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  • [Le coin BD] Quand la Russie et Poutine attaqueront les pays Baltes

    [Le coin BD] Quand la Russie et Poutine attaqueront les pays Baltes

    Sous-titrée « Juin 2029, la Russie attaque les pays Baltes », cette BD signée du journaliste spécialisée Olivier Truc et de Nicolas Otero qui utilise un graphisme et des couleurs totalement adaptés au propos prend aux tripes dès les premières pages et ne lâche plus son lecteur jusqu’à la fin. Ce récit surinformé d’anticipation, très proche, raconte comment la Russie pourrait utiliser tous les moyens de la guerre hybride pour récupérer les trois pays Baltes devenus indépendants à la chute de l’URSS, puis devenus membre de l’Union européenne et de l’Otan, organismes paralysés par leurs lourdes procédures. L’hypothèse de départ est un cessez-le-feu en Ukraine sous la surveillance de l’UE et de la Chine. La Russie va prendre parti d’un attentat qu’elle a sans doute commis elle-même et l’attribue aux « nazis ukrainiens » qu’elle va accuser de s’entraîner sur des bases de l’Otan dans les pays baltes. à partir de là, en quelques semaines, le régime poutinien va déstabiliser tous les alliés des Baltes avec des manipulations via les réseaux sociaux, des démonstrations de force militaire, l’utilisation de la « maskirovka », ce brouillard de guerre qui empêche de savoir si des troupes se massent ou s’il s’agit de leurres… Avant une invasion éclair « justifiée » par le droit international et soutenue par les Brics et les alliés africains de la Russie. Découpée en courts chapitres, cette fiction ressemble à un reportage d’anticipation tant elle apparaît crédible.

    ET AUSSI…

    La fabrique de la pauvreté

    « De la lutte contre la pauvreté à la guerre aux pauvres » … L’ancien rapporteur de l’ONU sur les droits de l’Homme et l’extrême pauvreté Olivier de Schutter et Juan Mendez font œuvre extrêmement utile en rappelant que si 23% des 415 millions d’Européens sont à risque de pauvreté alors que la précarité s’installe partout, il ne s’agit pas d’une fatalité. Même si nos yeux s’y sont habitués, il ne s’agit pas d’une catastrophe naturelle mais du résultat de choix de société et d’orientations économiques. Un rappel salutaire.

    Chez Futuropolis, 20€

    Le problème à trois corps

    Après une adaptation en série moyenne, cette BD tirée de l’œuvre phénoménale du maître de la science-fiction chinoise Liu Cixin est au contraire une excellente surprise. Il reste deux tomes à venir mais le travail du dessinateur chinois Wu Qingsong et du mystérieux Three-body universe est fantastique, tant dans la fidélité à l’œuvre originale, et à sa complexité, qu’à travers son graphisme. Difficile à résumer, mais la Terre se retrouve sous la menace d’une invasion extraterrestre d’ici 400 ans alors que des physiciens chinois se suicident les uns après les autres…

    Chez Glénat, 20€

    Jusqu’à la tombe

    Vincenzo Bizzarri et Stefano Nardella livrent un excellent western spaghetti situé en 1863, juste après l’unification italienne, dans un Mezzogiorno encore moyenâgeux et qui refuse « l’invasion piémontaise ». Là, des bandes de brigands s’opposent à la loi du nord, dont Carmine qui, revenu d’entre les morts, affronte un potentat local qui lui a volé sa fiancée. Mais un soldat piémontais, lui aussi survivant de l’enfer, est à ses trousses alors que sa compagne vient de donner naissance à leur fils. Une BD en noir et blanc aussi âpre que réussie sur une période peu connue ici.

    Chez Sarbacane, 25€

    Billy the kid

    Dans cet imposant pavé de 232 pages en couleur, Alexandre Chenet et Loïc Sécheresse vont au-delà du mythe d’un des hors-la-loi les plus célèbres du Far-West. Et ils le font même sauter, rappelant que « L’histoire est écrite par les vainqueurs » et que sa saga n’est qu’une fable journalistique. Ce qui se rapproche de la vérité est plutôt l’histoire d’un jeune gars paumé broyé par un capitalisme naissant et qui ne sera désigné comme outlaw que lorsque ses patrons n’auront plus besoin de lui. Une relecture aussi vivifiante qu’actuelle et humoristique.

    Chez Casterman, 28€

    13 jours, 13 nuits

    Après le film, la BD. Jean-Claude Bartoll et Renato Arlem adaptent le témoignage de Mohamed Bida, policier en charge de la sécurité de l’ambassade de France à Kaboul en août 2021 lors de la prise de la capitale afghane par les Talibans. Dans « l’enfer de Kaboul », il va tout mettre en œuvre pour sauver et évacuer Français mais aussi Afghans condamnés à mort par les nouveaux maîtres du pays. Une histoire vraie et un récit rythmé au cœur du chaos et du chacun pour soi durant 13 jours et 13 nuits sans sommeil ni repos, et sans soutien des alliés non plus.

