Tag: Fabien Roussel

  • Roussel – Lisnard deux visions qui s’opposent

    Roussel – Lisnard deux visions qui s’opposent

    D’un côté, Fabien Roussel, le communiste. De l’autre David Lisnard, l’ultralibéral. Tous deux réunis sur le terrain de Roland-Garros par le Medef. Interrogés sur les décisions à prendre pour que la France produise plus, le secrétaire national du PCF, propose de « planifier la réindustrialisation de notre pays et d’arrêter le “stop and go” ». Pour permettre aux entreprises d’avoir de la « lisibilité », notamment en ce qui concerne l’énergie. Un « avantage compétitif énorme » pour reconstruire une « industrie forte et utile ».

    De son côté, le maire de Cannes et président de l’Association des maires de France (AMF) estime que l’« [on] a trop administré l’économie ». Dès lors, il énumère ses propositions presque caricaturales : « libérer le capital et le travail (…) l’industrie, le foncier, lutter contre l’artificialisation des sols », rendre « la fiscalité et les charges compétitives ». Sous les applaudissements des patrons, il plaide pour toujours moins d’impôts, appelant à « cotiser moins pour gagner plus ». « On a le record du monde de la dépense publique, des impôts et des charges », renchérit le président de Nouvelle Énergie. Ce fan revendiqué du président d’extrême droite libertarien argentin Javier Milei, pousse le train jusqu’au bout : « le soviétisme ça n’a jamais marché », raille-t-il.

    Face à une audience qui lui est peu favorable, le chef des communistes intime les patrons à « produire plus », rappelant que les aides publiques aux entreprises ont atteint 211 milliards d’euros en 2023. S’il n’est pas contre ces aides, il veut les conditionner : « à la relocalisation et à la création d’emplois en France », impulser un choc d’investissement massif, en particulier dans la formation. Et ce, afin de « reconstruire une France industriellement forte » et souveraine.

  • Le Medef invite Roussel et Lisnard à débattre

    Le Medef invite Roussel et Lisnard à débattre

    C’est sur le court Philippe-Chatrier que les deux hommes politiques aux visions radicalement opposées échangeront. Le Medef organise lors de son université d’été, la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF), un débat entre Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste français et le très libéral David Lisnard, président de Nouvelle Énergie, maire de Cannes et président de l’Association des maires de France (AMF) sur le thème « le courage de produire » de 12h05 à 12h30. Ils répondront ainsi, en quelques minutes, à cette question centrale et cruciale : « comment redonner à la France l’envie, les moyens et la capacité de produire ? »

    Cette séquence s’inscrit dans une volonté de l’organisation patronale de peser dans la campagne pour l’élection présidentielle de 2027. Dans son discours introductif, le président du Medef Patrick Martin a rappelé, comme un avertissement : « nous sommes nombreux et, dans nos entreprises et autour, on nous écoute, on nous fait confiance plus que jamais dans l’Histoire. N’oublions jamais la puissance de notre collectif avec ses 240 000 entreprises qui emploient 12 millions de salariés, partout en France ». Il insiste : « nos convictions sont libérales (…), nous voulons un programme présidentiel de libertés », a-t-il dit, rejetant « la collusion, la collision des prophètes de malheur » et enjoignant à « faire voler en éclat le carcan qui étouffe notre pays et libérer son énergie et ses ambitions ».

    Pour clôturer son événement, le Medef a invité, toujours sur le court central de Roland-Garros, sept des – très nombreux – candidats déclarés à l’élection présidentielle à répondre aux questions de cinq chefs d’entreprise à partir de 16h45. À savoir : Gabriel Attal, Raphaël Glucksmann, Marine Tondelier, Jean-Luc Mélenchon, Édouard Philippe, Bruno Retailleau et Marine Le Pen. Ces derniers réagiront par ailleurs aux résultats de la consultation lancée par le Medef en association avec Opinion Way.

  • À Toulouse, Fabien Roussel veut réparer une France abîmée par 10 ans de macronisme

    À Toulouse, Fabien Roussel veut réparer une France abîmée par 10 ans de macronisme

    Ovationné ce samedi en fin de journée par les participants à l’université d’été du PCF, réunis dans le grand amphithéâtre du Mirail à Toulouse, Fabien Roussel revendique « le droit au bonheur, de pouvoir vivre heureux, ensemble, à égalité, en paix ». « Nous sommes des optimistes debout », lance-t-il comme un défi au fatalisme ambiant à gauche en vue de la présidentielle de 2027.

    Tout en rappelant le vote des adhérents du PCF programmé du 3 au 6 septembre et qui devrait signer son entrée en campagne juste avant la Fête de l’Humanité, le voilà déjà en habits de candidat. « Chez nous aussi c’est carré, la démocratie en plus. Ce n’est pas rien », glisse-t-il. Si les militants valident sa candidature, c’est Ian Brossat qui dirigera sa campagne, annonce-t-il.

