Tag: Fabien Roussel

  • [Maj] Avec 61,38% des voix le texte « Un communisme de conquêtes » devient la base commune du congrès du PCF

    [Maj] Avec 61,38% des voix le texte « Un communisme de conquêtes » devient la base commune du congrès du PCF

    37 286 communistes à jour de leurs cotisations et adhérents depuis plus de trois mois étaient appelés à voter pour choisir la base commune de discussion pour le 40e Congrès parmi les quatre textes proposés.

    24 608 électrices et électeurs ont voté, soit 66% des inscrits. 481 bulletins blancs ou nuls et 24 127 suffrages exprimés, soit 98,05%, ont été recensés

    «Un communisme de conquêtes», le texte du Conseil national a obtenu 14 810 suffrages, soit 61,38 % des exprimés.

    Les textes alternatifs ont respectivement obtenu :

    «Pour battre l’extrême droite et ouvrir l’espoir. Communistes à l’offensive», 6 117 voix soit 25,35 %;

    «Stratégie communiste. La lutte des classes comme boussole, le socialisme comme programme», 1 833 voix, soit 7,60% ;

    «Résister et construire, une nouvelle page du communisme», 1 367 voix, soit 5,67 %.

    Dans notre région, les résultats sont :

    Bouches-du-Rhône inscrits 2 396, votants 1 390, participation 58,01% « Un communisme de conquêtes » 1 019, 74,06% « Communistes à l’offensive » 247, 17,95%, « Stratégie communiste » 57, 4,14%, « Résister et construire » 53, 3,85%.

    Var inscrits 409, votants 271, participation 66,26% « Un communisme de conquêtes » 127, 48,11%, « Communistes à l’offensive », 27, 10,23%, « Stratégie communiste », 14, 5,30%, « Résister et construire » 96, 36,36%.

    Vaucluse inscrits 344, votants 207, participation 60,17%, « Un communisme de conquêtes » 140, 68,63%, « Communistes à l’offensive » 35, 17,16%, « Stratégie communiste » 12, 5,88%, « Résister et construire » 17, 8,33%.

    Alpes-de-Haute-Provence inscrits 205, votants 132, participation, 64,39%, « Un communisme de conquêtes » 84, 63,64% « Communistes à l’offensive » 33, 25%, « Stratégie communiste » 9, 6,82%, « Résister et construire » 6, 4,55%.

    Hautes-Alpes inscrits 112, votants 66, participation 58,93%, « Un communisme de conquêtes » 54, 84,38%, « Communistes à l’offensive » 8, 12,50%, « Stratégie communiste » 1, 1,56 %, « Résister et construire » 1, 1,56%.

    Gard votants 845, inscrits 650, participation 76,92%, « Un communisme de conquêtes » 346, 54,32%, « Communistes à l’offensive » 219, 34,38%, « Stratégie communiste » 66, 10,36%, « Résister et construire » 6, 0,94%.

    Hérault inscrits 654, votants 610, participation 93,27% « Un communisme de conquêtes » 375, 62,09%, « Communistes à l’offensive » 185, 30,63%, « Stratégie communiste » 31, 5,13%, « Résister et construire » 13, 2,15%.

  • Les communistes appelés aux urnes pour choisir leur base de discussion

    Les communistes appelés aux urnes pour choisir leur base de discussion

    Les communistes ont rendez-vous avec les urnes dans chacune de leur section jusqu’à ce dimanche.

    Objectif choisir le texte qui deviendra la base commune de discussion de l’ensemble des adhérents durant les congrès de section les 13 et 14 juin, puis départementaux les 19, 20 et 21 juin et enfin le congrès national prévu à Lille les 3, 4 et 5 juillet.

    Quatre textes sont soumis au choix des communistes. Il y a d’abord le projet de base commune adopté à 77% par le conseil national, intitulé « Un communisme de conquêtes » que le secrétaire national Fabien Roussel soutient de même que les porte-parole Léon Deffontaines ou Ian Brossat.

    Les statuts du PCF prévoient que si ce projet ne convient pas à au moins 300 adhérents répartis dans plusieurs fédérations, il est possible de présenter des textes alternatifs.

    C’est le cas de « communistes à l’offensive », un texte soutenu notamment par la députée Elsa Faucillon ou dans notre région les élus Pierre Dharréville, Jean-Marc Coppola ou Audrey Garino.

    Débat pluraliste mais pas de tendances

    Mais aussi du texte « Stratégie communiste » signé par plusieurs jeunes responsables départementaux dont Fanny Chartier, secrétaire à l’organisation de la fédération de Paris.

    Et enfin le texte « Résister et construire, une nouvelle page du communisme », signé notamment par plusieurs membres de la commission économique du PCF dont Frédéric Boccara.

