il prend sous son aile de voleur Hal, prince de Galles et héritier de la couronne d’Angleterre, mal aimé de son père Henri IV. Le prince est séduit par le bagout qui ne craint jamais le ridicule de ce roi des voleurs. Mais la guerre civile est de retour en Grande-Bretagne, le trône d’Henri IV est aussi chancelant que sa santé et le prince héritier ne pourra plus échapper à ses responsabilités. Quant à Falstaff, personnage plus que jamais actuel, manipulateur égoïste sans aucune vergogne, « parvenu prêt à marcher sur son prochain pour se frayer un chemin vers les sommets », selon le scénariste, « il ne déparerait pas dans une société trumpienne, mais lui le fait avec drôlerie ».

    Le personnage le plus populaire de Shakespeare, comique, ambigu, aussi excessif qu’attachant, est superbement mis en scène dans cette adaptation par Pierre Boisserie au scénario, Goho au dessin et Isabelle Merlet à la couleur, une tragi-comédie toujours aussi irrésistible.

    ET AUSSI…

    Dumas à Naples

    Quelle belle idée de Marcello Onzo et Fiamma Luzzati de plonger dans les ruelles de Naples en compagnie du truculent Alexandre Dumas. L’autrice en terrasse chez Gambrinus, le célèbre café napolitain, y lit le Voyage en Italie de Goethe avec pour projet de l’adapter. Mais l’auteur des Trois mousquetaires va l’entraîner dans le passé de la ville pour lui faire oublier l’ennuyeux allemand. Elle y croisera Rossini, le dey d’Alger et son harem, bourgeois et voleurs et le terrible Vésuve. Un must pour les amoureux de cette cité unique et éternelle.

    Chez Actes Sud BD, 18,90 €

    L’homme qui vendit la tour Eiffel

    « D’après une histoire presque vraie », cette trépidante comédie suit le personnage réel Léo Lustig, escroc qui en 1925 réussit à vendre rubis sur l’ongle la tour Eiffel à un ferrailleur crédule. Servi par le dessin élastique de Joseph Falzon, le scénario de Stéphane Marchetti nous rappelle que « plus c’est gros, plus ça passe ». Fiction et réalité se mêlent dans cette BD où l’on sourit et où l’on rit des bobards qui vont arnaquer le pigeon alors que les polices françaises et américaines sont sur les dents. Une réussite.

    Chez Dargaud, 19,95 €

    Saperlache

    Un très beau conte sur la folie et l’enfance signé du montpelliérain Sylvain Escalon autour du combat entre l’innocence et le mal chez un enfant délaissé par des parents que la conjoncture économique a ruinés. Pour fuir ce père autoritaire, il va errer à travers champs et se réfugier dans l’imaginaire pour fuir la violence des adultes. Mais il y découvrira une autre violence, celle des créatures qui lui parlent dans la forêt, l’accueillent et jouent avec lui. Avant de l’encourager à voler, à détruire et à faire du mal. Uns superbe BD totalement originale.

    Chez Sarbacane, 26,00 €

    llah n’est pas obligé

    Du chef-d’œuvre de l’ivoirien Ahmadou Kourouma, prix Renaudot et Goncourt des lycéens à sa sortie, Zaven Najjar et Karine Winczura tirent une percutante BD, en plus du film d’animation sorti en mars dernier. Comme dans le roman, le lecteur suit de destin de Birahima, jeune garçon insolent et attachent devenu enfant-soldat dans les guerres civiles qui ont déchiré entre 1991 et 2002 le Liberia et la Sierra Leone. L’histoire de cette dérive vue à hauteur et avec des mots d’enfant manipulé par des adultes ultra-violents est toujours aussi poignante.

    Chez Dupuis, 21,95 €

    La première guerre mondiale en BD

    Arnaud de la Croix et Vincente Cifuentes Martinez leur vision du premier conflit mondial. De manière très pédagogique, ils abordent les causes et personnages de cette guerre qui a impliqué plus de soldats, provoqué plus de morts, de blessés et de disparus, causé plus de destructions qu’aucune autre confrontation militaire jusqu’alors. Cette entrée hyperviolente dans un XXe siècle qui saura repousser encore plus loin les frontières de l’horreur causera la chute de quatre empires et lancera la puissance américaine tout autant que la révolution bolchevique.

    Chez Le Lombard, 29,90 €

    L’évasion de Colditz

    Les Espagnols Salva Rubio et Alejandro Gonzales évoquent dans ce premier tome d’un diptyque l’histoire vraie d’une évasion aussi légendaire qu’incroyable durant la Seconde Guerre mondiale. Officiers prisonniers français, anglais et venus de toute l’Europe se retrouvent dans la forteresse de Colditz, un château que les nazis ont transformé en prison inviolable. Mais le devoir d’un officier est de s’évader et tous les plans, des plus farfelus aux plus fous, vont être tentés, avec succès ou non. Car chaque tentative d’évasion est un acte de résistance et de guerre.