    Chez Delcourt, 22,50€

    La femme au portrait

    Nicolas Tellop au scénario et l’italien Antonio Lapone au dessin offrent un polar rétro comme on les aime. Dans le Hollywood des années 1940, un tableau disparaît sur un plateau de tournage. Le réalisateur Ernst Spieler, sorte de Fritz Lang, ne peut tourner son film sans et les studios vont faire appel à la détective privée Miss X, ancienne actrice aussi caustique que séduisante. Intrigue à la Agatha Christie et dessin stylisé font le reste dans cette histoire où « plus on avance, moins on y voit clair ». Un vrai plaisir de lecture.

    Chez Dargaud, 21,50€

  • [Le coin des idées] « Loin, très loin de Jean-Luc Mélenchon »…

    [Le coin des idées] « Loin, très loin de Jean-Luc Mélenchon »…

    En revanche, avec ce recueil de textes parus dans L’Humanité, Témoignage chrétien, La faute à Diderot, La Croix, Vendémiaire et salué en termes élogieux par divers courants allant de Causeur à Marianne en passant par Liberté-Actus et même tout dernièrement La lettre du CRIF, Valère Staraselski travaille à se désaliéner de la pensée néo-gauchiste populiste, trop souvent intolérante et sectaire, en vogue aujourd’hui. Comment ? Par ce que l’historien Jean-Numa Ducange nomme à son propos de « réflexion salutaire sur le contenu des engagements politiques de Mélenchon ».

    C’est ainsi que l’on trouve des écrits directement politiques mais également portant sur la religion dans la droite ligne de son dernier roman Les Passagers de la cathédrale ou bien encore plus récemment dans celui du Cheminement d’un communiste en terre chrétienne d’André Chassaigne. Sur l’histoire de Bambi, sur les 100 ans de Parti communiste qu’il a codirigé avec Guillaume Roubaud-Quashie, sur la CGT (il est l’auteur d’Un siècle de Vie ouvrière), sur la notion d’Histoire…

    Et l’auteur montre, dans la contribution la plus importante qui clôt l’ouvrage, Domenico Losurdo, penseur du communisme, que ni la pensée communiste ni le communisme ne sont caduques. Bien au contraire. Aussi, sa présentation de l’œuvre de Domenico Losurdo, historien et philosophe italien se situant dans la lignée de Gramsci, claire et pédagogique, est assurément à ne pas manquer.

    Loin, très loin de Jean-Luc Mélenchon, Valère Staraselski, préface d’Arlette Vidal-Naquet, L’Harmattan, 154 p, 17 euros.

  • [Le coin des idées] « Et pourtant communiste ! » de François Asensi

    [Le coin des idées] « Et pourtant communiste ! » de François Asensi

    Et pourtant communiste ! n’est pas seulement le récit de la longue vie politique de François Asensi, député et maire de Tremblay-en-France en Seine-Saint-Denis, pendant trente-cinq ans. C’est le témoignage, sur une époque, d’un homme qui, après avoir consacré une grande partie de sa vie au Parti communiste français, continue de revendiquer une fidélité à ce que le mot « communiste » représente pour lui. Né en 1945 à Santander, en Espagne, dans une famille de républicains espagnols, son père rejoignit les Brigades internationales en 1938. À l’âge de deux ans, il part avec ses parents, réfugiés en France, où ils trouvent asile et chaleur dans le quartier du Landy, cette « petite Espagne » entre Saint-Denis et Aubervilliers.

    François Asensi appartient à une génération nourrie par le communisme et la lutte antifasciste, qui furent à la fois une culture, une communauté militante et une promesse d’émancipation. Son parcours est inséparable de celui d’une Seine-Saint-Denis populaire, profondément marquée par l’histoire du mouvement ouvrier. Engagé dès l’âge de 16 ans contre la guerre d’Algérie, responsable national de la Jeunesse communiste, membre de la direction nationale du PCF, il est élu, à 34 ans, premier secrétaire de la première fédération communiste du pays, puis devient suppléant du président du groupe communiste à l’Assemblée nationale et maire de Tremblay-en-France de 1991 à 2026.

    Mais le livre est aussi celui d’une rupture. En 1985, il est limogé de son poste de premier secrétaire fédéral. François Asensi raconte les conflits internes, les désaccords stratégiques et démocratiques qui l’ont progressivement éloigné de l’appareil communiste, jusqu’au départ en 2010, de cet « insoumis » du PCF qui soutient aujourd’hui la candidature de Fabien Roussel à la Présidentielle. Le livre ajoute alors à la dimension autobiographique une réflexion profonde : peut-on quitter un parti sans renoncer à l’idéal qui nous y avait conduits ? François Asensi propose une réflexion sur ce que signifie militer, exercer le pouvoir local, rester fidèle à ses convictions, et lier une vie politique à l’utilité collective plutôt qu’aux honneurs. C’est ce quoi il s’est engagé dans sa commune pour y transformer la vie. Social, écologie, logement, sport, citoyenneté, solidarité internationale… on n’est pas réélu maire six mandats durant, par hasard. En 2023, François Asensi figure même parmi les neuf finalistes du prix World Mayor de la fondation The City Mayors, qui distingue les meilleurs élus locaux du monde. La formule « Avoir été peut-être utile » qui complète le titre, livre tout son sens.