    En débat entre les différentes orientations proposées : la question de la présidentielle et des législatives à venir mais aussi la notion de socialisme.

    Les textes sont disponibles en totalité et en résumé sur le site congres2026.pcf.fr

    Selon les règles de fonctionnement du PCF qui prévoient un débat pluraliste mais rejette le fonctionnement en tendances propre aux organisations social-démocrates, c’est le texte qui recueillera le plus de voix qui deviendra ensuite celui de l’ensemble des communistes.

    Seuls les adhérents à jour de leurs cotisations sont susceptibles de prendre part au vote.

    Les communistes auront ensuite la charge de l’amender pour l’améliorer et en faire un texte qui les rassemble le plus possible.

  • À la feria de Nîmes, Fabien Roussel fête la victoire de la gauche sur l’extrême droite

    À la feria de Nîmes, Fabien Roussel fête la victoire de la gauche sur l’extrême droite

    Après Georges Marchais et Pierre Laurent, Fabien Roussel est devenu le troisième secrétaire national du PCF à participer à la feria à Nîmes samedi 23 mai. Une réelle fierté pour tous les élus de gauche mais aussi pour les jeunes de la Jeunesse communiste qui l’ont accueilli sur leur stand au Prolé. « Avec ma compagne, on est souvent venu à Nîmes mais c’est la première fois pendant la feria. Et le faire avec Vincent Bouget et une ville devenue une ville de gauche avec un maire communiste, ça décuple le plaisir. Quand j’ai lu l’édito de Vincent Bouget pour parler de la feria, j’ai retrouvé les valeurs que nous portons sur l’accès pour tous à la culture, à la fête, au beau, au plaisir, à la joie et ça, c’est notre fibre à nous », s’est félicité Fabien Roussel au moment de partager un verre avec les élus régionaux dans un Prolé plein à craquer.

    « La première intention de Fabien Roussel, c’est de venir fêter la victoire des communistes, de l’union de la gauche à Nîmes, de Vincent Bouget et de toute son équipe », confirme Pierre Lacaze, vice-président de la région Occitanie. « Aujourd’hui avec la feria toute la ville de Nîmes est en rouge et c’est normal que le secrétaire national des rouges vienne fêter un maire rouge à Nîmes ».

    Mais Fabien Roussel était également dans la capitale du Gard pour parler politique. Entre préparation du congrès national (3-5 juillet à Lille), des élections sénatoriales, législatives et même départementales et régionales qui suivront, mais aussi pour aborder des sujets sociaux comme le pouvoir d’achat ou la désindustrialisation, il a pu échanger avec les élus régionaux pendant plus d’une heure avant de partir découvrir l’ambiance des bodegas nîmoises.

    « Les élus m’ont parlé de leur territoire, des combats qu’ils mènent ici et notamment celui de la papeterie Fibre Excellence, donc on a des combats à mener aujourd’hui. Nous avons aussi parlé de l’emploi, de la vie chère qui frappe tout le monde. Puis nous avons parlé du congrès et des élections à venir. On s’est dit que si on menait des combats aujourd’hui sur ces questions-là, on va forcément parler des propositions que nous portons et donc de l’utilité du Parti communiste dans le débat politique parce que nous avons des propositions fortes qui permettront de répondre à la crise que l’on vit dans le pays », explique-t-il.

    « Fabien Roussel a parlé de la lutte pour le pouvoir d’achat et pour l’augmentation des salaires et contre la vie chère », confirme l’élu départemental et communal Christian Bastid. « Dans un département parmi les plus pauvres de France, ça correspond à la bataille que doit mener le PCF dans les mois à venir. La préparation de l’élection présidentielle qui vient est au centre d’enjeux qui dépassent la question de la candidature et le rôle du PCF au niveau national. Fabien Roussel a bien insisté sur ce point avec le but de rassembler tous les communistes qui est un élément important dans la bataille politique actuelle ».

    Après cette réunion au Prolé, Fabien Roussel a ensuite déambulé dans les ruelles nîmoises, découvrant la façade de la maison d’Olivier Jullian, artiste autodidacte habitué du Prolé, puis s’est rendu à la bodega des cheminots et au Carré d’art. Drapé de son nouveau bandana blanc, feria oblige, il a échangé avec de nombreux Nîmois et a même reçu un : « Bonjour Monsieur le Président ».

    Combattre le RN sur ses terres

    Dans un département qui n’a élu que des députés d’extrême droite lors des dernières élections législatives, Fabien Roussel était également venu délivrer un message d’espoir. « La victoire à Nîmes montre que l’on peut gagner contre le Rassemblement National », précise Pierre Lacaze. « Le RN avait la certitude de la victoire, mais nous avons su démontrer dans un large soutien de toute la gauche à l’exception de la France insoumise qui n’a pas choisi l’unité, que nous pouvions gagner. Fabien était venu fêter une victoire mais surtout saluer une perspective sur les années qui viennent pour que nous fassions reculer le RN ».