    « Qui doit décider de l’avenir du pays ? Une poignée de milliardaires avec un gouvernement de valets ou le peuple ? Notre combat est démocratique nous voulons redonner le pouvoir à celles et ceux qui créent, qui produisent les richesses », martèle le communiste promettant de « renverser la table » dans une France abîmée par 10 ans de macronisme. « 10 ans de Macron, c’est 10 ans de libéralisme qui s’ajoutent au libéralisme d’avant, 10 ans d’une montée inéxorable de l’extrême droite. Notre pays est divisé, abîmé. La gauche a la responsabilité de redevenir majoritaire d’être capable de rassembler, nous entendons jouer tout notre rôle pour cela », assure-t-il, convaincu que les différentes forces progressistes doivent mobiliser chacune leur électorat au premier tour, tant leur poids cumulé aujourd’hui est historiquement faible.

    Dénonçant tour à tour, l’inflation galopante, le blocage des salaires, l’instrumentalisation de la dette pour justifier la préparation d’un budget d’austérité, Fabien Roussel appelle à se joindre aux mobilisations de la rentrée pour s’opposer à « cette boucherie » et porter une autre politique.

    Pour lui, « redonner du sens au travail, à la production c’est aussi penser au climat, à la nouvelle industrie que nous devons bâtir et s’entourer de services publics qui fonctionnent ».

    « La canicule est une violence de classe, on ne suffoque pas de la même manière selon là où l’on vit et travaille. Les riches ne meurent pas sous la chaleur », assène-t-il en exigeant une commission d’enquête sur les « 7300 morts de cet été, c’est un bilan provisoire. Nous voulons connaître la réalité sociale de ces terribles chiffres, quel était leur niveau de vie ? ».

    Le communiste souhaite également un complet changement de politique internationale de la France. « Il faut avoir le courage de dire stop à cette économie de guerre qui fait tant de mal à notre peuple » affirme-t-il tout en rejetant « le choix d’une Europe fédérale dans laquelle la voix des nations se perd ».

    Il exhorte la France a sortir de son « double jeu sur la Palestine en reconnaissant, d’un côté, un État et en le laissant disparaître de l’autre » et fait acclamer debout la « solution à deux États » mais aussi la solidarité avec le peuple cubain victime du blocus des États-Unis. De quoi ajouter El Pueblo Unido Jamás Será Vencido à l’Internationale pour conclure cette allocution de rentrée.

    Tradition au PCF, la journée se termine par un grand banquet fraternel. Comme un avant-goût de cette France où Fabien Roussel veut « pouvoir vivre, heureux, ensemble, à égalité, en paix ».

  • La direction communiste renouvelle son exécutif

    La direction communiste renouvelle son exécutif

    Suite logique du XLe congrès qui s’est tenu début juillet à Lille, la direction communiste nouvellement élue s’est dotée, lors de sa première réunion en marge de l’université d’été du PCF, d’un exécutif remanié.

    Composé à parité, il compte 36 membres*. Sa moyenne d’âge se situe à 48 ans. 16 membres sortants n’ont pas été reconduits et 16 autres changent de responsabilité.

    Parmi les principales responsabilités, Igor Zamichiei est en charge de la vie du parti, Christophe Grassullo de la trésorerie, Charlotte Balavoine de l’international, Cécile Cukierman des élections, Frédéric Mellier du monde du travail ou encore Léon Deffontaines de la communication.

    Cinq membres issus de nos régions

    Dans le sud de la France, Jérémy Bacchi (Bouches-du-Rhône) se voit confier le projet communiste, Sophie Delfino (Hautes-Alpes) le suivi des nouvelles adhésions, Clara Gimenez (Hérault) le développement des cellules, Patricia Tejas (Vaucluse) l’économie et Sylvie Vinceneux (Var) le logement.

    Enfin, Pierre Dharréville continuera d’animer la commission culture nationale mais ne sera plus membre du CEN.

    *Liste complète sur lamarseillaise.fr

  • Le nouvel exécutif national du PCF

    Le nouvel exécutif national du PCF

    Suite logique du 40e congrès qui s’est tenu début juillet à Lille, la direction communiste nouvellement élue s’est doté, lors de sa première réunion en marge de l’université d’été du PCF, d’un exécutif remanié. La liste proposée a été élue avec 108 voix pour (89%), 13 contre et 10 abstentions.
    Composé à parité, il compte 36 membres. Sa moyenne d’âge se situe à 48 ans. 16 membres sortants n’ont pas été reconduits et 16 autres changent de responsabilité.