    Chez Glénat, 19,00 €

  • [C’est l’été] Lecture : « Kaede et les secrets du passé »

    [C’est l’été] Lecture : « Kaede et les secrets du passé »

    Si vous êtes gourmands des enquêtes écrites à mi-chemin du roman à énigme, cher à Georges Simenon et Agatha Christie, et du polar « douillet », ce livre, assaisonné de références littéraires et cinémato-graphiques, a été mijoté pour vous.

    Calmann Levy, 19,90 euros.

  • [C’est l’été] Lecture : « Le goût de la ville »

    [C’est l’été] Lecture : « Le goût de la ville »

    Trente-sept auteurs se joignent
    au préfacier, Gérard de Cortanze, pour vous donner à voir la ville telle qu’ils la conçoivent, la rêvent, ou la dépeignent dans leurs livres. Autant dire qu’il y en a pour tous les goûts. Ne dit-on pas que chacun est libre de ses préférences et de ses choix ?

    Mercure de France

    9,80 euros.

  • [C’est l’été] Lecture : « Voyages extraordinaires »

    [C’est l’été] Lecture : « Voyages extraordinaires »

    Ne nous demandez pas devant quel animal il nous a plu de nous arrêter. Notre amour pour toutes les espèces qui racontent la grande aventure de la biodiversité fait que nous n’avons aucune préférence. Si Jules Verne écrivit que son regard s’attendait à toutes les surprises, et son imagination à tous les étonnements, il en est de même pour ceux qui entrent dans ce livre, jalonné de 45 illustrations, que nous classons parmi les plus instructifs de l’année.

    Laffont 22,90 euros.

  • [C’est l’été] Lecture : « Hommageà la Catalogne »

    [C’est l’été] Lecture : « Hommageà la Catalogne »

    S’ensuit le roman autobiographique dont il est question dans cet article. Traduit et préfacé par Léa Gauthier, le roman est considéré, depuis sa publication en 1938, comme l’un des plus importants reportages sur la guerre civile espagnole, mais aussi comme un moment crucial pour celui qui ne cessera jamais de dénoncer, ouvertement ou métaphoriquement, les totalitarismes, la division de classe, les trahisons, le cynisme politique, le contrôle de la pensée, la falsification de l’Histoire.

    Payot, 7,90 euros.

  • [C’est l’été] Lecture : « L’âge expérimental »

    [C’est l’été] Lecture : « L’âge expérimental »

    Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie !… Ce cri tragiquement cornélien, vous ne l’entendrez pas sortir de la bouche d’Ines de la Fressange, icône de la mode, encore moins de celle d’Erri De Luca, l’un des écrivains transalpins les plus appréciés en France. Dans leur dialogue sur la vieillesse, riche en images épinglées aux pages, vous les entendrez dire que le crépuscule de la vie n’est pas un fardeau, mais une « puissante catapulte » qui propulse de nouvelles possibilités. Un tandem inattendu, magistralement traduit de l’italien par Danièle Valin.

    Gallimard, 19 euros

  • [C’est l’été] Une plongée dans l’histoire du sous-marin Saga

    [C’est l’été] Une plongée dans l’histoire du sous-marin Saga

    À l’Estaque, un géant jaune de 28 mètres de long et de 300 tonnes sommeille dans un hangar. Le Saga, plus grand sous-marin civil du monde, imaginé par le commandant Cousteau, reprend vie à travers une conférence donnée par l’association des Compagnons du Saga ce vendredi, au stade nautique Florence-Artaud. L’évènement, gratuit, affiche déjà complet.

    Pendant près d’une heure et demie, le public va remonter aux origines du Saga, né d’une ambition de Jacques-Yves Cousteau : « faire vivre et travailler des hommes sous l’eau », rappelle Marius Orsi, vice-président des Compagnons du Saga. Après trois expériences de vie sous-marine, Cousteau imagine une maison autonome pour « cracher » des plongeurs jusqu’à 450 mètres de profondeur.

    Le projet prend forme en 1970 à L’Estaque, mais s’arrête rapidement, faute de financement de l’État. Il ne reprend qu’en 1983 sous l’égide de la Comex, la compagnie maritime d’expertises et de l’Ifremer, l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer. « Ils sont partis d’une nouvelle étude, en tenant compte des nouvelles technologies », précise Marius Orsi. Ce qui a permis d’« aboutir sur un projet bien plus performant que le premier », souligne celui qui a participé au premier chantier du Saga en tant que mécanicien. En 1987, une fois achevé, le sous-marin possède une autonomie de 21 jours, contre huit initialement.