    La dernière fois que Fabien Roussel s’était rendu dans le Gard, c’était pour le rassemblement de soutien au Prolé d’Alès attaqué par des militants du groupuscule d’extrême droite violent du Bloc montpelliérain en pleine feria alésienne. Le secrétaire national du PCF a donc aussi profité de son retour dans le département pour se féliciter qu’un procès ait finalement bien lieu en octobre prochain : « J’espère que non seulement les personnes responsables de ces violences seront condamnées mais qu’ils vont parler et que l’on va connaître leur histoire, d’où ils viennent, leurs motivations et les réseaux d’extrême droite dans lesquels ils s’organisent. Il faut que tout cela soit décortiqué pour mettre un coup de projecteur sur ces réseaux qui sont dangereux et qui malheureusement se développent », ajoute Fabien Roussel.

    Le maire de Saint-Amand-les-Eaux a poursuivi son déplacement nîmois en assistant à la corrida du dimanche 24 mai aux côtés de Vincent Bouget. Puis, en début d’après-midi, il a échangé avec les militants communistes au Prolé.

  • Fabien Roussel : « J’appelle à avoir un Parti communiste le plus uni possible »

    Fabien Roussel : « J’appelle à avoir un Parti communiste le plus uni possible »

    La Marseillaise : Vous venez participer à la Feria de Nîmes, ce week-end. Pourquoi ce déplacement ?

    Fabien Roussel : La Feria de Nîmes est une des plus grandes fêtes populaires de notre pays, avec une ville de 150 000 habitants qui va accueillir, pendant quelques jours, un million de visiteurs ! C’est une si belle fête, j’ai envie tout simplement de la partager avec beaucoup de monde. Surtout, je vais avoir le plaisir de pouvoir le faire avec le nouveau maire de Nîmes, Vincent Bouget, et les militants qui ont participé à cette victoire. C’est une fierté !

    Nîmes est la plus grande ville remportée par le PCF, lors de ces municipales, et face à l’extrême droite. Quelles leçons en tirer au moment où s’ouvre une nouvelle séquence politique ?

    F. R. : J’ai retenu une chose du choix qu’ils ont fait à Nîmes : de construire un programme avec les habitants, quartier par quartier, rue par rue, pendant plus d’un an, et ensuite de mener campagne sur ce programme en ne parlant que de leur programme, sans jamais parler des adversaires. J’ai fait la même chose dans ma commune de Saint-Amand-les-Eaux. C’est une leçon de ces élections municipales que nous devrions reproduire plus souvent.

    Face à la flambée du prix des carburants, vous appelez à nationaliser Total. Cela suffit-il face aux grandes crises internationales ?

    F. R. : La nationalisation de Total n’est pas une fin en soi, ce n’est pas ça qui va régler tous les problèmes, nous en avons bien conscience. Ce que nous demandons d’abord, c’est de bloquer les prix à 1,50 euro et de baisser les factures d’électricité, parce que nous sommes dans une situation où nous produisons beaucoup d’électricité, à tel point que nous ne savons pas quoi en faire ! Et, enfin, il faut augmenter les salaires et les pensions de retraite de 5% immédiatement pour protéger le pouvoir d’achat des Français, la consommation et relancer l’économie par la consommation. Ces trois mesures sont indispensables. Nationaliser Total, c’est reprendre la main sur une entreprise qui a vocation à être une entreprise d’État : c’est une entreprise stratégique, c’est incompréhensible pour nos concitoyens que ce grand groupe profite de la guerre pour accumuler près de 6 milliards d’euros de bénéfices en un trimestre, alors que cet argent devrait servir à baisser le prix à la pompe.

    Le tissu industriel est frappé par les pénuries de matières premières après la guerre des États-Unis contre l’Iran. Comment réaliser la réindustrialisation défendue par les communistes ?

    F. R. : Puisque le gouvernement apporte des mesures qui sont loin de faire le compte et que nous craignons une récession dans les mois qui viennent, nous appelons à une semaine d’action devant les préfectures, entre le 28 mai et le 4 juin, pour interpeller partout l’État sur la vie chère et l’emploi. Les défaillances d’entreprises n’ont jamais été aussi nombreuses, notre économie est hyper fragilisée, il y a besoin de la protéger et de créer, dans chaque région, une cellule de crise rassemblant les représentants des salariés, les services de l’État et les banques, pour trouver des solutions face à chaque menace qui pèse sur une activité industrielle. Il faut stopper cette hémorragie d’emplois industriels immédiatement, sinon, nous allons continuer à nous affaiblir.

