Tag: week-end

  • L’œuf d’automne du Météor se dévoile en avant-première

    L’œuf d’automne du Météor se dévoile en avant-première

    Elle ne sera à la carte du restaurant qu’à partir de ce mardi 3 novembre. Découvrez en exclusivité une recette automnale préparée avec grand soin par le chef Frédéric, de la brasserie Le Météor, à Marseille.

    Une sauce onctueuse

    Commencez par préparer la sauce qui viendra sublimer le plat puisque celle-ci a besoin de réduire pour avoir une texture sirupeuse. Faites d’abord suer les échalotes que vous aurez ciselées. Mouillez ensuite avec du vin et faites cuire à feu doux. Ajoutez-y le lard fumé pour lui donner ce goût et mouillez de nouveau avec du fond de veau. Laissez réduire dans la casserole sans faire brûler. Une fois la sauce prête, passez-la au chinois.

    Pendant ce temps, épluchez la patate douce et coupez-la en petits cubes. Plongez-les dans l’eau bouillante et faites cuire jusqu’à ce qu’elle devienne presque de la compotée. Égouttez bien la patate pour la débarrasser de son eau et placez les morceaux dans un mixeur, puis montez la purée au beurre pour qu’elle soit bien lisse et onctueuse. Assaisonnez avec du sel et du poivre. Réservez.

    Coupez ensuite une tranche de brioche maison ou achetée dans le commerce et coupez-la joliment avec un emporte-pièce arrondi. Dans une poêle, déposez une belle louche de beurre clarifié et faites dorer le toast des deux côtés.

    Un bel œuf poché

    Pour l’œuf, star de l’assiette, faites frémir une casserole d’eau à laquelle vous aurez ajouté du vinaigre de vin blanc, l’équivalent du fond de la casserole à peu près. Cassez l’œuf frais dans un ramequin sans percer le jaune. Quand de petites bulles apparaissent, déposez délicatement l’œuf sur les bulles à ras de l’eau et laissez la magie opérer. Ne faites pas cuire plus de 3 minutes et sortez à l’écumoire.

    Pour le dressage, trois belles louches de purée au fond de l’assiette, le toast de brioche au centre sur lequel vous déposez délicatement l’œuf poché encore tiède. Entourez le tout de sauce marchand de vin et saupoudrez de ciboulette fraîche ciselée. Pour finir, un joli filet d’huile d’olive vient sublimer le tout. Bon appétit.

    Il vous faudra :

    – Une grosse patate douce

    – Une échalote

    – Du vin rouge corsé

    – Du fond de veau

    – Un œuf

    – Une tranche
    de brioche

    – Du beurre
    et de l’huile d’olive

    – De la ciboulette fraîche

    – Sel, poivre et vinaigre de vin blanc

  • Dorian Ciret, l’excellence au bout des doigts

    Dorian Ciret, l’excellence au bout des doigts

    De la table à la fontaine en passant par les cheminées, les cuisines ou l’architecture pour la décoration des maisons de particuliers, c’est un art qui se transmet et se perpétue sur ce site de 3 000 m² en plein air à la fois espace d’exposition et atelier de confection pour les ouvriers de la pierre.

    Le showroom de l’Atelier Bidal à L’Isle-sur-la-Sorgue a été pensé comme un jardin bucolique et poétique dans lequel se cachent de véritables joyaux architecturaux. Il laisse ensuite place à un grand espace où bruits de chantiers et nuages de poussière blanche font naître la beauté et la délicatesse. Les ouvriers sont à l’œuvre, masques sur le nez et casque sur les oreilles. Au plafond, quelques patrons trônent fièrement et chacun s’affaire à la tâche. Dorian arrive à bord d’un chariot élévateur. « Ici nous travaillons sur des blocs complets sur différentes hauteurs d’assises, on peut ensuite les couper en tranches grâce à une machine qui s’appelle la débiteuse. Les blocs sont ensuite coupés aux bonnes mesures pour partir sur les postes de taille de pierre et là, c’est à nous de jouer », explique le jeune homme. « Les possibilités sont infinies, on peut faire absolument tout ce qu’on veut et c’est ce que j’aime. ». Au sein de l’Atelier Bidal trois types de pierres sont travaillés. La pierre d’Avy qui vient de Bordeaux, la pierre d’Estaillade qui vient d’Oppède et la pierre de Sireuil qui vient de la Charente. « Selon les désirs et envies on peut laisser la pierre un peu blanche, ce qui donne un côté moderne mais aussi la vieillir, la patiner ou encore la brosser pour obtenir un aspect ancien style vieille pierre », continue-t-il. « Tout me plaît dans mon métier parce que ça change tout le temps. On peut faire de la série avec par exemple des fontaines que l’on peut reproduire à plusieurs reprises mais on fait également du sur-mesure et je trouve que c’est ce qu’il y a de plus intéressant et de plus enrichissant parce qu’on peut faire des choses superbes. »

