Gilets jaunes, lycéens, étudiants, parents d’élèves, CGT ou encore FSU ont manifesté main dans la main samedi à Manosque, mettant en place une opération péage gratuit et laissant passer tous les automobilistes à la sortie de l’A51.
« On persévère dans cette démarche, parce que rien ne change », explique Jean Pagnon, enseignant qui participe aux manifestations des gilets jaunes depuis 2018. « On ne demande rien à ce gouvernement, on n’attend rien de lui, il ne va rien céder », regrette-t-il, espérant « recréer une forme de solidarité pour faire front et ne plus se battre de manière dispersée ». On sent un ras-le-bol chez certains manifestants, à bout. « Tout le système est à revoir. Plus rien ne va. Les jeunes n’ont plus d’espoir », regrette Virginie, parent d’élève de Forcalquier. « Je suis en train de préparer l’orientation de ma fille, et j’ai l’impression de me moquer d’elle, je ne sais même plus quoi lui dire », ajoute-t-elle. « Quel jeune a envie d’aller travailler pour un si bas salaire ? Ils ne veulent pas finir comme leurs parents, ils sont témoins de leur mal-être. »
« Aujourd’hui, il y a une accumulation, un ras-le-bol », constate Eliane, 78 ans, qui manifeste avec les gilets jaunes depuis 2018 et qui lutte depuis mai 1968, fille d’un militant communiste et à la CGT. « On encourage les jeunes, il y a peut-être un monde qui se réveille et va faire basculer les choses », espère-t-elle. La manifestante regrette néanmoins l’absence de pompiers ou d’agriculteurs, hormis la Confédération Paysanne.
« On manifeste pour être solidaires avec les lycées qui ont moins de moyens. On peut faire bouger les choses si on est tous ensemble », lance Camille, lycéenne de 17 ans, en terminale aux Iscles.
La secrétaire de la CGT de l’hôpital de Manosque, Nadège Bonanno était également présente « pour dénoncer le manque de moyens pour les services publics ». Les manifestants ont fait une ronde, dansé et manifesté dans la bonne humeur, sur un fond musical joué par une fanfare. « Tu l’as, ta République en marche ! », pouvait-on lire sur l’une de leurs pancartes.
Des membres de la Confédération Paysanne, de FO, du PCF et de LFI étaient également présents. De nombreux manifestants venaient de Forcalquier ou encore de Sisteron.
Une partie d’entre eux a ensuite pris la direction du centre-ville de Manosque, où ils ont causé des embouteillages. Certains se sont rendus à Marseille pour rejoindre le cortège en début d’après-midi.

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