    Dans les Bouches-du-Rhône, nous avons eu l’exemple de l’abandon du projet de la plus grande fabrique de panneaux solaires d’Europe, face à la concurrence internationale. Comment reconquérir une souveraineté industrielle ?

    F. R. : La France a plein de richesses, d’énergie, de compétences, permettant d’être un pays beaucoup plus attractif, nous pourrions être leader dans plein de domaines. Nous produisons l’électricité la plus décarbonée et la moins chère de toute l’Union européenne, nous avons demandé la baisse de son prix de l’électricité de 30%, pour que les entreprises puissent investir chez nous. Et nous appelons à la mise en place d’un plan de relance, un pacte de confiance et d’avenir que nous avons estimé à 500 milliards d’euros, sur cinq ans, afin de prêter à taux zéro voire négatif pour relocaliser l’industrie en étant vigilants sur les critères écologiques et d’emploi, pour que cet argent soit socialement utile.

    Ces milliards, le gouvernement les consacre au réarmement en abondant de 36 milliards d’euros la loi de programmation militaire…

    F. R. : Avec Cécile Cukierman et Stéphane Peu, nous avons interpellé Sébastien Lecornu pour lui demander solennellement de changer de politique, pour éviter à tout prix une récession. Au lieu d’investir dans l’armée, dans les bombes, dans les guerres à l’étranger, nous lui demandons d’investir dans les services publics que les Français réclament : la santé, l’école, la lutte contre les narcotrafics. Et puis, il y a ces 211 milliards d’euros d’aides publiques versées à l’aveugle, sans contrepartie, y compris à de grands groupes qui n’en ont pas besoin. Nous demandons à les flécher vers les industries sur la base de critères sociaux et écologiques, pour que l’on relocalise des filières entières dans notre pays.

    Le PCF a engagé son 40e congrès, avec trois textes alternatifs face au projet de base commune du conseil national. Comment les accueillez-vous ?

    F. R. : Les communistes ont la culture du débat ! Nous aimons prendre le temps d’analyser la situation en France comme à l’internationale, pour avoir les meilleures réponses à apporter. Je regrette qu’il y ait autant de textes, car cela risque de fracturer et de diviser notre parti à un moment où, au contraire, nous avons besoin d’un parti solide pour défendre la classe ouvrière, tout comme nous avons besoin de syndicats solides. Il ne faut pas avoir peur du débat, débattre en toute sérénité et se rassembler pour mener ce combat contre l’extrême droite, pour la paix en Europe et dans le monde. La base commune que la direction sortante propose, que je défends et qui a été adoptée à 77% par le conseil national, est largement amendable. Elle doit être enrichie. J’ai entendu à travers les textes alternatifs les remarques, les manques, les doutes. Nous allons avoir tout le temps du congrès pour les intégrer, sur la base de cette base commune que nous proposons. J’invite les communistes à l’adopter pour avoir un parti le plus uni possible dans la préparation de ce congrès.

    Le coordinateur national de la

    France insoumise Manuel Bompard assurait, ce vendredi, que les communistes sont des alliés naturels et demandait de ne pas instrumentaliser LFI dans les débats internes du PCF. Que lui répondez-vous ?

    F. R. : Je regrette tous ces messages qui circulent sur les réseaux sociaux partagés par des militants et des dirigeants de la France insoumise pour appeler les communistes à me battre et à battre la base commune du CN. C’est de l’ingérence et c’est insupportable. Quant à Manuel Bompard, qui dit que nous sommes un allié naturel, il expliquera cela aux maires communistes devant lesquels il a mis des candidatures de la France insoumise pour les faire battre lors des dernières municipales. On ne fait pas ça à un allié. Ce qui s’est passé aux élections municipales restera une expérience vécue douloureusement.

  • [Entretien] Yannick Monnet : « Une triple peine pour les femmes victimes d’un cancer du sein »

    [Entretien] Yannick Monnet : « Une triple peine pour les femmes victimes d’un cancer du sein »

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui vous a motivé à porter cette proposition de loi sur le remboursement des soins
    de support pour les patientes atteintes d’un cancer du sein ?