    Fabien Roussel (59) Secrétaire national Reconduit au CEN

    Jérémy Bacchi (13) Projet communiste ; suivi Provence-Alpes-Côte d’Azur Reconduit au CEN

    Charlotte Balavoine (93) International, déploiement des campagnes auprès des fédérations Entrée au CEN

    Amar Bellal (35) Écologie Reconduite au CEN

    Hélène Bidard (75) Relations avec le Parti de la gauche européenne (PGE) Reconduite au CEN

    Stéphane Bonnéry (94) Coordination du CEN, lien au CN, suivi des commissions nationales et coordination des revues Reconduit au CEN

    Vincent Boulet (75) Politique de paix, de défense et relations avec les partenaires internationaux Reconduit au CEN

    Ian Brossat (75) Porte-parolat, suivi Île-de-France Reconduit au CEN

    Fanny Chartier (75) Développement des pratiques militantes Entrée au CEN

    Taylan Coskun (93) Coordinateur des moyens institutionnels et juridiques Reconduit au CEN

    Cécile Cukierman (42) Élections, institutions et collectivités Reconduite au CEN

    Léon Deffontaines (80) Communication et suivi des Hauts-de-France Reconduit au CEN

    Sophie Delfino (05) Suivi des nouvelles adhésions Entrée au CEN

    Bénédicte Dupont (59) Discussion à finaliser Entrée au CEN

    Fabien Gay (93) Directeur de L’Humanité Reconduit au CEN

    Clara Gimenez (34) Développement des cellules Reconduite au CEN

    Marie-Jeanne Gobert (14) Médiation et règlement des conflits Reconduite au CEN

    Christophe Grassullo (94) Trésorier national Reconduit au CEN

    Gladys Grelaud (29) Ruralités et suivi Bretagne Reconduite au CEN

    Fatima Khallouk (94) Handicap Entrée au CEN

    Pierre Lacaze (31) Relations extérieures ; relations avec les groupes parlementaires et les partis ; suivi Occitanie et relations avec l’Outre-mer Reconduit au CEN

    Céline Lecat (62) Campagnes de solidarité concrète Entrée au CEN

    Véronique Mahé (44) Lien avec les fédérations Reconduite au CEN

    Frédéric Mellier (33) Entreprises et lieux de travail Entrée au CEN

    Yannick Monnet (03) Affaires sociales Reconduit au CEN

    Özer Öztorun (94) Politique des cadres et quartiers populaires Entrée au CEN

    Nadège Plaineau (50) Discussion à finaliser Entrée au CEN

    Léna Raud (93) Jeunesse Entrée au CEN

    Guillaume Roubaud-Quashie (92) Mouvement des idées ; Président de la Fondation Gabriel Péri Reconduit au CEN

    Aymeric Seassau (44) Relations avec les syndicats Reconduit au CEN

    Patricia Tejas (84) Économie, Finances publiques Reconduite au CEN

    Muriel Ternant (90) Éducation et suivi Bourgogne-Franche-Comté Reconduite au CEN

    Sylvie Vinceneux (83) Logement Entrée au CEN

    Shirley Wirden (75) Droits des femmes et féminisme Reconduite au CEN

    Bora Yilmaz (54) Lutte contre le racisme et l’antisémitisme et suivi Grand-Est Entrée au CEN

    Igor Zamichiei (75) Vie du Parti Reconduit au CEN

    Membres invités

    Bastien Bonnargent (75) Secrétaire général du Mouvement des jeunes communistes de France (MJCF)

    Stéphane Peu (93) Président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) à l’Assemblée nationale

    Philippe Rio (91) Président de la Coopérative des élu·es communistes, républicain·es et citoyen·nes

    Camille Mongin (29) Secrétaire nationale de l’Union des étudiants communistes (UEC)

  • [Tribune] Verdun ou Waterloo pour Fabien Roussel et le PCF ?

    [Tribune] Verdun ou Waterloo pour Fabien Roussel et le PCF ?

    En se déclarant candidat « jusqu’au bout », malgré des sondages particulièrement défavorables, Fabien Roussel a franchi le Rubicon. Le choix est logique : une candidature sous conditions serait condamnée avant même d’avoir commencé. Mais il est aussi terriblement périlleux. Pour le secrétaire national du PCF, 2027 peut être l’élection de la reconquête. Elle peut aussi devenir celle de l’effacement.

    Verdun ou Waterloo ? L’image est forte, mais elle résume l’enjeu. Verdun, s’il parvient à tenir, reconquérir du terrain et démontrer qu’un parti centenaire possède encore une fonction politique propre. Waterloo, si une candidature enfermée à 2 ou 3% transforme l’élection en défaite stratégique et pose la question de la survie du PCF comme force nationale autonome.