    « C’est, encore aujourd’hui, le seul sous-marin au monde où on a pu faire sortir et travailler des plongeurs à 320 mètres de profondeur », insiste Marius Orsi. Pourtant, faute de moyens financiers pour le déployer sur de longues missions, l’histoire du Saga s’arrête une nouvelle fois, en 1991, où il est remisé à l’Estaque.

    Des visites virtuelles gratuites

    Ce n’est qu’en 2012 qu’une douzaine de passionnés, les Compagnons du Saga, entreprennent sa sauvegarde : restauration dans l’ancien atelier de la Comex, visites ouvertes au public depuis 2017 et un livre publié cette année. « Le but de ce livre c’est de laisser une trace des compagnons et des 50 ans d’histoire de ce sous-marin », explique le vice-président de l’association.

    Les visites du hangar sont toutefois suspendues depuis août 2025, pour des raisons de sécurité liées au site. « On reste optimistes pour rouvrir très rapidement », soutient-il. En attendant, les Compagnons du Saga proposent ce vendredi, avant la conférence, de 16h à 18h, par créneaux de 15 minutes, des visites virtuelles gratuites du sous-marin. « Dans des casques de réalité virtuelle, les visiteurs pourront découvrir le Saga de l’intérieur, comme s’ils y étaient. C’est très beau. On s’y croirait ! » assure Marius Orsi.

  • [C’est l’été] Lecture : « Intime »

    [C’est l’été] Lecture : « Intime »

    À elle, aujourd’hui, de se raconter. Elle, c’est Catherine Ceylac qui, pendant vingt-trois ans, a reçu 1 752 éminents invités sur le plateau de « Thé ou Café », l’un des talk-shows, nous rappelle-t-elle modestement, à la plus grande longévité, et qui, ajouterons-nous, n’a rien à envier au canapé rouge de Michel Drucker. Ne vous refusez pas la joie de lire cette fine et attachante autobiographie, qui impose le respect et notre admiration. Sa lecture vous accrochera dès la première ligne. Lisez-la car elle est dédiée à nous tous qui l’avons écoutée et regardée.

    Cherche Midi, 20,50 euros

  • [C’est l’été] Lecture : « Roman national »

    [C’est l’été] Lecture : « Roman national »

    Le mérite de Marc Biancarelli, c’est d’écrire l’histoire nationale de sa terre, et nous aurions mauvaise grâce à l’en blâmer, tant il est vrai que chaque région du monde se plaît à populariser les mœurs, les combats, et les mythes qui la distinguent des autres. Violences et trahisons garanties. Retentissant.

    Actes Sud, 20 euros

  • Jean-Louis Nogaro prépare une biographie de Jean-Claude Izzo

    Jean-Louis Nogaro prépare une biographie de Jean-Claude Izzo

    Vendredi, avec son fils, Jean-Louis Nogaro était au Vélodrome pour assister à OM – Atlético.

    « Je suis Stéphanois, mais mon club et ma ville de cœur, ont un point commun, Marseille » avoue-t-il. Son amour pour la cité phocéenne l’a conduit à découvrir Jean-Claude Izzo. « Comme beaucoup, c’est par Total Khéops que je suis entré dans son univers. » Mais celui qui est éditeur de polar a voulu gratter un peu plus. Partir à la découverte de ce qui a pu inciter le journaliste de La Marseillaise à se lancer dans l’écriture.

    «J’ai lu tout ce qu’il était possible, ses poésies, ses articles, ses nouvelles. Ce qui m’a permis de découvrir qu’il était beaucoup plus qu’un auteur de polars. » Afin de comprendre l’homme et l’écrivain, il a donc fait une Anabase marseillaise. « Je viens à la découverte des lieux qui ont forgé son écriture. J’ai rencontré son fils Sébastien, qui m’a fait lire les articles qu’il a écrits dans le journal de son école, dans lesquels il posait déjà les jalons de ce qui sera son style. »

    Pour Jean-Louis, « c’est un coup de cœur qui est en train de devenir une véritable biographie. Sur un personnage qui a donné un nouveau souffle dans tous les styles auxquels il a touché. Pour moi, il est à l’image d’un Andrea Camilleri ou d’un Manuel Vazquez Montalban, avec une manière d’écrire qui va au-delà du lyrisme marseillais ».

    Avec son fils, il est donc allé sur les pas de Jean-Claude Izzo à Marseille. Des Goudes au Panier, en passant par le Peano, il a cherché « le terreau de ses œuvres ». À découvrir très bientôt.