    Yannick Monnet : Une femme victime de cette maladie avait sollicité Fabien Roussel [secrétaire national du PCF, Ndlr] et moi-même, à deux moments différents. Elle nous avait expliqué qu’en plus de ses traitements contre le cancer, elle devait acheter des pommades et du vernis à ongles spécifiques. Ces dépenses, considérées comme soins de support, s’élèvent en moyenne 2 000 euros et ne sont pas remboursées par la Sécurité sociale. Tout comme les dépassements d’honoraires, les prothèses capillaires et les implants mammaires. Pourtant, ces soins ont été reconnus comme essentiels à la guérison physique, mais aussi psychologique des patientes. Nous avons rencontré des acteurs qui suivent ces femmes, comme chez moi l’association Accanthe, qui financent des espaces d’accompagnements thérapeutiques pour les victimes de cancer du sein. Elles peuvent y consulter des kinésithérapeutes, des diététiciennes, des sophrologues… Notre objectif était donc d’obtenir la prise en charge intégrale des soins liés au cancer du sein, avant la chimiothérapie, pendant et après la rémission. Malheureusement, on n’a pas obtenu tout ce qu’on voulait. Nous avons dû retirer en commission la question du dépassement d’honoraires. On a eu, en contrepartie, l’engagement de l’ancien Premier ministre, François Bayrou, qu’un rapport sera fait sur le dépassement d’honoraires. Mais il y a, tout de même, un certain nombre de progrès qui sont permis par la loi. Faut-il encore que les décrets soient écrits et appliqués.

    Justement, avez-vous connaissance d’un calendrier gouvernemental pour la publication de ces décrets ?

    Y.M. : Aucun. Aujourd’hui, on n’a toujours pas de calendrier. On est encore dans des logiques financières, ce qui n’a aucun sens. Pour les femmes qui sont victimes d’un cancer du sein, c’est la double, voire la triple peine : l’angoisse de la maladie, une vie personnelle complètement bouleversée et, parfois, une vie professionnelle mise entre parenthèses. Beaucoup de femmes divorcent ou quittent leur emploi. Et, en plus, elles doivent assumer des dépenses pour se soigner correctement. Je pense que c’est un problème de volonté politique pour ne pas dépenser trop d’argent. C’est pourquoi nous lançons une pétition. Mais c’est terrible qu’on soit obligés d’en arriver à un rapport de force. Aujourd’hui, le législatif a fait son boulot, de façon assez rapide, puisqu’on a mis peu de temps pour aboutir à cette loi, moins de deux ans. Maintenant, c’est à l’exécutif de faire le sien. Et il ne le fait pas, pour l’instant… Les réponses administratives et technocratiques que je reçois ne m’intéressent pas. C’est du prétexte. Et ça crée de faux espoirs pour ces femmes. J’ai vu des procédures accélérées. On est capable de voter des budgets pour des dispositions militaires. On n’a pas mis trois ans.

    Pensez-vous qu’il existe un déséquilibre dans la volonté d’agir en fonction des sujets ?

    Y.M. : Clairement, aujourd’hui, on cherche à faire des économies en matière de dépenses de santé. On passe son temps à vouloir réduire les dépenses. Donc il y a une volonté politique. En tout cas, il y a un risque de voir la Sécurité sociale disparaître si l’on continue à en assécher les financements. Dans le cas de cette proposition de loi, il est invraisemblable que les décrets n’aient toujours pas été publiés. Ils finiront bien par l’être, mais cela traîne des pieds. Le problème, c’est que les ministres ont une durée de vie qui était assez courte, donc, « après moi, le déluge ». Pourtant, ce n’est pas compliqué de rembourser des produits qui bénéficient aux femmes victimes d’un cancer du sein. Je me dis qu’avec cette pétition, le gouvernement ne pourra plus ignorer la nécessité de publier ces décrets.

  • Le PCF adopte sa feuille de route pour la présidentielle

    Le PCF adopte sa feuille de route pour la présidentielle

    Ordre du jour chargé pour la direction communiste ce week-end : débat sur la situation politique, célébration des 90 ans du Front populaire, définition de déroulement du congrès qui aura lieu à Lille du 3 au 5 juillet, processus de choix pour la présidentielle, vote d’un cahier thématique sur la paix et adoption du budget du parti.

    Après l’adoption d’une résolution « Pour la paix et une vie digne, refusons de payer la crise capitaliste et préparons l’avenir ! » (90 pour, 2 contre et 6 abstentions), c’est la préparation du congrès et de l’échéance présidentielle qui a le plus animé les débats.

    Pour mettre en œuvre les décisions qui seront prises lors du congrès national, qui se tiendra à Lille du 3 au 5 juillet, le conseil national a décidé que les délégués se réuniraient en conférence nationale, à son issue, afin de définir le bulletin de vote qui sera soumis aux adhérents pour qu’ils tranchent le positionnement du PCF pour la présidentielle, lors d’un vote organisé du 3 au 6 septembre.

    « Le projet doit nous guider plus que le casting »

    Un calendrier approuvé par 63 voix pour, 9 contre, 8 abstentions, critiqué par plusieurs membres du conseil national. « C’est speedy-gonzales, c’est un passage en force », considère ainsi Jean-Noël Aqua (Paris). « Le calendrier est trop court pour que la majorité des communistes prenne la décision », pour Émilie Lecroq (Seine-Saint-Denis). « Le congrès ne doit pas ressembler à celui de Marseille qui était un grand meeting », ajoute Denis Öztorun (Val-de-Marne). Frédéric Boccara défend l’idée d’une conférence nationale « à l’automne ».