    François Asensi (avec Valère Staraselski), Et pourtant communiste ! – Avoir été peut-être utile…, Éditions Télémaque, 2026, 247 p., 19 €.

  • À Manosque, Thélyson Orélien tente de passer au-delà de la polémique

    À Manosque, Thélyson Orélien tente de passer au-delà de la polémique

    Le public n’a pu questionner ou faire dédicacer ses livres, comme il en est d’ordinaire coutume au festival littéraire des Correspondances de Manosque, lors de la rencontre organisée avec l’auteur Thélyson Orélien, en plein cœur d’une polémique, accusé d’avoir utilisé l’intelligence artificielle et d’avoir plagié d’autres textes. Cela a été le premier sujet abordé et expédié par la modératrice, Maya Michalon : « Toute l’équipe du festival est informée de la polémique qui agite les médias concernant le livre de Thélyson Orélien et l’IA. On va mettre cette polémique dans un sac plastique, la laisser sur le côté, et parler de littérature avec notre intelligence naturelle », a-t-elle annoncé d’office. À sa sortie de scène, l’écrivain a été très rapidement exfiltré, refusant toute dédicace ou discussion avec les lecteurs pour éviter toute polémique, malgré l’insistance et la déception des spectateurs. Son équipe faisait signe aux journalistes de ne pas le prendre en photo à son arrivée.

    De nouvelles accusations de plagiat

    Jeudi, avant de monter sur scène, Thélyson Orélien a dénoncé auprès de l’AFP une « volonté de le faire taire ». Il est apparu très fatigué et affecté par le scandale, « dévasté » face à « une telle violence », selon le co-directeur du festival, Olivier Chaudenson. « Il n’a pas réussi à prononcer un mot pendant un quart d’heure en arrivant. Il était sur le point d’annuler et de rentrer car il n’avait plus la force », relate-t-il. En réaction aux nouvelles accusations de plagiat visant l’écrivain depuis mercredi soir, le codirecteur a dénoncé un « amalgame facile ». « Peut-être a-t-il déconné quand il était jeune en faisant des emprunts », a-t-il supposé. Mais, « si c’était quand il avait 24 ans, cela mérite d’être pardonné ».

    Ces allégations de plagiat au Canada pour des textes publiés il y a plus de dix ans se sont ajoutées mercredi soir aux accusations d’utilisation de l’IA. Le quotidien québécois La Presse a indiqué avoir constaté qu’une des chroniques de Thélyson Orélien publiée en 2013 était dans sa « quasi-totalité » une « traduction légèrement remaniée » d’un article diffusé quelques jours plus tôt par le journal philippin The Philippine Star. Avec le groupe audiovisuel public Radio-Canada, ils évoquent aussi d’autres textes contenant des passages plagiés, publiés par l’écrivain notamment dans le HuffPost Québec ou sur des blogs. Radio-Canada indique par ailleurs qu’une nouvelle de Thélyson Orélien, ayant remporté un prix décerné par le groupe public dans les années 2010, contient des phrases tirées du livre Le matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier, publié en 1960.

    Concernant les accusations d’utilisation de l’intelligence artificielle, Olivier Chaudenson maintient son « envie de penser que c’est faux ». « Peut-être a-t-il utilisé l’IA comme outil », mais « je ne crois pas que le livre soit une production globale de l’IA », a-t-il avancé.

    Auteur de l’un des best-sellers de la rentrée, le romancier de 38 ans a remporté lundi le prix du roman Fnac et figure dans les sélections de plusieurs autres récompenses comme le Goncourt. « Par rapport à tout ce qui se passe dans l’actualité, je suis prêt à m’exprimer quand tout sera calme », a-t-il expliqué à l’AFP avant de monter sur scène, dénonçant une « volonté, non seulement d’attaquer le livre, mais surtout ma voix (…), de me faire taire ». « Je préfère donc prendre un peu de recul et attendre que tout se calme », a-t-il conclu. Mardi, auprès de Libération, il avait rejeté les accusations et indiqué être « en train de constituer un dossier » avec ses éditeurs « pour prouver » qu’il a écrit l’ouvrage de sa main.

  • Des ateliers et spectacles pour découvrir les œuvres du Prix des lecteurs du Var

    Des ateliers et spectacles pour découvrir les œuvres du Prix des lecteurs du Var

    Crayons de couleurs, feutres, ciseaux, papier. Autour d’une table disposée dans l’espace scénique de la médiathèque Albert-Camus, enfants et parents fabriquent de petits personnages articulés. « On a des principes à respecter, mais on peut laisser libre cours à notre créativité », apprécie Chloé, venue avec sa petite sœur Olivia et leur grand-mère. Leurs créations, réalisées non sans minutie, sont destinées à s’intégrer dans un décor réalisé par l’artiste plasticienne Sandrine Guthmuller, animatrice de l’atelier. Celui-ci a été pensé à partir des trois livres en lice pour le Prix du lecteur du Var – qui célèbre cette année sa 21e édition – en catégorie jeunesse (lire encadré). Avec un objectif : « Donner vie aux éléments des livres, que ce soient les personnages principaux mais aussi des éléments secondaires », détaille Sandrine Guthmuller. Et en jouant, notamment, sur les aspects visuels : « J’ai créé des papiers avec des motifs qu’on retrouve dans les livres, j’essaie aussi de transmettre les techniques de crayon de couleur de l’un d’entre eux… L’idée est de donner envie d’aller chercher les éléments dans chacun des livres, à travers un petit jeu pour y retrouver les éléments après l’atelier. »