    Un savoir-faire ancestral
    et une labellisation unique

    À 24 ans, Dorian Ciret est un maître artisan tailleur de pierre qui œuvre avec passion et minutie. Cet enfant de la région a d’abord commencé comme apprenti en alternance dans l’entreprise après avoir fait un CAP tailleur de pierre et un BP métier de la pierre à Montalieu-Vercieu en Isère. Mais c’est en classe de troisième, lors d’un stage d’observation que la magie opère pour lui. « J’ai fait mon stage obligatoire dans l’entreprise de marbrerie du père d’un de mes copains, c’est une activité qui m’a beaucoup plu et j’ai voulu continuer là-dedans pour en faire mon métier », confie-t-il. Et depuis il ne l’a plus quitté. Basé sur les techniques des bâtisseurs de cathédrales, c’est avant tout un savoir-faire

    ancestral qui est mis à l’honneur et sublimé par ce jeune passionné.

    « Ce que je voulais c’était faire quelque chose de mes mains, j’ai toujours aimé ça. Sans compter que je suis dehors toute la journée et ça n’a pas de prix », sourit-il. « Bien que merveilleux, il ne faut pas oublier que c’est un métier très physique et compliqué notamment à cause de la poussière. Je pense qu’il faut être uniquement passionné pour pouvoir faire ce métier. C’est vraiment un kiff avant tout le reste sinon ça ne peut pas le faire, je ne pense pas qu’on tienne sans être fait pour ça. »

    Ayant à cœur de faire rayonner l’artisanat, l’Atelier Bidal a été labellisé Entreprise du patrimoine vivant (EPV) par le ministère de l’Économie, des Finances et de l’Emploi en 2008. Il s’agit de l’unique entreprise dans les métiers de la pierre à avoir reçu cette distinction dans le Vaucluse.

  • Une journée gratuite pour « Manger les images »

    Une journée gratuite pour « Manger les images »

    Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y a de la gourmandise dans l’air au Mucem depuis mercredi (voir notre édition du 29 octobre). Effluves de sucre et autres douceurs attendent petits et grands ce dimanche à partir de 14h pour une célébration familiale autour de la nouvelle exposition, « Manger les images », qu’il faudra, pour l’occasion, prendre au pied de la lettre.

    Conférences et masterclass gourmandes

    Écouter, regarder, fabriquer et déguster sont les maîtres mots de cette journée. Dès l’entrée dans le hall J4, le ton est donné avec Ouidino, qui propose un stand de barbes à papa artisanales. Des douceurs qui relèvent autant de la gourmandise et du souvenir d’enfance que de l’œuvre d’art, puisque chacune d’elles sera façonnée et sculptée pour devenir un petit bijou pour les yeux comme pour les papilles.

    Le tout sera accompagné d’une sélection musicale de Dizonord, qui a choisi pour l’occasion les vinyles aux pochettes les plus appétissantes. Sans oublier les ateliers de design culinaire « Sculpture à dévorer », accessibles à tous et proposés par l’association En Chantier et le studio Mille Feuilles. L’objectif : modeler des créations comestibles avant de les faire disparaître… dans la bouche !

    Parmi les temps forts de l’après-midi, un cycle de conférences et de masterclass animé par Laurène Petit, journaliste et écrivaine, réunira pâtissières, artistes et designeuses culinaires. Chaque intervention sera suivie d’une dégustation.

    L’art n’est pas fait que pour être contemplé

    Pour rappel, l’entrée étant gratuite dans les musées marseillais chaque premier dimanche du mois, l’ensemble des animations ainsi que l’exposition, installée au deuxième étage du bâtiment, seront en accès libre.