    Sur le fond, Saliha Boussedra (Gard) juge qu’une candidature communiste serait « incompréhensible au lieu de travailler à la constitution d’un bloc de gauche », en soulignant le risque d’une victoire de l’extrême droite.

    D’autres, au contraire, relèvent le niveau très bas de la gauche qui se situe autour des 30% dans le pays et la nécessité de candidatures qui mobilisent et contestent à l’extrême droite son hégémonie dans les catégories populaires. Bora Yilmaz (Meurthe-et-Moselle) appelle à « faire reculer l’extrême droite avec une candidature communiste » et alerte sur l’importance du calendrier pour éviter un choix par défaut « comme en 2017 ». Esteban Evrard (Pas-de-Calais) estime que « les communistes veulent partir à la bataille ». Pour Clara Gimenez (Hérault), la présidentielle est un moment-clé pour « faire découvrir notre projet de société », quant à Nicolas Cossange (Hérault), il insiste : « Il n’y a que Fabien Roussel qui puisse être notre candidat et donc notre porte-parole. »

    Avant eux, le secrétaire national du PCF s’est exprimé : « J’ai lu les trois textes alternatifs qui viendront certainement enrichir la base commune et nos débats. N’en ayons pas peur, le débat est salutaire, utile », a-t-il affirmé, appelant à projeter le PCF dans les « 15 à 20 prochaines années, pour qu’il soit une force politique forte, révolutionnaire, solide, unie ».

    Il s’est déclaré « disponible » pour porter le projet communiste devant les Français lors de l’élection présidentielle. « Je suis prêt, si les communistes en décident, à y mettre toute mon énergie », a-t-il indiqué. Pour lui, « le pire serait de ne pas choisir » et « le projet doit nous guider plus que le casting ».

    CALENDRIER

    6 et 7 juin : vote des adhérents pour choisir la base commune de discussion du congrès.

    13 et 14 juin : congrès de section.

    20 et 21 juin : congrès départementaux.

    3, 4 et 5 juillet : congrès national à Lille avec réunion en conférence nationale le 5 afin de définir les différentes options soumises aux communistes pour la présidentielle.

    3 au 6 septembre : vote des adhérents sur le choix pour la présidentielle.

  • Le local du PCF de Carpentras dégradé

    Le local du PCF de Carpentras dégradé

    « Cassez-vous » ou encore « 100 000 000 de morts », plusieurs tags dégradants ont été retrouvés sur la façade du local du PCF de Carpentras ce mardi 21 avril en début de matinée. La serrure d’entrée a également été fracturée. Une plainte a été déposée auprès du commissariat de police.

    Plusieurs croix rouges recouvraient aussi des affiches du secrétaire national du PCF Fabien Roussel ainsi qu’une affiche du parti. « Dans ce local, on a toujours été tranquille. Il n’y a jamais eu d’agression ni d’atteintes du tout. C’est la première fois qu’il y a des dégradations, des souillures », regrette le secrétaire de section Julien Guérin, qui explique que c’est une voisine qui a prévenu des dégradations. Des caméras de surveillance à proximité pourraient permettre d’identifier les auteurs.

    La section PCF s’étonne également du timing de ces inscriptions. « Doit-on voir dans cette soudaine libération de la parole fasciste à Carpentras, alors que jusqu’ici notre local n’avait jamais subi aucune dégradation ni agression de ce type, un lien avec l’élection d’une municipalité à la tête du RN ? » glisse-t-elle dans un communiqué, en lien avec l’élection de Hervé de Lépinau (RN) il y a un mois. « On n’accuse personne en particulier, mais c’est un climat. Ce sont des mots d’ordre de toute évidence inspirés de la droite et de l’extrême droite », pointe Julien Guérin tout en ajoutant « qu’il ne faut pas crier au loup plus que nécessaire » car il ne souhaite « pas qu’il y ait une escalade. »

    Soutien des insoumis

    Le groupe d’action LFI Carpentras Roseraie a également exprimé son soutien dans un communiqué en rappelant qu’il y a deux mois, des dégradations similaires avaient été retrouvées sur le bâtiment qui devait accueillir le forum « Décolonisons nos esprits ». « Le GA LFI alerte sur le climat de tension que ces agissements visent à instaurer dans notre commune. Qui veut faire obstacle au pluralisme politique ? Qui craint le débat d’idées ? Qui veut ainsi porter atteinte à la démocratie ? » s’interroge-t-elle également. Et estime qu’ « il revient aux autorités de l’État de réagir avec la fermeté que requiert la gravité de ces tags qui expriment la haine de la démocratie républicaine, la volonté d’imposer à la société une conformation idéologique d’acceptation de l’ordre social. »

    Plus d’informations dans La Marseillaise de ce jeudi

  • Le Parti de la gauche européenne veut une Europe des peuples

    Le Parti de la gauche européenne veut une Europe des peuples

    Les représentants des communistes et progressistes issus de 40 partis organisés dans les différents pays du continent européen se sont retrouvés à Bruxelles pour le congrès du Parti de la gauche européenne (PGE) qui les fédère.