    Théâtres et rencontres d’auteurs au programme

    L’idée est avant tout « de prendre du plaisir dans la création, avec à chaque fois un résultat complètement unique et beaucoup de satisfaction in fine car on aboutit sur quelque chose de construit et sympathique », poursuit l’artiste. Et par la même occasion « d’apprendre de nouvelles techniques artistiques », ajoute Dorothée, habituée, avec sa fille Théa, des ateliers créatifs proposés au sein de la médiathèque. Et si ce ne fut pas le cas l’année dernière, elle le promet : « Cette année, on va essayer de participer au Prix des lecteurs », sourit-elle.

    Des ateliers comme celui-ci, le Département en organise 40, chapeautés par quatre artistes locaux depuis juin, et jusqu’à novembre, dans le cadre du projet « Var, lire en territoire », porteur du Prix des lecteurs du Var. « L’objectif est de mettre en valeur le Prix des lecteurs, et donner envie aux gens de lire les œuvres », appuie Isabelle Louis, référente de territoire à la médiathèque départementale du Var.

    À ce titre, d’autres manifestations sont organisées pour les deux autres catégories du prix, que sont la bande dessinée et les romans adultes, avec des rencontres d’auteurs et des spectacles théâtraux. « Cette année, on a autant de livres – six – que de compagnies, toutes locales, pour jouer et créer les spectacles », précise Isabelle Louis. Ils sont à découvrir jusqu’au 22 novembre, date de la remise des prix pendant la Fête du livre, au Palais Neptune de Toulon.

    Livres, spectacles et ateliers au programme

    Jeunesse : La chasse aux rainettes – Antonin Faure ; Le jeu du plus qu’un jour – Audrey Poussier ; Le grand large – Mathilde Bédouet. BD : Nepka – Séverine Vidal et Nina Ramsey ; L’envers de nos décors – Thomas Scotto et Carole Chaix ; Le temps des pivoines – Aucha et Maxime Belloche. Romans : On l’appelait Bennie Diamond – Michaël Dichter ; Les courants d’arrachement – Élise Lépine ; Le ciel l’a mauvaise – Éléa Marini. Votes jusqu’au 7/11.

    Activités : rencontres auteurs les 9 (St-Cyr) et 10 (La Farlède) octobre avec Elise Lépine ; les 16 (Callian) et 17 (Cuers) octobre avec Eléa Marini. Spectacles, ateliers et rencontres à la fête du livre au Palais Neptune les 21 et 22 novembre et dans de nombreuses villes varoises jusqu’au 7 novembre.

    Infos sur mediatheque.var.fr

  • Le dernier volume de l’encyclopédie sur l’OM est là

    Le dernier volume de l’encyclopédie sur l’OM est là

    Après avoir épluché les archives de la très longue histoire de l’OM, Gilles Castagno avait envie de proposer un dernier éclairage original.

    « Certains lecteurs des cinq premiers volumes me disaient que cela manquait de photos. C’était un choix de ma part, de n’utiliser les images que lorsqu’elles avaient un intérêt ». Néanmoins, lorsqu’un photographe lui a offert ses archives, négatifs et diapositives, il s’est retrouvé avec suffisamment de matière pour proposer un tome six original.

    Hormis une page d’introduction, et un additif au tome 1 sur un match oublié, ce livre est un recueil de 400 photos, sur des doubles pages détachables. « Ainsi, ceux qui le souhaitent pourront les mettre sous cadre », explique-t-il.

    Gilles Castagno n’a pas compté les heures pour identifier les clichés, choisir des images originales et les scanner afin de proposer une iconographie à la riche histoire de ce club de légende qu’est l’OM.

    Dans ce recueil, on y trouve une photo du FC Marseille, où figurent quarante personnes qui sont sûrement les fondateurs de l’OM. « Un lecteur m’a également fourni une image des Olympiens inaugurant le stade de Compiègne, entre deux matches joués dans le nord du pays. J’ai également une image de Marcel Leclerc dirigeant un entraînement. » A été retrouvé également le premier trophée glané par l’OM, le bouclier de champion du Littoral, qui dort dans une salle obscure de la Ligue de Méditerranée.

    Tiré à 250 exemplaires, plus 5 tous signés et numérotés, l’ouvrage intitulé Instantanés. Tome 6, Marseille club de légende, est disponible sur www.encyclom.com et dans les librairies de la Bourse, Arcadia et bientôt à la Fnac.