    Le premier danger serait de refaire 2022 « en mieux ». Emploi, salaires, industrie, énergie, services publics, taxation du capital : ces combats restent capitaux. Mais ils ne suffisent plus à construire une identité présidentielle.

    Une présidentielle ne donne pas l’avantage à celui qui possède le catalogue le plus fourni. Elle distingue celui qui parvient à incarner une idée simple du pays et de son avenir.

    D’autant qu’à mesure que l’échéance approchera, la pression du « vote utile » deviendra redoutable si le RN paraît en mesure de conquérir l’Élysée et si Roussel reste très bas. Il devra alors répondre chaque matin à la même question : « Pourquoi êtes-vous encore là ? » Or une campagne ne peut survivre longtemps sur la défensive.

    Il faut donc inverser la question : non plus expliquer pourquoi Roussel se présente, mais démontrer pour quoi sa candidature est nécessaire.

    Passer du programme
    au dessein…

    Pour exister dans une présidentielle, il faut être le nom de quelque chose. Le Pen et Mélenchon, chacun dans un registre radicalement différent, incarnent immédiatement une rupture, le dégagisme. D’autres chercheront à représenter la continuité, le dépassement du macronisme et le barrage au RN. C’est le cas d’Édouard Philippe. Mais Roussel ?

    C’est là que se situe son défi : passer du programme au dessein.

    Non pas 300 promesses, mais une douzaine de grands engagements dessinant la France de 2037 et au-delà : industrielle, instruite, productive, écologique, indépendante, solidaire et pacifique.

    Un pacte populaire de confiance pour un progrès partagé pourrait donner une architecture à cette ambition, à condition de ne jamais devenir un catalogue supplémentaire.

    Prenons la jeunesse. Au lieu d’additionner les mesures, pourquoi ne pas fixer une ambition nationale : mobiliser toutes les forces vives de la Nation pour faire de la jeunesse française la mieux éduquée, formée et cultivée ? École, université, formation professionnelle, culture, sport, santé, logement et emploi cesseraient d’être des dossiers juxtaposés pour devenir les composantes d’un même projet.

    La gauche parle beaucoup des moyens de l’Éducation nationale. Elle parle moins des destinataires : les jeunes et de la France qu’elle veut construire grâce à l’éducation. C’est un espace politique à conquérir.

    Reconquérir le peuple sans courir derrière le RN. L’autre bataille est celle du monde du travail qui s’est éloigné du PCF. L’erreur serait de reprendre quelques thèmes du RN en espérant récupérer mécaniquement ses électeurs. Fabien Roussel pourrait proposer une réponse propre à une demande devenue centrale : la protection.

    Protection du salaire et de l’emploi. Protection face aux déserts médicaux, aux factures énergétiques, au déclassement des territoires et à l’insécurité quotidienne. Protection, enfin, contre le sentiment que les décisions essentielles sont prises sans les citoyens.

    C’est peut-être là que le PCF peut retrouver une part de son identité historique : être à la fois le parti du travail et celui de la protection populaire et celui de l’innovation civilisationnelle.

    Une politique innovante concernant les seniors (catégorie toujours mobilisée par une élection) peut l’illustrer aux yeux des citoyens. Pourquoi continuer à les regarder seulement à travers les retraites, la dépendance et le coût du vieillissement ? Les retraités possèdent des compétences professionnelles, artisanales, techniques ou culturelles. Tutorat des jeunes, transmission des métiers, accompagnement scolaire, vie associative, soutien aux petites communes : le vieillissement peut aussi devenir une force française, mise en œuvre par un ministère des seniors, être l’expression concrète de la solidarité active élevée au rang de politique de vie en commun.

    Ainsi apparaîtrait une différence essentielle : ne pas seulement proposer de redistribuer autrement les richesses, mais organiser autrement la société.

    Jeunesse. Travail et salaires. Industrie. Santé. Logement. Énergie. Alimentation. Écologie. Ruralité et territoires. Seniors. Démocratie. Paix et politique internationale.

    Ces batailles nationales peuvent suffire, chacune assortie d’engagements compréhensibles, financés et vérifiables, mais surtout d’un objectif à dix et 20 ans. La présidentielle retrouverait ainsi sa fonction première : choisir non seulement un gestionnaire, mais une direction pour le pays.

    Cette ambition peut aussi s’enraciner dans les territoires. Faire émerger dans les circonscriptions des femmes et des hommes chargés de porter localement le pacte permettrait de relier présidentielle et législatives. Pendant que Fabien Roussel mènerait la bataille nationale, plusieurs centaines de visages mèneraient la bataille locale : usine menacée ici, désert médical là, école, agriculture, transports ou logement ailleurs.