    Le parcours artistique rassemble pas moins de 350 œuvres, dont environ 250 proviennent directement des collections du Mucem. Parmi elles figurent des pièces rares, habituellement conservées dans les chambres froides du musée. On y découvre notamment une importante collection de gâteaux et de pains figurés, qui invite les visiteurs à porter un regard différent sur les images qui accompagnent notre quotidien. Ces dernières influencent aussi nos croyances et nos rites, rappelant qu’elles ne sont pas uniquement faites pour être contemplées.

    Dimanche à partir de 14h. Gratuit.

  • À Toulon, pas de marrons, mais une bonne châtaigne

    À Toulon, pas de marrons, mais une bonne châtaigne

    Une journée placée sous le signe des saveurs locales, de l’artisanat et des animations pour petits et grands.

    Avec au programme, entre autres, des ateliers ludiques sur la place de l’Opéra et des déambulations artistiques.

    Au total, 35 exposants accueilleront toute la journée derrière leurs stands les visiteurs. Avec en prime la réconfortante odeur de la châtaigne grillée qui va s’emparer des rues de la cité. L’occasion d’en déguster quelques-unes en arpentant le pavé, avec au cœur comme un avant-goût d’hivers mais avec presque 20° au thermomètre.

  • [Kallisté] Intempéries en Corse : après les pluies, le temps de la solidarité

    [Kallisté] Intempéries en Corse : après les pluies, le temps de la solidarité

    À Solenzara, plus de 640 millimètres de pluie sont tombés au cours de cet épisode, dont 538,5 millimètres en seulement six heures. Des précipitations historiques qui ont provoqué d’importantes inondations dans plusieurs communes.

    Malheureusement, ces intempéries ont également coûté la vie à un homme de 65 ans à Ghisonaccia, emporté par les eaux alors qu’il se trouvait dans son véhicule.

    Au-delà des dégâts matériels, on pense évidemment aux familles touchées, à celles qui ont vu leur maison inondée, leurs biens endommagés et qui vont devoir engager d’importants travaux pour retrouver une vie normale.

    Dans ces moments difficiles, la solidarité prend tout son sens. Les pompiers, les agents des collectivités, les services de secours et de nombreux habitants se sont mobilisés pour venir en aide aux sinistrés.

    Un engagement qu’il faut saluer

    Ces événements nous rappellent aussi les conséquences du dérèglement climatique. Si l’on ne peut pas attribuer un épisode météorologique isolé au changement climatique sans étude spécifique, on sait que le réchauffement favorise des pluies extrêmes plus intenses. Espérons que de telles catastrophes ne deviennent pas une habitude pour la Corse et ses habitants.

    Mais face à cette menace, il est indispensable de renforcer les moyens consacrés à la prévention des risques, à l’entretien des infrastructures et à la protection des populations. Car au-delà de l’urgence, c’est aussi notre capacité à anticiper et à protéger les habitants qui est en jeu.

    Aujourd’hui, il faut espérer que les communes et les habitants touchés pourront bénéficier rapidement de tout l’accompagnement nécessaire pour faire face aux conséquences de ces intempéries.

    Une pensée particulière pour la famille de la victime et pour toutes celles et ceux qui traversent cette épreuve.

  • [Les espèces qui peuplent nos parcs] Parc des écrins. La reine des Alpes

    [Les espèces qui peuplent nos parcs] Parc des écrins. La reine des Alpes

    Mais comme ce surnom ne l’indique pas, les feuilles bordées de dents légèrement épineuses ne piquent pas. Cette belle à l’incroyable couleur bleu-violet peut vivre une centaine d’années. Son environnement se modifie les prairies où le fauchage régulier lui assurait sa reproduction cède la place à des forêts. D’où le soin particulier que lui accorde le parc.

  • [Mémoire de déportation] Denise Toros-Marter. « J’avais 16 ans à Pitchipoï »

    [Mémoire de déportation] Denise Toros-Marter. « J’avais 16 ans à Pitchipoï »

    Témoignage livré en 2008

    À mes parents, afin que ce livre devienne la sépulture qu’ils n’ont jamais pu recevoir.

    Au lycée Montgrand, on nous fait bientôt apprendre et chanter « Maréchal, nous voilà ! », et lors du passage à Marseille du vieux monsieur de qui la France attend beaucoup, les lycéens vont l’acclamer sur le cours Pierre-Puget.

    Nous ne doutions pas que le « vainqueur de Verdun* », ainsi qu’on le vénérait, allait servir sur un plateau 76 000 Juifs à Hitler pour les faire massacrer dans des conditions jamais égalées à ce jour, en même temps que les Tziganes, les opposants au régime hitlérien (socialistes, communistes, gaullistes) ou tout simplement les jeunes réfractaires au Service du travail obligatoire**.