  • [Lecture] Jean-Sébastien Bach remis au goût du jour

    [Lecture] Jean-Sébastien Bach remis au goût du jour

    S’il estime qu’il est pour lui un « vieux compagnon » qu’il écoute depuis plus de quarante ans, ce n’est pas le parcours de la vie de Jean-Sébastien Bach que Stéphane Salord veut dérouler dans le livre qu’il vient de publier. Habituellement vu dans la sphère politique locale, étant délégué Génération écologie du Pays d’Aix et actif au cours des élections municipales, Stéphane Salord présente son livre Bach, la marche vers l’éternité, comme « un livre sans prétention intellectuelle, qui n’est pas là pour parler de mes états d’âme », mais pour proposer un « angle issu d’une recherche personnelle : regarder l’inversion complète de la trajectoire de cet homme par rapport à d’autres musiciens », contextualise l’auteur, au cours d’une séquence de dédicaces tenue ce mercredi 9 septembre. 116 pages de recherches autour du compositeur du XVIIe siècle, autoéditées, pour dire « qu’il est temps de s’intéresser à Bach, le musicien de l’attention, de la profondeur (…) pas la peine d’être un spécialiste pour écouter Bach. Sa musique est là pour nous permettre de mieux réfléchir et rendre les choses compliquées acceptables », insiste Stéphane Salord. En attendant d’autres séquences de dédicaces, le livre est à retrouver sur les plateformes en ligne, notamment.

  • Une filière du livre occitane très dense et qui résiste

    Une filière du livre occitane très dense et qui résiste

    Quatre cent soixante et un romans publiés entre août et octobre au niveau national. Une production en légère baisse par rapport à 2025 (484), mais largement de quoi faire son miel de mots à l’occasion d’une rentrée littéraire qui s’inscrit dans un contexte global de recul de la lecture. Avec, en toile de fond, le placement en redressement judiciaire, au printemps, de grandes enseignes de librairies dont Gibert, Le Furet du Nord et Decitre ainsi que la liquidation récente de Sauramps à Montpellier.

    Qu’en est-il au niveau régional ? Comment le monde du livre traverse-t-il ces turbulences ? Si elle n’échappe pas aux maux du moment : « L’évolution des pratiques de lecture, la concurrence des écrans, la question de l’IA, aussi, qui nous interroge notamment sur la question de la place de l’auteur », la filière du livre occitane semble toutefois portée par un maillage et une dynamique solides, assure Adeline Barré, directrice du pôle livre et lecture de l’agence unique Occitanie Culture, portée par la Région. « Librairies, auteurs, maisons d’édition : l’Occitanie est une région très dense si l’on ramène le nombre de professionnels du livre au nombre d’habitants », souligne-t-elle. Un vivier important, donc, et très diversifié : « On a aussi cette chance de couvrir tous les domaines éditoriaux, qu’il s’agisse des auteurs, des maisons d’édition ou des librairies, dont certaines sont spécialisées », poursuit la responsable du pôle livre et lecture. « Cela confère au territoire une relative stabilité en termes de création. »

    Près de 1 300 auteurs et 283 librairies en Occitanie

    Quantité, diversité, mais aussi qualité, insiste Adeline Barré : « On a, dans chaque secteur, la chance d’avoir des locomotives. » C’est par exemple le cas, dans l’édition, de la maison gardoise Au Diable Vauvert, qui fêtait l’an dernier ses 25 ans d’existence, ou encore des éditions Privat à Toulouse. « Ces maisons installées jouent le jeu de la cooptation avec les nouveaux. Il y a un phénomène de solidarité au sein de la filière du livre », relève la représentante de l’agence Occitanie Culture. Qui mentionne également le dynamisme des filières de formation aux métiers du livre dans la région : « Il y a 20 ans, on voyait arriver des projets beaucoup moins structurés. Le monde du livre s’est énormément professionnalisé grâce aux filières de formation professionnelles. Désormais, chaque année à Montpellier, 19 éditeurs et éditrices intègrent le marché de l’emploi. Ils ne restent pas tous en Occitanie, mais c’est un atout certain. »

    Comme chaque année à l’heure de la rentrée littéraire de septembre, le pôle livre et lecture de l’agence Occitanie Culture organise à Toulouse -la même manifestation se déroule chaque printemps à Montpellier- une journée destinée à promouvoir une quinzaine de nouveautés d’auteurs et autrices d’Occitanie ainsi qu’une maison d’édition régionale. Le choix s’est porté cette année sur Espaces 34, maison d’édition spécialisée dans le théâtre contemporain. Implantée à Castelnau-le-Lez, elle est dirigée depuis peu par Stanislas Nordey, comédien et metteur en scène qui a dirigé le théâtre national de Strasbourg de 2014 à 2023. À noter également, parmi les auteurs invités, la Perpignanaise Lucie Rico, en lice pour le prix littéraire du Monde avec son roman Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?, chez P.O.L.