    Même un résultat présidentiel modeste pourrait alors produire quelque chose : militants remobilisés, nouveaux adhérents, candidats identifiés, réseaux reconstruits. La présidentielle ne serait plus seulement une bataille électorale. Elle deviendrait le premier acte d’une reconquête territoriale.

    Alors, Verdun ou Waterloo ?

    Fabien Roussel et le PCF partent de loin. Le chemin vers le second tour paraît aujourd’hui extrêmement étroit. Mais le premier défi n’est pas encore celui des pourcentages : il est de rendre la candidature du dirigeant communiste politiquement nécessaire.

    S’il reproduit une campagne communiste classique, additionnant revendications sociales, nationalisations, hausses de salaires et taxation du capital, il risque d’être broyé entre Mélenchon, le vote utile et le RN. S’il court derrière ses adversaires, il disparaîtra derrière eux.

    S’il transforme en revanche sa candidature en proposition d’un nouveau contrat national, appuyé sur un Pacte, articulant question sociale, production, écologie, éducation, sécurité quotidienne, souveraineté démocratique et paix, il peut rouvrir un espace.

    Car l’enjeu dépasse le score de Fabien Roussel. Il tient en une question : le PCF est-il encore capable d’incarner un nouveau dessein national ?

    Waterloo, si cette présidentielle n’est que la répétition des précédentes.

    Verdun, si 2027 devient le point de départ d’une reconquête politique, populaire et territoriale.

    Entre les deux, il reste un chemin : surprendre, innover et donner à nouveau envie de croire qu’une France nouvelle est possible.

  • La présidentielle au cœur des universités d’été

    La présidentielle au cœur des universités d’été

    C’est le rendez-vous qui amorce la rentrée politique : insoumis et écologistes lancent ce jeudi, pour la gauche, la saison des universités d’été, suivis par les communistes vendredi et les socialistes la semaine suivante. Cette grand-messe réunit chaque été élus, militants et sympathisants autour de débats structurants pour les partis, des ateliers et des formations. À huit mois de l’élection présidentielle, le sujet s’impose comme central pour les différents rassemblements. D’autant que pour les forces de gauche, les stratégies divergent.

    Les Verts, eux, prévoient une soirée dès l’ouverture jeudi de leurs Journées des écologistes, « pour l’écologie, pour l’union » : « En 2027, la France fera face à un choix décisif. (…) Pour empêcher l’extrême droite d’arriver au pouvoir et faire gagner la gauche et les écologistes, nous devons construire l’union de toutes celles et ceux qui veulent ouvrir une autre voie pour le pays », écrivent-ils sur leur site. La secrétaire nationale du parti a annoncé sa candidature à une primaire unitaire de la gauche – celle-ci étant quasi enterrée. Une enquête d’opinion interne confirme : 65,13% des votes exprimés soutiennent qu’en cas d’échec de la primaire, Marine Tondelier serait leur candidate.

    Cette option de la primaire réunissant la gauche et les écologistes était soutenue et portée par la patronne des Verts et le Premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Mais ce dernier a été mis en échec dans son propre camp : 55,5% des militants ont voté pour une primaire fermée, réservée aux socialistes et aux « organisations politiques se reconnaissant comme faisant partie du pôle socialiste », à savoir, Place publique de Raphaël Glucksmann. La date du scrutin sera adoptée en Conseil national le 25 août, soit trois jours avant le CamPus à Blois. Ce lundi, le parti a fait un pas de plus en dédiant un site internet à son « Projet socialiste », le programme que portera son ou sa candidate.

    De son côté, le PCF, qui a reconduit Fabien Roussel à sa tête, veut porter sa propre voix en 2027. « J’ai dit que j’étais prêt, si vous le décidiez, à mener ce combat avec vous une nouvelle fois », a confirmé ce dernier dans son discours d’ouverture du 40e Congrès des communistes à Lille en juillet dernier. Les militants doivent officiellement entériner la candidature de leur secrétaire national lors d’un vote prévu le 6 septembre prochain. La question élyséenne sera évoquée lors des universités d’été à Toulouse, avec un débat entre les différentes forces de gauche samedi, et un atelier « comment faire gagner la gauche en 2027 ? ».

    Lutte contre l’extrême droite

    Pas de surprise du côté de LFI qui se projette déjà dans la campagne avec une formation dispensée lors de ses Amfis dédiée à « rechercher les 500 parrainages pour l’élection présidentielle ». Son leader, Jean-Luc Mélenchon, candidat pour la quatrième fois à l’élection suprême donnera un grand meeting ce dimanche pour clôturer l’événement à Valence.