    Les nazis avaient commencé par éradiquer, en utilisant les gaz d’échappement ou les piqûres***, les jeunes allemands arriérés mentaux ainsi que les « mongoliens » ne jouissant pas de toutes leurs facultés. C’est ainsi que débuta la première partie de leur projet de voir un peuple allemand pur et sain, exempt de toute « tare raciale ».

    Commença aussi en Allemagne l’aryanisation des jeunes populations : ceux qui présentaient une « dégénérescence » aux yeux des spécialistes de la « race supérieure » devaient être supprimés pour ne laisser place qu’aux races dites « supérieures ».

    À Marseille, l’approvisionnement commence à se faire rare. Apparaissent alors les premières opérations de troc pour se nourrir : « Je te donne des chaussures, apporte-moi des pommes de terre », « Je te passe un peu d’essence pour ta voiture, fais-moi livrer du charbon. » Débute, hélas, le système de la débrouille, oui, mais nous, c’est pour subvenir aux besoins de notre famille, ce n’est pas pour faire de l’argent sur le dos des autres… comme certains qui font du « marché noir**** ».

    * Philippe Pétain (1856-1951), maréchal de France au lendemain de la Première Guerre mondiale, où il s’illustra comme le vainqueur de la bataille de Verdun (1916) et chef des armées (1917). Après la débâcle française de 1940, Pétain est appelé à la présidence du Conseil le 16 juin 1940. Il demande l’armistice et, le 10 juillet 1940, obtient du Parlement, réuni à Vichy, les pleins pouvoirs.

    ** Il est instauré par le régime de Vichy par la loi du 16 février 1943 pour fournir de la main-d’œuvre aux usines du IIIe Reich, dans le cadre de la politique de collaboration de l’État français avec l’Allemagne nazie.

    *** Avant l’utilisation du Zyklon B (puissant insecticide composé d’acide cyanhydrique) dans les chambres à gaz, les nazis ont employé le monoxyde de carbone émis par des moteurs diesel pour les destructions de masse. Les piqûres auxquelles fait allusion Denise sont un moyen d’assassinat consistant en une injection de phénol directement dans le cœur des victimes.

    **** Désigne le commerce illicite pratiqué alors que les denrées sont rationnées et les prix contrôlés par les autorités afin de répartir plus équitablement les productions.

    à suivre la semaine prochaine…

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino. Le combat syndical contre l’impérialisme

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino. Le combat syndical contre l’impérialisme

    Ainsi, tout convergeait pour mettre en échec les fauteurs de guerre et, de fait, une 3e guerre mondiale serait écartée, la paix reviendrait au Vietnam et en Corée.

    Ceux qui croyaient avoir réduit la classe ouvrière à l’impuissance après la scission, pensant qu’elle était incapable d’avoir des forces pour secouer la misère, et qui luttaient contre la paix, constatèrent que les travailleurs n’acceptaient plus de jeûner dans leur propre intérêt et ce que les gouvernements redoutaient le plus, ce n’était pas la misère des ouvriers, mais les manifestations de leur colère !

    Ce qui est certain, c’est que sans la lutte incessante et courageuse de la classe ouvrière, sans les progrès sensibles réalisés dans l’unité d’action, cette situation aurait été encore plus sombre. Pressés par leur maître américain, nos gouvernants recherchaient de nouvelles méthodes pour imposer leur politique impopulaire. Le seul moyen pour parvenir à leur fin, c’était les atteintes à la démocratie sociale. Ils s’orientaient de plus en plus vers un autoritarisme d’État. Le droit de grève était battu en brèche. De Gaulle proclamait dans chacun de ses discours sa prétention d’amoindrir le rôle des syndicats et de les remplacer par un système de cogestion et de participation… qu’il baptisa association Capital-Travail.

    Exploitation des travailleurs des pays d’outre-mer

    Les travailleurs savaient que le grand patronat finançait la propagande démagogique et mensongère des représentants des classes possédantes par les profits réalisés sur la misère. C’était bien évident, et personne ne peut rien contre cela, la classe ouvrière défendait son pain, ses libertés et la paix avec le même soin, la même ardeur qu’elle apportait dans ses luttes quotidiennes.