    Le catalogue des nouveautés édité à l’occasion de ces rentrées littéraires, établi à partir des titres portés à la connaissance de l’agence par les auteursde la région, recense, au second trimestre 2026, près de 150 nouveautés, tous genres confondus, contre près de 130 au second semestre 2025. Globalement, le nombre d’auteurs est en hausse dans la région : les chiffres-clé de 2025 -les derniers- comptabilisent 1 294 auteurs et autrices occitans, soit une progression de 5,63% sur deux ans. Ce qui n’empêche pas une précarisation des revenus de ces auteurs du fait de la réduction du Pass Culture, de la baisse des budgets des festivals, du ralentissement de la production éditoriale, de l’inquiétude face à la concurrence de l’IA générative… De leur côté, les librairies tiennent bon malgré la crise de la lecture. La base de données de l’agence recense 283 librairies dans la région. « Il y a une forme de compensation entre les librairies qui ferment et celles qui s’ouvrent. Le chiffre reste relativement stable », assure Adeline Barré. Six établissements se sont ainsi lancés dans l’aventure entre 2023 et 2025 dans l’Hérault.

  • [Entretien] André Chassaigne : « Croyants et communistes ont à cœur la fraternité et l’égalité »

    [Entretien] André Chassaigne : « Croyants et communistes ont à cœur la fraternité et l’égalité »

    La Marseillaise : On assimile souvent la doctrine marxiste au message évangélique. La première a été pervertie comme l’on sait, tandis que le second a permis la domination de la classe bourgeoise. Comment expliquez-vous cette dérive ?

    André Chassaigne : Cela s’explique par le fait que dans l’ancien régime, l’Église catholique était étroitement liée au pouvoir politique. Au fil des siècles, l’absolutisme était devenu inséparable du catholicisme. L’absolutisme royal n’a tenu que parce qu’il avait le soutien de l’Église catholique. C’est la Révolution de 1789 qui a renversé le pouvoir d’une Église qui a tenté ensuite de revenir en première ligne. Mais le principe de la laïcité était posé. Ce grand acquis est un pur produit de la Révolution.

    Laquelle laïcité a connu heurs et malheurs au cours du XIXe siècle jusqu’à la loi de 1905…

    A.C. : Mais depuis le Siècle des Lumières, les tentatives de la hiérarchie de l’Église catholique de revenir politiquement au premier plan ont échoué. Paradoxalement et à terme, la laïcité, telle qu’elle a émergé avec la Révolution, a été un bienfait pour l’Église elle-même. Elle aboutira en 1905 à une loi de la séparation des Églises et de l’État qui assure à chacun la liberté de conscience.

    Actuellement, la laïcité, telle qu’elle a été conçue en 1905, a été accaparée par l’extrême droite pour en faire un cheval de bataille contre les musulmans.

    A.C. : Ce sujet réel est abordé dans mon livre. Il faut lutter contre l’idée qu’une religion serait incompatible avec la laïcité. Cette conquête qu’est la laïcité doit permettre à chaque religion de se développer sans intervenir dans la sphère publique. Il y a une dérive de l’islam extrémiste qui voudrait qu’il n’y ait pas de séparation entre religion et pouvoir politique, en imposant que les principes religieux commandent aussi l’ordre politique. J’essaie de montrer qu’il y a une grande majorité de musulmans qui vivent et pratiquent dans un cadre laïc. La grande erreur consisterait à stigmatiser les musulmans en les amalgamant à l’islamisme radical. Cette attitude ne peut produire que des frustrations, pousser même certains à rejoindre ce courant religieux réactionnaire et profondément antidémocratique. Il est donc important de démontrer qu’il n’y a pas d’exclusion dans les principes de la laïcité, comme dans les luttes sociales, et inviter tout un chacun à faire société au-delà de ses croyances. Déjà, en 1936, quand le fascisme menaçait la France, cette démarche a inspiré Maurice Thorez, qui a lancé son appel aux catholiques [« La main tendue », Ndlr]. Ensuite, en 1976, Georges Marchais a élargi cet appel à l’ensemble des chrétiens. Désormais, compte tenu de l’évolution de la société, il faut étendre cette démarche. Je pense qu’il serait bon de lancer un appel à l’ensemble des croyants, et notamment les musulmans qui risquent d’être instrumentalisés par les extrémistes radicaux. Il serait dangereux de prendre prétexte de l’islamisme radical pour changer la loi de séparation des Églises et de l’État avec, in fine, l’objectif d’exclure une partie des citoyens.

    Lorsque vous parlez d’un « appel aux croyants », n’est-ce pas une cause perdue dès lors que les sondages montrent qu’en France, 40% de la population se dit d’origine catholique et que moins de 5% sont pratiquants ?

    A.C. : Il est bon de réaffirmer des principes. Mais en adressant cet appel à tous les croyants, notamment aux chrétiens, musulmans, juifs, il doit rappeler que tous sont égaux et considérés comme tels par notre République laïque, qu’ils doivent eux-mêmes protéger.

    Un milliardaire présenté comme « fervent catholique » tente actuellement de rallier par des médias populistes les classes populaires à un vote d’extrême droite. Comment le Parti communiste peut-il réagir ?