    Si elles partent désunies, les organisations politiques affichent un but commun : empêcher l’extrême droite d’accéder au pouvoir. Car le risque n’a jamais été aussi grand de voir les prêcheurs de haine au palais de l’Élysée. Ainsi, les insoumis proposent samedi une conférence intitulée « contre l’extrême droite, la Nouvelle France contre toutes les formes de racisme ». Le même jour, les Écologistes invitent à « repenser la riposte numérique face à l’extrême droite ». Le lendemain, les communistes proposeront une analyse sur le thème suivant « extrême droite : réalités et dynamiques électorales ». Quand le PS questionnera : « Quels sont les ressorts du récit du Rassemblement national ? Comment les contrer ? », la semaine d’après.

    « Nous devons construire l’union de toutes celles et ceux qui veulent ouvrir une autre voie pour le pays »

  • Une délégation du PCF s’est rendue en Palestine

    Une délégation du PCF s’est rendue en Palestine

    Pour Sylvain André, le voyage en Palestine n’était pas une première. Le maire communiste avait déjà participé à un périple organisé par l’Association France-Palestine solidarité en 2014 où il avait déjà pu mesurer la colonisation de la Cisjordanie par Israël. « À l’époque, j’avais visité plus de villages et la situation était déjà dramatique. Mais la situation s’est profondément aggravée. Il y a eu plus de créations de colonies en trois ans que depuis 1967. Ce chiffre a été confirmé par le vice-consul de France », explique l’élu gardois qui représentait la Coopérative des élus communistes, républicains et citoyens.

    Pendant cinq jours, Sylvain André a en effet accompagné une délégation du PCF composée notamment de Vincent Boulet, responsable du secteur international du PCF et de la sénatrice Silvana Silvani. Ils ont ainsi visité Ramallah, Jérusalem et Naplouse où ils ont rencontré des dirigeants de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP), le comité pour la libération de Marwan Barghouti (incarcéré depuis 2004 qui a de nouveau subi des violences ces derniers jours), le président du syndicat des journalistes palestiniens, d’anciens compagnons de route de Yasser Arafat, le secrétaire général du Parti du peuple palestinien (PPP), un responsable du Fatah, un député du PC israélien et même le consul et vice-consul de France avec qui ils ont fêté le 14 juillet. Une gerbe du PCF a également été déposée au mausolée de Yasser Arafat.

    « Le génocide continue »

    Tous ont confirmé l’accélération de la colonisation en Cisjordanie. « En plus, ce sont des colons particulièrement agressifs et violents. Il y a des bagarres avec les Palestiniens, ça peut aller jusqu’au drame, c’est arrivé plusieurs fois. Et ils sont toujours protégés par l’armée israélienne qui harcèle régulièrement les Palestiniens. Il y a plus de 800 checkpoints en Cisjordanie, qu’Israël ferme pour un oui ou pour un non », précise Sylvain André qui a également évoqué à plusieurs reprises la situation toujours dramatique à Gaza : « Les journalistes internationaux ne sont toujours pas autorisés à rentrer à Gaza et pendant ce temps, Israël en profite pour nettoyer toutes les preuves de crimes contre l’humanité. Le génocide continue. On n’en parle plus mais il y a encore beaucoup de morts. La situation sanitaire est catastrophique : beaucoup d’hôpitaux ont été touchés et le système d’assainissement a été détruit. Aujourd’hui, il y a des rats partout, des maladies reviennent… La gale est présente. »

    Ce voyage devait également renforcer l’alliance entre le PCF et l’OLP qui avait été signée par Fabien Roussel il y a plus d’un an. « L’idée c’est de pouvoir continuer à développer des coopérations avec les collectivités territoriales et des échanges de jeunes notamment autour du sport qui peut être un bon vecteur », conclut Sylvain André qui souhaite aussi que la population fasse pression sur l’État français pour qu’il engage des sanctions contre l’État d’Israël.

  • Après le congrès de Lille, les communistes avancent vers 2027

    Après le congrès de Lille, les communistes avancent vers 2027

    À travers les gradins du Grand Palais de Lille ce dimanche matin, les applaudissements des près de 700 congressistes viennent saluer les résultats des derniers votes. Avec 70,1% des voix, les délégués des fédérations du Parti communiste français ont désigné, au terme de leur 40e congrès, une nouvelle direction plus resserrée, renouvelée pour un tiers, sans qu’aucune autre liste concurrente n’ait été déposée. Avec ce vote, le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, a ainsi été renouvelé dans ses fonctions, huit ans après le congrès d’Ivry-sur-Seine qui l’avait propulsé à sa tête.