    À l’ordre du jour : créer les conditions d’un autre avenir en Europe, « en rupture avec l’austérité et la militarisation ».

    Le communiste autrichien Walter Baier, a été reconduit à la présidence du PGE. Quant au PCF qui a défendu sa volonté d’aboutir à une « Europe des peuples et nations, libres, souverains et associés », rompant avec les traités actuels qui fonde l’Europe libérale, il sera représenté par trois membres dans la nouvelle direction. La communiste parisienne Hélène Bidard devient vice-présidente du PGE. Le responsable des relations internationales, Vincent Boulet et la communiste varoise en charge des questions de logement au PCF, Sylvie Vinceneux, intègrent quant à eux le bureau exécutif.

    Fabien Roussel, le secrétaire national du PCF, a participé à une table ronde intitulée « L’union fait la force : la classe ouvrière se soulève contre l’austérité » au côté du ministre slovène de la Solidarité Simón Maljevac, du syndicaliste suédois Claes-Mikael Ståhl, de la députée allemande Janina Böttger ou encore de l’altermondialiste grecque, Rena Dourou. « Face à l’austérité et aux logiques libérales, la gauche doit se rassembler autour du combat pour la Paix et le respect des travailleuses et des travailleurs. Construire une Europe des peuples, de la justice sociale et de la paix, c’est notre priorité », a insisté le dirigeant communiste français.

    Un message d’unité

    et de solidarité

    Le congrès du PGE, fut également l’occasion de réaffirmer l’engagement internationaliste de ses membres au-delà du continent européen avec des temps forts sur Gaza et Cuba. Emilio Lozada García, chef du département des relations internationales du Comité central du Parti communiste cubain s’est notamment entretenu avec Fabien Roussel. Des rencontres avec une délégation du Parti communiste chinois comme avec les représentants des « Démocrates socialistes » américains, conduits par Megan Romer.

    La délégation du PCF a également saisi l’occasion de ce congrès pour une rencontre bilatérale avec le Parti du travail de Belgique en présence de son secrétaire général Peter Mertens. Le PTB, membre récent du PGE, travaille étroitement avec le PCF notamment.

    Dans un continent marqué par la montée de l’extrême droite et les divisions des adversaires de l’Union européenne libérale avec la création par LFI de « L’Alliance de gauche européenne pour les peuples et la planète » avec d’autres partis réformistes radicaux, ce congrès du PGE a été l’occasion d’envoyer un message d’unité et de solidarité à toutes celles et tous ceux qui souhaitent une alternative progressiste en Europe.

  • Pour eux, 2027 passe par une primaire des gauches

    Pour eux, 2027 passe par une primaire des gauches

    Ils tirent une leçon claire des élections municipales. Face à un « RN qui s’ancre » et à la « porosité » qui s’étend entre la droite et l’extrême droite, le danger a atteint un tel niveau qu’une candidature commune à gauche est indispensable à la présidentielle 2027.

    « Il n’y a que quand on est unis qu’on peut gagner », estime Boris Chenaud. Porte-parole héraultais de l’Après, le mouvement politique fondé l’été 2024 par des purgés insoumis, il fait partie des premiers à lancer la campagne pour l’organisation d’une primaire des forces progressistes prévue le 11 octobre.

    Une idée partagée par Les Écologistes de Marine Tondelier, Génération.S (Benoît Hamon) et Debout ! (François Ruffin). Mais pour l’heure rejetée par LFI de Jean-Luc Mélenchon, le PCF de Fabien Roussel ou le PS d’Olivier Faure. C’est dire si les pro-primaire ont du pain sur la planche.

    78% des gens de gauche favorables à une primaire

    Pourtant, 78% des sympathisants de gauche y sont favorables (sondage Ipsos BVA). « Ce doit être la construction d’une candidature consensuelle, pas un combat de coqs », insiste Boris Chenaud qui croit en une « dynamique populaire » si 1,5 à 2 millions de Français venaient voter à l’automne après avoir signé une charte pour un programme dans le périmètre du Nouveau front populaire.