    A.C. : C’est encore l’un des objets du livre. Je fais « appel » à l’image de Jésus pour que l’on puisse se retrouver dans une société qui ne brime pas les individus au titre de leur religion, de la couleur de leur peau, de leur origine ethnique, voire sociale. Que l’on puisse se retrouver, s’unir contre ce fléau commun, l’argent-roi, qui aboutit à asservir les êtres, piller les ressources naturelles et mépriser les peuples. Il est le terreau des fondamentalistes en tous genres. Je rappelle que l’essence même du christianisme est incompatible avec les adeptes de la haine et de cet argent-roi. Il n’échappe à personne que certains essaient d’instrumentaliser l’Église pour servir des causes réactionnaires de rejet de l’autre, visant à préserver la domination financière d’une « caste ».

    N’est-il pas paradoxal que le même Jésus auquel vous vous référez soit commun en Amérique latine à la fois aux théologiens de la Libération, qu’on rapproche à la gauche, et aux évangéliques, soutiens acharnés de l’extrême droite ?

    A.C. : C’est une dérive. Je ne me suis pas particulièrement penché sur ce que pensent les différents courants évangéliques, c’est un paradoxe qui mérite d’être débattu avec les chrétiens eux-mêmes. Pour ma part, j’ai aussi voulu montrer qu’on peut se retrouver pour constituer une société protectrice, libératrice et respectueuse de tout le monde et de chacun. L’Église a évolué sur les questions sociétales et morales. J’ai voulu valoriser cette mutation en soulignant ce qui va, à mes yeux, dans le bon sens. C’est pour cela que je rappelle la théologie de la Libération et le rôle de certains papes. Les propos du pape François sont puissants et justes, il faut les valoriser davantage, d’autant qu’ils sont rejetés parfois par des intégristes, au sein même de l’Église.

    Cette mutation sociétale de l’Église catholique que vous évoquez est-elle bien réelle lorsque ses évêques enjoignent aux sénateurs de s’opposer à la loi sur la fin de vie ?

    A.C. : À titre personnel, je n’étais pas favorable à cette loi sur la fin de vie. Mais j’estime que les évêques n’auraient pas dû intervenir. Il n’est pas dans leur rôle de s’adresser aux parlementaires. C’est même contre-productif : cela signifiait une opposition au titre d’une vision chrétienne et morale, alors que l’on pouvait invoquer une approche sociétale du problème. Je vis dans un milieu rural où j’assiste à un phénomène terrible. Des personnes âgées vivant en Ehpad culpabilisent de continuer à vivre parce qu’elles sont en train de liquider le peu de biens qu’elles peuvent laisser à leurs enfants. C’est une vraie question posée à notre société et son système.

    Puisque vous venez d’y faire allusion, un communisme rural est-il encore imaginable à l’heure où, après avoir conquis les territoires industriels en déshérence, l’extrême droite gagne des points dans la France profonde ?

    A.C. : C’est un terreau fertile parce qu’il y a une grande souffrance, due notamment à l’abandon des services publics, une perte de valeurs républicaines et démocratiques qui incite à voter pour le Rassemblement national. C’est une expression politique au premier degré. Au lieu de stigmatiser ceux qui utilisent ce vote pour exprimer leur mécontentement, il nous faut démontrer que le vote d’extrême droite n’est pas une solution et aggraverait même la situation. Le communisme rural s’est construit sur ce que l’on appelle « la famille large », par les contacts de proximité et de solidarité. Voilà pourquoi, nous organisons deux fois par an à Ambert, dans le Puy-de-Dôme, une vente solidaire de fruits et légumes, qui attire un monde considérable et qui nous permet de discuter avec les gens. Le Parti communiste est vécu comme une grande famille et cette fraternité vécue fait tache d’huile.

    Quel rôle communistes et catholiques de France peuvent-ils jouer actuellement ?

    A.C. : Les communistes et les catholiques – dont certains sont d’ailleurs membres du PCF – partagent deux valeurs essentielles : la fraternité, que je viens d’évoquer, et l’égalité. Or, ce principe d’égalité est aujourd’hui durement mis à mal, aussi bien par ceux qui défendent le système actuel que par les radicaux religieux de tous bords. Si nous voulons vivre dans une société apaisée, soucieuse du bien-être individuel comme du bien commun – aspiration profonde de la majorité de nos concitoyens –, il est temps de réagir et de rassembler nos forces. « Vous êtes tous frères », affirme Jésus dans l’Évangile selon Saint Matthieu. « Nous sommes tous égaux », confirment les communistes français. Ces deux convictions forment une cause commune. Face aux menaces qui se dessinent et à ceux qui prospèrent sur les divisions, l’urgence est de nous unir. Unir nos forces pour faire barrage aux faiseurs de haine et de division, et faire triompher une société fondée concrètement sur la Fraternité et l’Égalité.

    * « Cheminement d’un communiste en terre chrétienne », aux Éditions Deborée,
    184 pages, 22
     euros.