    La veille, au terme de deux jours du débat et quelque 5 834 amendements déposés et débattus depuis les congrès de sections jusqu’au congrès national à Lille, les orientations futures des communistes avaient été approuvées avec 73,7% des voix des congressistes. Parmi celles-ci, le principe d’un processus de transition socialiste vers le communisme, qui avait été abandonné lors du 29e congrès en 1996, débattu lors de la première journée vendredi soir, ou encore les campagnes futures à mener, sur la défense de l’industrie et des services publics, sur la solidarité internationale marquée par le déplacement de 27 délégations de partis socialistes ou communistes de tous les continents à l’occasion de ce congrès, ou encore sur la défense du plan climat présenté par le parti.

    Surtout, les débats, samedi après-midi, ont été l’occasion d’échanger sur la légitimité d’une candidature communiste pour la présidentielle et sur la préparation des législatives, rejetant le principe d’une clause de revoyure au début de l’année 2027, « une épée de Damoclès et deux boulets accrochés à mes pieds », déplorait Fabien Roussel. Après la présentation du bilan financier et l’élection de la nouvelle direction dimanche matin, ce débat s’est concrétisé par la réunion d’une conférence nationale : à 65,5%, et sous les applaudissements des participants, le principe d’une candidature communiste emmenée par Fabien Roussel a été approuvé. Elle doit désormais être approuvée par les militants, lors d’un vote de tous les adhérents, le 6 septembre prochain.

    « Le parti d’une vie meilleure »

    Alors, arborant le maillot à pois rouges, après le lancement du Tour de France, Fabien Roussel souriait largement au moment de clôturer ces trois jours de congrès. « Il y a des cols à monter et tout ce que je nous souhaite, c’est de le porter ce maillot dans les mois qui viennent ! Et parce que le cyclisme est un sport d’équipe, nous allons les monter ensemble ces cols », promettait-il. Espérant contribuer à une victoire de la gauche, en s’adressant en premier lieu aux abstentionnistes.

    Pour cela, il tire à boulets rouges sur la droite lestée d’un bilan de dix ans de macronisme, sur les « oligarques corrompus » à la tête de l’économie. « Une poignée de milliardaires à la tête d’empires exploitent autant les hommes que les moyens de l’état qu’ils détournent, avec la servilité des gouvernements successifs qui se sont transformés en conseil d’administration de leurs propres intérêts », chargeait-il. Alors lui veut « prendre le parti de rendre la vie meilleure », en insistant sur les projets de réindustrialisation écologique du pays, en menant la bataille pour l’augmentation des salaires, en défendant l’égalité des droits. Face aux vociférations de Donald Trump contre la menace communiste, il sourit : « Mon cher Donald, les communistes sont là et candidats à l’élection présidentielle avec le socialisme au programme ! »

    Après les échanges avec les délégations internationales tout au long du congrès, dans la ligne des engagements contre l’apartheid en Afrique du Sud dans les années 1990, il veut faire un sermen : « De gagner le combat contre le régime d’apartheid imposé par l’extrême droite israélienne, récupérer toutes les terres accaparées par la colonisation, libérer Marwan Barghouti et libérer la Palestine ! »

    Mais pour mener ces batailles, il appelle à renforcer les rangs du PCF, dont l’érosion militante a été ralentie grâce à 7 800 nouvelles adhésions. En fixant comme objectif de ne perdre aucun nouvel adhérent les trois prochaines années.

  • [Entretien] Fabien Roussel : « Nous sommes prêts à aller à la présidentielle »

    [Entretien] Fabien Roussel : « Nous sommes prêts à aller à la présidentielle »

    La Marseillaise : Avec ce congrès, le PCF s’engage vers une candidature à la présidentielle de 2027. êtes-vous prêts à vous lancer dans cette campagne ?

    Fabien Roussel : Nous sommes tous très motivés à participer à ce grand débat, à répondre aux urgences sociales, la précarité, la vie chère, mais aussi à défendre la paix et nos libertés face à l’offensive de l’extrême droite. Nous avons beaucoup parlé des propositions pour la France, mais aussi du chemin pour le mettre en œuvre. Nous finissons ce congrès en étant très rassemblés, avec des choix approuvés à près de 75%. C’est important d’avoir une force politique unie et rassemblée pour mener ces débats.

    C’était l’une de vos inquiétudes avant le congrès : le PCF sort-il rassemblé de ces débats ?

    F.R. : Aujourd’hui, oui ! Après trois jours de débats, plus de 100 votes, 5 000 amendements, nous avons vraiment poussé le débat à fond, en s’écoutant tous, en acceptant de changer de point de vue, en essayant de trouver les choix qui nous rassemblent le plus. C’est très important, aujourd’hui, d’avoir une force de gauche qui assume pleinement ses choix et qui est prêt à aller à la rencontre des Français. Comme on le dit, chez nous, c’est carré, et c’est démocratique en plus ! Pour affronter cette élection présidentielle, ces élections législatives, ce ne sont pas des choix simples à faire, mais nous avons pris notre décision et nous sommes prêts à aller à ces échéances.