    Quant au système de votation imaginé, pas question d’humilier qui que ce soit pour limiter les risques de candidatures dissidentes à la Manuel Valls. « On souhaite un système de notation des candidats (très bien, bien, assez bien, passable, rejet…) assez similaire à celui utilisé pour les primaires à New York », explique Anne-Rose Le Van, de l’Après 34.

    Si les premiers tracts ont été distribués à Montpellier, il reste beaucoup à faire pour que la mayonnaise prenne d’ici cet été. D’autant que les divergences entre partis de gauche semblent s’être exacerbées ces derniers mois. Sur les conflits type Israël/Palestine, Boris Chenaud préconise de « s’appuyer sur le droit international ». Sur les désaccords nationaux, Anne-Rose Le Van appelle chacun à prendre ses responsabilités. « Avec la Nupes, on avait laissé chaque député trancher la question du nucléaire. » Elle rappelle qu’avec Lionel Jospin (1997-2002), « la gauche avait réussi à diriger le pays avec Gayssot, Mélenchon et Voynet ».

    Anne-Rose Le Van assure que des socialistes et des communistes sont favorables à l’organisation d’une primaire des gauches qui irait du NPA au PS. Elle invite à suivre Marie-Pierre Vieu (PCF) qui a signé dans Libération la pétition pour un scrutin à l’automne.

  • Les communistes tirent les enseignements des municipales

    Les communistes tirent les enseignements des municipales

    Une semaine après le second tour des élections municipales, les membres du conseil national du PCF étaient réunis sous la coupole de la place du colonel Fabien pour faire l’analyse des résultats et adopter le projet de base commune de discussion en vue du congrès qui aura lieu à Lille en juillet (lire ci-dessous).

    Réélu dès le premier tour maire de Saint-Amand-les-Eaux, Fabien Roussel, a ouvert la session en remerciant et en félicitant les militants communistes : « Vous avez su convaincre, animer, rassembler. C’est à vous que nous devons nos victoires ! Ce sont désormais des centaines de maires et des milliers d’élu·es communistes et apparentés qui vont pouvoir agir au service des Français·es, des services publics, de la démocratie locale, de la justice sociale et climatique. »

    Dans son rapport, Pierre Lacaze, responsable national en charge des élections, souligne que « le PCF s’en tire bien selon ceux qui avaient préparé leurs analyses ou graphiques sur sa disparition. Au lieu de cela, plus de la moitié des maires communistes ont été élus ou réélus au premier tour ».

    Il se félicite notamment des victoires importantes obtenues dans le sud de la France : « À Nîmes, nous gagnons une ville de 150 000 habitants, ce n’était pas arrivé depuis 25 ans. Après la formidable victoire de Vincent Bouget, il va également gouverner la Métropole. Nous regagnons aussi Aubagne, ville de 47 000 habitants avec un apparenté, Jean-Pierre Squillari. » Le dirigeant communiste se réjouit également de la victoire à Amiens d’une équipe d’union de la gauche qui devrait permettre à Léon Deffontaines, porte-parole du PCF, de devenir président délégué de la Métropole.

    Le PCF demeure la deuxième force de gauche du pays par son implantation municipale.

    Néanmoins, pour Pierre Lacaze, « ces victoires ne masquent pas l’avancée du RN ». Par ailleurs, pour lui, « les plus lourdes difficultés à gauche sont liées à la perte de grandes villes et de métropoles par les écologistes ou le PS ».

    Il relève une situation contrastée s’agissant de la FI qui « ne gagne de communes que sur la gauche, 3 sur les communistes 4 sur les socialistes et perd les 3 villes qu’elle avait gagnées en 2020 ».

    Pour Fabien Roussel, la situation à Vénissieux où une liste insoumise bat de 25 voix la municipalité communiste sortante, est choquante. « Des députés LFI, élus avec notre soutien dans le cadre du Nouveau front populaire, attaquent nos mairies ensuite, c’est inadmissible, il y a un minimum de code d’honneur en politique », s’indigne-t-il.

    Bilan positif

    En revanche, les nouvelles sont réjouissantes pour les communistes dans les Bouches-du-Rhône. Jérémy Bacchi, sénateur et secrétaire départemental, dresse un bilan positif de la séquence : maintien des municipalités en place, gain d’Aubagne, place renforcée dans les majorités de gauche comme à Marseille. « Nous augmentons de 25% le nombre des élus communistes et apparentés dans le département », annonce-t-il sous les applaudissements de ses camarades.

    À l’issue des débats, le conseil national a adopté à l’unanimité la représentation de chaque fédération pour le congrès qui se tiendra à Lille début juillet : 3 délégués par fédération plus 1 par tranche de 100 cotisants entamée et a élu la commission des candidatures et la délégation du PCF au congrès du Parti de la gauche européenne organisé à Bruxelles mi-avril.