  • [Le coin BD] Falstaff, le bouffon de Shakespeare, passe des planches aux cases

    [Le coin BD] Falstaff, le bouffon de Shakespeare, passe des planches aux cases

    Roi de la vantardise, prince des débauchés, voleur, menteur et magouilleur, le gros et gras personnage de Falstaff parviendra-t-il à corrompre l’héritier mal aimé de la couronne d’Angleterre. Hâbleur incorrigible, le chevalier John Falstaff brille pourtant d’avantage dans les auberges malfamées de Londres que sur les champs de bataille où il prétend pourtant contre toute évidence briller. Il prend sous son aile de voleur Hal, prince de Galles et héritier de la couronne d’Angleterre, mal aimé de son père Henri IV. Le prince est séduit par le bagout qui ne craint jamais le ridicule de ce roi des voleurs. Mais la guerre civile est de retour en Grande-Bretagne, le trône d’Henri IV est aussi chancelant que sa santé et le prince héritier ne pourra plus échapper à ses responsabilités. Quant à Falstaff, personnage plus que jamais actuel, manipulateur égoïste sans aucune vergogne, « parvenu prêt à marcher sur son prochain pour se frayer un chemin vers les sommets », selon le scénariste, « il ne déparerait pas dans une société trumpienne, mais lui le fait avec drôlerie ».

    Le personnage le plus populaire de Shakespeare, comique, ambigu, aussi excessif qu’attachant, est superbement mis en scène dans cette adaptation par Pierre Boisserie au scénario, Goho au dessin et Isabelle Merlet à la couleur, une tragi-comédie toujours aussi irrésistible.

    ET AUSSI…

    Dumas à Naples

    Quelle belle idée de Marcello Onzo et Fiamma Luzzati de plonger dans les ruelles de Naples en compagnie du truculent Alexandre Dumas. L’autrice en terrasse chez Gambrinus, le célèbre café napolitain, y lit le Voyage en Italie de Goethe avec pour projet de l’adapter. Mais l’auteur des Trois mousquetaires va l’entraîner dans le passé de la ville pour lui faire oublier l’ennuyeux allemand. Elle y croisera Rossini, le dey d’Alger et son harem, bourgeois et voleurs et le terrible Vésuve. Un must pour les amoureux de cette cité unique et éternelle.

    Chez Actes Sud BD, 18,90 €

    L’homme qui vendit la tour Eiffel

    « D’après une histoire presque vraie », cette trépidante comédie suit le personnage réel Léo Lustig, escroc qui en 1925 réussit à vendre rubis sur l’ongle la tour Eiffel à un ferrailleur crédule. Servi par le dessin élastique de Joseph Falzon, le scénario de Stéphane Marchetti nous rappelle que « plus c’est gros, plus ça passe ». Fiction et réalité se mêlent dans cette BD où l’on sourit et où l’on rit des bobards qui vont arnaquer le pigeon alors que les polices françaises et américaines sont sur les dents. Une réussite.

    Chez Dargaud, 19,95 €

    Saperlache

    Un très beau conte sur la folie et l’enfance signé du montpelliérain Sylvain Escalon autour du combat entre l’innocence et le mal chez un enfant délaissé par des parents que la conjoncture économique a ruinés. Pour fuir ce père autoritaire, il va errer à travers champs et se réfugier dans l’imaginaire pour fuir la violence des adultes. Mais il y découvrira une autre violence, celle des créatures qui lui parlent dans la forêt, l’accueillent et jouent avec lui. Avant de l’encourager à voler, à détruire et à faire du mal. Uns superbe BD totalement originale.

    Chez Sarbacane, 26,00 €

    llah n’est pas obligé

    Du chef-d’œuvre de l’ivoirien Ahmadou Kourouma, prix Renaudot et Goncourt des lycéens à sa sortie, Zaven Najjar et Karine Winczura tirent une percutante BD, en plus du film d’animation sorti en mars dernier. Comme dans le roman, le lecteur suit de destin de Birahima, jeune garçon insolent et attachent devenu enfant-soldat dans les guerres civiles qui ont déchiré entre 1991 et 2002 le Liberia et la Sierra Leone. L’histoire de cette dérive vue à hauteur et avec des mots d’enfant manipulé par des adultes ultra-violents est toujours aussi poignante.

    Chez Dupuis, 21,95 €

    La première guerre mondiale en BD

    Arnaud de la Croix et Vincente Cifuentes Martinez leur vision du premier conflit mondial. De manière très pédagogique, ils abordent les causes et personnages de cette guerre qui a impliqué plus de soldats, provoqué plus de morts, de blessés et de disparus, causé plus de destructions qu’aucune autre confrontation militaire jusqu’alors. Cette entrée hyperviolente dans un XXe siècle qui saura repousser encore plus loin les frontières de l’horreur causera la chute de quatre empires et lancera la puissance américaine tout autant que la révolution bolchevique.

    Chez Le Lombard, 29,90 €

    L’évasion de Colditz

    Les Espagnols Salva Rubio et Alejandro Gonzales évoquent dans ce premier tome d’un diptyque l’histoire vraie d’une évasion aussi légendaire qu’incroyable durant la Seconde Guerre mondiale. Officiers prisonniers français, anglais et venus de toute l’Europe se retrouvent dans la forteresse de Colditz, un château que les nazis ont transformé en prison inviolable. Mais le devoir d’un officier est de s’évader et tous les plans, des plus farfelus aux plus fous, vont être tentés, avec succès ou non. Car chaque tentative d’évasion est un acte de résistance et de guerre.

    Chez Glénat, 19,00 €