    Il a beaucoup été question de la menace de l’extrême droite dans les débats de ce congrès. Comment faire face à cette menace ?

    F.R. : Participer à cette échéance, c’est montrer qu’il y a des propositions, des moyens de sortir de la pauvreté, des bas salaires, des retraites de misère. Nous allons les porter, c’est pour nous le meilleur moyen de faire reculer l’extrême droite. Le RN a toujours été du côté du capital, des grandes fortunes. Jordan Bardella et Marine Le Pen le montrent régulièrement. Notre présence dans cette campagne, pour porter la voix du monde du travail, des salariés, est importante pour faire reculer l’extrême droite.

    Le contexte est très différent de 2022. La bollorisation des médias risque de peser sur la campagne… Comment faire entendre cette voix ?

    F.R. : Nous allons nous déployer dans toute la France, nous sommes la force politique qui a le plus d’adhérents, implantée sur tout le territoire, autant dans les grandes villes que dans les villages, la deuxième force à gauche en nombre d’élus. Nous avons la capacité de nous déployer dans tout le pays pour nous donner la possibilité de faire le meilleur résultat. Le premier parti de France, aujourd’hui, c’est le parti des abstentionnistes. C’est à eux que nous voulons nous adresser pour faire reculer l’abstention, mais aussi regagner les voix qui manquent à la gauche, pour qu’elle soit plus forte et puisse l’emporter.

    À gauche, il y a une pression très forte en faveur du vote utile. Risque-t-elle de déterminer l’élection ?

    F.R. : Je rejette autant le vote utile que le vote barrage au second tour. Il y en a marre de ne pas pouvoir voter pour ses idées ! Nous devons être en capacité, au premier comme au second tour, de voter pour nos idées. Au moins pour le premier tour, votons pour le candidat dont on se sent le plus proche ! J’invite les Français à découvrir notre programme et à voter pour la candidature que je vais porter.

    Parmi ces idées, le socialisme fait son retour dans les orientations du PCF pour la première fois depuis 1996. Pourquoi ?

    F.R. : Nous vivons aujourd’hui dans un monde capitaliste qui est porté à outrance par de grandes fortunes, des oligarques, qui se sont accaparé des grandes entreprises, nos moyens de production et donc des richesses. Ils nous imposent des bas salaires. Ils captent l’essentiel des aides publiques et ne les redistribuent pas. Il y a besoin de se réapproprier nos moyens de production, de décider comment nous voulons produire, ce que nous voulons produire. Sur la distribution de ces richesses, c’est un aspect important de ce socialisme que nous défendons pour le XXIe siècle. Et l’autre aspect, c’est la paix, parce que le capitalisme, c’est aussi celui qui est représenté par Donald Trump, celui qui mène des guerres pour s’approprier notamment les ressources pétrolières. Cet impérialisme, nous le combattons.

    Sur l’international justement, certains ont reproché au PCF de ne pas être assez audible sur la défense de la Palestine…

    F.R. : Tout ce que nous avons dit lors de notre congrès tord le cou à ceux qui peuvent penser ça ! Nous luttons au côté du peuple palestinien : soixante ans de combat sans jamais dévier d’une ligne que nous avons toujours défendue, la paix, l’indépendance pour le peuple de Palestine et la création de deux états vivant côte à côte. Il n’y a aucune autre force politique à gauche qui a ni cette antériorité, ni cette ligne politique qui n’a jamais dévié. Et pendant cette campagne, j’entends être le candidat qui portera cette voix-là, qui est différente d’autres voix à gauche.

    Ces différentes voix à gauche, avec toutes leurs nuances, comment les rassembler pour les législatives ?

    F.R. : Par la discussion et le dialogue ! J’appelle à ce que nous poursuivions les échanges que nous avons entre nous pour que nous ne menions pas une campagne présidentielle où on se tape dessus et qu’au contraire, on réserve nos coups et nos arguments contre la droite. Passons au contraire notre temps à discuter pour préparer les élections législatives, qui seront des élections majeures, et que l’on se fixe comme objectif que la gauche l’emporte.

    Il y a quelques années, vous disiez : « PCF is back ». Quel bilan en tirez-vous ?

    F.R. : La mission est remplie ! Maintenant, le Parti communiste français, ce n’est pas seulement qu’il est revenu : c’est l’avenir ! C’est l’avenir pour que la gauche soit forte, pour que la gauche retrouve une colonne vertébrale et pour que les idées que nous portons s’imposent dans le paysage politique et deviennent incontournables.