    Les délégués à ce congrès dirent de quelle façon s’était aggravée leur propre situation au fur et à mesure que les impérialistes français transformaient leur pays en base militaire. La politique de guerre développe la misère, comme le dénonçait le délégué de Conakry. Les délégués ouvriers CGT étaient chassés des administrations, comme Abdoulaye Dialo, parce qu’il était vice-président de la FSM, Sekouroum et tant d’autres.

    Nous recevions des appels pathétiques de nos camarades de la Martinique, de Madagascar, du Maroc, de l’Algérie, où les travailleurs réagissaient contre l’impérialisme. Leurs écrits, leurs déclarations montraient que tous ces pays accordaient une confiance absolue à la CGT et à la FSM.

    Dans le but de combattre cette influence et de duper les travailleurs de ces pays pour les entraîner dans une politique de guerre, les impérialistes usaient de leurs moyens habituels : la répression et la division.

    à suivre la semaine prochaine…

  • [Chroniques méditerranéennes] Javier Milei et Jordan Bardella en mission trumpiste

    [Chroniques méditerranéennes] Javier Milei et Jordan Bardella en mission trumpiste

    L’adepte des coupes à la tronçonneuse dans les dépenses publiques s’est livré, mercredi, depuis le Casino de Madrid, à un déversement de haine à l’encontre de Pedro Sanchez, le chef du gouvernement, le traitant d’« imprésentable dictateur, délinquant, voleur, corrompu… ». Dans la foulée, le « dingo » argentin, qui est visiblement venu chercher la confrontation, a exhorté à « sortir les socialistes à coups de pied ». On pourrait rire de ses saillies, quoique, s’il n’était le président d’un des principaux pays d’Amérique latine, peuplé de 46 millions d’habitants, où il applique une politique de destruction des services publics faisant de la tronçonneuse le symbole de sa politique économique. On peut aussi rappeler ses propos lors d’un discours au Forum de Davos, où il a affirmé que « le féminisme, la diversité, l’inclusion, l’équité, l’immigration, l’avortement, l’idéologie du genre, sont différentes têtes du même monstre ». Une politique qui le rapproche de l’extrême droite européenne, et de Trump, son mentor, et que le Parti Populaire et Vox en Espagne voudraient mettre en place s’ils gagnent les élections générales du 29 novembre.

    Clairement, Javier Milei, tout comme Jordan Bardella le président du RN en France, venu le 12 octobre à Ceuta rencontrer et soutenir le leader de Vox, Santiago Abascal, sont les deux représentants d’une internationale fascisante qui opère en terre ibérique une ingérence visant à aider politiquement les forces les plus réactionnaires. Ils veulent en finir avec un gouvernement de gauche qui a placé l’Espagne en tête des pays européens au niveau de la croissance. Un gouvernement qui a augmenté régulièrement le salaire minimum et les pensions, qui a reconnu, parmi les premiers, l’État palestinien, qui s’est opposé à Trump en interdisant l’utilisation des bases américaines en Espagne à des fins guerrières, qui a étendu les droits sociaux des travailleurs, qui a mis en place une politique de l’immigration pragmatique et humaine en régularisant des dizaines de milliers de migrants… Démontrant que l’immigration n’est pas un poids pour la société, mais un atout économique, social et culturel.

    Quand Jordan Bardella vient en Espagne, pour décrire Ceuta comme étant « le futur de l’Europe si les frontières ne sont pas mieux contrôlées » rejoignant ainsi son alter ego Santiago Abascal qui parle d’« invasion », accusant Madrid de ne pas défendre les frontières, le dirigeant du RN vient renforcer le discours sécuritaire du néofranquiste avant les élections législatives. Cette rencontre visait à montrer notamment l’existence d’un réseau d’alliés européens d’extrême droite en cas de victoire de Marine Le Pen.

    Quand Javier Milei, qui a parlé cette semaine également d’« invasion des étrangers en Espagne » en ajoutant que « les femmes ne peuvent plus sortir seules dans les rues des principales villes », le président argentin vient également renforcer le discours sécuritaire de l’extrême droite et de la droite espagnole à quelques semaines du vote. Une ingérence inadmissible, d’une rare agressivité de la part de dirigeants et responsables politiques d’autres pays en visite en Espagne. Trump et Netanyahou doivent être satisfaits de la prestation de leurs missionnaires.

    Journaliste, président de l’Association pour le souvenir de l’exil républicain espagnol (Aseref)